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  • il y a 2 jours
Ce lundi 6 juillet, Sandra Gandoin a reçu Rafaèle Tordjman, fondatrice et CEO de Jeito Capital, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BFM Business présente
00:06BFM Entreprises, Leadership, la méthode
00:10Sandra Gondoin
00:13Bonjour à tous et à toutes, bienvenue dans BFM Entreprises, le leadership.
00:19Nous sommes en rencontre économique d'Aix-en-Provence
00:22et cette émission est consacrée aujourd'hui au leadership selon Raphaël Torjman.
00:27Bonjour Raphaël, merci d'être dans cette émission.
00:31Bonjour Sandra.
00:32Format un peu particulier où on parle ici du leadership, de la façon de diriger et des parcours des entrepreneurs.
00:39On va revenir évidemment sur ce parcours mais avant cette question que je pose toujours en début d'émission.
00:44Est-ce qu'on est ou est-ce qu'on devient un leader, Raphaël ?
00:48Pour répondre à cette question, j'ai envie de répondre tel médecin.
00:52C'est-à-dire qu'en médecine, quand on ne connaît pas la réponse sur une maladie,
00:55on dit que c'est probablement génétique et environnemental.
00:59Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que probablement d'être leader, on est leader et on le devient.
01:06Grâce à la fois à des caractéristiques probablement personnelles,
01:10mais aussi à l'environnement, à bien sûr l'éducation qu'on a eue
01:12et à l'ambition qu'on peut avoir selon beaucoup les rencontres.
01:16J'ai Eric Larchebec qui m'a dit dans une dernière émission,
01:18on devient, on a envie de faire, on a envie d'entreprendre en réalité grâce au parcours de vie
01:26et un petit peu au claque aussi qu'on rencontre ou au nom par exemple.
01:30Est-ce que vous êtes d'accord ?
01:32Complètement d'accord avec des noms qu'on finit, en fait qu'on ne voit pas.
01:37C'est comme une montagne qu'on doit gravir et on ne regarde pas le sommet.
01:43C'est étape après étape, mais on sait très bien qu'on veut atteindre le sommet.
01:46Alors votre domaine, on le sait sur BFM Business, c'est la santé,
01:50c'est particulièrement la médecine et l'hématologie.
01:53On va revenir sur ce que vous faites aujourd'hui évidemment,
01:56mais qu'est-ce qui vous a mené à cette spécialité-là ?
01:59L'hématologie, c'est le sang.
02:01C'est le sang et en particulier l'hématocancérologie,
02:04donc c'est les leucémies, les lymphomes, toutes les maladies graves du sang.
02:09Et ce qui m'a menée, c'est avant tout, je pense, le caractère humain,
02:14parce que ce sont des pathologies effectivement graves
02:16et qu'il y a un accompagnement du patient qui est non seulement du point de vue médical,
02:20comment on va le traiter, comment on va essayer évidemment de le sauver, de le guérir,
02:24mais aussi tout ce qui va avec, qui est l'accompagnement humain dans ces phases difficiles.
02:30Et aussi, je pense que l'hématologie, c'est la plus belle spécialité
02:33parce que c'est très lié à la recherche médicale
02:36et les premières innovations dans le cancer, d'une façon générale,
02:39ont été d'abord trouvées dans les leucémies.
02:42Alors aujourd'hui, vous êtes dans l'investissement
02:44pour aider les entreprises à émerger,
02:47les champions en réalité, faire des champions français de la santé.
02:51Mais comment on passe justement de je soigne les patients,
02:55j'étudie ces maladies-là,
02:57à je finance les entreprises qui aident à la recherche ?
03:01La motivation a été depuis le début, le patient et comment faire mieux pour le patient.
03:06Donc d'abord, révélation en médecine, en particulier dans la belle maison qu'est la PHP,
03:12pendant cinq ans.
03:13Et puis aussi, j'ai compris l'importance de l'innovation médicale
03:16en faisant une thèse de science à l'Inserm,
03:18qui m'a permis de comprendre que la science, effectivement,
03:21pouvait donner des médicaments innovants.
03:23Et une autre façon de le faire,
03:24c'est aussi en investissant dans des sociétés qui développent des médicaments,
03:30mais aussi en investissant aux côtés d'entrepreneurs eux-mêmes
03:34qui vont voir, ou pas la montagne,
03:38mais souvent qui poussent à avancer.
03:41Et c'est un vrai plaisir et une joie de vivre de pouvoir faire ça à leur côté.
03:45Vous êtes passé aussi par Sophie Nova, je crois.
03:48Ils cherchaient un médecin, justement, pour compléter leur équipe.
03:51Donc c'est comme ça que vous avez commencé à toucher cette partie de la machine ?
03:55Alors c'est comme ça, et c'est par des rencontres,
03:58parce qu'à l'époque, justement, après ma double casquette médecine et science,
04:02j'avais, c'était il y a 24 ans à l'époque,
04:05j'avais justement lu que 45% des médicaments innovants vendus par la grande pharma
04:12venaient des petites entreprises, biotech, biopharma.
04:15Aujourd'hui, c'est plus de 70%.
04:16Et donc j'ai été interpellée par comment on peut aider, justement,
04:19cette innovation à la financer, mais aussi à la faire grandir
04:23et à accélérer l'accès aux patients.
04:26Vous y restez combien de temps avant de créer, ensuite, Jaito Capital ?
04:31Combien de temps ?
04:33Donc, chez Sophie Nova, je suis restée plus de 15 ans,
04:37en grandissant dans l'entreprise,
04:39puisque je suis arrivée directement de l'hôpital et de l'Inserm.
04:41Et donc là, de analyste à partenaire 4 ans après,
04:44et 5 ans après managing partner et co-dirigeante pendant les 6 dernières années.
04:48Et comme je dis souvent, c'est...
04:50Bon, bien sûr, j'ai beaucoup appris dans l'investissement.
04:52Et j'ai aussi observé, à travers les investissements que j'avais faits,
04:54les médicaments sur le marché grâce à ces investissements.
04:57Et j'ai voulu aussi créer un acteur français et européen très ambitieux,
05:03uniquement sur les biotech, biopharma, c'est-à-dire médicaments innovants,
05:05parce que les opportunités en Europe et en France
05:08de recherche et développement de qualité sont très importantes.
05:10et que la pharma est en demande.
05:12Vous créez donc Géito Capital.
05:15Vous devenez entrepreneur vous-même, c'est-à-dire vous devenez moteur,
05:19vous devenez chef de cette organisation-là.
05:23Est-ce que ça fait la différence dans la prise de décision,
05:26dans les choix, évidemment, des entreprises qu'on regarde ?
05:29Est-ce que c'est là que vous vouliez agir aussi ?
05:32Je voulais agir sur la façon, justement, d'investir au mieux de la performance patient
05:37pour qu'elle amène la performance financière.
05:39Et ça, ça veut dire quoi ?
05:40Ça veut dire qu'il fallait, et c'est dans la stratégie, créer une équipe autour de moi
05:45avec des gens justement qui savent encore mieux faire ce que je ne sais pas faire,
05:49qui est le développement pharmaceutique.
05:52Et donc d'avoir une sorte de mini-pharma, ou en tout cas d'être en miroir avec l'industrie
05:57pharmaceutique,
05:57en interne, dans l'équipe, depuis la science, jusqu'aux médicaments commercialisés,
06:02en passant par le développement clinique, par la propriété intellectuelle,
06:05par l'industrialisation du médicament qu'il faut faire avant même la commercialisation,
06:09le réglementaire, et donc ça en le faisant en particulier dans les sociétés européennes,
06:14mais à développement global.
06:15Donc le but, c'est d'accélérer le développement d'innovations thérapeutiques de pointe.
06:19Est-ce qu'on peut avoir des exemples de ce que ça peut recouvrir, par exemple, ces traitements-là ?
06:24Alors c'est pour des maladies graves ou des causes graves.
06:30C'est, par exemple, récemment, on a eu les résultats d'une société danoise
06:35qui s'appelle NMD Pharma, qui est dans des maladies très très graves du muscle,
06:40qui sont des maladies rares, mais qui ont gros besoin,
06:44ou quand on a les résultats, justement, de la phase 2 clinique
06:47qui montrent que les patients rebouchent leurs mains ou rebouchent leurs membres inférieurs,
06:50bon, c'est pour ça qu'on se lève le matin.
06:52Et on a beaucoup d'autres exemples comme ça.
06:54On a eu aussi des investissements dans les maladies ophtalmologiques
06:58qui peuvent rendre aveugles.
07:00Et pareil, quand on a eu les résultats des patients qui revoient,
07:03et d'ailleurs cette société iBio a été rachetée pour jusqu'à 3 milliards par Merck, le gros américain.
07:09Donc là, pour montrer aussi performance patient qui amène la performance financière.
07:12Ça, c'est une victoire quand il y a une de ces sociétés qui est rachetée,
07:15même si c'est par un américain, mais c'est une victoire pour vous ?
07:18Ah ben c'est une victoire pour le...
07:19Oui, pour nous, pour le patient, et qui va servir pas que les patients américains,
07:25même si c'est racheté par une société américaine,
07:26ça va aussi servir les patients français et européens.
07:29Alors, comment vous travaillez en interne ?
07:32Comment vous définissez les choix ?
07:33J'ai entendu que Jaito Capital, c'était un travail collectif
07:37dans la façon d'attribuer justement l'argent sur ces projets.
07:42Expliquez-nous un petit peu en interne comment ça fonctionne.
07:44Alors, en quelque sorte, j'ai voulu reproduire ce que j'ai vécu à l'hôpital.
07:48À l'hôpital, quand vous avez des patients,
07:49vous avez toujours un médecin senior référent, un médecin plus junior.
07:53Mais quand le médecin de garde n'est pas le médecin référent,
07:56il est capable de traiter le patient.
07:58Donc, il y a toute cette transmission.
07:59Et en même temps, vous avez des staffs une fois par semaine
08:02avec plusieurs spécialités pour faire au mieux pour le patient.
08:04Là, c'est en quelque sorte la même chose.
08:06On a un collectif où il y a toujours un champion, un référent ou une référente,
08:10mais avec l'aide de l'ensemble des collègues
08:15avec des spécialités justement sur toute la chaîne de valeur de la pharma.
08:18Et donc, c'est très bon pour la performance
08:20puisque quand on choisit de faire un investissement,
08:22c'est pas parce que c'est mon investissement qu'il faut absolument le faire.
08:25De la même façon, quand on réinvestit dans une société,
08:27c'est pas parce que c'est ma société, entre guillemets,
08:29auquel je suis au conseil d'administration,
08:31qu'il faut absolument réinvestir.
08:32Donc, on va réinvestir dans les meilleurs,
08:34on va pousser les meilleurs.
08:35Et de ce fait, ça donne la performance financière
08:38au service de la performance financière.
08:39C'est une société d'investissement internationale.
08:42Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
08:44Parce que les entreprises que vous mettez en avant,
08:46ce sont des entreprises françaises.
08:48Donc, quelle est la dimension internationale ?
08:50Comment vous travaillez ?
08:51La dimension internationale, elle vient justement de la diversité.
08:55Non seulement, on a parlé de la diversité de compétences,
08:57mais aussi de la diversité de culture, de nationalité.
09:01Aujourd'hui, on a 11 nationalités parmi 35 personnes.
09:03On est principalement à Paris, mais aussi en Angleterre,
09:06en Suisse et aux Etats-Unis,
09:08parce que le marché de la santé, il est international et mondial.
09:12Et donc, ça apporte aussi un autre type de richesse,
09:14d'avoir cette diversité.
09:15Mais l'objectif est clair, c'est pour la France et pour l'Europe,
09:19non seulement de faire des investissements,
09:20mais aussi de pouvoir développer des aspects de souveraineté
09:24liés aux médicaments innovants.
09:26C'est-à-dire les essais cliniques, la recherche et développement,
09:30l'industrialisation du médicament.
09:32Et ça, c'est très, très, très important
09:33pour finalement que les patients aient accès aux médicaments
09:35et pour créer de la richesse économique et des bienfaits sociétaux.
09:38Alors, on est à Aix-en-Provence.
09:40On recherche comment naviguer, je cite, dans un monde sans repères.
09:44Il est bien aussi de donner parfois des messages positifs.
09:48Quelles sont les forces de l'Europe et de la France dans votre domaine ?
09:53Est-ce qu'on peut les rappeler ?
09:54En quoi on est des champions en réalité, Raphaël Torjman ?
09:57On est des champions parce qu'avant tout,
10:00on a cette puissance historique, scientifique.
10:03Alors certes, on peut parler de décrochage ou autre,
10:05mais retenons qu'aujourd'hui, 30% des médicaments approuvés,
10:09y compris par les Etats-Unis, viennent de l'Europe.
10:11Et que, d'ailleurs, il y avait une analyse par le journal Nature
10:15qui avait regardé les différents pays européens
10:17et chacun a des forces.
10:18La France, par exemple, est très forte dans les brevets
10:20dans le domaine médical.
10:23Et aussi pour l'intelligence artificielle
10:25qui est très importante pour accélérer les médicaments
10:28en commercialisation.
10:29Et ça aussi, la France et l'Europe sont très bons.
10:32Et moi, j'aime citer Dassault Systèmes
10:34qui a choisi comme troisième axe
10:35la santé et la digitalisation
10:37qui permet justement d'accélérer le développement clinique.
10:40On m'a dit sur ce plateau tout à l'heure
10:42qu'on n'avait jamais autant parlé d'intelligence artificielle
10:45que cette année aux rencontres d'Aix.
10:47Chez vous, chez Géito Capital,
10:48comment ça va se décliner dans votre travail ?
10:51Peut-être pour les choix des sociétés
10:54ou pour l'attribution ?
10:55Comment vous allez le mettre en place ?
10:57Il faut savoir ou garder en tête
10:59que dans notre domaine, tout est publié.
11:02Les brevets sont publiés,
11:03les essais cliniques sont publiés.
11:04Ce qui n'est pas publié, c'est les expériences
11:06qui ne marchent pas scientifiquement
11:07en early stage, comme on dit.
11:09Et donc, à partir de là,
11:10on a encore plus besoin évidemment
11:11d'intelligence artificielle devant toute cette donnée
11:13et le fait que ça s'accélère énormément,
11:15y compris avec la Chine
11:15qui est un acteur important.
11:17Donc nous, on l'utilise beaucoup
11:18pour faire ce qu'on appelle les due diligence,
11:20pour étudier un deal,
11:22mais aussi pour aider l'entreprise qu'on finance
11:25à améliorer tous ses plans de développement
11:28pour in fine créer plus de valeur.
11:30À l'inverse, je vous ai demandé
11:32quelles étaient nos forces en Europe.
11:34Là, on voit défiler les candidats à la présidentielle.
11:38Qu'est-ce que vous auriez envie de leur dire ?
11:39Qu'est-ce qu'il vous manque à vous ?
11:41Est-ce que ce sont les talents qui partent à l'étranger ?
11:43Est-ce que c'est l'argent qui n'est pas assez distribué en Europe ?
11:47Qu'est-ce qui manque ?
11:47Qu'est-ce qu'il faudrait améliorer ?
11:49Alors, l'argent, il en manque toujours,
11:51mais il y a eu quand même des initiatives très positives,
11:54type TBI,
11:55l'initiative TBI avec les assureurs,
11:57et Emmanuel Macron a annoncé le TBI de 3 avec 15 milliards
11:59pour financer des fonds,
12:00donc comme le nôtre,
12:01et nous, on a pu en bénéficier.
12:03D'un point de vue recherche et développement,
12:06il est clair qu'il faut continuer
12:07à favoriser les essais cliniques en France et en Europe
12:10pour permettre aux patients d'avoir accès aux médicaments.
12:13Parce qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de temps
12:16pour avoir accès à ces médicaments,
12:18ce qui fait que quand vous avez quelqu'un de malade
12:20dans votre famille ou vous-même,
12:22on ne peut pas se permettre d'avoir un patient français
12:24qui n'a pas accès aux meilleures innovations
12:25dès qu'il en a besoin.
12:26Alors, d'un point de vue plus personnel,
12:28sur votre profil d'entrepreneuse
12:32et de chef de Jaito Capital,
12:34j'ai entendu que vos équipes vous surnommaient
12:36Madame Toujours Plus.
12:37Déjà, est-ce que c'est vrai ?
12:39Est-ce que rien n'est impossible pour vous
12:41pour développer son entreprise ?
12:42Il faut la vivre à fond tout le temps.
12:44Alors, il faut la vivre à fond tout le temps.
12:45Je leur dis souvent,
12:46oulala, vous avez quand je les vois aller très très vite,
12:48encore plus vite que moi parfois,
12:49j'en dis, ça y est, vous avez été piqué par le même virus.
12:51Et oui, c'est effectivement Madame Toujours Plus.
12:54Et ils le deviennent aussi.
12:55Je pense que ceux qui restent chez Jaito
12:57et qui continuent de développer,
12:58de nouveau, ils sont dans cette...
12:59C'est de l'adrénaline quasiment,
13:01mais avec des résultats, de nouveau,
13:04quand on voit des patients qui s'améliorent.
13:06Et donc, ça, c'est important.
13:08C'est très important pour nous.
13:09Et puis, c'est aussi comme ça
13:10qu'on a pu lever 1,6 milliard en 5 ans,
13:14donc en deux fonds,
13:14534 millions d'euros
13:16et un peu plus d'un milliard d'euros,
13:18ce qui est assez exceptionnel
13:20au sens de masse d'argent,
13:23mais de nouveau au service des sociétés
13:25qui vont pouvoir développer ces médicaments.
13:27Et ça, c'est basé sur nos trois valeurs fondamentales
13:31de notre culture.
13:33La première, c'est l'excellence,
13:34avec certes exigence.
13:35La deuxième, c'est l'efficience,
13:39l'efficacité.
13:39Et la troisième, très, très importante,
13:42c'est prendre soin, le care.
13:44Prendre soin, c'est prendre soin des patients,
13:47avant tout, prendre soin de nos investisseurs
13:48dans le fond, prendre soin des entrepreneurs
13:51et managers qu'on finance,
13:52et prendre soin de soi-même et des collègues.
13:55Prendre soin de soi-même et des collègues,
13:57c'est assez important aussi.
13:58J'aimerais savoir, sur, finalement,
14:00l'ensemble de votre carrière,
14:02ce que vous avez vu s'améliorer
14:04au niveau de votre travail,
14:06de votre activité, ces 20 dernières années.
14:08Qu'est-ce qui, vraiment, aujourd'hui,
14:10est plus simple ?
14:12Plus simple, je répondrai plus
14:15par là où je suis frappée,
14:17c'est l'accélération de la science.
14:19C'est les 10 dernières années,
14:22mais particulièrement les 5 dernières années,
14:24parce que, de nouveau,
14:25tout est publié dans notre domaine,
14:26et ça va très, très vite.
14:28C'est-à-dire que la compétition, aujourd'hui,
14:30est très grande, et c'est pour ça
14:32que l'Europe a encore plus un rôle à jouer ici,
14:35parce qu'on a les bases qu'il faut,
14:36on a maintenant les investissements,
14:37et il en faut, bien sûr, encore plus.
14:39Et donc, je dirais, plutôt que plus simple,
14:41c'est que la compétition est là
14:43et qu'il faut être en permanence
14:45dans anticipation, optimisation,
14:47et agir, surtout.
14:48Est-ce que le fait que ça se soit accéléré,
14:50ce n'est pas bon, justement,
14:52pour le fait de, quand on récolte de l'argent,
14:54on sait que la santé, justement,
14:55et la recherche, c'est du temps long,
14:56qu'il faut énormément de fonds.
14:58Au départ, attendre très longtemps,
15:00est-ce que, finalement,
15:01ça ne va pas encore améliorer
15:02l'argent qui vient dans le secteur ?
15:04Tout à fait, parce que chaque fois
15:05que vous accélérez,
15:06vous gagnez une année
15:07pour arriver à la commercialisation,
15:09vous gagnez une année de brevet,
15:10donc d'exclusivité du médicament,
15:12avant que le médicament devienne générique,
15:14ce qui fait que vous gagnez
15:16une année de pic de vente.
15:17Donc, c'est comme ça
15:18qu'on calcule les futurs cash flow,
15:20et c'est très important,
15:21ce nombre d'années de brevet,
15:23donc c'est comme ça
15:24qu'on arrive à la plus grande
15:25performance financière.
15:26A l'inverse, j'invite de vous demander
15:27qu'est-ce que vous avez vu empirer ?
15:29Qu'est-ce qui vous inquiète ?
15:30Même si je vois bien
15:31que vous n'êtes pas dans l'inquiétude,
15:32mais plutôt dans l'action.
15:34Mais qu'est-ce que vous vous dites ?
15:35Ça, ça va moins bien qu'avant, quand même.
15:38C'est pas qu'on n'est pas
15:39ou que je ne suis pas dans l'inquiétude
15:40ou que je ne vais pas voir,
15:41c'est qu'est-ce qui sont les choses
15:42dans notre contrôle
15:43qu'on peut améliorer ?
15:44Et ça, c'est quoi ?
15:46C'est que l'exécution
15:47par les sociétés
15:53qui vient de la pharma
15:54et qui va permettre
15:55d'aider le manager
15:56à vraiment faire au mieux
15:58et diminuer ce risque d'exécution.
16:00Je voudrais parler
16:00de la femme entrepreneur.
16:03Quelle qualité faut-il d'après vous
16:04pour entreprendre
16:05ou devenir même investisseur
16:06dans votre domaine
16:08ou dans un autre domaine ?
16:09Mais quelle qualité il faut ?
16:11C'est une appétence au risque ?
16:12C'est un engagement ?
16:14J'ai un de mes fils
16:15qui m'avait dit
16:17« Je veux devenir entrepreneur ».
16:19Il avait 17 ans.
16:20Et je lui ai dit
16:21« Mais Noé,
16:22tu veux devenir entrepreneur
16:23mais tu le sauras après avoir entrepris. »
16:26Et je pense que c'est avant tout
16:27de reconnaître et d'être humble
16:29parce que c'est évidemment pas facile.
16:30Mais il faut y croire.
16:32Il ne faut pas écouter les noms.
16:33Il faut trouver les bons partenaires,
16:35la bonne équipe
16:36et partir comme si on partait à la guerre
16:39mais pour du positif.
16:41À la guerre,
16:42c'est une bonne comparaison effectivement
16:44parce qu'on a l'impression
16:45que les chefs d'entreprise
16:47surmontent des crises en permanence,
16:49que ça ne s'arrête plus jamais.
16:52C'est aussi votre sentiment ?
16:53Je disais « à la guerre »
16:54parce que c'est une expression
16:55que j'utilise pour savoir
16:56comment on peut avoir confiance
16:58dans les gens qui m'entourent
17:00et avec qui on peut partir à la guerre.
17:02Et ça s'applique pour les amis d'ailleurs aussi.
17:04Et là, c'est plus ça.
17:06Mais oui, bien sûr,
17:06il y a des crises qu'il faut gérer
17:08et encore plus avec une équipe
17:10qui travaille dans le collectif
17:11avec cette cohésion
17:12et la culture que j'ai décrite
17:14avec le prendre soin,
17:16plus on peut affronter ces crises.
17:17Alors, je n'ai pas l'impression
17:19que ce soit un sujet
17:19sur lequel vous êtes particulièrement,
17:21mais on constate quand même
17:22qu'il y a peu de femmes
17:23dans l'investissement.
17:25Pourquoi d'après vous déjà ?
17:27Alors, je n'y suis pas particulièrement
17:28et en même temps,
17:29j'ai créé il y a plus de 16 ans
17:31maintenant un groupe de femmes
17:32justement dans la santé.
17:34Donc, ce n'est pas pour faire
17:36les différences entre femmes et hommes,
17:38c'est vraiment ensemble
17:38pour faire un plus 1 et égal 3.
17:40Donc, il faut ouvrir la porte aux femmes.
17:44Nous, on n'a été que des femmes
17:46à pitcher le premier fond.
17:48Ça ne nous a pas rendu la vue facile.
17:50Mais finalement,
17:51quand on avait célébré le premier fond,
17:53on n'avait que des hommes
17:54qui nous avaient soutenus.
17:55Quelles sont les barrières
17:56justement à l'entrée aujourd'hui ?
17:59Est-ce que c'est la formation ?
18:00Est-ce qu'on ne va pas assez voir
18:01les jeunes filles dans les collèges
18:02et les lycées pour leur dire
18:03les métiers scientifiques,
18:04c'est pour les femmes aussi,
18:05il faut absolument y aller ?
18:07Ou c'est à d'autres moments
18:08de la carrière ?
18:09Alors, il y a à tous les moments.
18:10À tous les moments,
18:11parce qu'il y a encore beaucoup
18:12d'a priori.
18:14Nous, quand on est parti sur la route
18:15pour lever un premier gros fond
18:17à 500 millions d'euros,
18:18on nous disait
18:19mais c'est très gros
18:20pour des femmes.
18:22Et quand vous voyez
18:24les programmes aux Etats-Unis
18:25justement pour financer les fonds
18:26qu'ils appellent les merging managers,
18:27c'est aussi pour les minorités
18:29dont on fait soi-disant partie.
18:31Et c'était pareil,
18:31mais vous levez un très gros fond.
18:33Donc, je crois que c'est ce côté ambitieux.
18:35Il faut qu'on aide les femmes
18:36justement à ne pas être timides
18:39par rapport à cette ambition.
18:40Et ça, c'est beaucoup de rencontres.
18:43Nous, on a beaucoup de femmes
18:44dans l'entreprise,
18:45y compris des jeunes,
18:46et qu'on ferait grandir.
18:48Est-ce que c'est un biais,
18:49j'ai envie de dire un biais positif,
18:51mais que vous avez aussi
18:51quand vous choisissez
18:52les entreprises que vous aidez ?
18:54Non.
18:54Alors, même si on a 64% de femmes
18:56sur 35
18:57et que les associés
18:59sont majoritairement des femmes,
19:00il n'y a pas que moi
19:01dans les leaders,
19:02c'est probablement parce que justement,
19:05depuis plusieurs années,
19:06y compris avec le groupe de femmes,
19:08de pouvoir aider d'autres femmes,
19:10de s'entraider avec cette générosité.
19:14Et c'est ça qui a probablement
19:16attiré plus de femmes.
19:16Et je ne le choisis pas
19:17parce que ce sont des femmes.
19:18Il y a beaucoup de mouvements
19:19qui se créent en ce moment
19:20d'un point de vue diplomatique,
19:22d'un point de vue business,
19:23justement pour mettre en avant
19:24le rôle des femmes
19:25dans ces domaines-là de l'économie.
19:28J'en discutais l'autre jour
19:29avec Yara Corazza,
19:30qui dit qu'il faut des femmes
19:31dans les entreprises davantage,
19:33davantage dans les boards,
19:34davantage dans les réunions diplomatiques.
19:36Qu'est-ce qu'elles amènent ?
19:38Qu'est-ce qui s'améliorerait
19:40si effectivement,
19:40elles étaient en nombre suffisant ?
19:43On l'a déjà vu avec justement
19:44la loi pour les conseils d'administration.
19:46Moi, j'avais certaines femmes
19:47qui disaient,
19:47non, je veux être choisie pour moi.
19:49Oui, mais à un moment donné,
19:49il faut accélérer là de nouveau.
19:52Donc en faisant ces lois,
19:53en obligeant à avoir
19:54un certain nombre de femmes
19:55dans les conseils d'administration,
19:56déjà ça a changé.
19:57Maintenant, c'est même dans les comex
19:59où on impose.
20:00Donc en imposant,
20:01on va aller plus vite
20:02parce que sinon,
20:02on va y être encore
20:03jusqu'en l'an 3000.
20:05Et c'est influencé de cette façon-là,
20:08aussi en recrutant plus de femmes,
20:10en les aidant,
20:11en montrant que les barrières
20:12ne sont pas là.
20:14J'ai une question aussi
20:15et je la pose à tous mes patrons,
20:16que ce soit femmes ou hommes.
20:17Le rôle de la famille dans tout ça.
20:19J'ai quand même des patrons
20:20qui m'ont dit
20:20de toute façon à entreprendre.
20:21C'est la semaine,
20:23le week-end,
20:23la nuit,
20:24le jour,
20:25pendant les vacances.
20:25On ne pense qu'à ça
20:27quand on a créé son bébé.
20:29Quelle est votre position
20:30par rapport à ça ?
20:31Est-ce que vous êtes aidé
20:32ou est-ce que la famille,
20:32ça peut être aussi un frein ?
20:34Je pense que sans la famille
20:36et moi,
20:36sans ma moitié,
20:38je n'aurais pas pu.
20:39Même si parfois,
20:40il me dit
20:40attention,
20:41tu vas te faire dévorer
20:41par Géto.
20:43C'est tout le temps,
20:45mais c'est aussi,
20:45et je reviens à la médecine
20:47et à ma formation
20:48à la PHP,
20:49c'est qu'on a appris
20:50à travailler
20:50pour aussi par moments
20:52pouvoir décrocher,
20:53mais en s'assurant
20:54qu'il y ait un backup.
20:55Et donc,
20:55c'est tout ça que j'applique.
20:57Oui,
20:57c'est un instant
20:57de tous les moments
20:58pour l'entrepreneur,
20:59mais la famille vit avec.
21:01La famille vit avec
21:02et là,
21:02on va fêter nos 5 ans
21:03en septembre.
21:04D'ailleurs,
21:05je compte sur vous,
21:05Sandra.
21:06Et on va fêter
21:07et c'est évidemment
21:08que la famille
21:10et les familles,
21:13les partenaires
21:14des membres de l'équipe
21:15seront là aussi.
21:16C'est important.
21:17C'est important,
21:17effectivement.
21:18Pour terminer,
21:19j'aimerais vous demander
21:19quelle est votre plus belle réussite
21:20dans tout ce que vous avez fait
21:21quand vous étiez en médecine,
21:22quand vous étiez dans l'investissement
21:24avant de créer Géito
21:25ou Géito maintenant ?
21:26C'est quoi votre plus grosse fierté ?
21:28Ma plus grosse fierté,
21:30c'est quand
21:31je vois les membres
21:32de l'équipe
21:32avec le grand sourire
21:33alors qu'ils travaillent
21:34et qu'ils,
21:35excusez-moi du terme,
21:36se défoncent
21:36et qu'on a ensemble
21:38ces résultats.
21:38Et la levée,
21:40l'annoncée en avril
21:41du milliard
21:41du deuxième fonds,
21:42ce n'est pas juste
21:43le milliard,
21:44c'est ensemble
21:46d'avoir fait ça
21:46avec une collègue
21:49d'ailleurs qui m'a dit
21:50j'ai appris quelque chose
21:51avec vous,
21:51c'est qu'on ne lâche
21:52jamais rien
21:53et surtout
21:54un non n'est jamais un non.
21:56Donc,
21:56est-ce que vous avez,
21:57j'allais dire,
21:58quel est votre plus gros échec ?
21:59Il y en a des échecs ?
22:01Alors,
22:01moi,
22:01je n'aime pas
22:02les appeler les échecs
22:02mais c'est plutôt
22:03les expériences.
22:04En fait,
22:04c'est comme un patient
22:06quand ça s'est mal passé.
22:08Quels sont
22:08les apprentissages ?
22:10Comment on peut faire mieux
22:10la prochaine fois ?
22:11Donc,
22:11l'optimisation,
22:12l'anticipation
22:13et oui,
22:14bien sûr
22:15qu'il y a des échecs
22:16et il y a des apprentissages.
22:18Le conseil
22:18que vous donneriez
22:19à quelqu'un
22:20qui veut se lancer,
22:20une femme peut-être,
22:21une jeune femme
22:22dans l'investissement,
22:23dans ce que vous faites aussi
22:24ou dans l'entrepreneuriat ?
22:27C'est d'être consistant,
22:29cohérent
22:30et de bien sûr
22:32persévérance
22:32et de nouveau
22:33de s'entourer
22:34des meilleurs
22:36y compris
22:36dans ce qu'on ne sait pas faire
22:37ou de ce qu'on ne sait pas faire
22:38au mieux
22:39et de tirer tout le monde ensemble
22:41tel un leader bien sûr.
22:42Le leadership,
22:42c'est s'entourer
22:43de meilleurs que soi.
22:44Je pense
22:45et de les entraîner
22:46et de les embarquer.
22:47Merci beaucoup
22:48Raphaël Torjman
22:49d'être venu
22:50dans ce programme,
22:51dans cette émission
22:52leadership spéciale
22:54Rencontre économique
22:54d'Aix-Programme
22:56à retrouver
22:56sur notre appli,
22:57notre site.
22:58Passez une très bonne journée
22:59sur BFM Business.
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