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  • il y a 16 minutes
Ce lundi 16 mars, Alexis Karklins-Marchay, directeur général délégué d'Eight Advisory, était l'invité d'Annalisa Cappellini dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Ils sont revenus sur la visite prévue de Donald Trump en Chine fin mars pour sécuriser le détroit d’Ormuz, ainsi que sur le sommet commercial à Paris entre Washington et Pékin en vue d’une trêve. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00La visite de Donald Trump en Chine, c'était prévue du 31 mars au 2 avril,
00:04au cours de laquelle il doit rencontrer le président Xi Jinping.
00:07Visite qui a été annoncée au départ par la Maison Blanche, non confirmée par Pékin,
00:10et qu'il remet en cause cette nuit.
00:12Je vais vous expliquer pourquoi avec Alexis Karkins-Marchais.
00:14Bonjour, vous êtes le directeur général et délégué d'Advisoris.
00:17Ça chauffe du côté de l'Iran, le détroit d'Hormuz qui n'est toujours pas sécurisé.
00:22Et Donald Trump dit, c'est vous qu'on avait besoin du pétrole qui est coincé.
00:25Les Chinois, vous n'avez qu'à nous aider à sécuriser le détroit.
00:27Oui, c'est assez classique sur la forme et sur le fond.
00:30Le président américain met un peu de pression.
00:33Ce sommet qui est prévu donc à Pékin, lors d'une visite de trois jours,
00:36on imagine le côté très structurant de cette visite,
00:39compte tenu des relations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.
00:42Il remet en cause, il met un peu la pression.
00:44Les Etats-Unis ont autant besoin de discussions commerciales avec la Chine
00:49que la Chine a besoin de ces discussions avec les Etats-Unis.
00:51Donc on verra, pour l'instant, on est dans un moment très très intense
00:54de négociations et de discussions diplomatiques.
00:56Mais pour autant, je serais surpris que cette réunion n'ait pas lieu à un moment ou à un autre.
01:01C'est annoncé comme une réunion commerciale.
01:04C'est pour ça que Scott Bessent était ce week-end à Paris-Guerweb,
01:06peut-être jusqu'à mardi en France, pour discuter avec ses homologues chinois.
01:10C'est ça.
01:11Alors cette réunion, c'est un sommet commercial qui a lieu à Paris.
01:13Alors pourquoi Paris ? Parce que c'est un terrain neutre.
01:16Et en réalité, depuis le Liberation Day, depuis un an,
01:18depuis l'annonce de ces tarifs douaniers,
01:21les Etats-Unis et la Chine continuent de discuter,
01:24mais de façon assez discrète.
01:25Et toujours sur le terrain neutre, il y a déjà eu cinq rendez-vous.
01:28C'est le sixième qui a commencé hier matin,
01:30donc au siège de l'OCDE.
01:32Entre d'un côté Scott Bessent, qui est le secrétaire au Trésor,
01:34et Jameson Greer, qui est le représentant américain au commerce extérieur.
01:39Ça, c'est pour le parti américain et la partie chinoise.
01:41C'est quelqu'un de très important, qu'on connaît assez peu en Europe,
01:43qui est Heili Fang, qui est un vice-premier ministre chinois,
01:46mais qui est surtout membre du bureau politique du comité central du Parti communiste chinois.
01:50Attention, surtout c'est un proche confident de Xi Jinping.
01:53Et il est accompagné de Li Chengang,
01:55qui est le négociateur chinois dans les relations commerciales extérieures.
02:00C'est quoi cette réunion ? Pourquoi il se voit ?
02:03Alors évidemment, il y a un peu la préparation de ce sommet à venir,
02:05mais il y a aussi une sorte de point d'avancement de ce qui avait été décidé,
02:10rappelez-vous, on en a parlé d'ailleurs sur ce plateau,
02:12en octobre dernier, lorsque le président Trump et le président Xi,
02:16ont déclaré une sorte de trêve provisoire autour du commerce extérieur.
02:20Voilà, et bien ça c'est la suite, c'est ce point d'avancement.
02:22Donc l'idée c'est de préparer la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping potentiellement du mois prochain.
02:28On va aussi parler contrats, investissements, commerces ?
02:32Alors, les sujets classiques sont toujours sur la table,
02:35et je le disais ce matin, la presse chinoise qui le confirme,
02:38même s'il n'y a pas eu d'avancée majeure hier dans cette première journée de discussion,
02:41on a parlé des terres rares, sujet hyper critique,
02:45surtout dans un moment où beaucoup d'entreprises américaines disent avoir des pénuries sur certaines terres rares,
02:52notamment dans le monde de l'électronique.
02:54Le sujet bien sûr des droits de douane,
02:58le sujet des achats chinois de produits agricoles,
03:01vous savez à quel point pour les Etats-Unis c'est important que la Chine continue d'acheter des produits
03:06agricoles,
03:07comme par exemple le soja, hyper important pour l'électorat Maga, pour l'électorat Trump.
03:11Donc il discute de ces sujets-là, du point d'avancement, mais c'est vrai,
03:15il se dit qu'un très gros contrat potentiel d'achat de Boeing,
03:21on parle du plus gros contrat d'investissement civil,
03:23serait aujourd'hui sur la table, et ça Donald Trump en a besoin, clairement.
03:27Et puis on parle aussi d'un sujet, on devrait parler d'un sujet un peu moins connu,
03:30qui est le sujet du blocage des investissements croisés,
03:33les entreprises chinoises qui investissent aux Etats-Unis et les entreprises américaines qui investissent en Chine.
03:37Et un dernier sujet qui enquiquine profondément la Chine,
03:41qui sont deux nouvelles enquêtes américaines qui ont été lancées,
03:44à la fois sur la Chine et d'autres pays,
03:47d'une part sur des pratiques commerciales déloyales,
03:49et d'autre part sur des allégations de travail forcé.
03:53Et ça, ça gêne beaucoup la Chine, parce que ça donne des droits aux présidents américains,
03:57il n'est pas obligé de passer par le Congrès,
04:00et on a vu à quel point c'était important de respecter le protocole récemment
04:03avec l'édition de la Cour suprême sur les tarifs douaniers.
04:06Pourquoi ça gênerait la Chine ?
04:08Parce que le président américain pourrait décider de mettre des droits de douane
04:10ou mettre de nouveaux blocages,
04:12évidemment c'est tout ce que déteste la Chine.
04:14Ce matin, il dit « je fais ce que je veux » sur les droits de douane.
04:18Oui, alors ça c'est une façon de dire même pas mal.
04:20Bon, la réalité c'est que c'est plus complexe,
04:22et on voit bien qu'heureusement il y a encore des checks and balances,
04:25il y a encore des contre-pouvoirs aux Etats-Unis,
04:26et ça montre que justement le président américain n'a pas complètement les mains libres.
04:30Mais comment il peut rencontrer la Chine en parlant commerce,
04:34mais en ne parlant pas de questions de diplomatie sur le conflit ukrainien, sur l'Iran ?
04:38C'est impossible.
04:39Alors, on parle de commerce ici,
04:41ce n'est pas un sommet général avec toutes les dimensions géopolitiques qui sont prises en compte.
04:46Évidemment, on imagine que le sujet iranien ne doit pas être très loin dans les têtes des négociateurs.
04:50Oui, tout nous ramène leur rousse quand même.
04:51À un moment, quand vous avez un pays comme la Chine qui dépend à 50% de son pétrole de
04:55la région du Golfe
04:56et 40% qui passe par le détroit d'Hormuz,
04:58et en plus l'Iran étant un des gros exportateurs à tarif réduit, s'il vous plaît, pour la Chine,
05:03on imagine que ce sujet-là est sur la table.
05:05Et quand Donald Trump met un peu la pression en disant
05:07« j'ai besoin de soutien pour libérer le détroit d'Hormuz »,
05:10et j'ai besoin notamment des bateaux chinois et des forces chinoises,
05:13ça fait partie de tous ces éléments dans les négociations.
05:16Annalisa, qu'est-ce qui nous arrangerait, nous, en tant qu'Européens ?
05:18Une trêve ?
05:19Oui, alors une stabilité, une stabilité.
05:22Les Européens sont objectivement absents de ces discussions en direct.
05:25On a quand même deux puissances économiques qui représentent en cumulé 40% de l'économie mondiale.
05:30Chine plus États-Unis, c'est 40% de l'économie mondiale.
05:32Donc forcément, tout ce qui se décide entre ces deux pays,
05:35même si nous ne faisons pas partie de ces négociations,
05:38cela a des impacts sur nos vies.
05:40Ça concerne la stabilité, ça concerne le type d'exportation, le type d'investissement.
05:47Ce qui se passe entre les deux pays aura des répercussions.
05:49On l'a vu déjà en 2025, il est plus difficile pour les entreprises chinoises
05:53et pour les exportateurs chinois d'aller sur le marché américain.
05:56La conséquence, c'est que les entreprises chinoises se déversent sur le marché européen
06:02à coût de réduction, à coût de remise, à coût de subvention.
06:06On l'a vu dans le chiffre du commerce extérieur chinois,
06:09avec des hausses de plus de 20% vers l'Europe.
06:12L'excédent commercial chinois a encore augmenté en 2025.
06:16Donc l'Europe est forcément tributaire de ce qui se décide entre les États-Unis et la Chine.
06:20Merci beaucoup Alexis Dédonu ce matin dans la matinale.
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