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  • il y a 29 minutes
Ce jeudi 1er octobre, les grandes orientations du budget 2027 ainsi que son efficacité pour ramener le déficit à 5% ont été abordées par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h44 sur BFM Business, RMC Live, Canal 25.
00:04Face à le chip, c'est Jean-Marc Daniel ce matin.
00:06Bonjour à tous les deux.
00:06Bonjour.
00:07Et bienvenue.
00:08Le budget est présenté en ce moment même à Bercy.
00:12Alors a priori, pas de surprise.
00:1354 milliards d'économies, des retraités largement mis à contribution,
00:18ainsi que les grandes entreprises, les fonctionnaires,
00:20des impôts qui n'augmentent pas, mais des prélèvements obligatoires en hausse
00:23à cause de la suppression de certaines niches fiscales.
00:26Voilà à grand trait ce budget qui est censé ramener le déficit
00:29à 5%.
00:30Est-ce que c'est un budget utile, Jean-Marc Daniel ?
00:34Je ne sais pas s'il est utile.
00:36En tout cas, il est totalement fictif.
00:37C'est un budget qui n'existe pas.
00:38Il a une espérance de vie d'environ 6 mois,
00:40parce qu'à partir du mois de mai prochain,
00:43normalement, il y a une nouvelle équipe qui va se mettre en place.
00:46Il l'a dit, il est réversible.
00:48Oui, et dont le premier travail sera de dire
00:50qu'elle trouve une situation catastrophique,
00:54que le gouvernement précédent était un gouvernement d'incapables.
00:57et donc l'enjeu pour Sébastien Lecornu,
01:01c'est d'essayer de préparer déjà sa défense.
01:03D'ailleurs, il a commencé, il a envoyé une lettre
01:05à tous les candidats à la présidentielle
01:07pour leur dire qu'il était là pour servir,
01:09qu'il était là pour faire en sorte que tout aille pour le mieux.
01:12Et donc, il est déjà en train de préparer sa défense,
01:14ce qui est assez naturel,
01:15parce que ses prédécesseurs avaient au moins un avantage,
01:18c'est que vu leur âge,
01:19il n'avait comme seul avenir politique
01:20qu'un avenir de mémorialiste.
01:22Alors que lui, il a un avenir qu'il croit être encore existant
01:25sur le plan politique.
01:27Donc, il va tout faire pour essayer de démontrer
01:29qu'il aura été à la hauteur de la situation.
01:32Et donc, ça donne un discours,
01:34qui est un discours, à mon avis,
01:36totalement artificiel,
01:37notamment sur les 54 milliards d'économies.
01:39C'est-à-dire, ces 54 milliards d'économies,
01:41ce n'est pas des économies,
01:42puisque la dépense publique va continuer à augmenter.
01:44Et vous, quand vous faites des économies,
01:45c'est que vous baissez vos dépenses.
01:47Là, ils freinent la hausse des dépenses.
01:50Par rapport à des hypothèses,
01:52avec une précision,
01:53ce n'est pas 50 milliards,
01:55ce n'est pas 60 milliards,
01:56c'est 54 milliards.
01:58Sachant que toutes les hypothèses
01:59sont susceptibles d'être abattues en 30 secondes.
02:02Et quand on regarde,
02:03indépendamment de cette présentation,
02:07la logique d'ensemble
02:08est une logique, à mon avis,
02:09qui est à l'image de ces 54 milliards.
02:11C'est-à-dire, c'est un enfumage général.
02:14Donc, la vraie question, je pense,
02:16c'est comment on va passer les six prochains mois
02:19en termes d'évolution des taux d'intérêt.
02:21Et je crois qu'il y a un enjeu...
02:22On est déjà à 4-8.
02:23On est déjà à 4-8.
02:24Alors, il y a un enjeu pour Sébastien Lecornu.
02:26Il faut effectivement, je pense,
02:28qu'il sorte un peu de cette position
02:30et de cette posture
02:31pour donner une sorte de perspective,
02:33dire que les gens qui vont me succéder,
02:35de toute façon,
02:36seront obligés de se caler
02:38dans la voie que j'ai engagée.
02:39Donc, ils pourraient effectivement
02:41être plus précis, plus sérieux
02:43et surtout aller voir les partenaires européens
02:45parce que c'est là que ça va se passer.
02:47Je pense que les discours de Mme Védel
02:49sont aussi importants
02:50que les discours de M. Lecornu.
02:52Quand l'AFD fait les scores qu'elle fait
02:54en disant, nous avons trois objectifs,
02:56nous débarrasser des immigrés,
02:59redonner sa dignité à l'enseigne allemande de l'Est
03:01et remettre les fainéants du Sud au travail,
03:03les fainéants du Sud, clairement, c'est nous.
03:06C'est nous.
03:07Et donc, à partir de ce moment-là,
03:09chaque fois qu'on fait une élection d'Allemagne
03:11et que l'AFD, avec un programme,
03:12disant, on va remettre les fainéants du Sud au travail,
03:14c'est nous qui sommes visés et c'est donc
03:17nos tours d'étérêts qui sont menacés.
03:18Donc, je pense que ce budget, encore une fois,
03:20est une fiction.
03:21Ce budget sera démoli au mois de mai prochain.
03:24Et l'enjeu pour Sébastien Lecornu,
03:26qui n'a que 40 ans,
03:27c'est d'essayer de faire en sorte
03:28qu'une image de sérieux repose du débat
03:30et du document final qui va être adopté.
03:33– Alors, vous, votre avis, Emmanuel Lechy,
03:35budget fictif, budget inutile ?
03:38– Non, un budget n'est jamais inutile.
03:40Et quand Jean-Marc s'interroge pour savoir,
03:44bon, c'est un budget qui…
03:45Quand il dit, c'est un budget qui ne sert à rien,
03:46mais la question, c'est, oh là là,
03:48comment on va faire pour passer les six prochains mois
03:49sur les taux d'intérêt ?
03:51Moi, j'ai la réponse.
03:52C'est justement en ayant un budget.
03:54C'est quand même…
03:55– Il faut y avoir un budget, c'est clair.
03:57Mais ce budget-là,
03:58qu'il faut y avoir un budget, c'est un budget chumel.
04:00– Et il n'est pas voté, ce budget-là.
04:02– Ah oui, mais je pense que ce qui compte,
04:04c'est d'avoir un budget…
04:05– C'est ça ?
04:06– Oui, c'est ça, c'est d'avoir un budget voté,
04:08de ne pas partir en loi spéciale.
04:10Parce que n'oublions pas que, bon,
04:14l'opinion des marchés, elle est très importante,
04:15mais je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui,
04:16les marchés, ils se disent, oh là là,
04:20on va attendre six mois pour voir ce qui se passe en France,
04:22on va leur prêter les yeux fermés.
04:23Non, les marchés, ils nous prêtent de l'argent
04:25toutes les semaines.
04:27Et la présidentielle, ça suspend peut-être
04:29le temps politique, mais ça ne suspend pas
04:31les dépenses ni les intérêts
04:33que nous réclament les marchés.
04:37Après, bon, le prochain président refera tout,
04:40oui, c'est sûr, et puis on ne va pas prétendre
04:42que c'est un budget qui est fait pour bâtir
04:46l'avenir.
04:47Mais en même temps, un mauvais budget,
04:50même pendant six mois,
04:51ça peut quand même avoir aussi des conséquences négatives.
04:54Si vous avez un mauvais budget,
04:56les déficits que vous allez creuser pendant six mois,
04:58c'est des intérêts que vous allez payer pendant des années.
05:01Et puis, moi, je crois quand même
05:02que c'est important d'avoir une espèce de pont,
05:05un budget qui fait le lien
05:06avec la prochaine équipe présidentielle.
05:09Jean-Marc a eu un très bon argument
05:11qui est de dire, ah bah oui,
05:12mais le prochain président avec son équipe,
05:14ils vont arriver en disant,
05:16oh là là, finalement, tout ce qu'on vous avait promis,
05:19on ne va pas pouvoir le faire
05:20parce que la situation est catastrophique, etc.
05:22Bah justement, moi, il me semble que d'avoir un budget là
05:25qui soit un budget, si possible, raisonnable,
05:30c'est quand même un point de départ meilleur
05:32pour la prochaine équipe.
05:33Et ça tue un peu cet argument assez fallacieux
05:35que toutes les équipes utilisent en disant,
05:38ah bah oui, on n'a pas pu faire ce qu'on voulait faire
05:40parce que la situation était bien pire que prévu.
05:44Donc je pense qu'il faut faire la différence
05:46entre la durée de vie d'un budget
05:48et le signal politique et économique qu'il envoie.
05:52Donc oui, il nous faut un budget.
05:53Et puis si on n'a pas de budget,
05:54qu'est-ce qui se passe ?
05:54Encore une fois, c'est la loi spéciale.
05:56Et la loi spéciale, au final, ça coûte de l'argent
05:58parce que vous aviez prévu des hausses d'impôts,
06:00vous ne pourrez pas les appliquer.
06:02Vous aviez prévu des baisses de dépenses,
06:04vous ne pourrez pas les appliquer.
06:05Donc oui, ce serait quand même très embêtant
06:07de finir avec une loi spéciale,
06:10même si effectivement, ce budget a une durée de vie limitée
06:13et qu'on aura un collectif à l'été 2027.
06:16Mais c'est important que, vu les enjeux
06:19de la prochaine présidentielle,
06:20on puisse démarrer quand même dans des conditions financières
06:23qui ne soient pas les plus épouvantables possibles.
06:25C'est envoie quand même un signal marché.
06:27Il dit exactement la même chose que moi.
06:29C'est-à-dire que le véritable problème,
06:30c'est de faire un texte qui, de toute façon,
06:32eu égard à sa durée de vie,
06:35à son caractère totalement éphémère,
06:37un texte qui amorce effectivement
06:38les réformes qui sont à venir.
06:40C'est-à-dire ne pas s'abîmer
06:42dans un discours, encore une fois,
06:43à dire 54 milliards d'économies,
06:45alors qu'il n'y a rien comme économie.
06:47Cette espèce, je maintiens...
06:49Mais les marchés ne s'y trompent pas non plus.
06:51Non, c'est pour ça que c'est ridicule.
06:52C'est pour ça que c'est plait au monde.
06:53Oui, oui, personne n'est dupe.
06:55C'est-à-dire que je maintiens que,
06:56pour Sébastien Lecornu, il a 40 ans,
06:59il a une carrière politique derrière,
07:01mais surtout une carrière politique devant lui.
07:03Et il fait du cueil.
07:05Il s'est dit qu'il reprend un discours,
07:07il reprend...
07:07Et donc...
07:08Mais Emmanuel a raison,
07:09il faut quand même mieux un budget,
07:10et il faut quand même mieux amorcer des efforts
07:12que ne rien faire.
07:13Mais non, mais il n'amorce aucun effort.
07:14Ce que je veux dire, c'est qu'effectivement,
07:16il faut un budget, ça c'est clair,
07:17de façon institutionnelle,
07:18mais là où nous nous rejoignons,
07:20je dis qu'il faut un vrai budget,
07:21et pas cette espèce de discours,
07:24de « Oh là là, on va souffrir,
07:25je vais faire des choses,
07:26vous allez voir, 54 milliards d'économies ».
07:28Mais un vrai budget, comment on fait
07:29quand on n'a pas de majorité,
07:31quand on a une élection présidentielle
07:33dans quelques mois ?
07:35Mais justement...
07:35Comment on arrive à trouver, à dégager un...
07:37Pour les gens qui sont à l'Assemblée maintenant,
07:39le véritable enjeu,
07:40ce n'est pas l'avenir de ce gouvernement.
07:42C'est l'élection présidentielle.
07:44Et donc, effectivement,
07:45on va voir les partis politiques
07:47comme il l'a fait au travers de cette lettre
07:49qu'il a envoyée le 30 septembre.
07:50Il a envoyé une lettre en leur disant
07:52« Rassurez-vous, je vais faire en sorte
07:54que le pays vive bien la campagne présidentielle,
07:57je ne vais pas m'en mêler,
07:58et je vais jouer un rôle de majordome d'intendant ».
08:02Bon, eh bien, qui joue ce rôle
08:03de majordome et d'intendant
08:04dans une configuration où on a besoin de réformes,
08:07et où je maintiens chaque élection en Allemagne,
08:10annonce les menaces
08:12qui vont peser sur notre statut au niveau européen
08:14et sur l'avenir de notre dette,
08:17parce que, pour l'instant,
08:18notre dette est plus ou moins garantie
08:20par le fait que derrière, il y a la BCE,
08:23derrière, il y a l'Union européenne,
08:24derrière, il y a une forme de solidarité obligée.
08:27Si jamais, effectivement,
08:28on continue à provoquer les Allemands,
08:30et si on continue à voir des gens
08:31qui en Allemagne disent
08:32« il faut remettre les fainéants au travail »
08:35et qu'ils font de plus en plus de scores élevés,
08:38à ce moment-là, effectivement,
08:39on va au-devant d'une catastrophe.
08:40Emmanuel Lechypre, il aurait dû y aller encore plus fort,
08:42Sébastien Lecornu ?
08:43Non, je ne suis pas sûr,
08:45parce que, justement,
08:45je pense qu'il faut trouver
08:47une proposition de budget
08:49qui amène, finalement,
08:52chaque parti
08:53et chaque candidat potentiel à la présidentielle
08:55à révéler ses préférences,
08:57quelque part,
08:57et à révéler ses choix.
08:59S'il fait un budget trop offensif,
09:01trop provocateur, j'ai envie de dire,
09:03les oppositions auront beau jeu de dire
09:05« non, c'est insupportable, etc. »
09:07et de ne pas vouloir jouer le jeu.
09:08En fait, il ne faut pas qu'ils donnent prise
09:10à une forme de contestation trop simple.
09:14Et ça, je pense que c'est aussi la vertu
09:16d'essayer d'avoir un budget,
09:18c'est de montrer que chacun doit être responsable
09:21et chacun va montrer s'il est responsable ou pas.
09:25Et je pense que c'est aussi les comportements
09:27auxquels on va assister
09:30pendant toute la campagne de ce budget.
09:32je pense que les comportements
09:34des uns et des autres seront scrutés
09:35et compteront dans la balance
09:36pour les Français
09:38pour choisir leur candidat à la présidentielle
09:40le moment venu.
09:41Donc, c'est un budget.
09:42Donc, tout ça pour dire
09:42que ça fait beaucoup de raisons
09:43pour que ce ne soit pas un budget pour rien.
09:45Même si ça n'est pas un bon budget.
09:47Non, écoutez, franchement,
09:48il va finir sous les colibés
09:50après avoir été trop lâches
09:51et trop incapables d'affumer, effectivement,
09:54ce qu'attend le pays de lui.
09:56Merci à tous les deux
09:56d'être venus débattre sur le plateau
09:58de Good Morning Business.

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