00:00Méta qui sort son nouveau modèle, mythos d'entropie qui est tellement fort qu'il ne faut pas le sortir
00:06parce que ça pourrait casser Internet.
00:09Hier, on en reparlera avec Anthony Morel tout à l'heure, mais notre question entre Emmanuel Lechypre et Jean-Marc
00:13Daniel ce matin sur l'avenir du travail.
00:15OpenAI a sorti une note en disant qu'il voit la taxation des robots une semaine dès 32 heures où
00:20on aurait plus de temps.
00:22Voyez avec l'IA un salarié augmenté ou un salarié inutile Emmanuel ?
00:26Je crois qu'il y a beaucoup de débats sur l'impact de l'IA sur l'emploi. Combien ça
00:33va détruire d'emplois ?
00:34Alors vous avez plein d'études qui sont assez contradictoires. Il y en a des apocalyptiques où en gros c
00:40'est 30% de l'emploi qui va disparaître.
00:42Et puis il y en a qui sont plus mesurés. C'est le cas de l'étude du BCG qui
00:47est sortie il y a deux jours avec une méthodologie nouvelle intéressante
00:50qui nous dit finalement non il n'y a que 12% des emplois qui seraient détruits, il y aurait
00:54une grosse partie des emplois qui seraient juste améliorés, augmentés.
00:58Je veux dire on ne va pas franchir ce débat là, ça ne sert à rien.
01:00En revanche, il y a deux tendances qui sont quasi certaines.
01:04La première c'est que cette révolution technologique comme toutes les autres va aboutir à une réduction du temps de
01:11travail.
01:11Ça c'est vrai et l'autre défi c'est que jamais une révolution technologique n'aura aussi peu eu
01:20d'effet de ruissellement sur l'ensemble de l'économie
01:23puisque comme jamais auparavant on est en train de concentrer les richesses entre les mains de quelques-uns.
01:31Pour une raison simple, c'est qu'aujourd'hui vous avez des entreprises qui avec quelques dizaines de salariés peuvent
01:37révolutionner la vie de tous les habitants de la planète
01:41et générer des bénéfices et des résultats qui sont à l'échelle planétaire jusqu'à cet extrême qu'on a
01:47vu la semaine dernière de la boîte à 1 milliard avec un seul homme.
01:52Donc le vrai sujet qui est posé c'est le sujet de la redistribution.
01:56On n'est pas dans un monde où le travail va disparaître, où la création de valeur va disparaître, c
02:00'est un monde où le travail taxé est challengé et c'est ça tout le sujet.
02:06Donc oui, il va bien falloir inventer une nouvelle fiscalité du travail et ça, alors là pour le coup il
02:13y a plusieurs pistes
02:14mais inévitablement il faudra trouver une façon de taxer les robots, il faudra trouver une façon de taxer davantage le
02:23capital
02:23puisque aujourd'hui en fait le vrai défi si on taxe le capital c'est de taxer le propriétaire.
02:30Donc le vrai défi de demain c'est de taxer le propriétaire et pas le salarié qui ne possédera plus
02:37rien.
02:37Donc il y a plein de façons de le faire mais grosso modo c'est le capital qui devra payer
02:43et pas le consommateur.
02:45Jean-Marc, un modèle de la semaine à 32 heures avec un revenu universel, est-ce que ça vous dit
02:48?
02:49Un samedi, d'autant plus qu'Emmanuel n'arrête pas de dire que je vis dans les années 70.
02:53Alors que pas du tout.
02:54Mais 1770, moi c'est vrai.
02:56Ah non, avant j'ai fait 1870.
02:58Oui, non non, 1770, j'assume, j'assume, 1770, lui il vit dans les années 20 mais 1820.
03:04Parce que ce débat sur les machines qui vont faire disparaître, ça s'appelle en économie,
03:08la manuelle de Sismondi.
03:10Sismondi en 1820 explique qu'avec le progrès technique, ça va avoir deux conséquences.
03:15La première, ça va faire disparaître l'emploi.
03:17Et la deuxième, ça va concentrer les richesses entre les mains de l'aristocratie.
03:20Et donc il va y avoir un problème de redistribution.
03:23Et donc la solution que propose Sismondi, c'est de taxer les machines.
03:271820.
03:28Donc on en est toujours là ?
03:29Toujours là.
03:29Avec toujours le même discours, avec toujours la même aberration historique,
03:33parce que c'est pas du tout ce qui s'est passé.
03:35C'était à la manivelle de Sismondi, c'était le roi d'Angleterre, il tourne une manivelle,
03:38il n'y a besoin de plus personne, on produit tout le textile dont on a besoin.
03:41L'aristocratie se gauberge pendant que le peuple crève de faim.
03:44C'est pas du tout ce qui s'est passé.
03:46En réalité, le véritable enjeu, c'est effectivement, quand on regarde sur le long terme,
03:50les gains de productivité, comme va apporter l'intelligence artificielle,
03:54se traduisent par deux choses.
03:55Une augmentation du niveau de vie et une augmentation du temps libre.
03:59Alors qu'on aille vers les 32 heures, je dis, pourquoi pas ?
04:01C'est un choix d'ailleurs de société.
04:03Est-ce que la société préfère effectivement avoir du temps libre
04:05plutôt que d'avoir une multitude de biens à sa disposition,
04:08générés directement ou indirectement par l'intelligence artificielle ?
04:11Le véritable enjeu, là aussi, c'est, une fois qu'on fait la redistribution,
04:15c'est-à-dire comment se répartit, comment se diffuse ce niveau de vie ?
04:19En réalité, il y a deux modèles en économie.
04:21Il y a ce qu'on appelle le fordisme, c'est-à-dire qu'on diffuse
04:23l'augmentation de la productivité sous forme de hausse de salaire.
04:27Les quelques salariés qui restent, on leur donne de plus en plus de revenus.
04:30Et donc, c'est par la circulation de ces revenus
04:33qu'effectivement, on assure l'homogénéité sociale.
04:36La conséquence de ça, c'est qu'il y a des gens qui ont des revenus très élevés
04:41et puis il y a des gens qui réclament ces revenus.
04:43Et donc, il y a des tensions sociales en permanence.
04:45Les années du fordisme, c'est des grèves.
04:47Et le deuxième modèle, c'est la déflation.
04:49C'est-à-dire les prix baissent.
04:51Et donc, le véritable enjeu, c'est que moi, je pense qu'on va vers de nouveau
04:53ce qui a été le 19e siècle, c'est-à-dire la déflation,
04:57la baisse des prix, le pouvoir d'achat, le niveau de vie va augmenter
04:59par la baisse des prix.
05:00Et donc, l'enjeu pour l'État, ce n'est pas de savoir comment il va taxer.
05:04L'enjeu pour l'État, c'est de comment il va se désendetter.
05:07Parce que plus il va y avoir de déflation, plus les gens endettés vont souffrir.
05:10Et quels sont les gens qui sont endettés en ce moment
05:12où on commence à rentrer dans la phase de l'intelligence artificielle ?
05:16Ce sont les États.
05:18Enfin, dernière remarque sur l'impôt sur le capital.
05:20Là aussi, en 1820, on reprenait les travaux de 1770
05:24où on disait taxer le capital, oui, s'il existe déjà.
05:28Non, s'il n'existe pas.
05:30Parce que s'il n'existe pas en le taxant, on empêche sa création.
05:33Si vous dites à quelqu'un, si vous faites un robot, vous allez payer.
05:36Le quelqu'un va dire, écoutez, moi, je ne fais pas de robot.
05:38En revanche, si vous dites à quelqu'un, de toute façon, tu n'as pas le choix
05:41parce que le robot existe quoi qu'il arrive.
05:43Or, les seules formes de capital qui existent quoi qu'il arrive, c'est la terre.
05:47Et donc, les gens disaient, effectivement, il faut faire un impôt foncier.
05:50Si vous voulez faire un impôt sur le capital,
05:52le seul impôt sur le capital logique, pérenne et acceptable,
05:56c'est l'impôt foncier.
05:56Donc, ma confusion, c'est impôt foncier et baisse des dépenses publiques et TVA.
06:04Et ce que je dirais en latin, c'est, ni nos vies, sous soleil.
06:08Il n'y a rien de neuf sur le soleil.
06:10Ah, voilà.
06:11Emmanuel, est-ce que vous avez à répondre à ça, Emmanuel ?
06:14Alors, j'ai un à répondre à ça, que, encore une fois,
06:16la réponse des économistes telles que fournies par Jean-Marc Daniel
06:18est inutile et inopérante pour un décideur politique.
06:21C'est-à-dire qu'en gros, le décideur politique, il faut qu'il baisse les dépenses publiques.
06:26Ce que nous promet Jean-Marc, c'est un monde de misère.
06:28Quand vous êtes un décideur politique, c'est inacceptable.
06:31C'est une société de misère.
06:33C'est une société qui est totalement déchirée.
06:36Donc, honnêtement, l'économiste, là, n'apporte aucune réponse à la problématique du politique.
06:42Et puis, quand même, l'euphordisme, c'est très bien, Jean-Marc.
06:46Mais l'euphordisme, ça marche quand vous avez des entreprises qui s'adressent au monde entier
06:51avec des centaines de milliers de salariés.
06:52Parce que chacun de ces salariés réusèdent, effectivement.
06:54Mais là, il n'y en a plus assez.
06:55Mais là, ça n'est plus le cas.
06:59Et puis, pour le coup, quand vous dites rien de neuf sous le soleil,
07:02un, c'est quand même la première fois qu'on a une révolution technologique
07:05qui remplace notre cerveau et pas nos bras.
07:07Et ça, c'est quand même une révolution majeure.
07:09Et puis, ce qui est majeur aussi, c'est le choc et la vitesse.
07:12à laquelle se produit cette révolution.
07:14C'est-à-dire qu'on compte, avant, on comptait en années, voire en dizaines d'années.
07:17Aujourd'hui, on compte en semaines, voire en mois.
07:20Et ça, c'est quand même radicalement différent.
07:22Jean-Marc, en dix secondes.
07:23En dix secondes, deux choses.
07:24Je ne dis pas que l'euphordisme va se réinstaller.
07:26Donc, l'euphordisme, c'est fini.
07:28Ce qui va se réinstaller, c'est la déflation.
07:30C'est le niveau de vie qui va augmenter grâce à la baisse des prix.
07:33Et donc, ce que je dis à nos politiques,
07:34on t'en bat, c'est que...
07:35Désendettez-vous.
07:36Désendettez-vous.
07:36Je leur donne une recette très pratique sur ce qu'ils peuvent faire.
07:39Ça fait vraiment un beau projet pour les présidentielles.
07:40Désendettez-vous.
07:41Ça va bien marcher, ça.
07:42Ah ben, il ressentait des larmes.
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