- il y a 2 mois
Aujourd'hui, c'est au tour de Jérôme Guedj, candidat à la primaire du PS, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:05Avec Jérôme Guetsch, candidat à la primaire du PS et auteur du livre La République, c'est nous.
00:10Pour en finir avec l'indignité, c'est aux éditions de l'Observatoire. Bonjour.
00:14Jérôme Guetsch, pourquoi vous plutôt que Glucksmann ?
00:17Ce sont les participants à cette primaire qui est ouverte, qui détermineront.
00:21On a nos tempéraments, on a nos styles, on a nos expériences, on a des convergences évidentes avec Raphaël.
00:27Mais on a surtout envie que le candidat qui va être issu de cette primaire, il ait l'énergie et
00:33la force suffisantes justement pour incarner l'alternative.
00:35Donnez-moi un élément qui vous différencie de Glucksmann.
00:39Mais vous connaissez la totalité des propositions des uns et des autres dans les enjeux qui sont mis sur la
00:45table.
00:45Moi, je suis un élu local qui vient de la banlieue, qui vient de Massy, qui vient de l'Essonne.
00:50Je considère que la question sociale, la question du pouvoir d'achat, du soutien aux services publics,
00:54la crédibilité dans la construction de compromis, je l'ai prouvé dans la période précédente,
00:59et puis l'intransigeance sur la question des valeurs.
01:02Bon, encore une fois, vous savez quoi ?
01:03Si votre question est de savoir est-ce qu'on va se mettre sur la figure, ce n'est pas
01:05l'objectif.
01:06Non, mais ce n'est pas ça.
01:07C'est que quand il y a une élection à plusieurs candidats, on essaie de voir qu'est-ce qui
01:09les différencie.
01:10Oui, mais on va...
01:10Alors, c'est dans le même temps, parfois, il y a peu de choses.
01:13Mais c'est à la fois la magie et aussi l'enjeu...
01:18Vous êtes plus à gauche que lui, par exemple ?
01:19De ces primaires.
01:20Je ne vais pas donner des bons points et des mauvais points.
01:23On est dans un moment où les gens, les Français, sont intelligents.
01:26Et je le redis, c'est un message important, parce que parfois, l'information n'a pas bien circulé.
01:30Ce n'est pas une primaire fermée.
01:31Tout le monde peut venir y participer.
01:32Il n'y a pas besoin.
01:32Il faut payer 15 euros, quand même.
01:33Je suis absolument d'accord.
01:35On aurait pu...
01:36Non, mais c'est l'adhésion à un processus, à une démarche, à un soutien.
01:42C'est 10 euros ou 15 euros.
01:44Donc, les gens peuvent signer une déclaration sur le site internet pour dire
01:47« Moi, je ne peux donner que 10 euros et je donne 10 euros ».
01:50Sincèrement, vous savez, adhérer à un parti politique, ça coûte beaucoup plus cher.
01:54Là, c'est moins cher que l'adhésion à un parti politique.
01:56Et c'est permettre aux gens d'avoir un choix essentiel.
02:00Et encore une fois, c'est un choix sur l'orientation, sur le tempérament
02:03et sur les propositions.
02:04Et moi, je souhaite que cette primaire, il y ait des centaines de milliers de gens
02:06qui viennent voter pour que je la gagne.
02:08Vous, vous êtes candidat pour gagner ou pour peser ?
02:10Ah non, moi, je suis candidat...
02:11Enfin, par principe, quand je suis candidat à une élection,
02:13c'est que j'estime que les convictions que je mets sur la table depuis des années,
02:17ce que je suis, il y a des gens qui m'aiment, il y a des gens qui ne m
02:19'aiment pas.
02:20Mais en tous les cas, personne ne me conteste la sincérité de ma démarche.
02:23Moi, je suis radicalement de gauche, je le revendique.
02:26Mais je suis intransigeant sur la laïcité, l'universalisme républicain.
02:30Je pense que les questions régaliennes à gauche,
02:33il faut qu'on les traite au niveau des attentes de nos concitoyens,
02:35c'est-à-dire les sujets sur la sécurité, sur l'autorité,
02:39les questions de défense, évidemment, quand on prétend être président de la République.
02:41Il faut mesurer la conflictualité.
02:44Il y a quelques semaines, je suis allé en Estonie voir nos forces de l'opération Lynx
02:48à Tapa, juste à la frontière avec la Russie.
02:51On a 700 soldats français qui se préparent, d'une manière ou d'une autre,
02:55dans les mois qui viennent, à une intervention hybride de la part des Russes
02:59qui va venir tester sur le territoire européen
03:01la résistance et la cohésion des Européens.
03:03Donc sur tous ces sujets, j'estime avoir la légitimité.
03:07Et encore une fois, vous pouvez dire que c'est présomptueux.
03:09Moi, je pense que cette gauche républicaine,
03:12alternative à, d'un côté, la déliquescence du macronisme,
03:15de l'autre côté, la radicalité impuissante de la France insoumise,
03:20elle a un espace politique,
03:21et je veux qu'on le joue sincèrement, collectivement,
03:23pour avoir le meilleur candidat.
03:24Et je pense à celui-là.
03:25– Je suis radicalement de gauche.
03:27Vous pouvez dire, par exemple, que les milliardaires sont nuisibles ?
03:29– Je pense que ça ne sert à rien de dire que les milliardaires sont nuisibles.
03:33Je pense que ça ne sert à rien, j'entendais ce que disait Sandrine Rousseau
03:35sur les chasseurs, je pense que ça ne sert à rien de conflictualiser dans la société.
03:41Je veux dire, le prochain président, franchement, vu l'ambiance,
03:43il a besoin de rassembler, il a besoin de protéger,
03:45et il a besoin, très clairement, de réparer tout ce qui a été cassé.
03:51– Donc on a besoin des milliardaires ?
03:52– Moi, vous savez, je l'ai déjà dit,
03:54et sur les réseaux sociaux, les insoumis me sont tombés dessus,
03:57moi, je n'ai pas de problème avec les milliardaires.
03:58J'ai un problème avec des milliardaires qui ne contribuent pas
04:01au même niveau que l'ensemble des Français.
04:04J'ai un problème avec les grandes multinationales
04:06qui payent moins d'impôts que…
04:08Starbucks, qui vend un café, paye moins d'impôts en France,
04:12sur les bénéfices, que le Bartaba PMU,
04:14qui va vendre un café dans la rue d'en face.
04:17Moi, j'ai un problème avec la justice fiscale,
04:19avec la justice sociale.
04:20Donc moi, ça ne me dérange pas qu'il y ait des gens qui réussissent,
04:24mais il faut, parce qu'ils l'ont fait sur le territoire national,
04:26qu'ils ont profité de la qualité de notre pays,
04:29de son service public, de son éducation, de sa formation,
04:32de la sécurité sociale, des travailleurs,
04:35qu'il faut qu'ils participent à la juste proportion au financement.
04:39Et c'est ça, les Français, ils ne sont pas pour niveler tout par le bas,
04:42ils sont juste pour qu'il y ait de la justice.
04:44– Antoine ?
04:44– Sur les outrances de LFI qu'on évoquait rapidement,
04:48vous dites dans votre livre que LFI est finalement le meilleur allié du RN,
04:51c'est assez intéressant, à force d'aller tellement loin,
04:54ils vont faciliter l'accès au pouvoir du RN.
04:57– Ça me semble transparent, vous avez vu les derniers sondages,
04:59il y a un paradoxe entre le premier tour et le deuxième tour,
05:03donc on fixe un électorat très radicalisé au premier tour,
05:07et puis au deuxième tour c'est le plus mauvais candidat face à Marine Le Pen,
05:11et parce que je continue à dire qu'il faut s'adresser à l'ensemble des Français,
05:14mais pour apporter des solutions concrètes.
05:17Encore une fois, moi ça fait des années que je travaille sur ces questions de santé,
05:19de vulnérabilité, sur la manière de produire plus.
05:22J'ai passé la journée hier avec les entrepreneurs,
05:24c'est pas un endroit au rassemblement du MEDEF,
05:27c'est pas un endroit spontané où des socialistes vont,
05:30mais parce que j'avais des messages à faire passer,
05:32j'avais à leur dire, on a besoin de vous.
05:34Moi je suis pour l'alliance des productifs,
05:36je suis pour l'alliance du créateur d'entreprises,
05:38de l'entrepreneur, du salarié,
05:40du chercheur, de l'inventeur, de celui qui dépose un brevet,
05:43parce que c'est eux qui font la force de ce pays,
05:45et ça va de l'artisan, du commerçant,
05:47à la grande entreprise qui investit dans le pays,
05:49par contre, là où j'ai un problème,
05:51c'est celui qui vit de la rente, de la spéculation,
05:53et ça, en effet, c'est pas à la hauteur des enjeux de redistribution de notre pays.
05:57– Je ne comprends pas pourquoi vous dites que ce ne serait pas la place naturelle,
06:01d'un socialiste.
06:02Alors dans votre livre, vous êtes socialiste,
06:06à l'ancienne, j'ai envie de dire,
06:08mon papa était socialiste, c'était un militant socialiste,
06:10donc j'ai un peu grandi.
06:11– Je me rappelle, vous me l'aviez dit la dernière fois.
06:13– Exactement, j'ai un peu grandi dans l'univers socialiste,
06:15et il y avait cette valeur travail qui était très présente,
06:17et dans votre livre, on la retrouve,
06:19et je ne comprends pas pourquoi vous ne seriez pas à votre place
06:22auprès des chefs d'entreprise,
06:23parce que la valeur travail, elle n'est pas que les salariés.
06:26– Vous avez parfaitement raison, je dis que certains nous disent,
06:28parfois, c'est pas…
06:28– Voilà, elle est aussi chez les entreprises,
06:30donc non, vous êtes…
06:31– C'est pour ça que je défends l'alliance des productifs,
06:33vous avez raison.
06:34– Je pense qu'il faut arrêter de s'exclure,
06:35moi maintenant je suis entrepreneur,
06:37je sais ça, ça arrive pendant longtemps,
06:38et je suis entrepreneur depuis quelques années,
06:39je pense qu'il faut arrêter à gauche,
06:41en tout cas chez les socialistes,
06:42de s'exclure du monde du travail.
06:44Vous avez abandonné,
06:46abandonné le discours sur le travail,
06:48je ne sais pas pourquoi,
06:49je ne sais pas ce qu'il vous a pris,
06:50parce que l'ensemble,
06:51la majorité des Français sont des travailleurs,
06:53quels qu'ils soient,
06:54gros, petits, peu importe,
06:55et vous avez déserté,
06:57je ne sais pas ce qui s'est passé,
06:58moi j'aimerais que vous m'expliquiez
07:00comment ça se fait que vous avez déserté à ce point
07:03le travail qui rassemble,
07:05en tout cas c'est le point commun
07:06de quasiment tous les Français.
07:08– Vous avez permis de s'élever socialement ?
07:10– Complètement.
07:10– Non mais vous avez raison sur le fait que…
07:12– Il y en a qui n'ont que ça, voyez,
07:13il y a des gens qui ont des rentes,
07:14il y a des gens qui ont des réseaux,
07:15il y a des gens qui ont de l'héritage,
07:16et il y en a beaucoup, la majorité,
07:18comme moi,
07:18et je pense autour du plateau,
07:20on n'a que ça,
07:20et vous, vous avez,
07:21la chose qui nous permet de vivre
07:24et de nous élever,
07:25vous l'avez abandonné.
07:25– Non mais cet abandon
07:27et ce sentiment d'abandon fondé,
07:30je le prends pour ce qu'il a été vécu,
07:33il y a plein de sujets,
07:33le travail, la nation,
07:35la laïcité qui étaient des valeurs de gauche,
07:37c'est des sujets qui ont été désertés
07:38parce qu'on a pensé que c'était des évidences
07:39et qu'on les traitait correctement.
07:41Et sur les questions économiques,
07:43je le dis,
07:44à un moment donné,
07:45on a voulu être trop les bons élèves
07:47d'une mondialisation libérale
07:48et d'une construction européenne
07:50qui parfois aboutissait justement
07:52à organiser la compétition
07:54à l'intérieur des frontières
07:55de l'Union européenne
07:56à coup de dumping social et fiscal.
08:00Et moi, je veux qu'on renoue
08:01avec des enjeux de souveraineté productive.
08:03On produit en France,
08:04on consomme en France,
08:05on aide les petites
08:06et les moyennes entreprises
08:08à bénéficier de la commande publique.
08:09Moi, j'ai été élu local,
08:11il fallait faire la croix et la bannière
08:13pour pouvoir réussir
08:14à donner des marchés
08:15à des entrepreneurs locaux
08:16et c'est la même chose
08:17pour la commande publique.
08:18– Mais alors, justement…
08:18– Parce que, voilà,
08:19donc il y a des moments,
08:20il faut assumer un protectionnisme,
08:21un patriotisme économique.
08:23– Est-ce qu'il faut travailler plus en France ?
08:24– Moi, je l'ai dit à l'instant,
08:27je veux qu'on produise plus,
08:29donc je ne suis pas décroissant.
08:30Et pour produire plus,
08:31il faut qu'on travaille tous
08:33et qu'on travaille mieux.
08:34Donc se travailler tous,
08:35à titre principal,
08:36c'est d'abord s'assurer
08:37qu'il y a plus de monde
08:38qui est au travail.
08:38– Le chômage progresse.
08:40– Il y a le chômage,
08:40le taux d'emploi des jeunes.
08:41Quand on a 22% de jeunes au chômage,
08:43ça devrait être l'obsession.
08:44– Est-ce que les jeunes
08:45rentrent trop tard
08:46sur le marché du travail ?
08:47– Possiblement.
08:48Possiblement.
08:48Vous voyez, c'est un débat
08:50que j'ai eu avec des économistes hier.
08:52Et il y a un moment donné,
08:53si on veut avoir à la fois
08:55une adéquation sur les besoins
08:57de relocalisation des industries en France.
08:59Enfin, regardez, aujourd'hui,
09:00on ne forme pas assez d'ingénieurs
09:02et de cadres de l'industrie
09:06pour voir déjà aujourd'hui
09:08les besoins dans certains secteurs,
09:10avec des spécialités,
09:11et encore plus demain
09:12si on arrive à relocaliser.
09:14L'enseignement professionnel en France,
09:15il demeure le parent pauvre
09:17de l'éducation nationale.
09:18On a besoin de revaloriser
09:19ces métiers manuels,
09:20de ceux qui produisent,
09:21de ceux qui travaillent.
09:22Et ce discours-là,
09:23c'est vrai que parfois,
09:24il a été délaissé sur tous les bancs
09:27et malheureusement aussi à gauche.
09:28– La dette française,
09:29vous la brûlez
09:30ou vous faites des économies ?
09:32– Mais là aussi,
09:34il faut être extrêmement clair.
09:35Si cette élection présidentielle,
09:36c'est de jeter des slogans
09:38et des provocations
09:39pour s'assurer que le débat
09:41s'organise autour de soi-même,
09:42franchement,
09:43ça ne va pas être
09:43à la hauteur de l'enjeu.
09:44Donc moi,
09:45je vais être extrêmement clair
09:45et ça n'épanne moi.
09:47Enfin, en tous les cas,
09:47j'assume cette position.
09:49Face à la crise des finances publiques,
09:50on marche sur les deux jambes.
09:51Il y a des économies à faire.
09:53Moi, j'ai été président de département
09:54et tous les matins,
09:55on se posait la question
09:56de savoir
09:56est-ce qu'un euro dépensé,
09:58il est efficace ?
09:58Je vais vous donner un scoop
10:00qui n'en est pas un.
10:01Moi, je suis un spécialiste
10:01des questions de sécurité sociale.
10:03En tous les cas,
10:03c'est celle qui me passionne
10:04depuis des années.
10:05Sur les 250 milliards
10:06de dépenses d'assurance maladie,
10:07100% d'entre elles
10:08ne sont pas efficaces.
10:10Et donc,
10:10ça ne va pas être
10:10un gros mot de dire
10:11sur des prescriptions
10:12de médicaments,
10:13sur des actes redondants,
10:14sur des transports sanitaires,
10:15sur une série de sujets,
10:16il y a des économies à faire
10:18qui ne portent pas atteinte.
10:19Il y a des rentes de situation,
10:21y compris dans la sécurité sociale.
10:23Je vous prends un exemple
10:23qui ne me fait pas
10:24que des amis.
10:25On est le seul pays au monde
10:27où pour rembourser
10:28le même risque,
10:29quand vous allez chez le médecin,
10:30vous avez deux financeurs.
10:32Vous avez
10:32l'assurance maladie obligatoire,
10:34la sécurité sociale,
10:35et on vous oblige
10:36à prendre une assurance
10:37maladie complémentaire,
10:38une mutuelle,
10:39ou un assureur privé.
10:40Ils se partagent à peu près
10:41la moitié du marché.
10:43Eh bien, voyez-vous,
10:43ça, ça a un coût.
10:45Ça a un coût.
10:45Moi, je défends l'idée
10:46d'une sécurité sociale intégrale
10:48où on n'a plus
10:49des complémentaires.
10:49Donc, on n'a plus de mutuelle.
10:50Mais vous savez,
10:51quand vous payez 100 euros
10:52à une complémentaire,
10:53sur les 100 euros,
10:54il n'y en a que 85,
10:56au mieux,
10:57qui reviennent
10:57sous forme de prestations.
10:58Pourquoi ?
10:58Parce que c'est un marché concurrentiel.
11:00Donc, ils dépensent presque 15 euros
11:01sur les 100 euros
11:02que vous cotisez
11:03en frais de gestion
11:03pour faire du marketing,
11:04de la publicité,
11:05pour payer les courtiers d'assurance.
11:07Parfois, le monopole,
11:08il a une vertu.
11:09La Sécu, ça marche bien.
11:10Et si vous allez
11:11chez les médecins
11:11et qu'on vous dit
11:12qu'on vous rembourse
11:13100% de la consultation,
11:15alors, votre cotisation maladie,
11:17elle va augmenter,
11:18mais elle sera moins faible
11:19que la cotisation
11:20que vous versez aux assureurs
11:21parce qu'on va faire l'économie
11:23de 8 milliards
11:24de frais de gestion.
11:25Et surtout,
11:25on va mettre fin
11:26à quelque chose d'inégalitaire
11:27parce qu'aujourd'hui,
11:28ce n'est pas du tout
11:28la même situation.
11:29Si vous êtes dans une entreprise,
11:30l'employeur,
11:31il a l'obligation
11:32de payer la moitié
11:32de la mutuelle.
11:33Mais si vous êtes jeune,
11:34retraité ou chemore,
11:35c'est plein pot pour vous
11:36l'adhésion à la mutuelle.
11:37Donc, c'est un système
11:38qui est anti-redistributif.
11:39Donc, vous voyez,
11:40on peut faire des économies
11:41et puis il faut,
11:42parce que vous seriez étonné
11:44que je n'évoque pas ce sujet,
11:45qu'on réintroduise aussi
11:46de la justice fiscale
11:46pour financer
11:49l'ensemble des services publics
11:50et la sécurité sociale.
11:51Et chacun doit contribuer.
11:52Les hauts patrimoines,
11:53l'héritage,
11:58les héritages
11:58dès le premier euro.
11:59C'est la proposition
12:00de la CFDT
12:00qui m'a un peu surprise,
12:01pour tout vous dire,
12:03parce que je trouve
12:03qu'elle va mettre
12:04un peu le feu aux poudres
12:06dans un univers
12:07où il y a déjà
12:09une incompréhension totale.
12:10Les gens,
12:11dès qu'on parle d'héritage,
12:12ils ont l'impression
12:13qu'on va venir leur prendre.
12:1587% des successions
12:16ne payent pas
12:18le moindre droit
12:19de succession.
12:21Et donc,
12:21introduire cette idée-là,
12:23c'est contradictoire
12:24avec l'objectif
12:25que moi, je défends,
12:26qui est d'augmenter
12:28la taxation
12:29sur les gros héritages
12:31parce que ça concentre
12:32les finalités
12:32de patrimoine.
12:34À partir de 4 millions d'euros
12:35qui est la tranche
12:36qui permet
12:37d'augmenter,
12:39c'est les 1%
12:40des successions.
12:41Ça, c'est 1%, oui.
12:42Voilà.
12:43Et sincèrement,
12:44à un moment,
12:44il va y avoir
12:44les sociologues,
12:46les démographes,
12:46qui appellent
12:48la grande transmission.
12:49La grande transmission,
12:50c'est,
12:51ils vont décéder,
12:52c'est triste,
12:52c'est nos parents,
12:53nos grands-parents.
12:54C'est énormément d'argent.
12:55Ce sont ceux qui vont,
12:56c'est les baby-boomers.
12:58Actuellement,
12:59je donne ce chiffre,
13:00pardon,
13:00ça fait un peu techno,
13:01il y a 400 milliards
13:02d'euros par an
13:03qui sont transmis.
13:04On appelle ça
13:04l'actif successoral,
13:05c'est le montant
13:06des héritages.
13:07Les impôts là-dessus,
13:09les droits de succession,
13:11ça rapporte 20 milliards
13:12à l'État.
13:12Donc vous voyez,
13:12le taux moyen,
13:13il n'est que 5%
13:15sur un flux
13:16de 400 milliards,
13:17l'État récupère
13:1820 milliards.
13:20Je vous assure que,
13:21alors non seulement,
13:21il va y avoir maintenant...
13:22Vous êtes très socialiste,
13:22parce que vous voyez un flux
13:23et vous vous dites
13:24comment on le taxe.
13:24Non, mais écoutez,
13:26cet argent a déjà été taxé
13:27au moment des revenus,
13:28etc.
13:29Mais bon,
13:30vous voyez un flux
13:31et vous vous dites
13:31comment on en prend le maximum.
13:32Après,
13:33vous pourriez dire,
13:34les revenus,
13:35chacun fait ce qu'il veut.
13:36Franchement,
13:36c'est un modèle.
13:38Je dis que vous êtes
13:38très de gauche,
13:39c'est bien.
13:40Je pense qu'à un moment donné,
13:41y compris parce qu'aujourd'hui,
13:42on voit que les inégalités
13:43de patrimoine,
13:44elles se concentrent.
13:45Quand vous avez
13:46moins de 10% des Français
13:47qui détiennent
13:4850% du patrimoine
13:49et qu'à l'inverse,
13:51on a les 10% des Français
13:52les moins fortunés
13:53qui ont à peine
13:531% du patrimoine,
13:54il y a un problème.
13:55Et quand ce patrimoine
13:56se concentre,
13:57et en plus l'héritage
13:58se fait de plus en plus vieux,
13:59donc ce n'est pas de l'argent
13:59qui est réinjecté dans l'économie,
14:01dans le circuit de l'activité
14:02de la production de la demande.
14:03on pourrait d'ailleurs imaginer
14:04pouvoir faire hériter
14:05directement ses petits-enfants
14:06ou ses neveux, etc.
14:08C'est-à-dire passer une génération
14:09parce qu'il est hérité
14:09à 70 ans
14:10que ses parents tombent
14:11à 80 ans.
14:12Aujourd'hui,
14:12l'âge moyen de l'héritage,
14:14c'est 57 ans, je crois.
14:16Il y a 50 ans,
14:17il était plus tôt,
14:18donc on pouvait se dire
14:19qu'on imagine
14:20que ça va être injecté,
14:21ça met le pied à l'étrier,
14:22les gens vont investir
14:23dans une entreprise.
14:25Là, ce n'est plus le cas.
14:27Et donc, si on veut
14:27un petit peu corriger
14:29les inégalités de patrimoine,
14:30je ne suis pas un spoliateur,
14:32je ne peux pas prendre.
14:33On n'a pas à corriger
14:33les inégalités de patrimoine pour moi.
14:34Si, mais on a à corriger
14:36toutes les inégalités,
14:37les inégalités de revenus,
14:38les inégalités de patrimoine.
14:38Vous faites même de la redistribution
14:40dans votre sécurité sociale intégrale.
14:42La redistribution,
14:43c'est l'impôt,
14:43c'est la solidarité,
14:44mais on ne peut pas faire
14:45de la redistribution partout.
14:47On paye plus d'impôts,
14:48on va payer la sécurité sociale
14:49plus chère partout.
14:51On va payer plus de droits
14:52de succession.
14:53Mais est-ce que vous avez envie
14:55que notre modèle social
14:56continue à fonctionner ?
14:57Ou est-ce qu'on sait
14:58chacun pour soi ?
14:58Vous savez, il y a une solution.
14:59Pour moi, c'est chacun pour soi.
15:01Je vais vous dire,
15:01pour moi, c'est chacun pour soi.
15:02Et je vois de plus en plus
15:03de Français autour de moi
15:04qui pensent comme moi
15:05parce qu'on est allé trop loin
15:07dans ce qu'on prend aux Français.
15:08Vous avez vu plus tôt
15:09dans la matinée des débats.
15:10Il y a quelqu'un qui prenait
15:11l'exemple aux Etats-Unis.
15:12Il disait aux Etats-Unis,
15:14le salaire net
15:14est beaucoup plus important.
15:15On a une Française
15:15qui avait été regardée là-bas.
15:17Très sincèrement,
15:17sur la santé,
15:20sur l'éducation,
15:21regardez ce qu'ils payent
15:22pour des services publics
15:23qui sont quasi gratuits en France.
15:24Mais sans regarder les Etats-Unis,
15:25il y a la Suisse à côté,
15:26il y a l'exemple des Pays-Bas
15:27sur la sécurité sociale
15:28où aujourd'hui, en fait,
15:29en France,
15:30la sécurité sociale
15:31pour quelqu'un qui travaille,
15:33qui fait partie des salaires
15:34pas encore extrêmes
15:36mais plutôt hauts,
15:37elle coûte beaucoup trop cher.
15:39Figurez-vous que
15:39les cotisations plus taux de TVA,
15:42on prend 20 à 30% de la TVA.
15:44Ça veut dire quoi coûter trop cher ?
15:45Parce que le jour,
15:46je vais vous dire
15:46et je ne vous le souhaite
15:47évidemment pas,
15:48vous allez être hospitalisé
15:49dans un service de réanimation
15:50et que ça coûte 5000 euros par jour
15:52à la sécurité sociale,
15:53vous ne vous poserez pas
15:54la question de savoir
15:55si vous avez cotisé
15:56si vous avez donné plus
15:57ou donné moins.
15:58Parce qu'à ce moment-là,
15:59si vous êtes confronté
16:00à un besoin d'immunothérapie,
16:02à des médicaments
16:03qui peuvent coûter
16:04100 000, 200 000
16:05ou 300 000 euros
16:06parce que c'est
16:07d'innovation thérapeutique,
16:08vous serez content
16:09que votre sécurité sociale,
16:10elle ne vous demande pas
16:11à un moment donné
16:11de venir sortir votre carte bleue
16:13à la place de votre carte vitale.
16:14Vous me parlez d'une logique
16:15assurantielle,
16:15vous me parlez des garanties
16:16mais donc dites-moi
16:17combien je paye
16:18pour ces garanties.
16:19Et à mon avis,
16:19là, le ratio n'est pas bon
16:20par rapport aux...
16:22Vous savez quoi ?
16:23J'adore ce débat
16:23mais merci parce qu'il n'y a
16:24pas beaucoup d'endroits
16:25où on a un débat
16:26de cette qualité
16:27sur justement un truc
16:28dont on ne parle pas assez.
16:29Comment on finance
16:30le modèle social ?
16:31C'est quoi la sécurité sociale ?
16:32Ce qui est juste ?
16:33Ce qui est pertinent ?
16:34Voilà, et moi j'entends
16:35les arguments de ceux
16:35qui disent
16:35mais attendez,
16:36laissez-moi tout mon salaire
16:37super brut
16:38et je m'organise par moi-même.
16:39Mais ça, c'est la société
16:40du chacun pour soi.
16:41C'est la société dans laquelle
16:42il y a des gens
16:42qui vont s'en sortir
16:43parce qu'ils ont les réseaux,
16:44parce qu'ils ont la famille,
16:45parce qu'ils ont les amis,
16:46etc.
16:46Il reste l'impôt
16:47pour la redistribution.
16:48L'impôt est fait
16:49pour la redistribution
16:50mais le reste,
16:52assurance sociale,
16:53chômage, etc.
16:53Il reste très peu de l'ordre.
16:54Je voudrais pour terminer
16:55vous montrer
16:56la une du magazine Le Point.
16:57Je ne sais pas si vous l'avez vu,
16:58Jérôme Guèche.
16:59Yes, je l'ai même lu.
16:59Voilà, Le Point,
17:00c'est François Hollande,
17:02l'embusqué
17:02si la situation l'exige.
17:04Elle est très bien cette une,
17:05bravo à Étienne Jernel
17:06mais ça veut dire
17:07qu'en fait,
17:08il va vous laisser vous écharper
17:09et puis au dernier moment,
17:10le malin,
17:11l'embusqué,
17:12va sortir.
17:14J'aime bien François Hollande,
17:15on a parfois un peu frictionné
17:17dans le passé.
17:20J'ai fait la une du point,
17:21pas avec une photo
17:22mais mes bonnes pages
17:23ont été publiées
17:23la semaine dernière
17:24et vous savez quoi ?
17:25Cette semaine,
17:26je vous donne un conseil,
17:27mon livre il sort aujourd'hui.
17:28Donc vous lisez mon livre
17:28cette semaine,
17:29la semaine prochaine
17:30le livre de François sort
17:31et lisez-le aussi
17:32parce que c'est toujours intéressant
17:33de se limer la cervelle
17:35et que la voix de François Hollande
17:37elle est utile
17:37dans le débat public
17:38avec nos points d'accord
17:39et nos points de désaccord.
17:40C'est important
17:41et il a une expérience
17:42de Président de la République
17:43et franchement je prends
17:44parce qu'on apprend
17:45de ce qui a marché
17:46comme on apprend
17:46de ses échecs
17:48et il faut que cette primaire
17:49avec ceux qui ont décidé
17:51de participer...
17:51C'est son choix.
17:52Vous dites
17:53François vient avec nous
17:54à la primaire.
17:54Moi je pense que ça aurait été
17:55plus logique
17:56qu'il vienne participer
17:57à la primaire.
17:57Donc moi je souhaite
17:58que le candidat
17:59et je veux être celui-ci
18:00il n'a pas les moyens
18:01de voter à la primaire
18:03qui soit désigné
18:04il ait la force suffisante
18:05pour qu'il ne se pose plus
18:06la question
18:06d'avoir un recours hypothétique
18:08ou quelqu'un en ambitie.
18:08Et quand il dit
18:09qu'il faut la retraite
18:10à 63 ans
18:11ce qui est assez amusant
18:11parce qu'il a suspendu
18:12la réforme là.
18:14Vous êtes d'accord avec ça ?
18:14Il faut la retraite
18:15à 63 ans ?
18:16Mais moi si vous avez
18:17lu le livre
18:18et je sais que vous l'avez fait
18:19j'ai une proposition
18:20un peu plus iconoclaste
18:21qui consiste à sortir
18:22de l'âge légal
18:23de...
18:24Uniquement les cotisations ?
18:25Uniquement les cotisations.
18:25Non, trois choses.
18:26Les cotisations,
18:27la prise en compte
18:28de la pénibilité
18:28et un sujet
18:29dont on ne parle jamais
18:30parce qu'il y a un autre âge légal
18:31on parle des 64 ans
18:32c'est l'âge
18:33de l'équidation
18:34de la retraite
18:35sans la décote.
18:36Il est de 67 ans aujourd'hui
18:37c'est-à-dire que les gens
18:37qui n'ont pas assez de trimestre
18:39sont obligés de bosser
18:40jusqu'à 67 ans
18:41et c'est essentiellement
18:42des femmes
18:4210% des femmes retraitées
18:44sont obligées de bosser
18:45jusqu'à 67 ans
18:46pour aller
18:47et je propose de baisser
18:48cet âge de la décote
18:49pour justement éviter
18:50l'usure de ces femmes-là
18:51dans l'activité
18:53et leur permettre
18:55d'avoir un niveau
18:55de pension satisfaisant.
18:57Vous êtes pour ou contre
18:57le congé amitié
18:59de Clémence Guettet
19:00et les filles ?
19:00Je vais vous dire
19:01parce que moi je suis sensible
19:03à la réflexion intellectuelle
19:04je trouve intéressant
19:05de poser la question
19:05de l'amitié
19:07moi je travaille beaucoup
19:08sur les questions
19:08de vulnérabilité
19:09de lien de soins
19:11de care
19:11d'accompagnement
19:12alors après
19:13je propose de limiter
19:15l'intervention
19:16de la puissance publique
19:17il y a certains champs
19:18ceux de l'intime
19:19ceux des relations interpersonnelles
19:21où tout ne se régule pas
19:22par l'intervention
19:23de la puissance publique.
19:24Merci Jérôme Guettet
19:25La République c'est nous
19:26pour en finir avec l'indignité
19:27aux éditions de l'Observatoire
19:28merci de passer par les GG
19:29Abel Boyi
19:29c'était très bien
19:30tu as été parfait
19:30merci
19:31merci
19:31merci
19:31merci
19:31merci
19:31merci