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  • il y a 23 minutes
Ce vendredi 7 août, Djilali Benchabane, analyste géopolitique et directeur de CEOS Stratégie & Conseil, était l'invité dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Erwan Morice. Ils sont revenus sur le projet d'accord pour sécuriser Ormuz, la promesse non tenue du président des États-Unis concernant la réouverture du détroit et la volatilité des marchés, de plus en plus suspicieux sur la réalité de cet accord. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et toujours pas d'accord donc ce vendredi 7 août sur la réouverture du détroit d'Hormuz.
00:05Bonjour Jilali Benchaman.
00:06Bonjour.
00:07Merci d'être avec nous, analyste géopolitique, directeur du CEO Stratégie et Conseil,
00:11avec nous ce matin pour en parler donc.
00:13Mais écoutez d'abord ce qu'a dit hier soir Donald Trump depuis la Maison Blanche.
00:18Je pense que nous faisons très bien.
00:20Je suis en train de faire des négociations, je pense que nous faisons bien.
00:25Ça pourrait être bien, oui.
00:26Ça pourrait être bientôt, Donald Trump qui évoque pour la plus de 40e, 43e fois un accord en vue.
00:34Mais pour l'instant, Jilali Benchaman, en réalité, rien de nouveau sous le soleil.
00:37On est toujours dans ces séquences de répétition et d'espérance de la réouverture du détroit d'Hormuz
00:43avec un conflit qui, par son impact économique, devient le centre de gravité d'une guerre
00:49qui au départ était focalisée sur le nucléaire.
00:52Et d'autant plus qu'effectivement, vous avez les marchés qui restent fébriles
00:56et qui sont de plus en plus dubitatifs.
00:58C'est-à-dire que la parole présidentielle, qui malheureusement ne permet pas de traduire la parole en actes,
01:06fait que les marchés restent suspicieux sur la réalité de cet accord,
01:09parce que vous avez cette complexité, avec toujours un accord qui se fait désirer.
01:14Les tractations entre Oman et l'Iran ont amené quelques espérances,
01:18puisque l'annonce des routes et des trajets qui pouvaient être empruntés mettait en perspective une possibilité.
01:26Mais de là à ce qu'il y ait la traduction officielle, tout en sachant qu'en plus,
01:29vous avez une temporalité restreinte, puisque si ouverture il y a,
01:33on parle encore d'une ouverture temporaire de 60 jours.
01:37Les marchés, effectivement, vous le disiez, qui hésitent,
01:40contrairement au scénario du début de la semaine,
01:43où il y avait plutôt un vent d'optimisme qui soufflait sur les marchés.
01:47On voit que cette nuit, les marchés asiatiques hésitent.
01:50On parlait aussi du baril de Brent, le pétrole, le baril de Brent qui est repassé au-dessus des 80
01:56dollars.
01:57Ça va certainement continuer en Europe, aux États-Unis, d'exercer des pressions sur les prix de l'énergie.
02:02Concernant les négociations en cours avec Oman,
02:05on a une carte que ceux qui nous suivent à la télévision vont pouvoir regarder.
02:10Quels sont les scénarios ? Quels sont les éléments qu'on a aujourd'hui dans cet accord
02:18qui se profile entre Téhéran et Oman ?
02:21En gros, pour résumer, on a deux corridors.
02:24Le corridor nord qui serait emprunté par le passage Iran
02:27et le corridor sud pour la sortie par Oman.
02:31Ce qui est important, c'est que cet accord encore serait un accord transitoire,
02:34puisqu'on parle d'une période de 60 jours pendant laquelle les deux parties belligérantes,
02:41à savoir Washington et Téhéran, repartent sur des discussions techniques concernant les autres sujets.
02:47Le souci de cet accord, c'est que les marchés sont toujours pris en étau
02:51face à une négociation qui se fait désirer.
02:53Et avec cette idée que n'importe quelle séquence peut remettre en cause cet accord.
03:00Mais la problématique majeure, c'est qu'aujourd'hui, vous n'avez pas de route alternative.
03:03Parce que durant ce conflit, on a souvent évoqué l'idée qu'il faut aller penser à d'autres manières
03:09de pouvoir évacuer le pétrole et l'énergie.
03:11Sauf que toute perspective mettra du temps.
03:15Donc dans les faits, aujourd'hui, les marchés restent prisonniers de la situation d'Hormuz.
03:18Et tant que Washington et Téhéran n'arrivent pas à aboutir à un accord suffisamment durable ou rassurant,
03:24on restera sur ces moments d'euphorie et finalement de déception.
03:28Plusieurs médias qui affirment d'ailleurs que ce projet
03:31inclurait le paiement d'un droit de passage pour les navires.
03:35Et ça, Donald Trump, lui, ne veut pas en entendre parler.
03:37Petite nuance, on parle surtout de frais de service.
03:40Un peu à l'exemple de ce qui se passe au détroit de Malacca,
03:44entre Singapour, Malaisie et Indonésie.
03:47Avec cette idée, entre guillemets, d'avoir des pays qui vont payer
03:52un passage sécurisé, une sorte aussi de redevance sur la protection de l'environnement, etc.
03:58Les États-Unis n'en veulent pas, certes, mais aujourd'hui...
04:02Mais ça ne serait pas, vous pensez, une taxe déguisée quand même pour remplir les caisses de Téhéran ?
04:06On est dans le cadre d'une sémantique, mais il faut savoir aussi que cette répartition des frais
04:10se ferait également avec Oman.
04:13Donc derrière, on n'est pas simplement sur la question iranienne,
04:17mais dans l'absolu, on pense en tout cas que de toute façon,
04:21cette situation d'Hormuz ne sera jamais plus comme avant
04:25parce que les Iraniens, d'un point de vue stratégique, n'y renonceront pas
04:27et que derrière cette maîtrise signifie aussi architecture financière.
04:32Le souci pour Washington, c'est que soit on négocie et on fait des concessions,
04:37soit on essaie d'user de la force, mais la force, avec un résultat qui restera
04:42de toute manière ce qu'il est, c'est-à-dire incertain,
04:44pourrait provoquer des conséquences économiques importantes.
04:47Donc l'arbitrage, quoi qu'il arrive, est complexe.
04:50En tout cas, voilà, vous le disiez, conséquences économiques importantes,
04:52boucroute d'incertitude toujours, une situation qui continue de pénaliser
04:57les pétro-monarchies du Golfe.
04:59Peut-être pour terminer avec cette information,
05:01le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman,
05:03qui réunit aujourd'hui à Jeddah les dirigeants turcs et pakistanais
05:08pour sceller, avec un accord de défense,
05:10leur rapprochement opéré sur fond de guerre au Moyen-Orient.
05:13On voit que ça se joue aussi sur le plan militaire.
05:16En ce moment, on parlait dans ces pays du Golfe.
05:21Militaire, certes, mais aussi diplomatique,
05:22parce que ce qui est intéressant, parce qu'on est tous focalisés
05:25sur la négociation entre Washington et Téhéran,
05:27c'est qu'au bout d'un moment, si les négociations n'avancent pas suffisamment,
05:31comme vous le voyez, vous avez aujourd'hui des traxtations
05:33avec des puissances, on va dire, extra-régionales,
05:36c'est-à-dire pas membres du Golfe Cooperation Council,
05:40mais qui vont de plus en plus s'ingérer.
05:42Pourquoi ? Parce qu'à un moment ou à un autre,
05:44un accord finira par s'imposer parce que les États du Golfe
05:46ne peuvent pas rester dans cette situation d'incertitude.
05:49C'est leur modèle aujourd'hui économique,
05:51c'est la stabilité sécuritaire qui est en cause.
05:54Donc, si à un moment ou à un autre, Washington n'y arrive pas,
05:57Washington risque de se retrouver concurrencé
05:59avec une diplomatie des États du Golfe
06:01qui va reprendre la main face à un blocage
06:03qui, à un moment ou à un autre, devient d'autant plus problématique
06:05pour la région et pour le monde qu'on n'aboutit pas à une solution.
06:09Et ce que l'on retient, c'est qu'on n'a toujours pas d'accord
06:11en cette fin de semaine, alors qu'il était à nouveau promis
06:13par Donald Trump en milieu de semaine.
06:15Merci beaucoup pour cet éclairage avec nous ce matin,
06:17Djilali Benchabane.
06:18Merci à vous.
06:18Analyste géopolitique, directeur du CO Stratégie et Conseil.
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