Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 heures
Aujourd'hui, c'est au tour de François Ruffin, député de la Somme et candidat à la primaire de la gauche, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00RMC, face aux grandes gueules.
00:05Bonjour monsieur le député de la Somme et candidat à la primaire de la gauche.
00:08Bonjour à vous.
00:08Vous serez donc un président.
00:10Si vous êtes élu, puisque vous êtes candidat, un président payé au SMIC.
00:14Mais si on paye...
00:15Les présidents au SMIC, on n'aura que des héritiers.
00:20Que des corrompus ou des incapables ?
00:22Mais non, c'est l'inverse.
00:23Soyons sérieux.
00:24Qu'est-ce que c'est ?
00:25C'est que le salaire des présidents, aujourd'hui 20 000 euros, c'est de l'argent de poche.
00:28C'est de l'argent de poche pour eux.
00:30Parce qu'ils ont tout frais payé.
00:32Ils sont logés au palais de l'Elysée.
00:35Il m'étonnerait qu'à la fin du repas, quand le dîner se termine, on vienne leur apporter la note.
00:38Non.
00:39Je ne l'ai jamais vu.
00:40Emmanuel Macron arrêter son convoi sur une aire d'autoroute pour faire le pain de sa voiture dans une station totale.
00:45Et quand il va à Brégançon, la piscine est chauffée, ce n'est pas lui qui a payé la facture.
00:48Donc aujourd'hui, c'est...
00:5020 000 euros, ça n'est que de l'argent de poche.
00:52Et donc, évidemment, je sais bien que ce que je propose, c'est de dire...
00:55Je me paye au SMIC, c'est symbolique.
00:57Je sais que quand je dis, je paierai mes factures d'électricité.
01:00Comme le général de Gaulle, c'est symbolique.
01:02Je sais que quand je dis que comme sa famille runne...
01:05J'irai...
01:05Au SMIC, vous aurez du mal à payer la facture d'électricité à l'Elysée.
01:08C'est une façon...
01:10Bonsoir thermique et vu comment l'électricité a augmenté...
01:12Pour faire des travaux avant.
01:12Je vous propose que vous augmentiez l'année suivante.
01:15Pas de l'ensemble des bâtiments.
01:17Des appartements privés.
01:18Ah bon ?
01:19Voilà.
01:20À l'arrivée de tout ça, on fait moins 20 millions d'euros sur le budget de l'Elysée.
01:24C'est l'équivalent 400...
01:25En poste d'infirmière.
01:26Donc déjà, c'est pas rien.
01:27C'est symbolique.
01:28Mais c'est symbolique parce que je pense que...
01:30L'exemple doit venir d'en haut.
01:31Et ensuite, il s'agit que l'exemple ruisselle.
01:33Qui ruisselle sur les ministères.
01:35Vous savez qu'aujourd'hui, dans les ministères, ils se sont augmentés de 7% en une année.
01:38Est-ce que le salaire des caristes...
01:40Est-ce que le salaire des ouvriers du bâtiment, il a été augmenté de 7% ?
01:45C'est plus de 10 000 euros pour les conseillers.
01:50Ah, il faut que ça ruisselle aussi sur les hauts fonctionnaires.
01:52Leurs primes ont bondi dans une complète opacité.
01:55Il faut que ça ruisselle, évidemment, à l'arrivée sur les milliardaires.
01:59Plus question...
02:00Qu'un milliardaire paye moins d'impôts que sa secrétaire.
02:02Et il faut que ça ruisselle sur les multinationales.
02:05qui ne doivent plus échapper à l'impôt par les prix de transfert.
02:07Vous savez, si vous voulez qu'on ait une...
02:10remise à plat de la société.
02:11Et en particulier sur sa fiscalité.
02:13L'exemple doit venir dans...
02:15Si ce n'est pas fait dans haut, ça ne sera pas accepté par le bas.
02:18Quand vous voyez M. Larcher...
02:20Président du Sénat, dans son siège à 37 000 euros,
02:23avec 20 000...
02:251 000 euros par mois.
02:26Un mandat de sénateur, c'est 1 800 euros.
02:29C'est-à-dire que en...
02:30En un mandat, il va toucher plus de retraites à l'arrivée que quelqu'un...
02:35qui a passé toute sa carrière comme maçon, comme couvreur.
02:38Et puis lui, il vient dire...
02:40Les retraites, elles sont trop élevées dans notre pays ?
02:42Comment vous voulez que ça soit accepté ?
02:43Donc il est évident que...
02:45Aujourd'hui, si on veut de la justice dans notre pays,
02:48il faut que l'exemple vienne d'en haut.
02:49Mais ce n'est pas une question de...
02:50c'est plutôt que les gens soient mieux payés
02:51et gagnent mieux leur vie.
02:53Que les gens ne soient pas tous payés au SMIC.
02:55Vous savez que je me bagarre.
02:57Vous voyez, je suis venu avec un flacon.
02:59Oui, un flacon d'un parfum.
03:00A quoi Allégoria ?
03:01A quoi Allégoria ?
03:02On m'a dit que ça sentait la mandarine.
03:05Ça revient à acheter à 112 euros ce matin.
03:08Là-dessus, c'est fabuleux.
03:10Fabriqué, dans la somme, le flacon.
03:11Dans des usines, 1,50 euros.
03:14Vous avez pour...
03:151,50 euros à peu près de jus aussi.
03:17Vous rajoutez le carton.
03:18La totalité du produit, c'est...
03:20La vente, elle est à 112 euros.
03:23Les marges de LVMH, c'est trois fois le...
03:25prix de fabrication de tout.
03:28Donc, évidemment, si on veut que les gens...
03:30Et pourtant, les donneurs d'ordre, LVMH,
03:31Guerlain, en l'occurrence, vient dire
03:32« Le coût de travail est trop élevé ».
03:34Mais non !
03:35Oui, mais le parfum, vous payez le nez,
03:37vous payez la recherche,
03:38vous payez la publicité.
03:39Vous payez la marque aussi.
03:40Vous payez les exportations,
03:41enfin, c'est un coût total qu'il faut prendre en compte.
03:43Je vous dis juste la marge.
03:44Je vous dis juste la marge.
03:45Juste la marge de LVMH là-dessus.
03:46La marge, simplement la marge.
03:48C'est l'entreprise privée.
03:48Pas le marketing.
03:50Pas...
03:50Ben oui, mais à l'arrivée,
03:51si on veut que le travail soit correctement payé,
03:54il faut que les marges...
03:55Les payés d'LVMH sont bien payés,
03:56je pense, ils ne se plaignent pas en tout cas.
03:57Je vous parle des sous-traitants là.
03:58Oui.
03:59Les sous-traitants...
04:00qui ont dit le coût du travail est trop élevé,
04:01parce que c'est tout le problème.
04:02Moi, je suis pour que...
04:03Le patron d'LVMH, il vient plus...
04:05Il va même plus loin,
04:05puisque Bernard Arnault a présenté ses résultats hier.
04:08Il accuse la France d'être...
04:10contre les entreprises en cherchant à les taxer au maximum.
04:12Il en veut une fois de plus à ce qui a été dit.
04:15C'est décidé, là, dans ce budget,
04:16une surtaxe sur les 300 premières entreprises françaises.
04:20Moi, j'inviterai M. Bernard Arnault
04:21à avoir un petit peu de décence
04:22quand, comme lui, on passe à traverser...
04:25pour son yacht à Malte,
04:26pour ses résidences immobilières,
04:27par les îles Caïmans,
04:28pour le Luxembourg...
04:30Quand on passe par des paradis fiscaux
04:32pour payer moins d'impôts,
04:34je pense que ça...
04:35ça réclame un peu de décence.
04:36On a aujourd'hui, on le sait,
04:37des milliardaires.
04:38Et M. Bernard Arnault...
04:40qui payent moins d'impôts en proportion
04:42que les infirmières.
04:44Est-ce que vous trouvez ça...
04:45C'est normal, vous ?
04:46Vous trouvez ça normal ?
04:47Non, c'est pas normal.
04:48Donc, il faut une remise à plate.
04:50Il faut que M. Bernard Arnault
04:52accepte de payer sa part d'impôts...
04:55pour nos écoles, pour nos hôpitaux.
04:56Vous venez de dire le bon mot,
04:58vous dites payer moins d'impôts...
05:00en proportion.
05:00Alors là, d'un seul coup,
05:01vous avez dit la réalité
05:02parce que la gauche,
05:04longtemps nous dit...
05:05un milliardaire paye moins d'impôts
05:07que sa secrétaire.
05:08C'est pas vrai.
05:08Bien sûr, sans proportion.
05:09En proportion.
05:10Mais donc, pour vous,
05:11on peut taxer toujours plus les riches
05:14le prix du parti ?
05:15Le parfum est toujours trop cher.
05:16Est-ce que, fondamentalement,
05:18vous êtes dans une détestation...
05:20du riche
05:21ou vous voulez que les gens
05:22puissent le devenir ?
05:23Parce que les deux
05:23ne sont pas compatibles.
05:25sont tout à fait compatibles,
05:26vous savez...
05:26Je vois pas comment.
05:27Si on déteste les riches...
05:28Ceux dont on parle...
05:30Les 500 fortunes françaises
05:33de Challenge,
05:34elles pesaient...
05:35L'équivalent de 5% du PIB
05:36il y a 30 ans,
05:38c'était 20%
05:39à l'IRVD Emmanuel Macron.
05:40Aujourd'hui,
05:41on a dépassé les 40%.
05:42Donc, on a des grandes...
05:43Réaliséons-nous
05:43de la réussite en France.
05:45Mais on a des grandes fortunes
05:46en haut
05:46qui, de la part,
05:47se gavent
05:47et c'est dans Challenge.
05:48Je ne sais pas.
05:49Non mais d'accord.
05:50Vous allez les taxer,
05:50ça va changer quoi au quotidien
05:52de l'assistante du milliardaire
05:53de vous parler ?
05:53Ça ne leur rendra pas le riche.
05:54Ça change deux choses.
05:55Ça change deux choses.
05:55Ça fait du financement
05:56pour nos services publics
05:58et ça fait que l'impôt...
06:00Les services publics
06:01sont les plus financés au monde.
06:02On a déjà...
06:03Il pleut de l'argent public.
06:05Et est-ce que nos services publics
06:06sont bons ?
06:06Ce n'est pas en rajoutant de l'argent
06:08que vous allez améliorer
06:08les services publics.
06:10Vous pouvez vous faire le défenseur
06:10de tous les Bernard Arnault du pays.
06:12Ça sera aux électeurs de tranchées.
06:13Et je vous assure que en la matière...
06:15Si vous avez plus de Bernard Arnault,
06:15ça serait toujours mieux.
06:16Mais comment on a plus de Bernard Arnault,
06:18vous savez ?
06:18Ce n'est pas en aidant LVMH.
06:20si on aidant les PME.
06:21Or, aujourd'hui, dans notre pays,
06:22les PME sont bien moins aidées
06:23que les multinationales.
06:25Et si la PME devient une grosse entreprise,
06:26vous la détestez.
06:27Donc, c'est ça.
06:28Je comprends la logique d'Antoine.
06:29En fait...
06:30Vous n'aimez pas les riches,
06:31mais vous dites quand même
06:31que les Français doivent devenir plus riches.
06:33Mais une fois qu'ils deviennent riches,
06:34vous allez les taxer.
06:35et les montrer du doigt.
06:36Je ne suis dans aucune détestation.
06:37Vous pouvez tous rester ce micard.
06:39Je ne suis dans aucune détestation.
06:40Est-ce que la France de François Ruffin,
06:41c'est la France du SMIC ?
06:42Non, c'est la France de deux fois le SMIC.
06:44Oui, mais alors...
06:45C'est-à-dire que je pense
06:47qu'on vit bien dans notre pays
06:48quand on touche à peu près 1,5.
06:50avec deux fois le SMIC.
06:51Et encore, il faut avoir deux revenus dans le pays.
06:52Moi, je veux gagner plus.
06:53Non, ça ne veut pas dire pas plus.
06:54Ça veut dire que...
06:55La France, là où j'aimerais m'amener.
06:56Vous savez, les gens...
06:57Voilà, les ouvriers...
07:00les verreries de la Somme,
07:01ben oui, je veux les amener
07:02vers deux fois le SMIC.
07:03Le...
07:04Le...
07:04Le...
07:05Les travailleurs essentiels...
07:06Alors, je regarde l'éducateur
07:08qui est à côté de moi, mais...
07:10Les auxiliaires de vie,
07:11les accompagnantes d'enfants
07:12en situation de handicap,
07:13les assistantes maternelles...
07:15Tous ceux dont on nous a dit
07:16pendant le Covid
07:17qu'ils tenaient le premier pays debout,
07:19à qui on a promis...
07:20reconnaissant ces rémunérations
07:21et qui derrière n'ont rien vu venir.
07:22Si, ce qu'ils ont vu venir,
07:23c'est deux ans de plus sur la retraite.
07:25Et c'est l'inflation.
07:26Mais ils n'ont rien vu venir
07:27sur leur fiche de paye.
07:28Ben voilà, oui, je souhaite que eux...
07:30...
07:30Leur salaire soit relevé
07:30et qu'ils puissent vivre de leur travail.
07:32Vivre de son travail,
07:33il y a deux choses.
07:34D'accord ?
07:34Il y a...
07:35un, ce qu'on met sur la fiche de paye
07:37et la deuxième chose,
07:38c'est le logement.
07:39Parce qu'on est...
07:40dans un pays où les loyers
07:41ont quasiment doublé.
07:42Plus 88% en 20 ans.
07:44C'est la charge principale.
07:45que le salaire, lui,
07:46n'a augmenté que de 13%.
07:47Donc évidemment,
07:48il faut réguler les loyers.
07:50Il faut un encadrement de loyer.
07:51L'encadrement de loyer,
07:52ça ne marche pas très bien.
07:53Mais c'est à cause de l'encadrement
07:54et du logement.
07:55social,
07:55que le prix des loyers monte.
07:57En fait,
07:57c'est votre logique.
07:58Ça sort des logements de marché.
07:59Il y a un encadrement.
08:00Il n'y a pas un professionnel
08:01de l'immobilier
08:02qui va raconter
08:02ce que vous racontez,
08:03monsieur Pierre.
08:04Mais non.
08:05Comment est financé
08:06le logement social aujourd'hui ?
08:07Dans un programme immobilier,
08:09c'est le...
08:10le promoteur immobilier
08:11qui finance le logement social
08:12qui va lui être acheté
08:13à un coût inférieur.
08:15à son coût de revient
08:16et il va donc se rattraper
08:17sur le logement
08:18qui vend au...
08:20privé aux classes moyennes.
08:21Et donc aujourd'hui,
08:21le logement social
08:22augmente le coût
08:24de...
08:25Vous pouvez être rassuré
08:25puisqu'on a eu
08:26moins 50%
08:27à peu près
08:28de logements sociaux
08:28et de logements...
08:29C'était...
08:30diminué d'un tiers
08:30plus exactement
08:31sur le mandat de Macron.
08:32Donc vous êtes très satisfait
08:33de ce point de vue-là.
08:34On est dans la...
08:35On est dans la non-construction,
08:36c'est formidable.
08:37Aujourd'hui,
08:37il y a 3 millions de demandes
08:38de logements publics.
08:39Et de logements...
08:40D'un autre côté,
08:40il y a 3 millions
08:41de logements vides.
08:41Il y a bien une équation
08:42à résoudre quand même.
08:43Et quand on construit,
08:44c'est pour...
08:45faire du Airbnb
08:45ou possiblement
08:46de la résidence secondaire.
08:48Donc il faut qu'on soit
08:48dans un pays où...
08:50veut construire
08:50pour permettre aux gens
08:51de se loger
08:52et de se loger moins cher.
08:53Et je vous le dis,
08:54à Paris...
08:55Lille, dans les métropoles
08:56où l'encadrement des loyers
08:57a été mis en place,
08:58ça a contribué à faire...
09:00stabiliser les loyers
09:01d'environ 5%.
09:02Pour un couple à Paris,
09:03un ménage à Paris,
09:04c'est 1 700 euros par mois.
09:05Ça a coupé la production
09:06de logements.
09:06Mais pas du tout.
09:06Pardon, ça n'a rien à voir.
09:07Alors, effondrement
09:08de la production de logements.
09:09Deux questions.
09:10Maître Sandine Pégan
09:11et Abel Boyer, l'éducateur.
09:13Oui, M. Ruffin.
09:14Moi, je vous...
09:15Je ne vous trouve pas
09:15très très honnête.
09:16Je vais vous dire pourquoi.
09:16Parce que donc là,
09:17on a bien compris
09:18que votre mesure populiste
09:19et...
09:20la mesure phare,
09:21le fait que vous serez
09:22président SMICAR.
09:22Vous êtes déjà député SMICAR,
09:23on est bien d'accord ?
09:24Oui.
09:25Oui, mais pardonnez-moi,
09:26mais à côté,
09:27vous avez des revenus,
09:28vous êtes producteur,
09:29vous avez écrit...
09:30Vous avez écrit plus
09:31d'une vingtaine de livres,
09:32donc vous avez des avaloires,
09:33vous avez aussi...
09:33Vous avez des revenus à côté.
09:35Donc vous vous doutez bien
09:36que vous ne pouvez pas
09:36vous mettre à côté des travailleurs
09:38en leur disant voilà...
09:39Parce que c'est très bien.
09:40C'est un impact fort en disant
09:41oui, je vais être un président SMICAR,
09:42mais à côté de ça,
09:43vous avez d'autres revenus.
09:45que les autres Français n'ont pas.
09:46Les autres Français,
09:47ils n'ont que le SMIC
09:47et ils doivent payer le logement,
09:49ils doivent payer l'énergie.
09:50doivent payer le transport et la santé.
09:51En tout cas,
09:52c'est tout ce que je coûterais aux Français,
09:53d'accord ?
09:53Moi, je n'ai pas dit
09:54qu'il fallait que les autres...
09:55fassent pareil.
09:55Je dis aujourd'hui,
09:57voilà ce que je ferai.
09:58Je serai un président au SMIC
09:59et pour...
10:00Pourquoi ?
10:00Pour que...
10:01Oui, mais c'est facile de dire ça,
10:02M. Ruffin,
10:02puisqu'à côté,
10:02vous avez des revenus.
10:03Vous avez des revenus
10:04en tant que producteur.
10:05et en tant que auteur.
10:05Soyez sérieux,
10:06quel est le principal revenu
10:07que je vais avoir ?
10:08C'est quand je serai à l'Elysée ?
10:10Eh bien,
10:10j'aurai mon loyer qui sera payé,
10:12j'aurai ma piscine à Brégançon.
10:15qui sera payé,
10:15j'aurai mes déplacements,
10:17je ne sais pas dans quelle berline
10:18qui sera payé,
10:19j'aurai le...
10:20pour aller je ne sais pas trop où
10:21à l'autre bout de la terre
10:22qui sera payé.
10:23Il me restera à acheter
10:23mes lunettes de Top Gun.
10:25et à acheter un jet ski.
10:28Voilà, c'est tout.
10:29C'est tout.
10:29Tout le reste...
10:30Ce sont les Français
10:31qui payent
10:32pour le Président de la République.
10:33Ça, c'est très Trumpien.
10:35Trump aussi,
10:35il renonce à son salaire
10:36en disant que tout est payé.
10:37Je ne sais pas si c'est de gauche.
10:38Et vous me dites
10:39que c'est même le duré.
10:40C'est celle que vous avez choisi
10:41de sortir ce matin
10:42et vous avez bien le droit.
10:42Moi, je vous en pose.
10:44La première que j'ai posée...
10:45C'est très démagogique, en tout cas.
10:46Dimanche, c'est quoi ?
10:47C'est de dire
10:48les gens qui viennent faire le ménage ici...
10:50qui souvent viennent tôt le matin
10:51dans les locaux,
10:52dans les bureaux,
10:52sur les plateaux
10:53parce que c'est le moment
10:54où il n'y a personne.
10:55Ces heures-là seront payées double.
10:57Et ça, ce n'est pas l'État qui payera,
10:58c'est RMC qui payera.
11:00Et voilà pourquoi ?
11:01Parce que les agents d'entretien,
11:02qu'est-ce qu'ils font aujourd'hui
11:03pour travailler ?
11:04Ils se lèvent tôt le matin.
11:05Ils viennent ici,
11:06ils font trois heures,
11:07ils repartent chez eux,
11:08ils ont un deuxième chantier le soir
11:09quand les locaux...
11:10sont vides,
11:10voilà comment ils vivent.
11:11C'est les femmes de ménage
11:13de l'Assemblée,
11:13quand je discute avec elles,
11:14elles...
11:15ils me disent quoi ?
11:15On n'a pas de vie.
11:16Nos enfants,
11:16on ne les voit pas le matin,
11:17on ne les voit pas le soir.
11:18J'ai interrogé un travailleur en...
11:20un agent d'entretien
11:22qui a eu la chance
11:22de passer en journée.
11:23Il me dit quoi ?
11:24J'ai retrouvé...
11:25J'ai retrouvé ma famille.
11:25Voilà.
11:26Si j'ai une mesure,
11:27la première mesure que je prends
11:28en entrant à l'Elysée...
11:30c'est celle-là
11:30parce que je pense
11:31que ça contribue
11:32à changer la vie
11:32de centaines de milliers
11:33de femmes et de...
11:35Justement,
11:35vous êtes candidat...
11:36Pardon Abel,
11:36mais on n'a pas encore parlé
11:38de cette candidature.
11:39Je ne comprends pas.
11:40Je ne comprends pas
11:41pourquoi vous ne passez pas...
11:42Vous passez par la primaire.
11:44Une primaire qui,
11:44quand même...
11:45sont le sapin
11:46à peine lancé
11:48puisque les deux principaux candidats...
11:50de gauche,
11:50Raphaël Glussmann
11:51et Jean-Luc Mélenchon
11:51ne veulent pas y participer.
11:52On dit que même
11:53François Hollande,
11:53s'il y va,
11:54il n'y participera pas.
11:55Pourquoi ne pas y aller directement
11:56François Ruffin
11:57avec ce que vous portez
11:58en vous présentant
11:58directement au premier tour ?
12:00Je parlais d'un agent d'entretien
12:01qui passait en journée
12:03que je rencontrais à Nantes, là.
12:05Il me décrit ça.
12:06J'ai retrouvé ma famille.
12:06À la fin,
12:07il me prend par la manche.
12:09Il m'amène dans...
12:10dans un coin
12:10et puis il chuchote,
12:11il me dit
12:11« Vous, la gauche,
12:13vous êtes notre voix. »
12:14Pour deux minutes,
12:152027,
12:16on a peur.
12:17Pour l'année prochaine,
12:17on a la boule au ventre.
12:19Entendez-vous.
12:20Entendez-vous.
12:21Donc il y a le souhait
12:22que chacun n'y aille pas dans son coin
12:24mais qu'il y a...
12:25un mode
12:25pour trancher,
12:28pour désigner
12:28qui doit être la voix de...
12:30Ça peut être le premier tour
12:30d'une élection présidentielle.
12:32Ça sert à ça, le premier tour.
12:32Oui, mais c'est pour ça que,
12:33quand même,
12:34de manière formidable...
12:34Avec un vote.
12:35Ça a été un grand succès
12:36les deux dernières fois
12:37puisque depuis dix ans,
12:38la gauche ne parvient pas
12:39au deuxième tour de la gauche.
12:40François Mitterrand
12:40et François Hollande
12:41sont arrivés au deuxième tour.
12:43Il y avait plusieurs candidats
12:43de gauche à l'époque.
12:45Manifestement, aujourd'hui,
12:46le cercle de la gauche
12:48s'est rétréci.
12:49Ce que je regarde...
12:50Pourquoi ?
12:50Parce que le rassemblement
12:51international a mangé tout ça.
12:52On a...
12:54C'est ça, à mon avis,
12:54votre boulot...
12:55C'est d'aller récupérer
12:55les électeurs de gauche.
12:57Alors, je sais que c'est
12:58ce que vous portez.
13:00et récupérer les électeurs
13:01de gauche perdus.
13:02Je suis élu dans une circonscription
13:03où le rassemblement
13:05rassemblement national
13:05et Marine Le Pen
13:06arrivent en tête
13:07de toutes les élections
13:08nationales,
13:09qu'elles soient présidentielles
13:09ou européennes.
13:10et très largement.
13:11Trois fois,
13:122017, 2022, 2024,
13:14nous les avons battus.
13:15Donc, je sais ce que ça veut dire
13:16aller parler aux gens
13:17et parler de leurs conditions concrètes.
13:20existantes,
13:20de leur logement,
13:21de leur travail,
13:22de combien...
13:23Comment ils peuvent élever
13:23leurs enfants ?
13:24Comment chasser...
13:25En fait, cette phrase
13:25qui traîne dans la tête des gens,
13:27une inquiétude
13:28qui est devenue une certitude.
13:30Nous vivons moins bien
13:31que nos parents
13:31et ça sera pire pour nos enfants.
13:33Eh bien, je suis là
13:33pour allumer la lumière.
13:35Alors, M. Ruffin,
13:36quand vous êtes arrivé
13:37dans le milieu politique,
13:38je me suis dit
13:38enfin un mec de terre.
13:40qui parle différemment
13:41et qui a à cœur les choses.
13:43On sent que votre cœur saigne
13:44pour les personnes...
13:45n'est plus faible.
13:46Mais j'ai l'impression
13:46qu'en fréquentant les politiques,
13:48vous avez tendance
13:49à devenir...
13:50devenir démago comme eux.
13:51Je vous écoute là
13:52depuis le temps que vous êtes là.
13:53Vous répétez les mêmes phrases.
13:55des formules différentes
13:56et surtout,
13:56je pense à cette citation
13:57de James Schumann-Clark
13:58qui dit que l'homme politique...
14:00pense à la prochaine élection,
14:01l'homme d'État
14:02pense à la prochaine génération.
14:04Et pour penser...
14:05à la prochaine génération,
14:05il faut penser jeunesse
14:07et petite enfance
14:08comme les autres politiques.
14:10J'entends rien
14:10dans un pays
14:12où il y a un enfant
14:13qui est violé
14:13toutes les trois minutes.
14:15dans un pays
14:15où il y a 3 millions d'enfants
14:16qui vivent sous le seuil
14:17de pauvreté
14:18et aussi les violences faites...
14:20dans un pays
14:21où on a une femme
14:21qui meurt sous les coups
14:22d'un homme
14:23tous les deux jours et demi
14:23à trois jours.
14:25dans un pays
14:25où toutes les deux minutes trente
14:26il y a une femme
14:27qui est victime de viol
14:28ou de tentative de viol.
14:30Qu'avez-vous à dire dessus ?
14:32Et ce que je vous reproche
14:32comme aux autres,
14:33c'est que vous avez la possibilité
14:35par l'accès aux médias
14:36que vous avez
14:36d'imposer des sujets.
14:38Et moi, un président...
14:40qui veut être payé au SMIC,
14:41excusez-moi l'expression,
14:42c'est pas pour vous manquer
14:43de respect,
14:44je m'en bats les steaks.
14:45Moi, j'ai envie de quelqu'un
14:46qui me fasse rêver
14:47et qui me dise
14:48que si je suis pauvre
14:49par mon travail...
14:50je peux devenir riche
14:51et j'ai envie de quelqu'un
14:52qui donne une perspective
14:53aux jeunes,
14:54aux enfants.
14:55et à toutes ces femmes
14:55qui sont battues,
14:56donc qu'avez-vous à dire dessus ?
14:58Parce que c'est une véritable bouche...
15:00et c'est des centaines
15:03de milliers de vies
15:04qui sont détruites chacun.
15:05chaque année.
15:05Et personne n'en parle
15:06dans la classe politique.
15:07Il resterait peu de temps.
15:08Vous dire que cet après-midi,
15:09je serai...
15:10dans le Pas-de-Calais,
15:11aux côtés des assistants familiaux,
15:12c'est-à-dire les personnes
15:13qui s'occupent des enfants...
15:15de l'aide sociale à l'enfance
15:15et l'aide sociale à l'enfance
15:17est un véritable scandale
15:18dans notre pays.
15:18C'est une catastrophe, ouais.
15:18J'y vais discrètement...
15:20Alors je le dis là
15:21au micro de RMC,
15:22mais parce que c'est à réformer
15:23de manière importante.
15:25Et sur les violences,
15:26sur les viols,
15:27il ne doit pas y avoir
15:28une plainte qui...
15:30n'est pas suivi d'une enquête.
15:31Aujourd'hui, il n'y a pas
15:32d'enquête derrière.
15:33Très souvent, il n'y a pas
15:33d'enquête.
15:34Il n'y a pas de relevé d'adoles.
15:35On n'emprunte pas le téléphone
15:36de l'agresseur
15:37pour voir les messages
15:38qui ont été envoyés.
15:38Tout ça n'est pas fait.
15:39Pourquoi ?
15:40Parce que à la fois
15:41les moyens de la police
15:42et de la justice
15:42ne sont pas suffisants
15:43et ce n'est pas encore aujourd'hui.
15:45pleinement prioritaire.
15:46Donc vous dire que j'ai évidemment
15:47très à cœur ces questions-là.
15:48Il ne faut plus en parler.
15:49Ça doit être là.
15:50La cause nationale numéro 1.
15:51Les enfants, les femmes,
15:53on nous parle de finances,
15:54de casting.
15:54Oui, il le faut.
15:55bien entendu.
15:56Mais il faut parler
15:56de nos enfants
15:57qui sont en train
15:58d'être détruits tout le temps
15:59et vous n'osez.
16:00pas vous comme les autres.
16:01C'est un sujet
16:02qui est tellement tabou.
16:03La classe politique
16:04a la peur d'aller...
16:05Justement,
16:06ça n'est nullement tabou,
16:07vous savez,
16:08j'ai fait des interventions
16:09entières à la...
16:10de l'Assemblée nationale
16:10pour dire,
16:11quand on nous dit
16:11qu'il y a trois enfants
16:12par classe
16:12qui sont victimes de violences...
16:13Oui, qui sont victimes d'inceste.
16:14Et bien, non.
16:15Normalement, la priorité...
16:16Je pensais que quand ce chiffre-là
16:17sortirait,
16:18il y aurait un bouleversement
16:19dans la société.
16:20et notamment dans l'éducation nationale
16:21et qu'on aurait un grand plan
16:22de prévention à la maternelle,
16:23à l'école primaire
16:24pour faire que...
16:25tous les enfants
16:25puissent être écoutés
16:26soit par un psychologue
16:27soit par quelqu'un
16:28pour sonder le mal qu'il y a.
16:29Oui, mais...
16:30derrière, ça veut dire
16:31des dégâts
16:32et en fait,
16:33un coup gigantesque,
16:34un coup humain.
16:35Justement,
16:35parce qu'Abel a tiré l'attention
16:37sur la violence
16:38faite à la jeunesse.
16:39Est-ce que vous êtes choqué ?
16:40Le fait que Jean-Marc Morandini,
16:41condamné,
16:42soit toujours sur l'antenne
16:43de CNews ?
16:43Ça me paraît évidemment
16:44un scandale.
16:45ça va de soi
16:46que normalement...
16:47Merci pour cette position.
16:50Je veux dire,
16:50malheureusement,
16:51vous savez,
16:52c'est comme quand il y a
16:52l'affaire Bétarame.
16:53Je me dis,
16:53bon ben voilà,
16:54ça va bouleverser...
16:55Et en fait,
16:56bizarrement,
16:57sur les violences faites aux enfants,
16:58il y a une acceptation.
16:59Il y a une acceptation.
17:00de la société
17:00et il n'y a pas
17:01le grand basculement
17:02qu'on attend
17:02sur cette question-là.
17:04Et donc,
17:04je vous dirais...
17:05que Morandini,
17:06on est un symptôme.
17:07C'est un symptôme de ça.
17:08Et je le regrette.
17:10Et je pense que voilà,
17:11l'affaire Bétarame,
17:11il y a un certain nombre d'affaires
17:12qui nous permettent
17:13de passer...
17:13Mais parlez-en plus,
17:14s'il vous plaît.
17:15Il faut mettre ça sur la table.
17:17Merci François.
17:18Merci à vous.
17:18D'être passé par...
17:20Jégé par les grandes gueules.
17:21Justement,
17:22François Ruffin l'évoquait,
17:23il sera un président payé au SMIC.
17:24Ce matin...
17:25Louis Sarkozy,
17:26qui est chroniqueur aussi sur RMC,
17:27candidat à la mairie de Menton,
17:29estime à l'inverse
17:29qu'il faut...
17:30Il faut mieux payer les politiques.
17:33Les pays davantage.
17:34Alors...
17:35Comment êtes-vous ?
17:35Le camp Louis Sarkozy,
17:36le camp François Ruffin,
17:37on va en discuter avec vous
17:38au 32-16.
17:39Reste avec nous.
17:40Nous, il est 11h20.
Commentaires

Recommandations