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  • il y a 2 heures
Ce mardi 16 juin, Philippe Chalmin, économiste et président fondateur de CyclOpe, était l'invité d'Annalisa Cappellini dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin. Ils sont revenus sur la sortie de crise espérée au Moyen-Orient grâce à cet accord entre l'Iran et les États-Unis. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Nous allons revenir avec Annalisa Capellini sur la sortie de crise espérée au Moyen-Orient
00:06avec cet accord de paix qui pourrait être signé entre les Etats-Unis et l'Iran.
00:09Il a été signé électroniquement par Donald Trump, son vice-président,
00:13ainsi que le président du Parlement iranien.
00:14C'est Philippe Chalmin qui est avec nous.
00:15Bonjour.
00:16Bonjour.
00:17Économiste, président fondateur de Cyclope,
00:18institut de recherche dédié aux matières premières.
00:21Donald Trump a déjà commencé à dire que le détroit d'Hormuz,
00:27qui allait être complètement ouvert vendredi,
00:30le serait déjà partiellement, que le pétrole coulera à flot.
00:34Déjà, qu'est-ce que vous pensez de cette rhétorique ?
00:37Moi, j'adore Trump.
00:39Let the oil flow.
00:41C'est admirable.
00:43Ça ne se passera peut-être pas exactement comme cela,
00:46même si, en toute logique, vendredi, l'accord est signé,
00:52même si, si j'ai bien compris, les versions peuvent être un peu différentes
00:56entre l'anglais et le perso arabe, etc., on verra.
01:01Toujours est-il que, par la suite, disons qu'à partir du début de la semaine prochaine,
01:07normalement, les navires pourront emprunter Hormuz.
01:10Alors, très probablement sous contrôle iranien, quand même.
01:14Peut-être avec un péage, mais un dollar, le baril, je dirais, au point où on en est.
01:20Ça ne compte pas beaucoup.
01:22Et ça devrait aller quand même relativement vite,
01:24puisqu'il y a déjà à peu près 60 millions de barils
01:29qui flottent sur des navires dans le Golfe.
01:32Donc, ils sont prêts à partir, et qu'on a beaucoup parlé des mines.
01:36Je ne suis pas un des généraux qui viennent sur les plateaux.
01:39Il me semble quand même que, si c'est plutôt le côté Oman où il y a des mines,
01:44il n'y en a certainement pas du côté iranien.
01:46Et donc, il y a des navires qui passent, ça pourra repartir.
01:50Ensuite, ça va mettre du temps.
01:51Ça va mettre du temps, parce que, d'abord, il faut trois semaines pour vos bateaux
01:57pour aller vers les raffineries en Asie.
02:01Beaucoup plus longtemps, si ça va en Europe.
02:03Mais l'essentiel du pétrole du Golfe, il fallait plutôt en Asie.
02:07Il va falloir aussi que des capacités de production reviennent.
02:11Et ça, ça touche notamment l'Irak,
02:15qui a été obligé de fermer un certain nombre de pluies.
02:18Et c'est plus compliqué qu'on en a l'air.
02:20On se dit, le coup du robinet, il met du temps.
02:25Il y a aussi, tout ce qui concerne les produits raffinés,
02:29dans quel état sont les raffineries qui se trouvaient dans le Golfe.
02:32Et ça, ça touche notamment, alors là, pour l'Europe,
02:36des importations, par exemple, de kérosène pour les avions, etc.
02:40Donc, mon sentiment, mais ce n'est que mon sentiment,
02:44et je me suis tellement trompé par le passé,
02:46et qu'il faut le prendre avec toutes les pincettes nécessaires,
02:50c'est que si, effectivement, l'accord tient,
02:55nous allons avoir une détente sur les marchés,
03:00mais on en a eu pour l'instant l'essentiel.
03:02Vous l'avez dit, on est à 83 dollars le baril.
03:05Ça descendra peut-être.
03:08Si tout va bien, on passe juillet-août entre 70 et 80,
03:13et le retour véritable, ouvrez les guillemets,
03:17à une normale quelconque, ce sera pour l'automne,
03:20sachant, et ça c'est la bonne nouvelle,
03:23que si tout allait bien dans le meilleur des mondes,
03:27début 2027, le marché pourrait revenir
03:30à la situation excédentaire qui était la sienne,
03:33début 2026.
03:34De l'optimisme ce matin.
03:36Annalisa ?
03:36Ce que cette crise nous a montré,
03:38c'est quand même que toute la région,
03:39et donc finalement tous les pays de la planète,
03:41dépendent beaucoup de ce goulot d'étranglement.
03:43Qu'est-ce qui va changer après cette crise ?
03:46Est-ce qu'il y aura des routes alternatives ?
03:47Est-ce qu'il y aura des infrastructures ?
03:49Alors, c'est une excellente question,
03:51parce qu'effectivement,
03:54Hormuz ne sera plus demain
03:57ce qu'il a été aujourd'hui.
04:00Vous l'avez dit,
04:01jusque-là, Hormuz,
04:02c'était 20 millions de barils jour de pétrole brut,
04:05des produits raffinés,
04:07des sous-produits comme l'urée pour les engrais,
04:11le soufre,
04:13on avait aussi des gaz comme l'hélium, etc.
04:18Ce qu'on appelle le GPS,
04:20le gaz de pétrole liquide, etc.
04:23Et c'était quelque chose de très important.
04:26Demain, il est évident que l'Arabie Saoudite,
04:29les Émirats,
04:30vont augmenter les oléoducs qui existent déjà.
04:34On parle d'en doubler les capacités.
04:36Les Émiratis veulent construire même
04:38un oléoduc pour produits raffinés,
04:41puisque jusque-là,
04:42par les oléoducs,
04:43c'est plutôt du pétrole brut.
04:44Alors, il y aura toujours des produits
04:46qui continueront à passer par Hormuz,
04:49mais quelques estimations parlent déjà
04:52d'un, on était à 20 millions de barils jour,
04:55on ne serait plus demain
04:57qu'à 15 ou 16 millions de barils jour.
04:59Il y a des pays, par contre,
05:01qui, eux, sont beaucoup plus coincés.
05:03C'est notamment tous ceux
05:04qui sont au bout du Golfe.
05:05C'est Irak, Koweït.
05:07L'idée de reconstruire un oléoduc
05:11qui passerait par la Syrie,
05:16géopolitiquement,
05:16elle est quand même assez difficile,
05:19sachant, ne l'oubliez pas quand même,
05:21que dans cet accord qui va être signé,
05:24il y a un énorme bémol,
05:25c'est la situation au Liban.
05:27– Effectivement, en effet.
05:29On parle un tout petit peu du gaz aussi,
05:30il nous reste une minute, Philippe Chalmin,
05:32pour voir un petit peu ce que ça va te donner aussi
05:34sur les prix du gaz.
05:36– Les prix du gaz, ils ont été quand même raisonnables.
05:38On est très très loin des flambées de prix
05:41qu'on avait connues en 2022-2023.
05:43Je vous rappelle que, sur le prix du gaz,
05:46on était avant le conflit à 30 euros le mégawatt-heure,
05:50on est monté à un moment à 70,
05:52on est aux alentours de 50 aujourd'hui,
05:54on était monté à plus de 300 en 2022-2023.
05:58Alors, il y a des métaniers qui commencent à passer,
06:01là par contre, pour l'instant,
06:02on est obligé de passer par Hormuz,
06:04on sait qu'une partie des installations qataris,
06:08une petite partie des installations qataris
06:10a été détruite,
06:11mais là encore,
06:12les Etats-Unis ont considérablement augmenté
06:15leurs capacités,
06:16on a des projets en Australie, etc.
06:19Donc, a priori, sur le gaz,
06:23on a eu effectivement une augmentation,
06:25elle a été annoncée d'ailleurs en France,
06:27on est passé de 30 à 50 euros le mégawatt-heure
06:30sur le marché libre européen,
06:32ça reste quand même supportable,
06:34ça pourrait diminuer un peu,
06:36ça n'est pas aussi sensible
06:39que ça l'a été en ce qui concerne le pétrole.
06:42– On va rester sur ces affirmations aujourd'hui,
06:44on va croiser les doigts pour que les dire,
06:46de Donald Trump, restent les mêmes.
06:48– Absolument, n'oubliez pas quand même
06:49qu'il nous a fait 38 fois le même coup,
06:51là ça allait être le bon,
06:53mais il y a quand même beaucoup d'inconnus,
06:57même si très franchement,
07:00les intérêts politiques,
07:02à la fois iraniens et américains,
07:06convergent pour trouver
07:07la moins mauvaise des solutions
07:09et permettre à chacun de dire,
07:11j'ai gagné.
07:12– Analyse de Philippe Chalmin ce matin,
07:14merci beaucoup d'être venu
07:15dans la matinale de l'économie,
07:16économiste et président fondateur de Cyclope.
07:19– Sous-titrage Société Radio-Canada
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