00:00On se nirait vers un accord, en tout cas ce sont les dernières informations que nous donne Axios,
00:04confirmées par Antoine Delar qui est notre correspondant à Washington,
00:08un protocole d'accord qui serait sur le bureau de Donald Trump.
00:10Notre invité pour en parler c'est David Rigoulet-Rose.
00:13Bonjour, merci d'être avec nous chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique.
00:17On entend dire que désormais tout est dans les mains de Donald Trump,
00:20il n'a plus qu'à dire oui ou non au protocole d'accord, c'est là où on en
00:23est ce matin David.
00:23Oui, pas uniquement parce qu'il semblerait que le guide suprême Mojtaba n'aurait pas validé encore.
00:30Donc des deux côtés, il faudrait la validation ultime.
00:34On attend la dernière signature.
00:35Oui c'est ça, mais effectivement il y a un protocole d'accord qui aurait été formaté.
00:39Est-ce qu'on aurait dedans ? Prolongation du cessez-le-feu de 60 jours,
00:43des pourparlers sur le programme nucléaire en cours,
00:45et surtout parce que c'est ce qui nous intéresse beaucoup à BFM Business,
00:47la réouverture d'Ormouz dans les 30 jours sans restriction, pour l'instant sur les premières pistes.
00:53Il y a encore les narratifs contradictoires, puisque les Américains disent sans aucune restriction,
00:57et les Iraniens disent que de toute façon on ne reviendra pas à la situation hantée.
01:01Donc il y a encore du flou, même si les grands paramètres semblent avoir été définis,
01:06et notamment dans les modalités d'un séquençage, c'est-à-dire d'abord la question d'Ormouz,
01:10et postérieurement la question sur les négociations nucléaires.
01:14Sur Ormouz, on a eu des menaces de Donald Trump, notamment autour d'Omane,
01:18qui en disant pas question de s'organiser autour du Détroit.
01:21Oui, on a cru que c'était un lapsus d'ailleurs, quand il a menacé Omane,
01:26parce que c'est un des deux gardiens du Golfe, évidemment, géographiquement parlant et politiquement parlant.
01:32Parfois il parle du Groenland et de l'Islande, donc on s'est dit que c'était Iran et Omane.
01:35Oui, mais ce n'était pas un lapsus, c'était une mise en garde pour Omane,
01:39pour éviter qu'Omane soit face avec l'Iran, justement,
01:45établisse un accord de partenariat pour la gestion taxative,
01:51on va dire en tout cas avec un prélèvement financier,
01:54à la demande de Téhéran d'ailleurs, sur le Détroit.
01:57En fait, le sultan de Mascat n'a jamais dit qu'il allait rentrer dans cette logique-là.
02:01Il faut rappeler qu'ils sont signataires de la convention de Montégobé, du droit de la mer,
02:06ce que n'est pas l'Iran, justement.
02:08Annalisa ?
02:09En tout cas, en parallèle des négociations avec l'Iran,
02:11Donald Trump essaye aussi de pousser pour que les États du Golfe,
02:13en particulier les Saoudiens et le Qatar, rejoignent les accords d'Abraham.
02:17Est-ce que c'est envisageable pour eux ?
02:19Oui, alors ça, ça fait partie des déclarations un peu curieuses du président Donald Trump,
02:24surtout dans le contexte actuel.
02:25C'est-à-dire que c'était un peu combinatoire à l'endroit de Riyad notamment,
02:29parce qu'évidemment, c'est l'Arabie saoudite le point central pour finaliser les accords d'Abraham.
02:35Mais les Saoudiens ont toujours dit que ça ne pourrait pas se faire
02:37avant que la question palestinienne soit réellement examinée avec sérieux,
02:42dans la perspective d'un État palestinien, on en est loin.
02:45Et donc, c'est vrai que c'était une déclaration pour le moins étrange.
02:48Ça s'adressait aussi au Qatar,
02:50puisqu'il faut rappeler que dans les accords d'Abraham de septembre 2020,
02:54il y a les Émirats arabes unis et Bahreïn, pour ce qui concerne la péninsule,
02:58qui avait effectivement normalisé avec Israël.
03:00Et on a vu les liens étroits qui s'étaient tissés,
03:02justement, même à la faveur de la guerre,
03:04puisque les Émirats ont bénéficié du dôme de fer israélien pour se protéger.
03:09Mais est-ce que ce n'est pas pour montrer qu'il fait mieux
03:11que ce qui avait été signé auparavant ?
03:13Il parle du coup de Barack Obama, dit qu'il a fait mieux.
03:16C'est pour me dire, j'ai bien fait d'y aller, j'ai avancé sur une partie du dossier.
03:21En disant, avec tout le travail que les Américains ont fait,
03:24vous devriez, ce serait une nécessité que vous signiez, etc.
03:27Alors c'est son mantra, pour le coup, il y a une certaine constance
03:30depuis son premier mandat, il veut parachever,
03:34il veut que ce soit son héritage géopolitique à l'issue de son deuxième mandat,
03:39c'est-à-dire d'arriver à ce que l'Arabie saoudite fasse la normalisation,
03:43parce que ça entraînerait évidemment, vu le poids de l'Arabie saoudite,
03:46à la fois géopolitique, économique, c'est le pays des deux lieux sains,
03:50donc aussi une extension aux pays musulmans,
03:52il y aurait un effet d'entraînement potentiel.
03:54C'est pour ça qu'il rêve effectivement que l'Arabie saoudite.
03:56Mais il y a la question palestinienne qui bloque.
03:58Alors justement, la question palestinienne,
03:59on a eu à Annalisa des annonces du côté d'Israël ces derniers jours.
04:04Avec la bande de Gaza ?
04:05Oui, effectivement, avec Israël qui annonce qu'ils veulent contrôler 70% désormais de la bande de Gaza,
04:11c'est une rupture du cessez-le-feu, une rupture du pacte qui a été signé.
04:16Qu'est-ce que ça veut dire qu'Israël peut finalement ne pas respecter ?
04:19Oui, alors c'est effectivement une annonce du Premier ministre,
04:22parce qu'il y a la fameuse ligne jaune en fait,
04:25qui était le premier retrait, qui était sur 60%,
04:29donc là c'est un élargissement, c'est justifié pour des raisons sécuritaires,
04:33mais ça pose le problème effectivement par rapport à ce qui avait été établi.
04:36Et on retrouve la même problématique, toute chose égale par ailleurs, au Liban,
04:41par rapport au cessez-le-feu, qui est régulièrement violé,
04:44et puisqu'il y a des opérations qui se multiplient de la part d'Israël,
04:47et ce n'est pas dissociable de la perspective d'un éventuel accord
04:51signé entre Américains et Iraniens,
04:54c'est prendre des gages temporellement dans l'urgence,
04:59dans la perspective où Donald Trump lui dirait d'arrêter.
05:02Comment vous analysez le fait que les frappes continuent ?
05:05On a encore cette nuit des annonces du côté de l'Iran qui dit
05:07« j'ai fait des frappes sur un certain nombre de drones, d'attaques »,
05:11ça fait partie de la négociation, on frappe pendant qu'on négocie ?
05:14Oui, ce n'est pas forcément contradictoire, paradoxalement,
05:17c'est souvent ça d'ailleurs.
05:18Il y a souvent même une hausse des affrontements
05:21juste avant qu'un accord soit finalisé.
05:24Mais là, on est dans des effets d'annonce aussi,
05:26qu'ils ont évoqué le fait qu'ils auraient abattu un avion,
05:28ce qui n'est pas le cas.
05:29C'est pour montrer qu'effectivement, on n'est pas en position de faiblesse,
05:33et qu'on peut se permettre effectivement de tester l'autre,
05:37de tester les limites, la détermination,
05:39par rapport avant une finalisation éventuelle.
05:41Le patron de Total Energy, hier dans le Figaro,
05:44parlait d'une reconstitution totalement des routes pour faire passer le pétrole.
05:47Il parle d'une route passant par la Syrie qu'il voudrait pousser.
05:52Vous voyez-vous complètement le pétrole se réorganiser
05:56dans la manière dont il sort des pays du Golfe ?
05:57De toute façon, il y aura une dévaluation à terme du Détroit.
06:01Parce que vu ce qui s'est passé,
06:04on considère qu'on ne peut pas être dépendant à ce point-là
06:06du goulet d'étranger le gouvernement que constitue le Détroit.
06:10Il y a déjà des routes terrestres qui sont plus ou moins établies.
06:13Il y a l'holoduc du Golfe jusqu'à Yambou, pour les Saoudiens,
06:18qui permettent de faire sortir aujourd'hui entre 5 et 6 millions de barils.
06:22Il y a un holoduc qui contourne terrestre aussi,
06:26avec le port des Émirats, qui contourne justement le Détroit maritime.
06:32Et puis il y a des routes terrestres qui sont envisagées jusqu'à la Méditerranée.
06:36Alors là, c'est plutôt des camions pour l'instant qui gèrent, c'est marginal.
06:40Mais en tout cas, il y a effectivement la réflexion sur, on va dire,
06:44le déroutage du monopole exclusif du Détroit
06:49qui est trop problématique aujourd'hui.
06:51Merci beaucoup David Rougouleros d'être venu ce matin
06:53dans la Matinat de l'Économie.
06:54Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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