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  • il y a 1 jour
Ce lundi 27 avril, Alexis Karklins-Marchay, directeur général délégué d'Eight Advisory, était l'invité dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Il est revenu sur la question de la dimension systémique de la violence politique aux États-Unis, à la suite d'une nouvelle tentative d'assassinat visant Donald Trump. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et c'est Alexis Kerkins-Marchais qui nous a rejoint. Bonjour Alexis, directeur général délégué d'Etat Visori.
00:05Nouvelle tentative donc d'assassinat de Donald Trump, c'est la cinquième en dix ans, rien que sur sa propre
00:12personne.
00:12Notre question ce matin, est-ce que la violence politique aux Etats-Unis est systémique ?
00:19Elle est systémique et ce que l'on a vécu ce week-end, alors c'est assez intéressant.
00:24C'est vrai, vous l'avez dit, c'est la cinquième tentative en dix ans, c'est la quatrième en
00:27deux ans pour Trump.
00:28Il détient aujourd'hui le record de tentatives, avec des gravités différentes, mais de tentatives d'attentat.
00:35La première, ça remontait à 2016, c'était sa première campagne, et ça avait été assez lointain.
00:40Évidemment, celle à laquelle on pense tous, c'est celle de Butler en Pennsylvanie lors de la deuxième campagne,
00:46avec cette balle qui traverse l'oreille. Il y en a eu trois depuis, celle-ci étant la troisième.
00:52Bon, la gravité était moindre, le tireur a été arrêté.
00:55Et ça n'est qu'une énième manifestation de tentatives d'attentat.
01:00Il y a quatre présidents américains sur 45.
01:04Il y a eu 45 individus qui ont été à la Maison-Blanche, qui ont été présidents.
01:09Quatre présidents ont été tués, on pense tous à Kennedy, bien sûr.
01:11Il y a eu Lincoln, il y a eu deux autres, James Garfield et William McKinley.
01:14Il y a eu aussi des tentatives très sérieuses au XXe siècle.
01:17Il y a eu Roosevelt, il y a eu Truman, il y a eu Ford.
01:20On pense aussi, bien sûr, à Ronald Reagan, d'ailleurs, devant le même hôtel où les faits se sont produits
01:25ce samedi soir.
01:26Et donc, oui, il y a une violence politique que l'on voit qui se manifeste contre les présidents.
01:30C'est une réalité, oui.
01:32Analia ?
01:32Alors, c'est vrai que ça a toujours existé.
01:34Et en même temps, on voit que ça augmente.
01:36Entre 95 et 2015, il n'y a eu que deux attaques contre des élus ou des candidats.
01:43La décennie suivante, donc la nôtre, entre 2016 et 2025, il y en a eu 25.
01:47Donc, ça se multiplie, ça touche tout le monde, touche tous les élus.
01:50Comment vous l'expliquez ?
01:51Toutes les études le confirment.
01:53La violence politique est dans un cycle haussier depuis au moins une décennie.
01:57En fait, les États-Unis, il ne faut pas l'oublier, sont nés sur une idée à la fois de
02:01liberté,
02:01mais aussi sur une violence intrinsèque.
02:04On disait, est-ce que c'est une composante intrinsèque ?
02:05Oui, elle l'est.
02:06Ce n'est pas une anomalie, c'est vraiment un élément de l'histoire américaine.
02:11On sait que cette violence, elle est liée à un certain nombre de fractures,
02:13des fractures fondatrices.
02:15Évidemment, le sujet racial, l'occupation des territoires, la possession des armes.
02:19C'est une nation qui a été fondée sur la violence.
02:21La guerre d'un répandance, bien sûr, mais ensuite l'expansion vers l'ouest,
02:25l'extermination des nations amérindiennes,
02:27plus tard, la violence autour de l'esclavage,
02:30et bien sûr, la guerre de sécession.
02:31Les années 60 ont été une autre vague.
02:33C'est presque la référence en matière de traumatisme.
02:35On a eu toutes les émeutes raciales, on a eu des assassinats politiques,
02:37on a parlé de John Fitzgerald Kennedy, mais son frère également, Robert,
02:41et puis Martin Luther King.
02:42On se rappelle les années 60, avec toutes ces images que l'on a pu voir.
02:45Et puis, presque le point d'orgue de cette nouvelle vague,
02:47c'est le 6 janvier 2021, l'assaut du Capitole,
02:51où là, devant les caméras du monde entier,
02:52on a des images complètement hallucinantes.
02:54En fait, c'est un énième exemple d'une Amérique,
02:57de deux Amériques qui ne se parlent plus,
02:59d'une Amérique extrêmement polarisée.
03:00On l'a déjà dit, on le redit.
03:02L'Amérique est très fortement polarisée.
03:04Toutes les statistiques le confirment.
03:05Mais la nature de la violence, elle change.
03:07Pendant longtemps, il y a eu des groupes,
03:09des groupuscules identitaires, paramilitaires.
03:11On a beaucoup parlé, notamment, des Proud Boys ou des Housekeepers,
03:14qui sont des franges paramilitaires,
03:16souvent soutiens de Trump,
03:17qui ont un rôle important dans la violence politique.
03:20Mais plus récemment, et ça a été encore le cas samedi soir,
03:24c'est le fait d'individus radicalisés sur Internet
03:27qui n'appartiennent à aucun groupuscule,
03:29qui ont des armes et qui veulent commettre,
03:31devant les caméras du monde entier,
03:32des violences politiques.
03:34Clairement, cette violence, elle est là.
03:36Elle frappe les deux camps.
03:37On a eu beaucoup d'exemples depuis dix ans,
03:39à la fois chez les démocrates et chez les républicains,
03:41d'élus qui ont été tabassés,
03:43parfois tués,
03:45de façon extrêmement brutale.
03:48Il y a une banalisation de ces idées.
03:49C'est une réalité, Laure ?
03:50Individus qui sont, Alexis, dans une sorte de mission
03:53où ils doivent empêcher, là, c'était le cas dans le manifeste de celui de samedi,
03:58empêcher de nuire, comme s'il y avait une mission individuelle à accomplir.
04:02Le problème, c'est quand même le port d'armes aux États-Unis,
04:05c'est-à-dire que rapidement, vous avez quand même les armes pour agir.
04:09Et puis, il y a Donald Trump qui fait en sorte que tout ennemi politique
04:13est une menace, un ennemi du peuple.
04:15Tout ça, ça fait monter aussi la violence.
04:18Il y a 30 fois plus de risques de mourir aux États-Unis par arme à feu qu'en France.
04:2230 fois plus.
04:23Les statistiques sur les dernières années sont une réalité.
04:26Pourquoi ? On l'explique en partie.
04:28On a parlé de cette composante intrinsèque,
04:30mais on l'explique en partie par la possession des armes,
04:33et notamment parfois des armes du type AK-47,
04:36des armes, des fusils automatiques,
04:38qui n'existent quasiment qu'aux États-Unis dans les grandes démocraties.
04:41Donc oui, l'Amérique est malade de ces armes.
04:44Et c'est vrai que, jusqu'à récemment,
04:47le président Trump a souvent utilisé ces moments
04:51pour dénoncer la violence de ses ennemis,
04:53pour dénoncer les démocrates qui entretiennent un climat de peur.
04:57Alors évidemment, on peut se dire, mais quand même,
04:59les républicains, et notamment Trump, aussi entretiennent ça.
05:02Mais il faut penser bien, on en a déjà parlé d'ailleurs sur cette antenne,
05:04il faut penser à l'attentat contre Charlie Kirk,
05:06qui a eu lieu il y a quelques mois.
05:07C'était, là encore, une manifestation de cette violence politique.
05:10Elle est souvent instrumentalisée.
05:11Et ça pose la question de à quel point ces attentats,
05:15ces violences politiques, jouent un rôle dans le débat politique
05:18et jouent un rôle dans les résultats des élections.
05:21Ça, c'est un vrai sujet qui va arriver avec les mid-turns.
05:23Annalisa, justement, est-ce que ça peut avoir un impact
05:25sur Donald Trump dans les sondages ?
05:27Alors, il y a plusieurs études, là encore, qui ont été réalisées.
05:29On pense, évidemment, à 1963,
05:31si on se rappelle l'attentat contre John Fitzgerald Kennedy.
05:35Quelques mois plus tard, l'élection de 1964,
05:37rademarré démocrate.
05:38Donc, on peut faire un lien.
05:39Il faut faire attention.
05:40On sait bien que causalité, corrélation,
05:43ça n'est pas la même chose.
05:44Il y a beaucoup de facteurs qui expliquent une élection.
05:46Aujourd'hui, les mid-turns sont encore loin
05:50dans le spectre politique, dans le schéma politique américain.
05:53C'est dans six mois.
05:53Donc, il faut se méfier de raccourcis.
05:56D'ailleurs, c'est intéressant,
05:57la tentative de récupération politique,
05:59elle est assez naturelle.
05:59Mais là, ce week-end,
06:00Trump, dans la conférence de presse
06:01qu'il fait juste après l'arrestation du tireur,
06:06samedi soir,
06:07il est plutôt apaisant, pour une fois.
06:08Il est plutôt apaisant.
06:09Rien à voir avec la fois d'avant.
06:10Rien à voir.
06:11Il est plutôt apaisant,
06:13en remerciant les forces de l'ordre,
06:14en expliquant que ça justifie justement
06:16sa salle de balle qu'il est en train de faire construire
06:17à la Maison-Blanche,
06:18parce qu'elle sera beaucoup plus sécurisée,
06:20anti-drone,
06:20avec des vitres anti-écout de feu, etc.
06:24Donc, il a plutôt joué sur le côté apaisant.
06:27Il a quand même rappelé que si on s'en prenait à lui,
06:29c'est parce qu'il faisait beaucoup,
06:30et que ceux qui font beaucoup
06:31sont ceux qui sont les plus exposés.
06:33Mais encore une fois,
06:33pas de lien automatique.
06:35Les élections sont dans six mois.
06:36Ce qui fera l'élection,
06:37c'est d'abord et avant tout l'économique
06:39et la dynamique du moment.
06:41La dynamique du moment,
06:42nous en sommes encore loin.
06:43Merci beaucoup Alexis Carquise Marchand
06:45d'être venu ce matin
06:46dans la matinale de l'économie.
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