Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Ce jeudi 2 juillet, l'impact de l'intelligence artificielle sur le marché de l'emploi, notamment entre le remplacement des travailleurs et la création de valeur, a été abordé par Jean-Marc Daniel et Frédéric Simottel, éditorialiste BFM Business, dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Débat fortement biaisé tech ce matin, messieurs, bonjour Frédéric Simotel.
00:04Bonjour Sandra.
00:05Frédéric Simotel, face à Jean-Marc Daniel ce matin.
00:07Et cette question, un brin philosophique, l'IA est-elle un outil de substitution à la main d'oeuvre
00:13ou un outil d'expansion pour les entreprises ?
00:16Bon, vous avez 7 minutes, pas 4 heures, 7 fois. Frédéric, vous commencez.
00:20Oui, alors la question c'est, est-ce que l'IA supprime des emplois ?
00:22Ou est-ce que l'IA, bien utilisée, elle permet de l'expansion, la croissance de l'entreprise ?
00:28Alors, première chose, oui, l'IA supprime quelques jobs.
00:30Il ne faut quand même pas, on n'est pas aveugle, on voit les métiers de traduction,
00:34enfin on en parle régulièrement dans Tech & Co.
00:36Souvent, elle supprime plus des tâches que des emplois, d'ailleurs, c'est ce qu'ils font.
00:40On dit souvent qu'il faut regarder un peu toutes les tâches que l'on a, nous, dans notre métier.
00:43Et à partir de 30% de nos tâches qui peuvent être automatisées,
00:46on peut dire que notre métier peut être en péril dans les quelques années à venir.
00:4830% ?
00:49Oui, 30% de nos tâches, voilà, on regarde nous, journalistes, la recherche documentaire, l'écriture, etc.
00:53Si 30% peuvent être automatisés, aujourd'hui, ça veut dire qu'il faut commencer à réfléchir
00:57à les 70% restants, comment on va les transformer pour rester dans la course.
01:02Alors, aujourd'hui, l'IA, pour moi, ce n'est pas une menace pour l'emploi.
01:06C'est une menace pour l'emploi si on ne sait pas bien l'utiliser dans l'entreprise.
01:08Il y a un rapport Ramp-Réveilleux-Labs,
01:10ce sont des cabinets de conseil en recrutement aux Etats-Unis,
01:13qui expliquent que plus les entreprises investissent dans l'IA,
01:16plus elles, de façon massive et durable,
01:18plus, finalement, leurs effectifs sont en croissance.
01:22Plus 10% d'augmentation des effectifs pour les entreprises
01:24qui dépensent environ 30 dollars par employé par mois.
01:29Plus 12% de débutants embauchés, justement.
01:32Alors, pourquoi il y a une explication économique à tout ça ?
01:35C'est que l'IA, ça réduit les coûts marginaux.
01:37Si je prends juste le développement informatique,
01:39on fait le développement de code, le débogage, la documentation technique,
01:44là, il y a des gains de productivité.
01:45Et puis, derrière, on peut embaucher plus pour des nouveaux projets.
01:48Dans l'IT, il y a beaucoup de projets qui sont en sommeil,
01:51qu'on retarde sans cesse.
01:52Eh bien, là, on va avoir des gens pour le faire.
01:54On peut innover, on peut créer des nouveaux produits,
01:56nouveaux services, et puis on peut pénétrer de nouveaux marchés.
01:58Ça peut aider à tout ça.
02:00Autre chose, donc, je l'ai dit, la menace des jeunes emplois,
02:03ben non, parce que, oui, l'IA élimine les tâches chronophages,
02:06peu qualifiées, les tris de données, la réponse standardisée.
02:08Ça, ça a déjà commencé, clairement.
02:10Ça a déjà commencé.
02:11Par contre, justement, entraîner ces jeunes à faire de la supervisation d'IA,
02:15faire du prompt engineering,
02:17entraîner ces jeunes à l'analyse de résultats,
02:20interpréter un peu mieux les données,
02:21entraîner ces jeunes à la collaboration aussi homme-machine,
02:24ce qu'on va voir arriver.
02:25Voilà, je prends un exemple concret.
02:27Il y a une entreprise comme Klarna,
02:28qui est une entreprise de fintech,
02:29qu'ils avaient annoncé il y a deux ans à peu près,
02:31on va supprimer, voilà, on n'a plus besoin.
02:33C'est l'IA qui va remplacer.
02:35Bon, finalement, ils n'ont licencié que 10 % de leurs effectifs en 2023
02:40pour adopter l'IA.
02:40Et puis, finalement, aujourd'hui, c'est en train de recruter des gens,
02:42parce que, justement, pour être en croissance.
02:44Donc, pour moi, l'IA, c'est plus un accélérateur de rentabilité.
02:47Par contre, il faut bien l'utiliser.
02:48Est-ce que vous avez la même vision optimiste des choses, Jean-Marc Daniel ?
02:51À la fois, oui et non.
02:52C'est-à-dire qu'effectivement, l'IA, comme toute révolution technologique,
02:55comme toute innovation,
02:56va avoir comme conséquence de modifier des emplois,
02:59de supprimer des emplois.
03:00Et puis, on peut espérer que ça va avoir comme conséquence,
03:02après, de faire émerger de nouveaux besoins,
03:05et donc faire émerger de nouveaux types d'emplois.
03:07Mais je pense que quand on regarde dans le passé,
03:09effectivement, il y a deux phases dans un processus d'innovation technologique.
03:13Il y a une phase que j'appelle l'émergence des luddites.
03:15Il y a des gens qui voient que leur emploi va disparaître.
03:18Et donc, ils cassent les machines pour éviter ça.
03:20Et ensuite, il y a la phase d'apparition d'un prolétariat.
03:23Et donc, au moment de l'agriculture, il y avait un prolétariat.
03:26Et puis, on a changé, on a modifié l'agriculture.
03:28Et donc, les agriculteurs sont devenus des luddites.
03:31Ils ont essayé de résister.
03:32Mais l'essentiel des emplois, c'était des chevaux qui disparaissaient.
03:34Et donc, les chevaux, en tant que luddites, ont été assez peu violents.
03:37Ils ont assez cassé.
03:38Ils n'ont pas cassé les machines.
03:39Ils n'ont pas cassé les machines.
03:40Et puis ensuite, il y a eu le monde industriel.
03:42Donc là, on a fait apparaître un prolétarien industriel
03:44qui s'est révolté parce qu'il était maltraité.
03:46Et au fur et à mesure que ces emplois disparaissaient,
03:49il s'est de nouveau révolté.
03:50On a géré ça de deux façons.
03:52Effectivement, face à la violence, il y a eu une forme de répression.
03:55Et puis, on leur a raconté des sornettes.
03:56On leur dit, vous savez, il y a un monde meilleur.
03:59À Prague, à Budapest, il y a des gens qui sont heureux.
04:01Le socialisme va vous apporter le bonheur et tout ça.
04:04Et donc, tout ça a été assez bien géré.
04:06Et par exemple, l'emploi industriel en France
04:09est passé de 6 millions de personnes à 3 millions en ce moment.
04:12Et ce n'est pas la désindustrialisation,
04:14contrairement à ce qu'on nous raconte.
04:15C'est le fait qu'il y a eu des gains de productivité.
04:17Il y a eu l'introduction, effectivement, de nouvelles technologies
04:19qui font que pour produire la même quantité,
04:22on a besoin de moins d'hommes.
04:23Donc là, on va passer au capitalisme cognitif.
04:27Donc, on va avoir des luddites,
04:28des gens qui vont casser les machines.
04:30Donc, les gens à qui on va raconter,
04:31mais rassurez-vous ce que vient de nous dire Frédéric.
04:36On va supprimer les tâches,
04:38mais on ne va pas supprimer les emplois.
04:39Il ne faut pas se faire d'illusions.
04:41On va supprimer les emplois.
04:42Oui, mais on va s'adapter, Jean-Marc Daniel.
04:44Derrière, on va s'adapter.
04:45Donc, on va leur raconter des sordettes aussi à tous ces gens-là.
04:48On va effectivement dire,
04:49il va y avoir un monde meilleur.
04:51Et puis, il va y avoir un prolétariat cognitif.
04:54C'est-à-dire, il va y avoir des gens
04:55qui feront des tâches extrêmement peu valorisantes,
04:58qui seront des tâches qui seront assez mal rémunérées.
05:00Et dans lesquels, ils vont effectivement essayer de progresser,
05:04de s'accomplir.
05:05Et là aussi, on va leur raconter des sordettes.
05:07On va leur dire,
05:08mais c'est vous qui êtes la clé de vous du système.
05:11C'est grâce à vous que le système existe.
05:12C'est parce que vous faites vos programmes
05:14que tout ça existe.
05:15Et donc, je pense que le véritable enjeu,
05:17c'est effectivement de tirer profit
05:18de l'intelligence artificielle.
05:21À l'heure actuelle, sur 68 millions d'habitants,
05:23il y a 28 millions de personnes qui travaillent.
05:24Il y a quand même 40 millions de personnes
05:26qui n'ont plus besoin de travailler
05:27grâce au progrès technique.
05:29Donc, la tendance naturelle,
05:30c'est quand même d'alléger le temps de travail,
05:32de faire disparaître une partie du travail,
05:34de permettre aux gens de vivre une autre vie
05:36que dans le travail.
05:37Mais les gens qui vont conserver le travail,
05:39il faut bien voir que certains vont voir
05:41leur métier disparaître,
05:43et les autres vont être obligés, effectivement,
05:45d'accepter des conditions de travail
05:46qu'ils ne soupçonnent pas.
05:4750 secondes pour un droit de réponse.
05:48Oui, le droit de réponse,
05:50c'est que c'est la formation.
05:51Il faut vraiment former, former des enfants.
05:52Formation continue.
05:54Formation continue.
05:55Ce n'est pas juste former un outil,
05:56puis après, on oublie un peu.
05:57Ça, c'est la première chose.
05:58Être prêt à se transformer aussi.
06:00C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
06:00je vais prendre notre exemple de métier de journaliste,
06:02il faut que nous, on apprenne aussi
06:03à ne plus enquêter comme avant,
06:05à ne plus créer comme avant.
06:07Il faut qu'on réfléchisse totalement différemment.
06:09Se dire, voilà, qu'est-ce que l'IA peut faire
06:10qui ne va pas forcément les tâches rébarbatives,
06:13il y a une tâche un petit peu de création.
06:15Est-ce que l'IA peut transformer là ?
06:18Donc, un, la formation.
06:20Un, donc du coup, ça veut dire aussi des investissements.
06:22Il faut investissement durable sur ces projets.
06:25La reconversion, il ne faut pas pousser ces solutions IA
06:29sans réfléchir avant
06:30qu'est-ce que ça va changer pour les métiers.
06:31Aujourd'hui, le problème, c'est qu'on pousse ces solutions IA
06:33puis on se dit, à flûte, demain matin,
06:35il y a ces 30% de personnes,
06:38je ne sais plus que leur donner à faire.
06:39Il faut y réfléchir d'ores et déjà aujourd'hui.
06:42Donc, voilà.
06:42Donc, en tout cas, il faut y aller.
06:43La question ne va pas se régler en un jour.
06:45On en reparlera.
06:46Merci, messieurs, Jean-Marc Daniel, Frédéric Simotel
06:48d'être venu dans ce débat.
Commentaires

Recommandations