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  • il y a 14 heures
Ce lundi 4 mai, Alexis Karklins-Marchay, directeur général délégué d'Eight Advisory, était l'invité d'Annalisa Cappellini dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Ils sont revenus sur la baisse de popularité de Donald Trump six mois avant les élections de mi-mandat. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On est six mois pile avant les mid-termes aux Etats-Unis, on en parle avec Alexis Kerkins-Marchais.
00:04Bonjour, directeur général délégué d'Aid Advisory.
00:07Il y a un peu de rififi du côté des magas avec des difficultés autour des candidats
00:14qui pourraient se présenter au mid-terme, certains qui devaient être présents,
00:17en fait finalement qui ne sont pas soutenus par Donald Trump.
00:20Votre analyse à vous, il y a une sorte de panique ou c'est la politique
00:24« same as usual » finalement du côté des Républicains ?
00:29Chez les Républicains, c'est un petit moment difficile parce qu'on ne parle pas encore de panique.
00:33On est, comme vous l'avez rappelé, à six mois des élections mi-mandat.
00:36Mais enfin, la conjoncture n'est pas bonne.
00:39Il y a trois éléments finalement qui expliquent la forme de panique
00:44ou les inquiétudes fortes chez les Républicains.
00:45D'abord l'histoire, l'histoire des mi-mandats.
00:49Quand on regarde l'histoire, c'est que les présidents perdent les mid-termes.
00:52Ils les perdent sur les 20 élections mi-mandats auxquelles on a assisté
00:56depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
00:59À deux occasions seulement, il y a eu une progression du nombre de sièges à la Chambre
01:04dans le parti qui était à la Maison-Blanche.
01:05Deux sur 20.
01:07C'est un peu plus au Sénat.
01:08Donc ça nous dit déjà quelque chose.
01:10Le parti qui est à la Maison-Blanche,
01:12non, 18 fois sur 20, a perdu les élections mi-mandat,
01:16a vu son nombre de sièges reculer.
01:17En moyenne, c'est 28 sièges en moins à la Chambre des représentants
01:20et 4 sièges en moins au Sénat,
01:23deux ans après l'élection du Président pour le parti à la Maison-Blanche.
01:25Mais ça ne ferait pas forcément perdre les deux chambres ?
01:28Là, ça serait carrément plus grave.
01:31Tout le sujet, c'est l'ampleur d'une victoire annoncée.
01:34Encore une fois, on va prendre beaucoup de prudence,
01:36on est à ce moment, etc.
01:37Mais c'est l'ampleur annoncée de la victoire des démocrates.
01:39Il faut regarder chambre par chambre.
01:40À la Chambre des représentants, il y a 435 sièges,
01:43une élection tous les deux ans.
01:44La majorité est donc à 218.
01:46Aujourd'hui, les Républicains ont 220 sièges,
01:49c'est-à-dire seulement deux sièges d'avance.
01:51Quand on regarde les dernières élections, c'était en 2024,
01:55il y a eu 21 Républicains qui ont gagné de justesse.
01:59Donc, très concrètement, la situation à la Chambre
02:02est plutôt favorable aux démocrates.
02:03Au Sénat, c'est un peu plus compliqué.
02:05Vous savez qu'il y a 100 sièges au Sénat
02:07et c'est renouvelé par tiers.
02:08Alors cette année, il y a eu une petite subtilité,
02:10c'est qu'en plus, il y aura le siège de G.D. Vance dans l'Ohio
02:13et le siège de Marco Rubio en Floride,
02:14qui sont aussi en jeu.
02:15Donc vous avez 35 sièges de sénateurs
02:18qui sont en jeu aux élections de demi-mandat.
02:20Aujourd'hui, les Républicains en défendent 22
02:22et les Démocrates, 13.
02:24On pourrait se dire que c'est plutôt là aussi favorable aux démocrates.
02:26Sauf qu'une majorité de ces 22 sièges
02:28que les Républicains doivent défendre,
02:30ce sont dans des États « rate state ».
02:32Donc c'est un chemin qui est possible pour les Démocrates.
02:34Il faut qu'ils en gagnent 4,
02:35puisque pour l'instant, la majorité républicaine est 53-47.
02:40Donc pour que les Démocrates gagnent aussi le Sénat,
02:43il faut qu'ils gagnent 4 sièges.
02:44C'est possible, c'est un chemin, comme je le disais,
02:46qui est étroit, mais qui est tout à fait plausible.
02:49– Annalisa, c'est un moment assez difficile pour Donald Trump
02:51parce que sa cote de popularité est en train de baisser.
02:53Est-ce que vous pensez que finalement,
02:55ce conflit peut avoir raison de lui ?
02:56– Alors le conflit en Iran, clairement, joue.
02:59La popularité, c'est le troisième élément
03:01qui est compliqué pour le camp républicain.
03:04En fait, c'est sans surprise,
03:06mais il y a une très forte corrélation historiquement
03:08entre les résultats des élections de mi-mandat
03:10et le taux d'approbation de la politique du président.
03:14Il y a eu deux exemples dans l'histoire.
03:16Les seuls deux exemples à la Chambre des représentants
03:18où le parti au pouvoir a progressé au mi-mandat,
03:21deux ans après, c'était Clinton en 98
03:24et W. Bush en 2002.
03:26Or les deux avaient des taux d'approbation
03:27à plus de 65% pour différentes raisons.
03:30Trump, lui, selon les derniers sondages,
03:33est à 36%.
03:34Donc il y a un score très très défavorable
03:37en termes d'approbation.
03:39On est très très négatifs.
03:41Donc clairement, il parle de loin.
03:43Et si on regarde un peu plus dans le détail,
03:45dans le sondage, une majorité d'Américains
03:47aujourd'hui est opposée à la guerre en Iran.
03:50Une majorité d'Américains
03:51jugent la politique économique mauvaise.
03:54D'ailleurs, presque, c'est une insulte pour Trump.
03:56Pour la première fois depuis 2010,
03:59les démocrates sont perçus par l'électorat américain
04:01comme plus compétents en matière d'économie.
04:04D'économie, ce qui était le sujet principal
04:06sur lequel les républicains avaient toujours
04:08une forme d'avance par rapport aux démocrates,
04:10et bien même sur ce sujet-là aujourd'hui,
04:12les démocrates ont plutôt la cote.
04:14Encore une fois, nous sommes à six mois,
04:15et donc il va se passer beaucoup de choses.
04:17Mais clairement, six mois avant ces élections,
04:19on peut dire qu'aujourd'hui,
04:20ça ne se présente pas bien pour les républicains.
04:22Oui, parce que bon, alors aujourd'hui,
04:23on est plutôt dans une phase positive
04:24sur la guerre en Iran.
04:25Enfin, ça change à chaque minute.
04:27Ce matin, c'est plutôt un détroit
04:29qui pourrait se réouvrir,
04:30des bateaux qui seraient escortés,
04:32des négociations de paix
04:33qui pourraient reprendre.
04:34La guerre peut finir,
04:36et puis le baril de Brent rechuté,
04:39il peut changer.
04:40Le spectre, c'est vrai,
04:41alors, le spectre qui fait beaucoup,
04:44beaucoup peur aux républicains,
04:45c'est le spectre de 2006,
04:46deuxième mandat de W. Bush,
04:48guerre en Irak,
04:51impopularité très importante,
04:52taux d'approbation très faible,
04:54et raz-de-marée démocrate en 2006.
04:57Voilà, c'est ce scénario-là
04:59que redoutent aujourd'hui les républicains.
05:02Après, il y a d'autres éléments.
05:03Vous regardez les dernières élections partielles
05:05qui ont eu lieu depuis 15 mois,
05:06elles ont été très favorables aux démocrates.
05:09Et finalement, 2024,
05:10qui a été une vraie victoire de Trump
05:11et des républicains,
05:12c'était un moment très particulier.
05:14Il y avait le wokisme,
05:16vous savez, il y avait cette crainte du wokisme
05:17chez beaucoup d'électeurs indépendants.
05:18Vous aviez la gestion politique de Biden
05:20qui était jugée très négativement lui-même.
05:22Le candidat Biden s'est retiré
05:23très tardivement dans l'élection.
05:24Donc, il y a,
05:25pour un certain nombre d'électeurs démocrates,
05:28il y a la raison pour laquelle
05:29les démocrates ont perdu ces élections.
05:30Bon, encore une fois,
05:32on est sur du mi-mandat.
05:33Le mi-mandat, c'est du local.
05:35Le nom Trump n'est pas sur le bulletin.
05:37Et même quand il l'est,
05:39et là, je pense aux dernières élections de mi-mandat,
05:41les mid-terms,
05:42non pas de 26,
05:43mais celles de 22,
05:45les candidats qui étaient estampillés,
05:46Donald Trump,
05:47vraiment les candidats magas,
05:48ont plutôt moins bien performé
05:50que les républicains traditionnels.
05:52Donc, il y a beaucoup d'éléments
05:53qui vont jouer.
05:54La dynamique économique,
05:55la fin de la guerre en Iran, évidemment,
05:56mais quand il n'y a pas d'autres conflits d'ici là,
05:59on voit bien,
06:00il y a une très grande volatilité,
06:01mais ce qui est sûr,
06:01c'est que quand on regarde les chiffres aujourd'hui,
06:03le camp Trump part de très loin.
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