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Ce lundi 1er juin, Sandra Gandoin a reçu Xavier Rodriguez, président-directeur général du groupe Jarnias, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:01BFM Business présente
00:07BFM Entreprises, leadership, la méthode
00:11Sandra Gandouin
00:12Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprises, consacrée comme tous les lundis au leadership.
00:19Une demi-heure avec un leader, un patron qui va nous expliquer comment il dirige son parcours, sa méthode, les
00:27clés de sa réussite, les épreuves qu'il ont forgé.
00:30Quel meneur est-il ? BFM Entreprises aujourd'hui, c'est avec Xavier Rodrigues.
00:35BFM Entreprises, leadership, la méthode, sur BFM Business.
00:40Bonjour Xavier Rodrigues.
00:42Bonjour Sandra.
00:43PDG de Jarnias.
00:45On va revenir bien sûr sur cette entreprise, on la connaît bien sur BFM Business, une entreprise de Cordis, une
00:50entreprise du BTP.
00:52Mais c'est vous qui m'intéressez aujourd'hui.
00:54Avant toute chose, cette question, est-ce que vous pensez être un leader né ?
01:00Je ne sais pas si on est leader.
01:03Je pense que je ne suis pas né en tout cas avec la carte magique pour le devenir.
01:08Peut-être que Xavier Rodrigues sur une camionnette d'une entreprise artisanale du BTP, ça pouvait marcher.
01:14Mais être aujourd'hui le dirigeant d'un groupe avec 750 salariés, 28 implantations, présents dans 6 pays et être
01:22le leader de son secteur et le plus gros player européen de l'accès difficile.
01:26En tout cas, c'est sûr que je n'avais pas écrit cette histoire-là quand je suis né et
01:30donc je ne sais pas si je suis né leader en tout cas.
01:32Ça pose la question en réalité de ce que c'est un patron.
01:35C'est quoi dans votre tête être un patron ?
01:38C'est quoi, je ne sais pas, pour vous, qu'est-ce qui vient tout de suite quand on parle
01:42de patron ?
01:43C'est une excellente question, Sandra.
01:46Ça me fait penser à une pensée de Socrate qui disait que l'homme riche, c'est l'homme qui
01:52arrive à se contenter de peu et se contenter de ce qu'il a.
01:56En fait, je crois que c'est l'inverse d'un patron.
01:59Je crois que c'est un patron, en fait, c'est quelqu'un qui a l'envie de progresser, qui
02:04a l'obligation d'avancer, faire de la croissance, se développer, jamais s'arrêter d'explorer des nouveaux secteurs, des
02:12nouveaux marchés, accompagner ses équipes à évoluer.
02:15Je pense que c'est ça, en fait, un patron, c'est être sans arrêt dans l'étape d'après
02:19et dans une volonté infinie de progression.
02:21Ce qui est très intéressant chez vous, c'est de voir d'où vous venez. On s'est rencontrés plusieurs
02:26fois sur les plateaux.
02:28Vous avez été intérimaire de Jarnias, ce qui n'était pas le groupe Jarnias à l'époque, c'était l
02:34'entreprise de Cordyste.
02:35Vous étiez Cordyste, vous avez commencé en bas de l'échelle. D'ailleurs, juste avant, vous faisiez quoi ?
02:40J'étais, en fait, ouvrier Cordyste et donc je me déplaçais au fur et à mesure des missions d'intérim
02:46un peu de partout en France pour réaliser des travaux là où personne d'autre peut accéder.
02:50Et donc, c'est vrai que je me rappelle, en fait, d'ailleurs, il n'y a pas si longtemps
02:55que ça, puisque c'était en 2008, je crois, être en janvier ou en février au pied de la tour
03:02Eiffel pour ma première mission.
03:04On travaillait nuit à la tour Eiffel. J'arrive, je m'en rappelle, au pied de la tour Eiffel. Je
03:09la regarde d'en bas. Il faisait très froid.
03:12Je m'en rappelle qu'il y avait un froid saisissant, comme il y a quelques semaines, d'ailleurs, de
03:16ça qu'on a connu à Paris.
03:17Mais je me dis tout de suite, à ce moment-là, j'ai une chance incroyable d'être là. Il
03:21faut que j'en fasse quelque chose.
03:23Et vous êtes devenu, en l'espace de quoi ? Dix ans, le PDG. C'est complètement incroyable.
03:29Est-ce qu'il y a un moment dans ces dix ans où vous vous êtes dit, je vais être
03:34patron de cette boîte, je vais la faire grandir parce qu'elle ne va pas là où je veux ?
03:39Je veux lui donner cette direction. Ou alors, c'est venu par rencontre, par opportunité ?
03:44J'ai envie de dire que c'est un peu des deux, Sandra. La première chose, c'est qu'en
03:48fait, quand j'arrive au pied de la tour Eiffel, j'ai cette chance.
03:51Je m'en rends compte. J'ai une chance incroyable. Et je me dis qu'en fait, cette chance, il
03:55faut en faire quelque chose.
03:56Et donc, moi, je n'avais pas grand-chose puisque je n'avais pas fait la bonne école. Je n
04:00'en ai pas du bon quartier.
04:01J'étais ouvrier, en plus intérimaire, un contrat un peu précaire quand même. Et je me suis dit, la seule
04:06chose que j'ai, c'est peut-être de faire tout ce que les autres ne veulent pas faire.
04:11Donc, j'ai travaillé la nuit. J'ai travaillé les week-ends. J'ai travaillé les jours fériés. Je suis
04:16allé faire les chantiers que personne n'autre voulait faire, etc.
04:18Et je pense que cette volonté farouche de faire des choses que les autres ne voulaient pas faire et peut
04:22-être d'en faire un peu plus que les autres m'ont permis effectivement de progresser.
04:26Et la seule chose qui m'a guidé, c'était de dire, en fait, il faut que je progresse.
04:30Et donc, progresser soi-même, ça veut dire investir sur soi-même, faire plein de choses pour apprendre, etc.
04:36Et quand on n'a pas assez de temps dans une vie, on se construit d'autres vies.
04:40Donc, à côté de mon travail, j'ai essayé de me former, de retourner à l'école, etc.
04:45Et donc, à chaque poste que j'ai occupé, je suis passé du poste d'ouvrier intérimaire à celui d
04:50'ouvrier salarié.
04:51Et puis ensuite, de chef d'équipe, de chef de chantier, de conducteur de travaux, de chargé d'affaires, de
04:57directeur technique.
04:58Puis après, j'ai eu des missions pour développer commercialement le groupe.
05:04Et à tous les endroits, j'ai été celui qui essaye de mettre de l'énergie dans son entreprise, d
05:10'essayer d'emmener ses équipes avec lui.
05:11J'étais, je ne sais pas comment on peut dire ça, le chargeur, le pourvoyeur de nitroglycérine, d'énergie, etc.
05:19Et de faire en sorte, à chaque fois, d'essayer de faire plus et d'essayer de faire mieux.
05:22J'allais vous demander, et il y a presque déjà la réponse dans ce que vous venez de me dire.
05:27Est-ce que tout le monde est fait pour être patron ?
05:29Mais tout le monde n'est pas prêt à accepter la pénibilité, le travail de nuit, les horaires, se reformer,
05:36se remettre en question en quelque sorte.
05:38D'après vous ?
05:39Je crois que j'ai fait beaucoup de sacrifices.
05:42Je n'ai pas vu grandir mes enfants, j'ai loupé des anniversaires, j'ai loupé des moments d'intimité,
05:47je pense, avec eux.
05:49Donc oui, ça demande en tout cas de faire un choix.
05:53Et moi, j'ai fait le choix de m'engager pleinement dans cette aventure.
05:57Et ma plus grande fierté aujourd'hui, mes enfants sont grands.
06:00J'ai les moyens de leur payer des études, je pense, des études qui rêvent, dans les pays dans lesquels
06:04ils ont envie de le faire.
06:05Et donc, je n'étais peut-être pas là avec eux au quotidien.
06:07Mais par contre, pour le coup, j'ai participé à changer leur avenir à eux.
06:12Et je crois que c'est ça qu'on essaie de faire quand on construit une famille.
06:15C'est vachement important, je crois, d'être proche de sa famille, de ses enfants.
06:18Mais il fallait faire un choix.
06:19Moi, je n'avais pas d'argent.
06:21Je n'avais personne pour me donner le ticket d'or pour pouvoir être là.
06:24Et donc, la seule chose que j'avais, c'était mon temps de disponible.
06:27Et donc, effectivement, je l'ai consacré à développer ma boîte.
06:30Et donc, ça nécessite forcément de laisser des choses de côté.
06:32De laisser des choses de côté, exactement.
06:35Si on retourne un peu ce que vous venez de dire, quel est le rôle, quel est le poids du
06:40personnel dans la réussite d'un patron ?
06:43Est-ce que c'est une formidable motivation ? Est-ce que c'est un frein ?
06:47J'ai entendu souvent des patrons dire, quand j'ai créé ma boîte, mon entourage freinait des quatre fers parce
06:53qu'il avait peur.
06:54Et ça, pour les patrons, au départ, c'est difficile.
06:57Je crois qu'il y a des injonctions contradictoires.
06:59En fait, on essaie de tout faire bien.
07:01Et d'ailleurs, la société nous demande de tout faire bien.
07:04Il faut être un bon papa, un bon mari, un bon fils, un bon chef d'entreprise, un bon manager.
07:11En fait, il faut tout faire bien.
07:12Et je crois qu'en fait, ce n'est pas possible de tout faire bien.
07:15Il faut faire le choix de ces combats et de les faire au moment où c'est nécessaire de les
07:19faire.
07:20Et je pense qu'en semaine, pour moi en tout cas, je ne vis pas d'ailleurs même dans la
07:24même ville que vit ma famille.
07:25J'ai toujours été en déplacement et c'est le cas encore aujourd'hui.
07:28En fait, j'ai fait le choix la semaine de me concentrer à 100% sur mon travail.
07:33Et puis j'essaye en fait, maintenant, j'ai de la chance d'avoir une super équipe et d'avoir
07:38construit un beau groupe, une belle boîte avec des gens qui travaillent avec moi.
07:41J'ai un peu plus de temps le week-end pour passer du temps avec ma famille.
07:44Et pour le coup, j'essaye d'y mettre là autant d'énergie que j'y mettais dans le travail.
07:48Donc oui, c'est un choix d'allocation de son temps et des ressources qu'on veut mettre à faire
07:52les choses.
07:53Et je crois que l'image d'Epinal qu'on veut servir de dire qu'en fait, tout le monde
07:57est prêt à devenir dirigeant.
07:59Je ne suis pas sûr que tout le monde soit prêt à faire les efforts que c'est possible.
08:03Je pense que je suis une anomalie.
08:05Je crois que ce n'est pas possible de faire ce que j'ai fait.
08:07Je crois qu'en tout cas, c'est très compliqué.
08:09J'ai une volonté farouche d'être un rôle modèle.
08:11Je trouve que c'est important de montrer la voie.
08:14Mais en fait, il n'y avait rien qui montrait que ça allait être possible, en vrai.
08:18Et donc, j'ai envie qu'en fait, on ait la possibilité aujourd'hui dans notre société d'ouvrir vachement
08:23plus les portes à des gens qui ont des parts par le bon profil.
08:26Et pour ça, il faut être dans des entreprises qui gagnent beaucoup d'argent.
08:30Parce que l'argent, ça permet une chose incroyable, c'est de donner la chance à ceux qui n'ont
08:33pas le profil.
08:34Ça permet d'essayer de faire des choses qui n'ont jamais été faites.
08:37Ça permet d'innover.
08:38En fait, l'argent, ça permet tout ça.
08:40Ce n'est pas être dirigeant pour s'en mettre plein les poches.
08:44C'est être dirigeant pour sortir les mains des poches et de faire des choses avec.
08:47Vous parliez de rôle modèle à l'instant.
08:51Devenir un rôle modèle pour quelqu'un.
08:53Le vôtre, peut-être.
08:55Il y a eu un modèle, pas forcément dans votre domaine, pas forcément dans votre époque.
09:01Mais est-ce qu'il y a eu quelqu'un qui a porté, en termes d'envie, en termes d
09:05'énergie, le Xavier Rodriguez qui a franchi toutes ces étapes ?
09:09Non, je ne savais pas.
09:11En fait, je ne savais pas.
09:13Et à chaque fois que j'ai passé des différentes étapes, je dis souvent ça.
09:17Je faisais le job d'après, avec le salaire d'avant et avec pas les compétences qu'il fallait avoir
09:22pour tout faire.
09:23Et donc, ça nécessitait de regarder, de poser des questions, d'essayer d'apprendre.
09:29En fait, ce goût de l'apprentissage, je pense que c'est une des clés d'y arriver.
09:34Il n'y a pas quelqu'un où je me disais « j'ai envie absolument de lui ressembler ».
09:38J'avais envie de tracer ma voie, j'avais envie de montrer que de mon côté, en tout cas, c
09:44'était possible.
09:45Et je pense que ça, c'est aussi quelque chose qui est important à se rappeler.
09:49C'est qu'en fait, on est unique, quoi qu'il en soit, et qu'il faut essayer de faire
09:53du mieux qu'on peut sans se comparer aux autres.
09:55C'est que le principal concurrent qu'on a, c'est soi-même.
09:57On se met soi-même des limites.
10:00Et donc, en fait, c'est essayer de se casser ses propres limites pour se dire qu'on va essayer
10:03de faire plus, aller plus loin, se développer, grandir.
10:07Est-ce que le fait, vous disiez tout à l'heure, que vous aviez grimpé tous les échelons, vous avez
10:11fait des formations,
10:13vous avez essayé d'être quasiment à chaque poste, en tout cas, de les comprendre,
10:16est-ce qu'aujourd'hui, en étant PDG, c'est quelque chose qui amène forcément de la crédibilité auprès de
10:21ses salariés ?
10:22C'est quelque chose qui sert de socle pour dire « je te comprends parce que je suis ».
10:28Je ne sais pas si c'est indispensable et si c'est nécessaire.
10:31En tout cas, moi, ça, c'est mon parcours.
10:33Et mon parcours, aujourd'hui, j'ai une forme de légitimité assez naturelle,
10:37parce que ce que vivent mes équipes, je l'ai vécu.
10:41Mais je crois que ce que ça apporte, surtout, c'est la compréhension des difficultés qu'ils rencontrent.
10:46Et c'est surtout la possibilité de leur dire « regarde, moi, il y a dix ans, j'étais ouvrier
10:51intérimaire,
10:52aujourd'hui, je suis le président du groupe, c'est possible ».
10:55Et d'Xavier Rodriguez, dans mon groupe, il y en a plein.
10:58On est une machine à progression, une machine à progrès.
11:01Et ça, c'est quelque chose d'assez fantastique, je trouve.
11:04Et d'être passé par tous les postes opérationnels, en fait, ça permet de comprendre parfaitement, en fait,
11:09tous les rouages d'une entreprise.
11:11Ça a été une chance incroyable.
11:12Je n'en avais pas conscience, forcément.
11:13Quand je suis passé par tous les postes, des fois, je trouvais que ça n'allait pas assez vite.
11:17J'avais envie de pouvoir appuyer sur l'accélérateur, etc.
11:20Et en fait, je me rends compte aujourd'hui que c'était une chance incroyable.
11:23Et le fait de ne pas avoir grillé les étapes, de prendre le temps d'apprendre,
11:27même si c'est parfaitement inconfortable, Sandra, de se dire que tous les deux ans, on change de poste.
11:31On n'a même pas fini d'apprendre encore ce qu'on venait de faire,
11:34que déjà, on se remet dans une zone inconfortable à apprendre des nouvelles choses.
11:38Mais malgré tout, cette dynamique-là d'être sans arrêt dans une logique de progrès,
11:42ça fait progresser de manière incroyable et ça apporte une légitimité.
11:45C'est quoi vos qualités ?
11:47Les qualités qui vous ont aidé, justement, à arriver à ça ?
11:51Peut-être les trois qualités.
11:55Je ne sais pas ce que c'est, les trois qualités.
11:56En tout cas, vous savez, j'ai un podcast qui s'appelle Build,
11:59où je reçois beaucoup d'entrepreneurs de plein de secteurs d'activité,
12:01entre autres ceux de la construction.
12:03Et en fait, je leur pose à la fin de chacune des interviews toujours la même question.
12:07Qu'est-ce que c'est ta compétence, ton super pouvoir qui t'a permis d'être là où tu
12:11es,
12:12d'être le dirigeant que tu es, qui t'a permis d'être performant, etc.
12:17Le mien, en tout cas, si je dois répondre à cette question-là,
12:20je crois que c'est l'énergie.
12:22Je crois qu'en fait, si le patron, le dirigeant,
12:24il n'est pas en mesure d'accompagner, d'amener son équipe
12:27et de l'emmener avec lui dans les projets qu'il mène,
12:29qui c'est d'autre qui va le faire ?
12:31Et donc, je crois que j'ai cette chance incroyable,
12:33c'est que quand je me couche le soir,
12:34j'ai l'impression que demain matin, ça va être Noël
12:37et que je vais avoir d'ouvrir des cadeaux.
12:38Et je suis tellement content de rencontrer mes collaborateurs, etc.
12:42Puis vous savez, il y a un truc qui est magique
12:43quand on est dirigeant, Sandra.
12:45En tout cas, pour moi, je me suis choisi ma famille de travail.
12:49Tous les gens qui sont autour de moi aujourd'hui,
12:50c'est des gens que j'ai choisis.
12:52Je suis content de les retrouver tous les matins.
12:54C'est des gens que j'ai décidé de voir tous les jours,
12:56avec qui je vais être en contact tous les jours.
12:58C'est une chance incroyable.
12:59À l'inverse, le défaut, les deux, trois défauts
13:03sur lesquels il a fallu travailler ?
13:05L'impatience.
13:07Quand il y a trop d'énergie, il n'y a pas de patience.
13:10L'impatience.
13:12Je dirais aussi, je ne sais pas si c'est un défaut,
13:16j'ai une espèce d'obsession pour l'autonomie.
13:19Je veux que mon groupe, je veux que mes entreprises,
13:22elles fonctionnent sans moi.
13:24Je veux qu'elles n'aient pas de dépendance.
13:25Je veux qu'elles n'aient pas de dépendance à une personne clé.
13:28Je veux qu'elles n'aient pas de dépendance à un marché.
13:30Je veux qu'elles n'aient pas de dépendance à un client.
13:33Je veux qu'elles n'aient pas de dépendance à des matériaux,
13:35à du matériel, à un brevet.
13:36Donc à des marchés ou à un contexte.
13:38Exactement.
13:39Et donc, j'attache beaucoup d'importance à ça,
13:41à faire que mes entreprises et mon groupe
13:43soient le plus autonomes possible
13:45et qu'elles fonctionnent sans moi
13:46et qu'elles fonctionnent de manière efficace,
13:49avec des process, etc.
13:51Donc ça, c'est quelque chose qui est une de mes obsessions.
13:54Mais pour répondre à votre question,
13:56en tout cas sur mes défauts,
13:58c'est que j'ai l'impression qu'on peut toujours aller plus vite.
14:00J'ai l'impression qu'on peut toujours faire mieux.
14:02Je pense que mes équipes disent de moi
14:04que je suis un malade mental de l'exigence.
14:08Un éternel insatisfait, on le dirait.
14:11Oui, alors j'arrive maintenant avec le temps
14:13à voir le chemin qu'on a parcouru,
14:15à voir ce qu'il faudrait qu'on améliore pour la suite.
14:18Mais j'arrive aussi aujourd'hui maintenant à me dire
14:19que c'est important d'être dans l'étape d'après,
14:22mais aussi de fêter ce qu'on a vécu ensemble.
14:24Et c'est ça, d'avoir une super équipe.
14:26C'est de fêter les victoires
14:27et d'être ensemble quand c'est difficile.
14:28On va passer à la suite, tout de suite.
14:32BFM Entreprises, leadership, la méthode.
14:36On vous a demandé de nous fournir,
14:38de venir avec une photo prise dans le cadre de votre entreprise.
14:43On va la regarder, cette photo.
14:46Pourquoi celle-ci ?
14:47C'est où ? C'est quand ?
14:50C'est la cathédrale Notre-Dame de Paris.
14:53C'est avec mes équipes.
14:55C'est au moment où le président de la République
14:58vient nous voir sur le chantier
15:00et nous remercier du travail qu'on a accompli.
15:03Pourquoi elle est importante
15:04et pourquoi j'ai choisi cette photo ?
15:05Parce que je crois qu'on ne fait rien tout seul
15:07quand on est dirigeant.
15:09Je crois qu'on a besoin d'avoir une équipe.
15:10Et en fait, sur cette photo,
15:12si je dois vous faire un aveu,
15:13tous les gens qui sont sur cette photo,
15:16ils ont commencé comme moi, tout en bas.
15:19Il y a Rachid, qui était ouvrier intérimaire,
15:22mais qui était manœuvre, il n'était pas cordiste.
15:24Aujourd'hui, c'est un de nos chefs de chantier.
15:26Il est cordiste, il est une vraie référence dans son domaine.
15:29Il y a Kevin, aussi sur cette photo,
15:31qui, pareil, en fait, il n'était pas cordiste,
15:33il est devenu comme Noa, il est progressé, etc.
15:36Aujourd'hui, c'est un référent technique
15:37pour l'ensemble du groupe.
15:38Il a le plus haut niveau de qualification.
15:40Il est OTC, on appelle ça dans les cordistes.
15:42C'est organisateur des travaux sur corde,
15:44donc le plus haut niveau.
15:46C'est un référent, tout le monde l'appelle techniquement.
15:48Et en fait, cette photo, c'est un condensé de ce qu'on est.
15:50Une machine à progrès.
15:51Une machine à faire en sorte de propulser la vie des gens,
15:54de changer, effectivement,
15:56pas uniquement les parcours,
15:58mais aussi ce qui se passe dans le monde.
15:59Mon groupe, c'est ça, c'est d'être présent de partout.
16:01Il y a des enjeux qui sont extrêmement forts
16:03et où il y a beaucoup de complexité.
16:05Et c'est pour ça que Notre-Dame de Paris,
16:06avec ces gens-là,
16:07c'est ce qui fait mon groupe aujourd'hui.
16:08C'est très intéressant, les chantiers que vous faites.
16:11Il y a Notre-Dame de Paris,
16:12il y a le Mont-Blanc.
16:13Depuis quelques temps,
16:14vous faites aussi les travaux en sous l'eau.
16:17Vous faites des travaux, en fait, difficiles d'accès.
16:19C'est ça.
16:20Toutes les entreprises du groupe Jarnias,
16:22ce sont les travaux difficiles d'accès.
16:25C'est intéressant parce que
16:26ces salariés dont vous parlez,
16:28on a l'impression que pour certains,
16:29ce sont des mini-vous.
16:30Vous voulez les emmener au même endroit que vous.
16:33Pour autant, une entreprise,
16:35ce n'est pas que des mini-sois.
16:37C'est aussi des gens qui sont complètement différents,
16:40qui vont faire des horaires parfois réduits,
16:43qui ont des contraintes personnelles.
16:45Comment, quand on a votre énergie,
16:47quand on a votre envie,
16:48quand on a l'envie de partager,
16:50on gère aussi des équipes
16:52qui ne vous ressemblent pas ?
16:54Je crois que vous touchez du doigt à ce endroit,
16:56ce qui est le plus difficile pour moi.
16:58Et c'est ce qui m'a, dans le parcours,
17:00en tout cas, créé le plus de difficultés.
17:02C'était, effectivement, c'est l'humain.
17:05Parce que parfois,
17:06j'ai plus envie que les autres,
17:08qu'eux-mêmes, d'ailleurs,
17:09qui progressent.
17:11Des fois, on ne fait pas les mauvais choix
17:12parce qu'on va pousser trop loin.
17:13On sait que ce n'est pas la bonne personne.
17:14On sait que ça ne va pas marcher.
17:16On sait qu'on est trop différents
17:17en termes de valeur.
17:18Et pourtant, on essaye encore.
17:19Et puis, on prend du temps.
17:20Puis, on ne s'en occupe pas assez, etc.
17:22Donc, c'est vraiment...
17:24Ma difficulté, aujourd'hui, elle est là.
17:26C'est, effectivement,
17:28d'arriver à comprendre
17:29qu'on n'est pas tous pareils.
17:32Maintenant, il y a aussi quelque chose.
17:34C'est que dans la culture du groupe
17:35que je dirige,
17:37j'attache beaucoup d'importance
17:38d'expliquer la vérité de qui on est.
17:41Travailler chez nous,
17:42c'est extrêmement difficile.
17:44Progresser, c'est difficile.
17:46On travaille la nuit.
17:47On travaille dans des environnements
17:48qui sont complexes.
17:49On travaille parfois
17:50avec des masques à ventilation assistée.
17:52Il faut être capable de se mobiliser
17:53de partout en France et en Europe
17:54en quelques heures.
17:56Ça veut dire laisser aussi, parfois,
17:57sa famille et partir plusieurs semaines.
18:00Et avant, on ne voyait que nos chantiers vitrines.
18:02On voyait la Tour Eiffel,
18:04les Jeux Olympiques de Paris,
18:05Notre-Dame, etc.,
18:07la reconstruction, la sécurisation.
18:09Je passe beaucoup de temps
18:10à expliquer qu'aujourd'hui,
18:11en fait, on en est là aussi
18:12parce qu'il y a tout ce qu'on ne voit pas.
18:14Il y a la face cachée de l'iceberg
18:16qui est une grande partie
18:17de notre activité
18:18où, en fait, on arrive
18:19à faire ces chantiers-là
18:20parce qu'il y a tous les chantiers d'avant
18:22qui sont des chantiers difficultés
18:23et qui sont compliqués.
18:24Et donc, je crois que de plus en plus,
18:26aujourd'hui, dans le groupe,
18:27je ne sais pas si on a des mini-mois,
18:28mais on a des gens
18:29avec qui on partage
18:30la même valeur du coût de l'effort,
18:32du fait d'être obligé
18:33de travailler dur,
18:34du fait qu'en fait,
18:35on doit réussir à relever un défi
18:37et que quand on prend un engagement
18:38avec un client,
18:39avec un collaborateur,
18:41avec un fournisseur,
18:41avec un partenaire,
18:42on va au bout.
18:43Un peu, j'ai envie de dire,
18:44et c'est sans mauvais jeu de mots,
18:46quoi qu'il en coûte.
18:47Effectivement.
18:48Vous continuez à regarder
18:49le leadership
18:49selon Xavier Rodrigues.
18:56On va terminer cette interview
18:58sur votre leadership
19:00avec quelques questions à nouveau.
19:02Xavier,
19:02votre plus belle réussite,
19:03c'est quoi ?
19:04Mon groupe,
19:06les trajectoires,
19:07les humains,
19:08je trouve ça assez dingue.
19:09Je peux vous prendre
19:10une centaine de noms,
19:12aujourd'hui,
19:12que j'ai en tête,
19:13qui ont commencé
19:14tout en bas de l'échelle,
19:15ou en tout cas,
19:16comme manœuvre,
19:16comme ouvrier,
19:17et qui, aujourd'hui,
19:17ont des postes à responsabilité.
19:19On fait trois promesses
19:20à des salariés
19:21qui viennent nous rejoindre.
19:23La première,
19:23c'est qu'avec nous,
19:24on va les aider à progresser.
19:25C'est-à-dire qu'on va améliorer
19:26l'employabilité,
19:27on va les former, etc.
19:28On va améliorer leurs conditions
19:29de travail et de rémunération.
19:31Ils sont mieux payés,
19:31tous,
19:32que du moment
19:33où ils sont rentrés chez nous.
19:34Et puis,
19:35on leur promet,
19:36je leur promets,
19:37qu'en fait,
19:37avec nous,
19:37ils vont vivre
19:38des aventures extraordinaires.
19:40Et c'est ça,
19:40je crois,
19:41la clé des choses
19:42qui me rendent le plus fier,
19:43en tout cas,
19:44de réussite dans mon groupe.
19:46À l'inverse,
19:47c'est quoi le plus gros échec
19:47de votre carrière ?
19:49C'est les humains.
19:50C'est ceux avec qui
19:51je pensais qu'en fait,
19:52on allait pouvoir
19:53construire une histoire,
19:54etc.
19:55Et qu'on n'a pas réussi
19:57et que je n'ai pas réussi
19:58à les emmener.
20:00Je dis toujours
20:00que ce n'est pas eux
20:01le problème,
20:02souvent.
20:03Quand on est dirigeant,
20:04en fait,
20:04c'est trop facile d'imaginer
20:05qu'en fait,
20:06les problèmes,
20:06ils viennent de l'extérieur
20:07ou que ce n'est pas soi.
20:08Je pense qu'on aurait
20:09à gagner en tant que dirigeant,
20:11en fait,
20:11systémativement,
20:12de se remettre soi en question.
20:13Qu'est-ce qu'on n'a pas fait ?
20:14Comment on a mal accompagné ?
20:15Pourquoi on ne s'en est pas
20:16occupé assez tôt ?
20:17Comment on pourrait être
20:18plus exigeant
20:19sur certains sujets,
20:19etc.
20:20Et donc,
20:20à chaque fois que j'ai
20:22un salarié qui part
20:23ou avec qui ça ne s'est pas
20:24bien passé
20:24ou que je n'ai pas pu emmener,
20:26la première chose,
20:27c'est que je me dis
20:27comment j'aurais pu faire
20:28autrement
20:29pour que ça marche pour lui.
20:30Souvent,
20:31quand je vous ai sur mon plateau,
20:33on parle de ce contexte
20:35économique en France.
20:37Les patrons sont décriés.
20:39C'est une période
20:39comme ça.
20:40Qu'est-ce que
20:42vous en pensez
20:44et qu'est-ce que
20:45vous voulez dire
20:46sur cette fonction
20:47de patron
20:48pour rétablir la vérité ?
20:51En plus,
20:52aujourd'hui,
20:52on voit bien,
20:53en fait,
20:54on a
20:55une nouvelle pendaison
20:56de crémaillère
20:56à Matignon
20:57assez régulièrement.
20:59On a des guerres,
21:00on a des crises,
21:01on a un monsieur
21:02avec une mèche blonde
21:04qui est extrêmement brutale,
21:06qui fait du lèche-vitrine
21:07au Groenland,
21:09au Venezuela,
21:09etc.
21:10On voit bien
21:11qu'en fait,
21:11on est dans une dynamique
21:13qui est difficile,
21:15en fait.
21:15Ce n'est pas très optimiste.
21:17Et là,
21:17pour le coup,
21:18les dirigeants
21:18et les entreprises,
21:19elles ont un rôle à jouer.
21:20On est l'ancrage
21:21de ce qui se passe au quotidien.
21:23Nos salariés,
21:23ils viennent chez nous,
21:25ils viennent travailler
21:25avec nous dans nos entreprises
21:27tous les jours.
21:28Et ils voient
21:29que notre mission
21:29à nous en tant que chefs
21:30d'entreprise,
21:31c'est de faire avancer
21:34le bien commun.
21:35Et le bien commun,
21:36c'est l'entreprise.
21:37C'est ça le plus important.
21:38Et donc,
21:39je crois que l'entreprise
21:40a un rôle à jouer,
21:41les dirigeants
21:41ont un rôle à jouer là-dessus.
21:42Alors,
21:43ce n'est pas simple.
21:44Pour de vrai,
21:45on ne peut pas dire
21:45à son entreprise,
21:46on va être performant,
21:47on va y arriver,
21:47on va se battre,
21:48si on n'est pas un dirigeant
21:49qui montre l'exemple.
21:50Et moi,
21:51j'ai envie d'être fait partie
21:52de ces dirigeants-là
21:52qui montrent que c'est possible,
21:54qui montrent qu'on peut
21:56aussi bien respecter
21:58ses salariés
21:58et continuer à faire de la croissance,
22:00gagner de l'argent,
22:01y arriver,
22:01développer de nouvelles activités.
22:02Pour finir,
22:03Xavier Rodriguez,
22:04c'est quoi votre défi de demain ?
22:06Parce que quand on vous écoute,
22:07on a l'impression
22:07que vous avez tout ce que
22:08vous avez toujours voulu avoir
22:09et que vous l'avez eu vite en plus.
22:11C'est quoi le défi
22:12sur lequel vous travaillez
22:14demain principalement ?
22:15L'international.
22:17C'est en fait
22:18développer nos activités
22:20en dehors des frontières françaises.
22:21Aujourd'hui,
22:21on est présent dans six pays.
22:23On a envie d'accélérer
22:24en fait cette démarche-là.
22:26D'une part,
22:27parce que c'est un défi pour moi
22:28et je vous parlais
22:28à l'instant d'exemplarité
22:29et que je pense que
22:30en fait,
22:31si on veut être exemplaire
22:32pour de vrai,
22:32il faut que je montre
22:33à mes équipes
22:33que globalement,
22:34en fait,
22:34j'ai un défi à relever.
22:36Je sais que dans notre
22:36périmètre historique en France,
22:38ils font le job.
22:39J'ai des super dirigeants,
22:40j'ai des super équipes,
22:41c'est sur la route,
22:42ils vont y arriver,
22:43on va garder notre place
22:43de leader, etc.
22:44On va continuer à se challenger.
22:46Ça, ça va marcher.
22:47Mon travail à moi,
22:48c'est effectivement
22:48de me mettre en danger
22:49d'aller dans des pays
22:50où on ne parle pas français,
22:52où je ne parle pas forcément
22:53la langue,
22:53arriver à comprendre
22:54comment ça marche pour eux
22:55et construire,
22:56j'espère en tout cas,
22:57le plus gros,
22:58le plus beau,
22:59le plus important
23:00groupe européen
23:02des travaux d'accès difficiles
23:03en France,
23:04en Europe
23:04et dans le monde demain.
23:05Il faudra revenir
23:06sur BFM Business
23:07pour parler de l'évolution
23:08de ces projets.
23:09C'était le leadership
23:10selon Xavier Rodriguez,
23:12PDG du groupe Jarnias.
23:14Si vous voulez connaître
23:15la méthode des leaders,
23:17des patrons,
23:17l'émission est disponible
23:18en replay,
23:19en podcast,
23:20sur tous nos réseaux sociaux,
23:21évidemment,
23:22et tous les lundis
23:23à 12h30
23:24sur BFM Business.
23:27BFM Entreprises,
23:28leadership,
23:29la méthode.
23:30sur BFM Business.
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