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  • il y a 7 semaines
Ce vendredi 4 septembre, le plan de restructuration historique chez Volkswagen, prévoyant la suppression d'environ 50 000 postes supplémentaires au cours des dix prochaines années, ainsi que les défis industriels auxquels la France est confrontée, ont été abordés par Jean-Philippe André, président de D&O (Décider et Obtenir), Laurent Vronski, directeur général d'Ervor, et Olivier Redoulès, directeur des études de Rexecode, dans l'émission Les Experts, présentée par Laure Closier sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:0010h02 sur BFM Business, les experts, on continue notre débat avec Laurent Vronsky,
00:04directeur général d'Hervor et secrétaire général de Croissance Plus,
00:07avec Olivier Redoules, directeur des études de Rex & Code,
00:09et avec Jean-Philippe André, ancien dirigeant de l'Agnat,
00:13qui est aujourd'hui à la tête de DNO.
00:15On parle évidemment des questions de finances publiques.
00:18Je voudrais juste qu'on allait faire un petit détour vers l'Allemagne.
00:2050 000 postes supplémentaires supprimés chez Volkswagen d'ici 10 ans.
00:24Un plan de restructuration historique.
00:27Il y a deux ans, ils avaient déjà annoncé des suppressions de postes de 50 000.
00:30Ça fait donc 100 000, Olivier Redoules, la transition économique allemande,
00:34elle se fait quand même dans la douleur, parce que ça, ça raconte beaucoup de choses, ce plan.
00:38Ça raconte la concurrence chinoise, ça raconte le gaz,
00:40ça raconte quand même toute une économie qui doit pivoter.
00:44Ce qu'il faut voir, c'est que l'Allemagne connaît une forme de crise industrielle
00:48qui date en fait d'avant le Covid.
00:51On a commencé à voir...
00:53L'Allemagne, au fond, entre 2000 et 2019,
00:59avait accumulé des parts de marché, notamment au discriminant de la France,
01:03parce qu'elle avait mené un ensemble de réformes au début des années 2000,
01:06dont on parle encore.
01:08Elle avait gagné des parts de marché,
01:10elle avait construit un outil industriel qui était ultra compétitif
01:13et qui avait fait de l'Europe,
01:15parce que l'Allemagne aussi avec ses partenaires,
01:18un peu l'usine du monde sur un certain nombre de sujets.
01:21Alors, pas surtout parce que la Chine était là,
01:22mais en fait, le premier excédent commercial en valeur,
01:26il était quand même européen et sur un certain nombre de sujets.
01:29Et c'est vrai que depuis...
01:30Alors, on a eu du mal à le voir,
01:32parce qu'au début, on s'était dit c'est le Covid, c'est ci, etc.
01:34Mais les difficultés se sont accumulées.
01:36Alors, est-ce qu'il faut dater d'ailleurs tout ça
01:38au début de la crise de Volkswagen qui a déjà 10 ans ?
01:41Vous vous souvenez le scandale sur les émissions qui avaient été...
01:44Le lièvre avait été levé par l'Amérique.
01:46Il y a ça, puis il y a la réglementation européenne aussi.
01:48Il y a le passage électrique et la fin du thermique à 2035
01:53qui a été un élément.
01:54Il y a aussi le fait que les Allemands ont eu peut-être
01:57une stratégie vis-à-vis de la Chine
01:59qui a été ambiguë, libérale, naïve, je ne sais pas.
02:03Mais en fait, à un moment donné,
02:05ils ont fait le grand bout en avant
02:07où ils sont allés à la fois essayer de se développer
02:12sur le marché chinois, mais aussi leur donner presque
02:15les clés du camion, donner les clés du camion
02:17à leurs filiales chinoises, etc.
02:19Et en pensant qu'au fond, le nouveau marché, c'était la Chine.
02:23L'Europe, c'était toujours là,
02:25mais ils pourraient produire peut-être de Chine
02:27pour exporter en Europe.
02:30Moi, je me souviens, il y a encore quelques années,
02:32c'était en 2022, j'avais parlé parce que
02:33à Rexecode, on se rencontre de temps en temps
02:35avec nos homologues européens,
02:36j'avais parlé à nos homologues allemands,
02:38on commençait à voir déjà les courbes d'exportation chinoises
02:43de véhicules électriques explosés.
02:44Ils me disaient, ce n'est pas très grave,
02:46c'est des véhicules allemands.
02:47En fait, la réalité, c'est que là,
02:49on se rend compte que cette stratégie a failli.
02:51Alors peut-être, comme vous dites,
02:52il y a plusieurs briques qui se sont cassées,
02:54il y a le gaz russe pas cher,
02:56il y a la Chine, il y a le véhicule électrique,
02:59mais de fait, on a un vrai sujet de crise industrielle allemande
03:04qui prend de plus en plus ampleur.
03:05Alors ce qui est intéressant, c'est comment ils vont répondre à ça ?
03:09Est-ce que comment ils vont répondre à ça ?
03:10D'ailleurs, de façon en termes de politique publique,
03:13eux, ils disposent de marges de manœuvre,
03:15ce qu'on n'a pas nous.
03:15Donc ça, ça peut...
03:16Notamment budgétaire.
03:17En fait, le vrai sujet, c'est est-ce que Paris-Cochon,
03:19on ne va pas payer la crise manufacturier allemande ?
03:24Comment ils vont peut-être basculer sur de nouveaux secteurs ?
03:27Bon, aussi, par ailleurs, ils ont un plan de défense.
03:29Oui, sur l'armement, ils accélèrent très fort.
03:31Je ne suis pas forcément pessimiste sur la magne,
03:33parce que contrairement à la France,
03:35ils ont eu jusqu'à présent,
03:36après, les pays peuvent changer,
03:38en fonction d'ailleurs du débat démocratique,
03:40mais ils ont eu cette capacité
03:41à ne pas dépenser l'argent qu'ils n'ont pas.
03:43Et donc, de fait, au fond...
03:45Ils avaient une règle d'or, là, pour le coup.
03:47Mais donc, il y a un choc externe.
03:49Tout le monde se serre un petit peu la ceinture.
03:51On l'a vu encore, il y a quelques années,
03:52avec la crise énergétique.
03:53Et de fait, ils ne font pas gonfler
03:55leur déséquilibre extérieur.
03:57Ils font des efforts de compétitivité.
03:59Ils rebondissent.
04:00Alors, certes, c'est coûteux pour la population
04:02à un moment donné,
04:02mais à la fin, ça leur permet d'occuper le terrain
04:04en matière de compétitivité.
04:06Ça, ça a été une capacité allemande
04:08qui, au fond, ne s'est jamais forcément démentie
04:10depuis la guerre.
04:10Ils sont peut-être plus agiles que nous.
04:11Ils ont peut-être leur capacité à évoluer.
04:13Mais quand même...
04:14C'est un peu culturel, je sais, quand même, aussi.
04:17Juste, Laurent, vous parliez de désindustrialisation tout à l'heure.
04:19Ce matin, on se demandait si on titrait
04:20« Dassault, c'est fini ».
04:22C'est-à-dire que, symboliquement, quand même,
04:25ce qui se passe chez Volkswagen,
04:26c'est quand même très important en Allemagne,
04:28mais même sur le plan européen,
04:30ça interroge, quand même.
04:31Maintenant, sur l'outil industriel allemand,
04:33que je connais bien pour, en clair,
04:35avoir l'essentiel de mes concurrents,
04:37je rappelle, moi, je fabrique des compresseurs d'air,
04:38donc c'est des biens d'équipement.
04:40Et donc, j'ai à peu près...
04:41Moi, je dirais, mes concurrents sont mondiaux.
04:44La moitié de mes concurrents sont allemands.
04:47Donc, ce que dit monsieur,
04:48moi, je l'ai vécu jusqu'à il y a encore pas si longtemps.
04:51Maintenant, il s'est passé une chose.
04:52Et ça, n'importe quel consommateur peut le vérifier
04:54quand il va dans une grande surface
04:56pour acheter un produit d'électroménager.
04:58C'est que les Allemands ont continué
04:59à pratiquer des prix allemands
05:02avec une promesse qualitative,
05:06tout fabriquer dans les pays de l'Est
05:08et tout fabriquer en Chine.
05:10Et ça, je connais très bien le sujet,
05:11parce que nous, dans l'air comprimé,
05:13on a beaucoup...
05:14Il n'y a que deux pays européens
05:15qui vendent encore des composants
05:16pour l'air comprimé qu'on incorpore
05:18dans les machines qu'on fabrique.
05:19C'est l'Allemagne et l'Italie.
05:21Donc, je connais très bien
05:22ce tissu industriel.
05:23Et nous, on a eu des négociations commerciales
05:26très, très dures
05:26avec nos fournisseurs allemands
05:28qui, en clair, nous racontaient la vie.
05:30Qu'une célèbre marque à la pomme
05:33dise, dessinée,
05:34enfin, conçue en Californie
05:37et fabriquée en Chine,
05:38ça peut se comprendre.
05:39Sur des raccords industriels,
05:40ça peut beaucoup moins se comprendre.
05:42Donc, je pense qu'il y a aussi
05:42eu un revirement du marché
05:45qui s'est dit, mais attendez,
05:46vous fabriquez en Chine.
05:47On connaît les sources.
05:48Pourquoi est-ce qu'on va payer
05:49quatre fois le prix
05:50pour qu'on nous explique
05:51que c'est Deutsche Qualität ?
05:53Donc, il y a aussi
05:53une prise de positionnement.
05:55Du coup, il faisait des marges colossales
05:56parce qu'il y avait des prix.
05:57Et donc, si vous voulez,
05:58il y a eu des négociations
05:59très difficiles
06:00avec des gens
06:01qui sont, du coup,
06:01allés contourner
06:02certains fournisseurs allemands,
06:04sociétés allemandes,
06:05s'apercevant que tout avait été
06:06ou une grande majorité
06:08délocalisée dans ces pays à bas coût.
06:09Le résultat, c'est qu'il y a
06:10la foire de l'électroménager,
06:11là, en ce moment,
06:12en Allemagne
06:13et qu'il y a 50% de Chinois.
06:15C'est-à-dire que...
06:16Mais vous allez à Hanovre.
06:17Je suis allé, donc,
06:18à Hanovre.
06:19C'est la plus...
06:19Enfin, c'était, je pense,
06:21la plus grande foire industrielle
06:22au monde.
06:24Donc, moi, j'y suis allé
06:25inlassablement, si vous voulez,
06:27comme les cigognes
06:28qui vont dans les pays chauds
06:29en hiver.
06:31Moi, c'est la première fois.
06:33En 27, je n'irai pas.
06:34Ah, vous n'y allez pas, carrément ?
06:35Je n'irai pas.
06:3650%.
06:37Vous n'avez pas de contrat à faire là-bas.
06:38Vous n'avez pas de...
06:38Mais pour nous, c'est fini.
06:39C'est-à-dire que, si vous voulez,
06:40vous avez 50% de la surface
06:42qui n'existe plus.
06:44Dans la partie qui nous intéresse,
06:45c'est-à-dire la comprimée,
06:46le bâtiment s'est réduit
06:47comme une peau de chagrin.
06:48Et la dernière fois que j'y suis allé,
06:49il y avait 30% du bâtiment
06:50qui était vide.
06:51Et qu'est-ce qu'il y avait ?
06:52Et je vais illustrer
06:53les propos de monsieur.
06:55Donc, vous avez la société
06:56allemande d'origine
06:57qui avait conçu un produit,
06:59qui était allée en Chine
07:01et qui nous avait dit
07:01non, non, mais attendez,
07:02je délocalise,
07:03c'est juste pour servir
07:04le marché chinois.
07:05Donc, ils ont fait travailler
07:06toute une carrière de sous-traitants.
07:07Ils ont fait quoi, les sous-traitants ?
07:09Avec la bénédiction
07:10du gouvernement chinois,
07:11ils ont fait la copie.
07:11Donc, vous allez à Hanovre,
07:12vous avez le fabricant d'origine
07:14et à côté, vous avez les 10 copieurs,
07:1650% du prix moins cher.
07:18Mais il ne fallait pas y aller ?
07:19Je pense qu'il fallait y aller différemment.
07:21Moi, je vais vous dire,
07:22je ne vais pas me décerner
07:23des palmes de vertu
07:24parce qu'il n'y a pas
07:25que les Allemands
07:25qui ont fait des erreurs.
07:26Je rappelle qu'on avait incité,
07:29voire obligé
07:30certaines entreprises françaises
07:31à faire du transfert de technologie.
07:33Je me suis toujours opposé
07:34au transfert de technologie
07:35et je n'ai jamais accepté
07:37que nos compresseurs
07:38soient fabriqués
07:39sous licence ou autre.
07:39Je sais ce que ça vaut
07:40une licence en Chine.
07:42Et donc, on a fait faire
07:43du transfert à des boîtes
07:44en disant,
07:44ne vous inquiétez pas,
07:46on aura toujours
07:47une longueur d'avance,
07:48nous, on fera le TGV,
07:49eux, ils feraient encore
07:50le train à vapeur.
07:51Vous avez vu à quel point
07:52l'histoire a le sens de l'humour.
07:53Aujourd'hui, on leur demande
07:54de faire du transfert de technologie
07:55et ils disent non, non, non.
07:57Ils ne sont pas d'accord.
07:58Et ben non, ils ne veulent pas.
07:59Donc, voilà.
08:00L'histoire de l'Allemagne,
08:02ce n'est pas juste,
08:03si vous voulez,
08:03le gaz russe
08:05et les méchants chinois.
08:06Il y a eu aussi eu,
08:07si vous voulez, quelque part,
08:08un positionnement produit
08:10qui n'était pas conforme
08:11aux promesses.
08:12Mais là, vous parlez d'erreur
08:13entre le long terme
08:13et le court terme.
08:14C'est ça le sujet.
08:16Tout à fait d'accord.
08:17Et vous savez que la notion
08:17du temps en Chine
08:18n'a rien à voir
08:19avec la notion du temps
08:19en Occident.
08:20Jean-Philippe André,
08:21sur les questions
08:21des industrialisations.
08:22Dès que c'est urgent,
08:23il faut prendre son temps.
08:24Exactement.
08:26Non, je reviens.
08:27Juste un mot sur l'Allemagne.
08:29Moi, pour avoir travaillé
08:30pendant 20 ans
08:30dans un groupe allemand,
08:32je peux vous assurer,
08:33dans un secteur
08:33complètement différent,
08:34l'histoire de l'automobile,
08:36pour eux,
08:36c'est un choc grave.
08:38Parce que l'industrie automobile
08:40en Allemagne,
08:41ça commence à l'ouvrier.
08:43Un ouvrier qui a réussi,
08:45c'est un ouvrier
08:45qui sort le parking
08:46à sa BMW,
08:47sa Mercedes
08:48ou son Audi.
08:51Et c'est vraiment
08:52la pointe de diamant
08:53de l'économie.
08:56Oui, donc ça fait mal.
08:57C'est le premier point.
08:58Donc, ça les bouscule beaucoup
09:00et ça va avoir
09:02beaucoup d'impact.
09:03D'un autre côté,
09:04les Allemands sont habitués.
09:06Ils sont habitués.
09:07Alors, j'ai travaillé
09:08chez les Allemands
09:08et je suis alsacien,
09:09donc je les ai fréquentés
09:11très longtemps.
09:11Ils sont habitués
09:12à se ressaisir
09:14en collectif.
09:17Ils ont...
09:18Bon, l'après-guerre,
09:19on ne va pas y revenir.
09:20On a dit,
09:22on avait prédit
09:23que l'absorption
09:24de l'Allemagne de l'Est
09:25allait leur coûter,
09:26etc.
09:27Ça n'a pas été le cas.
09:28Ils l'ont fait.
09:29Vous parliez avant
09:30des décisions qui ont été prises.
09:31Ça a quand même coûté,
09:32mais ça a été fait.
09:33Un gars comme Schröder,
09:34le chancelier Schröder
09:35au début des années 2000,
09:37après des décisions
09:37extrêmement courageuses,
09:39ça lui a coûté des élections.
09:40Personne n'est revenu là-dessus.
09:41Donc, ils vont rebondir.
09:44Par contre,
09:44ils ne rebondiront peut-être pas
09:45dans les automobiles
09:47parce que là,
09:47le coût est quand même
09:49gravement parti.
09:50Ils vont réinventer autre chose.
09:51Et je pense que nous,
09:52Français,
09:52on ferait bien de regarder,
09:53parce que c'est notre premier partenaire,
09:54à regarder où ils veulent rebondir
09:56de manière à ce qu'on n'ait pas
09:57les effets en cascade
09:59sur notre propre économie.
10:00Olivier,
10:01quand vous dites
10:02les difficultés allemandes,
10:03ça peut rejaillir
10:04sur la France,
10:05vous pensez par exemple
10:06au marché obligataire
10:07et au marché de la dette
10:08où on se retrouve
10:09en concurrence,
10:10par exemple,
10:10ou vous pensez
10:11à des questions industrielles
10:12où nous,
10:13sur l'armement,
10:14on était quand même
10:14très très forts
10:14et ça ne nous fait pas
10:16particulièrement plaisir
10:17que Rheinmetall soit
10:18en grande forme ?
10:19Je pense qu'il y a un point
10:20quand même à souligner,
10:21à rappeler,
10:22c'est-à-dire,
10:22on est à la fois partenaire
10:24aux Européens,
10:24mais on est surtout
10:25et avant tout concurrent.
10:27On est concurrent
10:28à la fois vis-à-vis
10:29de nos marchés respectifs,
10:30on est concurrent aussi
10:31et avant tout
10:32aussi à l'export.
10:34Et de fait,
10:36à un moment donné,
10:37il y a une dizaine d'années,
10:38on regardait un petit peu
10:39l'Allemagne
10:40avec un mélange
10:41de jalousie,
10:42de sentiments d'injustice
10:44parce qu'elle nous piquait
10:44nos parts de marché,
10:45mais d'un certain côté,
10:47il y avait une sorte
10:48d'effet d'entraînement
10:49en fait.
10:49L'économie allemande
10:50qui allait bien,
10:51c'était une bonne nouvelle
10:53parce qu'il y avait quand même,
10:54alors ça a mis du temps
10:55à s'enclencher,
10:56mais quand même
10:56un peu de consommation,
10:57d'ailleurs ils ont créé
10:58un SMIC, etc.
11:00Là, on est dans une situation
11:01où ils sont eux-mêmes
11:02dans une forme
11:04de prise de conscience,
11:05de remise en cause
11:06du modèle,
11:06ils vont chercher
11:07des solutions.
11:08Ces solutions,
11:08ils vont les faire
11:10sans doute par
11:10de la compétitivité.
11:12Le sujet des taux
11:13est un peu différent,
11:14mais c'est vrai
11:14que s'ils commencent
11:15à soutenir
11:16ou à faire un petit peu
11:17de déficit
11:17pour soutenir l'économie.
11:19Mais il n'y a pas
11:20que l'Allemagne,
11:21il y a aussi les États-Unis
11:22avec leur compétitivité,
11:23il y a l'IA,
11:24donc ça contribue
11:26à un environnement
11:27de hausse des taux
11:29qui de fait,
11:30en fait,
11:30nous touche
11:31plus que d'autres
11:31parce qu'on a une dette
11:32qui fait deux fois
11:33notre production,
11:35non,
11:35qui fait un peu plus
11:36que notre production nationale.
11:37Donc c'est ça en fait
11:38qui est important.
11:39Je voudrais quand même
11:40revenir sur un point
11:41qui soit la question
11:42des prix allemands.
11:43Alors avec ces codes
11:44et avec notre partenaire
11:46Schema Business School,
11:47on réalise une enquête
11:48chaque année
11:49où on interroge
11:49les importateurs.
11:50Il faut vraiment
11:51nous comparer
11:51sur un ensemble
11:52de biens industriels
11:54les pays,
11:55dont la France
11:55vis-à-vis de la Chine,
11:56etc.
11:57Et ce qu'on observe
11:58d'aller répondant,
11:59c'est toujours imparfait
12:00une enquête comme ça
12:01parce qu'il n'y a toujours
12:01pas forcément
12:02des milliers d'importateurs
12:04dans les différents pays,
12:05mais en tout cas
12:05c'est ce qu'on a de mieux.
12:07Ça nous dit,
12:07les allemands
12:08sont quand même
12:08les plus chers,
12:09mais ils ont un tel niveau
12:10de qualité
12:11qui compense
12:14cet écart de prix.
12:15Alors que nous,
12:15on est un peu moins chers
12:17qu'eux,
12:17mais...
12:17Mais Laurent nous dit
12:18que c'est des Chinois,
12:19en fait.
12:19C'est des Chinois déguisés.
12:20Et là,
12:21je vais complètement
12:22dans le sens de monsieur,
12:23c'est que depuis quelques années,
12:24en fait,
12:25les Chinois sont montés
12:26en qualité.
12:26D'ailleurs,
12:27il y a dix ans,
12:27en fait,
12:28on avait en Chine
12:28le prix bas
12:29et la qualité basse,
12:30et donc c'est surtout
12:31le prix bas qui dominait.
12:32Aujourd'hui,
12:33le prix reste bas,
12:34mais la qualité,
12:35et notamment le contenu
12:36et l'innovation,
12:36il suffit de prendre
12:37une voiture chinoise.
12:38Il y a Djeco
12:39qui vend à fond
12:40dans toutes les concessions
12:42françaises,
12:42il y a des chiffres
12:43hallucinants.
12:44Il y a un vrai succès
12:45quand même
12:45de la voiture chinoise
12:46très équipée.
12:47Il y a un vrai succès
12:47aussi de la R&D chinoise
12:49parce que,
12:49pardon,
12:50il y a eu une dizaine d'années,
12:51ils ont sorti leur plan
12:53China,
12:54Made in China 2025.
12:56China Manufacturing 2025,
12:58tout homme politique
12:58devrait avoir lu.
12:59Mais de fait,
13:00en fait,
13:00ils ont suivi leur plan
13:01et en fait...
13:02Et quand ils ont été
13:03promis sur la robotique...
13:04Ils ont fait
13:05ce qu'ils ont écrit.
13:06Absolument.
13:09Quand les Allemands
13:10ont commencé
13:10à aller en Chine,
13:12l'une des premières choses
13:13qu'ils ont vendues,
13:13c'était quoi ?
13:14C'était les machines outils.
13:15Les Chinois ne se sont pas trompés.
13:17Donc,
13:18ils ont commencé
13:18par acheter
13:18des machines outils allemandes.
13:20Puis après,
13:20ils ont créé
13:21un environnement fiscal
13:23d'Oclément
13:24et ils ont fait venir
13:25les gens qui savaient
13:25s'en servir.
13:27À la suite,
13:28il n'y a pas besoin
13:28d'être un grand stratège.
13:30Donc,
13:30ils ont gardé les machines
13:31et ils ont gardé
13:32le savoir-faire.
13:33Maintenant,
13:33sur les Allemands,
13:33il y a quand même
13:34une leçon à tirer.
13:37Moi,
13:37j'ai commencé ma carrière
13:38dans le conseil.
13:39Donc,
13:39je suis un consultant
13:41qui a mal tourné.
13:42Et quand je suis devenu industriel,
13:43c'était dans les années 80
13:45et je me suis dit,
13:46j'ai regardé
13:47de l'autre côté du Rhin,
13:48je me suis dit,
13:48si les Allemands,
13:49qui ne sont clairement pas
13:50dans une zone à bas prix
13:51avec une main d'oeuvre
13:52qui n'est pas bon marché,
13:53ils arrivent à exporter
13:54dans le monde entier,
13:54pourquoi est-ce que nous,
13:55en France,
13:55on ne peut pas faire pareil ?
13:56Et donc,
13:57quand j'ai repris
13:57la direction d'Ervord,
13:59j'ai repositionné,
14:00si vous voulez,
14:00notre société.
14:01Je me suis vraiment
14:02très largement
14:02inspiré des Allemands.
14:04Donc,
14:05simplement,
14:05je rappelle une chose,
14:06c'est que dans les années 80,
14:08c'était qui le pays
14:09qui était considéré
14:09comme le surhomme
14:10et qui était le référentiel ?
14:11C'était le Japon.
14:13Puis après,
14:13ça s'est éclipsé.
14:15Après,
14:15il y a eu les Allemands,
14:16ça s'est éclipsé.
14:17Maintenant,
14:17c'est les Chinois.
14:18Donc,
14:19je pense qu'il faut,
14:19justement,
14:20il y a une leçon à tirer,
14:20c'est que nul n'est un surhomme.
14:22Donc,
14:23il y a des peuples,
14:24il y a des pays
14:24qui, à un moment donné,
14:25font des choses bien.
14:25Il faut s'en inspirer,
14:27mais il ne faut pas croire
14:27qu'ils sont invincibles
14:28et il ne faut pas non plus,
14:29si vous voulez,
14:30sans être arrogant,
14:31penser qu'on est inférieur.
14:33Donc,
14:33les Allemands ont fait
14:33les bonnes choses,
14:34mais ils ne sont pas non plus
14:35des surhommes.
14:35Est-ce qu'il faut faire
14:36comme ce qu'on fait aujourd'hui
14:37sur le textile ?
14:38Mettre en place des barrières,
14:40augmenter les prix artificiellement
14:41en mettant des taxes
14:43pour que le consommateur,
14:44il n'aille pas vers ce genre
14:45de produits ?
14:45Ça,
14:46c'est la bonne chose à faire,
14:47justement,
14:47quand on sait qu'on n'est pas
14:48un surhomme ?
14:49Je pense que la règle de base,
14:50c'est que quand on organise
14:51un match de foot international,
14:53les règles sont appliquées
14:55de manière identique
14:56aux deux équipes
14:56qui sont sur le terrain
14:57de football.
14:58Donc,
14:58moi,
14:58j'ai vécu une chose,
15:00j'ai tiré la sonnette d'alarme
15:01auprès des pouvoirs publics
15:02pendant plus de dix ans,
15:03il y a une chose
15:03qui s'appelle la norme CE.
15:05J'explique pour nos auditeurs,
15:06en clair,
15:07je veux vendre ce stylo
15:08en France ou en Europe,
15:09je dois certifier,
15:10moi,
15:10en tant que fabricant,
15:11qu'il est CE.
15:12Qui est-ce qu'il certifie ?
15:13C'est moi-même.
15:14Moi,
15:14j'ai vu des produits
15:15qui sont allés,
15:20il n'était pas plus CE
15:22que moi,
15:22j'étais archevêque de Paris.
15:23Et quand on parlait
15:24au pouvoir public,
15:25on disait,
15:26oui,
15:26mais on redistribue
15:27un peu de pouvoir d'achat,
15:29bon,
15:29on ne va pas chipoter.
15:31Alors là,
15:31on a eu les histoires,
15:32après,
15:32on a eu...
15:33Ça a été ça pendant 20 ans,
15:34quand même,
15:34le consommateur,
15:35le consommateur,
15:36le pouvoir d'achat.
15:37Mais il y a de la distorsion
15:38de concurrence.
15:39Ben oui,
15:39il y a de la distorsion
15:40de concurrence
15:40parce que les règles
15:41n'ont pas été appliquées
15:42de manière unilatérale.
15:44Jean-Philippe André,
15:44on a voulu,
15:45on a voulu
15:45que le consommateur consomme.
15:47On a voulu faire ça
15:47parce que inflation,
15:48parce que pouvoir d'achat.
15:49Donc c'est un choix politique.
15:50Donc c'est un choix politique.
15:52Et maintenant,
15:52on constate...
15:53Mais est-ce qu'on peut
15:54revenir en arrière ?
15:54Est-ce que quand le consommateur,
15:56il a eu...
15:56Enfin,
15:57le prix du textile,
15:58ça n'a plus de prix.
15:59Ça n'a plus de prix.
16:00Moi,
16:00je discutais à la loge maquillage
16:01il y a deux jours,
16:02un pull à 18 euros,
16:04c'est trop cher.
16:05Donc le pull n'a plus de prix,
16:07ça n'existe plus.
16:08Quand nous,
16:09on était gamins
16:09et qu'on demandait à nos parents
16:10de nous acheter
16:11un survêt,
16:12un survêtement de sport
16:14marqué.
16:15À l'époque,
16:16c'était Adidas,
16:16etc.
16:17Ça avait un prix.
16:18Vous entendez,
16:18en ce moment,
16:19à la radio,
16:20vous pouvez avoir,
16:21je ne vais pas citer la marque,
16:22un survêtement
16:22pour 11 ou 15 euros.
16:2411 ou 15 euros.
16:25C'est ce que...
16:26Du coup,
16:27on se retrouve avec le gouvernement
16:27qui met une taxe dessus
16:28pour vous empêcher
16:29de l'acheter tellement...
16:30Pour que ça soit plus cher.
16:31Donc le 11 ou le 15 euros,
16:33quelqu'un a voulu
16:34que ça soit possible.
16:35Il faut arrêter de...
16:36Mais il y a quelqu'un
16:36qui paye là-dessus.
16:37Et aujourd'hui,
16:38on se rend compte
16:39le secteur de l'habillement
16:41subit une crise
16:42qui est terrifiante.
16:44Je veux dire,
16:45je ne voudrais pas
16:46être aujourd'hui
16:47dans le secteur
16:49de l'habillement
16:50et se dire
16:50qu'est-ce qui va se passer.
16:52Il y a la fast fashion
16:54qui arrive.
16:55J'ai regardé ce matin.
16:56Pendant la durée
16:57de votre émission,
16:58pendant une heure,
16:59les Français achètent
17:00400 000 colis
17:01d'habillement.
17:02En une heure,
17:0310 millions par jour.
17:05Pourquoi ?
17:05Parce qu'il y a
17:06une popularisation
17:07du pouvoir d'achat.
17:07Il y a des tas de gens,
17:09des jeunes notamment,
17:10qui sont très contents
17:11d'acheter un t-shirt
17:12à 2 euros,
17:133 euros.
17:14Je le mets une fois.
17:15Je ne suis même pas sûr
17:15de le repasser
17:16puisque je vais le balancer
17:17tout de suite.
17:18Deuxième chose,
17:19nous,
17:20on n'a pas la...
17:21Enfin,
17:21notre système
17:21n'a...
17:22Et pas que dans l'habillement
17:23d'ailleurs,
17:24n'a pas le système
17:25de flexibilité.
17:29Les Chines,
17:30les Timos,
17:31ils font jusqu'à...
17:32Ils appellent ça
17:33des micro-saisons.
17:34Sauf que les micro-saisons,
17:35il y en a 52.
17:36Je regarde 52,
17:37c'est-à-dire qu'il y aurait
17:37une micro-saisons par semaine.
17:39Mais nous,
17:40on n'arrive pas
17:40à suivre là-dedans.
17:41Même les Zara,
17:42compagnie,
17:42sont obligés
17:43de se remettre...
17:43Mais la solution,
17:44est-ce que c'est la taxe ?
17:45Parce que la Chine,
17:45ils disent,
17:46nous,
17:46faites ça,
17:46on va mettre des mesures
17:48de rétorsion.
17:48Ils nous accusent même
17:49de ne pas respecter
17:49les règles de l'OMC.
17:50C'est une réponse
17:53politique et parlementaire
17:54à chaud
17:55à la fin de l'été
17:57pour qu'au 1er septembre,
17:58on dise
17:59je suis politicien.
18:00Mais ça marche.
18:02Ça fait baisser
18:03le nombre de colis.
18:04Oui.
18:04Attendez.
18:05On se revoit
18:06dans deux semaines,
18:06trois semaines,
18:07comme vous voulez.
18:08Et quand,
18:08en retour,
18:09les Chinois diront
18:10maintenant,
18:11vos vins,
18:11vos alcools,
18:12vos spiritueux,
18:13votre cognac
18:14seront taxés,
18:15vous allez voir
18:15le cirque
18:16que ça va engendrer.
18:17Vous allez voir le cirque.
18:18Il faut plutôt regarder
18:19ce que fait l'Europe.
18:22L'Europe tente
18:23d'organiser
18:24une réponse globale,
18:25notamment par rapport
18:26à un marquage numérique
18:29sur la réparabilité,
18:30sur l'impact carbone,
18:31etc.
18:32Là, la France,
18:33elle est partie
18:34toute seule.
18:35Maintenant,
18:35on a quand même
18:35d'autres pays européens
18:36parce qu'à un moment donné,
18:37les colis arrivés de Belgique,
18:38là,
18:39on s'est harmonisé quand même.
18:40Mais sur ce sujet,
18:41on a encore parti seul.
18:42Olivier ?
18:43Le vrai sujet,
18:44vous l'avez abordé rapidement,
18:46c'est qu'on exporte
18:48aussi vers la Chine.
18:49Alors,
18:49on importe beaucoup plus
18:51qu'on exporte.
18:51La Chine,
18:52on a un déficit commercial
18:54massif.
18:54Mais de fait,
18:56si on met en place
18:57ce type de mesures,
18:59oui,
18:59la Chine,
19:00elle va prendre
19:02des mesures de rétorsion.
19:03Mais qui se bouffait ?
19:04Donc,
19:04ça pose un problème
19:06typiquement de choix politique.
19:07De fait,
19:08le jeu du commerce international,
19:10alors,
19:10c'est vrai que,
19:11de fait,
19:11la Chine ne respecte pas
19:12forcément les règles
19:13ou elle les contourne
19:14ou elle les arrange.
19:15Mais le jeu du commerce international,
19:16jusqu'à présent,
19:17il a été gagnant
19:18pour certaines personnes,
19:19y compris en France,
19:20à la fois les exportateurs
19:21qui exportent vers la Chine
19:22et les importateurs.
19:24Mais à la fin,
19:25c'est des ménages
19:25qui trouvent,
19:26venant de Chine,
19:27des choses moins chères
19:28et qui leur conviennent mieux.
19:29Et ça,
19:30les ménages,
19:30en fait,
19:31c'est les mêmes ménages
19:32qui, d'un côté,
19:33nous disent,
19:34nous,
19:34on veut une protection
19:35de l'environnement,
19:36on veut des choses
19:37de bonne qualité,
19:37pouvoir d'achat,
19:38ça reste la préoccupation
19:39numéro un devant la dette.
19:41Et là,
19:43on arrive,
19:43en fait,
19:44au cœur,
19:44à l'essence du politique,
19:46c'est que choisir,
19:46ce n'est pas forcément facile.
19:48Ça fait des gagnants.
19:49C'est pas faire plaisir.
19:49Le vrai sujet
19:50de la France,
19:51aujourd'hui,
19:51c'est que,
19:52comme elle n'a pas trop
19:53de marge budgétaire,
19:55elle n'a pas de marge
19:55pour compenser les perdants.
19:57En fait,
19:58logiquement,
19:58on pourrait très bien se dire,
20:00si on avait des comptes publics
20:02en ordre,
20:03on pourrait,
20:03en fait,
20:04c'est un peu comme une guerre.
20:05En fait,
20:06d'ailleurs,
20:06le terme de guerre commerciale,
20:08c'est pour populariser
20:09il y a quelques années.
20:10Ça veut dire,
20:10on veut faire respecter
20:12notre souveraineté.
20:13Ben oui,
20:14il va y avoir des perdants,
20:15on va les compenser,
20:16comme voilà,
20:16on compense...
20:17Mais on ne peut plus faire ça.
20:18Mais là,
20:18on est un peu coincé
20:19aux endroits.
20:20Et c'est là,
20:20pour venir au sujet du début,
20:22c'est que le problème de la dette,
20:24ce n'est pas juste un problème
20:24de chiffres,
20:25de marchés financiers ou autres,
20:26c'est qu'à la fin,
20:26c'est un problème de souveraineté.
20:28C'est un problème
20:29de capacité
20:30à faire des choix politiques
20:32cohérents.
20:32Et ça,
20:32on a du mal à le faire
20:33et on est un peu contraints
20:36par les autres.
20:36Laurent,
20:37vous voulez redire un mot
20:37sur les Chinois ?
20:38Oui,
20:38moi je vais régler
20:39un petit peu en faux
20:39par rapport à ça.
20:40J'entends ce que vous dites.
20:42Nous exportons 90%
20:43de nos produits
20:44en dehors de la zone euro,
20:45donc on sait ce que c'est
20:45que le libre-échange
20:46et le commerce international.
20:49Donc de dire,
20:49écoutez,
20:50oui,
20:50il y a des gagnants,
20:51il y a des perdants,
20:52c'est la vie,
20:53ce n'est pas exactement comme ça.
20:54Moi,
20:54je suis allé en Chine
20:55pour la première fois en 1996.
20:57Vous faisiez 30 km
20:58en dehors de Pékin,
20:59vous ouvriez un robinet d'eau,
21:00l'eau était noire.
21:01Maintenant,
21:01les types,
21:01ils envoient,
21:02s'ils voulaient,
21:02des satellites dans l'espace.
21:03Il s'est passé quoi ?
21:04Donc,
21:05ils ont littéralement pillé
21:07le patrimoine technologique
21:08des entreprises occidentales
21:10avec leur bénédiction,
21:11c'est-à-dire que les types
21:11sont montés pour certains
21:12eux-mêmes à l'échafaud,
21:14avec une protection juridique
21:16assez élastique,
21:17c'est-à-dire que moi,
21:18je sais qu'en tant qu'occidentale,
21:20si demain,
21:20j'ai un problème
21:21de copyright en Chine,
21:22je peux prendre
21:23les meilleurs avocats,
21:24j'ai perdu d'avance,
21:24donc je n'ai pas besoin,
21:26si vous voulez,
21:26de lancer là-dedans.
21:27Ah oui,
21:28zéro chance.
21:28Zéro chance.
21:30Et donc,
21:30si vous voulez,
21:31vous avez aujourd'hui,
21:32le gouvernement chinois
21:34a décrété
21:34qu'une des conditions
21:36sine qua non,
21:37c'était l'autosuffisance.
21:38Et si vous regardez,
21:40les Chinois ont aujourd'hui
21:41l'autosuffisance
21:42dans les produits
21:43à hauteur de près de 80%.
21:44Et ils l'ont fait
21:45en faisant,
21:46si vous voulez,
21:47en s'adaptant aux lois
21:48de manière élastique.
21:49Donc,
21:51oui,
21:51je suis pour la concurrence,
21:52oui,
21:53je suis pour le...
21:54pour le libre-échange,
21:55mais je suis aussi
21:56pour le respect bilatéral
21:58des lois.
21:59Et là-dessus,
22:00on l'a évoqué tout à l'heure,
22:01je pense qu'il y a eu
22:02des regards pudiques
22:03et détournés
22:03qui ont dit,
22:04oui,
22:04bon,
22:04ce n'est pas exactement
22:05les normes CE,
22:06mais ce n'est pas grave,
22:07c'est du pouvoir d'achat.
22:09Et puis,
22:09oui,
22:10on a dit aussi,
22:10oui,
22:10mais comme ça,
22:11ok,
22:11d'accord,
22:12ils vont nous vendre
22:13des t-shirts pas chers
22:14fabriqués par des enfants
22:15et des prisonniers,
22:16mais nous,
22:16on va leur vendre des rafales.
22:17Bon,
22:17l'histoire est en train
22:18de montrer
22:19qu'on continue à acheter
22:20des t-shirts
22:20qui sont fabriqués
22:21par des enfants
22:22et par des prisonniers
22:22et qu'on vend de moins en moins
22:24de rafales,
22:24voire pas du tout
22:25et que bientôt,
22:25c'est eux qui vont nous en vendre
22:26parce que ça sera
22:27des copies conformes
22:2830% moins chers.
22:29Oui,
22:29mais le projet politique
22:30à vendre aux Français
22:31pour 2027,
22:32on va augmenter les prix
22:33parce qu'on va se fermer
22:34aux produits chinois,
22:36zéro,
22:37vous ne trouverez personne
22:37pour porter ça.
22:38Vous l'avez très bien dit,
22:39c'est une mesurette instantanée,
22:40c'est une frappe chirurgicale
22:41la question de fond.
22:43L'Europe
22:44est quand même
22:45l'usine mondiale
22:47à fabriquer des normes
22:48et des règles.
22:49Eh bien,
22:50elle a un marché
22:51de 450 millions d'habitants
22:52qu'elle utilise ses règles
22:54pour tous les produits entrants
22:56et vous verrez
22:57que ça va changer
22:57beaucoup de choses.
22:58Et le Chinois
22:59ne pourra pas
23:00avoir la même attitude
23:02face à ce marché
23:04de 400 milliards
23:05que par rapport
23:06à un Français
23:07et donc là,
23:08pour le coup,
23:09je pense qu'on a intérêt
23:10à avoir une Europe.
23:11Mais on a peur,
23:12en fait ?
23:13Le vrai sujet,
23:14c'est que nos partenaires
23:15ne sont pas forcément
23:16d'accord.
23:17Oui,
23:17en plus,
23:18nos partenaires
23:18ne sont pas tous d'accord.
23:19Nous,
23:19on est,
23:21la France,
23:21on a un déficit
23:23du commerce extérieur.
23:24Alors,
23:24même au sein de la France,
23:26tout le monde,
23:26on a parlé des perdants,
23:27tout le monde n'est pas d'accord
23:28parce que,
23:29vous parlez de règles,
23:30c'est important,
23:31les règles,
23:31effectivement,
23:32traditionnellement,
23:32l'OMC ou autre.
23:33La réalité,
23:34c'est que l'OMC
23:35est un peu inopérante
23:37depuis quelques années
23:37et à la fin,
23:38on revient à une question
23:40de juste
23:40le rapport de force.
23:41Alors,
23:41c'est vrai que si on a
23:42un marché de 450 millions
23:43face à un marché
23:44de 1 milliard,
23:45bon,
23:45ça peut jouer,
23:46mais à condition
23:47que ce marché
23:48de 450 millions
23:49soit unis.
23:50Or,
23:50c'est justement
23:51ce que disait
23:52Mario Draghi
23:52dans une prise,
23:54une déclaration
23:55à la rentrée,
23:56c'est qu'il disait
23:56au fond,
23:57on a construit
23:57un marché,
23:58une sorte de moulin ouvert
24:00où on a mis des normes,
24:01une zone de concurrence.
24:02Entre nous, quoi.
24:03Mais en fait,
24:03on a les inconvénients
24:05du marché
24:05ou les avantages
24:06pour nos compétiteurs,
24:07mais pas les avantages
24:08pour nous.
24:09Et on manque,
24:10en fait,
24:10il y a une partie
24:11de la construction européenne
24:12à faire pour effectivement
24:14bien défendre
24:14notre commerce extérieur.
24:15Alors,
24:15il y a eu des évolutions
24:16positives depuis
24:17quelques années,
24:18il y a eu tout un tas,
24:19il y a eu des défenses
24:19commerciales,
24:20etc.
24:20Il faut sans doute
24:20aller beaucoup plus loin.
24:21Jean-Philippe,
24:22c'est ça le dernier mot.
24:22On a parlé avant
24:23de football.
24:25Il n'y a aucune équipe
24:26de foot qui peut
24:27durablement gagner
24:28en ne se mettant
24:28qu'en défense.
24:29Or là,
24:30les sujets qu'on évoque,
24:31c'est je veux me défendre
24:32contre les Chinois,
24:33je veux me défendre
24:34contre ci,
24:34contre ça.
24:35Il faut le faire,
24:35il faut avoir un solide
24:36système de défense
24:37et je pense qu'on vient
24:38de le dire.
24:39Cela dit,
24:40il faut s'armer
24:41en attaque,
24:42en croissance.
24:43Il faut se réarmer
24:46et donc avoir
24:47de la croissance,
24:48avoir moins
24:49de dépenses publiques,
24:50avoir des marges
24:51de manœuvre.
24:51Ce matin,
24:52vous aviez un sujet
24:52sur les antennes,
24:53sur le prix de l'essence
24:54en dehors,
24:55mais que font les autres,
24:56etc.
24:56On ne peut plus rien faire.
24:57C'est normal,
24:58on ne peut plus rien faire
24:58puisqu'on n'a plus d'argent.
24:59En même temps,
25:00Andorre,
25:00c'est un paradis fiscal.
25:01Il faut bien se remettre
25:01les choses au clair.
25:03Andorre,
25:03même en Italie,
25:04c'est moins...
25:04La question m'a été posée
25:05ce matin sur BFMTV,
25:06pourquoi on ne fait pas
25:07comme Andorre ?
25:07Parce qu'on n'est pas
25:08un paradis fiscal.
25:09Je dis simplement
25:10qu'il faut avoir
25:11les moyens
25:12de se bagarrer,
25:13de parler.
25:14Vous ne pouvez parler fort
25:15que si derrière moi,
25:16je suis soutenu
25:17par de l'argent
25:18et par des troupes.
25:18Voilà.

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