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  • il y a 12 minutes
Ce vendredi 11 septembre, François Rimeu, stratégiste senior chez Crédit MUTUEL AM, a abordé la stabilité de l’inflation aux États-Unis en août dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, l'éco du monde.
00:03Ce sont les prix à la consommation qui, ça y est, ont été publiés.
00:06Dernier chiffre d'inflation pour les Etats-Unis avant la prochaine réunion de la FED.
00:09C'est pour ça que tout le monde le regarde avec beaucoup d'attention.
00:11François Rimeut est avec nous pour Crédit Mutuel Asset Management.
00:13Bonjour François.
00:15Bonjour Guillaume.
00:15Alors, est-ce que vous êtes un peu, un tout petit peu quand même rassuré par ce chiffre des prix
00:19à la consommation ?
00:21Non, pas vraiment.
00:23Sorti très légèrement dessus.
00:25Il n'y a pas beaucoup d'écart par rapport à ce que sont les économistes.
00:28Alors oui, on y a même quand on regarde par service.
00:34François, on va essayer de rétablir un tout petit peu la liaison.
00:36Vous savez pourquoi ? Parce que c'est très haché là.
00:38Alors quitte à le faire au téléphone d'ailleurs, mais oui, on a des prix à la consommation qui restent,
00:41c'est vrai,
00:42au-delà des objectifs de la réserve fédérale américaine qui progresse sur un an.
00:46C'est prix à la consommation de 3,4% et sur un mois, il réaccélère même un tout petit
00:51peu.
00:51Donc il se stabilise sur un an et sur un mois, il réaccélère un tout petit peu, ce qui est
00:56donc relativement moyen.
00:57Alors on verra comment les marchés font évoluer ou pas leurs anticipations vis-à-vis de la réserve fédérale américaine.
01:03Ce sera mercredi, sa prochaine réunion.
01:05Et là où on doit, et vous avez raison, de relativiser ce chiffre des prix à la consommation,
01:09là où on doit être très prudent et très nuancé dans notre appréciation,
01:12c'est qu'il s'agit des prix à la consommation du mois d'août,
01:14où les prix du pétrole étaient bien l'inférieur à ce qu'ils sont aujourd'hui.
01:17On était souvent au mois d'août, la plupart du mois d'août, sous les 90 dollars.
01:20Depuis, on a pris presque 20 dollars sur le pétrole.
01:23Autrement dit, le chiffre qui sera publié du prochain mois, du mois de septembre, dans un mois,
01:26lui reste d'être beaucoup plus sévère et dur à digérer.
01:30François, je crois qu'on vous a retrouvé.
01:31Du coup, qu'est-ce qu'on se dit sur l'impact que pourrait avoir ce chiffre qui vient d
01:34'être publié
01:35sur la prochaine réunion de la Fed ?
01:37Est-ce qu'on va encore plus qu'avant vers une hausse de taux ou peut-être un tout petit
01:40peu moins quand même ?
01:41Non, un peu plus qu'avant.
01:43Quand on écoute le discours de Warch à Jackson Hole, il avait un peu conditionné la hausse de taux au
01:48chiffre d'inflation.
01:49Et ce chiffre d'inflation, il est enterré de la hausse de taux.
01:51Il a une croissance luminale qui est très forte.
01:53Il n'y a pas vraiment de raison pour la Fed de ne pas monter les taux
01:55ou alors de risquer une quantification des hausses de taux et une pression sur les parties longues qui soit trop
02:00forte.
02:01Mercredi, donc la Fed avec des cours du pétrole.
02:03Alors qu'aujourd'hui, ça s'agisse un peu, mais quand même compliqué.
02:05On était à 108 dollars tout à l'heure, le baril de Brent, on est à 104.
02:08Le gallon de gasoil, un record aux Etats-Unis, à deux mois des mille termes.
02:12On est à 6 dollars pour la première fois le gallon de gasoil.
02:14Pourquoi la production américaine de pétrole n'arrive-t-elle pas à compenser,
02:19au moins pour les Américains, les difficultés actuelles du marché ?
02:22Il y a plusieurs choses à prendre en compte.
02:25La première, c'est que pour investir et pour mettre en place des investissements de cette nature-là,
02:30il faut avoir une probabilité importante que les prix du pétrole restent élevés pendant toute la durée du contrat.
02:35Et ça, aujourd'hui, les investisseurs n'ont pas vraiment cette visibilité-là.
02:38Donc aujourd'hui, ils préfèrent couvrir leur production,
02:42quitte à être certains que les prix du pétrole restent élevés pour eux,
02:46mais ne pas prendre le risque d'investir très longtemps
02:48et prendre le risque de voir les prix du pétrole rebaisser.
02:51L'autre problème, c'est qu'on a des problèmes structurels.
02:56Les pipelines ne peuvent pas vraiment gérer une production très supérieure.
02:59et on a des coûts pour augmenter la production
03:01qui ont fortement augmenté avec la hausse de toutes les matières premières.
03:05François, c'est vrai qu'on a vu le taux dix ans américain,
03:09notamment avec les derniers chiffres qui sont parus,
03:12notamment ceux d'inflation,
03:13s'envoler bien au-delà des 4,9% avec les 5% qui sont maintenant dans toutes les têtes.
03:18Est-ce qu'il y a un niveau précis, une dynamique précise
03:23qui indique qu'on passe carrément en position de crise obligataire ?
03:28Non, pas vraiment.
03:29Aujourd'hui, on n'est pas en phase de crise obligataire.
03:31Le driver principal de la hausse des taux,
03:33c'est une croissance dominale qui est très forte.
03:35Aujourd'hui, la croissance dominale américaine,
03:37sur les cinq dernières années, elle va autour de 6%.
03:39Et sur moyenne période, un taux à dix ans,
03:42ça doit valoir à peu près la croissance dominale.
03:44Donc aujourd'hui, les taux, ils sont sur un niveau normal.
03:46Et si on prend un peu de recul et qu'on regarde sur les 50 dernières années,
03:48on est sur un niveau finalement assez moyen.
03:50Il n'y a pas d'incohérence.
03:51Et aujourd'hui, finalement, ce qui drive la hausse des taux longs,
03:54c'est principalement les anticipations monétaires
03:56et cette force de la croissance dominale.
03:58Donc si le gouvernement américain veut vraiment faire baisser les taux,
04:01ce n'est pas très dur en fait.
04:02Il faut faire baisser la croissance dominale.
04:03Donc soit la partie inflation,
04:05on arrête la guerre en Iran,
04:06on convainc les Russes,
04:07on arrête la guerre en Ukraine
04:08et on arrête les déficits budgétaires
04:10et on revient sur une croissance réelle plus faible.
04:12Oui, c'est ce qui sans doute serait le plus efficace.
04:14Sauf que pour l'instant,
04:16les Américains ne prennent pas de chemin,
04:17toujours embarqués dans la guerre en Iran.
04:19Et puis les Russes,
04:20les Américains n'ont pas l'air de tout contrôler vis-à-vis d'eux.
04:23Du coup, le Trésor tente d'intervenir
04:25pour lui aussi essayer de calmer les choses.
04:26Sauf que ça ne marche pas.
04:28Scott Besant a annoncé 6 milliards de dollars
04:30de rachat d'obligations du Trésor par le Trésor lui-même.
04:33On a vu que ça a presque fait rire le marché.
04:35Sur l'annonce, les taux se sont même retendus.
04:38Est-ce que du coup,
04:39la balle est vraiment dans le camp de la fête
04:40plutôt que du Trésor ?
04:41Est-ce que le marché n'est pas en train d'envoyer ce message ?
04:43A savoir, non mais toi,
04:45le Trésor, t'es sympa,
04:46tu veux intervenir,
04:47mais t'as les poches pas très profondes.
04:48C'est à la fête d'agir.
04:49Est-ce que c'est ça la leçon à tirer
04:51de cette semaine boursière ?
04:53La leçon à tirer,
04:54c'est que B7 a sans doute trop parlé.
04:57Il a voulu, entre guillemets,
04:59prendre une posture à la draguer,
05:00mais sans avoir les mêmes pouvoirs
05:01et les mêmes flexibilités
05:02de ce qu'avait fait Draguer
05:04au moment de la crise en 2011.
05:05Là, il veut endiguer la hausse des taux.
05:07Mais il nous donne le calendrier,
05:08il nous donne les montants.
05:10Il dit que c'est lui la banque
05:11et donc, évidemment,
05:12le marché va le tester.
05:14Et il n'a pas les pouvoirs
05:15de lutter contre ça.
05:17Donc, s'ils veulent effectivement
05:18contrôler la partie longue de courbe,
05:20la Fed peut contrôler
05:21la partie longue de courbe.
05:21Il n'y a pas de sujet.
05:23S'ils veulent imprimer de la monnaie,
05:24s'ils veulent faire les opérations twists,
05:26il n'y a pas de problème,
05:27ils peuvent le faire.
05:27Il y aura un prix à payer
05:28sur une bête du dollar,
05:29très probablement,
05:30mais la Fed peut le faire.
05:31Mais B7 et le Trésor,
05:32tout seuls,
05:33auront beaucoup, beaucoup de mal à payer.
05:35– Eh oui,
05:36ils ont les poches plus profondes,
05:37celles de la Fed.
05:37Les poches de la Fed
05:38sont beaucoup plus profondes
05:39pour agir sur le marché,
05:40sauf que Kevin Warge ne veut pas.
05:41C'est la différence
05:41avec ses prédécesseurs.
05:42Il veut laisser le marché
05:44faire sa vie,
05:45un marché qui ne soit plus piloté,
05:47a-t-il expliqué à de nombreuses reprises,
05:49par les politiques
05:50ou les messages,
05:51les forage guidance
05:52des banquiers centraux.
05:53Voilà, on va voir jusqu'où
05:54tout ça nous mène.
05:54Merci en tout cas
05:55de nous avoir accompagné,
05:56François, François Rimeux,
05:57pour Crédit Mutuel Asset Management.
06:00L'Union européenne,
06:01alors elle avance,
06:02mine de rien.
06:03D'abord, la croissance
06:04en zone euro
06:04est plutôt pas mal.
06:05Pas ici en France
06:05où le Bercy abaisse à nouveau
06:07pour la troisième fois de l'année
06:08sa prévision de croissance
06:09pour cette année.
06:09La France est vraiment
06:10un cas à part en Europe.
06:11Pour le reste,
06:12on a une croissance qui tient.
06:13Et l'Union européenne
06:15avance même
06:15dans la mise en œuvre
06:16du rapport Draghi.
06:17On en parlait
06:18dans le club d'hier.
06:20Effectivement,
06:20l'argument a fait mouche
06:21puisque vous êtes nombreux,
06:22vous êtes très nombreux
06:22sur nos podcasts et replays
06:23à consulter,
06:24à cliquer dans le club d'hier.
06:25Toujours disponible en replay
06:26sur l'application BFM Business.
06:28L'UE a mis en œuvre
06:2830% de ce rapport Draghi
06:30selon l'Institut Montagne.
06:31Didier Borowski nous en parlait.
06:32Le replay est toujours disponible.
06:34Wall Street en forme.
06:35Allez,
06:36on s'offre une petite hausse.
06:37Le S&P gagne 1%.
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