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  • il y a 17 minutes
Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On l'a vu aujourd'hui, le Premier ministre qui a été chahuté sur le terrain en Gironde en raison
00:03des incendies et du manque de réactivité de l'exécutif.
00:08En tout cas, c'est ce que les sinistrés ont exprimé aujourd'hui.
00:11Il y a aussi pour le Premier ministre en cette fin d'état, évidemment, un nouveau marathon budgétaire qui va
00:17commencer avec un sujet explosif.
00:19C'est le gel partiel, possibilité gel partiel des retraites pour les plus aisés.
00:24Regardez ce que cela donnerait selon deux cas de figure que vous allez voir à l'écran.
00:28Donc, pour une inflation de 2%, les retraites à 1 200 euros seraient revalorisées.
00:34En tout cas, elles seraient augmentées de 24 euros.
00:36A l'inverse, pour les retraites un peu plus hautes à hauteur de 3 000 euros, ce serait une baisse
00:40de 60 euros.
00:42Maurice Safran, là, c'est du lourd, si j'ose dire.
00:45C'est-à-dire que la question des retraites qui s'annonce dans cette rentrée, c'est évidemment explosif pour
00:51tout Premier ministre
00:52et sans doute encore plus pour Sébastien Lecornu qui avait essayé l'an dernier et qui n'a pas réussi.
00:56– Oui, mais là, il reste quelques mois au gouvernement, à Lecornu et au Président.
01:02Le problème, c'est qu'est-ce que les candidats vont dire sur ce point-là ?
01:07C'est là qu'on attend un peu de courage.
01:09Alors, ce qui est intéressant, c'est qu'on constate que de nouveau,
01:14et Philippe Brun nous en dira sans doute plus sur ce sujet-là,
01:17on constate que de nouveau, l'extrême droite et la gauche dure, pour ne pas dire l'extrême gauche,
01:23sont contre cette mesure éventuellement proposée par Roland Lescure et le Premier ministre.
01:28Donc, sur le plan économique et social, il y a effectivement souvent ce rapprochement LFI-RN.
01:35– Maintenant, la question que j'ai envie de poser à notre ami socialiste,
01:41c'est qu'à partir de quel… François Hollande, ça lui avait déjà coûté cher à l'époque,
01:45mais à partir de quand pouvez-vous dire, vous les responsables politiques,
01:50à partir de quel chiffre vous pouvez dire qu'un retraité est aisé ?
01:542 500 euros, 3 000 euros, 5 000 euros, c'est une question que les Français se posent aujourd'hui,
01:59et vous devrez répondre à cette question.
02:01– Philippe Brun.
02:01– Bon, cette question, on l'a depuis très longtemps.
02:04Je rappelle que dans l'histoire, plusieurs fois, on a gelé les retraites,
02:06c'était le cas d'ailleurs sous le quinquennat de François Hollande au début,
02:09les trois premières années, et que l'indexation des retraites sur l'inflation,
02:13elle va nous coûter 14 milliards d'euros cette année.
02:15C'est gigantesque, c'est plus que le budget des universités,
02:18c'est plus que le budget de la justice.
02:20C'est normal que les retraites soient indexées,
02:22il faut bien qu'elles soient indexées sur quelque chose,
02:24le prix de la vie, le coût de la vie augmente,
02:26les préalimentaires, ils ont augmenté de 27%,
02:28c'est normal que la plupart des retraités voient leurs retraites indexées.
02:32Ce qu'il faudrait en vérité, c'est qu'elles soient indexées sur les salaires,
02:34puisque c'est les salaires qui cotisent pour les retraites,
02:36et pas seulement indexés sur l'inflation générale.
02:39Ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'il y a un effet ciseau,
02:41c'est-à-dire que d'un côté, vous avez les salaires qui progressent moins vite que l'inflation,
02:44de l'autre, les retraites qui progressent du même niveau que l'inflation,
02:47et donc ça crée ce besoin de financement qui est gigantesque.
02:52Les retraités modestes, on dit les boomers, la vérité c'est qu'aujourd'hui,
02:55la majorité des Français, des retraités, gagnent moins de 1 500 euros par mois.
02:59Donc il n'y a plus de la moitié des retraités qui gagnent moins de 1 500 euros par mois.
03:03Pour eux, évidemment qu'il faut garder la retraite indexée,
03:05et que retirer les 24 euros qui sont dus aux retraités qui gagnent aujourd'hui 1 200 euros par mois,
03:10c'est cruel et c'est injuste.
03:12Moi, dans ma circonscription, dans l'heure, qui est une circonscription rurale,
03:14la plupart des retraités, ils sont à la mutualité sociale agricole,
03:17700, 800 euros de retraite, il faut évidemment indexer la pension de retraite.
03:21Maintenant, est-ce qu'on peut demander un effort aux retraités très aisés ?
03:24Une retraite de 5 000, 6 000, 7 000 euros, qu'on désindexe pendant un an,
03:28ça ne va pas évidemment causer un vrai problème de pouvoir d'achat.
03:32Mais rappelons quand même que tout cela, c'est de la gribouille,
03:35c'est qu'à la fin, c'est des mesures paramétriques,
03:37ce n'est pas la grande réforme dont on a besoin pour nos finances publiques.
03:39Il faut boucler un budget malgré tout, dans un budget extrêmement déficitaire.
03:44En disant cet artifice, en disant que les retraités aisés,
03:473 000, 4 000, je ne sais pas quel est le chiffre,
03:48on désindexe leur retraite.
03:50Mais encore une fois, ce n'est pas le cœur du problème.
03:52Le cœur du problème, c'est le financement du vieillissement de la population.
03:55Je rappelle qu'aujourd'hui, rien qu'éclat du vieillissement,
03:58on a plus de 14 milliards sur les retraites,
04:00plus 12 sur la santé l'année prochaine,
04:02parce qu'on a de plus en plus d'anciens dans notre pays.
04:04Donc ça, il faut le traiter, on a des propositions.
04:06Ensuite, il y a évidemment la question générale des réformes systémiques
04:10qu'il faut mettre en œuvre.
04:12Les cadeaux fiscaux fait par Emmanuel Macron depuis maintenant 10 ans.
04:15Il faut que l'effort soit équitablement réparti.
04:17Et puis aussi, regarder les dépenses.
04:19Est-ce qu'on doit toujours fonctionner de la même manière
04:21avec autant d'échelons dans nos collectivités territoriales ?
04:23S'il faut qu'on continue à fonctionner avec un État aussi bureaucratique ?
04:27Bref, tout ça, il faut qu'on le mette sur la table.
04:29Moi, je ferai des propositions ce mercredi, d'ailleurs,
04:31dans le cadre de la campagne des primaires.
04:33On verra ça mercredi.
04:34On est en ligne avec Valérie Boyer, sénatrice Les Républicains des Bouches-du-Rhône.
04:39Est-ce que vous considérez que Sébastien Lecornu prend un risque politique
04:42parce que tous ses prédécesseurs, lui-même l'an dernier,
04:45et même en leur temps François Bayrou et Michel Barnier,
04:48ont tenté de faire des pas dans cette direction
04:52et ça n'a pas fonctionné ?
04:54Écoutez, moi, je suis consternée de la pauvreté des propositions,
04:59en tout cas telles qu'elles apparaissent aujourd'hui.
05:02C'est-à-dire, c'est toujours des mêmes recettes, des recettes éculées,
05:05c'est-à-dire rognées, encore taxées et surtaxées,
05:10les classes dites aisées et les entreprises.
05:14Je rappelle que nous assistons tous à l'effondrement de nos services publics
05:18alors qu'on est le pays le plus imposé
05:20et qu'il y a une grande injustice aujourd'hui,
05:23c'est-à-dire qu'il y a peu de contributeurs
05:25pour des gens qui bénéficient des prestations sociales
05:28de façon beaucoup plus élevée qu'il n'y a de contributeurs.
05:31Donc, on ne peut pas continuer comme ça.
05:33Donc, moi, je suis concernée de voir qu'après 15 ans de socialo-macronisme,
05:395 ans de Hollande-Macron et 10 ans de Macron,
05:43on est dans cette situation dramatique
05:45avec une dette hors de contrôle.
05:48Alors, justement, Valérie Boyer, si on ne fait rien,
05:50il y aura 6,8 milliards de déficits pour la caisse retraite en 2030.
05:55Il faut bien faire quelque chose.
05:57Oui, mais enfin, c'est surtout la retraite des fonctionnaires
05:59qui est déficitaire.
06:00Je rappelle que les retraités du privé, leur retraite est à peu près à l'équilibre.
06:05Ce n'est pas le cas pour les fonctionnaires.
06:07Il n'y a rien sur la capitalisation,
06:09alors que cette capitalisation, elle existe pour les fonctionnaires.
06:13Et puis, c'est toujours les mêmes recettes éculées,
06:15c'est-à-dire taxées et surtaxées, toujours les mêmes.
06:17Enfin, est-ce qu'à partir de 3 000 euros,
06:20on fait partie des classes aisées aujourd'hui
06:22alors qu'on a travaillé toute sa vie ?
06:24En fait, il n'y a aucun respect du contrat social posé
06:26parce que dans ce contrat social,
06:28il y avait aussi des économies sur le train de vie de l'État.
06:30On ne les a pas.
06:32Il y avait aussi des économies sur la fraude.
06:34On ne les a pas.
06:35Il y a aussi des personnes qui bénéficient de prestations sociales
06:39alors qu'elles n'ont pas cotisé 1 euro.
06:41Je rappelle, par exemple,
06:43mais c'est un exemple et il y en aurait plein d'autres,
06:45que les accords de 1968 avec l'Algérie
06:48font qu'une personne qui vient d'Algérie
06:50qui n'a pas cotisé 1 euro de toute sa vie
06:52à partir de 65 ans peut bénéficier d'une retraite
06:55qui est une retraite aux environs d'un petit peu plus de 1 000 euros.
06:57Donc, à un moment donné, ça suffit.
07:00Si on ne vient pas sur des économies,
07:02sur le train de vie de l'État,
07:03sur les agences,
07:05sur nos fonctionnements,
07:08on ne pourra pas faire en sorte
07:10que les Français acceptent
07:15cette surtaxation sur tout,
07:17sur la propriété.
07:20Nous sommes le pays le plus taxé du monde.
07:22On revient vers vous dans un instant,
07:25Valérie Boyer,
07:26mais juste Maurice Safran,
07:27à droite comme à gauche,
07:29on voit qu'on réclame des économies,
07:31il faut faire un budget,
07:32mais dès qu'il s'agit de faire payer,
07:34on considère que c'est injuste
07:36et qu'on ne fait pas payer les bons.
07:37C'est toujours la même rengaine.
07:39On a un problème politique et institutionnel
07:42dans ce pays,
07:43ça s'appelle l'élection du président de la République
07:45au suffrage universel.
07:47Et il faut bien reconnaître
07:48que ça bloque en partie le système.
07:51Aujourd'hui, il y a très peu de grands...
07:55Quand la chute de François Fillon,
07:57ce n'est pas seulement les affaires,
07:59la chute de François Fillon,
08:00c'est quelques semaines avant les affaires,
08:02quand tout d'un coup,
08:03les Français découvrent
08:04qu'il a un programme réellement libéral,
08:06qui veut moins de fonctionnaires,
08:08qui veut toucher à la retraite, etc.
08:10Immédiatement,
08:11sa cote baisse dans les sondages.
08:12Donc les Français ne sont pas des libéraux
08:15au sens économique.
08:16Ils ne sont pas des libéraux.
08:17Ceux de droite comme de gauche, d'ailleurs.
08:19La plupart des électeurs de droite
08:21ne sont pas des libéraux non plus.
08:23Donc on est dans un pays très curieux.
08:25Et cette élection du président de la République
08:27bloque toutes les initiatives.
08:29Et puis le président de la République,
08:31on est dans un système absolument terrible maintenant
08:34avec les deux mandats.
08:35C'est que le président de la République,
08:36quand il entre pour son premier mandat,
08:38il songe déjà à s'en aller dans un infernal.
08:40Philippe Brin, vous, en tant que député,
08:41vous seriez prêt à soutenir une sous-indexation ?
08:44Alors, on l'a fait les deux dernières fois,
08:46parce que la question est dans chaque projet de loi de finances
08:48depuis deux ans maintenant.
08:49Donc on avait dit à peu près autour de 3 000,
08:513 500 euros.
08:52On était prêt à désindexer,
08:55sous condition qu'on revalorise les petites retraites.
08:58Je rappelle quand même,
08:59la moitié des Français,
09:00ils ont une retraite inférieure à 1 500 euros.
09:03C'est comme ça la réalité aujourd'hui.
09:05Mais à l'époque, LR et LFI avaient voté ensemble
09:08pour réindexer l'ensemble des pensions.
09:12Donc on peut le faire,
09:13mais il ne faut le faire qu'une seule année.
09:15Quelqu'un qui a gagné à 3 000 euros, 4 000 euros,
09:175 000 euros de retraite n'est pas à plaindre.
09:18Mais toutefois, il y a un contrat social.
09:20Et Valérie Boyer, je suis d'accord avec elle sur ce point.
09:23Quand on est à la retraite,
09:24le contrat, c'est que c'est indexé.
09:25On ne peut pas avoir une retraite complètement désindexée.
09:27C'est une perte de pouvoir d'achat
09:28qui n'est pas acceptable quand on a cotisé toute sa vie.
09:31Qu'on peut le faire une année,
09:32c'est un effort qu'on demande,
09:33mais cet effort doit être équitablement réparti.
09:35On ne peut pas d'un côté demander cet effort aux retraités,
09:37de l'autre ne pas le demander
09:38à ceux qui ont profité de la crise maintenant
09:40depuis les 4 dernières années.
09:42On ne peut pas faire cela et exonérer d'efforts
09:44ceux qui ont bénéficié de toutes les largesses fiscales
09:47d'Emmanuel Macron depuis maintenant 10 ans.
09:48Donc il faut de l'équilibre dans un budget
09:50et il y a d'autres économies à faire aussi.
09:52Mais c'est clair que le vieillissement de la population,
09:54il faut aujourd'hui le financer.
09:55Et on n'a rien préparé là-dessus.
09:56On n'a pas préparé le chantier de la dépendance.
09:58Aujourd'hui, on a 70% des EHPAD qui sont en déficit.
10:01On a nos hôpitaux qui sont dans un état lamentable.
10:03Le vieillissement de la population,
10:05c'est le cœur de ce qu'on doit défendre dans ce budget.
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