- il y a 11 minutes
Aujourd'hui, c'est au tour de Clémence Guetté, députée LFI et vice-présidente de l'Assemblée nationale, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:05C'est la députée France Insoumise Clémence Guettet. Bonjour madame la députée.
00:09Bonjour.
00:09Ce matin l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau était l'invité d'R.M.C. et B.F
00:14.M.
00:14Et voilà ce qu'il a dit à propos d'L.F.I. Il était avec Apolline de Malherbe.
00:18On a un parti absolument sédicieux qui a une fascination pour la violence.
00:23Se solidariser avec la jeune garde, appeler à l'insurrection, remettre en cause nos institutions,
00:29mettre une cible dans le dos de nos gendarmes, de nos policiers,
00:33ça dessine un parti qui n'est plus du tout républicain.
00:36On a un parti qui essaie d'organiser l'insurrection dans le pays.
00:40Je pense aujourd'hui qu'il y a une question qui se pose.
00:42C'est la question de l'interdiction de L.F.I.
00:44Je sais que c'est très difficile en droit.
00:46Mais je la pose, je la lance dans le débat public
00:49parce qu'on ne peut plus faire comme si de rien n'était.
00:52Se pose la question de l'interdiction de L.F.I.
00:54Que répondez-vous à l'ancien ministre de l'Intérieur ?
00:56Rien que ça.
00:57C'est vraiment, il est dans la mesure, M. Retailleau, c'est admirable.
01:02Sa campagne patine, donc j'imagine qu'il cherche des moyens qu'on parle de lui.
01:06Donc je vais vous faire une réponse très courte et on ne va pas y passer des heures.
01:10Proposer d'interdire la principale force de gauche dans notre pays,
01:15il me semble que c'est ce comportement-là qui est irresponsable.
01:18Les oppositions ont le droit d'exister dans notre pays,
01:21on a le droit de s'opposer, on a le droit de proposer des choses.
01:23Et par ailleurs, tout ce qu'il dit est absolument faux, on n'a jamais appelé à la violence,
01:27on n'est pas un parti sélicieux.
01:29Voilà, mais par contre, on combat très fortement Macron, les macronistes de la première heure,
01:33comme M. Retailleau.
01:34Alors justement, là en ce moment, la violence se manifeste à Nantes, un lycée a pris feu,
01:39le lycée Nelson Mandela.
01:41Est-ce que vous appelez à l'apaisement ?
01:43Alors, je suis ravie que vous m'invitiez pour parler des lycées.
01:46Donc on va commencer par parler des revendications des lycéens et des lycéennes qui sont mobilisées.
01:49Mais répondez à ma question avant.
01:50Non, je vais d'abord faire la réponse que je veux,
01:52puis après on parlera de ce que vous avez envie de parler.
01:54Les revendications des lycéens et des lycéennes, elles sont très importantes.
01:58La jeunesse dans notre pays, elle n'est pas écoutée.
02:00Ce mouvement qu'on voit là se déployer, il est parti de Créteil,
02:03de ma circonscription d'un lycée qui s'appelle Saint-Exupéry,
02:06dans lequel je me suis rendue.
02:07Dans lequel il y avait un blocage, en effet, qui était très calme, très pacifique.
02:10Et moi, ce que j'ai vu, c'est la mobilisation d'une jeunesse
02:16qui est consciente politiquement d'être quasiment sacrifiée.
02:20Aujourd'hui, on parle d'établissements,
02:22généralement ceux qui sont dans les quartiers populaires,
02:24où il manque de tout.
02:25Il manque de profs, il manque d'accompagnantes, d'élèves en situation de handicap,
02:29d'infirmières, d'assistantes sociales.
02:31Il y a des rats dans les établissements, il y a des plafonds qui s'effondrent,
02:34il n'y a pas de papier toilette.
02:35Je veux dire, est-ce que vous, vos enfants,
02:37vous accepteriez qu'ils étudient dans de telles conditions ?
02:40Moi, ma réponse, c'est non.
02:41Et comme responsable politique et député de la circonscription,
02:44en l'occurrence, je me suis rendue dans ce lycée,
02:46et on continuera de se rendre dans les lycées.
02:49Aujourd'hui, il y en a 600 qui sont bloqués.
02:51Et donc là, vous allez me parler dans ce plateau,
02:53et sans doute me faire de multiples relances à ce niveau.
02:56Je vais y répondre.
02:59Je vais y répondre, mais laissez-moi donner une lecture politique
03:02de la mobilisation qui est en train de se passer maintenant.
03:06Mais ma question, est-ce que vous appelez à l'apaisement,
03:07puisqu'on voit qu'un lycée à Nantes, notamment, a pris feu ce matin ?
03:10Évidemment.
03:10Alors, on a toujours été très clair là-dessus,
03:12donc je vais l'être à nouveau ce matin avec vous.
03:15La violence dessert ce type de mouvement.
03:18Elle fait que, par exemple, sur ce type de plateau,
03:20on parle de ça plutôt que de parler des revendications légitimes de la jeunesse.
03:25Elle dessert exactement le mouvement.
03:29C'est ce que je viens de vous dire.
03:31Le mouvement, non, mais celles et ceux qui se mobilisent
03:34pour qu'on entende leurs revendications.
03:36Donc ça, ce type de violence, ce type de dégradation,
03:40nous les condamnons de manière extrêmement claire.
03:43Évidemment, évidemment.
03:44En fait, ça dessert le mouvement
03:48parce qu'on ne peut plus parler des revendications.
03:50Ce que Bali Bagayoko,
03:53qui n'a pas besoin de porte-parole,
03:55puisqu'il s'est exprimé sur une autre chaîne ce matin même,
03:58a expliqué que lui, comme maire,
04:00oui, son rôle, c'était d'être auprès des lycéens et des lycéennes
04:03qui se mobilisent parce qu'ils étudient dans des conditions
04:06qui sont indignes et insupportables.
04:08Il a dit que face à la répression
04:11qui s'abat sur ce mouvement des lycéens,
04:13il y avait une montée en tension.
04:15Et il a appelé à la désescalade.
04:17Et il a dit aussi que la violence n'était aucunement la façon
04:21dont nous, on considère qu'il faut se mobiliser.
04:23Et par ailleurs, vous avez montré les images du lycée à Nantes.
04:26J'ai des camarades députés qui sont sur place,
04:29qui ont accompagné ces mouvements,
04:31qui témoignent du fait que, généralement,
04:33les mobilisations sont extrêmement calmes,
04:34y compris il y a, en fait, ça vous échappe,
04:36mais il y a aussi des parents d'élèves.
04:37Il y en a d'ailleurs qui se sont pris des tirs de LBD dans les jambes.
04:40Je pense à une femme en Seine-Saint-Denis
04:42qui s'est prise un tirs de LBD.
04:43Il y a des parents d'élèves, il y a des professeurs.
04:45Et il y a parfois, parfois,
04:47ces minoritaires sur les 600 lycées
04:49qui sont bloqués et qui sont mobilisés aujourd'hui,
04:51il y a parfois des éléments extérieurs
04:53qui viennent et qui font ce type de pratiques.
04:56Moi, je le dis très clairement,
04:58qui dessert, qui dessert.
04:59Je l'ai déjà dit, vous n'allez pas me mettre des mots dans la bouche.
05:03Est-ce que vous condamnez,
05:04je termine simplement sur cette question, la condamnation,
05:06est-ce que vous condamnez
05:07ceux qui s'en prennent aux journalistes ?
05:10Notamment, il y a des journalistes de BFM TV
05:11qui ont été agressés, insultés
05:13devant un établissement scolaire.
05:15Est-ce que vous condamnez ces agressions ?
05:16Vous n'allez pas me demander de condamner.
05:18Et si, et si, et si.
05:19La violence n'est pas notre mode d'action.
05:22Je trouve insupportable que des journalistes
05:24ne puissent pas exercer leur métier.
05:26J'estime qu'ils doivent être là
05:27pour justement rendre compte
05:28des revendications des lycéennes et des lycéens,
05:31pour les faire grandir
05:32et qu'on devrait avoir une réponse du gouvernement
05:35qui soit autre que la répression policière.
05:37Donc vous ne diriez pas, par exemple,
05:38que BFM TV est raciste ?
05:39Vous ne diriez pas que BFM TV est raciste ?
05:42J'estime, y compris,
05:42qu'il y a eu un traitement raciste
05:44contre Bali et Bagayoko sur BFM TV.
05:46Oui, par certains des invités,
05:47par certains des chroniqueurs.
05:49Mais je pense que vous n'allez pas être
05:52en désaccord avec ça.
05:53Que BFM TV est raciste ?
05:54Qu'il y a eu un traitement raciste
05:55de M. Bali Bagayoko,
05:56il n'y a pas eu un traitement raciste
05:57à aucun moment depuis son élection.
05:59Il n'y a eu des questions posées
06:00à un maire nouvellement élu.
06:02Il y a eu des gens
06:02qui sont intervenus sur cette antenne
06:04pour le comparer à un singe.
06:06Donc excusez-moi, mais voilà.
06:08C'était pas cette antenne,
06:08c'était sur CNews, mais ça n'a rien à voir.
06:09Oui, c'est la même chose.
06:11C'est les chaînes d'info en continu.
06:14Bien sûr qu'il y a un problème
06:15de cadrage raciste,
06:17y compris d'ailleurs
06:18dans la mobilisation des lycéens
06:19et à l'encontre du maire de Saint-Denis.
06:22Depuis qu'il est élu,
06:23il y a un décharnement,
06:24notamment de l'extrême droite.
06:26Mais non, qu'est-ce que vous racontez ?
06:27On a le droit de lui poser des questions aussi,
06:28j'espère.
06:29Oui, vous avez le droit
06:29de lui poser des questions.
06:30Mais est-ce que vous considérez,
06:32vous, à un moment donné,
06:34que d'abord,
06:35la majorité de ces blocages de lycées
06:37se font dans le calme ?
06:38Est-ce que vous arrivez à le reconnaître ?
06:40Et que donc le sujet majoritaire,
06:42c'est ce qu'il porte.
06:43Est-ce que vous arrivez à considérer aussi
06:45que la répression policière
06:47qui s'abat sur des lycéens,
06:49est-ce que ça vous choque
06:49quand une jeune fille, par exemple,
06:51est étranglée par un policier,
06:53elle a 14 ans,
06:54c'est une enfant ?
06:54Est-ce que ça vous choque
06:55quand il y en a un
06:56qui se prend un LBD dans les dents
06:58et qui perd des dents ?
06:59Est-ce que ça vous choque
07:00qu'à Tours, le jeune Maël,
07:01il est perdu un oeil
07:02parce qu'il s'est mobilisé devant le lycée ?
07:04Moi, ça me choque.
07:05Ce sont des gamins,
07:06ce sont des enfants.
07:07Et donc la réponse policière,
07:09elle est disproportionnée.
07:12C'est pour ça qu'il ne faut pas
07:13les pousser à bloquer.
07:13Mais les lycéens,
07:14on ne les pousse pas à se bloquer.
07:15Ils bloquent leur lycée
07:16parce qu'ils ne peuvent pas étudier.
07:20Il y avait Émilie Caron ce matin
07:20avec un mégaphone carrément
07:21qui a rangé la foule.
07:24Parce que c'est le rôle d'un député.
07:25Notre rôle d'élu,
07:26c'est quand il y a des gens
07:27qui souffrent
07:28d'être à leur côté.
07:29Mais bien sûr que c'est...
07:30Le rôle d'un élu,
07:30c'est le côté d'élu,
07:31vous êtes député.
07:32Vous n'êtes pas élu,
07:33je suis élu.
07:33Moi, j'estime que les gens
07:34de ma circonscription,
07:35quand ils souffrent,
07:37quand ils dénoncent des injustices,
07:39mon rôle,
07:39c'est de me tenir à leur côté.
07:41Et par ailleurs,
07:42il y a un schéma
07:42qu'on voit se répéter.
07:44C'était la même chose
07:45pour la mobilisation
07:45des gilets jaunes,
07:47la mobilisation contre
07:48la réforme des retraites,
07:49la mobilisation des lycéens.
07:51Il y a un mouvement d'ampleur
07:52qui est légitime sur le fond.
07:54Il y a quelques faits isolés
07:56de violences
07:57et les plateaux
07:57ne parlent plus que de ça.
07:59Et le gouvernement
08:00est donc exonéré
08:02de pouvoir répandre sur le fond.
08:04Parce qu'il est très à l'aise
08:05de pouvoir répandre.
08:05Il n'est pas très instrumentalisé
08:06par les insoumis.
08:07Bien sûr que non.
08:08Mais en fait,
08:08arrêtez de prendre les gens
08:09pour des idiots.
08:10Les lycéens,
08:11ce n'est pas des idiots.
08:12Comment ça se fait que le président
08:13de l'union syndicale lycéenne
08:14était sur une liste insoumise ?
08:16Comment ça se fait
08:16que l'ancien président
08:17s'appelle Louis Boyard
08:19qui est député insoumis ?
08:20C'est des coïncidences ?
08:21D'accord,
08:22mais ça ne vous aura pas échappé
08:23qu'il y a des gens
08:23qui peuvent appartenir
08:24à des associations,
08:25à des syndicats
08:26et puis ensuite
08:26devenir des élus.
08:27Ça ne vous aura pas échappé.
08:29Ils sont tous insoumis ensuite.
08:30Comment ?
08:30Ils sont tous élus insoumis.
08:32Les syndicalistes étudiants,
08:33non,
08:33ils ne sont pas tous insoumis.
08:35C'est tous des socialistes,
08:37mais ce n'était pas un problème.
08:39Aujourd'hui,
08:40ce sont les insoumis.
08:41Mais voilà,
08:41chacun son tour.
08:41Qui sait qu'elle vend la poupe ?
08:43Ça veut dire
08:43qu'il y a une instrumentalisation politique ?
08:45Mais bien sûr que non,
08:46ça ne veut pas dire ça.
08:47Monsieur Boyard,
08:48il a été en effet
08:49syndicaliste lycéen.
08:50Il n'était pas
08:50à la France insoumise.
08:52Ensuite,
08:52il a été élu
08:53de la France insoumise.
08:54Il est député
08:54et il n'est plus
08:55syndicaliste lycéen.
08:56Il continue de faire
08:57la tournée des lycées.
08:57Comment ?
08:58Il continue de faire
08:58la tournée des lycées.
08:58Mais parce que c'est notre rôle.
09:00C'est là où on est attendus.
09:01Vous l'assumez, oui.
09:02Bien sûr que je l'assume.
09:04D'y être.
09:04Et par ailleurs,
09:05de protéger les élèves.
09:06Parce que franchement,
09:07il y a des situations
09:07qui sont extrêmement dangereuses.
09:10Et à chaque fois
09:10qu'on est sur place,
09:11on incite au calme,
09:13à la dédéscalade.
09:14Mais les profs,
09:15les profs,
09:17les personnels
09:17de l'éducation nationale,
09:18les parents d'élèves
09:19qui se mobilisent
09:20et les lycéens
09:21qui se mobilisent.
09:22Vous voyez,
09:23il y a des tracts
09:23qui circulent.
09:24Macron et l'extrême droite
09:25n'ont rien à proposer
09:26à la jeunesse.
09:27Il est temps de riposter.
09:28Engage-toi et rejoins
09:28les lycéens,
09:29lycéennes insoumis.
09:31Et quel est le problème ?
09:33Non, mais je dis que c'est...
09:34Vous recrutez en ce moment,
09:35c'est ça ?
09:36Non, mais franchement,
09:37franchement,
09:37c'est pas rendre justice.
09:39C'est Anthony.
09:40C'est pas un faux tract.
09:41Je vous crois,
09:43même si je pourrais douter,
09:45mais je vous crois en l'occurrence,
09:46c'est pas parce qu'il y a
09:47dans un lycée,
09:48un tract que vous trouvez
09:49comme ça,
09:50que le mouvement national
09:51qu'on voit aujourd'hui
09:52est instrumentalisé
09:53par la France insoumise.
09:54Nous, on demande
09:56à être au contraire
09:57utilisés politiquement.
09:58On se fait les relais,
09:59les porte-parole.
10:00Mais les lycéens,
10:01ni en 68,
10:03ni en 90,
10:05ni aujourd'hui,
10:06n'ont besoin
10:06de quelques responsables politiques
10:08que ce soit
10:08pour constater
10:09qu'ils étudient
10:10dans des conditions
10:10absolument indignes.
10:11Non, mais on est d'accord
10:12sur les conditions indignes.
10:13C'est bien qu'on le dise.
10:14On l'a dit dès le départ.
10:15Mais j'étais pas là.
10:16Je sais bien.
10:17J'arrive en cours.
10:18Non, mais je sais bien.
10:18Mais on a même commencé
10:19l'émission avec ça,
10:20avec des témoignages
10:22de parents.
10:23Et moi, j'étais pas là.
10:24Non, non, mais je le dis.
10:25C'est pour pas nous faire passer
10:26pour ce qu'on n'est pas non plus.
10:28Mais simplement...
10:29Comme moi, vous voyez,
10:30on est tous en train
10:30de rétablir la vérité.
10:32Simplement pour dire
10:33qu'en plus,
10:33on est dans une campagne électorale
10:35avec une présidentielle.
10:36Des lycéens,
10:37il y en a qui peuvent être
10:38majeurs.
10:38La plupart sont mineurs,
10:40mais oui.
10:40au moment de voter.
10:40Il faut être majeur
10:41l'année prochaine.
10:43À 14 ans,
10:44la gamine qui s'est fait étrangler,
10:45elle n'aura pas le droit
10:46de vote l'année prochaine.
10:47Moi, je pense à elle.
10:48Quand on est en terminale,
10:49on a 17 ans,
10:50on a 18 ans l'année prochaine,
10:51on est lycéen.
10:52Et c'est un beau vivier de voix
10:53pour vous aussi.
10:54Non, mais je vais vous dire.
10:55Ce mouvement,
10:56quand il est bien accompagné
10:58dans certains établissements,
10:59c'est le cas.
11:00Je vois des profs,
11:01par exemple,
11:01dans ma circonscription,
11:02c'était encore le cas ce matin.
11:03Les profs,
11:04ils sont dehors
11:04avec les lycéens
11:05qui en effet bloquent
11:07leur lycée
11:07et ils les font,
11:09par exemple,
11:09faire un exercice démocratique
11:11qui est intéressant
11:11de noter toutes leurs revendications
11:13à l'écrit
11:13pour ensuite aller voir
11:14le proviseur.
11:14Et d'autres profs
11:15sont là contre le blocage
11:16en disant qu'ils aimeraient
11:17bien pouvoir continuer
11:18de faire cours
11:18alors le lycée bloqué
11:19c'est illégal.
11:20Dans plein de lycées,
11:21c'est des blocages filtrants.
11:22Vous savez,
11:23les élèves qui veulent aller étudier,
11:25ils ont le droit de le faire.
11:26Moi, dans les lycées
11:27où je suis allée,
11:28c'était le cas.
11:29C'était comme ça
11:29que ça se passait.
11:30Question de Nogigé,
11:31on y va Joël Dagosseri.
11:33Non, moi je me posais
11:34la question depuis l'élection
11:35de M. Bagayoko
11:36si vous étiez
11:37une bonne chose
11:38pour les quartiers populaires
11:40dont je suis issu
11:41ou la pire chose.
11:43Et plus ça avance
11:44et mon avis
11:45commence à être tranché,
11:46je crois que vous êtes
11:46la pire chose
11:47qui puisse nous arriver.
11:48Honnêtement,
11:49vraiment, je vous le dis.
11:50Là, par exemple,
11:51sur la rhétorique
11:52que vous avez
11:53en disant que la violence,
11:54en fait,
11:55ça desserre le mouvement.
11:57Vous êtes tellement idéologisés
11:58que pour vous,
11:59la violence,
11:59ça desserre le mouvement.
12:00Pour moi,
12:01la violence,
12:02ça desserre les élèves.
12:03La violence,
12:03c'est dangereux pour les élèves.
12:05Infiné,
12:05si le mouvement s'essouffle,
12:06c'est les lycéens
12:07qui ne sont pas entendus, madame.
12:08C'est des vies humaines.
12:09Ce n'est pas le mouvement.
12:09Ce n'est pas pareil.
12:10C'est des vies humaines
12:11qui participent
12:11à un mouvement
12:12de revendication politique.
12:13Non, non, non.
12:13Quand moi,
12:14j'ai mes neveux
12:14qui vont au collège ce matin
12:16ou au lycée
12:16et que ça brûle.
12:17Vous espérez que ça se passe bien,
12:18je pense.
12:18Et que ça brûle.
12:19Vous espérez que ça se passe bien ?
12:31Vous notez uniquement
12:32les violences qui viennent
12:33de la police
12:33et vous avez raison.
12:35Mais vous ne notez pas...
12:36J'ai parlé de l'incendie
12:38à Nantes, par exemple.
12:39Ça desserre le mouvement.
12:40Vous voyez,
12:41vous parlez de mouvement.
12:42Non, la violence,
12:42c'est hyper dangereux.
12:44Tout à fait.
12:44C'est hyper dangereux
12:45pour les gamins
12:46qui ont 15-16 ans
12:47et qui vont ce matin au lycée
12:48parce qu'en fait,
12:49ils pensent à tort ou à raison.
12:51Mais en tout cas,
12:52ils se disent qu'en manifestant
12:53ou en donnant leurs revendications,
12:55ils vont être entendus.
12:56C'est d'abord eux
12:57que ça touche.
12:58Et pas le mouvement.
12:59Pas le mouvement,
13:00madame Guettet.
13:00Vous comprenez ?
13:01Eux et leurs revendications ?
13:03Non, non.
13:03Mais si ?
13:04Non, pas le mouvement.
13:05L'Ibagayoko,
13:06quand il va devant le lycée,
13:07il participe à éteindre
13:08le feu de poubelle ?
13:08Moi, je suis d'accord avec vous.
13:10C'est dangereux.
13:11Vous utilisez le ressentiment.
13:14C'est leur métier.
13:16Vous utilisez le ressentiment
13:18qu'il peut y avoir
13:20dans ces quartiers.
13:21Moi, je me suis intéressée
13:22à quelques chiffres
13:22et notamment
13:24à ce qui intéresse
13:24les banlieues.
13:26La sécurité,
13:26par exemple,
13:27les habitants
13:27qui veulent vivre en sécurité,
13:28qui veulent vivre tranquillement
13:30dans leur quartier.
13:31C'est top 3
13:32de leurs revendications.
13:34Dans ces quartiers-là,
13:35vous avez,
13:35et vous le savez,
13:36qu'il y a 20%
13:37de création d'entreprises.
13:39C'est dynamique.
13:40Donc, on a une affaire...
13:41J'y vis, vous savez.
13:42Oui, je sais.
13:43Donc, je partage
13:43les préoccupations.
13:44On a envie d'être tranquille.
13:46On a envie de pouvoir
13:46avoir un avenir.
13:47On a envie d'étudier
13:48dans des bonnes conditions.
13:49Oui, mais on a affaire
13:49à une jeunesse
13:50qui s'intéresse
13:50à la liberté économique,
13:52à pouvoir s'enrichir.
13:53Et vous avez un programme
13:54qui est contre ça.
13:55Vous avez l'impression
13:55qu'ils s'enrichissent ?
13:57Vous connaissez
13:57les taux de pauvreté ?
13:59Ils aspirent à s'enrichir.
14:00Oui, mais ça ne marche pas,
14:01en fait,
14:02la politique macroniste.
14:03On n'est pas dans un truc
14:04anticapitaliste dans les cités.
14:04Je vous le dis tout de suite,
14:05ce n'est pas vrai.
14:06Non, mais d'accord.
14:07Vous, vous constatez
14:08que le capitalisme
14:09et le néolibéralisme,
14:10ils ont permis
14:10à tous ces jeunes
14:11de s'enrichir ?
14:12Mais je ne vous dis pas
14:12que ça a fonctionné.
14:13Non, ça ne fonctionne pas.
14:15Ils veulent devenir
14:16des Américains.
14:17Mais pour l'instant,
14:19le budget,
14:20c'est la coupe
14:21des aides sociales,
14:22c'est le gel des salaires.
14:23Mais sachez que dans les banlieues,
14:24il n'y a pas de néolibéralisme
14:25en France.
14:26Vous racontez vraiment des trucs.
14:27Ce n'est pas un pays néolibéral.
14:29Et vous savez, madame,
14:30je ne sais pas
14:30où vous habitez maintenant
14:31puisque là,
14:31vous vous faites
14:32la porte-parole des quartiers.
14:34que j'ai quitté le 93.
14:35D'accord, mais moi,
14:35j'habite dans le Val-de-Marne.
14:37J'habite dans un quartier populaire.
14:38Donc, vous n'êtes ni plus légitime
14:40que moi
14:40à parler des aspirations
14:42et des revendications.
14:43Un, vous n'y êtes pas né.
14:44D'accord ?
14:45Contrairement à moi.
14:45Et vous pensez que je suis née
14:46avec une cuillère d'argent
14:48dans la bouche ?
14:48Peu importe.
14:49Pourquoi ?
14:50Je ne comprends même pas
14:51l'angle de votre interpellation.
14:52Si, l'angle de mon interpellation,
14:54c'est de dire que
14:54vous vous servez
14:55des gens des quartiers populaires.
14:56Et vous n'avez pas la réponse.
14:58Et j'en veux pour preuve
14:59les mots que vous employez
15:01sur la violence
15:01qui, pour vous,
15:02desserrent un mouvement.
15:03Non, ça ne desserre pas
15:04un mouvement.
15:05La violence...
15:06Ça desserre des revendications
15:07qui ne sont pas écoutées
15:08et dont vous ne me parlez pas
15:09non plus aujourd'hui.
15:10Elle est dangereuse
15:11pour les élèves
15:11et les gamins qui s'y rendent.
15:12Je suis d'accord avec ça.
15:13D'abord.
15:14Vous restez avec nous,
15:15Clémence Guettet,
15:16députée La France Insoumise.
15:17Elle est l'invité des GG,
15:18des Grandes Gueules.
15:19À propos de ce mouvement lycéen,
15:21on va aussi parler du budget
15:22qui arrive à l'Assemblée nationale.
15:23Oui, il y a beaucoup
15:24de choses à en dire.
15:25Parce que ça,
15:25ça va être une autre...
15:26Le rêve capitaliste
15:27des habitants
15:28dont on venait de parler
15:29juste avant.
15:30Ah bah, excusez-moi...
15:31Les coupes partout,
15:31dans la santé,
15:32dans l'éducation nationale,
15:33dans les salaires,
15:34il n'y a pas le poster
15:35de Clémence Guettet.
15:36Ça, je ne peux rien dire.
15:37Il n'y a pas le poster
15:37de Clémence Guettet
15:38dans la chambre
15:39d'un gamin de cité.
15:40J'en rêve pas.
15:41J'en rêve pas.
15:42C'est pour vous dire
15:42que leur figure de référence,
15:45ce n'est pas Clémence Guettet.
15:46Ils ont des posters
15:46David Lissnard.
15:47Ils aiment beaucoup
15:48David Lissnard.
15:49Aucun politique.
15:51Aucun politique.
15:52Excusez-moi,
15:53mais je ne comprends
15:54ni le niveau d'agressivité,
15:56ni là où vous voulez en venir
15:57dans votre interpellation.
15:58Je n'ai jamais rêvé
15:59d'être la star de personne.
16:00Je fais de la politique.
16:02Voilà.
16:02Oui, vous faites de la politique.
16:03Je porte des propositions
16:04qui visent à répondre
16:05à une situation
16:06qui est inacceptable
16:07dans leur chambre.
16:08Il y a un gros ressentiment
16:09dans les banlieues.
16:10D'accord ?
16:10Je sais, j'y vis, madame.
16:11Pendant des années,
16:12on ne s'est pas occupé
16:13des habitants des banlieues.
16:14Je le sais.
16:15J'ai stigmatisé.
16:15Je le sais.
16:16Et vous venez, en fait,
16:17comme des sortes de...
16:18Je n'ai jamais été au pouvoir
16:19dans les 40 dernières années.
16:20Vous venez...
16:20Le mépris, il n'est pas venu
16:22de notre partie politique.
16:24Alors, on reprend la discussion
16:25dans un instant
16:26avec Clémence Guettet,
16:27avec Sandrine Pégan,
16:28l'avocate,
16:29avec Bruno Poncé,
16:30le cheminot.
16:31On sera notamment
16:31sur le budget.
16:33On nous dit qu'à Marseille,
16:34il y a un proviseur
16:35qui se retrouvait
16:36aspergé d'essence.
16:37Il y a eu des incendies
16:38aussi à Marseille.
16:40Espérons que, voilà,
16:41ça ne dégénère pas
16:42plus que ça dans cette journée
16:44où on voit une espèce
16:44de conjonction aussi
16:45entre les étudiants
16:46et les lycéens
16:48sur fond de revendications
16:49pour plus de moyens
16:50et de meilleures conditions
16:52pour étudier aussi.
16:53A tout de suite
16:54avec les Grandes Gueules.
16:54Il est 11h20.
16:59RMC.
17:00Alain Marshall.
17:01Olivier Trussaud.
17:03Les Grandes Gueules.
17:041, 2, 3, 4.
17:14Vous êtes avec les Gégis
17:15avec les Grandes Gueules.
17:16Il est 11h25.
17:17On aura un dernier sujet
17:18de discussion
17:18tout à l'heure
17:19dans 10 minutes
17:20à propos de la taxe sucre
17:23qui arrive aujourd'hui.
17:24La taxe sucre
17:25sur les produits transformés.
17:26Est-ce que c'est une bonne chose
17:27ou pas ?
17:27Alors, toujours pareil,
17:28on a fait la taxe sodale,
17:29on va avoir une taxe sucre.
17:31Ce n'est pas pour autant
17:32qu'on arrête
17:32de manger du sucre.
17:33Ça s'appelle une taxe comportementale.
17:36C'est-à-dire qu'on pense
17:37que par la taxe,
17:38on fait changer
17:38le comportement des gens.
17:40Sauf que la taxe existe déjà
17:41et qu'il n'y a jamais eu
17:43autant d'obèses en France.
17:44Donc, on se pose la question
17:45de l'efficacité.
17:46Mais bon, est-ce qu'il faut...
17:46Si vous ne parlez pas
17:47des salaires des gens,
17:48vous ne pouvez pas trouver
17:49de solution non plus.
17:50Ils achètent la nourriture
17:51qu'ils peuvent acheter
17:52avec les salaires qu'on a.
17:53Donc, est-ce que cette taxe
17:54sur les produits sucrés transformés
17:56pourrait être efficace ?
17:57On en parlera avec vous
17:58au 32-16.
17:58Nous sommes avec la députée
18:03il y a eu un échange
18:04avec Joël Dagosseri.
18:05Monsieur Bruno Ponset,
18:07Cheminot, question
18:08et ensuite Maître Pégan.
18:09Moi, je l'ai dit en berger.
18:11En fait, nous, les Français,
18:13moyens ou pas,
18:14classe moyenne ou pas,
18:15on n'a jamais aussi mal vécu
18:17que ces dix dernières années
18:18avec Macron.
18:19Là, il y a un budget qui arrive.
18:20On est quasiment sûr
18:21que vous allez le censurer.
18:22Moi, ce qui m'interpelle toujours,
18:23c'est la gauche.
18:26Moi, on me dit toujours la gauche.
18:27Et vous, on vous appelle
18:27l'extrême gauche.
18:28Moi, qui suis un peu
18:30dans ces mouvements-là,
18:31je ne pense pas
18:31que c'est l'extrême gauche.
18:32Mais bon, on leur expliquera
18:33aux autres que c'est
18:34vraiment l'extrême gauche.
18:34Moi, je suis dingue,
18:35c'est d'entendre les socialistes
18:36dire qu'on va peut-être
18:37laisser passer ce budget.
18:38Ce n'est pas possible, en fait.
18:39En fait, aujourd'hui,
18:40ça, c'est depuis
18:41la fondation Terra Nova
18:42où, à un moment donné,
18:43les mecs ont abandonné
18:43les catipopulaires
18:44pour ne penser qu'au CSP+.
18:45Mais ce n'est pas possible
18:46de laisser passer ce budget
18:48qu'on nous annonce.
18:4954 milliards, soit disant,
18:50d'économie, mais sur nous, en fait.
18:51Sur nous.
18:53Sur tout ce qui peut permettre
18:54aux gens un peu de survivre
18:55avec des salaires à 1 400 balles.
18:56Et moi, je n'arrive pas
18:57à comprendre pourquoi,
18:58aujourd'hui, les socialistes
18:58ne reviennent pas
18:59sur ce qui devrait être
19:01leurs deux pieds,
19:01c'est-à-dire la gauche.
19:03Moi non plus,
19:03je n'arrive pas à comprendre.
19:04Donc, je ne vais pas essayer
19:05de me faire leur porte-parole.
19:08Je ne comprends pas
19:09comment on peut hésiter
19:10à censurer un budget
19:11où, en effet,
19:12le Cornu demande
19:1254 milliards d'économies.
19:14Vous l'avez dit à l'instant.
19:15C'est absolument énorme.
19:1754 milliards d'économies.
19:18Ça va toucher les APL,
19:20les aides sociales
19:21qui sont gelées,
19:23les petites pensions de retraite
19:24qui vont être impactées.
19:25La prime d'activité aussi.
19:26La prime d'activité, en effet.
19:29Beaucoup de sujets
19:29sur la santé,
19:31parce que le budget de la sécu,
19:32ça va être une catastrophe aussi.
19:33Vous allez sans doute
19:34en parler dans vos prochains plateaux
19:35parce que les prix des mutuelles
19:37vont augmenter pour surcompenser.
19:39Il y a des soins dentaires,
19:40notamment,
19:40qui ne vont plus être remboursés.
19:42Le transport sanitaire,
19:43vous savez,
19:43pour aller à l'hôpital,
19:44qui vont être moins remboursés aussi.
19:46Donc, bref,
19:47les gens,
19:47ils vont renoncer à des soins.
19:48On va renoncer collectivement
19:50à des services publics
19:51parce qu'on parle
19:51de l'éducation nationale.
19:53On parle de la santé.
19:54On parle de la façon
19:55dont on vit les uns avec les autres.
19:5754 milliards de coupes.
19:58Pourquoi ?
19:59Parce qu'on ne va pas chercher
20:00de recettes supplémentaires.
20:01Je ne vous refais pas le topo.
20:03Nous, on plaide
20:03pour qu'il y ait
20:04des impôts supplémentaires
20:05sur les plus grandes entreprises
20:07et sur les plus riches de ce pays.
20:10On s'y refuse
20:11et du coup,
20:12on attaque les gens.
20:13Enfin, Macron attaque les gens
20:14qui ont des tout petits moyens.
20:16Mais Clémence Guettet,
20:16il y a une autre stratégie possible.
20:18C'est-à-dire,
20:18vous laissez passer ce budget
20:19parce qu'on est quand même observé
20:20par ceux qui nous prêtent de l'argent.
20:21Donc, il faut quand même
20:22un peu les rassurer.
20:23Et puis,
20:23si vous arrivez au pouvoir,
20:24vous le corrigez.
20:25C'est dans quelques mois.
20:26C'est un demi-budget,
20:27en quelque sorte.
20:28Non, mais mon rôle
20:30comme parlementaire de l'opposition,
20:32c'est qu'on présente un budget.
20:34Mon rôle, ensuite,
20:35c'est de l'amender,
20:35de faire des propositions.
20:36On va le faire.
20:37Ça va durer quelques semaines.
20:38On va le faire.
20:39On va proposer des choses.
20:40Parfois même,
20:41c'est accepté, d'ailleurs,
20:42à l'Assemblée nationale.
20:43Par exemple,
20:43la taxe Zuckman,
20:44on l'a votée
20:45majoritairement à l'Assemblée nationale.
20:46Sauf qu'après,
20:46il y a un 49-3
20:47et les mesures
20:49qu'on a pu voter,
20:50elles sont supprimées
20:50par le gouvernement.
20:51Donc,
20:52quand on est dans cette situation,
20:53le bout du chemin,
20:54pour nous et pour l'opposition
20:55de manière générale,
20:56c'est la censure.
20:57C'est de dire,
20:58le seul moyen parlementaire
21:00qui reste à notre disposition,
21:01c'est de dire
21:01qu'on censure ce gouvernement.
21:03Sauf que Sébastien Lecornu dit,
21:03attention, danger,
21:04on est au bord de la crise financière.
21:06Oui,
21:06mais l'année dernière,
21:08vous vous souvenez,
21:08l'année dernière,
21:09les cartes vitales
21:09n'allaient plus fonctionner.
21:11Ça allait être
21:12une pluie de désastre
21:13sur le pays.
21:14Il s'est absolument rien passé
21:16parce que les marchés
21:17ne sont pas inquiets
21:18sur la situation française,
21:20outre le fait
21:21que les génies
21:22de la finance
21:23des macronistes,
21:24là,
21:24ils ont fait 1280 milliards
21:25de dettes supplémentaires
21:26avec les mêmes recettes
21:27depuis 10 ans
21:28que celles qui veulent appliquer
21:29dans le budget qui arrive.
21:30Donc vous n'êtes pas inquiet
21:30par ce risque de krach financier ?
21:32Alors,
21:33je suis inquiète
21:34du risque de krach financier
21:35pour d'autres raisons
21:36que pour le budget
21:37que nous,
21:38nous pourrions proposer
21:39si nous étions au pouvoir.
21:40Parce qu'aller taxer
21:41des gens
21:42qui s'enrichissent
21:43démesurément
21:44depuis 10 ans,
21:45c'est qu'une juste répartition
21:48des richesses
21:49et de la création
21:50de richesses
21:50dans ce pays.
21:51Ce n'est pas ça
21:51le problème.
21:52Aujourd'hui,
21:52le problème,
21:53c'est l'endettement,
21:54le déficit
21:54et on voit bien
21:55que les recettes
21:55qui sont appliquées
21:56par les macronistes,
21:56elles ne fonctionnent pas.
21:57Elles ne portent pas leurs fruits.
21:59Sangre Pégan.
22:00Madame Guettet,
22:01déjà bonjour.
22:01Merci d'être là
22:02parce que je sais
22:02qu'il y a eu quand même
22:03quelques réticences
22:05de part d'autres
22:06de vos collègues
22:07de venir sur BFM TV
22:09et RMC.
22:10Là, on n'est pas sur BFM TV
22:11on est sur RMC.
22:11BFM TV et RMC,
22:12oui, c'est le même groupe.
22:12C'est pour ça que
22:12si je me suis terminé,
22:13j'aurais dit aussi RMC.
22:14On va y aller sur BFM
22:15après, on va remonter un peu le mieux.
22:16Oui, voilà, c'est ça.
22:17On va y aller, on va y aller.
22:19Je suis avocat pénaliste,
22:20je n'ai pas préparé de saillis,
22:21je ne vais pas être agressive
22:23envers vous,
22:23je vous demande
22:24de ne pas être condescendante
22:24comme vous avez pu le faire
22:25avec Olivier Truchot.
22:27Moi, juste,
22:27je veux comprendre une chose.
22:29En tant qu'avocat pénaliste,
22:30pour moi, le code pénal,
22:31c'est juste la légitime défense
22:33qui est reconnue.
22:34Alors, je n'arrive pas
22:35à me départir
22:36de ce qui se passe là actuellement
22:37et quand on voit les images,
22:38donc on parle du budget, etc.,
22:39mais là, quand on voit
22:40ce qui se passe
22:40par rapport au lycée,
22:42je ne peux pas faire autrement
22:43que de vous poser à nouveau
22:44la question
22:45et de revenir sur le sujet
22:47de la mobilisation
22:48des lycéens.
22:49Vous dites,
22:49et c'est ça que je ne comprends pas,
22:51que vous condamnez la violence.
22:53Sauf que j'ai le sentiment,
22:54et pardonnez-moi,
22:55peut-être que je me trompe,
22:56mais à chaque fois,
22:57à chaque mouvement social,
22:58votre parti est toujours associé
23:00à ce mouvement social.
23:02Instrumentalisation du chaos.
23:03C'est notre rôle ?
23:04Non, parce que c'est...
23:05On a des responsables
23:05politiques de gauche.
23:06Parce qu'à chaque fois,
23:06vous êtes en train
23:07d'instrumentaliser le chaos.
23:08Et moi, j'ai le sentiment,
23:09et c'est pour ça
23:10que je vous pose la question,
23:10j'ai le sentiment que finalement,
23:13vous nourrissez
23:13de ces revendications des lycéens
23:15pour, et vous vous en servez
23:16comme un peu
23:16un carburant politique.
23:17Mais quand vous me dites,
23:18non, non, aujourd'hui,
23:18je condamne la violence,
23:19mais faites-le en amont.
23:20Moi, j'ai entendu...
23:22Vous m'avez toujours appelé au calme, madame.
23:22Non, je n'ai entendu
23:25aucun membre LFI
23:27dire, ne frappez pas,
23:28ne cassez pas.
23:29Bien sûr que si.
23:29Non, bien sûr que non.
23:30Il y a juste Alexis Corbière
23:32qui l'a dit hier
23:32sur le plateau de BFM TV,
23:34hier soir, in extremis,
23:35et après du coup...
23:35Il n'est pas chez nous.
23:36Mais justement,
23:37mais mine de rien,
23:37c'était un de vos anciens.
23:38Bali Bagayoko l'a redit ce matin.
23:39Alors, justement,
23:40M. Bagayoko,
23:41le fait qu'il y a un signalement...
23:42C'est quoi votre question, du coup ?
23:42Alors, est-ce que vous trouvez
23:44que le signalement
23:45dont fait l'objet M. Bagayoko
23:47par rapport à la provocation directe
23:49à l'incitation à la violence,
23:51est-ce que pour vous,
23:52vous l'acceptez,
23:53vous trouvez que c'est injuste,
23:54que c'est un complot,
23:55que finalement,
23:56ou c'est juste un retour des choses,
23:57puisque quand lui dit
23:58la violence peut-être légitime,
23:59il ne dit pas est légitime,
24:00elle dit elle peut-être légitime.
24:01Voyez, je suis d'une honnêteté
24:03intellectuelle infaillible.
24:04Pour moi, je vous dis encore une fois,
24:05la violence n'est jamais légitime.
24:06Seule la légitime défense l'est.
24:08Donc, quelle est votre question ?
24:09J'ai compris votre opinion,
24:10mais votre question, c'est ?
24:11Alors, est-ce que,
24:12je la répète,
24:13est-ce que vous acceptez
24:14cette procédure judiciaire
24:15qui va être...
24:16Que faire d'autre ?
24:16Enfin, je veux dire,
24:17voilà, il y a une justice
24:18dans ce pays.
24:19Mais est-ce que vous criez au complot ?
24:21Est-ce que vous dites,
24:21encore une fois,
24:22on essaie de nous taire ?
24:24Je ne crie pas au complot,
24:26mais Bali Bagayoko
24:27s'est exprimé lui-même
24:28sur la situation.
24:29Il y a des images, d'ailleurs,
24:31qui montrent
24:31ce qu'il a fait devant ce lycée.
24:32Il y a une poubelle
24:34qui était en feu
24:34près des grilles.
24:35Il a éloigné des grilles
24:36pour ne pas que ça prenne feu.
24:37Oui, je sais bien,
24:38mais je ne peux pas
24:38me demander parti.
24:39Il a discuté avec les lycéennes
24:40et avec les lycéens.
24:41Il leur a dit, à chaque fois,
24:43de faire les choses dans le calme.
24:45Il s'est fait le porteur,
24:47le porte-parole
24:48de leurs revendications
24:49auprès du gouvernement.
24:50Il a interpellé le Premier ministre.
24:52Il est dans son rôle de maire.
24:53Après, il y a une enquête
24:54qui est déclenchée.
24:56S'il était dans son rôle de maire,
24:58Madame VT,
24:58il n'y aurait pas eu de signalement.
25:00Vous voyez,
25:00il y a un peu un débordement
25:02qui est fait.
25:02Mais vous vous rendez bien compte
25:03que je ne maîtrise pas
25:06qui intente des poursuites
25:08contre lui.
25:09Il y en a.
25:10Voilà, maintenant,
25:10la justice va faire son travail.
25:12Il y aura une décision de justice.
25:13On en a déjà parlé.
25:13Mais oui, mais bon,
25:15tu te rends compte
25:15ce qui se passe là ?
25:16C'est quand même gravissime.
25:17Mélenchon est annoncé
25:17au deuxième tour partout.
25:19On fait venir quelqu'un des filles.
25:20Pas dans le dernier sondage.
25:21Tu peux faire ce que tu vois,
25:22on en parlera.
25:22On fait venir quelqu'un des filles
25:23pour dire,
25:24mais les filles,
25:25vous faites ça.
25:25Et même à un moment donné,
25:26il faut peut-être se poser la question
25:27aujourd'hui de dire
25:28que les filles sont derrière
25:28tout ce qui se passe mal au pays
25:29parce que Mélenchon
25:30va être au deuxième tour certainement.
25:32Donc en fait,
25:32il faut assassiner l'ancien.
25:33Mediapart a publié
25:36des écrits attribués
25:37à Jordan Bardella,
25:39des écrits antisémites.
25:40Est-ce que vous croyez Mediapart ?
25:41Il n'a pas publié encore.
25:42Bien sûr, oui.
25:43Je n'ai aucune raison
25:45de remettre en question
25:46des journalistes d'investigation
25:47qui ont l'air très certains
25:48de leurs faits,
25:49qui annoncent d'ailleurs
25:50qu'ils vont expliquer précisément
25:53les dizaines de mails
25:54auxquels ils ont eu accès,
25:55la façon dont ils ont procédé
25:56pour les identifier.
25:57Donc je n'ai aucune raison
25:58de le remettre en question.
26:00J'ai vu d'ailleurs
26:00qu'il me semble que c'était vous
26:01qui avez reçu
26:03les journalistes d'investigation
26:04en l'occurrence.
26:06Vous les avez questionnés
26:06sur la face...
26:07Enfin, ce dont ils disposaient
26:09comme source,
26:09comme preuve, etc.
26:11Voilà.
26:11Un échange de mails.
26:12Évidemment, je les crois.
26:14Je trouve que la façon
26:16dont M. Bardella
26:18remet en question
26:19cette enquête...
26:20Il dit que ça n'a jamais existé,
26:22ce sont des faux,
26:23une manipulation.
26:23Voilà, et la façon
26:25dont ils les attaquent
26:26immédiatement en justice
26:27est quand même relativement
26:30cousue de fil blanc.
26:31Donc il va y avoir
26:31des suites à cette histoire.
26:33Moi, ce que je veux dire
26:33plutôt sur le fond,
26:35c'est que les propos
26:36qui sont rapportés,
26:37ils sont absolument
26:39scandaleux.
26:40Si, c'est vrai.
26:40Vous pourriez utiliser,
26:41s'il vous plaît,
26:42le conditionnel.
26:42On n'a pas encore
26:43les éléments de preuve
26:45devant nous.
26:45Je vous trouve
26:47très prudente.
26:48Mais c'est mon rôle d'avocat aussi.
26:49Si vous savez,
26:50ce qu'on appelle
26:50Madame Guettet,
26:51c'est ce qu'on appelle
26:51l'état de droit.
26:52D'accord.
26:52D'autres journalistes,
26:54des journalistes,
26:54qui ne sont pas de cette antenne,
26:56mais qui sont d'un journal
26:57tout à fait respectable,
26:58ont été accumulés,
26:59ils ont quand même
27:02assumé d'avoir eu
27:03cinq procédures à leur endroit.
27:05Cinq procédures judiciaires
27:05et ils ont été condamnés
27:06définitivement.
27:07Et donc,
27:07bon, pardonnez-moi.
27:08Et donc,
27:08vous pensez que c'est pour ?
27:09Alors, ils ne sont pas infaillibles.
27:10Donc, je vais terminer.
27:11Mediapart n'est pas infaillible.
27:12Mais évidemment,
27:13c'est des journalistes,
27:15ils font leur boulot,
27:16ils ont des sources,
27:16ils en rendent compte.
27:18Donc, vous les croyez ?
27:19Vous pouvez les croire,
27:20ne pas les croire.
27:20Mais ce n'est pas mon sujet.
27:21Mon sujet,
27:22c'est le fond
27:22de ce qui est cité dans ces mails.
27:24C'est les preuves.
27:25Les pires poncifs,
27:27antisémites,
27:28complotistes,
27:28c'est vraiment
27:30absolument ignoble
27:31et inacceptable.
27:31Et puis répondez-vous
27:32à Bernard-Henri Lévy
27:33qui dit finalement
27:33qu'on risque d'avoir
27:35comme choix au second tour
27:37le choix entre
27:37deux populistes antisémites.
27:39C'est-à-dire que pour lui,
27:40Mélenchon ou Bardella,
27:42c'est la même chose ?
27:43Alors,
27:44qu'est-ce que vous voulez
27:45que je lui réponde
27:46à part que c'est outrancier,
27:47que franchement,
27:48ça me paraît là aussi
27:49absolument abject.
27:50Voilà.
27:51Il y a des propos
27:52de M. Bardella
27:52sur lesquels je note
27:54qu'on passe extrêmement vite
27:55qui sont antisémites
27:57très clairement.
27:59Le parti fait bloc
28:00derrière lui.
28:01Et d'ailleurs,
28:02vous êtes peut-être surpris,
28:03je ne suis pas surprise
28:04qu'un parti
28:05qui a été fondé
28:05par des antisémites,
28:06je parle du Rassemblement National
28:08à l'époque,
28:09M. Le Pen
28:09qui lui-même
28:10a été condamné
28:11plusieurs fois
28:11parce que c'était
28:12un antisémite notoire.
28:13Et Jordan Bardella
28:14disait d'ailleurs
28:14qu'il n'était pas antisémite.
28:15M. Bardella avait dit
28:16puisqu'il avait dit
28:17que non,
28:17pas tant que ça,
28:18etc.
28:19Je ne suis pas étonnée
28:20de cette filiation idéologique.
28:23C'est vrai que
28:23ces accusations
28:23d'antisémitisme
28:25sont portées aussi
28:25contre les insoumis
28:26régulièrement.
28:27Oui, on s'est expliquées
28:30sur ces accusations
28:32que je trouve
28:32parfaitement ignoble,
28:34abjecte,
28:34il n'y a pas
28:34des cris de ce type
28:35chez nous,
28:36ce n'est pas
28:36notre filiation idéologique,
28:37on a toujours été
28:38du côté de la lutte
28:39contre l'antisémitisme
28:40et contre toutes les formes
28:41de racisme
28:42et de discrimination
28:43par ailleurs.
28:45On a fait
28:46pourquoi la France insoumise
28:48est responsable
28:48des blocus
28:49et des violences
28:49dans les lycées,
28:50vous pouvez faire
28:51pourquoi la France insoumise
28:52est responsable
28:52des propos
28:53de Jordan Bardella
28:54mais franchement,
28:54à mon avis,
28:55vos auditeurs
28:55vont décrocher
28:56un petit peu quand même.
28:57On peut peut-être
28:58parler deux secondes
28:59de pourquoi
28:59l'extrême droite
29:00est toujours antisémite
29:01dans ce pays.
29:01Pourquoi elle l'est ?
29:02Parce que c'est
29:03ses racines idéologiques
29:04parce que,
29:05par ailleurs,
29:06c'est un parti
29:07qui a une filiation
29:08qui est très claire,
29:09qui a toujours attisé
29:10la haine
29:11et la division des Français
29:12et qui continue
29:13à le faire.
29:14Aujourd'hui,
29:14ils sont très ouvertement
29:15islamophobes,
29:16on peut en parler aussi
29:17et donc,
29:18on est face à
29:19une véritable histoire
29:22où finalement,
29:23on voit que
29:23la stratégie
29:25de la dédiabolisation
29:26qu'ils ont théorisée ainsi,
29:27derrière les TikTok
29:28où on mange des bonbons
29:30et la cravate
29:31bien mise comme il faut,
29:32finalement,
29:33ce sont les mêmes personnes.
29:34Merci Clémence Guettet
29:35d'être passée par
29:36l'IGG,
29:37députée de la France insoumise.
29:39Rendez-vous maintenant
29:39à l'Assemblée nationale.
29:40à l'Assemblée nationale.