- il y a 2 jours
Ce lundi 12 octobre, la situation complexe du marché automobile européen, bouleversé notamment par l'essor des constructeurs chinois, ainsi que les répercussions de la crise du secteur sur l'emploi, ont été abordées par Stéphanie Villers, économiste et conseillère économique chez PwC France et Maghreb, André Loesekrug-Pietri, président de JEDI (Joint European Disruptive Initiative), et Stéphane Carcillo, responsable de la division revenu/travail de l'OCDE et professeur à Sciences Po, dans l'émission Les Experts, présentée par Laure Closier sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Nos experts, aujourd'hui on est avec Stéphanie Villers, bonjour, économiste, conseillère économique chez PwC France et Maghreb,
00:07à côté de vous André Losry-Pietry, bonjour, président de Jedi, et Stéphane Carcillo, bonjour,
00:13responsable de la division revenu-travail de l'OCDE, vous êtes professeur associé à Sciences Po.
00:18Je commence avec le mondial de l'automobile, c'est l'événement de la semaine, le thème c'est cette
00:24année Let's Celebrate.
00:26Stéphanie Villers, c'est assez optimiste quand même, dans un marché compliqué, alors je sens cette envie de célébrer pour
00:32le mondial,
00:32mais quand même pour les constructeurs européens, on est dans une situation compliquée.
00:36Oui, c'est plutôt, on célèbre les constructeurs chinois qui prennent de plus en plus de place dans ce mondial
00:43de l'automobile,
00:43effectivement, comme vous l'avez dit, les Européens sont à la peine depuis plus d'une quinzaine d'années.
00:51– Je pense que de toute manière, ça fait quand même un certain temps qu'ils ont réalisé qu'ils
00:56avaient pris énormément de retard
00:57dans notamment tout ce qui touche la voiture de demain et toutes ces technologies qui sont intégrées.
01:05Aujourd'hui, il n'y a pas véritablement de nouveauté à attendre du côté des constructeurs européens.
01:11Il semblerait que…
01:12– Mais ce n'est pas vrai, il y a la deux chevaux qui est présentée aujourd'hui, vous voyez,
01:15voiture sous les 15 000 euros.
01:17– Oui, mais on n'est pas en attente de modèles qui pourraient éventuellement marquer le pas par rapport à
01:30ce qui est attendu du côté chinois.
01:32Enfin, on sait que tous les ans, les Chinois, enfin tous les deux ans, prennent de plus en plus de
01:39parts de marché.
01:40Et c'est plutôt ce qu'on est en train de constater avec beaucoup de frilosité.
01:45C'est qu'on se sent un peu, nous, Européens et Français en particulier, un peu écrasés par cette nouvelle
01:51concurrence.
01:52– Stéphane Carcillo, c'est un bouleversement majeur en termes d'emploi.
01:56Est-ce que vous pensez qu'on peut faire face à la disparition totale d'un pan entier de l
02:03'économie qui est l'automobile européenne ?
02:04– Ce serait, je pense, très problématique à la fois en termes de quantité d'emploi
02:10et aussi en termes de transition que ça voudrait dire d'un point de vue humain.
02:14C'est quand même 13 millions d'emplois en Europe, 7% de l'emploi européen, donc c'est absolument
02:19énorme.
02:20C'est un énorme aussi pourvoyeur d'innovation et de technologie
02:24parce que quand on pense à l'industrie manufacturière et l'automobile en particulier,
02:29vous pensez à tout le réseau d'entreprises qui est à côté
02:32et toute l'innovation qui est réalisée dans ce domaine-là
02:35et qui ensuite diffuse dans d'autres domaines de l'économie.
02:38Donc c'est vraiment une industrie, je pense, à préserver, à transformer évidemment
02:44parce que je pense que les emplois dans les usines d'automobiles
02:49qui sont totalement électrifiées, ce n'est pas exactement les mêmes métiers
02:54parce qu'il n'y a plus la motorisation, ce n'est plus du tout la même chose
02:57que les emplois qui sont dans les usines de voitures thermiques.
03:00Donc il y a des transitions à effectuer qui ne sont pas faciles à faire en termes de formation.
03:05Il y a des transformations d'usines, peut-être des délocalisations qu'il faut accompagner,
03:09mais il faut essayer de maintenir le niveau d'emploi.
03:12C'est peut-être des usines avec moins d'ouvriers, peut-être moins de salariés,
03:16mais des compétences qui sont montées en gamme, des compétences qui sont un peu différentes.
03:22Ça nécessite vraiment une stratégie de formation, d'investissement et de transition.
03:26Mais ça commence quand même par un dégrénage, parce que Volkswagen, c'est 100 000 personnes quand même
03:30qui vont faire partie.
03:31Bien sûr, parce qu'en fait, les personnes qui travaillent dans ces usines ne font plus la même chose.
03:35Donc il y a probablement besoin de moins de personnes dans les usines
03:39parce qu'en plus, on les automatise énormément.
03:41Il n'y a plus le travail autour de la motorisation thermique.
03:45Ensuite, il y a aussi la fermeture d'usines directes parce qu'on a la concurrence chinoise.
03:51Donc c'est aussi beaucoup de coûts individuels et sociétaux
03:55parce que les personnes qui perdent ces emplois dans l'industrie manufacturière,
03:59en général, et dans l'industrie automobile, sont mieux payées
04:02que dans les emplois, dans les services qu'ils pourraient retrouver.
04:05Donc il y a un coût personnel individuel et aussi via l'assurance chômage
04:09et les prestations celles qui sont très importants.
04:12Donc c'est quelque chose qu'il faut à la fois limiter, anticiper, accompagner
04:16et il faut vraiment soutenir cette filière automobile.
04:19André Lozé-Pétri, c'est marrant parce que ce matin,
04:21Stella Lee, la patronne de BYD, disait sur l'antenne de BFM Business
04:24« Je veux que les Français considèrent que BYD est une marque française.
04:28Donc nous voulons produire en Europe et voir en France.
04:30Nous voulons qu'on nous aime. »
04:32C'est un discours d'amour qu'elle avait ce matin sur l'antenne.
04:35Oui, oui, alors je pense que le discours « Let's celebrate »,
04:40j'ai envie d'être optimiste, c'est « Let's celebrate la fin des illusions européennes ».
04:44Il y a un réveil quand même.
04:45Oui, enfin il y a un réveil et à nouveau il n'y a pas beaucoup d'actes.
04:48Enfin, les chiffres qui sont quand même frappants,
04:50j'ai regardé le nombre de marques qui est…
04:52Il y a 20 marques chinoises sur les 70 marques qui exposent.
04:55Donc c'est effectivement devenu un salon un peu chinois.
04:58Toyota n'est pas là.
05:01BMW, je crois, et Mini ont annulé.
05:03Ou je crois, Ferrari n'a pas de stand.
05:06Enfin bon, donc on est…
05:07La fin des illusions, c'est ça.
05:08La fin des illusions, c'est aussi le fait qu'on pensait
05:11que le marché chinois serait le grand relais de croissance.
05:13Ça a été l'illusion des constructeurs automobiles.
05:16Le marché chinois, il est en repli.
05:18Résultat, on a une explosion des exportations.
05:21Donc en fait, la Chine déverse ses surcapacités chez nous.
05:24Et la fin des illusions, c'est…
05:26Alors ça, ce n'est pas encore le cas.
05:28C'est de se dire quand est-ce qu'on va commencer à mettre en place
05:30la même chose que ce qu'ont fait les marques…
05:34Enfin, la Chine vis-à-vis des marques étrangères.
05:37C'est si Madame de BYD nous aime tant,
05:41donnez-nous 51% du capital, on fait des JV
05:44et l'essentiel de la valeur, elle doit rester européenne
05:47si vous voulez avoir accès au marché européen.
05:48C'est ça le courage politique qu'il faudrait avoir.
05:51Plus que le contenu européen,
05:54le fait de négocier des quotas,
05:55disons, vous voulez, c'est des JV et puis c'est tout.
05:57Je crois qu'il faut monétiser notre marché
06:01comme on devrait le faire avec les géants de la tech.
06:03Je veux dire, on va avoir du mal à évidemment les bloquer
06:06parce que d'abord, c'est des outils que nos concitoyens utilisent,
06:09c'est des voitures que nos concitoyens utilisent.
06:12Comme on n'est pas capable aujourd'hui de réduire les coûts
06:14comme le font les constructeurs chinois
06:16et qu'on doit quand même donner à nos concitoyens
06:18des voitures qui ne sont pas à 30 000, 40 000 euros,
06:22mais beaucoup moins chères.
06:22Il a deux fois moins de 15 000.
06:23C'est pour 2028.
06:24Il n'y a pas grand chose à l'intérieur.
06:26Bravo pour la Deux.
06:27Mais ils ont effectivement compris que les marchés de masse,
06:29il est là.
06:32Donc, il faut être un petit peu courageux.
06:34Alors, on voit bien que la Commission européenne,
06:36comme d'habitude, elle fait des grandes annonces,
06:38mais elle n'a pas beaucoup de courage.
06:39La plupart des gouvernements européens se disent
06:43« Bon, je préfère avoir quelques annonces à Choose France
06:45ou à Choose Allemagne d'investissement chinois
06:47pour reprendre telle ou telle usine. »
06:50Je pense que la stratégie, avec beaucoup de respect
06:53et beaucoup d'humilité, je pense que la stratégie de Stellantis
06:56d'ouvrir à des partenaires chinois ces usines,
07:00c'est le baiser de la mort.
07:01C'est-à-dire que je crois que la bourse, je crois à 30 % de chute...
07:05Le titre a perdu 85 % en deux ans, le titre Stellantis.
07:07On survit à court terme, mais on est mort sur le long terme.
07:12La vraie question, c'est comment...
07:13Un, le mot qu'on n'utilise pas beaucoup, c'est le mot « robotique ».
07:17C'est-à-dire aujourd'hui, véritablement, ce qui est potentiellement,
07:20et on voit certains constructeurs s'orienter là-dessus,
07:22ce qui est potentiellement le coup d'après et qui est assez proche,
07:25c'est l'émergence de la robotique, à la fois pour rendre des usines
07:28beaucoup plus compétitives, beaucoup plus agiles,
07:31capables de faire des cycles, capables de produire des automobiles,
07:34mais peut-être aussi des outils de défense.
07:35C'est ce qu'essaye de faire Renault, c'est ce qu'essaye de faire...
07:37Certains autres constructeurs allemands.
07:40Et la robotique, qui est un peu la nouvelle automobile,
07:42parce qu'il va y avoir besoin de matériaux, de semi-conducteurs,
07:45de capteurs, de batteries, etc.
07:47Et dernière chose, les batteries.
07:49Je veux dire, on a englouti au niveau européen depuis 2019,
07:52sur un projet d'intérêt commun, 7 milliards d'euros,
07:56mais sans donner des objectifs.
07:58Ce qu'il faut, c'est créer des batteries qui sont...
08:00Développer des chimies de batteries qui sont 2, 5, 10 fois meilleures
08:04que les meilleures batteries chinoises.
08:05Sinon, tous les systèmes autonomes, voitures autonomes, robots,
08:10vont devenir dépendants des batteries chinoises,
08:12ce qui est le cas aujourd'hui.
08:13Stéphanie, vous êtes aussi sévère vis-à-vis de la Commission européenne.
08:16Vous avez l'impression quand même qu'il y a eu une sorte de sursaut.
08:20Je me dis, quand l'Allemagne est derrière,
08:22et c'est de son intérêt de protéger son industrie automobile,
08:27il ne faut pas oublier que la présidente de la Commission européenne
08:30reste Ursula von der Leyen.
08:32Donc, ça ne m'étonnerait pas qu'il y ait quand même
08:37ces aides ou ces annonces pour supporter le marché automobile européen ou allemand.
08:44Parce que l'Allemagne a trop ouvert sur le plan automobile
08:46et qu'elle a changé quand même.
08:47Oui, elle a mis du temps, mais elle a cru que son modèle ne pouvait pas être détruit.
08:54Après, je pense que pour revenir sur ces nouvelles technologies
08:58qu'on n'a pas su appréhender,
09:00si on reprend l'analyse de Jean Tirole,
09:03il le dit très explicitement,
09:04ces dernières années, ce n'est pas qu'on n'a pas investi en recherche-développement,
09:09mais on a investi dans les secteurs traditionnels peu innovants
09:13et notamment dans le secteur automobile.
09:16Alors que les Chinois transformaient le secteur automobile
09:20comme une industrie technologique de pointe,
09:25nous, on est toujours restés sur des technologies intermédiaires
09:30et ce qui a fait qu'on a pris du retard par rapport aux Chinois.
09:33Et aujourd'hui, ce qui est assez drôle,
09:35c'est qu'on a déjà fait l'expérience de cette vassalisation
09:39par les GAFAM qui venaient des États-Unis.
09:43Aujourd'hui, on sait très bien ce qui nous pointe,
09:46c'est cette vassalisation du secteur automobile chinois
09:50parce qu'on n'aura pas assez investi dans ces technologies de rupture.
09:57Et là, pour ça, on sait très bien qu'il faudrait une coopération plus soutenue
10:02entre l'Allemagne et la France.
10:04Et voilà le péché mortel.
10:07On a fait une lettre en commun la semaine dernière.
10:09C'était déjà beaucoup quand même.
10:10Mais c'est pour ça qu'il faut célébrer la fin des illusions.
10:12Mais cette lettre, elle arrive dix ans trop tard.
10:15C'est comme avec les terres rares.
10:16C'est-à-dire, c'est depuis 2010 que la Chine utilise
10:19le raffinage des terres rares comme un outil.
10:21On commence à découvrir le sujet des aimants permanents.
10:24Le ministre de l'Économie en a parlé la première fois.
10:26Ou le Premier ministre, le premier qui en parlait, c'était Barnier.
10:29Alors Stéphanie Finissier.
10:30Moi, je pense que l'idée, c'est de faire comme le modèle chinois.
10:36C'est-à-dire savoir fermer ses frontières pour protéger ces industries de demain.
10:42La première chose qu'il faut arrêter de faire dans l'Union européenne,
10:44c'est croire à ce fameux libre-échange.
10:47Mais Stéphane Carcillo, vous avez l'impression, vous,
10:49qu'on a dix ans de retard sur la prise de conscience
10:51du fait qu'on est en train de détruire nos emplois,
10:54que l'Europe de la toute consommation,
10:56on ouvre le libre-échange pour pouvoir permettre aux consommateurs
10:59d'avoir accès à tout ce qu'il veut.
11:01On s'est trompé sur l'objectif court terme, long terme ?
11:05Le point de départ qui consiste à dire que
11:07la concurrence internationale et le libre-échange,
11:10c'est quelque chose qui peut être favorable au final
11:14à notre développement économique et notre productivité.
11:19Ça, c'est un élément fondamental de la stratégie.
11:21Il reste vrai.
11:22Le problème, c'est le rythme.
11:24On sait aujourd'hui que les entreprises deviennent plus compétitives
11:28lorsqu'elles sont exposées à des concurrents internationaux
11:31qui sont eux-mêmes très compétitifs.
11:33Donc, la compétition est finalement un aiguillon
11:36qui va pousser à innover.
11:38Ça, c'est très, très démontré.
11:39Et ça permet toujours de baisser les prix, quand même.
11:41Et ça permet de baisser les prix,
11:42mais ça booste, en fait, les entreprises
11:45qui sont concurrencées localement.
11:48Ça les oblige à monter en innovation,
11:52à se mettre à niveau.
11:53Et donc, en fait, ça fait monter la productivité.
11:55Donc, ça, c'est bien établi.
11:57C'est le modèle de Mélitz en concurrence internationale.
11:59C'est bien établi dans les données.
12:01On le voit très clairement.
12:02Le problème, ce n'est pas ça.
12:03Le problème, c'est le rythme.
12:05C'est-à-dire que si on se fait totalement inonder d'un coup
12:07parce qu'on n'a aucune stratégie de, finalement,
12:11de phasage de cette concurrence
12:14par des concurrents qui n'ont pas exactement
12:16les mêmes règles du jeu que nous,
12:18c'est aussi ça le problème.
12:19À ce moment-là, c'est pas qu'on va progresser en productivité.
12:23C'est qu'on va disparaître complètement.
12:25Il faut laisser le temps à nos acteurs, à nous,
12:28de se mettre à niveau, d'innover comme il faut, etc.
12:31Donc, il faut d'abord se protéger.
12:33Donc, il faut avoir un minimum de protection
12:35sans totalement fermer les frontières.
12:37Mais il faut avoir un minimum de protection
12:39pour laisser à nos acteurs le temps
12:41de se mettre à niveau en termes de technologie.
12:44Mais est-ce que c'est trop tard ?
12:46Non, je ne pense pas qu'il soit trop tard.
12:49Je pense simplement qu'il faut que la stratégie
12:52en matière commerciale soit adaptée
12:55au rythme de la capacité de nos industriels
12:59à investir dans la robotisation
13:02et les technologies de demain
13:04pour faire des automobiles,
13:05ce qu'elles sauront,
13:06c'est-à-dire, finalement, des robots,
13:08très probablement.
13:09Sauf où, oui.
13:10Parce qu'en fait, il faut réussir à trouver
13:12la bonne formule entre le libre-échange
13:15débridé en Nouvelle-Frontière
13:16et puis, on protège notre innovation
13:19tout en, quand même,
13:20ne se fâchant pas avec nos partenaires commerciaux.
13:22C'est tenu comme niveau de point à trouver.
13:26Déjà, il faut comprendre
13:27quels sont nos atouts.
13:29Et pendant longtemps, en fait,
13:30on n'a pas considéré le marché intérieur européen
13:33comme un atout et quelque chose qui se monnaie.
13:35On l'a considéré comme ouvert
13:37alors que c'est quelque chose
13:38qui est extrêmement intéressant pour nos partenaires.
13:40Que ce soit le marché de la défense
13:43ou les achats d'armement
13:44pour les industriels américains,
13:46que ce soit pour les industriels chinois
13:49ou, à l'époque,
13:50les industriels des télécoms chinois,
13:52le marché européen intérieur.
13:53Donc ça, il faut le savoir.
13:54Deuxième chose,
13:55Jean Tirole a été d'ailleurs assez mal compris
13:56parce que quand il a eu cette phrase
13:58il y a quelques semaines
13:59en disant qu'il ne faut pas du tout
14:01aller sur les innovations incrémentales
14:03mais à tout mettre sur la rupture,
14:06la rupture permet aujourd'hui de plus en plus
14:09les marges s'accumulent sur ceux
14:10pas qui investissent forcément le plus
14:12mais ceux qui sont les premiers sur une technologie
14:14qui ont cette capacité de rebattre les cartes.
14:16Rappelez-vous les Chinois,
14:17ils ont en fait échoué sur le marché
14:20du véhicule thermique
14:21et ils ont de manière très consistante
14:23depuis maintenant 10 ans
14:25investi massivement sur le coût d'après
14:26qui est l'électrique.
14:28Donc, point numéro 1,
14:30il nous faut d'abord de la stratégie
14:31avant de...
14:32Je pense qu'on parle beaucoup trop
14:34de règles commerciales.
14:35D'abord, il faut une stratégie.
14:36Où est-ce qu'on veut aller ?
14:37Ensuite, il faut le décliner.
14:39C'est-à-dire que tous les sujets
14:40ne sont pas équivalents.
14:41Le sujet du stockage et des batteries
14:42est essentiel
14:43parce que c'est aujourd'hui
14:44à peu près un tiers de la valeur,
14:46un tiers de la taille d'une voiture
14:49et peut-être même un peu plus du poids.
14:51Et c'est devenu un élément essentiel de sécurité.
14:54Aujourd'hui, le problème majeur
14:55des usines de batteries
14:56qu'on a dans le nord de la France,
14:57c'est qu'en fait,
14:57elles ne sont pas encore au niveau
14:59de charge, de sécurité
15:01que les grands acteurs chinois
15:02qui sont en train aujourd'hui...
15:03Mais c'est plus simple
15:03quand vous êtes chinois
15:04et que vous imposez à l'ensemble
15:05d'une ville ou d'une filière.
15:07Vous, maintenant,
15:08vous utilisez l'IA et point.
15:09Vous, telle ville,
15:10le thermique, c'est interdit.
15:11C'est plus facile
15:12quand vous êtes un régime autoritaire
15:14pour imposer les choses.
15:16Du coup, vous avez une stratégie, Stéphanie.
15:17Oui, il faut peut-être une stratégie,
15:18mais il l'a faut au niveau européen
15:21pour faire face
15:21à ce type de concurrence.
15:24Donc, en fait, moi,
15:25je pense que tant qu'on ne sera pas
15:27passé à l'étape
15:29à l'échelle européenne,
15:30il ne se passera rien.
15:32En réalité, on fera des petites...
15:34Peut-être qu'on se mettra
15:35à la repotisation de nos usines,
15:37mais est-ce que, pour autant,
15:39on va être concurrents
15:40par rapport à une Chine
15:41qui va continuer d'avancer,
15:43qui va continuer de progresser,
15:44qui met des milliards
15:45dans sa recherche et développement ?
15:46Là aussi, il faut être capable
15:48de passer à l'échelle
15:50en termes d'innovation.
15:53Et là, aujourd'hui,
15:54en tout cas,
15:55les signaux qui sont adressés
15:57sont des signaux encore
15:58de l'époque d'avant
16:00où l'Union européenne rêve
16:02qu'effectivement,
16:03par quelques restrictions
16:04de réglementation
16:05ou quelques quotas,
16:08les automobilistes européens
16:09vont pouvoir faire face
16:10à cette concurrence.
16:11Moi, je ne pense pas...
16:12Je pense qu'on n'est pas du tout...
16:14dans 10 ans,
16:14on n'a plus de constructeurs européens ?
16:16S'il n'y a pas ce réveil
16:17de bon sens, en fait,
16:19c'est juste ça.
16:20C'est-à-dire qu'après,
16:21c'est pas comme si
16:22on n'avait pas d'expérience
16:23par rapport à ce qui s'était passé.
16:25On s'est quand même,
16:25globalement,
16:27fait vassaliser
16:28dans pas mal de domaines industriels.
16:30Donc, voilà,
16:31il suffit juste de récupérer
16:32l'expérience qui est passée
16:34et puis aussi se dire
16:35que c'est quand même dommage
16:36d'avoir ces industries
16:39qui risquent de mourir
16:40avec autant de talent,
16:41en réalité,
16:42parce qu'on continue à fournir
16:43et à former
16:45des ingénieurs de haut niveau
16:47qui sont aspirés
16:49non plus maintenant
16:50par les États-Unis,
16:52mais maintenant,
16:52c'est la Chine
16:53qui leur fait les yeux doux.
16:55Il suffit de regarder
16:56le nombre d'étudiants
16:57en école d'ingé
16:59qui vont faire
17:00des stages
17:01ou des cursus
17:02universitaires en Chine,
17:04ce qui n'était absolument
17:05pas le cas
17:05il y a encore 10 ans.
17:06Stéphane Garcilot ?
17:07Je connais assez mal
17:08la filière,
17:08mais moi,
17:09il me semble qu'en Chine,
17:10ce qui est un petit peu
17:12innovant,
17:12c'est la manière
17:13de faire émerger
17:14ces technologies
17:15en investissant,
17:16en tous les cas,
17:17dans une myriade
17:18de marques
17:20qui sont toutes
17:21en concurrence
17:22et finalement,
17:22en ne retenant
17:23que les plus innovantes
17:26en sélection.
17:27Parce que nous,
17:27on en connaît 20
17:28des marques automobiles,
17:29mais il y en a
17:29une centaine.
17:30C'est ça,
17:30et ce modèle-là,
17:32c'est un peu
17:32le modèle
17:32d'une concurrence
17:35pour l'innovation
17:36où finalement,
17:37on va laisser
17:38le marché décider
17:39tout en investissant
17:40partout,
17:40alors que chez nous,
17:41qu'est-ce qu'on a
17:42en Europe ?
17:42On a un oligopole
17:43de marques.
17:44On a des très gros
17:45acteurs
17:46qui sont très implantés
17:48et dans lesquels
17:49il n'y a pas
17:49cette émulation
17:51au niveau européen
17:53pour...
17:53Il n'y a pas
17:53ces subventions.
17:55Et il n'y a pas
17:57non plus ce niveau
17:57de subvention
17:58exactement
17:58pour faire émerger
18:01les innovations
18:02de demain.
18:03Donc en fait,
18:03il me semble
18:03qu'on est sur
18:04des modèles
18:04très différents
18:05et que ce modèle
18:07traditionnel européen
18:09oligopolistique
18:10avec quelques
18:11très gros acteurs
18:12historiques
18:14finalement,
18:15ne tient pas la route
18:16par rapport
18:16au modèle
18:18darwiniste
18:18chinois
18:19qui est absolument
18:21redoutable
18:21et très subventionné.
18:22Oui, mais pardon,
18:23c'est quand même...
18:24Pardon, mais c'est pas nouveau.
18:25C'est exactement
18:26ce qui s'est passé
18:27dans les télécoms.
18:28C'est-à-dire
18:29concurrence à mort
18:30sur le marché chinois,
18:32ZTE, Huawei
18:33et d'autres acteurs.
18:34Il y en a un
18:35qui émerge, Huawei,
18:36qui devient ensuite
18:37le champion
18:37et qui déverse
18:39à la fois
18:41ses surcapacités
18:42mais aussi le fait
18:43que grâce au marché
18:44intérieur chinois
18:44massif,
18:46il est devenu
18:46ultra compétitif
18:47parce qu'il a
18:48un marché continental.
18:49Donc,
18:50sur le sujet automobile,
18:52on aurait...
18:53Vous dites
18:54qu'on ne peut pas
18:54le faire
18:54dans un régime autoritaire.
18:55Moi, je suis très attaché
18:56au fait que...
18:57Dans un régime non autoritaire.
18:59On y arrive également
19:00dans un régime démocratique.
19:01Mais pardon,
19:02quand la Commission européenne
19:03de manière
19:05totalement incompétente
19:06parce que tous
19:06les automobilistes
19:07leur disaient
19:09imposer 2035
19:11pour avoir...
19:12pour ne plus vendre
19:12des véhicules thermiques,
19:13si ça,
19:14c'est pas une décision
19:16autoritaire,
19:16top-down
19:17et surtout
19:18qui n'était pas...
19:19Et c'est là
19:19où on a besoin
19:20de beaucoup plus
19:20d'ingénieurs
19:21et de compétences
19:22au cœur de l'État.
19:23Aujourd'hui,
19:23on a beaucoup...
19:24L'idéologie,
19:25en fait,
19:25paradoxalement,
19:27elle n'est pas à Pékin.
19:29Elle est à Bruxelles.
19:30Elle était à Bruxelles.
19:31Aujourd'hui,
19:31je pense qu'il ne faut pas
19:32tout jeter
19:33sur la Commission européenne
19:34parce qu'aujourd'hui...
19:35Déjà parce que les constructeurs
19:36ont déjà bien avancé
19:37sur la question.
19:37Je crois qu'ils ont bien avancé.
19:39Ensuite,
19:39maintenant,
19:40il faut créer
19:40un marché unique.
19:41Là, je rejoins Madame.
19:42C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
19:43on parle en permanence
19:45M. Macron,
19:46M. Mertz
19:46et tout le monde
19:47parle du marché unique européen.
19:49Arrêtons l'illusion.
19:50Aujourd'hui,
19:50il n'y a pas de marché unique.
19:52C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
19:52dans la plupart
19:53des marchés de croissance,
19:54futur,
19:55l'énergie,
19:56la cyber,
19:57l'IA,
19:58nous, on soutient Mistral.
20:00Les Allemands soutiennent
20:01leurs champions.
20:01Ça commence par là.
20:02Donc, il y a un petit peu
20:03de courage.
20:03En fait,
20:03ce qui est mal partagé
20:05aujourd'hui,
20:05c'est une certaine forme
20:06de vista.
20:08C'est-à-dire,
20:08si on sait vers où on va...
20:09Et depuis Airbus,
20:10on n'a pas réussi
20:11à retravailler ensemble,
20:12en fait.
20:12Oui, oui.
20:13Et même Airbus,
20:14pour avoir commencé ma carrière,
20:16il faut faire attention
20:17à ne pas penser
20:18que c'est un modèle reproductif
20:19parce qu'il y a eu
20:20beaucoup de chance.
20:21Ça a été aussi basé
20:21sur quelques personnalités
20:24bavaroises, françaises
20:25qui ont imposé le modèle.
20:26On a fait ce qu'on appelle
20:27des corps compétences
20:29avant que ça soit...
20:30Tout le monde s'est spécialisé,
20:31les Anglais sur les ailes.
20:32Et ça,
20:32on ne peut pas le refaire ?
20:33Si,
20:34on peut le refaire,
20:35mais il faut viser
20:36les paris.
20:37Aujourd'hui,
20:37on est dans un monde
20:38de paris calculés.
20:40Ça rejoint la big tech.
20:41C'est-à-dire,
20:41aujourd'hui,
20:42les géants de la tech,
20:43ils font des paris calculés.
20:44Musk fait un pari
20:45sur la fusée réutilisable.
20:48Les géants de la tech
20:49font le pari,
20:50aujourd'hui,
20:50des modèles frontières.
20:51Mais nous,
20:51on n'arrive pas
20:52à faire un choix
20:53technologique
20:53en prenant un risque fort.
20:55Oui,
20:56on revient toujours
20:57à notre problématique
20:59d'acceptabilité
21:02de la perte
21:03en termes de capital.
21:05À partir du moment
21:06où on investit
21:07des milliards,
21:09on a tendance
21:10à vouloir récupérer
21:11tout de suite
21:12un retour sur investissement.
21:14On veut se garantir,
21:15s'assurer.
21:16C'est quand même
21:16notre mentalité européenne.
21:19On a même des clauses.
21:19C'est quand ça que ça marchait
21:20dans l'armement Airbus,
21:22non ?
21:22Regardez le débat
21:23sur le budget européen,
21:25c'est combien on donne
21:26et combien on récupère.
21:29Au moins,
21:30ce qui est bien,
21:30c'est qu'au sein de l'Europe,
21:31on partage la même mentalité
21:34averse aux risques.
21:36Non, mais il y a peut-être
21:37des...
21:37Au moins,
21:38on part de zéro.
21:39Et je pense que
21:40Airbus,
21:41la clé de sa réussite,
21:43c'est que ça a débuté
21:45de rien,
21:46en fait,
21:46d'une page blanche.
21:47Il suffisait.
21:47Et aujourd'hui,
21:48c'est peut-être ça le problème,
21:49c'est construire l'automobile,
21:50mais l'automobile existe
21:51en Allemagne,
21:52en France.
21:53Faire une seule feuille de route,
21:55c'est compliqué.
21:56Il faudrait mieux partir
21:57d'un secteur from scratch ?
21:58Oui,
21:58et la défense,
21:59c'est aussi ça.
21:59Nous,
21:59la défense,
22:00on est quand même bien avancé
22:03par rapport à l'Allemagne.
22:03Donc,
22:04c'est compliqué de faire
22:04des transferts de technologie
22:05quand nous,
22:06on a investi des milliards
22:07alors qu'on fait cette économie
22:09pendant des décennies.
22:11Stéphane,
22:11on est incapable
22:11de travailler ensemble,
22:12en fait,
22:13entre Européens.
22:14On est trop loin,
22:15on a trop d'égo industriel ?
22:18Je pense qu'il y a des intérêts
22:21qui sont un peu divergents
22:22entre les pays,
22:23il faut quand même le reconnaître,
22:23on le voit tous les jours.
22:24Donc,
22:25il y a des intérêts stratégiques
22:26qui sont divergents
22:26et ce n'est pas facile
22:28sans leadership politique
22:29de faire sauter les barrières.
22:31Donc,
22:32défense d'un côté,
22:33automobile de l'autre,
22:34dans l'industrie manufacturière,
22:36ça me semble très clair,
22:37c'est un challenge.
22:38Je suis tout à fait d'accord
22:39avec ce qui a été dit.
22:40Je pense qu'il faut clairement
22:43qu'il y ait des impulsions
22:44qui soient données
22:46au niveau européen
22:48par des budgets spécifiques,
22:50risqués,
22:51dans lesquels on accepte
22:52effectivement d'avoir des pertes.
22:54C'est-à-dire qu'on va donner
22:57des subventions,
22:59on va soutenir
23:01certaines innovations
23:02ou certaines entreprises
23:04dont on sait
23:05qu'on peut tout à fait
23:06totalement perdre la mise,
23:08mais qu'il va y avoir
23:09certains champions.
23:10Et surtout,
23:11il faut accepter
23:11que certains champions
23:12émergent dans un pays
23:13et pas dans un autre.
23:14C'est ça,
23:14avec de l'avantage comparatif
23:15par pays à la Ricardo
23:16où il y en a un
23:17qui fait la tech
23:18et le contrôle automobile.
23:18Donc le problème,
23:18c'est qu'on va subventionner
23:20et ça va émerger
23:20dans un pays
23:21et pas dans l'autre.
23:21Et donc la France
23:23ou l'Espagne
23:24va avoir contribué
23:26à une partie
23:26de sa contribution européenne
23:28pour faire émerger
23:28un acteur
23:29qui peut-être
23:30ne sera pas
23:31en France
23:32ou en Espagne.
23:34Mais pour ça,
23:34il faut que ça puisse
23:35bénéficier à la France
23:36et à l'Espagne
23:37en termes d'emploi
23:37et pour ça,
23:38il faut qu'il y ait
23:39un marché
23:39qui soit vraiment unifié.
23:40Avec la clause de...
23:42Comment ça s'appelle
23:43la clause européenne
23:44où vous récupérez,
23:44vous avez mis tant de milliards ?
23:46Le géo-return,
23:46le retour géographique.
23:47Le retour géographique.
23:48Ça, c'est quand même
23:49un sujet.
23:50Oui, mais regardez l'exemple.
23:51Je vais prendre un exemple
23:52qui n'est pas dans l'automobile.
23:53Sur le spatial,
23:54les Allemands ont réussi...
23:55Alors, Musk a envoyé
23:5654 tonnes en orbite
23:58il y a deux semaines.
23:58Mais les Allemands ont réussi
23:59pour la première fois
24:00à avoir un opérateur privé
24:01qui envoie une tonne en orbite.
24:02C'était Isara Aerospace
24:04il y a un mois et demi.
24:06Normalement,
24:06ça devrait aboutir
24:07à une conséquence
24:08c'est de réduire
24:09le nombre d'acteurs
24:10en France, en Allemagne
24:11et dans les autres pays
24:12qui sont dans la course.
24:13C'est-à-dire reconcentrés.
24:14Au début, il faut
24:15effectivement avoir
24:16plein d'acteurs.
24:17On a la 7-8 en France.
24:17Nous, on a tout notre
24:18New Space là qui attend.
24:19Oui.
24:19Eh bien, on n'a fait aucune...
24:21On n'a pris aucune conséquence.
24:23Est-ce qu'on a coupé des budgets ?
24:24Et c'est là où des acteurs
24:25comme France 2030
24:26sont une incohérence complète.
24:28C'est-à-dire,
24:29ils savent saupoudrer
24:29France 2030.
24:30Ça devait être
24:31quelques paris calculés.
24:33Quand le président
24:33de la République
24:34l'a lancé
24:38Il y a deux parties
24:39dans France 2030.
24:40Il y a une partie qui marche,
24:41je crois,
24:41et une partie qui ne marche pas.
24:41Et aujourd'hui,
24:437500 projets.
24:44Quand vous avez 7500 projets,
24:46c'est comme les programmes
24:46Horizon Europe.
24:47Aujourd'hui, on va parler
24:48du budget européen.
24:49Le seul débat sur
24:50est-ce qu'il faut mettre
24:51plus ou moins ?
24:52Vous vous rendez compte
24:52qu'aujourd'hui,
24:53on continue à mettre
24:54énormément d'argent
24:55dans la R&D,
24:55mais c'est 37 000
24:57projets européens.
24:58On est incapable
24:59de faire un choix
25:00à cause de l'absence
25:01de courage politique
25:02et à cause surtout...
25:03Mais on fait du social,
25:04non, en fait ?
25:04Non, on ne fait pas du social.
25:05En tout cas,
25:05je crois qu'en fait,
25:06on ne fait pas assez
25:08d'efforts d'anticipation.
25:10Quand vous voyez,
25:11effectivement,
25:11la force des régimes autoritaires,
25:13c'est qu'ils ont cette capacité
25:13à se projeter.
25:15La force des géants de la tech,
25:17c'est que souvent,
25:18c'est des entreprises
25:18qui restent encore contrôlées.
25:20Zuckerberg n'a que 6%
25:21des actions,
25:22mais je crois qu'il a
25:2340% des droits de vote.
25:24Même chose pour Google.
25:26Et donc, il décide...
25:26Voilà.
25:27En tout cas,
25:27il peut impulser,
25:28mais dans des régimes démocratiques,
25:30on l'a vu.
25:30Il a accepté de se monter.
25:31Kennedy, en 1962,
25:32quand il lance son fameux moonshot,
25:34dont nous, on s'inspire,
25:36il dit,
25:36on veut mettre une personne
25:38sur la Lune
25:38d'ici la fin de la décennie.
25:39Il n'avait aucune idée.
25:41Ça a été entre 4 et 5%
25:42du PIB américain.
25:44Et c'est aujourd'hui
25:44ces innovations
25:45qui encore font la force
25:48des États-Unis,
25:49les supercalculateurs,
25:50les matériaux, etc.
25:51C'est ce genre de pari calculé,
25:53pas des visions
25:54qui viennent de nulle part.
25:55Et aujourd'hui,
25:55le stockage en est un,
25:56la robotique en est un,
25:58l'espace en est un.
26:00Moi, je pense que quand même,
26:02l'Union européenne
26:02est capable d'agir
26:03face à un seul phénomène,
26:05c'est dans l'ultra-urgence.
26:07Par exemple,
26:07ça a été le cas
26:08pour la mise en place
26:09de EU Next Generation.
26:10On a mis 750 milliards.
26:12Et en plus,
26:13on a fait des paris.
26:13Ils ont fait des paris
26:14puisqu'ils ont donné
26:15200 milliards à l'Italie.
26:18Donc,
26:18les autres auraient pu
26:19effectivement se dire
26:21que c'était totalement injuste.
26:23Donc,
26:23on a accepté le fait
26:25de soutenir l'Italie
26:26parce qu'on se disait
26:27que l'Italie,
26:28notamment avec cette vaste,
26:31vaste mouvement
26:32d'immigration,
26:34il fallait quand même
26:35être là,
26:36présent,
26:36parce qu'on les avait
26:36un peu abandonnés.
26:37Je parle de l'Union européenne.
26:39Donc,
26:40pour éviter le pire
26:41et le chaos
26:42en Italie
26:43parce qu'il y avait
26:43ces problématiques
26:44de croissance,
26:45on s'est dit
26:45qu'il va falloir soutenir
26:48ce pays.
26:49On voit que d'ailleurs,
26:49Jean-Germain Méloni
26:50en profite clairement.
26:52Donc,
26:52on est capable,
26:53il y a une seule phase
26:54où l'Europe
26:55est capable de décider,
26:56c'est s'il y a
26:57un État membre
26:58qui frise
27:00une situation
27:01chaotique.
27:02C'est une très bonne nouvelle
27:03pour nous.
27:04Donc,
27:05on est proche du chaos,
27:06on va avoir un chef
27:06de l'Union européenne.
27:08En tout cas,
27:09si on est dans
27:09une situation délétère
27:11et qu'on a
27:12quand même
27:14un savoir-faire
27:15et des vrais talents,
27:16mais on n'a pas
27:17les moyens,
27:18on n'a pas la structure,
27:19on peut espérer
27:19que l'Union européenne
27:21soit obligée
27:22de nous aider,
27:23en tout cas.
27:23Bon,
27:24une bonne nouvelle.
27:24On s'arrête là-dessus,
27:25on revient dans un instant.
27:26Ne bougez pas.