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  • il y a 1 heure
Ce jeudi 9 avril, l'avenir du monde du travail par rapport à l'évolution de l'intelligence artificielle a été abordée par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Méta qui sort son nouveau modèle, mythos d'entropie qui est tellement fort qu'il ne faut pas le sortir
00:06parce que ça pourrait casser Internet.
00:09Hier, on en reparlera avec Anthony Morel tout à l'heure, mais notre question entre Emmanuel Lechypre et Jean-Marc
00:13Daniel ce matin sur l'avenir du travail.
00:15OpenAI a sorti une note en disant qu'il voit la taxation des robots une semaine dès 32 heures où
00:20on aurait plus de temps.
00:22Voyez avec l'IA un salarié augmenté ou un salarié inutile Emmanuel ?
00:26Je crois qu'il y a beaucoup de débats sur l'impact de l'IA sur l'emploi. Combien ça
00:33va détruire d'emplois ?
00:34Alors vous avez plein d'études qui sont assez contradictoires. Il y en a des apocalyptiques où en gros c
00:40'est 30% de l'emploi qui va disparaître.
00:42Et puis il y en a qui sont plus mesurés. C'est le cas de l'étude du BCG qui
00:47est sortie il y a deux jours avec une méthodologie nouvelle intéressante
00:50qui nous dit finalement non il n'y a que 12% des emplois qui seraient détruits, il y aurait
00:54une grosse partie des emplois qui seraient juste améliorés, augmentés.
00:58Je veux dire on ne va pas franchir ce débat là, ça ne sert à rien.
01:00En revanche, il y a deux tendances qui sont quasi certaines.
01:04La première c'est que cette révolution technologique comme toutes les autres va aboutir à une réduction du temps de
01:11travail.
01:11Ça c'est vrai et l'autre défi c'est que jamais une révolution technologique n'aura aussi peu eu
01:20d'effet de ruissellement sur l'ensemble de l'économie
01:23puisque comme jamais auparavant on est en train de concentrer les richesses entre les mains de quelques-uns.
01:31Pour une raison simple, c'est qu'aujourd'hui vous avez des entreprises qui avec quelques dizaines de salariés peuvent
01:37révolutionner la vie de tous les habitants de la planète
01:41et générer des bénéfices et des résultats qui sont à l'échelle planétaire jusqu'à cet extrême qu'on a
01:47vu la semaine dernière de la boîte à 1 milliard avec un seul homme.
01:52Donc le vrai sujet qui est posé c'est le sujet de la redistribution.
01:56On n'est pas dans un monde où le travail va disparaître, où la création de valeur va disparaître, c
02:00'est un monde où le travail taxé est challengé et c'est ça tout le sujet.
02:06Donc oui, il va bien falloir inventer une nouvelle fiscalité du travail et ça, alors là pour le coup il
02:13y a plusieurs pistes
02:14mais inévitablement il faudra trouver une façon de taxer les robots, il faudra trouver une façon de taxer davantage le
02:23capital
02:23puisque aujourd'hui en fait le vrai défi si on taxe le capital c'est de taxer le propriétaire.
02:30Donc le vrai défi de demain c'est de taxer le propriétaire et pas le salarié qui ne possédera plus
02:37rien.
02:37Donc il y a plein de façons de le faire mais grosso modo c'est le capital qui devra payer
02:43et pas le consommateur.
02:45Jean-Marc, un modèle de la semaine à 32 heures avec un revenu universel, est-ce que ça vous dit
02:48?
02:49Un samedi, d'autant plus qu'Emmanuel n'arrête pas de dire que je vis dans les années 70.
02:53Alors que pas du tout.
02:54Mais 1770, moi c'est vrai.
02:56Ah non, avant j'ai fait 1870.
02:58Oui, non non, 1770, j'assume, j'assume, 1770, lui il vit dans les années 20 mais 1820.
03:04Parce que ce débat sur les machines qui vont faire disparaître, ça s'appelle en économie,
03:08la manuelle de Sismondi.
03:10Sismondi en 1820 explique qu'avec le progrès technique, ça va avoir deux conséquences.
03:15La première, ça va faire disparaître l'emploi.
03:17Et la deuxième, ça va concentrer les richesses entre les mains de l'aristocratie.
03:20Et donc il va y avoir un problème de redistribution.
03:23Et donc la solution que propose Sismondi, c'est de taxer les machines.
03:271820.
03:28Donc on en est toujours là ?
03:29Toujours là.
03:29Avec toujours le même discours, avec toujours la même aberration historique,
03:33parce que c'est pas du tout ce qui s'est passé.
03:35C'était à la manivelle de Sismondi, c'était le roi d'Angleterre, il tourne une manivelle,
03:38il n'y a besoin de plus personne, on produit tout le textile dont on a besoin.
03:41L'aristocratie se gauberge pendant que le peuple crève de faim.
03:44C'est pas du tout ce qui s'est passé.
03:46En réalité, le véritable enjeu, c'est effectivement, quand on regarde sur le long terme,
03:50les gains de productivité, comme va apporter l'intelligence artificielle,
03:54se traduisent par deux choses.
03:55Une augmentation du niveau de vie et une augmentation du temps libre.
03:59Alors qu'on aille vers les 32 heures, je dis, pourquoi pas ?
04:01C'est un choix d'ailleurs de société.
04:03Est-ce que la société préfère effectivement avoir du temps libre
04:05plutôt que d'avoir une multitude de biens à sa disposition,
04:08générés directement ou indirectement par l'intelligence artificielle ?
04:11Le véritable enjeu, là aussi, c'est, une fois qu'on fait la redistribution,
04:15c'est-à-dire comment se répartit, comment se diffuse ce niveau de vie ?
04:19En réalité, il y a deux modèles en économie.
04:21Il y a ce qu'on appelle le fordisme, c'est-à-dire qu'on diffuse
04:23l'augmentation de la productivité sous forme de hausse de salaire.
04:27Les quelques salariés qui restent, on leur donne de plus en plus de revenus.
04:30Et donc, c'est par la circulation de ces revenus
04:33qu'effectivement, on assure l'homogénéité sociale.
04:36La conséquence de ça, c'est qu'il y a des gens qui ont des revenus très élevés
04:41et puis il y a des gens qui réclament ces revenus.
04:43Et donc, il y a des tensions sociales en permanence.
04:45Les années du fordisme, c'est des grèves.
04:47Et le deuxième modèle, c'est la déflation.
04:49C'est-à-dire les prix baissent.
04:51Et donc, le véritable enjeu, c'est que moi, je pense qu'on va vers de nouveau
04:53ce qui a été le 19e siècle, c'est-à-dire la déflation,
04:57la baisse des prix, le pouvoir d'achat, le niveau de vie va augmenter
04:59par la baisse des prix.
05:00Et donc, l'enjeu pour l'État, ce n'est pas de savoir comment il va taxer.
05:04L'enjeu pour l'État, c'est de comment il va se désendetter.
05:07Parce que plus il va y avoir de déflation, plus les gens endettés vont souffrir.
05:10Et quels sont les gens qui sont endettés en ce moment
05:12où on commence à rentrer dans la phase de l'intelligence artificielle ?
05:16Ce sont les États.
05:18Enfin, dernière remarque sur l'impôt sur le capital.
05:20Là aussi, en 1820, on reprenait les travaux de 1770
05:24où on disait taxer le capital, oui, s'il existe déjà.
05:28Non, s'il n'existe pas.
05:30Parce que s'il n'existe pas en le taxant, on empêche sa création.
05:33Si vous dites à quelqu'un, si vous faites un robot, vous allez payer.
05:36Le quelqu'un va dire, écoutez, moi, je ne fais pas de robot.
05:38En revanche, si vous dites à quelqu'un, de toute façon, tu n'as pas le choix
05:41parce que le robot existe quoi qu'il arrive.
05:43Or, les seules formes de capital qui existent quoi qu'il arrive, c'est la terre.
05:47Et donc, les gens disaient, effectivement, il faut faire un impôt foncier.
05:50Si vous voulez faire un impôt sur le capital,
05:52le seul impôt sur le capital logique, pérenne et acceptable,
05:56c'est l'impôt foncier.
05:56Donc, ma confusion, c'est impôt foncier et baisse des dépenses publiques et TVA.
06:04Et ce que je dirais en latin, c'est, ni nos vies, sous soleil.
06:08Il n'y a rien de neuf sur le soleil.
06:10Ah, voilà.
06:11Emmanuel, est-ce que vous avez à répondre à ça, Emmanuel ?
06:14Alors, j'ai un à répondre à ça, que, encore une fois,
06:16la réponse des économistes telles que fournies par Jean-Marc Daniel
06:18est inutile et inopérante pour un décideur politique.
06:21C'est-à-dire qu'en gros, le décideur politique, il faut qu'il baisse les dépenses publiques.
06:26Ce que nous promet Jean-Marc, c'est un monde de misère.
06:28Quand vous êtes un décideur politique, c'est inacceptable.
06:31C'est une société de misère.
06:33C'est une société qui est totalement déchirée.
06:36Donc, honnêtement, l'économiste, là, n'apporte aucune réponse à la problématique du politique.
06:42Et puis, quand même, l'euphordisme, c'est très bien, Jean-Marc.
06:46Mais l'euphordisme, ça marche quand vous avez des entreprises qui s'adressent au monde entier
06:51avec des centaines de milliers de salariés.
06:52Parce que chacun de ces salariés réusèdent, effectivement.
06:54Mais là, il n'y en a plus assez.
06:55Mais là, ça n'est plus le cas.
06:59Et puis, pour le coup, quand vous dites rien de neuf sous le soleil,
07:02un, c'est quand même la première fois qu'on a une révolution technologique
07:05qui remplace notre cerveau et pas nos bras.
07:07Et ça, c'est quand même une révolution majeure.
07:09Et puis, ce qui est majeur aussi, c'est le choc et la vitesse.
07:12à laquelle se produit cette révolution.
07:14C'est-à-dire qu'on compte, avant, on comptait en années, voire en dizaines d'années.
07:17Aujourd'hui, on compte en semaines, voire en mois.
07:20Et ça, c'est quand même radicalement différent.
07:22Jean-Marc, en dix secondes.
07:23En dix secondes, deux choses.
07:24Je ne dis pas que l'euphordisme va se réinstaller.
07:26Donc, l'euphordisme, c'est fini.
07:28Ce qui va se réinstaller, c'est la déflation.
07:30C'est le niveau de vie qui va augmenter grâce à la baisse des prix.
07:33Et donc, ce que je dis à nos politiques,
07:34on t'en bat, c'est que...
07:35Désendettez-vous.
07:36Désendettez-vous.
07:36Je leur donne une recette très pratique sur ce qu'ils peuvent faire.
07:39Ça fait vraiment un beau projet pour les présidentielles.
07:40Désendettez-vous.
07:41Ça va bien marcher, ça.
07:42Ah ben, il ressentait des larmes.
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