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  • il y a 16 minutes
Ce mardi 7 juillet, Fatih Balyeli, cofondateur et CEO d'Exaion, s'est penché sur le modèle souverain d'Exaion, dans l'émission Tech&Co Business présentée par Frédéric Simottel. Tech&Co Business est à voir ou écouter le mardi sur BFM Business.

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00:01Tech & Co-Business, l'invité.
00:05Promis, on va vous parler d'intelligence artificielle, de supercalculateur et de souveraineté aussi,
00:10parce que vous allez comprendre avec notre invité, Fatih Balili. Bonjour.
00:15Bonjour.
00:15Merci d'être avec nous. Vous êtes PDG d'Exaion, spécialisé dans le calcul de performance.
00:19Exaion, c'est né en 2020 au sein d'EDF.
00:24Et le but, c'était de donner une seconde vie industrielle aux grands supercalculateurs,
00:28entre guillemets, déclassés, mais qui continuent évidemment à bien fonctionner.
00:31Aujourd'hui, vous êtes 110, vous êtes en train de grimper, mais plus de 110 collaborateurs.
00:36Le but, c'est de double état et d'ici à fin 2026, et d'avoir évidemment plusieurs millions d
00:41'euros de chiffre d'affaires,
00:42et de surfer évidemment sur cette vague du lien.
00:44Première question, expliquez-nous ce que vous proposez en type de service aux entreprises qui viennent vous voir.
00:51Aujourd'hui, le service d'Exaion, c'est de fournir un service de cloud privé de confiance aux grandes entreprises
00:57qui veulent en fait stocker, inférer, calculer sur des données hypersensibles d'entreprises
01:04et qui ne peuvent pas sortir en dehors de ce qu'on appelle l'on-prem, c'est-à-dire
01:09leurs équipes internes,
01:11parce que données, ce qu'on appelle ça un peu cœur de business, données privées,
01:16qu'on ne peut pas les mettre dans un cloud privé ou dans un cloud entre le on-prem et
01:19le public,
01:22les clouds souverains.
01:23C'est des données qui doivent à tout prix rester en fait dans les mètres d'entreprise.
01:28Et j'imagine que là, depuis plusieurs mois, beaucoup d'entreprises viennent vous voir
01:36parce qu'on a senti que cette petite musique de la souveraineté,
01:40on la mettait un peu de côté, on l'écoutait d'une petite oreille un peu peu attentive.
01:45Aujourd'hui, pour beaucoup d'entreprises, c'est devenu un critère clé et encore plus quand on l'entend,
01:50tout ce qui se passe autour de l'IA en ce moment.
01:52C'est vrai qu'effectivement, aujourd'hui, on peut séparer le cloud en trois activités.
01:57Il y a le cloud public, là où on gère nos mails, les teams, etc.
02:02On va avoir ce qu'on appelle le cloud souverain, où en fait vous allez être garantis que vos données
02:08ne vont jamais être aspirées par un État étranger.
02:11Et puis nous, on se positionne sur ce qu'on appelle le cloud privé, c'est-à-dire la résilience.
02:14C'est-à-dire qu'on va, nous, dans les scénarios où, si demain on est en conflit ouvert
02:18avec une puissance étrangère, on doit être capable de garantir à nos clients
02:22que les data centers et leurs données vont continuer à tourner,
02:25même si on essaie de leur couper l'accès à Internet, à la fibre, à certains modèles d'IA.
02:32Nous, c'est ça, c'est là-dessus qu'on nous se positionne.
02:35C'est sur la résilience, c'est...
02:36Et vos clients, ils externalisent chez vous le calcul,
02:41puisque le but, c'était quand même des supercalculateurs au départ.
02:43Le but, c'est d'externaliser leurs calculs intensifs, c'est ça l'idée.
02:48C'est ça. Alors, je n'utiliserai pas le mot externaliser,
02:51mais c'est nous, en fait, nous leur rapportons des data centers miniaturisés
02:55chez eux.
02:56Ah, chez eux, ok.
02:56En fait, ils internalisent et ils continuent de garder chez eux,
02:59ou alors ils rapatrient de l'extérieur certaines données qu'ils avaient expatriées,
03:02pour continuer à faire tourner leurs données
03:04sur des mini data centers qu'on leur livre, dont ils sont propriétaires,
03:08et dont toutes les couches IaaS et PaaS sont développées sur de l'open source.
03:13Et alors, Exagion a été au cœur un peu d'une polémique,
03:15puisque, oui, il y a l'EDF, avec une partie qui a été revendue,
03:20alors qu'à l'heure actuelle, on parle du calcul, des centres de calcul IA,
03:25voilà, il faut être souverain dans ce domaine-là.
03:27Et il y a une partie qui a été revendue,
03:29alors plus de 60% aujourd'hui, à un Américain qui s'appelle Mara,
03:32alors qu'il était mineur de Bitcoin,
03:34mais on l'a dit hors micro avant que nous démarrions l'émission,
03:37ils sont en train de se tourner aussi vers les centres de calcul,
03:39ils monétisent l'électron, quoi.
03:41C'est ça.
03:42Donc, ils rentrent dans cette économie des tokens aussi.
03:46Pourquoi ça s'est fait ?
03:47Alors, EDF est encore présent,
03:49puis il y a Xavier Niel qui est encore là,
03:50et l'entreprise, on le rappelle, est toujours bien en France.
03:52Tous les fondateurs sont en France.
03:55Les fondateurs, nous sommes toujours là.
03:5790% des effectifs sont en France,
03:59notamment à Paris.
04:01On a une partie de nos équipes qui sont au Québec, au Canada.
04:04L'ARED à 100% est développé en France.
04:08Et toutes les solutions qui sont proposées à nos clients
04:10ont été développées par les équipes d'Exaion en France.
04:12Donc, il n'y a pas d'input de technologie qui vient de Mara
04:15ou des savoir-faire d'Exaion qui repartent aux Etats-Unis.
04:17Alors, pourquoi ne pas être resté au sein de...
04:19Ou alors, pourquoi ne pas avoir cherché un acteur plus européen,
04:25voire français ?
04:27En plusieurs choses.
04:28C'est que ce n'est pas le cœur de métier du groupe EDF
04:31que de développer une activité cloud à l'interne.
04:33On le voit aujourd'hui, le groupe est en train de se recentrer
04:35sur les centrales nucléaires et sur les activités
04:37qui sont en France et en Europe.
04:39Ils ne peuvent pas financer à la hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros
04:42une initiative dans le secteur du cloud.
04:45Donc, en fait, le groupe EDF, comme ça a été prévu, d'ailleurs, à la création d'Exaion,
04:50on savait que la première phase 2020-2025 aurait été financée par le groupe EDF.
04:54On savait qu'entre 2026 et 2030, nous aurions des besoins de financement beaucoup plus conséquents
04:58et qui étaient déjà envisagés d'ouvrir le capital.
05:01Et c'est ce qu'on a fait.
05:02Donc, on est passé par une banque d'investissement
05:04et puis on a vu les différentes entreprises qui étaient à même d'investir.
05:09Et c'est vrai qu'aujourd'hui, quand on va lever plus de 100 millions d'euros,
05:12c'est compliqué de les trouver en Europe.
05:13Oui.
05:15Et alors, aujourd'hui, le but, c'est de devenir un acteur,
05:19si ce n'est européen ou moins mondial, avec Exaion.
05:22Exactement.
05:22L'avantage qu'on a, en fait, aujourd'hui avec ce système de cloud privé,
05:26c'est qu'on l'a démarré sur le continent européen
05:28qui est très orienté aujourd'hui sur la souveraineté des données
05:31et qui est en train, avec l'épisode de Groenland
05:34et l'épisode avec Anthropie, il y a de ça quelques jours.
05:37Le kit switch.
05:38Voilà, le kit switch, ils sont en train de prendre conscience
05:39qu'il faut aller jusqu'à la résilience et que la souveraineté ne suffit plus.
05:43Et dans cette logique de résilience, en fait, nous, Exaion,
05:45ce sont les solutions qu'on a développées en interne pour le groupe EDF dès 2020.
05:48On a 5-6 ans d'avance sur le marché
05:51et beaucoup d'entreprises, et pas que européennes,
05:53même aux Etats-Unis, aujourd'hui, les grandes entreprises
05:55veulent avoir leur cloud privé.
05:56Ils veulent faire tourner des plateformes de LLM,
05:59multi-LM, basées sur des codes open source.
06:02On voit des retours en arrière, on voit des gens qui étaient entièrement
06:03cloud public, cloud externalisé,
06:06et puis qui, maintenant, sont en train de rapatrier des choses.
06:08Exactement. Il y a un très grand marché pour le cloud privé,
06:10notamment aussi aux Etats-Unis, au Moyen-Orient,
06:12dans le reste de l'Europe, au Canada.
06:15Et Exaion a eu une certaine avance
06:16et il faut en profiter.
06:18C'est maintenant qu'il faut accélérer.
06:20Et ça, aujourd'hui,
06:22est-ce que des clients ont un peu...
06:24Je rappelle, vous avez des clients historiques,
06:26qui sont des grandes banques, etc.
06:28Est-ce qu'eux, ils ont craint un moment,
06:30en plus de passer au main d'un Américain,
06:32enfin, en partie,
06:34de perdre un peu de cette souveraineté ?
06:36Il faut les rassurer, quand même, j'imagine.
06:38Nous les avions tous contactés avant le deal
06:40pour leur expliquer de quoi il s'agissait
06:42et que ce n'était pas une prise totale du capital d'Exaion.
06:48C'est une prise de participation partielle.
06:51Et comme Mara n'est pas un acteur du cloud et de l'IA,
06:56en fait, c'est un acteur qui nous a apporté les moyens à nous d'accélérer très vite.
07:00Mais ce n'est pas un acteur
07:01qui se comporte un peu comme un Big Brother
07:03qui va dire ce qui se passe.
07:04Et comme eux-mêmes ne sont pas cloud providers aux Etats-Unis,
07:07du coup, ils ne sont pas sur le coup du cloud act aux Etats-Unis.
07:10Et du coup, nous ne sommes pas sur le coup du cloud act aux Etats-Unis,
07:13enfin, en France, vers les Etats-Unis,
07:14parce que notre actionnaire ne l'est pas non plus.
07:16Ça va être quoi, le profil...
07:19Alors, le profil des entreprises, peut-être pas,
07:20mais le profil des projets que l'on va vous confier aujourd'hui,
07:22qu'on va confier à Exaion ?
07:24Alors, si on prend ce qui accède le plus vite en ce moment,
07:28ça va être des grands industriels
07:29qui nous disent, écoutez,
07:30nous avons besoin d'avoir accès
07:31à une plateforme multi-LLM dans l'IA,
07:34parce que...
07:35Donc, on a commencé par traduire certains documents,
07:36on a demandé à l'IA de nous aider
07:38sur des présentations PowerPoint,
07:40mais aujourd'hui, on a besoin d'optimiser
07:42un cas d'usage réel d'entreprise.
07:44On sait qu'on peut aller chercher 20, 30, 40 % d'optimisation,
07:47mais comme ces données sont très sensibles,
07:50on ne se sent pas d'aller les mettre
07:51chez ChatGPT ou chez Anthropik.
07:53On a besoin d'avoir un cloud privé hermétique,
07:57complètement hermétique par rapport au monde extérieur,
08:00sur lequel on peut venir lutter contre trois choses.
08:02Un, le shadow IT, éviter que nos données sortent.
08:04Deux, réduire le coût des tokens
08:06en utilisant des modèles open source.
08:08Et trois, garantir que le périmètre
08:09sur lequel on inferne nos données
08:11soit ultra sécurisé.
08:12Et c'est ça qu'Exaion propose aujourd'hui à ces clients.
08:14D'accord.
08:15Et aujourd'hui, dans le développement,
08:17c'est ça, c'est acquérir de nouveaux clients
08:18sur l'Europe et au niveau mondial par la suite.
08:22Exactement.
08:23Bien, merci d'être venu parler de tout ça,
08:25Fatih, pardon, Balielli,
08:27PDG d'Exaion,
08:28puis d'avoir balayé un peu cette polémique.
08:30On a bien compris qu'on a eu besoin de financement
08:32pour grossir,
08:33et puis que toutes les garanties de souveraineté
08:35sont aussi respectées.
08:36Merci d'être venu parler de tout ça
08:38sur notre plateau BFM Business.
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