00:00La visite de Donald Trump en Chine, c'était prévue du 31 mars au 2 avril,
00:04au cours de laquelle il doit rencontrer le président Xi Jinping.
00:07Visite qui a été annoncée au départ par la Maison Blanche, non confirmée par Pékin,
00:10et qu'il remet en cause cette nuit.
00:12Je vais vous expliquer pourquoi avec Alexis Karkins-Marchais.
00:14Bonjour, vous êtes le directeur général et délégué d'Advisoris.
00:17Ça chauffe du côté de l'Iran, le détroit d'Hormuz qui n'est toujours pas sécurisé.
00:22Et Donald Trump dit, c'est vous qu'on avait besoin du pétrole qui est coincé.
00:25Les Chinois, vous n'avez qu'à nous aider à sécuriser le détroit.
00:27Oui, c'est assez classique sur la forme et sur le fond.
00:30Le président américain met un peu de pression.
00:33Ce sommet qui est prévu donc à Pékin, lors d'une visite de trois jours,
00:36on imagine le côté très structurant de cette visite,
00:39compte tenu des relations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.
00:42Il remet en cause, il met un peu la pression.
00:44Les Etats-Unis ont autant besoin de discussions commerciales avec la Chine
00:49que la Chine a besoin de ces discussions avec les Etats-Unis.
00:51Donc on verra, pour l'instant, on est dans un moment très très intense
00:54de négociations et de discussions diplomatiques.
00:56Mais pour autant, je serais surpris que cette réunion n'ait pas lieu à un moment ou à un autre.
01:01C'est annoncé comme une réunion commerciale.
01:04C'est pour ça que Scott Bessent était ce week-end à Paris-Guerweb,
01:06peut-être jusqu'à mardi en France, pour discuter avec ses homologues chinois.
01:10C'est ça.
01:11Alors cette réunion, c'est un sommet commercial qui a lieu à Paris.
01:13Alors pourquoi Paris ? Parce que c'est un terrain neutre.
01:16Et en réalité, depuis le Liberation Day, depuis un an,
01:18depuis l'annonce de ces tarifs douaniers,
01:21les Etats-Unis et la Chine continuent de discuter,
01:24mais de façon assez discrète.
01:25Et toujours sur le terrain neutre, il y a déjà eu cinq rendez-vous.
01:28C'est le sixième qui a commencé hier matin,
01:30donc au siège de l'OCDE.
01:32Entre d'un côté Scott Bessent, qui est le secrétaire au Trésor,
01:34et Jameson Greer, qui est le représentant américain au commerce extérieur.
01:39Ça, c'est pour le parti américain et la partie chinoise.
01:41C'est quelqu'un de très important, qu'on connaît assez peu en Europe,
01:43qui est Heili Fang, qui est un vice-premier ministre chinois,
01:46mais qui est surtout membre du bureau politique du comité central du Parti communiste chinois.
01:50Attention, surtout c'est un proche confident de Xi Jinping.
01:53Et il est accompagné de Li Chengang,
01:55qui est le négociateur chinois dans les relations commerciales extérieures.
02:00C'est quoi cette réunion ? Pourquoi il se voit ?
02:03Alors évidemment, il y a un peu la préparation de ce sommet à venir,
02:05mais il y a aussi une sorte de point d'avancement de ce qui avait été décidé,
02:10rappelez-vous, on en a parlé d'ailleurs sur ce plateau,
02:12en octobre dernier, lorsque le président Trump et le président Xi,
02:16ont déclaré une sorte de trêve provisoire autour du commerce extérieur.
02:20Voilà, et bien ça c'est la suite, c'est ce point d'avancement.
02:22Donc l'idée c'est de préparer la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping potentiellement du mois prochain.
02:28On va aussi parler contrats, investissements, commerces ?
02:32Alors, les sujets classiques sont toujours sur la table,
02:35et je le disais ce matin, la presse chinoise qui le confirme,
02:38même s'il n'y a pas eu d'avancée majeure hier dans cette première journée de discussion,
02:41on a parlé des terres rares, sujet hyper critique,
02:45surtout dans un moment où beaucoup d'entreprises américaines disent avoir des pénuries sur certaines terres rares,
02:52notamment dans le monde de l'électronique.
02:54Le sujet bien sûr des droits de douane,
02:58le sujet des achats chinois de produits agricoles,
03:01vous savez à quel point pour les Etats-Unis c'est important que la Chine continue d'acheter des produits
03:06agricoles,
03:07comme par exemple le soja, hyper important pour l'électorat Maga, pour l'électorat Trump.
03:11Donc il discute de ces sujets-là, du point d'avancement, mais c'est vrai,
03:15il se dit qu'un très gros contrat potentiel d'achat de Boeing,
03:21on parle du plus gros contrat d'investissement civil,
03:23serait aujourd'hui sur la table, et ça Donald Trump en a besoin, clairement.
03:27Et puis on parle aussi d'un sujet, on devrait parler d'un sujet un peu moins connu,
03:30qui est le sujet du blocage des investissements croisés,
03:33les entreprises chinoises qui investissent aux Etats-Unis et les entreprises américaines qui investissent en Chine.
03:37Et un dernier sujet qui enquiquine profondément la Chine,
03:41qui sont deux nouvelles enquêtes américaines qui ont été lancées,
03:44à la fois sur la Chine et d'autres pays,
03:47d'une part sur des pratiques commerciales déloyales,
03:49et d'autre part sur des allégations de travail forcé.
03:53Et ça, ça gêne beaucoup la Chine, parce que ça donne des droits aux présidents américains,
03:57il n'est pas obligé de passer par le Congrès,
04:00et on a vu à quel point c'était important de respecter le protocole récemment
04:03avec l'édition de la Cour suprême sur les tarifs douaniers.
04:06Pourquoi ça gênerait la Chine ?
04:08Parce que le président américain pourrait décider de mettre des droits de douane
04:10ou mettre de nouveaux blocages,
04:12évidemment c'est tout ce que déteste la Chine.
04:14Ce matin, il dit « je fais ce que je veux » sur les droits de douane.
04:18Oui, alors ça c'est une façon de dire même pas mal.
04:20Bon, la réalité c'est que c'est plus complexe,
04:22et on voit bien qu'heureusement il y a encore des checks and balances,
04:25il y a encore des contre-pouvoirs aux Etats-Unis,
04:26et ça montre que justement le président américain n'a pas complètement les mains libres.
04:30Mais comment il peut rencontrer la Chine en parlant commerce,
04:34mais en ne parlant pas de questions de diplomatie sur le conflit ukrainien, sur l'Iran ?
04:38C'est impossible.
04:39Alors, on parle de commerce ici,
04:41ce n'est pas un sommet général avec toutes les dimensions géopolitiques qui sont prises en compte.
04:46Évidemment, on imagine que le sujet iranien ne doit pas être très loin dans les têtes des négociateurs.
04:50Oui, tout nous ramène leur rousse quand même.
04:51À un moment, quand vous avez un pays comme la Chine qui dépend à 50% de son pétrole de
04:55la région du Golfe
04:56et 40% qui passe par le détroit d'Hormuz,
04:58et en plus l'Iran étant un des gros exportateurs à tarif réduit, s'il vous plaît, pour la Chine,
05:03on imagine que ce sujet-là est sur la table.
05:05Et quand Donald Trump met un peu la pression en disant
05:07« j'ai besoin de soutien pour libérer le détroit d'Hormuz »,
05:10et j'ai besoin notamment des bateaux chinois et des forces chinoises,
05:13ça fait partie de tous ces éléments dans les négociations.
05:16Annalisa, qu'est-ce qui nous arrangerait, nous, en tant qu'Européens ?
05:18Une trêve ?
05:19Oui, alors une stabilité, une stabilité.
05:22Les Européens sont objectivement absents de ces discussions en direct.
05:25On a quand même deux puissances économiques qui représentent en cumulé 40% de l'économie mondiale.
05:30Chine plus États-Unis, c'est 40% de l'économie mondiale.
05:32Donc forcément, tout ce qui se décide entre ces deux pays,
05:35même si nous ne faisons pas partie de ces négociations,
05:38cela a des impacts sur nos vies.
05:40Ça concerne la stabilité, ça concerne le type d'exportation, le type d'investissement.
05:47Ce qui se passe entre les deux pays aura des répercussions.
05:49On l'a vu déjà en 2025, il est plus difficile pour les entreprises chinoises
05:53et pour les exportateurs chinois d'aller sur le marché américain.
05:56La conséquence, c'est que les entreprises chinoises se déversent sur le marché européen
06:02à coût de réduction, à coût de remise, à coût de subvention.
06:06On l'a vu dans le chiffre du commerce extérieur chinois,
06:09avec des hausses de plus de 20% vers l'Europe.
06:12L'excédent commercial chinois a encore augmenté en 2025.
06:16Donc l'Europe est forcément tributaire de ce qui se décide entre les États-Unis et la Chine.
06:20Merci beaucoup Alexis Dédonu ce matin dans la matinale.
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