- il y a 23 minutes
Air&Défense, c’est l’émission qui décrypte les grands enjeux industriels de L'aéronautique, du spatial et de la défense...trois secteurs au coeur des stratégies économiques mondiales. Réarmement, souveraineté, innovation… comment conserver une supériorité technologique et garantir la sécurité de tous dans un monde de plus en plus complexe ?
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00:02BFM Business avec la Tribune et Air & Cosmos présente
00:08Air & Défense, Jean-Baptiste Huette
00:13Air & Défense est au Grand Palais cette semaine à l'occasion du Sommet international sur l'espace
00:18et on a le plaisir de recevoir Hélène Moreau-Leroy, bonjour.
00:22Bonjour.
00:23Merci beaucoup d'être avec nous.
00:24Vous êtes d'abord la patronne du GEADS, le groupe des équipementiers aéronautiques de défense et spatiaux au sein du
00:31GIFAS
00:32qui agglomère et agrège toutes les industries aérospatiales et aéronautiques françaises.
00:36Vous êtes aussi le PDG de Hutchinson, notamment filiale de Total très actif et très présent dans la chimie.
00:43A mes côtés, comme chaque semaine, Michel Calbirol.
00:45Bonjour Michel.
00:46Bonjour Jean-Baptiste.
00:47Rédacteur en chef à la Tribune en charge du pôle aérospatial, défense et transport.
00:53Hélène Moreau-Leroy, sommet spatial, on l'attendait parce que ça fait quand même longtemps qu'il fallait qu'on
00:58mette le spatial au cœur du jeu.
01:00Qu'est-ce que vous en attendez d'une manière un petit peu concrète ?
01:03Est-ce que c'est un sommet d'images ou alors c'est un sommet où il se dit, il
01:07se passe des choses concrètes ?
01:09Je pense que vous aurez constaté qu'il se passe des choses extrêmement concrètes.
01:12Alors bien sûr, évidemment, pour commencer, c'est aussi une vitrine, une vitrine des savoir-faire et des technologies de
01:19la France, mais de l'Europe également.
01:21Et une occasion importante pour la France et l'Europe de montrer qu'elles ont des savoir-faire et qu
01:27'elles peuvent être à la hauteur des attentes du spatial mondial.
01:32Ensuite, bien sûr, c'est aussi un endroit dans lequel l'Europe est là pour réaffirmer sa coopération dans le
01:38grand domaine du spatial.
01:39Et on reviendra, je pense, sur ces sujets de souveraineté, parce que la souveraineté aujourd'hui pour l'Europe se
01:44joue au sein de l'Europe et pas seulement au niveau de chacune des nations individuellement.
01:47Et puis, c'est bien sûr une occasion assez unique de mettre en œuvre des collaborations, des contrats, de la
01:56coopération entre les différents acteurs, de toutes ces nations qui ont répondu présentes à l'appel et pas seulement les
02:02nations européennes.
02:03Mais sur les 120 nations invitées, ces coopérations sont très internationales, comme vous l'aurez constaté.
02:09Aujourd'hui, à ce sommet, on peut croiser évidemment des start-up, on peut croiser évidemment des grands groupes historiques
02:15dans le spatial.
02:17Et on voit qu'il y a une discussion beaucoup plus fluide qu'auparavant.
02:22Est-ce que vous, au sein de Jeux ADS, vous avez trouvé un équilibre entre les acteurs du New Space
02:27et les acteurs historiques ?
02:30La particularité, je crois, du GIFAS, c'est sa capacité à fonctionner comme un écosystème dans lequel les échanges sont
02:39fluides entre aussi bien sur l'ensemble de la chaîne de la valeur,
02:42mais aussi bien entre les grands donneurs d'ordre, les équipes entières que je représente, les PME, les ETI et
02:48même les start-up.
02:49Et donc, c'est tout cet écosystème en mouvement qui donne toute sa valeur à cet écosystème espace géré au
02:57sein du GIFAS.
02:57Donc, oui, on a cette fluidité et cette fluidité, on la trouve aussi au sein des collaborations entre, par exemple,
03:06le GIFAS, le BDLI en Allemagne, l'AIAD en Italie
03:10et ces coopérations qui doivent, au fil de l'eau d'ailleurs, s'intensifier, devenir de plus en plus proches
03:16et de plus en plus intenses pour réussir cet enjeu de l'espace européen.
03:20Hélène Moreloreau, vous êtes au cœur, j'allais dire, de la chaîne de sous-traitance.
03:25On a des industries, alors c'est vrai qu'on parle sans arrêt des cadences dans l'aéronautique.
03:29Là, on parle des cadences spatiales parce que dans les années qui viennent, on va avoir besoin de capacités spatiales
03:33très importantes.
03:34Il va falloir lancer plus de satellites, beaucoup plus de fusées et donc produire davantage de composants.
03:39Est-ce que notre tissu industriel français, PME, ETI, toute taille, va être capable de supporter ce choc ?
03:47Alors, il est vrai qu'aujourd'hui, l'espace doit passer d'une logique d'innovation, de savoir-faire technologique,
03:55de technologie critique
03:57qui était reflétée au travers de productions qui étaient des productions sur des quantités limitées à des productions sur des
04:03quantités beaucoup plus grandes.
04:05Si on parle des lanceurs, si on parle...
04:08Le patron d'Ariane Groupe disait en début de semaine, passer de la haute couture au prêt-à-porter.
04:12Voilà, si on parle des constellations qui deviennent de plus en plus nombreuses.
04:15Et c'est un besoin croissant qui a un besoin croissant aussi des ménages, dans notre vie du quotidien,
04:21puisque le spatial joue un rôle important dans les transports, dans les communications, les télécommunications,
04:29dans la sécurité des données, dans les prévisions météorologiques, enfin, on le trouve partout.
04:36Et donc, bien sûr, ces besoins sont croissants. Et donc, il faut se préparer pour ces besoins croissants.
04:41Au sein de la filière du GIFAS, il y a un atout clé qui est que, comme vous l'avez
04:47dit à juste titre,
04:48ces acteurs-là, pour la plupart, sont déjà des acteurs de l'aéronautique qui ont été habitués à des cadences
04:54élevées
04:54et à des montées en cadence fortes. Donc, c'est une filière qui, assez naturellement, est prête pour cet enjeu
05:01-là.
05:02L'enjeu restant, bien sûr, c'est la capacité d'investissement de toute cette supply chain.
05:06Et on parlait tout à l'heure de chaînes de la valeur. Mais bien sûr, c'est depuis les technologies
05:12critiques,
05:13on en a parlé, mais sur l'ensemble de la chaîne de la valeur, c'est les approvisionnements,
05:16les investissements capacitaires pour produire, assembler, livrer. Mais c'est aussi, bien sûr, les systèmes opératoires
05:22de tout ce système, de tout cet espace, et la maintenance. Donc, c'est vraiment sur l'ensemble de cette
05:28chaîne de valeur
05:28qu'il faut réussir le pari de ces investissements capacitaires pour répondre aux enjeux de volume.
05:36Donc, bien sûr, un certain nombre d'industriels est là pour investir. Je ne vous cache pas qu'au sein
05:43de l'Europe,
05:44et je vais reciter nos deux partenaires majeurs, avec le GIFAS, le BDLI et la IAD,
05:50nous appelons pour un support budgétaire important de l'Europe dans ses exercices financiers
05:55des années à venir. Et la demande est faite de 60 milliards d'euros d'investissement
06:00en support, justement, de la mise en œuvre de ces cadences.
06:04Justement, pour passer de la haute couture au prêt-à-porter, il y a la question du financement.
06:10Est-ce que vous avez l'impression, est-ce que vous avez la conviction que les banques sont derrière vous,
06:16vont aider à la croissance des PME, des EDI françaises ?
06:20Elles sont là, mais il faudra encore faire des efforts. Je pense que, de la même manière que les industriels
06:26sont prêts à investir, je pense que les banques seront prêtes à investir,
06:30sous réserve que l'Europe envoie un message très clair sur la manière dont elle souhaite se positionner.
06:38Parlons de souveraineté un seul instant. Bien sûr qu'aujourd'hui, le sujet de la souveraineté d'une nation
06:43se joue au niveau européen pour l'Europe. Et donc, c'est au travers de ce message clair
06:49qui sera envoyé par l'Europe que derrière, les moyens seront mis en œuvre.
06:52C'est toujours comme ça que ça commence, par un alignement derrière un message clair
06:55qui ensuite permet les moyens de se mettre en œuvre.
06:58Alors, justement, vous avez parlé de l'autonomie stratégique de la filière spatiale.
07:03Est-ce qu'aujourd'hui, la filière spatiale française et européenne est dépendante
07:09dans ces chaînes d'approvisionnement ou pas ?
07:13Déjà, je pense qu'on a des grands succès qu'il faut rappeler.
07:16C'est-à-dire que c'est une filière qui fonctionne.
07:18On peut citer Ariane 6, on peut citer Copernicus, on peut citer Galileo,
07:23qui démontre que cet écosystème est capable.
07:27Donc, il est capable d'inventer, mais aussi de s'approvisionner,
07:31de produire et d'être au rendez-vous.
07:34Donc, bien sûr, sur les approvisionnements, je pense que vous souhaitez m'amener
07:38sur le sujet des approvisionnements des matières premières,
07:40et en particulier des matières premières critiques,
07:43où, bien sûr, là aussi, vous le savez, il y a des grands programmes européens
07:47qui sont là pour travailler sur les approvisionnements des matières critiques,
07:51mais pas seulement des matières premières critiques de la chimie,
07:55mais aussi de l'électronique, par exemple.
07:57Donc, bien sûr, c'est au cœur du réacteur, j'ai envie de dire,
08:02pour la réussite de cette filière.
08:04Dans la montée en cadence, Hélène Moreau-Leroy,
08:07je vous pose la question, mais on a la réponse.
08:09Est-ce qu'il y a un problème d'emploi, de recrutement ?
08:13Est-ce qu'on arrive à trouver aujourd'hui dans le spatial
08:16les profils nécessaires à cette montée en cadence ?
08:18Est-ce qu'on va y arriver ?
08:19On va y arriver.
08:20Oui, je pense qu'on a fait bien plus difficile dans l'aéronautique commerciale,
08:29le civil, avec les montées en cadence faramineuses auxquelles on a fait face.
08:34Donc, moi, je suis très confiante sur le fait qu'on puisse y arriver.
08:36On a en Europe de très grandes écoles d'ingénieurs
08:39et en France, la France, bien sûr, n'a pas à palir de ces écoles d'ingénieurs.
08:43On a de très bonnes formations de nos techniciens
08:46et c'est une filière qui attire.
08:49Elle attire parce qu'elle fait rêver, parce que les jeunes ont envie de se projeter,
08:55parce qu'en fait, c'est leur monde aussi.
08:56Quand on parle de connectivité, quand on parle de...
09:01C'est leur quotidien.
09:02C'est leur quotidien, c'est leur vie.
09:04Ils n'imaginent pas un seul instant, demain, vivre sans ces moyens-là.
09:08Donc, c'est une filière qui attire.
09:12Vous avez prononcé il y a quelques minutes, on parlait avec Michel, des matières premières.
09:16Vous êtes aussi la patronne du Chinson, évidemment très présent dans la chimie.
09:21Est-ce qu'il y a un sujet chimie pour le spatial ?
09:24Chimie qui est fondamentale, évidemment, pour les carburants, pour les caoutchoucs, l'étanchéité.
09:29On sait que la chimie européenne et française a des difficultés depuis quelques années.
09:33Est-ce que c'est un sujet qu'il va falloir surveiller de près dans les années qui viennent ?
09:36Alors, on a encore en Europe de très beaux acteurs de la chimie, néanmoins.
09:40Si on parle de l'élaboration des matières premières,
09:43on a quand même encore quelques très belles entreprises cotées en bourse
09:47et qui fonctionnent très bien, que je ne mentionnerai pas, mais qui sont présentes.
09:52Donc, la chimie française est là, elle est présente,
09:55elle est en soutien à l'ensemble de la filière.
09:58Après, pour parler du Chinson,
10:01Chinson est un transformateur de matière, en fait,
10:04et fabrique plutôt des pièces et des systèmes pour alimenter, entre autres, l'espace,
10:11dans les élastomères, les plastiques et les composites.
10:14Je ne pense pas que la chimie française et la chimie européenne,
10:20puisqu'il y a aussi de gros acteurs européens,
10:22laissent tomber le spatial.
10:24Mais est-ce que vous ne pensez pas qu'il y a trop de contraintes en Europe
10:27par rapport à des régions du monde qui sont beaucoup plus libérales ?
10:31Est-ce qu'il n'y a pas trop de contraintes, justement,
10:34sur ce secteur chimique européen ?
10:37Alors, il est vrai que le secteur chimique européen
10:42subit, enfin, en tout cas, vit une période compliquée
10:45avec énormément de réglementations qui arrivent
10:49et qu'il faut prendre en compte.
10:50Alors, après, ces réglementations,
10:53elles sont jugées nécessaires pour la santé mondiale,
10:56pour la santé de l'être humain.
10:57Donc, il ne faut pas non plus les négliger.
10:59On n'est pas en train de les rejeter.
11:00Ce qu'il est important de faire comprendre
11:03à l'ensemble des acteurs,
11:06des gens qui nous gouvernent, des institutions et autres,
11:08c'est que ça ne s'invente pas.
11:11Un remplacement d'un produit chimique comme ça ne s'improvise pas.
11:15Donc, derrière, il y a de gros travaux de recherche,
11:20de démonstrations, de validations,
11:22qui sont longs, qui prennent du temps.
11:24Mais au sein du GIFAS, ça fait partie des débats
11:28qu'on a régulièrement, bien sûr,
11:29et on travaille activement sur la mise en œuvre
11:32de ces réglementations,
11:33la capacité d'amener les produits de substitution à maturité.
11:37Mais comme ça a été le cas au moment des réglementations
11:41sur le CROPSIS, c'est des sujets qui vont prendre des années.
11:43Donc, il faut aussi comprendre qu'il y a un facteur temps
11:47qu'il faut être capable de mettre dans l'équation
11:53des substitutions et des remplacements des matières chimiques.
11:55D'où l'importance pour vous et vos secteurs,
11:57c'est un débat récurrent,
11:59de maintenir le crédit impôt recherche
12:00pour les entreprises, notamment ?
12:02Ah oui, tout à fait.
12:03On est des grands défenseurs du crédit impôt recherche
12:06parce qu'en fait, il permet justement
12:09d'être en anticipation de ces sujets-là
12:11et de faire travailler un ensemble d'acteurs,
12:15par exemple, des petits laboratoires,
12:17des petites entreprises,
12:19qui sinon ne trouveraient pas de modèle économique
12:21autour de ces sujets.
12:23Et donc, bien sûr que le crédit impôt recherche
12:26est une contribution importante à l'innovation
12:30et à la mise en œuvre de solutions
12:32qui sont des solutions essentielles, en fait.
12:36si on parle de souveraineté essentielle,
12:38puisque ce qu'il faut, c'est maîtriser
12:39l'ensemble de la chaîne de valeur.
12:43Eh bien, un grand merci, Hélène Moreau-Leroy.
12:45Merci beaucoup d'avoir été avec nous
12:47à l'occasion de ce sommet spatial en direct
12:49depuis le Grand Palais dans Air et Défense.
12:52Merci beaucoup.
12:53Merci à vous.
12:53Merci à vous.
12:54Air et Défense, l'interview.
13:00On est toujours en train de prendre le soleil
13:02ici au Grand Palais à l'occasion
13:03du grand sommet spatial
13:05qui se déroule à Paris cette semaine.
13:08On a le plaisir d'être avec Hervé Deray.
13:09Bonjour, Hervé Deray.
13:10Bonjour, je suis ravi d'être avec vous cet après-midi.
13:12Vous êtes le président de la commission espace
13:15au sein du GIFAS
13:16et puis vous êtes en même temps
13:17le PDG de Thalès à l'Enia Space.
13:20À mes côtés, comme chaque semaine,
13:22comme toujours, Michel Cabirol,
13:23rédacteur en chef à la tribune
13:26en charge du spatial,
13:27de la Défense et du Transport.
13:29Rebonjour, Michel, parce qu'on s'est déjà vu tout à l'heure.
13:30Rebonjour, Jean-Baptiste.
13:32Hervé Deray, j'allais dire que vous êtes un homme heureux
13:34parce qu'enfin, à l'occasion de ce sommet spatial,
13:37on a eu une annonce de taille,
13:40celle de la concrétisation
13:42d'Iris Carré, Iris Square,
13:43cette fameuse constellation européenne.
13:46Oui, c'est un véritable aboutissement.
13:47Vous avez tout à fait raison de le souligner.
13:49Et on est très heureux, effectivement,
13:51que ce programme démarre réellement.
13:54En réalité, on a commencé à travailler
13:56sur les dérisking technologiques
13:58depuis l'année passée.
13:59Et c'est seulement cette année,
14:00c'est seulement aujourd'hui, hier précisément,
14:04que le programme est complètement confirmé.
14:07Pour expliquer ce qu'est Iris Carré,
14:09Iris Carré, c'est une constellation
14:10de communication sécurisée
14:12qui va associer à la fois des communications gouvernementales
14:15et des communications commerciales.
14:17Et ce programme est absolument crucial
14:20pour tout ce qui touche la souveraineté européenne
14:23en matière de communication sécurisée.
14:25Avec un objectif, une ambition,
14:26qui est une ambition très élevée, en fait.
14:28On va être plus qu'à l'état de l'art,
14:30puisque ça sera un système qui sera 5G,
14:33basé sur la technologie 5G,
14:35qui dépasse ce qui existe aujourd'hui.
14:38Et notre rôle dans ce programme,
14:39c'est de fournir la charge utile,
14:42c'est-à-dire un peu le cœur numérique,
14:44un peu le cœur intelligent de ces satellites
14:47pour 330 satellites en orbite basse.
14:52Alors, on est au sommet international de l'espace
14:55qui est sous la signe de la coopération.
14:59Vous, en tant que président de la commission espace du GIFAS,
15:03qu'est-ce que vous attendez de ce sommet ?
15:06Alors, d'abord, je pense que l'objectif ici,
15:08c'est d'utiliser ce salon comme une vitrine
15:10pour le savoir-faire spatial français.
15:13Au total, nous représentons 21 000 personnes
15:16dans l'écosystème spatial français.
15:18Pour amener ça à l'échelle européenne,
15:20c'est à peu près un tiers des ressources du spatial européen.
15:24Donc, on est de loin le plus grand pays du spatial en Europe,
15:27avec une industrie qui est extrêmement exportatrice.
15:3046 % de nos activités l'an passé ont été des activités à l'export
15:35et un chiffre d'affaires qui est de l'ordre de 5 milliards.
15:37Donc, aujourd'hui, ce que l'on veut faire, c'est...
15:40Et en plus, je pense qu'il est important de dire
15:42qu'on représente l'ensemble de l'écosystème.
15:44Vous trouvez dans l'écosystème spatial industriel français
15:48des gens qui travaillent sur le domaine des lanceurs,
15:50des gens qui font des satellites,
15:52comme Thalass et Anyespace,
15:53mais aussi les équipementiers.
15:54Et ça, aussi bien des grands groupes
15:56que des PME, des ETI et des startups.
15:59Donc, le but du jeu, pour nous,
16:01c'est de faire rayonner, en fait,
16:03cet écosystème français
16:05pour trouver, je dirais, des opportunités de business, bien sûr,
16:09mais également des partenariats,
16:11puisqu'on a la chance d'avoir, pendant ce sommet,
16:14à la fois des industriels du monde entier,
16:16mais aussi des représentants politiques
16:19et des institutions, on va dire,
16:21de l'ensemble des pays représentés,
16:23donc des clients potentiels.
16:25Ça, c'est un premier objectif.
16:27Le deuxième objectif, c'est quand même aussi
16:29de rappeler à l'ensemble des décideurs politiques
16:31qui sont là aujourd'hui,
16:32le rôle et l'importance du spatial.
16:35Le spatial est vital pour, je dirais,
16:38notre vie de tous les jours,
16:39mais il est aussi vital en matière d'autonomie stratégique.
16:43Les conflits récents,
16:44que ce soit l'Ukraine ou le Moyen-Orient,
16:47ont démontré que le spatial faisait vraiment la différence
16:50en matière d'engagement opérationnel des différentes armées.
16:55Donc, à ce titre, il est important que les décideurs politiques,
16:59et en particulier les décideurs politiques européens,
17:01qui sont à l'aube de grandes décisions,
17:04justement, prennent en compte ce besoin d'autonomie stratégique
17:08et le confirment, en particulier dans les budgets
17:11qui s'annoncent,
17:13les budgets du cadre pluriannuel financier européen,
17:17dont on va bien sûr parler.
17:19On a, Hervé Deray,
17:21une question de régulation
17:22qui se pose aussi ici à ce sommet spatial.
17:24On a des Européens qui ont des velléités de régulation,
17:26notamment dans le trafic spatial,
17:28dans l'attribution des fréquences,
17:31chose que les Américains, évidemment,
17:33regardent avec une certaine distance,
17:35tout comme la Chine.
17:36Est-ce que, selon vous,
17:37le fait de vouloir réguler
17:39pourrait nous poser quelques problèmes industriels
17:41dans les années qui viennent
17:42en termes de perte de compétitivité
17:43ou alors il faut réguler parce que c'est fondamental ?
17:45Comment vous vous placez sur cette question ?
17:47Je pense qu'on ne peut pas écarter le besoin de régulation.
17:50De fait, le spatial ne peut pas être un Far West
17:53et si c'est un Far West,
17:54un jour ou l'autre,
17:55finalement, la pérennité du domaine lui-même va disparaître
17:58parce que, simplement,
17:58on aura un tel niveau de collision
18:00que, finalement, le spatial,
18:01et en particulier l'orbite basse,
18:03ne sera plus utilisable.
18:04Donc, il y a un besoin de régulation.
18:05Il y a un besoin de régulation
18:07dans le domaine des collisions.
18:08Il y a un besoin de régulation
18:10dans le domaine des fréquences.
18:11Mais, simplement, il faut que, évidemment,
18:13ces normes s'appliquent à tous.
18:15Et, en particulier,
18:17le point de vigilance pour nous,
18:18européens,
18:19c'est que tout acteur
18:20qui a accès au marché européen,
18:22finalement, pour tous ces acteurs,
18:24que les mêmes normes et la régulation
18:25s'appliquent de la même manière.
18:26Et de façon à ce qu'on ait un level playing field,
18:29qu'on puisse jouer, je dirais,
18:31à un terrain d'égalité en matière de compétitivité
18:33avec des concurrents potentiels
18:35qui auraient accès à ce marché européen.
18:36Donc, ça, c'est un point de vigilance
18:38très important pour nous.
18:39Mais, fondamentalement,
18:41je dirais qu'on n'est pas contre
18:43toute régulation
18:44pour les raisons que je viens d'évoquer.
18:46Alors, on est à l'aube
18:47d'une transformation historique
18:49majeure pour l'industrie spatiale européenne.
18:53D'ailleurs, Thales et Alenia Space
18:54en sont un des acteurs.
18:55C'est le projet Bromo
18:56que vous connaissez par cœur
18:58parce que vous avez des réunions
18:58pratiquement toutes les semaines, j'imagine.
19:01Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on peut attendre
19:03de ce projet Bromo ?
19:05Qu'est-ce que ça va amener de plus
19:06à l'industrie spatiale européenne
19:08ce projet Bromo ?
19:10Alors, on est en train de vraiment
19:11d'avoir un changement d'échelle
19:12dans le spatial.
19:14Il est clair que ce qu'on connaissait,
19:16je dirais, il y a encore 5-6 ans,
19:18qui était une majorité de satellites
19:20plutôt, on va dire,
19:21des satellites, ce qu'on appelle bespoke,
19:22c'est-à-dire des satellites uniques,
19:23très haute performance,
19:25prix unique, très élevé.
19:26On est en train de vraiment passer
19:27à l'ère des constellations.
19:29Et ça, ça s'applique
19:30à tous les programmes institutionnels
19:31dont je viens de parler.
19:33Donc, on est en train de changer d'échelle.
19:35Et pour, je dirais,
19:36tenir ces enjeux,
19:38l'Europe a besoin
19:40d'un bras industriel
19:41qui soit en capacité
19:43de tenir ces niveaux d'échelle.
19:45D'autant plus que,
19:47je dirais,
19:47dans ces 5 dernières années,
19:49justement,
19:49ce qu'on a vu,
19:50c'est que les différentes
19:51puissances spatiales mondiales
19:53sont en train d'augmenter
19:54massivement leurs investissements.
19:56Donc, il est important,
19:58dans ce cadre-là,
19:59que l'Europe puisse avoir accès
20:01à, je dirais,
20:02des acteurs
20:03ou un acteur de taille critique
20:05qui soit en capacité
20:06de répondre à ces enjeux,
20:08aussi bien en matière
20:09de capacité d'ingénierie.
20:11Je prends un programme...
20:12On parlait d'Iris Carré.
20:13Iris Carré,
20:14ne serait-ce que pour nous,
20:15et on est un des acteurs
20:16du programme Iris Carré,
20:17c'est de l'ordre de 1 000 personnes,
20:181 000 ingénieurs
20:19qui travaillent sur ce programme.
20:20Donc, vous voyez un petit peu
20:20l'effet d'échelle requis.
20:22Mais l'effet d'échelle,
20:23c'est aussi une capacité
20:24industrielle à produire
20:25parce qu'également,
20:26dans le même temps,
20:27ce programme produira
20:28un satellite par jour.
20:29Et ce sont des satellites
20:30hyper sophistiqués.
20:32Donc, je pense que
20:32ce qu'apporte clairement
20:36ce rapprochement,
20:37c'est cette capacité d'échelle,
20:40c'est cette masse critique,
20:41en réalité,
20:43et également une capacité
20:45à innover,
20:46à apporter un niveau
20:47d'innovation supérieur
20:48dans la mesure où, justement,
20:49on va pouvoir rationaliser
20:51les investissements R&D
20:52de façon à, finalement,
20:55à pouvoir, je dirais,
20:58tirer bénéfice
20:58des investissements privés
21:00et publics
21:01pour, finalement,
21:03adresser un spectre
21:04d'innovation
21:04beaucoup plus large
21:05que ce que font les sociétés
21:07lorsqu'elles sont séparées.
21:07J'ai juste une petite question
21:09anecdotique.
21:10Ça ne fait pas bizarre
21:10de discuter avec Alain Forêt
21:12de Bromo
21:13et puis d'être toujours
21:14en compétition aujourd'hui
21:15avec Airbus Space ?
21:17Non, je dirais que c'est
21:18évidemment la règle du jeu
21:19pour une opération
21:21qui n'est pas conclue.
21:22Donc, aujourd'hui,
21:22nous sommes clairement
21:23des concurrents.
21:24Industriellement,
21:25vous allez être prêts
21:25à absorber
21:26la hausse des cadences
21:27dans les années qui viennent ?
21:29C'est le gros enjeu
21:30et c'est effectivement
21:31on s'organise
21:32de toute façon
21:33pour absorber
21:34cette hausse des cadences.
21:36Je dirais,
21:37l'écosystème aérospatial
21:39a l'habitude
21:40de travailler
21:41sur des grosses productions
21:43et donc charge à nous
21:44maintenant
21:44d'appliquer ça
21:45au monde du spatial
21:46qui, effectivement,
21:47n'était pas...
21:48doit réellement s'adapter
21:50pour prendre ça en compte.
21:52Est-ce qu'aujourd'hui,
21:53selon vous,
21:54on a un écosystème spatial,
21:56une Europe spatiale
21:57qui peut se passer
21:59définitivement
21:59des capacités américaines
22:01où on aura toujours besoin
22:03de faire appel à eux
22:04pour certains composants,
22:05pour certains lancements parfois ?
22:07Est-ce qu'on arrive
22:07à s'en extraire un peu plus ?
22:10En s'en extraire un peu plus
22:11de façon très claire ?
22:12La réponse est oui.
22:14On n'a pas, finalement,
22:15de problème de compétence.
22:17On n'a pas de problème
22:18de technologie.
22:20Fondamentalement,
22:20le sujet,
22:21c'est un sujet
22:21de financement.
22:23Aujourd'hui,
22:24il est assez clair
22:25que si vous prenez
22:26le spatial américain
22:27ou le spatial chinois,
22:29il repose,
22:29en tout cas,
22:30son économie repose
22:31très fortement
22:32sur de la commande publique.
22:34Et donc,
22:35il est important,
22:36évidemment,
22:36qu'on arrive
22:38à créer les conditions
22:39pour que, justement,
22:40les financements
22:41des grands programmes
22:41soient apportés.
22:42d'où le sujet
22:43qu'on a dressé
22:44tout à l'heure
22:44du cadre pluriannuel
22:48financier de l'Europe.
22:50Justement,
22:50il y a un grand projet,
22:52enfin,
22:52un grand projet.
22:53Il y a une grande idée
22:54qui est l'exploration spatiale.
22:57L'Europe,
22:58en tout cas,
22:58moi,
22:58je trouve qu'elle manque
22:59d'ambition.
23:00Est-ce que vous avez envie
23:01qu'elle définisse
23:03une ambition
23:03beaucoup plus forte
23:05que ce qu'elle est aujourd'hui ?
23:07Effectivement,
23:08je pense qu'il est intéressant
23:09d'évoquer quand même
23:11une vraie alerte
23:12qu'on a pu vivre collectivement.
23:14Vous avez tous en tête
23:15le programme Artemis
23:16dans le domaine de l'exploration
23:17qui est le retour
23:18de l'homme sur la Lune
23:20après l'émission Apollo.
23:22Et historiquement,
23:24ce programme,
23:25comme tous les programmes
23:26d'exploration,
23:27était bâti
23:27sur un principe
23:30de coopération.
23:31Et à ce titre,
23:32l'Europe participait
23:33au programme Artemis,
23:34notamment avec la fourniture
23:36de ce qu'on appelait
23:37la Lunar Gateway
23:38qui était une sorte
23:39de station spatiale
23:40cis-lunaire
23:41qui était sa contribution
23:43à ce grand programme.
23:44Et la nouvelle
23:45de ce début d'année,
23:46c'est que finalement,
23:48alors même que l'Europe
23:49avait financé
23:50de façon assez massive
23:51ce programme,
23:53les Etats-Unis,
23:54de manière un peu unilatérale,
23:55ont décidé d'arrêter
23:56cette fameuse Lunar Gateway.
23:58Et donc,
23:58ça pose réellement
23:59la question
24:00de l'autonomie européenne
24:02dans le domaine
24:03de l'exploration.
24:04Jusque-là,
24:04on avait couvert cette...
24:05Je dirais qu'il était
24:06compris de tous
24:07que l'autonomie était requise
24:08dans tous les autres domaines
24:09du spatial,
24:09mais pas dans le domaine
24:10de l'exploration.
24:11Et donc,
24:11maintenant,
24:12je pense que c'est vraiment
24:12un wake-up call pour l'Europe.
24:15Cette décision un petit peu
24:16unilatérale de la NASA
24:18doit amener les Européens
24:19à effectivement travailler
24:20sur une feuille de route
24:22autonome
24:22dans le domaine de...
24:23Ou en tout cas,
24:24avec des dépendances
24:25beaucoup moins fortes
24:26dans le domaine
24:26de l'exploration.
24:27Et effectivement,
24:28je pense qu'elle doit être
24:29plus ambitieuse
24:29que ce qu'on connaît aujourd'hui.
24:31Au niveau européen,
24:32Hervé de Ré,
24:33alors on parle très régulièrement,
24:34évidemment des grands absents,
24:36en l'occurrence,
24:37pendant ce sommet,
24:38le Champs-sur-les-Mertes,
24:39qui n'est pas venu.
24:40Les velléités de l'Allemagne
24:41de vouloir partir
24:42un petit peu seul
24:42sur certains projets.
24:44Mais ce qui m'intéresse
24:45de voir avec vous,
24:45c'est l'Italie.
24:46L'Italie a des grands projets spatiaux.
24:49Thales Alenia Space,
24:49évidemment,
24:50un pied en Italie.
24:51Comment vous regardez
24:51aujourd'hui la dynamique
24:53de ce qui se passe en Italie
24:54dans le spatial ?
24:55Il se passe depuis
24:55de nombreuses années,
24:56mais on voit...
24:56Alors, oui,
24:58l'écosystème spatial italien
25:00est extrêmement dynamique
25:02et effectivement,
25:03avec une volonté très forte.
25:04Je dirais que c'est
25:05un domaine stratégique
25:06vu par l'État italien
25:08aujourd'hui,
25:09à travers, je dirais,
25:11sa participation
25:12au programme de l'ESA,
25:13d'une part,
25:14mais également
25:15un certain nombre
25:15de programmes domestiques.
25:18Donc, aujourd'hui,
25:19ce que l'on voit,
25:20effectivement,
25:21c'est une dynamique très forte.
25:22Pour autant,
25:23je dirais,
25:24le comportement de l'Italie
25:25est vraiment...
25:26On travaille massivement
25:28de manière coopérative
25:29entre la France et l'Italie.
25:30On a historiquement
25:32toujours eu des programmes
25:33de coopération
25:33dans les télécoms,
25:34c'est les programmes SICRAL,
25:35dans le domaine
25:36de l'observation également.
25:38Et le sommet franco-italien
25:40a vraiment, je dirais,
25:41mis en avant
25:42cette dynamique
25:44et cette volonté
25:44de coopération
25:45qu'on va prolonger.
25:46Et la bonne nouvelle,
25:47c'est que Thales Agnias Pace
25:48étant une jeune venture
25:49franco-italienne,
25:50c'est évidemment facile
25:51pour nous de mettre en oeuvre
25:52une coopération franco-italienne
25:53et on le fait tous les jours.
25:56Juste un dernier point.
25:57Évidemment,
25:58on parlait du prochain
25:59cadre financier
26:00de la commission,
26:01le MFF.
26:03On prévoit à peu près,
26:04en tout cas,
26:05il est question
26:05d'à peu près 60 milliards
26:07d'euros
26:09entre 2028 et 2034.
26:11Qu'est-ce qu'il faut mettre
26:12dans ce programme
26:17pour financer
26:18les 60 milliards ?
26:19Quels programmes ?
26:20Quels sont les programmes derrière ?
26:21On a fait un travail
26:21effectivement assez exhaustif
26:23et puis un petit peu
26:24en bottom-up.
26:25on a regardé programme
26:27par programme
26:27ce qui est théorique.
26:28Il y a évidemment
26:29la prolongation
26:30et l'évolution
26:32des programmes en cours
26:33et on pense évidemment
26:34au programme Galileo
26:36qui va continuer,
26:37qui est absolument vital.
26:39Les programmes Copernicus,
26:41également très importants.
26:43Et puis,
26:43c'est l'arrivée
26:44de nouveaux programmes.
26:45Donc,
26:45Iris Carré fait partie
26:46de ces 60 milliards,
26:48bien évidemment,
26:49ainsi qu'un certain nombre
26:50de nouvelles capacités.
26:51Je pense en particulier
26:53dans le domaine
26:53de la navigation
26:54à des systèmes
26:55qui auront une capacité
26:56à offrir
26:56une meilleure précision,
26:58encore une meilleure précision
27:00en complément de Galileo,
27:01ce qu'on appelle
27:01le LEO-PNT.
27:02En fait,
27:02c'est une constellation
27:03d'orbite basse
27:04dans le domaine
27:05de la navigation.
27:07Et puis,
27:07il y a aussi
27:08la préparation du futur
27:09pour des nouvelles capacités.
27:11Je pense en particulier
27:13à tout ce qui touche
27:14le domaine
27:14des services en orbite,
27:16par exemple,
27:16qu'il va falloir développer,
27:18la Space Situation Awareness,
27:20en bon anglais,
27:21donc tout ce qui touche
27:22le suivi des satellites
27:23dans l'espace.
27:24Donc,
27:24tous ces domaines requièrent,
27:26si on veut rester,
27:26je dirais,
27:27une puissance spatiale
27:29au meilleur niveau mondial,
27:31requièrent des budgets
27:33pour pouvoir les lancer
27:34dans ces années à venir.
27:36Je n'ai pas cité
27:36le domaine de l'observation
27:37à des fins de sécurité
27:41et de renseignement
27:41qui fait partie aussi
27:43de la feuille de route
27:44telle qu'on la conçoit
27:46pour la période
27:482028-2034.
27:49C'est ça le prochain cadre
27:50financier pluriannuel.
27:52Merci beaucoup,
27:53Hervé Deray.
27:53Merci beaucoup
27:54d'avoir été avec nous.
27:54Vous êtes le président
27:55de la commission Espace
27:56au sein du GIFAS
27:57et le président,
27:58le PDG de Thalès
27:59à l'Eneas Place.
27:59Merci d'avoir été avec nous.
28:00Merci beaucoup.
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