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  • il y a 8 minutes
Ce mercredi 25 mars, Bassem Laredj, enseignant universitaire et président fondateur d'Amane Risk Consulting, était l'invité d'Annalisa Cappellini dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Ils sont revenus le plan de négociation proposé par les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré les menaces de frappes imminentes de Donald Trump, ainsi que sur la réouverture du détroit d'Ormuz par l'Iran aux "navires non hostiles" et qui impose désormais des droits de passage coûteux. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Bassam Naren, j'ai notre invité ce matin, enseignant universitaire, président fondateur d'Amanris et Consulting.
00:05Bonjour, bienvenue dans la matinale de l'économie.
00:07On a ce matin la pression qui redescend, en tout cas sur les marchés financiers.
00:11C'est comme ça qu'il analyse avec les Etats-Unis qui mettraient sur la table un plan en 15
00:15points
00:16pour mettre fin à la guerre avec en haut de la liste les interdictions sur l'enrichissement d'uranium.
00:21Peut-être des pourparlers de demain avec J.D. Evans.
00:24Comment vous vous prenez ces informations de la nuit avec des pincettes ?
00:28Vous dites qu'on avance vers une résolution de conflits ?
00:30Il faut les prendre avec des pincettes parce qu'on est habitué avec du tout et du rien avec le
00:36président américain.
00:37Ça va dans tous les sens.
00:38Ce qui est certain, c'est qu'il doit effectivement y avoir un début de préparation de négociation.
00:46En réalité, on a vu qu'il y a des Pakistanais qui seraient impliqués, l'Égyptien mais également les Turcs.
00:51Là, on parle plutôt d'un rôle actif des Pakistanais.
00:54Donc, il faut voir, il y a eu cette annonce d'un plan en 15 points qui intégrerait des éléments
00:59liés au programme nucléaire iranien,
01:01au missile balistique, à l'ouverture des détroit d'Hormuz, au soutien iranien à un certain nombre d'acteurs régionaux,
01:06ce qu'on appelle les proxys iraniens.
01:09Mais bon, les Iraniens ont démenti l'existence de ces négociations.
01:12Donc, on est dans une phase préliminaire en réalité de préparation peut-être pour aller dans le sens de ces
01:16négociations.
01:17Mais après, il y a le gros problème de la crédibilité du président américain dans ce type de dossier.
01:24Puisqu'auparavant, il a deux reprises finalement, on n'a pas mené des négociations de bonne foi avec les Iraniens.
01:30Parce qu'on se rappelle, lors de la guerre actuelle, il y avait des négociations sur le programme nucléaire iranien,
01:36des négociations qui allaient dans le bon sens selon le médiateur Omanet,
01:39qui disait que les Iraniens étaient prêts finalement à faire un certain nombre de concessions très importantes.
01:44Et finalement, il y a eu l'attaque israélo-américaine contre les Iraniens.
01:47Donc, il y a ce problème de bonne foi et de crédibilité de président américain qui finalement pose problème en
01:52réalité.
01:53Donc, est-ce que les Iraniens vont prendre au sérieux cette demande de négociations américaines ?
01:58Ou non ? Donc, c'est tout l'enjeu.
01:59Mais est-ce qu'ils ont le choix ? Parce qu'il redit cette nuit, on se promène au-dessus
02:03du ciel iranien comme on veut.
02:06On a tué tout le monde. Donc, est-ce qu'ils ont le choix ?
02:08Oui, ça c'est le discours officiel du président américain, mais qui semble en réalité être confronté à une véritable
02:13impasse sur le dossier iranien.
02:15On le voit tous les jours, malgré ces déclarations victorieuses, je dirais, du président américain.
02:20On voit que finalement, les Iraniens continuent de riposter finalement aux attaques israélo-américaines,
02:25en menant également des bombardements sur Israël et sur l'ensemble des monarchies du Golfe et des bases américaines situées
02:32dans la zone.
02:33Donc, les Iraniens semblent... C'était leur stratégie dès le départ, de toute façon, être dans le temps lent.
02:40Donc, une stratégie de longue haleine. En réalité, ils étaient préparés à ce type de conflit, à l'inverse, je
02:45dirais, des États-Unis de Trump,
02:48qui cherchait une guerre courte pour répondre notamment à la vision trumpienne de remettre en cause l'interventionnisme classique américain,
02:58et pour répondre aussi à sa base électorale, les magas qui sont contre la guerre.
03:01Et donc, on voit que c'est plutôt le président américain qui semble pressé de trouver un accord aujourd'hui
03:06avec les Iraniens.
03:07Pas l'inverse.
03:08D'ailleurs, c'est peut-être parce que le terrain iranien est un peu plus compliqué que prévu,
03:12que Donald Trump envoie plusieurs bateaux vers le Moyen-Orient, avec des munitions, avec des soldats en renfort.
03:17Donc, en même temps, il dit qu'il négocie. Est-ce qu'il négocie vraiment ?
03:21Oui, donc, je pense qu'il essaye d'avoir des cartes entre les mains,
03:25pour essayer d'exercer une pression encore plus importante sur les Iraniens pour être en position de force en cas
03:30de négociation.
03:32Mais ça montre également tout, je ne dirais pas l'amaturisme, mais quand même le manque de préparation réelle par
03:39rapport à cette guerre.
03:40Au départ, on a un président américain qui se lance dans ce conflit en pensant que ça va être un
03:45conflit rapide,
03:46donc en décapitant, je dirais, la tête du régime iranien.
03:49Donc, le guide suprême iranien, il y a un certain nombre de dignitaires politiques et militaires que ça allait faire
03:53tomber le régime.
03:54Et ça prouve une totale méconnaissance, en réalité, du système iranien, de l'Iran, et de la résilience iranienne,
04:00quelle que soit la nature du régime, d'ailleurs.
04:02Donc, c'est quelque chose qui est ancré, je dirais, profondément dans la psychologie iranienne,
04:07de résister à ce qu'ils considèrent comme étant une agression extérieure.
04:10Et aujourd'hui, qui dirige l'Iran ?
04:12Donc là, on a le nouvel Ayatollah qui a été...
04:16Oui, on n'a jamais vu.
04:17On n'a jamais vu, mais qui a fait plusieurs déclarations, en tout cas qui ont été lues,
04:20parce qu'il y a eu plusieurs informations contradictoires.
04:24Certaines disaient qu'il était blessé, etc.
04:25Mais je pense que c'est plutôt par mesure de sécurité qu'il ne se montre pas.
04:30Donc, ça, c'est un premier point.
04:31Et après, on a le Conseil supérieur, qui était dirigé auparavant par la Rijani,
04:36qui également joue un rôle central dans le système iranien,
04:40sans oublier les gardiens de la révolution iranienne également.
04:43Donc, tout ce monde, en réalité, je pense qu'on labore sur la direction du nouvel Ayatollah
04:48pour mener la politique iranienne,
04:51et éventuellement, peut-être, des négociations qui pourraient commencer à un moment donné.
04:55Mais quelles sont aujourd'hui les forces iraniennes ?
04:58À vous entendre, on dirait que, je ne dirais pas que tout va bien,
05:01mais qu'en tout cas, la résistance peut continuer pendant des mois et des mois ?
05:05Non, non, tout ne va pas bien, ça, c'est évident.
05:07Les Iraniens ont perdu beaucoup de leurs responsables militaires et politiques de premier plan.
05:12Mais comme je le disais, les Iraniens, ça fait 20 ans qu'ils sont préparés à ce conflit avec Israël
05:16et avec les États-Unis.
05:18Donc, ils ont mis en place un système qui peut tenir sur plusieurs mois en réalité.
05:23Et donc, ils ont cette capacité de résilience.
05:26Il ne faut pas oublier la guerre avec l'Irak.
05:28Auparavant, dans les années 80, une guerre qui a duré pratiquement 10 ans.
05:32L'Irak, à l'époque, il avait le soutien fénoncier et militaire des monarchies du Golfe,
05:37d'une partie de l'Occident et notamment des États-Unis.
05:39Et malgré ça, les Iraniens ont tenu pendant 10 ans.
05:41Donc, ça montre en réalité, on voit la psychologie iranienne
05:45de ce qu'ils considèrent comme étant une résistance légitime face à une agression extérieure.
05:49Et on est dans cette même logique aujourd'hui en réalité.
05:52Et soutenus par qui ? Les Chinois, les Russes ?
05:55On a vu les Chinois faire des déclarations hier en disant qu'ils voulaient la paix,
05:58Oui, bien sûr.
06:00Ce n'est pas un soutien direct, je dirais, de la part des Chinois et des Russes.
06:05Mais effectivement, il y a eu ce soutien déjà par le passé de la part de la Chine et de
06:09la Russie,
06:09qui sont des alliés historiques de l'Iran.
06:12Donc, ça peut être un soutien notamment au niveau des informations.
06:15On a beaucoup entendu parler de ça, que les Chinois fournissaient un certain nombre,
06:18et les Russes également, un certain nombre d'informations sur les cibles américaines à viser.
06:25Et éventuellement, aujourd'hui, on parle de plus en plus de la Chine,
06:27qui pourrait également être un des médiateurs en réalité,
06:29en raison de ses bonnes relations historiques avec les Iraniens,
06:33et du fait qu'il est également dépendant en grande partie du pétrole qui passe par le détroit d'Hormuz.
06:38Annalisa ?
06:39Les Iraniens frappent aussi les pays du Golfe.
06:41Officiellement, ils ne visent que les intérêts américains dans la région,
06:44mais de facto, les pays du Golfe sont aussi dans le conflit.
06:47Est-ce qu'ils réfléchissent à une implication active ?
06:49Les monarchies du Golfe ?
06:50Oui.
06:50Oui, parce que ce qu'on disait, les Iraniens étaient préparés à ce conflit,
06:54donc avec une stratégie d'élargissement du conflit,
06:56pour pouvoir résister en réalité,
06:58avec cette idée de faire payer le prix fort aux États-Unis par rapport à cette attaque.
07:03Et automatiquement, effectivement, il y a une implication des monarchies du Golfe,
07:06en raison de la présence importante de bases américaines dans la zone.
07:09Et donc là, on voit que les monarchies du Golfe sont dans une position assez délicate en réalité,
07:14parce qu'on sent qu'ils, bon, dans leur discours, il est de plus en plus, dès le départ,
07:19ils étaient critiques vis-à-vis à ce qu'ils considèrent également comme une agression iranienne
07:23par rapport à leur intégrité territoriale et souveraineté.
07:26Mais ils sont également dans une situation assez complexe,
07:28parce que réposter aux Iraniens, cela peut engendrer une réposte encore plus forte de la part des Iraniens.
07:33Et ça les mettrait également dans une situation assez particulière,
07:35parce qu'ils vont se retrouver en réalité avec Israël.
07:38Et ça serait pour la première fois où on aurait une alliance, je dirais, officielle
07:45entre Israël, un certain nombre d'États musulmans, et notamment l'Arabie saoudite,
07:48parce que ça reste le grand acteur, même symboliquement.
07:51Et si l'on est en conflit contre l'Iran, avec Israël et les États-Unis,
07:56ça pourrait quand même avoir des conséquences autres que dans la région.
08:00Merci beaucoup Bastem Larré, j'ai devenue ce matin dans la matinale de l'économie.
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