00:00Good Morning Market sur BFM Business.
00:05Avec, depuis Genève, en direct avec nous, Joachim Herrmann, analyste chez Kepler Unigestion.
00:11Bonjour Joachim, merci de nous accompagner ce matin pour faire un focus sur Next PLC et AXA.
00:18Bon, commençons peut-être par AXA, le titre a perdu 10% depuis ses plus hauts annuels.
00:23Oui, bonjour Etienne. Effectivement, AXA c'est un des assureurs préférés de notre modèle quantitatif.
00:28Et comme vous l'avez souligné, on s'en pointe dans une certaine fébrilité sur le titre.
00:31Certes, moins marqué que lors de la dissolution de 2024 ou du vote de confiance en 2025.
00:36C'est néanmoins l'occasion de revenir sur cette inquiétude.
00:38Tout d'abord, le risque français, vous l'avez évoqué avec vos invités juste avant.
00:42Au niveau de ces opérations, AXA reste exposé à la France.
00:44C'est environ 25% de ses revenus, c'est une exposition qui est comparable à celle de la BNP.
00:48C'est nettement inférieur à celle de la Société Générale ou de Crédit Agricole.
00:52Et si on regarde chez les assureurs, c'est même moins que Swiss Life en France, qui est très gros,
00:56ou à peine plus que Generali.
00:58Qu'est-ce qu'on peut retenir de ça déjà ?
00:59C'est que AXA a réduit sa dépendance à la France en grossissant à l'international, et notamment en Europe.
01:05In fine, on peut aussi se demander si le métier de l'assurance sera affecté
01:08par une quelconque dégradation de l'environnement politique et financier.
01:11Ça, c'était pour les opérations.
01:12Si on regarde maintenant au niveau du portefeuille d'investissement,
01:15on voit que l'exposition d'AXA à la dette française,
01:17c'est 12% de leurs obligations souveraines, c'est moins de 5% de tous leurs investissements.
01:21Là encore, c'est inférieur en valeur absolue à Allianz,
01:24c'est plus faible en proportion que Generali,
01:27et c'est sans commune mesure avec un groupe comme Crédit Agricole.
01:29Donc le risque France existe chez AXA,
01:32mais le marché lui attribue aujourd'hui une importance
01:34qui ne correspond plus complètement à la réalité économique du groupe.
01:37Car c'est bien là le deuxième point en faveur d'AXA,
01:39c'est la transformation du groupe.
01:41AXA vient de présenter son nouveau plan stratégique,
01:43Growing Forward, pour la période 2027-2029.
01:46Sans rentrer dans les détails,
01:48on est quand même sur des objectifs de croissance de BPA et de ROE,
01:51similaire aux grands assureurs européens.
01:54Surtout, les remontées de cash des filiales vers la holding
01:57devraient assurer une distribution confortable aux actionnaires dans les années à venir.
02:01Thomas Beuber, le CEO, n'en est pas à son coup d'essai,
02:04c'est le quatrième plan stratégique qu'il présente depuis maintenant 10 ans,
02:07qu'il est à la tête du groupe,
02:08et les précédents ont en général dépassé les attentes.
02:11Depuis son arrivée chez AXA,
02:13le groupe est progressivement sorti du pur risque financier,
02:16notamment de certains contrats d'assurance-vie,
02:18et il s'est également séparé de sa gestion d'actifs,
02:20c'est DABNP.
02:22C'est deux évolutions qui ont permis de recentrer le groupe
02:24sur ses métiers d'assurance les moins consommateurs en capital.
02:27En conséquence, le RE a doublé,
02:29aidé aussi par un environnement de taux plus favorable,
02:32qui soutient plus qu'il ne pénalise le cas d'investissement.
02:35Notre dernier argument en faveur d'AXA, c'est la valorisation.
02:38Le titre se traite à moins de 9 fois les bénéfices,
02:41soit une décote de l'ordre de 20% par rapport aux autres assureurs européens,
02:45et ce, quand bien même AXA offre un RE supérieur de 20% là aussi à la moyenne.
02:50Et ce n'est pas que des chiffres comptables,
02:52le rendement du dividende est lui aussi parmi les plus élevés du secteur,
02:55à 5,5%, qui plus est,
02:57avec une forte visibilité sur les prochaines années, comme on l'a dit.
03:00Donc en conclusion, nous sommes très à l'aise avec le positionnement de notre modèle sur AXA.
03:04Et ce titre ce matin qui s'échange à 41,63 euros.
03:07Il nous reste une minute, allez, une minute trente,
03:10Joachim Herrmann, pour parler de Next PLC.
03:12C'est un titre qui est coté à Londres, un spécialiste du prêt-à-porter.
03:16Tout à fait, c'est une entreprise qui n'est pas très connue,
03:17mais elle réalise quand même 7 milliards de chiffres d'affaires.
03:20Ce qui frappe d'abord, c'est la qualité de son management.
03:22Le CEO termine sa 26e année à la tête de l'entreprise,
03:25et sous son égide, le groupe a remarquablement bien réussi sa transformation stratégique.
03:29Next, à la base, ce n'était pas une boutique en ligne comme un ASOS ou un BOO,
03:32avec les échecs qu'on leur connaît.
03:34Mais Next a su prendre le virage de l'Internet dès la fin des années 90,
03:37et aujourd'hui, environ 60% des ventes au Royaume-Uni sont faites en ligne,
03:41tout en conservant un réseau de magasins qui permet les retraits et les retours.
03:44La discipline financière est également remarquable pour ce groupe,
03:47ça peut se voir à plusieurs niveaux.
03:49Next, tout d'abord, vend peu de produits en promotion,
03:52ce qui lui donne davantage de latitude pour ajuster ses prix si la demande ralentit.
03:55Un autre exemple, c'est que le management est très clairvoyant sur ses prévisions,
03:58et déçoit vraiment rarement, les objectifs sont même régulièrement relevés au fur et à mesure de l'année.
04:03Un troisième exemple sur la discipline financière,
04:05c'est qu'une grande partie du cash excédentaire est rendue aux actionnaires,
04:09sous forme de dividendes et aussi de rachats d'actions,
04:11et là encore, pas à n'importe quel prix.
04:13Pour aussi parler de l'efficacité opérationnelle,
04:16c'est vraiment ça qui a permis à Next de changer progressivement de dimension.
04:19Pendant des années, le groupe a construit une infrastructure digitale et logistique pour son propre compte,
04:22il peut désormais la monétiser auprès d'autres acteurs de l'habillement.
04:26Il y a plus de 1000 marques tierces qui sont présentes aujourd'hui sur la plateforme de Next,
04:29et Next leur fournit la technologie, les entrepôts, la distribution, le service client.
04:34En conséquence de tout ça, Next continue de croître rapidement,
04:37notamment grâce à l'international, sans sacrifier ses marges.
04:39On est déjà nettement supérieur à un H&M en termes de marge,
04:42et celle-ci se rapproche progressivement de ce qui se fait de mieux dans le secteur,
04:46Inditex et son vexorat mineral Zara.
04:48Pour terminer, je vous vois deux relais de croissance suite à la dernière publication.
04:52Premier, c'est toujours sur la logistique.
04:54Leur plan de développement ici est ambitieux.
04:56Pour les trois prochaines années, ils vont continuer d'investir dans les entrepôts,
04:58dans la technologie et beaucoup moins sur les rangs et gazins en physique.
05:01Et le deuxième axe, et ça, ça a le mérite d'être mentionné,
05:04ce sont les États-Unis.
05:04C'est la première fois que le management en parle vraiment.
05:06Ils pensent avoir trouvé le bon mix marketing avec Meta, avec Google,
05:09pour réussir sur place.
05:11Les ventes ont progressé de 250% au premier semestre 2026,
05:14sur une base qui est vraiment très faible, mais le potentiel est important.
05:17Merci.
05:18Donc là aussi, notre analyse fond d'aventure.
05:19On est au bout, Joachim.
05:21Merci de nous avoir accompagnés.
05:22Joachim Herrmann, analyse chez Kepler Unigestion.
05:24Ce tick Next PLC qui gagne un peu plus de 6% depuis le début de l'année.
05:27En euros, ça fait quasiment 20 milliards de capitalisation boursière.