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  • il y a 1 heure
Ce mercredi 29 avril, la diminution du nombre de personnes inscrites à France Travail sans activité au premier trimestre 2026 a été abordée par Jean-Marc Daniel et Frédéric Bianchi dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Frédéric Bianchi, face à Jean-Marc Daniel, le nombre d'inscrits à France Travail sans activité a diminué de près
00:04de 60 000 personnes au premier trimestre 2026.
00:08Chiffre de la Dares recule inattendu. Pour l'instant, en tout cas, on ne voit pas d'agence France Travail
00:14submergée par des demandeurs d'emploi.
00:16Est-ce que ça veut dire que le combat contre le chômage est totalement dépassé, Frédéric ?
00:20Ça veut dire qu'on a gagné peut-être une bataille, c'est-à-dire la bataille actuellement du ralentissement
00:23de l'économie, le retour de l'inflation.
00:26Donc oui, il n'y a pas une explosion du chômage au premier trimestre. On verra dans les trimestres qui
00:30suivent.
00:31On sait très bien que les conséquences économiques de la guerre vont arriver maintenant.
00:34Donc oui, il n'y a pas d'explosion. Malgré tout, on peut dire qu'on a perdu cette guerre.
00:38On a perdu cette guerre. Moi, je me souviens d'un Emmanuel Macron qui disait le plein emploi, on va
00:43y arriver.
00:43Alors c'était en 2017, puis en 2022, les 5%. Bon, mais qu'est-ce qu'on constate aujourd'hui
00:48?
00:48On est à 7-8, ça remonte, on va peut-être repasser au-dessus des 8%.
00:52Donc là-dessus, la France a une nouvelle fois perdu cette guerre du plein emploi.
00:58Très au-dessus de la moyenne européenne en plus.
01:00On est au-dessus de la moyenne européenne. Je crois qu'actuellement en Europe, on est, attendez, j'ai les
01:03chiffres, on est aux alentours de 5-9-6%.
01:06Donc finalement, oui, alors on a baissé par rapport au chômage de masse des années 2010, post-crise des subprimes.
01:12On était monté à 9-10%. Bon, mais finalement, on a suivi la vague européenne.
01:16En Europe, ça a baissé, la France a baissé, mais on n'est pas arrivé à sortir de cette dynamique
01:21négative où en France, on a toujours un peu plus d'emplois qu'ailleurs.
01:25Alors que certains de nos voisins ont réussi. L'Italie, prenez l'Italie, ils sont quasiment au plein emploi.
01:29L'Italie avait toujours plus de chômage que nous. Aujourd'hui, ils sont aux alentours de 5-2%, qui était
01:34le rêve absolu d'Emmanuel Macron en 2022 encore.
01:37Eh bien, nous, on n'a pas réussi. Encore une fois, la France, finalement, on n'est plus au plein
01:41emploi depuis 1978, je crois.
01:43On a dépassé les 5%, on n'y arrive toujours pas.
01:46Jean-Marc Daniel, derrière, le seul sujet, c'est la démographie, non ?
01:49Oui, je crois qu'il y a... En fait, de nouveau, il y a trois éléments qui vont jouer.
01:53Il y a toujours trois éléments qui vont jouer.
01:55Alors, pour revenir sur les chiffres, effectivement, il y a en ce moment une augmentation du chômage conjoncturel dans un
02:00certain nombre de pays,
02:01mais globalement, Frédéric l'a dit, en Europe, on est à 6%, enfin 5-9%, ça a plutôt tendance à
02:07reculer.
02:08Donc, il y a une tendance historique en Europe à un recul, avec des pays qui sont en tension sur
02:12le marché du travail.
02:12C'est-à-dire, la République tchèque et la Pologne manquent de main-d'oeuvre.
02:16Et pourquoi est-ce que ces pays manquent de main-d'oeuvre ?
02:18Effectivement, on tombe sur la première raison, c'est outre la dynamique économique qui est très forte,
02:22c'est le fait que la population active a tendance à stagner, voire va reculer.
02:26Et donc, on a une évolution assez naturelle, structurelle du chômage qui va être vers sa disparition,
02:33et vers un problème plutôt de manque de main-d'oeuvre.
02:36Le deuxième élément, je pense qu'il faut tenir compte du fait que la nature du travail va changer.
02:41C'est-à-dire qu'il m'est arrivé assez souvent de rappeler que, pour moi, on va passer de
02:45la société employé-employeur à la société client-fournisseur.
02:49Dans une société client-fournisseur, il n'y a pas de chômage.
02:52C'est-à-dire que vous organisez votre travail, vous répondez aux attentes.
02:55– Et il y a les gens qui ont des petits chiffres d'affaires et les gens qui ont des
02:57gros chiffres d'affaires.
02:58– Et donc, effectivement, vous avez une capacité à vous adapter,
03:01c'est-à-dire que vous sortez d'une situation où vous êtes dépendant des autres systématiquement, de façon hiérarchique,
03:07à une situation où vous vous organisez, même si vous êtes dépendant des autres.
03:10Il faut trouver, quand vous êtes un fournisseur, il faut trouver des clients.
03:12Mais la notion de chômage disparaît, et on le voit bien d'ailleurs dans les projections
03:16sur non seulement la population active, mais aussi sur les équilibres des indemnités,
03:21de l'indemnisation du chômage, etc.
03:22Et le troisième élément qui va forcément jouer, c'est qu'on a beaucoup mis en avant la formation,
03:30et c'était un peu de façon incantatoire.
03:33Et là, maintenant, on s'aperçoit que l'idée d'avoir un raisonnement purement quantitatif,
03:38c'est-à-dire d'augmenter systématiquement les budgets de l'éducation nationale,
03:42et d'une façon générale, les budgets de l'apprentissage et tout ça, a été revu.
03:48Et cette idée, c'est justement, je parlais d'apprentissage dans l'éducation,
03:52de réorienter véritablement et de mieux utiliser les fonds qui vont être disponibles,
03:57notamment du fait de la réduction des élèves dans le primaire,
03:59pour essayer de faire de la formation non plus une incantation,
04:03mais une réalité concrète de terrain.
04:04C'est-à-dire, on va passer à ce qu'on appelait avant la flexi-sécurité, à la mobication.
04:10C'est quoi la mobication ?
04:12En anglais, c'est mobility, c'est-à-dire la capacité à education.
04:17Et la différence qu'il y a en anglais entre skill et education,
04:21skill, c'est le savoir-faire purement technique,
04:23education, c'est le comportement.
04:26C'est-à-dire, on va passer du savoir-faire au savoir-être.
04:29Et donc, quand on regarde les évolutions, justement, des programmes de formation,
04:34la façon dont, justement, on gère l'apprentissage,
04:36je pense qu'on est en train de passer de la flexi-sécurité,
04:39de l'idée que le coût du travail, c'est important,
04:41de l'idée du CICE et de la nécessité d'augmenter les crédits du ministère de l'Éducation,
04:46à la mobication.
04:48Frédéric ?
04:49Oui, mais moi, j'entends Jean-Marc, malgré tout,
04:52quand il dit qu'on va sortir un peu du salariat, c'est ça ?
04:55Oui, absolument.
04:56Moi, je pense quand même que le salariat reste la norme,
04:58et le restera encore longtemps, alors peut-être dans 20, 30, 40 ans, on verra.
05:01Là, aujourd'hui, je pense quand même, malgré tout, que le salariat reste la norme.
05:03Et on a quand même un problème toujours d'insertion, notamment des jeunes.
05:08Des jeunes, on est, je crois, à 18, 19% de taux de chômage des jeunes.
05:11C'est là-dessus, notamment sur ce point-là,
05:13qu'on est largement au-dessus de la moyenne européenne.
05:15Parce que quand on regarde le taux d'emploi,
05:17c'est-à-dire la part des personnes qui sont en emploi en France,
05:19on est, c'est vrai, au plus haut depuis historiquement, je crois.
05:22On a dépassé les 70%, on progresse là-dessus,
05:25parce que l'allongement aussi de la durée du travail,
05:28les différentes réformes des retraites,
05:29mais on a toujours du mal à insérer ces jeunes populations.
05:33Alors, on a beaucoup investi dans l'apprentissage,
05:34là, on revient un peu, parce qu'il faut faire des économies.
05:36Ça a bien marché pour faire baisser le taux de chômage.
05:38Ça a bien marché, là, on revient un peu là-dessus.
05:40Mais malgré tout, il y a un enjeu encore aujourd'hui en France, il me semble.
05:43Au-delà, évidemment, du coût du travail qui reste le plus élevé,
05:46la fiscalité sur le travail qui est en France une des plus élevées en Europe,
05:50il y a quand même toujours cet enjeu d'éducation,
05:52arriver à insérer ces jeunes-là.
05:54On voit qu'il y a des pays qui n'arrivent pas du tout, l'Espagne, par exemple,
05:56mais il y a des pays qui arrivent bien et qui arrivent bien mieux que nous.
05:59Et aujourd'hui, c'est cet enjeu-là qu'il faut mettre en avant.
06:03Et je pense que ça passera toujours par de l'investissement dans l'éducation.
06:06Merci à tous les deux.
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