00:00Face à Fiorentino le vendredi, bonjour Marc Fiorentino.
00:03Bonjour.
00:03Ah si, pratiquement. Bonjour à tous les deux, bienvenue.
00:06Bonjour à tous.
00:07Rebonjour Emmanuel.
00:08Alors le Premier ministre a présenté dans une interview ce matin son projet de budget.
00:1154 milliards d'efforts d'économie, donc pour contenir le déficit à 5% du PIB en 2027.
00:18Est-ce qu'on peut parler d'un budget d'austérité ?
00:20Non, c'est une copie offensive de la réduction de la dépense publique,
00:24dit lui-même Sébastien Lecornu.
00:26On se rappelle que François Bayrou, Premier ministre, avait proposé 44 milliards
00:29et à l'époque, on parlait déjà de cure d'austérité.
00:32Emmanuel Lechypre, votre avis, budget d'austérité, oui ou non ?
00:35C'est certainement pas un budget de réduction offensive de la dépense,
00:37c'est un budget qui est bête et méchant.
00:39Donc forcément, un budget bête et méchant est un budget d'austérité.
00:42C'est un budget qui est fait pour les marchés.
00:44Et on voit bien d'ailleurs la priorité des risques, selon le gouvernement.
00:48C'est-à-dire que la priorité, c'est de rassurer les marchés
00:50et c'est vrai que les nouvelles ne sont pas bonnes de ce côté-là.
00:53Priorité sur le risque politique,
00:54parce que je ne vois pas comment un tel budget peut passer la rampe
00:58avec l'Assemblée telle qu'elle est aujourd'hui.
01:00Et c'est un budget qui est complètement orthogonal
01:02aux attentes sociales des Français.
01:04Donc c'est un budget qui est antisocial
01:05par rapport à ce que représente la conjoncture.
01:07Donc oui, c'est un budget d'austérité.
01:09En plus, c'est un budget qui est bête.
01:11C'est-à-dire qu'en fait, on ne s'attaque pas finalement
01:16à la mauvaise dépense.
01:17C'est-à-dire qu'on réduit un peu les dépenses.
01:18On va racler un peu dans tous les fonds de tiroirs,
01:20mais on ne se demande pas si les tiroirs servent à quelque chose ou pas.
01:23Donc pas de dépenses publiques.
01:24Pas de réponses structurelles.
01:25Et puis je trouve qu'on demande quand même beaucoup
01:29aux catégories sociales les plus monestes
01:32et pas forcément celles qui ne travaillent pas.
01:33Moi, l'idée qu'on allait demander plus
01:35et qu'on allait sacraliser le travail, ce n'est pas vrai.
01:37C'est vrai que les entreprises sont relativement épargnées dans ce budget.
01:41J'imagine que vous n'êtes pas d'accord, Marc Llantier ?
01:43Non, mais pas d'accord du tout.
01:43Et puis je trouve que c'est grave que sur une antenne comme la nôtre,
01:47on tienne ce type de propos, Emmanuel,
01:49parce que je pense qu'on sait que le niveau scolaire s'est effondré,
01:52mais les mots ont une importance, austérité.
01:54On va prendre des exemples, ce que c'est qu'un budget d'austérité.
01:57On va prendre l'exemple de ce qu'a vécu la Grèce dans les années 2000.
02:01C'est baisse des rémunérations dans le secteur public.
02:05C'est baisse, baisse.
02:07Il ne s'agit pas de parler de revalorisation qui serait limitée.
02:11De sous-indexation, c'est des dépenses de retraite.
02:14C'est baisse, suppression des primes de Noël, suppression du 13e mois, suppression du 14e mois,
02:20hausse des impôts, hausse de la TVA de 19 à 23%.
02:24Je pense que c'est important que dans un pays où on passe son temps à avoir l'impression
02:30qu'on fait des sacrifices alors qu'on n'en fait aucun,
02:32de comprendre ce que veut dire le mot austérité.
02:35Austérité, c'est des réductions.
02:38Aujourd'hui, ce budget que nous présente Sébastien Lecornu,
02:42et là où je suis d'accord avec Emmanuel, c'est qu'il n'a aucune chance évidemment d'être
02:45adopté.
02:46Et je pense même que c'est une manœuvre pour mettre les responsables politiques,
02:50j'ai envie de dire les irresponsables politiques,
02:52face à leur irresponsabilité, à commencer par Emmanuel Macron
02:56qui a déclenché cette situation en déclenchant la dissolution.
03:01Je pense que son objectif, c'est de mettre les gens face à leur irresponsabilité.
03:06Irresponsabilité qui consiste aussi à dire que c'est un budget d'austérité,
03:09parce qu'en fait, quand on a vu les réactions des hommes politiques,
03:14c'était des réactions où ils ont réagi, ils n'avaient même pas lu le texte.
03:17On savait déjà que Roussel allait dire que c'est de l'austérité.
03:21C'est juste le Rassemblement National qui reste un peu flou sur ses intérêts.
03:24Oui, parce qu'aujourd'hui, le Rassemblement National,
03:26son objectif, c'est de montrer justement qu'il n'est pas irresponsable et qu'il est responsable.
03:30Puisqu'on lui fait un procès en irresponsabilité économique.
03:33Donc lui, c'est le seul qui doit prouver qu'il est responsable.
03:36Mais je pense que c'est très grave.
03:37C'est-à-dire que là où le cornu a totalement raison,
03:40c'est qu'il met la France face, et surtout ses responsables,
03:43irresponsables politiques, face à leur irresponsabilité,
03:46en leur disant, les gars, je ne sais pas, Emmanuel,
03:48tu as dû être effaré par le chiffre de 6,5% de déficit du PIB si on ne faisait
03:54rien.
03:54Parce que là, ça ne va pas vraiment baisser la dette, quand même, ce chiffre-là.
03:57Non, mais c'est bien pour ça que pourquoi...
03:59Alors, je concède à Marc, évidemment, qu'il y a des degrés dans l'austérité.
04:02Enfin, en termes économiques, on parle de budget d'austérité.
04:05Dès l'instant, vous aurez un impact négatif sur l'activité économique.
04:09Et effectivement, la situation que Marc a évoquée,
04:12la Grèce, l'Espagne, le Portugal,
04:13c'était des budgets de crise.
04:14C'était des budgets d'austérité.
04:17Mais on est en crise.
04:19On est en crise.
04:20Oui, mais ce que je veux dire, c'est que là où ce budget...
04:21Il y a état d'urgence.
04:22On devrait décréter un état d'urgence financier et économique qu'on est en crise.
04:26Au sens où, en fait, et là, je ne suis pas du tout à la Grèce de Marc,
04:28personne n'est mis en face de ses responsabilités.
04:30C'est-à-dire qu'en fait, à aucun moment...
04:31Si, il est responsable politique.
04:32Mais même pas, puisque lui en fait partie, Sébastien Lecornu,
04:35et lui ne revient même pas sur les fondamentaux
04:38qui devraient être de s'interroger sur l'efficacité de la dépense publique.
04:41Toutes ces agences qui ne servent à rien, etc.
04:44Là, on racle les fonds de tiroir.
04:46Mais parce qu'on n'a plus le temps.
04:47Là, le bateau est en train de couler.
04:49Il faut écoper.
04:49On est dans un budget réversible.
04:51Là, on est dans un budget.
04:52On n'a pas de majorité.
04:53On n'est pas dans les réformes structurelles.
04:55On est juste en train d'essayer d'éteindre l'insolite.
05:01De freiner le dérapage, finalement.
05:02C'est le drame.
05:03On ne réduit même pas le déficit.
05:04C'est un budget de sacrifice.
05:06Un sacrifice, c'est des efforts qui ne servent à rien.
05:09On aurait pu demander, on aurait pu bâtir un budget.
05:11Un budget d'effort.
05:12Je ne suis pas d'accord.
05:13Un budget d'effort.
05:14Non, je ne suis pas d'accord.
05:14Je pense que...
05:15Vous payez aujourd'hui, ça ira mieux demain.
05:17Là, c'est un budget.
05:18Vous payez aujourd'hui, ça ira mieux.
05:19Mais parce qu'on n'a absolument plus le choix.
05:23Nous sommes dans un état catastrophique financier et économique.
05:26Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est qu'est-ce qu'il va falloir
05:29pour que les gens, à commencer par les responsabilités politiques,
05:33comprennent.
05:34Mais l'électrochoc, on l'a.
05:35C'est Emmanuel le disait.
05:37Les marchés financiers.
05:38On a quand même une dette aujourd'hui dans l'électrochoc.
05:41Ce sera les taux à 7%.
05:42Oui, on disait ça.
05:44On est déjà à 4,5%.
05:45Il va falloir attendre qu'on soit à 6% ou à 7%.
05:48C'est complètement déliant.
05:50Je pense qu'aujourd'hui, il faut qu'ils mettent les...
05:52Tous les pays sont à peu près...
05:53Les Etats-Unis à 5 aussi.
05:55Oui, attendez, mais on n'est pas du tout dans la même situation.
05:57On n'est pas de croissance.
05:58On n'est pas...
05:59Aujourd'hui, il ne faut pas dire ça.
06:00Parce que ça voudrait dire, oui, ce n'est pas grave,
06:02ce n'est pas que la France.
06:03Non.
06:04Oui, vous avez raison, les taux d'intérêt montent partout.
06:06Non, les taux d'intérêt en France montent plus rapidement
06:08que les taux d'intérêt ailleurs.
06:10Le spread de taux avec l'Allemagne, ça, c'est une réalité.
06:13C'est quand même écarté.
06:14Merci à tous les deux, en tout cas,
06:16d'être venus défendre vos positions.
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