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  • il y a 12 heures
Ce vendredi 29 mai, David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut Français d'Analyse Stratégique, était dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Ils sont revenus sur un protocole d'accord qui serait présent sur le bureau de Donald Trump. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On se nirait vers un accord, en tout cas ce sont les dernières informations que nous donne Axios,
00:04confirmées par Antoine Delar qui est notre correspondant à Washington,
00:08un protocole d'accord qui serait sur le bureau de Donald Trump.
00:10Notre invité pour en parler c'est David Rigoulet-Rose.
00:13Bonjour, merci d'être avec nous chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique.
00:17On entend dire que désormais tout est dans les mains de Donald Trump,
00:20il n'a plus qu'à dire oui ou non au protocole d'accord, c'est là où on en
00:23est ce matin David.
00:23Oui, pas uniquement parce qu'il semblerait que le guide suprême Mojtaba n'aurait pas validé encore.
00:30Donc des deux côtés, il faudrait la validation ultime.
00:34On attend la dernière signature.
00:35Oui c'est ça, mais effectivement il y a un protocole d'accord qui aurait été formaté.
00:39Est-ce qu'on aurait dedans ? Prolongation du cessez-le-feu de 60 jours,
00:43des pourparlers sur le programme nucléaire en cours,
00:45et surtout parce que c'est ce qui nous intéresse beaucoup à BFM Business,
00:47la réouverture d'Ormouz dans les 30 jours sans restriction, pour l'instant sur les premières pistes.
00:53Il y a encore les narratifs contradictoires, puisque les Américains disent sans aucune restriction,
00:57et les Iraniens disent que de toute façon on ne reviendra pas à la situation hantée.
01:01Donc il y a encore du flou, même si les grands paramètres semblent avoir été définis,
01:06et notamment dans les modalités d'un séquençage, c'est-à-dire d'abord la question d'Ormouz,
01:10et postérieurement la question sur les négociations nucléaires.
01:14Sur Ormouz, on a eu des menaces de Donald Trump, notamment autour d'Omane,
01:18qui en disant pas question de s'organiser autour du Détroit.
01:21Oui, on a cru que c'était un lapsus d'ailleurs, quand il a menacé Omane,
01:26parce que c'est un des deux gardiens du Golfe, évidemment, géographiquement parlant et politiquement parlant.
01:32Parfois il parle du Groenland et de l'Islande, donc on s'est dit que c'était Iran et Omane.
01:35Oui, mais ce n'était pas un lapsus, c'était une mise en garde pour Omane,
01:39pour éviter qu'Omane soit face avec l'Iran, justement,
01:45établisse un accord de partenariat pour la gestion taxative,
01:51on va dire en tout cas avec un prélèvement financier,
01:54à la demande de Téhéran d'ailleurs, sur le Détroit.
01:57En fait, le sultan de Mascat n'a jamais dit qu'il allait rentrer dans cette logique-là.
02:01Il faut rappeler qu'ils sont signataires de la convention de Montégobé, du droit de la mer,
02:06ce que n'est pas l'Iran, justement.
02:08Annalisa ?
02:09En tout cas, en parallèle des négociations avec l'Iran,
02:11Donald Trump essaye aussi de pousser pour que les États du Golfe,
02:13en particulier les Saoudiens et le Qatar, rejoignent les accords d'Abraham.
02:17Est-ce que c'est envisageable pour eux ?
02:19Oui, alors ça, ça fait partie des déclarations un peu curieuses du président Donald Trump,
02:24surtout dans le contexte actuel.
02:25C'est-à-dire que c'était un peu combinatoire à l'endroit de Riyad notamment,
02:29parce qu'évidemment, c'est l'Arabie saoudite le point central pour finaliser les accords d'Abraham.
02:35Mais les Saoudiens ont toujours dit que ça ne pourrait pas se faire
02:37avant que la question palestinienne soit réellement examinée avec sérieux,
02:42dans la perspective d'un État palestinien, on en est loin.
02:45Et donc, c'est vrai que c'était une déclaration pour le moins étrange.
02:48Ça s'adressait aussi au Qatar,
02:50puisqu'il faut rappeler que dans les accords d'Abraham de septembre 2020,
02:54il y a les Émirats arabes unis et Bahreïn, pour ce qui concerne la péninsule,
02:58qui avait effectivement normalisé avec Israël.
03:00Et on a vu les liens étroits qui s'étaient tissés,
03:02justement, même à la faveur de la guerre,
03:04puisque les Émirats ont bénéficié du dôme de fer israélien pour se protéger.
03:09Mais est-ce que ce n'est pas pour montrer qu'il fait mieux
03:11que ce qui avait été signé auparavant ?
03:13Il parle du coup de Barack Obama, dit qu'il a fait mieux.
03:16C'est pour me dire, j'ai bien fait d'y aller, j'ai avancé sur une partie du dossier.
03:21En disant, avec tout le travail que les Américains ont fait,
03:24vous devriez, ce serait une nécessité que vous signiez, etc.
03:27Alors c'est son mantra, pour le coup, il y a une certaine constance
03:30depuis son premier mandat, il veut parachever,
03:34il veut que ce soit son héritage géopolitique à l'issue de son deuxième mandat,
03:39c'est-à-dire d'arriver à ce que l'Arabie saoudite fasse la normalisation,
03:43parce que ça entraînerait évidemment, vu le poids de l'Arabie saoudite,
03:46à la fois géopolitique, économique, c'est le pays des deux lieux sains,
03:50donc aussi une extension aux pays musulmans,
03:52il y aurait un effet d'entraînement potentiel.
03:54C'est pour ça qu'il rêve effectivement que l'Arabie saoudite.
03:56Mais il y a la question palestinienne qui bloque.
03:58Alors justement, la question palestinienne,
03:59on a eu à Annalisa des annonces du côté d'Israël ces derniers jours.
04:04Avec la bande de Gaza ?
04:05Oui, effectivement, avec Israël qui annonce qu'ils veulent contrôler 70% désormais de la bande de Gaza,
04:11c'est une rupture du cessez-le-feu, une rupture du pacte qui a été signé.
04:16Qu'est-ce que ça veut dire qu'Israël peut finalement ne pas respecter ?
04:19Oui, alors c'est effectivement une annonce du Premier ministre,
04:22parce qu'il y a la fameuse ligne jaune en fait,
04:25qui était le premier retrait, qui était sur 60%,
04:29donc là c'est un élargissement, c'est justifié pour des raisons sécuritaires,
04:33mais ça pose le problème effectivement par rapport à ce qui avait été établi.
04:36Et on retrouve la même problématique, toute chose égale par ailleurs, au Liban,
04:41par rapport au cessez-le-feu, qui est régulièrement violé,
04:44et puisqu'il y a des opérations qui se multiplient de la part d'Israël,
04:47et ce n'est pas dissociable de la perspective d'un éventuel accord
04:51signé entre Américains et Iraniens,
04:54c'est prendre des gages temporellement dans l'urgence,
04:59dans la perspective où Donald Trump lui dirait d'arrêter.
05:02Comment vous analysez le fait que les frappes continuent ?
05:05On a encore cette nuit des annonces du côté de l'Iran qui dit
05:07« j'ai fait des frappes sur un certain nombre de drones, d'attaques »,
05:11ça fait partie de la négociation, on frappe pendant qu'on négocie ?
05:14Oui, ce n'est pas forcément contradictoire, paradoxalement,
05:17c'est souvent ça d'ailleurs.
05:18Il y a souvent même une hausse des affrontements
05:21juste avant qu'un accord soit finalisé.
05:24Mais là, on est dans des effets d'annonce aussi,
05:26qu'ils ont évoqué le fait qu'ils auraient abattu un avion,
05:28ce qui n'est pas le cas.
05:29C'est pour montrer qu'effectivement, on n'est pas en position de faiblesse,
05:33et qu'on peut se permettre effectivement de tester l'autre,
05:37de tester les limites, la détermination,
05:39par rapport avant une finalisation éventuelle.
05:41Le patron de Total Energy, hier dans le Figaro,
05:44parlait d'une reconstitution totalement des routes pour faire passer le pétrole.
05:47Il parle d'une route passant par la Syrie qu'il voudrait pousser.
05:52Vous voyez-vous complètement le pétrole se réorganiser
05:56dans la manière dont il sort des pays du Golfe ?
05:57De toute façon, il y aura une dévaluation à terme du Détroit.
06:01Parce que vu ce qui s'est passé,
06:04on considère qu'on ne peut pas être dépendant à ce point-là
06:06du goulet d'étranger le gouvernement que constitue le Détroit.
06:10Il y a déjà des routes terrestres qui sont plus ou moins établies.
06:13Il y a l'holoduc du Golfe jusqu'à Yambou, pour les Saoudiens,
06:18qui permettent de faire sortir aujourd'hui entre 5 et 6 millions de barils.
06:22Il y a un holoduc qui contourne terrestre aussi,
06:26avec le port des Émirats, qui contourne justement le Détroit maritime.
06:32Et puis il y a des routes terrestres qui sont envisagées jusqu'à la Méditerranée.
06:36Alors là, c'est plutôt des camions pour l'instant qui gèrent, c'est marginal.
06:40Mais en tout cas, il y a effectivement la réflexion sur, on va dire,
06:44le déroutage du monopole exclusif du Détroit
06:49qui est trop problématique aujourd'hui.
06:51Merci beaucoup David Rougouleros d'être venu ce matin
06:53dans la Matinat de l'Économie.
06:54Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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