00:00La colère monte, le mouvement anti-Trump a pris une nouvelle dimension.
00:03Ce week-end, 8 millions d'Américains ont manifesté contre le président des Etats-Unis.
00:07De quoi accroître un peu plus la pression sur Donald Trump.
00:10Bonjour Alexis Garkins.
00:11Bonjour Arwen.
00:12Merci d'être avec nous ce matin, directeur général délégué de Date Advisory.
00:15Mathilde Chaminade avec moi pour vous interroger sur ce sujet.
00:19Peut-être pour commencer, on va développer vers beaucoup d'autres choses,
00:22mais ce mouvement baptisé No Kings,
00:24qui a appelé à ces rassemblements pour protester contre les hausses de prix,
00:28les violences policières, mais aussi bien sûr la guerre en Iran.
00:32C'est une colère qui prend de l'ampleur, on le voit.
00:34D'abord, comment est-ce que vous l'observez ?
00:37Alors, plus de 3000 manifestations dans le pays,
00:40un niveau de participation record.
00:43C'est en fait la troisième série de manifestations depuis dix mois,
00:48organisées par ce collectif,
00:49qui au départ a été fondée juste après l'arrivée de Trump au pouvoir,
00:53pour contester ce qui est perçu par les manifestants
00:56comme des atteintes à l'état de droit,
00:58pour protester aussi contre la politique migratoire,
01:01protester également contre la vie chère,
01:04et naturellement, avec la guerre en Iran,
01:07désormais, contester cette guerre,
01:09qui a des conséquences sur l'économie américaine,
01:11ça a beaucoup mobilisé,
01:13on a parlé même jusqu'à 9 millions,
01:14on disait 8 millions,
01:15alors évidemment c'est toujours pareil,
01:16les manifestants et la police,
01:18il y a effectivement eu un niveau de mobilisation record,
01:22dans un nombre de villes record,
01:25vraiment sur tout le territoire,
01:27parfois c'était des petites manifestations,
01:29mais dans les grandes villes,
01:31notamment à New York,
01:32très très grandes manifestations,
01:33sur la côte d'Ouest également,
01:34à Chicago également,
01:34beaucoup beaucoup de monde dans les manifestations,
01:37ça dit quelque chose,
01:38il y a une partie de l'Amérique aujourd'hui,
01:40qui est de plus en plus polarisée,
01:41et qui est très critique,
01:42très très critique,
01:43et inquiète pour l'avenir du pays.
01:44À juste titre ou pas ?
01:46Parce qu'on regarde peut-être ce qui se passe d'abord aux Etats-Unis,
01:49on élargira ensuite au reste du monde,
01:52parce que la guerre en Iran a des répercussions mondiales bien sûr,
01:56mais sur la politique américaine d'abord,
01:59et l'économie américaine,
02:00on voit que Donald Trump a du mal quand même à tenir le cap.
02:04Alors, il y a plusieurs sujets qui viennent s'empiler,
02:06d'abord, évidemment la guerre en Iran a provoqué
02:09une hausse très importante du prix du pétrole,
02:12et donc du prix de l'essence.
02:13On est à 115 dollars en ce moment.
02:13Voilà, on est à 5 dollars,
02:14on était à 70 dollars avant le conflit,
02:17on est maintenant dans des zones d'entre 110-120 dollars,
02:20ça, ça a une conséquence directe sur le prix de l'essence aux Etats-Unis,
02:22juste pour vous donner un chiffre.
02:24Vous savez, la mesure aux Etats-Unis, c'est le prix du gallon.
02:26Donc, un gallon, c'est à peu près 3,8 litres d'essence.
02:30On était un peu en dessous de 3 dollars avant la guerre,
02:34juste avant la guerre en Iran,
02:35on est maintenant à 4 dollars,
02:37juste pour du regular,
02:38donc vraiment pour l'essence classique.
02:39Ça, ça a une conséquence directe dans un pays
02:41où évidemment la voiture est toujours reine,
02:43et donc les Américains utilisaient énormément leur voiture,
02:45ça touche le portefeuille.
02:46Et ça touche le portefeuille,
02:48ça a donc déjà des répercussions
02:49sur l'allocation du portefeuille des Américains.
02:52Donc, évidemment, premier effet.
02:55Deuxième effet,
02:56l'inflation qui est attendue à la hausse
02:59sur le coût de l'alimentation,
03:01le coût des biens,
03:03en général,
03:04dans un pays qui était déjà plutôt sur une inflation assez importante,
03:07on est tourné autour de 3%,
03:08en Europe,
03:09on est plutôt autour de 2%,
03:10et en France,
03:10on est même plutôt en dessous de ça,
03:12aux États-Unis,
03:12on était encore à 3%.
03:14Et donc,
03:14il y a déjà des anticipations d'une inflation
03:16qui remonte à 4%.
03:17Et puis,
03:18il y a un autre effet qui joue,
03:20c'est que cette guerre coûte cher,
03:22cette guerre coûte aux États-Unis
03:23environ 1 milliard de dollars par jour,
03:27certains jours,
03:28on monte même jusqu'à 4 milliards
03:29selon certaines estimations,
03:30parce que ça dépend évidemment
03:32de l'intensité des frappes.
03:32Dans un pays où vous avez un déficit budgétaire,
03:35il n'y a pas que la France,
03:36où le déficit budgétaire est presque 6%,
03:38et une dette qui est record,
03:40on est à 124% du PIB.
03:41Voilà,
03:42donc tout ça joue sur le climat des affaires
03:44et sur le portefeuille des Américains.
03:46Et des élections de mi-mandat,
03:47on le rappelle,
03:47qui arrivent à la fin de l'année.
03:49Ça se présente plutôt difficilement,
03:52alors il y a encore du temps,
03:52il peut se passer beaucoup de choses,
03:53mais évidemment,
03:54tous les indicateurs sont négatifs
03:56en prévision de ces mid-terms.
03:58Mathilde ?
03:59Et alors,
03:59au-delà des États-Unis,
04:00on commence à avoir des conséquences économiques
04:02plus globalement ?
04:04Absolument,
04:04on le voit notamment sur le climat,
04:07on sait déjà qu'il va y avoir
04:08une réduction du commerce international,
04:10on va anticiper plutôt une bonne dynamique en 2026,
04:13et bien les nouvelles estimations
04:15qui ont été faites montrent que
04:16le commerce international,
04:17après seulement un mois de guerre,
04:19serait dans une toute petite croissance,
04:21voire même une forme de stagnation.
04:23Il y a des éléments qui sont aussi inquiétants
04:25sur les taux d'intérêt,
04:26et ça,
04:27ça joue sur l'ensemble de la planète.
04:28On parle beaucoup du taux américain,
04:30le 10 ans américain,
04:31il est monté de 4% à presque 4,5% en un mois,
04:35mais regardez même en France,
04:37il aurait été 10 ans,
04:37on est passé de 3,20 à 3,80.
04:40Alors,
04:40ça nous dit là aussi quelque chose,
04:41savoir des répercussions sur l'investissement,
04:44sur,
04:44quand on parle de taux d'intérêt qui remonte,
04:46sur les crédits,
04:47et donc,
04:47ça,
04:48ça se propage évidemment à l'ensemble du monde.
04:50Vous savez,
04:50l'Agence internationale de l'énergie
04:52a quand même indiqué que c'était
04:54la plus grande perturbation
04:56de l'approvisionnement de pétrole de l'histoire.
04:57Alors,
04:58évidemment,
04:58quand on met ça en comparaison de la crise de 1973,
05:02ça peut paraître un peu excessif,
05:03mais on sait vraiment que là,
05:04on est passé d'une crise régionale
05:06à un vrai choc géopolitique
05:08qui va avoir des répercussions aux Etats-Unis,
05:11en Europe,
05:12plutôt moins en Europe,
05:13parce qu'on est relativement dépendant,
05:15quand je dis relativement au sens,
05:16pas trop dépendant du pétrole local.
05:18En revanche,
05:19l'Asie,
05:19l'Asie est très fortement dépendante
05:22du pétrole du Moyen-Orient.
05:23Le Japon,
05:2490% de ses importations du pétrole
05:26viennent du Moyen-Orient.
05:27La Chine,
05:28on est à plus de 50%.
05:29Donc,
05:29nécessairement,
05:30savoir des impacts
05:31sur le coût de la production
05:33et notamment la production industrielle.
05:35Il nous reste 30 secondes,
05:36Alexis Karklins,
05:37on parlait du baril de Brent,
05:39on est à 115 dollars
05:40en ce début de semaine.
05:41Est-ce que Donald Trump
05:43a toujours autant les yeux rivés
05:44sur la bourse ?
05:45On sait que c'est quand même
05:47son thermomètre.
05:48Pourtant,
05:49ça va quand même très très mal.
05:50Alors,
05:50c'est difficile de sortir
05:51d'un conflit comme celui
05:52qui se produit actuellement en Iran,
05:54de cette guerre en Iran.
05:55Clairement,
05:56le fameux taco,
05:59Trump's always chickened out,
06:01Trump arrête tout de suite
06:02tous les conflits
06:03dès que les indices boursiers baissent.
06:05On y est,
06:05on y est.
06:06Les indices boursiers américains
06:07ont baissé de 7%
06:09depuis 7 à 8%
06:11le S&P 500 de Jones
06:12depuis le début de la guerre.
06:14Ça ne plaît pas aux Etats-Unis,
06:15ça ne plaît pas aux investisseurs,
06:17ça ne plaît pas
06:17à tous les soutiens
06:18de Donald Trump.
06:19Donc oui,
06:20probablement qu'aujourd'hui,
06:21le plus important pour l'Amérique,
06:23c'est de sortir de ce conflit,
06:24mais de sortir avec
06:25un certain nombre
06:25d'éléments positifs
06:26et on sait qu'il y a
06:27des tractations
06:28des diplomatiques en cours.
06:30Notamment au Pakistan,
06:31on en parlait tout à l'heure.
06:33Merci beaucoup
06:33pour ce décryptage
06:34avec nous ce matin.
06:35Alexis Karklins,
06:36Marchand,
06:36directeur général délégué
06:37d'Aid Advisory.
06:38Merci beaucoup.
06:38Merci beaucoup.
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