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  • il y a 2 minutes
Ce vendredi 18 septembre, le projet de budget, avec 54 milliards d'économies pour contenir le déficit, a été abordé par Marc Fiorentino et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à Fiorentino le vendredi, bonjour Marc Fiorentino.
00:03Bonjour.
00:03Ah si, pratiquement. Bonjour à tous les deux, bienvenue.
00:06Bonjour à tous.
00:07Rebonjour Emmanuel.
00:08Alors le Premier ministre a présenté dans une interview ce matin son projet de budget.
00:1154 milliards d'efforts d'économie, donc pour contenir le déficit à 5% du PIB en 2027.
00:18Est-ce qu'on peut parler d'un budget d'austérité ?
00:20Non, c'est une copie offensive de la réduction de la dépense publique,
00:24dit lui-même Sébastien Lecornu.
00:26On se rappelle que François Bayrou, Premier ministre, avait proposé 44 milliards
00:29et à l'époque, on parlait déjà de cure d'austérité.
00:32Emmanuel Lechypre, votre avis, budget d'austérité, oui ou non ?
00:35C'est certainement pas un budget de réduction offensive de la dépense,
00:37c'est un budget qui est bête et méchant.
00:39Donc forcément, un budget bête et méchant est un budget d'austérité.
00:42C'est un budget qui est fait pour les marchés.
00:44Et on voit bien d'ailleurs la priorité des risques, selon le gouvernement.
00:48C'est-à-dire que la priorité, c'est de rassurer les marchés
00:50et c'est vrai que les nouvelles ne sont pas bonnes de ce côté-là.
00:53Priorité sur le risque politique,
00:54parce que je ne vois pas comment un tel budget peut passer la rampe
00:58avec l'Assemblée telle qu'elle est aujourd'hui.
01:00Et c'est un budget qui est complètement orthogonal
01:02aux attentes sociales des Français.
01:04Donc c'est un budget qui est antisocial
01:05par rapport à ce que représente la conjoncture.
01:07Donc oui, c'est un budget d'austérité.
01:09En plus, c'est un budget qui est bête.
01:11C'est-à-dire qu'en fait, on ne s'attaque pas finalement
01:16à la mauvaise dépense.
01:17C'est-à-dire qu'on réduit un peu les dépenses.
01:18On va racler un peu dans tous les fonds de tiroirs,
01:20mais on ne se demande pas si les tiroirs servent à quelque chose ou pas.
01:23Donc pas de dépenses publiques.
01:24Pas de réponses structurelles.
01:25Et puis je trouve qu'on demande quand même beaucoup
01:29aux catégories sociales les plus monestes
01:32et pas forcément celles qui ne travaillent pas.
01:33Moi, l'idée qu'on allait demander plus
01:35et qu'on allait sacraliser le travail, ce n'est pas vrai.
01:37C'est vrai que les entreprises sont relativement épargnées dans ce budget.
01:41J'imagine que vous n'êtes pas d'accord, Marc Llantier ?
01:43Non, mais pas d'accord du tout.
01:43Et puis je trouve que c'est grave que sur une antenne comme la nôtre,
01:47on tienne ce type de propos, Emmanuel,
01:49parce que je pense qu'on sait que le niveau scolaire s'est effondré,
01:52mais les mots ont une importance, austérité.
01:54On va prendre des exemples, ce que c'est qu'un budget d'austérité.
01:57On va prendre l'exemple de ce qu'a vécu la Grèce dans les années 2000.
02:01C'est baisse des rémunérations dans le secteur public.
02:05C'est baisse, baisse.
02:07Il ne s'agit pas de parler de revalorisation qui serait limitée.
02:11De sous-indexation, c'est des dépenses de retraite.
02:14C'est baisse, suppression des primes de Noël, suppression du 13e mois, suppression du 14e mois,
02:20hausse des impôts, hausse de la TVA de 19 à 23%.
02:24Je pense que c'est important que dans un pays où on passe son temps à avoir l'impression
02:30qu'on fait des sacrifices alors qu'on n'en fait aucun,
02:32de comprendre ce que veut dire le mot austérité.
02:35Austérité, c'est des réductions.
02:38Aujourd'hui, ce budget que nous présente Sébastien Lecornu,
02:42et là où je suis d'accord avec Emmanuel, c'est qu'il n'a aucune chance évidemment d'être
02:45adopté.
02:46Et je pense même que c'est une manœuvre pour mettre les responsables politiques,
02:50j'ai envie de dire les irresponsables politiques,
02:52face à leur irresponsabilité, à commencer par Emmanuel Macron
02:56qui a déclenché cette situation en déclenchant la dissolution.
03:01Je pense que son objectif, c'est de mettre les gens face à leur irresponsabilité.
03:06Irresponsabilité qui consiste aussi à dire que c'est un budget d'austérité,
03:09parce qu'en fait, quand on a vu les réactions des hommes politiques,
03:14c'était des réactions où ils ont réagi, ils n'avaient même pas lu le texte.
03:17On savait déjà que Roussel allait dire que c'est de l'austérité.
03:21C'est juste le Rassemblement National qui reste un peu flou sur ses intérêts.
03:24Oui, parce qu'aujourd'hui, le Rassemblement National,
03:26son objectif, c'est de montrer justement qu'il n'est pas irresponsable et qu'il est responsable.
03:30Puisqu'on lui fait un procès en irresponsabilité économique.
03:33Donc lui, c'est le seul qui doit prouver qu'il est responsable.
03:36Mais je pense que c'est très grave.
03:37C'est-à-dire que là où le cornu a totalement raison,
03:40c'est qu'il met la France face, et surtout ses responsables,
03:43irresponsables politiques, face à leur irresponsabilité,
03:46en leur disant, les gars, je ne sais pas, Emmanuel,
03:48tu as dû être effaré par le chiffre de 6,5% de déficit du PIB si on ne faisait
03:54rien.
03:54Parce que là, ça ne va pas vraiment baisser la dette, quand même, ce chiffre-là.
03:57Non, mais c'est bien pour ça que pourquoi...
03:59Alors, je concède à Marc, évidemment, qu'il y a des degrés dans l'austérité.
04:02Enfin, en termes économiques, on parle de budget d'austérité.
04:05Dès l'instant, vous aurez un impact négatif sur l'activité économique.
04:09Et effectivement, la situation que Marc a évoquée,
04:12la Grèce, l'Espagne, le Portugal,
04:13c'était des budgets de crise.
04:14C'était des budgets d'austérité.
04:17Mais on est en crise.
04:19On est en crise.
04:20Oui, mais ce que je veux dire, c'est que là où ce budget...
04:21Il y a état d'urgence.
04:22On devrait décréter un état d'urgence financier et économique qu'on est en crise.
04:26Au sens où, en fait, et là, je ne suis pas du tout à la Grèce de Marc,
04:28personne n'est mis en face de ses responsabilités.
04:30C'est-à-dire qu'en fait, à aucun moment...
04:31Si, il est responsable politique.
04:32Mais même pas, puisque lui en fait partie, Sébastien Lecornu,
04:35et lui ne revient même pas sur les fondamentaux
04:38qui devraient être de s'interroger sur l'efficacité de la dépense publique.
04:41Toutes ces agences qui ne servent à rien, etc.
04:44Là, on racle les fonds de tiroir.
04:46Mais parce qu'on n'a plus le temps.
04:47Là, le bateau est en train de couler.
04:49Il faut écoper.
04:49On est dans un budget réversible.
04:51Là, on est dans un budget.
04:52On n'a pas de majorité.
04:53On n'est pas dans les réformes structurelles.
04:55On est juste en train d'essayer d'éteindre l'insolite.
05:01De freiner le dérapage, finalement.
05:02C'est le drame.
05:03On ne réduit même pas le déficit.
05:04C'est un budget de sacrifice.
05:06Un sacrifice, c'est des efforts qui ne servent à rien.
05:09On aurait pu demander, on aurait pu bâtir un budget.
05:11Un budget d'effort.
05:12Je ne suis pas d'accord.
05:13Un budget d'effort.
05:14Non, je ne suis pas d'accord.
05:14Je pense que...
05:15Vous payez aujourd'hui, ça ira mieux demain.
05:17Là, c'est un budget.
05:18Vous payez aujourd'hui, ça ira mieux.
05:19Mais parce qu'on n'a absolument plus le choix.
05:23Nous sommes dans un état catastrophique financier et économique.
05:26Ce que je n'arrive pas à comprendre, c'est qu'est-ce qu'il va falloir
05:29pour que les gens, à commencer par les responsabilités politiques,
05:33comprennent.
05:34Mais l'électrochoc, on l'a.
05:35C'est Emmanuel le disait.
05:37Les marchés financiers.
05:38On a quand même une dette aujourd'hui dans l'électrochoc.
05:41Ce sera les taux à 7%.
05:42Oui, on disait ça.
05:44On est déjà à 4,5%.
05:45Il va falloir attendre qu'on soit à 6% ou à 7%.
05:48C'est complètement déliant.
05:50Je pense qu'aujourd'hui, il faut qu'ils mettent les...
05:52Tous les pays sont à peu près...
05:53Les Etats-Unis à 5 aussi.
05:55Oui, attendez, mais on n'est pas du tout dans la même situation.
05:57On n'est pas de croissance.
05:58On n'est pas...
05:59Aujourd'hui, il ne faut pas dire ça.
06:00Parce que ça voudrait dire, oui, ce n'est pas grave,
06:02ce n'est pas que la France.
06:03Non.
06:04Oui, vous avez raison, les taux d'intérêt montent partout.
06:06Non, les taux d'intérêt en France montent plus rapidement
06:08que les taux d'intérêt ailleurs.
06:10Le spread de taux avec l'Allemagne, ça, c'est une réalité.
06:13C'est quand même écarté.
06:14Merci à tous les deux, en tout cas,
06:16d'être venus défendre vos positions.
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