00:00Bassam Naren, j'ai notre invité ce matin, enseignant universitaire, président fondateur d'Amanris et Consulting.
00:05Bonjour, bienvenue dans la matinale de l'économie.
00:07On a ce matin la pression qui redescend, en tout cas sur les marchés financiers.
00:11C'est comme ça qu'il analyse avec les Etats-Unis qui mettraient sur la table un plan en 15
00:15points
00:16pour mettre fin à la guerre avec en haut de la liste les interdictions sur l'enrichissement d'uranium.
00:21Peut-être des pourparlers de demain avec J.D. Evans.
00:24Comment vous vous prenez ces informations de la nuit avec des pincettes ?
00:28Vous dites qu'on avance vers une résolution de conflits ?
00:30Il faut les prendre avec des pincettes parce qu'on est habitué avec du tout et du rien avec le
00:36président américain.
00:37Ça va dans tous les sens.
00:38Ce qui est certain, c'est qu'il doit effectivement y avoir un début de préparation de négociation.
00:46En réalité, on a vu qu'il y a des Pakistanais qui seraient impliqués, l'Égyptien mais également les Turcs.
00:51Là, on parle plutôt d'un rôle actif des Pakistanais.
00:54Donc, il faut voir, il y a eu cette annonce d'un plan en 15 points qui intégrerait des éléments
00:59liés au programme nucléaire iranien,
01:01au missile balistique, à l'ouverture des détroit d'Hormuz, au soutien iranien à un certain nombre d'acteurs régionaux,
01:06ce qu'on appelle les proxys iraniens.
01:09Mais bon, les Iraniens ont démenti l'existence de ces négociations.
01:12Donc, on est dans une phase préliminaire en réalité de préparation peut-être pour aller dans le sens de ces
01:16négociations.
01:17Mais après, il y a le gros problème de la crédibilité du président américain dans ce type de dossier.
01:24Puisqu'auparavant, il a deux reprises finalement, on n'a pas mené des négociations de bonne foi avec les Iraniens.
01:30Parce qu'on se rappelle, lors de la guerre actuelle, il y avait des négociations sur le programme nucléaire iranien,
01:36des négociations qui allaient dans le bon sens selon le médiateur Omanet,
01:39qui disait que les Iraniens étaient prêts finalement à faire un certain nombre de concessions très importantes.
01:44Et finalement, il y a eu l'attaque israélo-américaine contre les Iraniens.
01:47Donc, il y a ce problème de bonne foi et de crédibilité de président américain qui finalement pose problème en
01:52réalité.
01:53Donc, est-ce que les Iraniens vont prendre au sérieux cette demande de négociations américaines ?
01:58Ou non ? Donc, c'est tout l'enjeu.
01:59Mais est-ce qu'ils ont le choix ? Parce qu'il redit cette nuit, on se promène au-dessus
02:03du ciel iranien comme on veut.
02:06On a tué tout le monde. Donc, est-ce qu'ils ont le choix ?
02:08Oui, ça c'est le discours officiel du président américain, mais qui semble en réalité être confronté à une véritable
02:13impasse sur le dossier iranien.
02:15On le voit tous les jours, malgré ces déclarations victorieuses, je dirais, du président américain.
02:20On voit que finalement, les Iraniens continuent de riposter finalement aux attaques israélo-américaines,
02:25en menant également des bombardements sur Israël et sur l'ensemble des monarchies du Golfe et des bases américaines situées
02:32dans la zone.
02:33Donc, les Iraniens semblent... C'était leur stratégie dès le départ, de toute façon, être dans le temps lent.
02:40Donc, une stratégie de longue haleine. En réalité, ils étaient préparés à ce type de conflit, à l'inverse, je
02:45dirais, des États-Unis de Trump,
02:48qui cherchait une guerre courte pour répondre notamment à la vision trumpienne de remettre en cause l'interventionnisme classique américain,
02:58et pour répondre aussi à sa base électorale, les magas qui sont contre la guerre.
03:01Et donc, on voit que c'est plutôt le président américain qui semble pressé de trouver un accord aujourd'hui
03:06avec les Iraniens.
03:07Pas l'inverse.
03:08D'ailleurs, c'est peut-être parce que le terrain iranien est un peu plus compliqué que prévu,
03:12que Donald Trump envoie plusieurs bateaux vers le Moyen-Orient, avec des munitions, avec des soldats en renfort.
03:17Donc, en même temps, il dit qu'il négocie. Est-ce qu'il négocie vraiment ?
03:21Oui, donc, je pense qu'il essaye d'avoir des cartes entre les mains,
03:25pour essayer d'exercer une pression encore plus importante sur les Iraniens pour être en position de force en cas
03:30de négociation.
03:32Mais ça montre également tout, je ne dirais pas l'amaturisme, mais quand même le manque de préparation réelle par
03:39rapport à cette guerre.
03:40Au départ, on a un président américain qui se lance dans ce conflit en pensant que ça va être un
03:45conflit rapide,
03:46donc en décapitant, je dirais, la tête du régime iranien.
03:49Donc, le guide suprême iranien, il y a un certain nombre de dignitaires politiques et militaires que ça allait faire
03:53tomber le régime.
03:54Et ça prouve une totale méconnaissance, en réalité, du système iranien, de l'Iran, et de la résilience iranienne,
04:00quelle que soit la nature du régime, d'ailleurs.
04:02Donc, c'est quelque chose qui est ancré, je dirais, profondément dans la psychologie iranienne,
04:07de résister à ce qu'ils considèrent comme étant une agression extérieure.
04:10Et aujourd'hui, qui dirige l'Iran ?
04:12Donc là, on a le nouvel Ayatollah qui a été...
04:16Oui, on n'a jamais vu.
04:17On n'a jamais vu, mais qui a fait plusieurs déclarations, en tout cas qui ont été lues,
04:20parce qu'il y a eu plusieurs informations contradictoires.
04:24Certaines disaient qu'il était blessé, etc.
04:25Mais je pense que c'est plutôt par mesure de sécurité qu'il ne se montre pas.
04:30Donc, ça, c'est un premier point.
04:31Et après, on a le Conseil supérieur, qui était dirigé auparavant par la Rijani,
04:36qui également joue un rôle central dans le système iranien,
04:40sans oublier les gardiens de la révolution iranienne également.
04:43Donc, tout ce monde, en réalité, je pense qu'on labore sur la direction du nouvel Ayatollah
04:48pour mener la politique iranienne,
04:51et éventuellement, peut-être, des négociations qui pourraient commencer à un moment donné.
04:55Mais quelles sont aujourd'hui les forces iraniennes ?
04:58À vous entendre, on dirait que, je ne dirais pas que tout va bien,
05:01mais qu'en tout cas, la résistance peut continuer pendant des mois et des mois ?
05:05Non, non, tout ne va pas bien, ça, c'est évident.
05:07Les Iraniens ont perdu beaucoup de leurs responsables militaires et politiques de premier plan.
05:12Mais comme je le disais, les Iraniens, ça fait 20 ans qu'ils sont préparés à ce conflit avec Israël
05:16et avec les États-Unis.
05:18Donc, ils ont mis en place un système qui peut tenir sur plusieurs mois en réalité.
05:23Et donc, ils ont cette capacité de résilience.
05:26Il ne faut pas oublier la guerre avec l'Irak.
05:28Auparavant, dans les années 80, une guerre qui a duré pratiquement 10 ans.
05:32L'Irak, à l'époque, il avait le soutien fénoncier et militaire des monarchies du Golfe,
05:37d'une partie de l'Occident et notamment des États-Unis.
05:39Et malgré ça, les Iraniens ont tenu pendant 10 ans.
05:41Donc, ça montre en réalité, on voit la psychologie iranienne
05:45de ce qu'ils considèrent comme étant une résistance légitime face à une agression extérieure.
05:49Et on est dans cette même logique aujourd'hui en réalité.
05:52Et soutenus par qui ? Les Chinois, les Russes ?
05:55On a vu les Chinois faire des déclarations hier en disant qu'ils voulaient la paix,
05:58Oui, bien sûr.
06:00Ce n'est pas un soutien direct, je dirais, de la part des Chinois et des Russes.
06:05Mais effectivement, il y a eu ce soutien déjà par le passé de la part de la Chine et de
06:09la Russie,
06:09qui sont des alliés historiques de l'Iran.
06:12Donc, ça peut être un soutien notamment au niveau des informations.
06:15On a beaucoup entendu parler de ça, que les Chinois fournissaient un certain nombre,
06:18et les Russes également, un certain nombre d'informations sur les cibles américaines à viser.
06:25Et éventuellement, aujourd'hui, on parle de plus en plus de la Chine,
06:27qui pourrait également être un des médiateurs en réalité,
06:29en raison de ses bonnes relations historiques avec les Iraniens,
06:33et du fait qu'il est également dépendant en grande partie du pétrole qui passe par le détroit d'Hormuz.
06:38Annalisa ?
06:39Les Iraniens frappent aussi les pays du Golfe.
06:41Officiellement, ils ne visent que les intérêts américains dans la région,
06:44mais de facto, les pays du Golfe sont aussi dans le conflit.
06:47Est-ce qu'ils réfléchissent à une implication active ?
06:49Les monarchies du Golfe ?
06:50Oui.
06:50Oui, parce que ce qu'on disait, les Iraniens étaient préparés à ce conflit,
06:54donc avec une stratégie d'élargissement du conflit,
06:56pour pouvoir résister en réalité,
06:58avec cette idée de faire payer le prix fort aux États-Unis par rapport à cette attaque.
07:03Et automatiquement, effectivement, il y a une implication des monarchies du Golfe,
07:06en raison de la présence importante de bases américaines dans la zone.
07:09Et donc là, on voit que les monarchies du Golfe sont dans une position assez délicate en réalité,
07:14parce qu'on sent qu'ils, bon, dans leur discours, il est de plus en plus, dès le départ,
07:19ils étaient critiques vis-à-vis à ce qu'ils considèrent également comme une agression iranienne
07:23par rapport à leur intégrité territoriale et souveraineté.
07:26Mais ils sont également dans une situation assez complexe,
07:28parce que réposter aux Iraniens, cela peut engendrer une réposte encore plus forte de la part des Iraniens.
07:33Et ça les mettrait également dans une situation assez particulière,
07:35parce qu'ils vont se retrouver en réalité avec Israël.
07:38Et ça serait pour la première fois où on aurait une alliance, je dirais, officielle
07:45entre Israël, un certain nombre d'États musulmans, et notamment l'Arabie saoudite,
07:48parce que ça reste le grand acteur, même symboliquement.
07:51Et si l'on est en conflit contre l'Iran, avec Israël et les États-Unis,
07:56ça pourrait quand même avoir des conséquences autres que dans la région.
08:00Merci beaucoup Bastem Larré, j'ai devenue ce matin dans la matinale de l'économie.
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