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  • il y a 19 minutes
Ce vendredi 18 septembre, les régimes de retraite par capitalisation, la prolongation des aides destinées aux "gros rouleurs", l'impact des prix de l'énergie sur les entreprises, et l'effet de la démographie sur les finances publiques, ont été abordés par Cécile Maisonneuve, fondatrice de DECYSIVE, Laurent Vronski, directeur général d’ERVOR, et Thibault Prébay, économiste et président de Hécate, dans l'émission Les Experts, présentée par Laure Closier sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 10h pile sur BFM Business et les experts, ça continue.
00:02On est avec Laurent Vronskry, directeur général d'Ervore et secrétaire général de Croissance Plus.
00:06Cécile Maisonneuve, fondatrice de Décisive et Thibaut Prébet, économiste, président des 4.
00:12Thibaut, on est en train de parler de capitalisation.
00:15Vous, c'est votre sujet, c'est la culture financière des Français.
00:19Ça nous ferait du bien d'investir quelques actions ?
00:21Absolument. Moi, j'ai travaillé 20 ans dans la gestion d'actifs, donc c'est un sujet que je connais
00:24bien.
00:24La capitalisation, c'est quoi ? C'est un, dire aux gens, vous pouvez vous-même ou par quelqu'un
00:27d'autre
00:28investir dans l'économie avec une logique souvent souveraine, ce qui fait que vous allez financer les entreprises.
00:32Mais ça va plus loin que ça. Ça veut dire que vous vous intéressez à ce qu'il y a
00:34parce que ça va financer votre retraite.
00:36Donc vous essayez de comprendre. Donc après, vous arrêtez de dire que les dividendes versés, c'est génial pour tout
00:40le monde,
00:40alors qu'aucun gérant d'actifs ne veut recevoir des dividendes, ça n'a aucun intérêt, ça ne crée pas
00:44de valeur.
00:45Vous allez réfléchir à, est-ce que les boîtes, c'est rentable, donc la capitalisation, c'est bien, ou est
00:49-ce que c'est très mal,
00:50mais il faut faire un choix, et pas dire une chose à l'inverse dans son discours.
00:53Donc la culture financière, comprendre ce qu'est une entreprise, comment elle gagne de l'argent,
00:57est-ce que ça vaut le coup de sauver une entreprise industrielle, on a beaucoup parlé de Duralex qui perd
01:01du fric,
01:01est-ce que c'est merveilleux pour la souveraineté d'Ardoliprane, pendant qu'il y a d'autres pays qui
01:05essaient de faire des vaccins
01:06contre le cancer, comme Moderna avec un patron français que nous on regarde comme ça.
01:10Comprendre ce que c'est que la souveraineté, ce que c'est qu'une entreprise qui crée de la valeur,
01:14au lieu de se bloquer sur le dividende, ça, ça passe par que chaque citoyen soit implacté par ce qui
01:20se passe et s'y intéresse.
01:21Et la capitalisation, au-delà des montants qui ne seront de toute façon pas colossaux,
01:24parce qu'on ne peut pas faire une transition très rapide,
01:27ça aura déjà ce loisir hyper important d'intéresser les gens à ça, ce qui est évidemment un de vos
01:31combats.
01:31Et donc je pense que ça, ça vaut quasiment autant que les capitaux qu'on va pouvoir déployer,
01:35parce que c'est ce que les Américains appellent un mindset, un état d'esprit, qui change.
01:39Et on en a besoin, si on veut demain, de ne pas être complètement à la traîne,
01:41parce que quand on dit qu'on est en retard, c'est déjà sympathique, il faut le dire.
01:45Cécile, mais on a aujourd'hui qu'on parle d'énergie dans la prochaine demi-heure.
01:48On atteint des records qu'on n'a jamais vus depuis qu'on mesure le carburant à la pompe.
01:53On est dans certaines stations à 3 euros le litre sur le gazole.
01:57Alors évidemment, c'est toujours plafonné chez Total,
01:59mais on atteint quand même des niveaux qui sont pesants pour l'économie.
02:03On a des annonces du gouvernement ce matin qui nous dit qu'ils vont continuer l'aide sur les gros
02:08rouleurs.
02:08Pour l'instant, on ne va pas plus loin.
02:10Il ne faut pas aller plus loin, selon vous ?
02:13Je pense que d'une part, on n'en a pas les moyens.
02:16Et d'autre part, le point, c'est d'aller plus loin, mais jusqu'où et jusqu'à quand ?
02:21C'est très intéressant parce que, par exemple, l'équipe matière première de Deep & Morgan,
02:26ils connaissent un peu sur le sujet.
02:27Aujourd'hui, ils ne savent pas faire un scénario de ce qui va se passer.
02:30Parce que l'hypothèse jusqu'alors de tous les experts, c'était de dire,
02:34à partir du moment où on va passer un certain nombre de seuils,
02:36par exemple, le baril au-delà de 100 dollars, le prix à la pompe aux Etats-Unis au-delà de
02:415 dollars,
02:42le diesel aux Etats-Unis, 6,13 dollars le galon, c'est du jamais vu.
02:46Au-delà de l'inflation à 4 ou 5 %, on va revenir à la raison, on va y avoir
02:51des négociations.
02:52On a passé ses seuils et rien ne se passe.
02:55Et non seulement rien ne se passe, la situation se dégrade.
02:58Elle se dégrade massivement au sens où, non seulement on a des restrictions sur le brut mondial,
03:04le bombardement du fameux pipeline East-Ouest en Arabie Saoudite,
03:08la situation sécuritaire là-bas est plus que jamais difficile.
03:12Les bombardements sur les raffineries russes par les Ukrainiens continuent,
03:16y compris très profond dans le territoire russe.
03:18Donc, on ne voit pas aujourd'hui de retour à la normale,
03:21surtout quand on parle de produits raffinés, de diesel,
03:24ça concerne aussi le fuel, on parle beaucoup de la pompe,
03:28tous les gens qui chauffent au fuel, c'est un vrai sujet,
03:29ce sont généralement les mêmes.
03:31Eh bien, on ne voit pas de perspective où ça va se remettre vite.
03:35On parle de capacité industrielle détruite.
03:37Elles ne viendront pas du jour au lendemain.
03:38Donc aujourd'hui, personne, ni aux Etats-Unis, ni en Europe,
03:41ne sait dire comment les choses vont évoluer.
03:43Et de ce point de vue-là, la discussion prochaine de Donald Trump et de Xi Jinping
03:48est peut-être le seul point auquel les marchés peuvent se raconter.
03:51Parce qu'on se souvient quand même que les Chinois se sont retirés en partie du marché en mars-avril,
03:57non ?
03:58Intéressant. Justement, aujourd'hui, je vais un peu caricaturer,
04:02mais une partie du prix à la pompe dépend de ce que va faire la Chine.
04:05Jusqu'alors, elle a plutôt joué un rôle d'amortisseur,
04:08au sens où elle s'est, comme vous dites, retirée du marché.
04:10Elle a fortement réduit ses importations de brut.
04:13En parallèle, elle a arrêté ses exportations de diesel.
04:16Tous les pays d'Asie du Sud-Est aujourd'hui n'ont plus de diesel raffiné depuis la Chine.
04:20Donc, c'est ça en moins aussi sur le marché mondial.
04:23Et là, la Chine a commencé à racheter du brut.
04:25Donc, c'est aussi ce qui contribue à tendre les marchés.
04:28Mais on la voit, au-delà de cette action sur le marché physique,
04:32mener une action diplomatique, aller discuter avec les Iraniens,
04:35en disant, écoutez, il va falloir se calmer.
04:37Donc, ça va être intéressant de voir comment, finalement,
04:40quels deals vont faire la Chine et les États-Unis.
04:43Parce que c'est un problème aussi pour Donald Trump
04:45d'avoir des niveaux historiques du prix de diesel.
04:48Alors, il y a des statistiques, jamais aucun président américain
04:51n'a remporté les mi-terme avec des prix de l'énergie mauvais.
04:55Mais alors, avec des prix de l'énergie très, très, très mauvais,
04:58là, c'est même injouable.
04:59Mais alors, Laurent Monski, si à JP Morgan,
05:02ils ne peuvent pas faire de prévision sur le prix de l'énergie,
05:05vous faites comment pour voir ?
05:08Je ne vous parle même pas de six mois, je parle de trois jours.
05:10Vous savez, depuis le Covid, on est plutôt bien entraînés.
05:14Parce que là, depuis mars 2020,
05:16on doit en être à la septième crise systémique, quand même.
05:19C'est pour ça que, dans le pilotage de l'entreprise,
05:22moi, je ne donne pas de leçons aux uns et aux autres.
05:26Moi, quand j'ai commencé ma carrière,
05:28on faisait des plans stratégiques.
05:30À cinq ans ?
05:30À cinq ans, etc.
05:32Des grands outres, le plan stratégique à cinq ans ?
05:34Je le dis très monestement, je pense que être...
05:36L'horizon, c'est un peu raccourci.
05:38Je pense que je pourrais vous convaincre,
05:39vous sortir un plan à cinq ans extrêmement convaincant.
05:41La seule chose, le petit détail, c'est que je n'y crois absolument pas.
05:44Donc, aujourd'hui, il faut être dans un mode,
05:46et ce n'est pas évident de structurer l'entreprise de la sorte,
05:49il faut plutôt travailler sur l'agilité.
05:50C'est-à-dire que vous ne savez pas de quel étage on va vous jeter,
05:53mais il faut que vous retombiez sur vos pieds.
05:56Donc, il y a des recettes de base.
05:58Avoir du cash, ne pas être endetté jusque-là.
06:02Et puis après, je dirais, vous gérez en fonction de ce qui arrive.
06:04Parce que la situation est effectivement préoccupante.
06:07En plus, il y a aussi un autre élément qui est le transport.
06:09Or, c'est-à-dire que le pétrole, il faut bien qu'il arrive quelque part.
06:12Il n'arrive pas qu'avec des pipelines.
06:15Donc, il y a des bateaux, il y a des choses comme ça.
06:17Et ce sont les mêmes voies maritimes pour nos produits.
06:19Moi, je suis exportateur, je veux dire, non-compresseur,
06:21jusqu'à 12 tonnes, on ne met pas ça dans le coffre d'une voiture.
06:24Donc, le commerce mondial est particulièrement perturbé.
06:29Et je ne sais pas vous dire ce qui va se passer.
06:31En tout cas, ce que je peux vous garantir, c'est qu'on ne va pas s'ennuyer.
06:34Ça, c'est sûr.
06:3526, 27, 28, il va y avoir du choix.
06:37Mais du coup, par exemple, sur le carburant, vous prenez des hypothèses hautes ?
06:40Vous dites, je me dis, c'est 120, 130, vous travaillez comment ?
06:45Mon souci principal, c'est comment répercuter les coûts ?
06:49On a vécu ça avec la crise systémique sur les matières premières.
06:51Est-ce que vous pouvez répercuter les coûts ?
06:53Non, alors ça, c'est la théorie.
06:55Dans les faits, c'est un peu plus compliqué.
06:57Mais souvenez-vous, quand on est sorti du Covid,
06:59il y avait des pénuries sur les matières premières, sur beaucoup de choses,
07:01avec des hausses de 20, 30, 40 %.
07:04Donc, ça a donné lieu à des discussions commerciales, on va dire, plutôt animées.
07:08Là, c'est exactement pareil.
07:11Thibault ?
07:11Oui, ce qui est intéressant, c'est qu'on est en schizophrénie en France.
07:13C'est-à-dire que, d'un côté, on nous dit que le pétrole va être à 3,
07:16et puis on critique Total qui serait profiteur alors qu'ils le mettent à 2.
07:18On se retrouve avec des écolos qui disent qu'il faut subventionner le gasoil.
07:21Donc, on est sur un truc qui est, encore une fois, pas du tout stratégique,
07:24sur lequel on n'a pas du tout de vision.
07:25Et il faut rappeler un truc, c'est quoi qu'on fasse,
07:26si on a énormément de barils qui ne sont plus produits,
07:29ils ne seront pas là.
07:29Donc, on peut inventer tous les artifices, les blabla.
07:32On peut inventer des barils, quoi.
07:33À un moment donné, la réalité, c'est que les barils ne sont pas là.
07:35Et essayer de subventionner pour que j'en prenne leur voiture,
07:37c'est une solution qui, sur le long terme,
07:39n'est quand même pas particulièrement intéressante.
07:41Donc, la première difficulté, elle est là.
07:44La deuxième difficulté, c'est effectivement qu'on ait une lisibilité qui est très faible.
07:46Les Américains suivent un indice que je trouve très drôle.
07:48Ils calculent combien de fois dans le mois,
07:49Donald Trump n'a dit qu'il avait gagné la guerre en Iran.
07:51Sur les trois derniers mois, en moyenne, on était à 10.
07:53Là, on est à une fois.
07:54Donc, on voit qu'on ne gagne pas du tout la guerre en Iran.
07:55Donc, on gagne de moins en moins.
07:56Voilà, on gagne de moins en moins.
07:57Et peut-être qu'il va se faire éclater au mid-terme,
07:58et que c'est là où le Parlement va reprendre un peu le pouvoir.
08:01On rappelle qu'on est quand même des guerres
08:02qui ont un peu oublié parfois de passer par le Parlement.
08:04Donc, on peut peut-être, à ce moment-là,
08:06avoir plus de pistes de résolution.
08:07Mais ce qui est clair à ce stade,
08:08c'est qu'on n'a absolument rien de réaliste.
08:11Et qu'on va être aussi dans des choses qui sont très aléatoires.
08:13C'est-à-dire qu'il ne faut pas se mentir.
08:14Notre gros sujet, par exemple,
08:15c'est qu'on a des stocks de gaz très faibles.
08:16Il est possible qu'on ait un hiver très chaud
08:19et qu'on se fasse complètement.
08:20Et il est possible qu'on ait un hiver très froid
08:22et qu'on ait des prix qui s'envolent
08:23et que ce soit cataclysmique,
08:24en particulier pour les industriels.
08:26Donc, à ce stade...
08:26On ne remplit pas parce que c'est très cher, quoi.
08:28Et qu'on se dit que peut-être ça va...
08:29Et puis, il y a des années aussi
08:31où les gens ont commencé, après le Covid,
08:33à moins se chauffer l'hiver.
08:34Il suffit qu'on ait un hiver qui est un peu doux.
08:36Et en fait, il n'y a pas du tout de problème.
08:37Mais en réalité, on n'en sait rien.
08:38Donc, on est aujourd'hui dans quelque chose
08:39qui est dépendant de ce que raconte Donald Trump,
08:42même si on commence à croire de moins en moins
08:43être de moins en moins élastique aux déclarations.
08:45On dépend de ce qui va se passer sur ce conflit.
08:48On dépend de la météo, quand même, beaucoup.
08:50Et donc, c'est vrai qu'à ce stade,
08:51il faut accepter l'idée qu'on a une inflation
08:53qui est plus allée.
08:53Mais là, on a un problème qui est complètement clair.
08:56C'est que l'inflation est un sujet
08:58qu'on regarde sur les marchés
08:59dans ce qu'on appelle le corps.
09:00C'est-à-dire l'inflation hors énergie.
09:02Pourquoi ? Parce qu'on se dit
09:03parfois il fait chaud, parfois il fait froid,
09:04parfois il y a un truc.
09:05Quand ça devient plus long,
09:07c'est plus du conjoncturel.
09:07Donc, on ne regarde plus l'inflation au corps,
09:08on regarde l'inflation réelle.
09:09Parce qu'on ne peut pas se dire
09:10que c'était pour un mois.
09:11Donc, on prend un point de plus.
09:12Et quand on arrive sur un mois en février,
09:14on se dit qu'on s'en fout,
09:15ça aura baissé en fin d'année.
09:16Quand on arrive vers la fin d'année,
09:17on se dit que les gens font monter les salaires
09:18parce qu'il faut qu'ils chauffent.
09:19Donc, les coûts de production vont augmenter,
09:22le pouvoir d'achat a progressé.
09:22Donc, on pourrait être sur un entraînement
09:24prix salaire.
09:25On a un risque inflationniste
09:26qui est lié au fait
09:26qu'on ne peut plus se satisfaire de dire
09:28qu'on met de côté le prix du pétrole
09:29parce que c'est trop long
09:30et que les répercussions sur les salaires
09:32vont être, dans certains pays
09:33comme la Belgique, automatique,
09:34dans d'autres réels
09:35parce que la crise devient trop longue.
09:37Donc, on rentre aussi
09:37dans des effets d'entraînement
09:38qui ne nous permettent plus maintenant,
09:40alors que c'était encore le 15 juin.
09:41En Belgique, les salaires sont indexés
09:42sur l'inflation ?
09:43Oui.
09:44Donc, en fait, l'idée,
09:45c'est de se dire
09:45qu'il va y avoir un truc
09:47qui, en mai, pouvait être dit
09:48si d'ici la fin d'année,
09:49c'est réglé,
09:50en fait, ce sera une parenthèse terminée.
09:52Aujourd'hui, ça ressemble
09:53de moins en moins
09:53à une parenthèse
09:54qui pourra laisser
09:55les effets durables.
09:55Donc, ça ressemble
09:56à une vraie crise inflationniste, Cécile ?
09:59Si on regarde l'ensemble
10:01des sujets énergétiques,
10:02on a parlé du pétrole du brut,
10:04on a parlé du diesel,
10:05c'est des produits raffinés,
10:06on a parlé du fuel,
10:09on a parlé du gaz.
10:10Donc, en France,
10:11on a un stockage autour de 70 %.
10:12Moi, ce qui m'inquiète beaucoup,
10:13c'est l'état des stocks allemands.
10:15Ils sont extrêmement bas.
10:17Curieusement.
10:18Et pourquoi ?
10:19Parce qu'ils attendent
10:19que ça baisse ?
10:20C'est assez incompréhensible
10:21parce que, normalement,
10:22c'est le moment
10:22où on les remplit.
10:24Et entre nous, d'ailleurs,
10:25aujourd'hui,
10:25tout ce qui se remplit
10:26dans les stockages de gaz
10:26en Europe,
10:27ça ne vient que des États-Unis.
10:28C'est du GNL
10:29arrivé par bateau ?
10:30C'est du GNL américain.
10:31Il ne faut pas exclure non plus
10:32un scénario au Donald Trump
10:33parce qu'il a besoin
10:34de détourner la tension,
10:35parce qu'il a besoin
10:36d'un bouc émissaire,
10:37parce qu'il veut mettre
10:37la pression sur les européens.
10:38Il nous coupe le GNL ?
10:39Il réduit le GNL
10:40ou il interdit
10:41l'exportation de diesel.
10:42Les Chinois l'ont fait.
10:43Pourquoi Donald Trump
10:44avec un diesel
10:46à 6,13 dollars le galon ?
10:49On est d'accord
10:49qu'il est capable de le faire.
10:51Donc, je veux dire,
10:51le scénario le plus noir
10:52n'est pas encore là.
10:53Et le point,
10:54évidemment, important,
10:55c'est que qui dit
10:56prix de gaz élevé,
10:57là, aujourd'hui, en Europe,
10:58les prix du gaz
10:58par rapport aux États-Unis,
10:59c'est x10.
11:00Quelle industrie
11:01peut, à terme,
11:03survivre avec un tel
11:04différentiel de compétitivité ?
11:05Ça n'est pas possible.
11:06Et donc, il y a ça.
11:08Et qui dit prix du gaz aussi,
11:08il dit éventuellement
11:10dérapage des prix de l'électricité.
11:12Parce que le nombre d'heures
11:13en Europe
11:14où le prix de l'électricité
11:15continue d'être fixé
11:16sur le gaz
11:16reste important.
11:18Ça, c'est un sujet,
11:19quand même,
11:19ce sujet d'indexation
11:21de l'électricité
11:22sur le gaz.
11:22Et donc, derrière,
11:23vous avez peut-être
11:25un scénario
11:25à la 2022
11:26qui peut s'enclencher.
11:28On ne peut pas
11:28l'exclure aujourd'hui.
11:30Et moi, justement...
11:32Ou se retaper
11:32une crise inflationniste.
11:33La construction d'un budget
11:34dans ce contexte-là,
11:35c'est très, très compliqué.
11:36Et évidemment qu'en France,
11:37on ne reviendra pas
11:38à un bouclier global.
11:40Ça n'est pas possible
11:40pour des raisons financières.
11:42Alors, d'autres pays européens
11:44en ont.
11:44Ils font des gros, gros rabais
11:45quand même
11:46quand on voit en Italie,
11:47en Espagne.
11:48Ce sont les mêmes, d'ailleurs,
11:49qui demandent la taxe
11:50sur les super profits
11:53des raffineurs.
11:54Laurent ?
11:54Oui, mais monsieur l'a précisé.
11:57Le problème, c'est que
11:57quand on baisse la quantité,
11:59il n'y en aura pas
11:59pour tout le monde.
12:00Donc, vous pouvez faire
12:01tous les subsides
12:02que vous voulez.
12:03Vous allez avoir...
12:04Sauf si on baisse la demande.
12:06Exactement.
12:06Et on ne baisse pas la demande.
12:07Sauf si on baisse la demande.
12:08Alors, vous voyez, par exemple,
12:08nous, dans nos process,
12:10je veux dire,
12:10on utilise le gaz
12:11du 1er janvier au 31 décembre.
12:13Ce n'est pas pour se chauffer,
12:13c'est pour tout ce qui concerne
12:14les process de peinture.
12:16Donc, c'est que...
12:17Vous ne pouvez pas électrifier, quoi.
12:18Ce n'est pas...
12:18Vous avez besoin du gaz.
12:19Ah bah, si vous voulez,
12:21on peut tout faire.
12:22Spécialiste.
12:22On peut tout faire.
12:23Voilà, c'est une prochaine.
12:24Mais on ne peut pas tout faire.
12:25Vous voyez ce que je veux dire ?
12:26Bon.
12:27Donc, en tout cas,
12:28ce qui est sûr,
12:29c'est que...
12:31Parce qu'à toute chose,
12:31malheur est bon.
12:32C'est que ce que l'on vit actuellement
12:33avec l'énergie,
12:34et on le voit bien
12:35avec les ventes de voitures électriques,
12:37c'est sans doute pas l'alpha et l'oméga,
12:39mais en tout cas, vous voyez ça.
12:40Je veux dire que ça force les gens
12:41à penser différemment.
12:43Là, vous venez de me poser une question
12:44qui est l'équivalent de l'automobiliste
12:46qui se dit
12:46« Tiens, je vais changer de voiture
12:47parce que là, au moins,
12:48je ne serai plus assujetti
12:49au problème de pompe. »
12:50Donc, effectivement,
12:51qu'on réfléchit à ces choses-là.
12:54Mais pour faire ça,
12:55il faut aussi qu'on ait
12:56un outil de production d'électricité
12:57qui soit moderne
12:59et capable d'encaisser la demande.
13:00Il faut savoir qu'aujourd'hui...
13:01Aujourd'hui, ça va,
13:02on peut encaisser la demande.
13:03On est large, non ?
13:04Je ne suis pas un...
13:06Sans jeu de mots,
13:06je ne suis pas un expert,
13:07mais a priori,
13:08si on convertissait
13:09tout le parc automobile thermique français
13:11en voiture électrique,
13:13eh bien, le parc nucléaire
13:14suffirait uniquement à faire ça.
13:16Donc, pas pour le reste.
13:17En fait, on est large,
13:18mais on n'est pas élastique.
13:18Donc, de toute façon,
13:19si vous voulez...
13:20Il y a une dizaine d'années...
13:20Si c'est long à construire.
13:21Si vous reportez...
13:22Et on reboucle avec le thème principal
13:25de cette émission qui est le budget.
13:26C'est-à-dire que si, de toute façon,
13:27il y a un changement fondamental
13:29au niveau de l'usage énergétique,
13:31il va falloir qu'on ait
13:31des infrastructures.
13:33Et ces infrastructures,
13:34elles ne se financent pas
13:34avec l'opération du Saint-Esprit.
13:36Elles se financent avec un budget.
13:38Vous voyez ?
13:39Retour à la case départ.
13:40Et comment ?
13:40Ça veut dire qu'il ne va pas faire
13:42des choix difficiles,
13:45des choix structurels,
13:46en tout cas très différents
13:47des choix qu'on a faits
13:48depuis 30 ans,
13:49où on va devoir investir
13:50sur l'avenir,
13:50l'éducation, l'infrastructure,
13:52la production d'énergie,
13:53et peut-être moins sur des choix,
13:55on va dire,
13:57budgético-politiques.
13:58Si vous prenez,
13:59vous avez dit,
13:59on ne fait pas changer la demande
14:01en laissant les prix
14:03ou en faisant baisser les prix.
14:04C'est important quand même,
14:05parce qu'il n'y a que le signal prix
14:06qui fonctionne en fait.
14:07Exactement.
14:08Et puis on sait aussi
14:08qu'il y a des problèmes internationaux.
14:09C'est-à-dire que si on dit
14:10dans toutes les régions limitrophes
14:11qui sont beaucoup en France,
14:12on fait des prix hyper bas,
14:13du coup, il y a des gens qui viennent
14:14et on se retrouve avec encore plus de demandes
14:16ou des gens qui préambent
14:17en se disant,
14:20on sait qu'on a ce type de fonctionnement.
14:23Mais la réalité aussi,
14:24c'est qu'on a un modèle français
14:25qui est lié à cette époque
14:26de pouvoir parler
14:27sur les retraites des boomers.
14:28On a eu le sentiment
14:29d'une économie tellement forte
14:30qu'on pouvait tout payer.
14:31Et quand on arrive à un truc,
14:32en fait,
14:32ce n'est pas de notre ressort,
14:33c'est-à-dire qu'il n'y a juste
14:33pas assez de pétrole,
14:34on est perdu.
14:35On se dit,
14:35mais qu'est-ce qu'on peut faire ?
14:36On va bloquer les tarifs,
14:37on va machin,
14:38on va saisir,
14:38on va super taxer,
14:39on va baisser les prix.
14:40C'est super,
14:41mais ça ne dépend pas de nous.
14:42nous ne sommes pas
14:42des producteurs de pétrole majeurs.
14:44Donc s'il n'y a pas assez de pétrole,
14:46qu'il n'y a pas assez de gaz,
14:47comme on ne peut rien y faire.
14:48C'est pareil,
14:48vous parlez de nucléaire,
14:49on a arrêté la filiale nucléaire
14:50pendant longtemps,
14:51à raison, à tort.
14:52Mais aujourd'hui,
14:52si on se dit,
14:53on a un nucléaire,
14:54c'est super.
14:55Mais si on multiplie par deux
14:57l'utilisation d'électricité,
14:59ce qui sera très loin
14:59que d'être la totalité
15:00de notre énergie,
15:01pour le coup,
15:02on est absolument incapable
15:02d'accompagner ça
15:03dans un délai raisonnable.
15:04Donc c'est très sympathique
15:05de se dire qu'on a un nucléaire...
15:06Je croyais qu'on avait
15:06de la marge aujourd'hui.
15:08On a de la marge,
15:08mais aujourd'hui,
15:09il faut se rappeler
15:09qu'on dit toujours,
15:12vous savez,
15:12qu'une partie importante
15:13d'électricité est nucléaire,
15:15mais l'électricité
15:15n'est qu'une petite partie
15:16de l'énergie.
15:17Donc si on veut électrifier,
15:18tout d'un coup,
15:19là on se retrouve
15:20avec un écart très important
15:22et il faut avoir en parallèle
15:24la logique d'électrification
15:25et la logique de production
15:26d'électricité propre
15:27pour que ça aille ensemble.
15:28Donc je veux dire,
15:29c'est, on le disait,
15:30la stratégie de long terme.
15:31Ce n'est pas juste de dire
15:32on va adapter ça comme ça,
15:33ça ne se fait pas comme ça.
15:34Et le problème,
15:34c'est que la stratégie de long terme,
15:35on est très fort pour se dire
15:36on la met en place
15:37quand il y a une crise,
15:38puis six mois après,
15:39on se dit, bon,
15:39là maintenant,
15:40ce n'est plus le sujet,
15:41donc on arrête.
15:41Et donc il faut qu'on arrive
15:42à trouver des planifications
15:44stratégiques de long terme
15:45qui ne bougent pas
15:46au gré des modes
15:47et des crises,
15:47ce qui, quand on a
15:48des sujets budgétaires,
15:50est toujours un problème
15:50parce qu'on arrive toujours
15:51à se dire,
15:52en fait,
15:52on va peut-être gratter là-dessus,
15:53ce n'est plus si urgent.
15:54Cécile,
15:54sur la question de l'offre
15:55et de la demande
15:56sur le nucléaire,
15:57parce que moi,
15:57j'ai reçu ici
15:58Emel Vargon plusieurs fois
15:59qui dit,
16:00on est trop loin sur la demande,
16:01on peut monter,
16:02on a de la marge
16:02sur la demande d'électricité.
16:04On a plus que de la marge,
16:05en fait,
16:05la demande d'électricité
16:06en France depuis 10 ans,
16:07elle baisse,
16:08à l'inverse de ce qu'on devrait faire.
16:10Donc non seulement
16:11on a de la marge,
16:12mais aujourd'hui,
16:12la pompe n'est pas réamorcée.
16:14Et donc le point important
16:15aujourd'hui,
16:16vous disiez,
16:17effectivement,
16:17il ne faut pas que les prix
16:18du pétrole ou du gaz
16:24et c'est là que,
16:26alors pardon,
16:26ça va être un peu technique,
16:27mais en France,
16:28on a beaucoup,
16:29beaucoup,
16:29on en a beaucoup
16:30sur le pied dans l'électricité
16:31parce qu'on ne la consomme pas.
16:32Cette année,
16:32on va exporter,
16:33si on reste sur le train de juin,
16:34on va exporter 100 TWh.
16:36C'est 100 TWh
16:37qu'on n'a pas consommé,
16:38qu'on a exporté sur les marchés.
16:40Or,
16:41il se trouve qu'on a un moyen
16:43en France
16:43d'isoler le prix,
16:44une grosse partie du prix
16:45de l'électricité
16:46pour les ménages
16:46et les entreprises
16:47du marché européen,
16:49notamment fixé par le gaz.
16:50Ça s'appelle
16:50le contrat pour différence.
16:51La France l'a négocié
16:53en 2023 à Bruxelles.
16:54En gros,
16:55vous prenez l'hydraulique
16:56et le nucléaire français
16:56et vous le sortez économiquement
16:59du marché de l'électricité européen,
17:00ce qui fait qu'il n'est plus
17:01contaminé par les prix du gaz.
17:03C'est la voie qu'on pouvait faire ça.
17:04La France a négocié ça en 2023.
17:05À l'époque,
17:06la presse allemande a titré
17:07« Trion français à Bruxelles »,
17:08évidemment.
17:09Eh bien,
17:10on n'a pas mis en œuvre
17:11cette possibilité.
17:12On a mis en œuvre
17:12un autre système
17:13qui s'appelle
17:13le versement nucléaire universel
17:15où aujourd'hui,
17:16on est complètement exposé
17:17au marché.
17:18Et donc,
17:18avec un système très compliqué,
17:19si les prix de l'électricité
17:20augmentent trop,
17:21on va reverser
17:22le trop perçu
17:23aux ménages.
17:24Mais ex poste.
17:25Et donc,
17:25aujourd'hui,
17:26moi,
17:26je pense qu'on a quand même
17:27juridiquement une possibilité
17:28d'activer un mécanisme.
17:29On ne l'a jamais fait.
17:30On n'a jamais activé ce mécanisme.
17:31On ne l'a pas activé.
17:32À l'époque,
17:32il y a eu beaucoup de débats
17:32au sein du gouvernement
17:33avec EDF.
17:34Et finalement,
17:35le choix qui avait été fait,
17:35c'était un mécanisme pur de marché
17:37qui ne protège pas EDF à la baisse
17:38quand les cours d'électricité baissent,
17:40qui ne protègent pas les ménages
17:41et les entreprises
17:42quand les cours d'électricité augmentent.
17:44Alors que,
17:44juridiquement,
17:45on a la possibilité
17:46de nous épargner,
17:47de faire une sorte de bouclier
17:48qui ne coûterait vraiment rien.
17:51Et juridiquement,
17:52on peut le faire
17:52par rapport à Bruxelles.
17:54Donc ça,
17:54c'est un point important
17:55pour la France.
17:55On a quand même,
17:56dans ce paysage un petit peu
17:58sinistre du point de vue énergie,
18:00de l'espoir du côté du nucléaire.
18:01On a un coup à jouer
18:01si on veut vraiment
18:03que les prix de l'électricité
18:04n'augmentent pas
18:05et ne pas envoyer à nouveau
18:07un signal aux Français
18:08sur le thème,
18:08vous savez,
18:09les prix d'électricité.
18:10On vous dit d'électrifier
18:11et ça se trouve,
18:11ils vont beaucoup augmenter.
18:12Les Français en sont persuadés
18:13de les interroger.
18:15Mais aujourd'hui,
18:15on a encore, Cécile,
18:15une fiscalité qui est la même
18:17sur le gaz,
18:18sur l'électricité.
18:20Alors avant,
18:20on vous poussait
18:21à enlever vos radiateurs électriques
18:23pour mettre le gaz.
18:23C'est un peu comme sur le diesel.
18:25C'est-à-dire qu'on a fait des choix
18:26contraires à notre intérêt.
18:28Effectivement,
18:28on a fait à peu près l'inverse
18:29de ce qu'il fallait faire
18:32depuis 10-15 ans.
18:33Maintenant,
18:33on le sait,
18:34c'est une avancée
18:35et puis maintenant,
18:39l'autre levier sur lequel
18:40il faut jouer.
18:41Alors c'est vrai que socialement
18:43aujourd'hui en France,
18:43c'est difficile de dire
18:44aux 10 millions de ménages
18:45qui se chauffent au gaz
18:46qu'au fait,
18:47vous savez quoi ?
18:47On va mettre la fiscalité
18:50du gaz au niveau
18:50de celle de l'électricité.
18:52L'inverse serait mieux
18:53de baisser la fiscalité
18:54de l'électricité
18:55au niveau du gaz.
18:56C'est une autre option
18:56mais il faut la financer.
18:58Mais en tout cas,
18:58le levier fiscal
18:59est à l'évidence
19:00un levier important.
19:01Mais quand vous avez
19:02un État surendetté,
19:03on revient là.
19:04Qui est actionnaire de l'EDF ?
19:05Qui a besoin d'une vache à lait ?
19:07L'électricité,
19:08c'est extraordinaire.
19:09Mais Thibaut,
19:09on n'arrive pas aussi
19:10à vendre des plans à long terme.
19:11Vous dites que c'est important,
19:12il faut penser,
19:13tout ça, ça prend du temps.
19:14Mais vous voyez par exemple,
19:15quand vous avez des débats
19:16sur les plateaux
19:17sur le prix de l'essence,
19:18tout le monde vous dit
19:18qu'il faut enlever
19:19les certificats d'économie d'énergie,
19:20il faut enlever les taxes,
19:21ça ne sert à rien.
19:22Que des trucs qui servent
19:23à financer a priori la transition.
19:24Alors ce n'est pas parfait évidemment
19:26mais les certificats
19:27d'économie d'énergie,
19:28ça sert à financer
19:29des pompes à chaleur
19:29et le leasing social.
19:31Et c'est la première chose
19:32qu'on veut enlever
19:32dès que les prix de l'énergie montent.
19:35C'est toujours le sujet
19:36fin du monde, fin du mois.
19:37On ne peut pas en sortir.
19:38C'est un sujet
19:39qui est hyper intéressant justement
19:40parce que c'était
19:41à la fin des Gilets jaunes
19:42le thème,
19:43fin du monde, fin du mois,
19:44même combat.
19:44Or justement,
19:45ce sont des combats opposés.
19:46Et le problème du débat public
19:47est de comprendre
19:48que fin du monde, fin du mois,
19:48c'est des débats opposés.
19:49Et qu'en voulant les rejoindre,
19:51on fait systématiquement
19:52n'importe quoi.
19:52Après, moi j'ai toujours ce problème,
19:53c'est qu'on dit
19:54les politiques sont nulles.
19:54C'est nous qui votons pour ça.
19:56Après, les voisins ne font pas mieux.
19:57On parlait du fait
19:58qu'on a fait un peu n'importe quoi
19:59sur 10 ans.
19:59Les pays voisins
20:00qui sont sortis du nucléaire,
20:01j'étais en Belgique
20:01la semaine dernière,
20:02qui sont en train de se dire
20:03il faut y retourner.
20:04Tout on n'a pas fait
20:04non plus que des choix merveilleux.
20:06Et on n'a pas parlé de l'Allemagne.
20:07Mais c'est nous qui les faisons.
20:08On a voté pour ça
20:09parce qu'on est un pays riche
20:11et on nous vend le fait
20:12qu'on peut tout faire
20:12parce qu'on est encore
20:13dans des logiques populistes
20:14de se dire
20:15on peut tout financer,
20:16on peut tout faire,
20:16on peut tout payer la sécu
20:18et on peut tout payer les retraites
20:19et partir à 60 ans.
20:20Et on est un pays
20:21qui, contrairement à nos voisins,
20:23achète ça.
20:23Nos voisins n'achètent pas ça.
20:25Nos voisins,
20:25ils ont pris 65 ans,
20:26ils se disent que c'est comme ça.
20:27On ne leur dit pas
20:28on peut tout payer,
20:29tout faire,
20:29il n'y a pas besoin.
20:30Nous, on est encore sensibles
20:32collectivement à ce discours-là.
20:32C'est notre responsabilité
20:33de citoyen et de votants.
20:34Mais comment ça se fait ?
20:35Je ne sais pas comment vous expliquez ça.
20:37Parce qu'il faut se rappeler
20:38qu'il y a quelques siècles,
20:39la France,
20:39c'est le pays
20:40qui avait une des plus fortes populations
20:41au monde,
20:41qui était le plus puissant.
20:42Et on est resté dans cette idée
20:43qu'on y avait droit.
20:43On reste dans l'idée de puissance.
20:44Oui, on est resté dans l'idée
20:45qu'on y avait droit
20:46sans se rendre compte
20:46qu'à un moment donné,
20:47des pays voisins
20:48ne sont devenus plus peuplés que nous.
20:49Vous savez,
20:49le premier drame existentiel français,
20:51c'est quoi ?
20:51Je crois que c'est un truc démographique
20:52qui est rigolo.
20:52C'est qu'à un moment,
20:53on met fin aux droits d'NS
20:54et on se dit
20:54on va partager le patrimoine.
20:55Et là, les gens se disent
20:56mais moi, mes terres vont être morcelées
20:58donc mes gamins vont crever
20:59donc je vais en faire moins.
20:59Et on se retrouve au XIXe siècle
21:01à se dire
21:02merde, on va être moins nombreux
21:02que les Allemands.
21:03Et ça, c'est un gros trauma
21:04parce qu'avant,
21:04on n'était plus nombreux,
21:05on n'était plus costauds
21:06que les Allemands.
21:06Et puis quand après
21:07cette révolution française
21:08de soi qui était logique,
21:09on se dit mais finalement,
21:10en fait,
21:10on fait moins d'enfants,
21:11on va être moins nombreux.
21:12On commence à être stressé
21:13et ça fait un siècle et demi
21:14Ça me rappelle le débat sur la dot
21:15où finalement,
21:15en tant que femme,
21:16vous avez perdu économiquement.
21:18C'est vrai qu'on le sait,
21:20on s'est déclassé depuis deux siècles
21:21et comme on ne l'accepte pas,
21:22on n'a pas envie
21:23d'entraîner les réactions.
21:24On se dit non mais c'est bon,
21:25il y en a toujours assez.
21:26Et puis, il faut le dire,
21:27c'est un problème qui est technique.
21:29On a une mortalité
21:30qui a beaucoup baissé.
21:31Notre fécondité a baissé
21:3230 ans après.
21:33Ça a créé une génération
21:34de boomers qui étaient au milieu.
21:35Il faut sortir de la critique.
21:37Ce n'est pas de leur faute
21:38si ces gens-là
21:38n'ont pas perdu leurs frères et sœurs
21:39et s'en trouvaient plus nombreux.
21:40Donc, il ne faut pas les critiquer
21:41mais il faut accepter l'idée
21:42qu'on a construit
21:43un modèle social
21:43sur une génération intermédiaire
21:45qui n'est pas réaliste.
21:46Donc, on doit aujourd'hui
21:46reconstruire une vision réaliste
21:48sur un modèle réaliste
21:49et ça nous fait sortir
21:51de plein de trucs très agréables
21:52qui nous plaisaient
21:53et qu'on n'a pas envie de voir.
21:54Et donc, est-ce que
21:55contrairement à d'autres pays,
21:56on sera capable
21:56de ne pas attendre la crise
21:57pour en sortir
21:58et de ne pas être
21:59un pays bourgeois ?
22:00Je rappelle,
22:00on nous parle d'austérité
22:01en France aujourd'hui
22:02sur un budget à 5%.
22:03Je rappelle que la Grèce,
22:04la période de réduction budgétaire
22:05en Grèce,
22:06c'est 32% de baisse
22:08du budget de l'État.
22:09Quand on augmente,
22:09on nous dit
22:10que c'est l'austérité.
22:11Donc, je pense qu'on est
22:11un peuple riche
22:12qui se croit plus riche
22:13qu'il ne l'est encore
22:14et qui aura du mal
22:15sans une crise malheureusement
22:17à réagir.
22:18Je le regrette
22:18mais je ne suis pas certain
22:19qu'on arrive à changer
22:20cette manière de voir les choses.
22:21Déjà, c'est une réponse
22:21un peu longue.
22:22Non, non, c'était parfait.
22:23On a un peu de philo
22:24pour le vendredi,
22:25ça nous venait du bien.
22:26On est un pays
22:26qui ne se voit pas.
22:27On fait de la sociologie,
22:28etc.
22:29Ce qui est intéressant,
22:30vous voyez,
22:30c'est que comme moi
22:31je suis la tête
22:31d'une entreprise industrielle,
22:33c'est vraiment
22:33le village gaulois.
22:35Donc, vous avez tout.
22:36Vous avez des types
22:37qui ne savent pas lire et écrire
22:39puis vous avez des bacs
22:39plus 25.
22:40Donc, c'est très intéressant.
22:41Ce qui est sûr,
22:42c'est que je vois
22:42que mon rôle en tant que manager
22:44a changé depuis à peu près
22:45on va dire 5-6 ans.
22:47C'est-à-dire qu'avant,
22:48il y avait des sujets
22:50de société,
22:51politique
22:51dont on ne parlait pas
22:52dans l'entreprise.
22:53En tout cas,
22:53on ne parlait pas
22:54avec le manager.
22:55On en parlait
22:56à la machine à café.
22:57Là maintenant,
22:58ce qui est sûr,
22:59c'est que si vous voulez,
22:59il y a une redistribution
23:00des cartes.
23:01Il y a une vraie crise
23:01de légitimité.
23:02Les gens sont très conscients
23:03des problèmes.
23:04Il ne faut pas croire ça.
23:06Ils savent très bien.
23:08Vous l'avez dit,
23:09par exemple,
23:09constant de l'électricité,
23:10ils vont même au-delà
23:11au niveau de la dose
23:12d'anxiété.
23:14Et donc,
23:14ils se tournent vers qui ?
23:15Ils n'ont plus confiance
23:16dans les élites traditionnelles,
23:17dont politiques,
23:19même si on vote pour eux.
23:21Et donc,
23:22ils se tournent vers,
23:23si vous voulez,
23:23ceux qu'ils considèrent légitimes.
23:25Et c'est là
23:25où le Covid a redistribué
23:26les cartes.
23:27Parce que les gens ont vu
23:28qui a fait tourner le pays
23:30pendant cette période
23:31quand même assez lunaire.
23:32Et vous trouvez
23:32que les gens vous aiment
23:32plus maintenant ?
23:33Attention,
23:34vous savez,
23:35je vais vous dire,
23:35je pense que si vous voulez
23:36qu'on vous aime,
23:36il faut s'acheter un caniche.
23:39Moi, mon job,
23:40ce n'est pas qu'on m'aime,
23:41c'est de prendre
23:41les bonnes décisions.
23:42Non, mais vous avez l'impression
23:43que vous avez plus
23:43de discussions.
23:45Oui, et je dois dire
23:46que si vous voulez,
23:47oui, et par rapport à ça,
23:48je pense que si vous voulez,
23:49ce n'est pas toujours évident.
23:49Mais je sens que les gens
23:51se posent des vraies questions
23:53sur l'avenir du pays,
23:54l'avenir des jeunes,
23:54l'avenir de l'éducation,
23:55les métiers d'avenir.
23:57L'IA,
23:58tout le monde ne comprend pas
23:59forcément
24:02les implications.
24:03Donc, on entend
24:03des théories
24:05complètement farfelues.
24:06Donc, si vous voulez,
24:07c'est à la fois gratifiant
24:08en tant que manager,
24:10mais pas toujours évident
24:11parce que mon rôle,
24:12c'est d'être une éponge.
24:13C'est-à-dire, moi,
24:13je dois absorber du négatif
24:15et restituer du positif.
24:16Donc, les gens sont conscients
24:17de ce qui se passe.
24:19Mais ça ne leur donne pas
24:19envie de travailler plus,
24:20le rapport pour l'entreprise
24:21à la fin.
24:22C'est-à-dire qu'on voit bien
24:23quand même que le sujet,
24:24c'est que les gens
24:24n'ont pas envie
24:25de donner plus de temps
24:26à leur entreprise.
24:27Vous savez,
24:28c'est très intéressant.
24:28Moi, je vous invite.
24:30Ma zone industrielle
24:31est en périphérie de Paris.
24:32C'est la plus grande zone
24:32industrielle d'Île-de-France.
24:33On est à Argenteuil.
24:34C'est très intéressant.
24:35Vous pouvez vous mettre
24:36à un carrefour
24:36et vous voir les flux de voitures.
24:38Il y a vraiment des cycles.
24:40Alors, il y a des gens
24:40qui partent le vendredi
24:41à une heure de l'après-midi.
24:43Puis, vous avez des gens
24:44qui partent le vendredi
24:44à 20 heures.
24:45Et ce n'est pas
24:46que des chefs d'entreprise.
24:47Donc, il y a un mélange.
24:49Mais c'est pour ça
24:50qu'on ne peut pas avoir
24:51un costume à taille unique.
24:53Un sujet qui me tient à cœur
24:54et je pense qu'il tient à cœur
24:55à beaucoup de chefs d'entreprise
24:56ou de managers,
24:57c'est l'histoire
24:57des arrêts maladie.
24:59Parce que là,
24:59il y a une anomalie génétique.
25:00Je suis désolé,
25:01mais moi, je le constate.
25:02Les seniors,
25:03et on en a beaucoup
25:04dans nos entreprises,
25:05ils sont moins malades
25:06que les jeunes.
25:07Il y a un truc étrange.
25:08Et en plus,
25:09les virus sont devenus
25:09super intelligents.
25:10Ils frappent le vendredi
25:11et le lundi.
25:12Vous, vous constatez ça
25:13dans votre boîte ?
25:13Moi, je ne suis pas médecin,
25:14mais il y a dû y avoir
25:15une mutation génétique.
25:17Il y a 2 milliards
25:17de prévues sur les arrêts maladie.
25:19Donc, tout le monde
25:19n'est pas comme ça.
25:20Mais je pense que les gens
25:21sont très conscients
25:22de ce qui se passe.
25:23Ils se posent des vraies questions
25:25sur l'avenir du pays,
25:26de l'Europe,
25:27du truc et du machin.
25:28Et ils savent
25:28qu'il va se passer
25:29des choses graves.
25:30Maintenant,
25:30ce qu'il faut éviter,
25:32c'est un peu comme
25:32vous êtes en voiture,
25:33tout d'un coup,
25:34il y a un animal qui traverse.
25:35Il faut garder son calme
25:36pour éviter de finir
25:37dans le platane.
25:37Je pense qu'on en est là.
25:38J'ai eu un chevreuil cet été.
25:39Je pourrais vous en parler.
25:40Cécile, dernier mot sur...
25:42Oui, mais j'ai survécu.
25:43Oui, finalement, je suis là.
25:45Cécile, dernier mot
25:46sur la France
25:47qui ne se voit pas.
25:47Vous avez l'impression
25:48qu'on se met
25:50des choses devant les yeux ?
25:52Écoutez, puisqu'on est
25:54sur les animaux,
25:55on a parlé du planiste,
25:56je suis en train de faire
25:57terminer avec le chat.
25:59Par moments,
25:59c'est vrai qu'on a l'impression...
26:00Je ne sais pas si c'est la France
26:01ou la classe politique,
26:02je ne sais pas.
26:03Mais après,
26:04nous en sommes les électeurs.
26:06C'est un peu comme
26:07le chat devant un miroir.
26:07Vous mettez le chat devant un miroir
26:08et il ne se voit pas.
26:10Et par moments,
26:10j'ai l'impression
26:11qu'on est comme ça.
26:12À la fois,
26:12on va repartir,
26:13on a conscience des problèmes
26:15et une des preuves,
26:16c'est que quand vous interrogez
26:17aujourd'hui les Français
26:17en leur demandant
26:18est-ce que cette élection
26:19présidentielle vous intéresse,
26:20ils disent plutôt oui beaucoup.
26:22Donc ça, c'est intéressant.
26:23Ça veut dire qu'ils comprennent
26:23qu'il y a des sujets
26:24à résoudre politiquement.
26:26Et en même temps,
26:26dès qu'ils se regardent
26:27dans le miroir,
26:29ils ne se voient plus,
26:29c'est plus eux,
26:30en tout cas,
26:30c'est plus eux le problème.
26:31Donc ça peut être
26:32leur traité qui va payer,
26:33les plus riches,
26:34les grandes entreprises,
26:35c'est-à-dire des entités
26:36très abstraites
26:37dans leur esprit
26:39qu'on va charger
26:40de régler tous les problèmes.
26:42Avec souvent...
26:43Et qu'il y a plein d'argent.
26:44Et qu'il y a plein d'argent.
26:45Voir le vôtre.
26:45Voilà.
26:46Et souvent,
26:47en fait,
26:47vous voyez,
26:48c'est incommensurable
26:49entre les vrais besoins,
26:52le niveau de ce qu'on a besoin
26:53de résoudre
26:54et les sommes concernées
26:56par les telles ou telles cibles
26:57que vous prenez.
26:58Donc c'est assez intéressant
27:00ce décalage en réalité,
27:03alors qu'il est aussi nourri,
27:04il faut quand même le dire,
27:04par un certain nombre
27:05de propositions
27:06qu'on voit déjà
27:07sur la place publique
27:08dans le cadre de la campagne,
27:09complètement farfelu.
27:10Il faut quand même le dire.
27:11Merci beaucoup
27:12à tous les trois
27:12d'être venus ce matin
27:13dans Les Experts.
27:15Laurent Wonski,
27:16Cécile Maisonneuve
27:17et Thibaut Prébet
27:17dans un instant,
27:18Les Experts de l'Immobilier
27:19avec Marie-Cœur Doroy.
27:21Bon week-end,
27:21surtout à ceux
27:22qui ont des caniches
27:23puisqu'apparemment
27:23c'est très utile
27:24pour avoir du bonheur
27:25et attention aux animaux
27:26sur la route.
27:26Allez,
27:27bon week-end à lundi.
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