- il y a 8 heures
Aujourd'hui, c'est au tour d'Alain Duhamel, éditorialiste politique, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Alain Duhamel est là. Alain, je vous en prie, entrez, rejoignez-nous.
00:03On est en direct, donc on peut faire ça tranquillement, bien évidemment.
00:07Asseyez-vous à côté de moi, mon cher Alain.
00:10Allez-y, comme ça on va commenter ces élections municipales avec vous.
00:14Bonjour Alain Duhamel !
00:16Déjà, globalement, qu'est-ce que vous pensez de ce premier tour ?
00:20Conforme à ce qui était vos analyses ?
00:23Alors, malheureusement, en ce qui concerne la participation, oui.
00:26C'est-à-dire que je pensais bien qu'elle continuerait à diminuer.
00:30Je le regrette, mais bon, je le pensais.
00:34Pour le reste, il y a une radicalisation, c'est-à-dire que ce qui se renforce,
00:39c'est à l'extrême gauche et à l'extrême droite.
00:43Je ne tombe pas par terre de surprise.
00:46Alors là, ce qui est intéressant Alain, c'est qu'on est en train d'analyser
00:49ce qui se passe jusqu'à demain soir, 18h, date limite du dépôt des délices
00:54pour le deuxième tour, c'est l'heure et aux tractations, aux alliances.
00:57Par exemple, à gauche, il y a eu un mot d'ordre lancé par Olivier Faure,
01:01pas d'alliance nationale avec la France insoumise.
01:04Or, on s'aperçoit que dans la plupart des villes où la question se pose,
01:09les socialistes sont en train de s'allier avec les insoumis.
01:11C'est le cas à Toulouse, ils vont soutenir le candidat insoumis.
01:14C'est le cas sans doute aussi à Nantes où il y a des négociations.
01:18Les écologistes ont moins de pudeur.
01:20Les écologistes négocient sans problème avec les insoumis.
01:22Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on ne peut pas se passer des insoumis à gauche ?
01:25Alors, en ce qui concerne les écologistes, ce n'est pas du tout étonnant
01:29qu'ils négocient avec les insoumis parce qu'ils ont toujours eu envie de le faire.
01:33Tout le temps, ils ont toujours poussé à ce que ça se fasse.
01:35En ce qui concerne les socialistes, c'est la méthode Olivier Faure,
01:41c'est-à-dire la méthode chauve-souris.
01:42C'est-à-dire, je dis au plan national, non, pas d'accord,
01:46et au plan local, soyons à la liste.
01:50Bon, c'est Olivier Faure.
01:54Mais ça veut dire qu'on ne peut pas se passer de Mélenchon à gauche ?
01:56C'est-à-dire qu'à gauche, les insoumis, ça représente un bloc croissant.
02:03– Ça veut dire qu'il est pied et poing lié pour les prochaines élections présidentielles aussi.
02:10Mélenchon va les utiliser comme paillassons de nouveau, le Parti Socialiste.
02:13– Les socialistes vont peut-être trouver un candidat extraordinaire
02:17qui va faire brusquement éruption.
02:20Pour l'instant, on ne le voit pas.
02:21– Vous n'y croyez pas non plus en disant ça ?
02:23– Non, pas beaucoup, non.
02:24– Ce qui se passe à Nice, c'est intéressant.
02:26La bataille des frères ennemis de la côte, Éric Ciotti, Christian Estruzzi.
02:29Alors, c'est Éric Ciotti qui est arrivé en tête avec 13% des voix.
02:32– Et là, Christian Estruzzi appelle au Front Républicain.
02:35Il demande à la liste de gauche, en fait, de le rejoindre, de se retirer déjà.
02:39– De se retirer et aux électeurs de gauche de voter pour lui.
02:42C'est la seule chance qu'il a de gagner.
02:44Est-ce qu'elle sera payante, cette stratégie ?
02:46– Je crois qu'elle est totalement imaginaire.
02:48Je pense que c'est Ciotti qui va gagner.
02:50Mais j'ai toujours pensé que Ciotti gagnerait.
02:54Parce que, on va dire les choses.
02:58Je ne dis pas qu'Estruzzi a été un mauvais maire, d'ailleurs.
03:02ni que Nice soit une ville devenue désagréable.
03:06– Oui, s'il vous plaît.
03:07– Mais puisque, ici, la tradition, c'est qu'on met les pieds dans le plat.
03:12– Oui, on dit les choses.
03:13– Je pense que, politiquement, Ciotti est beaucoup plus fort qu'Estruzzi.
03:16Et puis voilà.
03:17– Est-ce qu'elle fait rappel au barrage républicain, au Front Républicain,
03:20ça peut marcher à Nice avec un électorat qui est foncièrement à droite, de toute manière ?
03:24Non, je ne pense pas que ça puisse marcher.
03:26– Est-ce que vous pensez même que des électeurs de droite d'Estruzzi
03:30reporteraient leur voix sur Ciotti,
03:31plutôt que de suivre ce que M. Estruzzi leur dit de faire ?
03:35– C'est possible qu'il y ait un phénomène d'accentuation pour le second tour,
03:40mais je pense que, de toute façon, c'est joué.
03:42Nice, c'est joué.
03:43– Et alors, Marseille, c'est très intéressant, Marseille.
03:46– Ah, c'est autre chose.
03:46– D'ailleurs, Christian Estruzzi dit, si la gauche se retire à Nice,
03:51eh bien, il faut que Martine Vassal se retire de Marseille
03:54pour faire barrage à Franck-Alizio.
03:57Alors, rappelons quand même que c'est Benoît Payan, le maire sortant,
03:59qui est arrivé en tête, donc il y a un petit avantage Payan quand même.
04:02Sébastien Delogu, a priori, maintient,
04:05puisque Payan dit pas de négociation avec la France insoumise.
04:08On voit qu'en fonction des villes, les stratégies ne sont pas les mêmes.
04:11Donc, avantage Payan quand même à Marseille ?
04:15– Je dirais plutôt, plutôt, prudent quand même.
04:18– Oui, mais plutôt.
04:21– Vassal, de toute façon, elle ne compte pas dans cette histoire-là.
04:26Elle ne compte pas parce qu'elle s'est effacée elle-même à force de gaffe.
04:31La politique, ça demande quand même certaines qualifications,
04:35visiblement, elle ne les a pas.
04:38Donc, elle en paie le prix.
04:43Ensuite, le résultat du deuxième tour, il reste relativement ouvert,
04:47mais il y a un avantage Payan.
04:50– Charles et Bruno, Charles Consigny.
04:52– Non, qu'est-ce que vous pensez de l'écroulement du bloc central,
04:58du parti macroniste, etc., dans lequel apparemment seul Édouard Philippe arrive à survivre ?
05:03Comment vous l'interprétez ?
05:05– Mais il n'y a pas du tout d'écroulement du bloc central,
05:08pour une raison très simple,
05:10c'est que le bloc central n'existe pas au plan municipal.
05:14Il n'y a pas de municipalité du relevant du bloc central.
05:17Le macronisme, d'abord, n'a jamais, non seulement su,
05:21mais n'a jamais voulu constituer un vrai parti,
05:25et n'a jamais, donc, c'est logique, c'est cohérent,
05:28il n'a jamais voulu non plus s'implanter localement.
05:30Donc, il n'y a pas de municipalité sortante de ce côté-là.
05:34– Mais justement, est-ce qu'on peut être un grand parti
05:36sans avoir un minimum d'assises locales ?
05:38– Mais non.
05:39– La France, ce ne sont pas que des métropoles,
05:40et surtout, la France, ce n'est pas que Paris.
05:42– Non, mais on ne peut pas avoir un grand parti comme ça.
05:44– Ah d'accord.
05:45– Mais Emmanuel Macron, il n'a jamais cherché à avoir un grand parti.
05:48Ce qui l'intéressait, c'était un espèce de mouvement,
05:52de sympathisant, mais pas un parti.
05:54– Donc, ça va se dissoudre avec son départ en 2017,
05:592027, décidément, je ne voulais vraiment pas que ça.
06:00– Mais c'est le risque qui existe,
06:02sauf si quelqu'un de suffisamment proche de lui
06:05tirait son épingle du jeu à l'élection présidentielle.
06:08– À part Brigitte.
06:09– Ce qui est intéressant, Alain,
06:10vous qui avez suivi tant de campagnes,
06:12c'est que, déjà, un, les jeux ne sont jamais faits.
06:15C'est-à-dire qu'il faut se méfier des sondages.
06:16Enfin, en tout cas, les sondages disent quelque chose.
06:18– En particulier au Havre.
06:19– Voilà, au Havre.
06:20– Quel était l'institut, déjà ?
06:22– C'était, c'est pas au Doxa ?
06:25Je dis peut-être une bêtise, je ne sais plus.
06:26Il faut vérifier Opinion Wave, bref.
06:28Mais même à Lyon, Lyon, Jean-Michel Aulas était quasiment élu.
06:32– Oui, mais à Lyon, ce ne sont pas du tout les sondages
06:34qui se sont trompés, c'est Aulas.
06:36– Voilà, ce que je voulais dire, en fait,
06:37c'est qu'il faut faire campagne.
06:38Et quand on fait une mauvaise campagne,
06:40une très mauvaise campagne, on est sanctionné,
06:42même si, au départ, on part plutôt favori.
06:44– Et comme toujours,
06:47c'est beaucoup plus difficile pour les débutants
06:50et pour les amateurs.
06:52Et Aulas, c'est quelqu'un qui avait vraiment
06:55une autoroute devant lui,
06:56il a été tellement mauvais
06:59que du coup, maintenant, il…
07:01– Et trop sûr de lui, peut-être, aussi.
07:02– Oui, mais mauvais.
07:03– Mauvais.
07:04– On l'a vu dans le meeting, dans le débat,
07:07dans le débat sur BFM TV.
07:07– Mais même dans des interviews,
07:09même quand on lui posait des questions simples,
07:11en plus, il répondait,
07:13il était à la fois ronchon,
07:17assez désagréable,
07:18pas content d'être interrogé.
07:20Je pense qu'il était habitué à diriger
07:22et pas à expliquer.
07:24– Être contredi.
07:25– Et alors, donc, pas être contredi.
07:27– Bruno Ponset.
07:28– On nous avait dit, par exemple,
07:29que les grandes villes qui avaient été tenues
07:30par les écologistes allaient basculer,
07:32on parle de Lyon.
07:34Mais moi, je pense aussi à Grenoble,
07:35qui, avec la soeur de François Ruffin,
07:38risque de garder la mairie,
07:39parce qu'elle est soutenue par l'ancien maire.
07:42Donc moi, je trouve que ce qu'on avait dit,
07:43qu'en fait, ils avaient été élus grâce au Covid,
07:45en disant qu'il n'y a personne qui a voté,
07:46donc ils ont le droit d'être élus,
07:47j'ai l'impression que ça se retourne
07:48et qu'en fait, ils ont quand même fait le boulot.
07:50Doucet a fait le boulot à Lyon.
07:51On peut penser ce qu'on veut,
07:52mais lui, il avait un programme
07:52et derrière, il avait un bilan
07:54qui était quand même reconnu par les Lyonnais.
07:56– Reconnu par les Lyonnais,
07:57ça dépendait par lesquels.
07:58– Oui, pas tous,
07:59mais bon, quand même, quelques-uns.
08:00– Mais enfin, bon, il n'était pas nul.
08:05Bon, Grenoble, ça a quand même été
08:06un gros sujet de controverse perpétuel.
08:09– C'est pour ça que Piolli n'était pas retourné, en fait.
08:11– Bah oui.
08:12– Non, mais justement, ça prouve que…
08:13– Ça prouve qu'il y a des écologistes
08:18qui se retrouvent à la tête de grande mairie
08:20et puis qui apprennent à faire le métier
08:22et qui s'en tirent.
08:23Et puis il y a des écologistes
08:24qui se retrouvent à la tête de grande ville
08:26et qui n'apprennent pas
08:27et donc qui se font battre.
08:29– Et Alain Duhamel, vous restez avec nous encore.
08:30– On parle de Paris aussi.
08:31– Voilà, quelques minutes
08:32parce qu'on va évoquer Paris
08:33et puis passer le deuxième tour.
08:35On se doute qu'on va entrer
08:36dans une autre campagne assez rapidement
08:37qui est celle de l'élection présidentielle.
08:40Les Grandes Galles, ensuite,
08:41vous donnent la parole
08:42à partir d'11h30.
08:43vous résumer,
08:45vous commenter ce premier tour
08:46d'élection municipale
08:47avec nous au 32-16.
08:48– R.M.C.
08:57– Alain Marshall, Olivier Truchot,
09:00les Grandes Galles.
09:01– 1, 2, 3, 4 !
09:03– Les Gégés, les Grandes Galles
09:09qui commentent avec vous, bien sûr,
09:11au 32-16, vous pouvez continuer d'appeler.
09:14On vous donne la parole dans 5-6 minutes.
09:16On commande donc ensemble
09:17ces élections municipales
09:18ou plutôt le premier tour
09:20des élections municipales
09:21avec Charles Consigny, Bruno Ponset
09:22et avec Barbara Lefebvre.
09:24Pendant quelques minutes,
09:25c'est Alain Duhamel
09:26qui est avec nous aussi
09:27pour en tirer les enseignements politiques
09:29à une ville dont on n'a pas encore parlé.
09:30– C'est Paris, la capitale,
09:32avec pour l'instant un avantage à la gauche.
09:35Emmanuel Grégoire est arrivé en tête.
09:38Rachid Alati est distancé,
09:39mais l'heure est aux négociations,
09:42aux alliances,
09:43puisque Pierre-Yves Bournazel
09:44confirme qu'il a eu au téléphone
09:46hier soir,
09:47dès hier soir, Rachid Alati.
09:49Il propose une alliance
09:50en fixant des conditions.
09:52Alors, je suis en train de regarder
09:53les trois conditions.
09:54Je pense que ça peut être rempli.
09:55Donc, on va vers une alliance
09:57d'Ati-Bournazel
09:58face à Emmanuel Grégoire,
10:00sachant que Sarah Knafow
10:01peut se maintenir,
10:02que Sophia Chikirou,
10:03pour les Insoumis,
10:05peut se maintenir
10:05et va se maintenir.
10:07Est-ce que la droite
10:09a encore une chance à Paris ?
10:11– Elle a encore une chance.
10:12C'est ce qu'on peut dire.
10:14Est-ce qu'elle est favorite ?
10:16Je ne crois pas.
10:17Mais elle a encore une chance, oui.
10:20Est-ce que l'ensemble
10:22des électeurs de Bournazel
10:24voteront d'Ati ?
10:25Je suis sceptique, quand même.
10:27– Vous pensez que ceux
10:27qui sont proches
10:29de Gabriel Attal
10:29pourraient retourner
10:30voter parti socialiste ?
10:33– Je pense qu'il y aura
10:34plus d'abstention au second tour
10:36qu'au premier
10:36et qu'il y aura une bonne partie
10:39des électeurs
10:40qui ont voté
10:42pour simplifier au centre
10:44qui ne voteront pas
10:46ou qui mettront des bulletins blancs.
10:48– Charles ?
10:49– Est-ce que vous pensez
10:50qu'il faut tirer
10:52de ces municipales
10:54des grandes leçons
10:55pour la présidentielle ?
10:57Ou est-ce qu'il y a quand même
10:59des particularités
11:00aux municipales
11:01qui font qu'on ne peut pas
11:03forcément s'en servir
11:04comme d'une mixture
11:06pour voir dans l'avenir
11:07sur la présidentielle ?
11:09– Je crois plus
11:09à la deuxième hypothèse
11:10qu'à la première.
11:11Je ne crois pas
11:12qu'on puisse transposer
11:13les leçons qu'on va tirer
11:15qui existent.
11:16Il y a des leçons
11:17à en tirer,
11:17y compris pour les présidentielles.
11:19Mais je ne crois pas
11:19que la campagne présidentielle
11:21puisse ressembler
11:22à la campagne municipale
11:23ni que l'élection présidentielle
11:25puisse ressembler
11:26aux élections municipales.
11:27– Oui, mais les maires
11:27vont se transformer
11:29en agents électoraux
11:29quand même,
11:30agents électoraux
11:31de leurs candidats
11:32et pendant un an
11:32ils vont quand même
11:33faire de la retape locale
11:35aussi Alain.
11:36– Je pense que pendant un an
11:37les maires,
11:38notamment les nouveaux élus
11:40vont commencer
11:41par essayer
11:41de s'implanter eux
11:42et de prendre en main
11:44les machines municipales
11:45qui dans les petites communes
11:49demandent beaucoup de travail
11:50parce qu'il n'y a pas
11:50beaucoup d'aide
11:51et qui dans les grandes communes
11:53demandent beaucoup de travail
11:54parce qu'il y a beaucoup de problèmes.
11:55– Et il faut rappeler d'ailleurs
11:55que là on focalise
11:56sur ces élections municipales
11:57sur les grandes villes
11:58mais les trois quarts
12:00des villes
12:01ont déjà leur maire.
12:02Ils ont été élus
12:02au premier jour
12:04avec une seule liste
12:05très souvent.
12:06– Oui, oui, absolument.
12:07– Ces spécificités
12:08vraiment très françaises.
12:09– Et pour eux
12:09la question c'est
12:10est-ce qu'ils peuvent avoir
12:11un secrétaire de mairie,
12:12est-ce que ça va être
12:13l'instituteur,
12:14est-ce que ça va être
12:15un retraité qui va l'aider
12:16etc.
12:18Bon, ce ne sont pas
12:20les petites communes
12:21qui fonctionnent le plus mal.
12:22– Bruno Ponset.
12:24– Mais l'État
12:25vous parliez des défis
12:26en disant que
12:26c'était quand même
12:27une victoire pour eux
12:28mais vous ne pensez pas
12:29que la dernière séquence médiatique
12:30d'avoir tout le temps
12:31tapé dessus
12:31et surtout les socialistes
12:32quand on voit Glutzmann
12:33qui aujourd'hui
12:34ne parle pas
12:35d'autre chose
12:36que de Mélenchon
12:37moi je pense que
12:38ça les a renforcés
12:39et que comme ils ont fait
12:39le travail sur le terrain
12:40ça leur a permis
12:41d'être encore plus visibles
12:42aux élections.
12:42Je ne vous dis pas
12:43que ce sera pareil
12:43l'année prochaine,
12:44il faudra voir
12:44mais en attendant
12:45je trouve que
12:46la stratégie
12:46de Glutzmann
12:48et d'autres socialistes
12:49c'est un échec complet.
12:50– Mais alors
12:51d'abord Glutzmann
12:51n'est pas socialiste.
12:53– Oui,
12:53à chaque fois
12:53c'est lui
12:54qu'ils envoyent au charbon
12:54alors.
12:55– C'est un social-démocrate
12:58et c'est un social-démocrate
13:00en fait
13:00c'est un individu talentueux
13:02mais ce n'est pas un parti.
13:04– Non.
13:04– Bon,
13:05ça fait une grosse différence.
13:08Ensuite,
13:08moi je n'ai jamais pensé
13:09que les Insoumis
13:12allaient perdre
13:13les élections municipales.
13:14J'ai toujours pensé
13:15qu'il ferait au contraire
13:16des très bons scores
13:17et surtout
13:18ça n'est pas
13:19parce que
13:20Jean-Luc Mélenchon
13:22est un repoussoir
13:24pour
13:25trois quarts
13:26des Français
13:27qu'il est affaibli
13:29électoralement.
13:30Pas du tout.
13:31Je pense qu'au contraire
13:32plus on tape sur lui
13:33et plus on tape
13:34sur les Insoumis
13:35plus ceux qui votent
13:36Insoumis
13:36et qui sont mélenchonistes
13:38s'accrochent à lui.
13:39– Oui mais est-ce que ça
13:39élargit leur base ?
13:41Ou pas ?
13:42– Ça ne l'empêche pas
13:46de s'élargir ?
13:46– La question
13:47ce n'est pas tellement
13:48de lui taper dessus en soi
13:49c'est de
13:51s'étonner
13:52de sa dérive
13:53sur un certain nombre
13:54de sujets
13:55notamment sur la question
13:56de l'antisémitisme
13:57ce n'est pas lui taper dessus
13:58ou alors
13:59on a tapé sur Jean-Marie Le Pen
14:01et on n'aurait pas dû
14:02mais à un moment donné
14:03quand on constate
14:04des propos
14:05qui sont pour le moins
14:06sans ambiguïté
14:08on a quand même le droit
14:09de faire des commentaires.
14:10– Non mais attendez
14:12ça montre juste
14:13qu'il y a un électorat
14:14pour ce genre de propos
14:15c'est intéressant.
14:15– Je n'étais pas
14:16en train de dire
14:17il faut canoniser
14:18d'urgence
14:19Jean-Luc Mélenchon
14:20– Non mais vous avez dit
14:21vous-même
14:21qu'il avait énormément
14:22d'intelligence
14:23plus que Marine Le Pen
14:23– Oui absolument
14:24– Vous le respectez
14:25plus que Marine Le Pen
14:26par exemple ?
14:27– Je ne sais pas
14:28si le mot respecter
14:30est le meilleur
14:30mais je le considère plus
14:32– Et donc son antisémitisme
14:35par exemple ?
14:36– Quel est votre avis ?
14:38– Mon avis est que
14:40je déteste l'antisémitisme
14:42et que j'y suis totalement extérieur
14:45– Mais c'est payant
14:46– Mais ça a un électorat apparemment
14:47– En tout cas l'ambiguïté
14:49– Ou l'ambiguïté oui
14:51– Moi je pense
14:51on peut penser
14:52que Jean-Luc Mélenchon
14:53n'est pas antisémite
14:54en tant que tel
14:55– Mais non mais Jean-Luc Mélenchon
14:56– Mais qui surf
14:57– Le dog whistle
14:58ça marcherait bien
14:58– Sur le rejet d'Israël
15:00– Alors
15:01– Alors
15:02je suis d'accord
15:03avec Olivier
15:06c'est évident
15:07qu'il essaie
15:08d'utiliser
15:08des circonstances
15:09même quand
15:10elles ne lui sont pas favorables
15:11et qu'il n'est pas maladroit
15:13dans cet exercice là
15:14mais
15:15quand on
15:17quand on
15:18regarde
15:19Jean-Luc Mélenchon
15:20et qu'on se demande
15:21alors ses rapports
15:23avec un électorat musulman
15:25ses rapports
15:26avec l'antisémitisme
15:27etc
15:28il y a une chose que
15:30alors vous allez dire
15:31que je suis trop gentil
15:31avec lui
15:32mais il y a une chose
15:33qu'il faut prendre en considération
15:34c'est qu'il est né au Maroc
15:36et que pendant
15:37son enfance
15:38et le début
15:39de son adolescence
15:40en tout cas
15:41il était
15:43habitué
15:43à vivre
15:44avec
15:45des français
15:47métropolitains
15:47des pieds noirs
15:48comme ses parents
15:49l'été
15:50avec des arabes
15:52avec des juifs
15:53qui jouaient tous ensemble
15:54et qu'il avait une idée
15:55c'est pour ça qu'il a
15:55cette conception
15:57méditerranéenne
15:57etc
15:58et il ne réagit pas
15:59comme quelqu'un
16:01né dans le Béry
16:02et ayant grandi
16:04dans le Béry
16:05les souvenirs d'enfance
16:06sont parfois un peu
16:07trompeurs sur la réalité
16:08parce que la condition
16:08des juifs
16:09au Maroc
16:10n'a pas toujours été
16:11celle qui est relatée
16:13par les nostalgiques
16:14aujourd'hui en 80 ans
16:16vous ne m'apprenez rien
16:17mais dans la bouche
16:19de la France insoumise
16:19hier on a beaucoup entendu
16:20la Nouvelle France
16:23est-ce que c'est
16:24un slogan
16:25qui est en train
16:26de s'installer
16:27et qui sera celui
16:28de l'élection présidentielle
16:29c'est-à-dire
16:30aujourd'hui
16:31de dire
16:31il y a un nouveau pays
16:33ce qui est Jean-Luc Mélenchon
16:34appelle la créolisation
16:35de la France
16:35ça c'est autre chose
16:36oui mais
16:37derrière Nouvelle France
16:38c'est peut-être ça
16:39qui se cache
16:39et ce sera son thème
16:40de campagne
16:41de 2027
16:42c'est ça ?
16:43alors la créolisation
16:44c'est ça
16:44conception des choses
16:45c'est ça
16:46c'est Édouard Glissant
16:47et il y croit
16:49il y croit
16:50bon ben il a le droit
16:50d'y croire
16:51et on a le droit
16:52de ne pas y croire
16:53bon
16:54est-ce qu'il peut faire
16:55de ça
16:57un slogan
16:59et alors
16:59Nouvelle France
17:01quand je n'étais pas né
17:02il y avait déjà
17:03aux élections législatives
17:05des gens qui disaient
17:06Nouvelle France
17:06Nouvelle France
17:07on n'a jamais cessé
17:08de dire Nouvelle France
17:09donc de ce point de vue
17:10c'est pas du tout original
17:12c'est plus un slogan électoral
17:14il est dans une situation
17:19assez baroque
17:21et assez inhabituelle
17:23il est dans sa forteresse
17:26plus on lui tape dessus
17:28plus les gens
17:28qui sont dans la forteresse
17:30sont attachés à lui
17:32et plus il est attaqué
17:34plus d'une certaine manière
17:35dans son bastion
17:37il se renforce
17:38et c'est là où on peut faire
17:39une comparaison
17:41avec Jean-Marie Le Pen
17:42pardon mais Jean-Marie Le Pen
17:43il était pendant des années
17:44l'homme le plus critiqué
17:46l'homme politique
17:47le plus critiqué
17:48détesté
17:49certains voulaient l'interdire
17:50il y avait des débats
17:51à l'époque
17:52dans les grandes gueules
17:53pour savoir
17:53est-ce qu'il fallait
17:54oui ou non interdire
17:54le Front National
17:55et puis finalement
17:56il ne cessait de progresser
17:58élection après élection
17:59tout en disant
18:00parce que les grandes gueules
18:00disaient non
18:01tout en expliquant
18:02qu'il y avait un plafond de verre
18:03justement
18:04ce qu'il représentait
18:05il y avait quand même
18:05un plafond de verre
18:06est-ce qu'il y a un plafond de verre
18:07pour Jean-Luc Mélenchon ?
18:11ce qu'il défend
18:14enthousiasme
18:15une partie des jeunes
18:19donne aux musulmans
18:20envie de voter pour lui
18:22et exaspère
18:24la majorité
18:24de la population
18:26bon
18:27il n'est pas le premier
18:28comme ça
18:28dans le temps
18:29c'était le cas
18:29du Parti Communiste
18:31et puis
18:32le Parti Communiste
18:33a disparu
18:34Jean-Luc Mélenchon
18:36l'a remplacé
18:36il l'a remplacé
18:37de façon
18:38sensiblement
18:39plus littéraire
18:41mais
18:41en suscitant
18:43la même
18:45conflictualité
18:45en séduisant moins
18:46quand même
18:47les ouvriers
18:48par exemple
18:49que le Parti Communiste
18:50qui eux
18:50sont plutôt
18:51partis au RN
18:52les ouvriers
18:53oui
18:53et je me rappelle
18:54ça m'amuse
18:54parce qu'il y avait
18:55des grandes discussions
18:56entre universitaires
18:57et je me rappelle
18:58que la majorité
19:00des universitaires
19:01qui disaient
19:02encore il y a 20 ans
19:03jamais les ouvriers
19:05ne voteront pour l'extrême droite
19:06c'est impossible
19:07bon maintenant
19:07c'est simplement
19:08le 9-10ème
19:10est-ce qu'il n'y a pas
19:11quand même
19:12une petite surprise
19:14sur la gauche
19:16le fait que la France
19:17reste
19:18en tout cas
19:19au travers
19:19de ses élections municipales
19:20très à gauche
19:21la gauche fait des bons scores
19:22un peu partout
19:23or on entend quand même
19:24souvent sur certaines antennes
19:26que la gauche
19:27c'est fini
19:28que le pays est à droite
19:29etc
19:30et en fait
19:31le vote des français
19:32ne correspond pas
19:33tout à fait
19:33à ce discours là
19:34oui alors vous avez raison
19:38les votes sont plus à gauche
19:40que ce qu'on dit
19:41en général
19:41ça c'est vrai
19:42d'ailleurs c'est ce qu'on vient
19:43de vérifier
19:44mais pas simplement là
19:46il n'empêche
19:47que la France
19:47est plus à droite
19:48qu'elle ne l'était
19:48il y a 20 ans
19:49et que les idées
19:52l'idéologie générale
19:55globale
19:56est une idéologie
19:57aujourd'hui
19:57nettement plus à droite
19:59et qu'on parle
20:01aujourd'hui
20:01de sujets
20:02qui il y a 20 ans
20:03poussait des cris d'enfants
20:05oui surtout ce qui est
20:05immigration
20:06sécurité
20:07oui et puis en règle générale
20:09vis-à-vis des questions
20:10d'autorité
20:11etc
20:13sur l'économie
20:14je pense que
20:14sur l'état providence
20:15les gens
20:16ah ben non mais
20:17les français ne veulent pas
20:18qu'on touche à leur régime social
20:20ça c'est une des bases
20:21c'est une de nos originalités
20:23alors c'est ce qui est au vrai
20:24et je suis
20:25j'allais dire
20:26et je suis sûr
20:27que dans votre esprit
20:28c'est leur plus grand handicap
20:29pour moi c'est un suicide
20:31merci Alain Duhamel
20:32d'être venu évoquer
20:33parler, analyser
20:34et commenter
20:35ces élections municipales
20:36avec nous
20:37dans ce premier tour
20:38d'élections municipales
20:39d'élections municipales
Commentaires