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Le financement des infrastructures d’énergies renouvelables est devenu l’un des piliers du financement participatif en France et dépasse le secteur immobilier. Il représente un couple rendement-risque qui permet aux investisseurs de verdir leurs placements. La plateforme Lendosphere propose à des financeurs de développer des projets d’ENR locaux.

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00:06L'invité de ce Smart Impact c'est Laure Verag, bonjour.
00:09Bonjour Thomas.
00:10Bienvenue, vous êtes la cofondatrice de l'Indosphère, expert du financement participatif dédié à la transition énergétique créée en 2014,
00:18une douzaine d'années d'expérience.
00:2012 ans après, qu'est devenue l'Indosphère aujourd'hui ? Vous en êtes où ?
00:23L'Indosphère est devenue une plateforme référente et leader sur son marché en France et en Europe du financement de
00:29la transition énergétique avec aujourd'hui près de 900 millions d'euros investis à la plateforme et une base d
00:35'investisseurs qui approche les 120 000 personnes actuellement, donc investisseurs sur nos deux plateformes puisqu'on a aussi fait l
00:43'acquisition de l'Endopolis, donc avec nos deux plateformes aujourd'hui c'est quasiment 1600 projets d'énergie renouvelable qui
00:50ont été financés depuis 12 ans.
00:52Et ce financement participatif dédié à la transition énergétique, il en est où aujourd'hui ? J'avais vu qu
00:58'il y avait eu quelques années de baisse ou de pause, on en est où aujourd'hui ?
01:03Aujourd'hui, ce financement participatif qui est dédié au financement d'actifs d'infrastructures renouvelables, c'est une colonne vertébrale,
01:11c'est un des piliers du financement participatif globalement sur le marché en France.
01:14Depuis quelques années, les plateformes dédiées à l'immobilier ont elles connu un ralentissement et une décollecte depuis les difficultés
01:24liées évidemment aux sous-jacents, à la crise immobilière,
01:27quand pendant ce temps-là, le secteur et la verticale énergie renouvelable fait figure de valeur refuge et une grande
01:36résilience, pas de perte définitive à date sur l'ensemble de nos encours,
01:41des projets financés et un taux d'intérêt, une performance qui est aujourd'hui maintenue autour de 7-7,2
01:47% en moyenne servie aux investisseurs.
01:49Donc finalement, un couple rendement-risque qui permet aux investisseurs de s'y retrouver avec cette absence de perte et
01:57ce taux de 7,2% en moyenne l'année dernière,
02:00tout en conjuguant sens et performance. Et ça, c'est aussi quelque part une motivation supplémentaire qu'on voit croître
02:08au fur et à mesure des années dans une logique de diversification et de verdissement des placements.
02:13Oui, quand vous dites sens et performance, c'est vrai que je pense que c'est d'autant plus important
02:20que certains projets peuvent être confrontés.
02:23Évidemment, j'amalgame pas, c'est pas vrai pour tous, ça dépend comment ils sont présentés, etc. Mais il y
02:26a des projets d'énergie renouvelable qui sont parfois mal reçus par les riverains.
02:30Est-ce que c'est un frein au développement des projets que vous financez ?
02:33Alors, on a effectivement en France des développements de projets qui peuvent faire l'objet de grandes polémiques, avec parfois
02:41des mouvements anti-éolien notamment.
02:44Mais ça commence à arriver aussi dans le solaire sur d'autres enjeux. L'éolien, c'est des gens du
02:48paysage ou de nuisances sonores qui sont décriés par ses opposants.
02:51Sur le solaire, ça va plutôt être sur du conflit d'usage avec la superficie agricole, l'emprise au sol.
02:58Exactement. Il faut savoir que ces projets, aujourd'hui, sont très bien encadrés. Leur développement en France est extrêmement encadré,
03:03très long.
03:04C'est des études faune, flore, bruit, qui peuvent prendre 3, 4, 5 ans.
03:10C'est trop long, d'ailleurs.
03:11C'est très long. C'est beaucoup trop long par rapport à l'urgence climatique.
03:14Et par rapport à d'autres pays où ça va plus vite.
03:16Où c'est deux fois plus court en Allemagne.
03:18C'est toujours pareil. On voit le verre à moitié vide ou à moitié vide, c'est bien parce qu
03:22'on contrôle, mais on met trop de temps.
03:24Et nous, ce qu'on montre, c'est la majorité silencieuse qui est pour ces projets.
03:27On va beaucoup entendre les opposants qui sont finalement assez peu nombreux sur les territoires et qui ont souvent des
03:31intérêts autres que ceux de nuisances dont ils parlent,
03:34qui sont souvent disproportionnés par rapport à la réalité du terrain et de l'encadrement en France de ces projets.
03:40Et donc, nous, ce qu'on montre, c'est la majorité silencieuse.
03:42C'est les 100, 200, 300 personnes qui, localement, vont financer le projet, y croire, au point de le financer
03:48et de bénéficier de ces retombées économiques.
03:49Et ça, c'est quelque chose qui fonctionne toujours extrêmement bien.
03:52Sur l'ensemble des campagnes qu'on propose sur l'endosphère, c'est peut-être aujourd'hui un tiers des
03:57projets.
03:57C'est notre ADN historique, mais c'est un tiers des projets aujourd'hui.
04:00L'autre partie, c'est des entreprises, donc des PME, des ETI de premier plan, du secteur des ENR, des
04:07énergies en blanche,
04:08qui viennent chercher un levier de financement depuis 2020.
04:11Et ça, c'est peut-être une des évolutions aussi depuis 12 ans.
04:13On était d'abord un levier d'ancrage local et on est devenu, depuis 2020, un levier de financement à
04:18part entière dans le domaine des énergies renouvelables.
04:20Un financement complémentaire ou un financement indispensable ?
04:25Quelle part vous prenez dans ces projets ?
04:27Un financement complémentaire.
04:29C'est des projets qui, de toute façon, ont accès au financement bancaire.
04:32Et nous, on vient apporter, sur par exemple, un projet de 10 MW qui va représenter grosso modo 10 millions
04:38d'euros.
04:38Il va y avoir 8 à 9 millions d'euros de financement bancaire.
04:42Et nous, sur la cote par restant, on va prendre la moitié, par exemple, aux côtés des fonds propres du
04:47porteur de projet.
04:48Donc, on va être un financement complémentaire dans le tour de table avec le financement bancaire et les fonds propres.
04:53Comment vous sélectionnez les projets, notamment sur leur robustesse, la capacité à satisfaire un certain nombre de critères ?
05:01On a parlé des critères environnementaux, mais aussi des critères de rentabilité, des critères économiques.
05:06Le premier filtre, c'est de contribuer à la transition énergétique.
05:08Et donc, on va financer des centrais solaires, des parcs éoliens, des réseaux de chaleur, des unités de méthanisation.
05:13Mais on a une équipe en interne dans le métier, évidemment, de structurer les financements.
05:18Donc, avec des ratios assez classiques de financement de projets et d'analyse de ces projets.
05:24Et ensuite, d'apporter éventuellement les sûretés nécessaires, des nantissements, des garanties, pour sécuriser au maximum les investisseurs.
05:32Alors, tout l'enjeu pour nous, c'est de sécuriser au maximum les investisseurs.
05:35Donc, avec aujourd'hui, à la fois un sous-jacent qui est solide, avec par nature une visibilité sur le
05:41moyen long terme,
05:42des financements bancaires sur 15-20 ans, des tarifs d'achat sur 15-20 ans.
05:46Mais une structuration qu'il faut nous analyser pour aller chercher les bonnes sûretés, les bonnes garanties,
05:51en fonction de la nature du financement qu'on apporte.
05:54Et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui, on a cette absence totale de pertes définitives.
05:58– La PPE 3, programmation pluriannuelle de l'énergie, on l'a beaucoup attendue.
06:03On espérait une loi, c'est un décret.
06:05On verra ce que la présidentielle nous réserve et ce que sera l'avenir de cette PPE.
06:12Quels ajustements ça crée dans un secteur comme le vôtre ?
06:15– La PPE 3, elle l'a eu, donc on l'a beaucoup attendue.
06:18Il y a eu pas mal d'attentisme, ce qui fait que l'année dernière,
06:21on a effectivement eu une période un peu de flottement sur les projets à financer.
06:27Ce qu'elle a apporté a été publié en février 1926.
06:30Elle a apporté enfin cette visibilité qui était attendue par le secteur sur 10 ans.
06:34Donc elle a des objectifs à horizon 2035 qui sont en deçà des attentes et des objectifs européens,
06:41mais qui quand même apportent au secteur cette visibilité dont il a besoin pour se structurer.
06:45– Est-ce qu'il y a une énergie renouvelable qui en profite plus que les autres ?
06:49– Le solaire, qui en profite bien plus que les autres,
06:52avec un objectif de triplement de la puissance solaire à horizon 2035.
06:57Sur l'éolien, on maintient le rythme actuel à plus 1,5 gigawatt installé par an,
07:03en favorisant le repowering, donc le renouvellement des installations historiques.
07:08Et il y a deux autres gros enjeux.
07:11C'est un, la baisse, la sobriété énergétique,
07:14donc la baisse des consommations et puis la relance du nucléaire par ailleurs dans cette PPE 3.
07:18– Les citoyens qui investissent, c'est quoi leur motivation ?
07:21Qu'est-ce qu'ils vous disent ? On parlait de sens tout à l'heure.
07:23– Oui, alors il y a trois grandes motivations.
07:27La première, c'est donc ce couple rendement risque
07:30qui aujourd'hui fait l'objet d'un track record sur plus de 12 ans.
07:34Le financement participatif, c'est plus quelque chose d'un peu exotique.
07:37C'est vraiment installé aujourd'hui dans les habitudes de placement de la base d'investisseurs.
07:41On a plus de 75% de récurrents qui vont réinvestir à chaque fois
07:45qu'ils perçoivent un remboursement sur leur compte l'endosphère.
07:49Il y a évidemment le sens.
07:51Être certain, et c'est ce que permet le financement participatif sur l'endosphère,
07:56c'est de choisir son portefeuille projet par projet
07:58et de ne pas faire confiance à un fonds dans lequel on pourrait retrouver des lignes
08:02finalement qui ne correspondent pas à nos valeurs ou à nos convictions.
08:04Et donc il y a cette transparence du portefeuille
08:06que chaque investisseur se crée au fur et à mesure.
08:08Et après, il y a la proximité géographique.
08:10Oui, c'est ce que j'allais vous demander, la logique d'ancrage territorial,
08:12ça, ça rentre au signe de compte ?
08:14Je vois le projet, je le connais, je suis invitée à l'inauguration.
08:18Ça rend la finance très concrète et très compréhensible.
08:20C'est vrai que parfois, on a cette perception d'une finance un peu lointaine,
08:25un peu inintelligible.
08:26Et là, le financement participatif sur l'endosphère,
08:29ça permet de rendre, de reconcrétiser cette finance.
08:33Est-ce que ça peut permettre aussi d'inverser,
08:36on parlait d'acceptabilité tout à l'heure,
08:40j'ai croisé, j'ai reçu dans une plénière,
08:42à l'occasion de la grande assemblée des entrepreneurs,
08:45Catherine McGregor, la présidente d'ENGIE,
08:49la directrice générale d'ENGIE,
08:50qui parlait d'un projet à Noirmout,
08:53sur l'île-dieu pour être précis,
08:55d'éolien en mer,
08:57Caverus, qui était vraiment totalement rejeté au départ.
09:00Et puis, voilà, concertation,
09:03PME locale qui ont travaillé sur le projet,
09:05où au bout du compte, tout le monde était autour de la table
09:07et content le jour de l'innovation.
09:09À quel point votre pierre à l'édifice
09:12rend ces projets plus acceptables ?
09:13On est un levier vraiment d'appropriation,
09:17de compréhension de pédagogie sur les projets
09:19et surtout d'ouverture du financement
09:21et des retombées financières.
09:23Il y a un vrai enjeu de partage local de la valeur
09:26de ces projets
09:27et de permettre aux riverains, aux collectivités,
09:31de pouvoir participer autour de table
09:33pour avoir un retour sur investissement
09:35et un partage de la valeur.
09:36C'est quelque chose qui est essentiel
09:38pour faire évoluer la perception du projet
09:40qui passe d'une grande entreprise
09:44qui va venir capter nos ressources
09:45et conserver pour elle la valeur ajoutée
09:47à une entreprise qui vient valoriser nos ressources
09:50et qui nous en fait profiter.
09:51Est-ce qu'il y a de nouveau,
09:52une nouvelle catégorie de projets
09:53que vous voyez émerger ?
09:55On va financer des projets offshore
09:56et on va faire partie de ces pierres à l'édifice
09:59en plus de la concertation
10:01et des retombées pour les PME locales.
10:03Donc ça, c'est d'ici la fin de l'année.
10:05Quelque chose qui va nous permettre
10:07d'intégrer la chaîne de valeur dans l'offshore.
10:11On a aussi un agrément européen
10:13depuis 2023 maintenant,
10:15le prestataire de services de financement participatif
10:17qui est délivré par l'autorité des marchés financiers
10:19qui nous permet une diversification géographique
10:22et donc de mitiger le risque
10:25en fonction de différentes géographies
10:27tout en continuant de financer des actifs renouvelables.
10:30Merci beaucoup Laure Verag
10:32et à bientôt sur Bsmart4Change.
10:34C'est l'heure de notre débat.
10:35Tout de suite, on va découvrir ensemble
10:37le label Terre d'Innovation.
10:39et à bientôt sur Bsmart4Change.
10:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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