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Aujourd'hui, c'est au tour de François Ruffin, candidat à la présidentielle, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00RMC face aux grandes gueules
00:05François Ruffin, député debout de la Somme et candidat à l'élection présidentielle, est avec nous.
00:10Bonjour Monsieur le député.
00:12Bonjour.
00:12Bonjour François Ruffin. La Cour d'appel de Paris va dire cet après-midi si Marine Le Pen peut, oui
00:17ou non, se présenter pour l'élection présidentielle.
00:21Ce matin, Laurent Wauquiez disait, si jamais la justice empêche Marine Le Pen, ça sera une crise de la démocratie.
00:28Vous êtes d'accord avec ça ?
00:29D'abord dire que le Rassemblement National est le seul parti qui fait sa primaire au tribunal.
00:34Et pourquoi ? Pourquoi ? Il faut rappeler les faits quand même.
00:38C'est une distribution par Marine Le Pen d'emplois fictifs comme des pains au chocolat.
00:43À sa sœur, à sa belle-sœur, à son chauffeur, à son garde du corps, jusqu'au majordome de son
00:49père, pour 4,5 millions d'euros et étalé sur plus de 10 ans.
00:52Et le jugement de première instance, il parle non pas de petites erreurs, mais d'un système, d'un système
00:59qui a duré pendant une décennie jusqu'à temps que la justice s'en saisisse.
01:03Et moi, je rappelle quelles étaient les déclarations.
01:05Qui disait ? Qui disait quand allons-nous mettre en place l'inigibilité à vie pour les élus condamnés durant
01:12leur mandat ? Marine Le Pen.
01:14Qui disait, je demande l'application stricte et entière de la loi via le principe de tolérance zéro ? Marine
01:20Le Pen.
01:20Qui disait, les Français en ont marre qu'il y ait des affaires, ils en ont marre des élus qui
01:23détournent de l'argent ? Marine Le Pen.
01:25Qui disait, il faudrait rendre inéligibles ceux qui ont été condamnés pour favoritisme, pour détourner leur mandat de fonds, pour
01:30emploi fictif ? Marine Le Pen.
01:33Et la troisième proposition de son programme, en 2022, la troisième, troisième mesure, donc très haut, c'était supprimer toute
01:40possibilité de réduction et d'aménagement de peine.
01:43Donc, ça veut dire qu'elle ne devrait même pas porter le bracelet électronique, vraisemblablement cet après-midi, elle devrait
01:47aller directement en prison.
01:49Ce n'est pas ce qui va se passer.
01:49Mais voilà, quels étaient les propos de Marine Le Pen.
01:53L'inéligibilité à vie.
01:55Oui. Donc, la justice, là, elle fait son travail.
01:58Et donc, ce n'est pas grave si la favorite est empêchée ?
02:02Elle a commis une faute, une faute dans la durée, que je viens de décrire. Ce n'est pas une
02:09petite erreur.
02:10Il y a deux peines. Il y a la peine en elle-même et l'inéligibilité. C'est une double
02:12peine, en fait, en quelque sorte.
02:14C'est l'empêcher de se présenter en démocratie. Est-ce que ce n'est pas le peuple souverain qui
02:18doit avoir le dernier mot ?
02:19C'est elle qui souhaitait l'inéligibilité à vie.
02:22Oui, non, mais d'accord. Mais vous, qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
02:23Elle a une éligibilité qui n'est que très provisoire et qui, pour moi, normalement, je veux dire, si jamais
02:29on appliquait la peine de manière stricte, elle serait en prison.
02:33Oui, on n'applique jamais les peines de manière stricte.
02:35Est-ce qu'on imagine un candidat en prison ? Non. Je vais vous dire ce que je ressens. Je
02:41vous écoutais hier, j'écoute les radios. Je ressens, finalement, dans ce pays, une acceptation de la corruption, dont Marine
02:47Le Pen est l'un des symboles, dont Nicolas Sarkozy est un symbole, à mon sens, beaucoup plus grave parce
02:54que c'est un crime contre la nation qui a été commis par Nicolas Sarkozy.
02:58Mais en dessous, il y a toute, pour moi, aujourd'hui, une fusion entre l'argent et l'État. Et
03:04finalement, ce que je ressens, c'est que le corps social est en accoutumance de ça.
03:09En tout cas, c'est ce que j'entends. Je vais vous dire côté politique, vous allez avoir aujourd'hui
03:13une grande loi du silence. Ils vont très peu s'exprimer sur ce cas parce que finalement, ça va faire
03:17corps.
03:17Et je vois que, du côté des médias, il y a plutôt une compréhension de la tolérance vis-à-vis
03:23de ça.
03:23Vous parlez d'argent. Il y a une personne qui pourrait nous coûter des dizaines de millions d'euros, une
03:29fois qu'il va quitter le pouvoir.
03:31C'est Emmanuel Macron. C'est ce que vous dites. Il aura 49 ans l'année prochaine.
03:36Et vous pensez que les avantages qui sont prévus pour les anciens chefs de l'État sont trop importants, qu
03:43'il faut réduire tout ça ?
03:44Nous avons produit un cahier de campagne dans le cadre de la présidentielle pour une loi de séparation de l
03:50'argent et de l'État
03:50qui est finalement nos mesures en matière de probité. Et l'une de nos mesures, c'est de supprimer les
03:56avantages à vie,
03:56une nouvelle abolition des privilèges pour les anciens présidents de la République.
04:01Aujourd'hui, ils ont quoi ? Ils ont pour toute leur vie trois collaborateurs. Un logement, des bureaux.
04:09Ils ont un chauffeur avec le véhicule de fonction. Ils ont un majordome.
04:14C'est-à-dire que ça nous coûte à peu près 2 millions d'euros par an, par président. Là,
04:18vous en avez deux.
04:19Alors quand on a un président qui quitte le pouvoir jeune, ça va coûter cher sur la durée ?
04:24Là, ça nous fera 6 millions d'euros par an pour les anciens présidents.
04:29Moi, je considère que quand on abandonne son mandat, quand on quitte l'Élysée, on redevient un citoyen ordinaire.
04:35Ce n'est pas un peu démago de s'attaquer à ça parce que ça ne va pas résoudre notre
04:38problème de dette ?
04:38– 6 millions d'euros dans une école, ça fait du bien.
04:41– D'une part, c'est à ce que ça peut représenter pour les Français en termes de budget.
04:47Mais évidemment, ce sont des présidents, tous, ils ont dit qu'il fallait faire des efforts.
04:51Voir pour certains qu'il fallait faire des sacrifices.
04:53Et les prochains vont dire la même chose.
04:55Et je pense que c'est vrai, le pays en a besoin.
04:57Mais il doit y avoir un ruissellement de l'exemple qui doit venir d'en haut.
05:01On ne peut pas demander aux Français de faire des efforts.
05:04Et là, il faut mesurer à quel point il se serre la ceinture.
05:07Là, depuis quelques années, les salaires réels ont baissé dans notre pays.
05:11Les salaires sont devenus moins forts que l'inflation.
05:13– Est-ce que vous laissez au moins les officiers de sécurité ?
05:16– C'est dans la proposition de loi.
05:19Quand une menace est avérée, il y a une protection policière.
05:22C'est évident.
05:23– C'est une proposition de loi que vous avez déposée cette semaine.
05:26– Qui vient d'être déposée.
05:27Dans la foulée de notre cahier de campagne.
05:29– Et vous pensez qu'elle peut passer ?
05:30Parce qu'on a une assemblée un peu compliquée là.
05:33– Non, mais il s'agit de la portée.
05:35En tout cas, vous savez, l'ONG Transparency International,
05:39dans son rapport, elle dit quoi ?
05:40La France dégringole dans le classement de la lutte contre la corruption.
05:44La France risque de perdre le contrôle contre la corruption.
05:47Et elle parle d'une léthargie politique.
05:50Eh bien, je suis là pour sortir la France de sa léthargie politique
05:54face à la corruption, parce qu'il y a de la loi du silence,
05:56parce qu'il y a de la coutumance, mais parce qu'il y a aussi des conséquences.
06:00Pas que morale.
06:01– Moi, payer les anciens présidents, ce n'est pas ce qui me choque le plus,
06:04mais je suis d'accord sur le fait que si on veut rétablir…
06:06– Même s'ils travaillent à côté ?
06:07– Oui, non mais ça reste des montants à l'échelle d'un État qui sont symboliques.
06:11En revanche, excusez-moi, moi j'ai travaillé dans le monde des affaires,
06:15dans le monde des médias et dans la politique.
06:17Et ce qui me choque le plus, c'est à quel point tous ces gens-là sont amis,
06:20et on ne peut pas reprocher à des amis de se protéger,
06:22puisque moi-même, je protège mes amis.
06:24En revanche, quand tout ce système-là, et ce n'est pas complotiste que je dis,
06:27je crois que c'est largement documenté depuis très longtemps, sont amis,
06:30comment on fait pour éviter qu'il y ait de la corruption à tous les étages ?
06:33Moi, par exemple, j'ai vu, on pourrait citer Castaner,
06:36qui est sorti de son ministère pour aller travailler chez Chine.
06:38Excusez-moi, c'est hallucinant, mais moi j'ai vu aussi des conseillers de l'ombre
06:41qui partaient pour travailler chez Total.
06:43Donc, comment on fait ?
06:45Quand on travaille avec le patron de Total, et qu'on devient amis,
06:48qu'on travaille jusqu'à 3h du matin,
06:49je comprends qu'on ait envie de défendre ses intérêts, qu'on ait envie de le défendre,
06:52mais après on ne peut pas retourner en politique, ça ne marche pas.
06:54Comment on fait ça ?
06:55– En tout cas, vous pointez le doigt sur ce qui n'est pas de l'ordre de la symbolique,
07:00mais qui est la véritable corruption de la nation.
07:02C'est ce qu'on appelle de manière gentille les pantouflages et rétro-pantouflages,
07:06et ça a l'air sympa parce que c'est des champs en thèse, ça a l'air pépère.
07:09C'est ce qu'on appelle aussi les portes tournantes,
07:11mais il faut bien voir que les gens qui franchissent la porte,
07:13ils le franchissent avec un bout de la République.
07:17Et c'est devenu industriel.
07:19Ce sont en 3 ans plus de 500 ministres aux fonctionnaires
07:24qui sont passés, pas seulement dans le privé,
07:26mais qui sont passés dans le privé au poste de lobbyistes, d'affaires publiques,
07:30c'est-à-dire pour vendre leur canet d'adresse.
07:31Vous avez cité Christophe Castaner, mais c'est devenu une mode.
07:35Tous les ministres se mettent à former leur cabinet conseil à la sortie des ministères
07:40pour vendre leur numéro de téléphone.
07:43Et finalement, des entrées dans les ministères...
07:45Vous écoutez, comment ils font ?
07:47Parce qu'à la fois vous voulez supprimer leurs avantages
07:49et vous les empêchez de travailler.
07:51Non, mais il y a plein d'autres choses à faire que de faire du lobbying
07:55et que de faire des affaires publiques, et y compris dans le privé.
07:58Il y a des tas de choses à faire.
07:59On peut travailler dans l'industrie et monter des process industriels.
08:02Ils sont compétents pour ça.
08:03En tout cas, ils sont compétents pour une chose, c'est sûr.
08:06S'ils ne sont pas compétents pour grand-chose, pourquoi on les met au ministère ?
08:08D'accord ?
08:09Donc, en fait, ils accumulent des adresses et ensuite, ils vendent ça.
08:14Ils vendent leur canet d'adresse.
08:15Mais alors, pourquoi ?
08:16C'est pour ça qu'ils deviennent tous avocats.
08:17En fait, on est gouverné par des lobbyistes.
08:18Moi, je veux qu'on te dise que ce n'est pas qu'une question de morale.
08:21Ça a des conséquences sur le pays.
08:22Quand l'industrie est vendue par petits bouts,
08:26Alcatel, Arcelor, Alstom,
08:27que l'ancien conseiller de Macron à l'industrie
08:29devient le directeur France de Général Électrique,
08:32voilà.
08:33Là, pourquoi on a des data centers partout ?
08:35Pourquoi on a porte ouverte pour Amazon, Google ?
08:38Parce que c'est l'avenir ?
08:39Non.
08:39Pourquoi ?
08:40Parce que vous avez les principaux régulateurs,
08:43des hauts fonctionnaires,
08:44qui sont tous passés à faire du lobbying du côté de...
08:47Tout le monde fait des data centers partout.
08:49Non, mais Olivier, Olivier, moi, je voudrais intervenir.
08:51Là, c'est un autre sujet, mais la France est le pays du monde médaille d'or
08:55où il y a le plus d'investissement des GAFAM sur son territoire.
08:59Nous n'avons pas de la souveraineté numérique,
09:01nous sommes en train de construire une colonie numérique.
09:03Et je dis, on accepte la colonisation de l'État
09:06par des intérêts privés, par les intérêts multinationales,
09:09qu'on fait confondre avec l'intérêt national.
09:11Moi, je vous écoute et c'est très intéressant
09:15parce qu'en fait, ce que vous dites,
09:16c'est ce que les Français, dans leur majorité, ressentent et pensent.
09:21Parce qu'en fait, en France, en politique, on pense idéologie.
09:24Et en fait, les gens ne pensent pas idéologie.
09:26Nous, on se dit que tout ce qui peut faire du bien à la France
09:28fera du bien aux Français.
09:29Et le problème, c'est qu'un François Ruffin,
09:33un David Lysnard et d'autres...
09:35Ils ne pensent pas la même chose quand même, Ruffin et Lysnard ?
09:37Oui, ils ne pensent pas la même chose,
09:38mais il y a des bonnes idées partout.
09:39Il y a des bonnes idées partout.
09:41Et ce que dit François Ruffin, c'est la vérité,
09:43c'est que ce sentiment qu'il y aurait une monarchie,
09:45qu'il y aurait tous les privilèges,
09:47y compris de se recaser un an avant un peu partout,
09:50d'être dans des postes qui ne servent absolument pas le pays,
09:53alors qu'ils ont prétendu être ministres pour servir le pays,
09:56que finalement, parfois, certains sont restés juste éphémères,
09:59trois, quatre mois, ils sont partis,
10:01et ils sont partis avec des carnets d'adresse qu'ils revendent.
10:04Moi, je suis désolé, ça pose un problème.
10:05Quand on dit aux Français tous les jours,
10:07tous les jours que, bon, ça va,
10:10le carburant est passé de 2,20 euros à 2 euros,
10:13on a fait un effort.
10:14Le caddie est moins rempli avec 100 euros,
10:16mais c'est juste une illusion.
10:18En fait, la France du réel, elle n'a plus voix au chapitre.
10:20On la traite de populiste à chaque fois,
10:23on la méprise et on la rejette à chaque fois qu'elle dit
10:26« je ne vis pas bien de ce que je travaille ».
10:28Et donc, c'est important que l'État commence l'exemple à dire
10:31« je vis autrement, je me désendette »
10:34et j'ai surtout la probité et l'exemplarité.
10:37Donc, moi, je ne trouve pas...
10:39Et M. Ruffin...
10:40Ta question, parce qu'il reste tout le temps.
10:41M. Ruffin, c'est...
10:43Comment répondez-vous au fait qu'à chaque fois,
10:46quand on défend ce que vous défendez,
10:48on vous dise « t'es une goutte d'eau et c'est populiste ».
10:51Là, en l'occurrence, j'entends que sur les anciens présidents de la République,
10:56ça soit symbolique.
10:57J'entends que pour le président Ousmic, ça soit symbolique.
11:00Mais l'addition du symbolique, ça fait combien ?
11:02Et puis, à la fin, là, ce dont on parle,
11:05je le dis, c'était devenu un phénomène industriel.
11:07Et c'est le poisson qui pourrit par la tête.
11:10Et notre mesure face à ça, c'est de dire qu'il y a dix ans,
11:13il y a dix ans de frigo,
11:15un ministre sort de son ministère pendant dix ans.
11:18Il a le droit d'aller travailler dans le privé.
11:19Il a le droit d'aller devenir instituteur.
11:22Il a le droit de devenir éducateur.
11:24Il a le droit de faire des tas de trucs.
11:25Mais en revanche, pas de lobbying,
11:27pas d'affaires publiques pendant dix ans.
11:29Un homme indigné avec nous ce matin, Ruffin.
11:32Au début, c'était ce qu'on appelait un anard,
11:34pour dire anarchiste.
11:35Mais maintenant, c'est un vrai homme politique
11:37puisque vous avez été élu en 2017, en 2022, en 2024.
11:41Je me souviens, au soir de votre premier tour de 2024,
11:43vous aviez été assez touchant,
11:45même si je n'ai pas votre sensibilité politique.
11:46Vous étiez avec vos militants enthousiastes
11:48et vous leur disiez, attention, calmons-nous,
11:50ce n'est pas gagné, on peut gagner.
11:52Et vous avez gagné.
11:53Vous êtes un type attachant.
11:55Vous avez de la sincérité.
11:57Vous êtes un battant.
11:58Vous avez pris vos distances avec LFI.
12:00Tout ce qui peut affaiblir,
12:01Jean-Luc Mélenchon, évidemment,
12:03est apprécié de mon point de vue.
12:05Vous avez une certaine nervosité aussi
12:07qui vous caractérise.
12:08Et on ne peut que saluer votre authenticité.
12:13Maintenant, au-delà de l'homme empathique,
12:16pour moi, politiquement, vous êtes un faux soyeur.
12:19Vous devriez chanter à la fin de vos meetings
12:22la conclusion de Georges Brassens avec le faux soyeur.
12:26Tout le mal que m'a donné la dernière pelletée,
12:30je suis un pauvre faux soyeur.
12:33Alors, ma question est simple.
12:34François Ruffin,
12:35et on pourrait la poser à tous les candidats
12:37au prochain scrutin présidentiel,
12:39est-ce que vous croyez vraiment
12:40que vous pouvez être élu président de la République ?
12:44Oui.
12:45Oui, il y a 53% des Français
12:47qui, aujourd'hui, se sentent orphelins.
12:49Qui ne savent pas.
12:51Qui se disent, dans l'offre politique
12:53qu'il y a sur la table,
12:54ça ne me va pas.
12:55Et je prétends, oui,
12:57que les thèmes que je porte,
12:58vous savez,
12:58cette question de la probité face à la corruption,
13:00aujourd'hui,
13:01qui est pourtant un jour important là-dessus,
13:03vous n'en aurez pas d'autres
13:04pour venir les porter.
13:05Le statut, le premier...
13:07Le nouveau petit livre rouge.
13:09Le premier qu'on avait fait,
13:10c'était sur le statut
13:11des travailleuses et des travailleurs essentiels.
13:13Parce que je sais que si je ne suis pas là
13:14dans la campagne,
13:15si nous ne sommes pas là
13:16pour parler des auxiliaires de vie,
13:17des aides à domicile,
13:18des accompagnantes en situation de handicap,
13:21des charistes, des camionneurs,
13:22de tous ces métiers-là,
13:23ces mots, pendant toute cette année,
13:25ne seront pas prononcés.
13:26Donc, oui, je pense que nous avons vocation...
13:29Vous savez que vous m'avez décrit comme Anar.
13:31Je ne me suis jamais senti Anar.
13:32Même quand j'ai lancé mon petit journal à Amiens,
13:35je me suis dit, j'ai vocation majoritaire.
13:37Je veux convaincre la majorité.
13:38Je veux me faire aimer de ma ville
13:40et maintenant de mon pays.
13:42– Oui, mais moi, je pense,
13:43vous allez opposer une délégation.
13:44Vous avez quitté Jean-Luc Mélenchon
13:46avec beaucoup de courage
13:47parce que vous êtes un type couillu
13:48et c'est en cela que chacun vous respecte.
13:50Mais je crains que dans l'hiver prochain,
13:52dans une logique à l'extrême-gauche,
13:54vous ne reveniez en soutien
13:55de Jean-Luc Mélenchon
13:56et de sa possible accession
13:57au second tour de la présidentielle.
13:59– Jamais je ne me suis reconnu dans extrême-gauche.
14:01Moi, ni gauche radicale,
14:02ni gauche de rupture.
14:03Moi, je suis de gauche,
14:04rien que de gauche,
14:05dans une tradition
14:06que vous pouvez ne pas aimer
14:08puisqu'elle part de la Révolution française
14:09et elle passe par le Front populaire,
14:12le Conseil national de la résistance,
14:14mai 68, mai 81.
14:15– François Ruffin,
14:16vous êtes un amateur de football,
14:18on le sait,
14:18vous suivez la Coupe du Monde.
14:19Là, on est tous derrière Kylian Mbappé
14:21pour le défendre,
14:22notamment face aux attaques racistes
14:23de la sénatrice paraguayenne.
14:25– Je pense qu'il n'a pas besoin
14:27d'être défendu,
14:27il se défend très bien tout seul
14:29et même que c'est un attaquant
14:30et je le vois qui attaque.
14:32Dire que les Paraguayens
14:33sont aussi lamentables
14:34en dehors du terrain
14:35que sur le terrain
14:36et ce n'est pas là-bas
14:36que j'irai passer mes vacances.
14:38Et par ailleurs,
14:39vous savez,
14:39je suis vraiment amateur de football
14:40et je vois qu'on est une équipe de France.
14:42Franchement, ça fait plaisir.
14:44Alors, j'ai grandi, moi,
14:45j'avais 6 ans en 82
14:47au moment du quatuor
14:49Tigana, Gires,
14:50Platini, Fernandez
14:51et punaise,
14:52là, on a l'impression
14:53d'avoir un âge d'or.
14:54Ça ne veut pas dire,
14:54alors, comme je suis de gauche,
14:56je sais que le panache
14:57n'amène pas toujours la victoire
14:58mais bon sang,
14:59il y a du panache,
15:00c'est beau à voir
15:00et franchement,
15:01chaque fois qu'on a un moment
15:03à regarder cette équipe de France,
15:05ça fait plaisir.
15:06– Pour vous,
15:07j'ai du plaisir.
15:08– C'est la mieux placée pour gagner
15:09ou est-ce qu'il y a une autre équipe
15:10qui vous fait peur ?
15:10– Il y a des bonnes équipes,
15:12il y a l'Angleterre,
15:12il y a l'Espagne
15:13et je le dis,
15:13il peut y avoir un côté réaliste
15:15qui vient briser notre panache
15:17mais le panache,
15:18là, il est français
15:19et j'aime le moment
15:21Pont d'Arcole
15:21ou le drapeau tricolore
15:23et brandit haut et fort
15:25avec panache
15:25et là, on éprouve ça.
15:27Je pense qu'on éprouve…
15:27Vous savez,
15:28la politique,
15:29il y a le porte-monnaie
15:30mais il y a autre chose,
15:31c'est la fierté.
15:32La fierté d'être français,
15:34la fierté parce qu'on a
15:35un avenir ensemble,
15:36parce qu'on a un horizon commun
15:37et je pense que
15:38ce qui est le pire aujourd'hui,
15:40c'est qu'il y a
15:40la crise matérielle.
15:41Oui, l'essence,
15:42oui, les salaires,
15:43oui, l'inflation,
15:44mais il y a pire,
15:45c'est la crise spirituelle.
15:46La communion.
15:47La crise spirituelle.
15:48Vous savez,
15:48cette base d'Antoine de Saint-Exupéry
15:50qui dit s'aimer,
15:50ce n'est pas se regarder l'un l'autre,
15:52c'est regarder ensemble
15:53dans la même direction.
15:54Ce qui vaut pour un couple,
15:55vaut aussi pour une nation.
15:56Vous rêvez d'un France argentine
15:57en finale ?
15:58Je rêve de notre revanche.
15:59Oui, je l'espère bien
16:00que nous ouvrons cette revanche.
16:02Maintenant,
16:03il ne faut pas avoir
16:03de mépris
16:05pour les équipes
16:05que nous allons avoir
16:06sur notre chemin.
16:07Le Maroc est une grande équipe.
16:09Petite anecdote,
16:10je sortais de l'Assemblée nationale,
16:11il y avait un gars
16:11qui avait un t-shirt marocain,
16:14je lui disais
16:15combien ils avaient bien joué,
16:16il disait
16:16aujourd'hui j'ai le t-shirt marocain
16:17et demain j'ai le t-shirt français.
16:19Et voilà,
16:19c'est ça aussi la France.
16:21Et c'est ça la France,
16:22notre équipe de France d'aujourd'hui.
16:24Merci monsieur le député Ruffin,
16:25merci d'être passé par les GG.
16:27Merci.
16:27Merci.
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