- il y a 3 mois
Mardi 23 juin 2026, retrouvez Enguerrand Artaz (Stratégiste et gérant, La Financière de l'Échiquier), Louis Albert (Directeur de la gestion Actions, Auris Gestion) et Sébastien Lalevée (Directeur général, Montpensier Arbevel) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:103 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché,
00:13Sébastien Lalevé est avec nous, le directeur général de Montpensier-Arbeuvel.
00:16Bonsoir Sébastien, Anguéran Arthas nous accompagne également,
00:19gérant et stratégiste à la financière d'Echiquier. Bonsoir Anguéran.
00:23Bonsoir Dédard.
00:23Et Louis Albert est également à nos côtés, le directeur de la gestion actions d'Ori Gestion.
00:27Bonsoir et bienvenue Louis. Bonsoir. Merci d'être là.
00:31Enthousiasme rationnel ou exubérance aveugle, irrationnelle,
00:35alors la formule permet de rendre hommage évidemment à Alain Greenspan.
00:37La question se pose au sujet du thème de l'IA, c'est un peu toujours la même question.
00:43Où est-ce qu'on en est du développement de ce thème ?
00:45Qu'est-ce que peut nous dire une séance comme celle d'aujourd'hui,
00:48avec effectivement quelques secousses, des prises de profits peut-être un peu appuyées ?
00:52Qu'est-ce que ça nous dit de la maturité du thème de l'IA ?
00:55Et de la recherche d'intérêts de la part des investisseurs dans cette thématique de l'IA grandissante ?
01:03Les investisseurs sont plus prêts à tout acheter dans l'IA.
01:05Et maintenant ils font des sélections, ils veulent trouver les gagnants, il y aura des thématiques gagnantes, il y aura
01:12des secteurs gagnants.
01:13Il y aura des entreprises gagnantes, il y a beaucoup de questions qui se posent quant à l'adoption, la
01:18monétisation.
01:19Beaucoup plus de questions que de réponses aujourd'hui, on sait que ça va être diffusé dans le marché.
01:22Les entreprises vont l'adopter. Dans quelle mesure ? C'est très très dur de savoir.
01:32La thématique a porté les marchés, contribuant très nettement à la performance annuelle depuis le début de l'année.
01:39Les valorisations sont plus tendues, qui dit valorisation tendue, dit plus de volatilité.
01:43Ça arrive quelques jours en plus après...
01:45Moins de droits à l'erreur, quoi, c'est ça ?
01:47Plus de stress.
01:48Plus de stress.
01:50Plus de stress quant aux résultats de Macron, est-ce qu'ils vont réussir à toper les attentes de croissance
01:58colossale attendues ?
01:59Comment sera le discours associé ?
02:01Et ça nous dit quoi de la maturité du thème ?
02:03Est-ce qu'on réfléchit tous les jours à l'idée d'un pic boursier de l'IA ?
02:09Est-ce que ce pic paraît encore très très loin ?
02:12Comment on se positionne par rapport à ça ?
02:14Ce qui est intéressant de voir, c'est que les investisseurs ne lient pas la tech au reste.
02:19Il y a toujours un jeu d'arbitrage entre les deux, un jeu de vaste communicant aujourd'hui.
02:23Ce qui ne marchait pas dans les derniers jours, les dernières semaines, les semis fonctionnent aujourd'hui.
02:28Alors que les semis étaient complètement délaissés des investisseurs.
02:32Et au contraire, les semi-conducteurs qui ont considérablement progressé...
02:37Donc les logiciels fonctionnent aujourd'hui, c'est ça ?
02:39Et les semis baissent ?
02:41Oui, c'est ça, on est d'accord.
02:43Donc ce mouvement de va-et-vient, cette mécanique de va-et-vient, elle permet quand même de se dire
02:48que...
02:49Elle montre qu'il y a encore de l'appétit polo-risque, mais qu'il y a du stress.
02:53Et les investisseurs sentent bien qu'ils ne peuvent pas rester assis sur les semis en attendant des centaines et
02:58des centaines de pourcents de performance,
02:59et d'empiler les performances comme ça sans qu'il ne se passe rien.
03:02Mais il faut s'attendre à un marché plus volatil dans les prochaines semaines.
03:07Bon, l'enthousiasme est encore approprié, ou est-ce qu'il faut être de plus en plus vigilant, voire méfiant,
03:13peut-être, vis-à-vis de ce thème de l'IA ?
03:15On parle sur le plan boursier, bien sûr. Est-ce qu'il y a une risque de déconnexion boursière par
03:19rapport à la réalité des investissements qui restent évidemment massifs, gigantesques devant nous ?
03:24Alors je pense qu'il y a deux sujets un peu corollaires.
03:27D'une part, il y a la violence de certains mouvements qu'on voit.
03:31Elle se fait aussi parce que progressivement, on change de proxy pour jouer ce thème de l'IA.
03:38Pendant longtemps, ça a été les Mag-7.
03:41Depuis l'automne dernier, c'était les semis, et puis la mémoire qui est venue à peu près en même
03:46temps.
03:47Alors j'ai vu un analyste qui appelait les Mag-7 les Lag-7 désormais.
03:51Donc depuis l'automne, c'est ça, c'est des lag-hardes.
03:53Et peut-être qu'à un moment donné, à force d'avoir trop joué le thème des semis et de
03:58la mémoire,
03:58le marché va essayer de trouver un nouveau cheval pour jouer le thème de l'IA.
04:02Peut-être que ça peut être les logiciels.
04:03Moi, je crois assez à cette potentialité-là.
04:07Alors ça ne sera pas tous les logiciels, mais une partie des logiciels.
04:10Notamment dans le contexte où on voit qu'on rentre dans une phase de rationalisation des dépenses IA,
04:15avec la facturation au token, etc.
04:20Ça ne veut pas dire qu'on va faire moins d'utilisation de l'IA.
04:23Ça veut dire que peut-être on va devoir l'organiser différemment.
04:25Et peut-être que là-dessus, les boîtes de logiciels peuvent être un layout qui permet de faire cette organisation
04:30-là.
04:30Donc voilà, il y a cette recherche de quel est le prochain véhicule pour jouer le thème de l'IA,
04:35qui pour le coup est un mécanisme qui me paraît plutôt sain.
04:40C'est-à-dire qu'on avance dans le cycle IA, du coup on avance, on change progressivement de leader.
04:45Ceci étant dit, je trouve quand même qu'il commence à y avoir progressivement de plus en plus de cases
04:53cochées d'un début de bulle boursière.
04:56Ce n'était pas le cas.
04:58Il y a encore, je dirais 6-9 mois, j'en parlais l'automne dernier.
05:01Je disais, pour moi, il n'y a pas de bulle de marché, il y a peut-être une bulle
05:05de capex, de financement lié à tout ce qui était levé du côté du private credit, etc.
05:12Peut-être qu'il y a une bulle là-dedans, mais il n'y avait pas de bulle de marché.
05:15Là, je trouve qu'on commence à cocher petit à petit des cases.
05:18Je pense que le pic de la bulle est encore assez loin.
05:22Mais on commence à cocher des cases.
05:23Évidemment, les méga-IPO qu'on voit arriver en sont une.
05:28Même la rapidité des flux dans certaines sous-thématiques en sont une également.
05:33On peut prendre un exemple, il y a un ETF dont le nom du fournisseur m'échappe qui a été
05:38lancé aux Etats-Unis le 2 avril sur la DRAM.
05:41D'ailleurs, il s'appelle le ticker Bloomberg, c'est DRAM.
05:44La collecte, donc depuis le 2 avril, 25 milliards.
05:49La rapidité des flux, en tout cas la dérivaison de la rapidité des flux, montre par moments des signes d
05:56'exubérance.
05:57Donc il y a une forme un peu maniaque là, notamment chez les investisseurs, notamment chez des particuliers.
06:03Je trouve qu'il y a, si on dit des mouvements de correction comme on est aujourd'hui, on peut
06:07se dire finalement il n'y a pas ça.
06:09Mais de deux choses.
06:11D'une part, si on reprend la baisse qu'on a eue au début du mois, elle a été rachetée
06:14en trois jours.
06:16Et d'autre part, si on veut faire un parallèle, même s'il est toujours bancal avec la crise de
06:202000, sur la dernière année du rallye de 2000, le Nasdaq a fait dix fois des corrections de plus de
06:2910%.
06:29Donc ce n'est pas du tout incompatible.
06:32Le fait d'avoir des corrections comme on l'a n'est pas du tout incompatible avec la poursuite d
06:35'une euphorie.
06:37Donc là-dessus, je pense qu'il faut être un peu méfiant.
06:40Avec une vue d'un peu de long terme, je ne pense pas du tout qu'on soit au pic
06:42d'une éventuelle bille.
06:43Je n'avais pas en tête qu'on avait dix corrections de 10% dans l'année précédente, le pic
06:47de la bulle 2000.
06:48En fait, entre le début 99 et mars 2000, on a sept corrections de plus de 10%.
06:53Et quand même, pendant ce temps-là, le Nasdaq fait plus de 160%.
06:55Donc les deux ne sont pas incompatibles en réalité.
06:58Je comprends.
06:59Sébastien, on entre dans une phase un peu plus maniaque quand même, là, autour de l'IA ?
07:03Il fait très chaud et là, on a un peu des dinosaures.
07:07Parce qu'on fait de la gestion fondamentale, on regarde la valorisation, on regarde les boîtes.
07:12Et les retail, on n'a absolument rien à faire en réalité.
07:15Donc quand on disait aujourd'hui, les logiciels montent mais les semis baissent,
07:21je ne suis pas certain que les gérants fondamentaux fassent quoi que ce soit.
07:24Par contre, le retail et les paniers et les banques qui tradent essentiellement via des paniers thématiques,
07:29c'est ce qu'ils font, c'est de l'arbitrage en fait.
07:31T'es long, loser de l'IA et short, winner de l'IA.
07:34Et puis ça sera l'inverse potentiellement demain.
07:37Mais plus fondamentalement, le sujet qu'on a aujourd'hui,
07:43c'est que oui, il y a une forme de...
07:45Déjà, le marché américain, le S&P, hors IA et hors énergie, en réalité, il en baisse.
07:52Depuis 18 mois, quand vous regardez les prévisions des entreprises hors IA,
07:58il n'y a pas de croissance.
08:01Il n'y a pas une amélioration des BPA.
08:03Et on sait que le moteur de la bourse, en réalité, c'est l'augmentation des résultats.
08:07Donc depuis 18 mois, si on l'IA et les CAPEXIA, les IPS, ont monté de 55%.
08:12Donc en fait, la hausse qu'on voit depuis 18 mois, elle est alimentée par le fait qu'on a
08:15passé notre temps
08:17à augmenter les prévisions et les estimations.
08:21Mais hors, cette thématique-là, il n'y a pas de croissance.
08:25Donc ça veut dire qu'on est une hausse effectivement dans un tunnel sur quelques nôtres.
08:28C'est sans filet en fait maintenant.
08:29C'est un peu ma définition.
08:31C'est qu'aujourd'hui, on dit souvent, en bourse, il faut acheter la rumeur et vendre le fait.
08:36En réalité, les SMI, il faut se rappeler un truc sur les SMI, c'est que c'est un secteur
08:39qui était détesté.
08:41Avec des cycles hyper courts, hyper violents.
08:44Et globalement, où la plupart des gens, en réalité, ils ne comprennent rien.
08:47Parce que tout le monde s'excite sur Bézy, sur Extron.
08:50Ils vous parlent de HBM, moi je suis long HBM.
08:52Tu ne sais même pas ce que c'est.
08:53Et de toute façon, tu vois la boîte dix fois, tu n'as pas compris.
08:55Donc je schématise un peu.
08:59Mais en réalité...
09:02C'est un très bon point, les SMI, c'est cyclique.
09:05On oublie.
09:06Après, ce qui se passe là, c'est que tu as, et que les SMI, c'est la dérivée seconde
09:12des 400 milliards l'année dernière,
09:14ou il y a deux ans, 600 l'année dernière, 800 cette année, 1000 milliards les prochaines de CAPEX, des
09:19hyperscalers.
09:20Donc il faut que cet argent, à un moment, il aille quelque part.
09:23Donc effectivement, le bottleneck qu'on a trouvé, c'était les SMI.
09:26Et puis en plus, il y a eu la crise en Iran.
09:28Donc voilà, il y a eu tout cet aspect-là.
09:29Et quand vous écoutez le patron de STM, d'Infinéon, il vous explique ce qu'on voit en ce moment.
09:34Ils ne l'ont jamais vu de leur carrière et ils n'ont pas 25 ans.
09:36J'espère, oui.
09:38Donc le seul problème, et c'est ce qu'on a, entre guillemets, le symbole absolu spécifique, c'est que
09:45ce n'est pas parce que ce qui se passe est réel,
09:48va impacter nos vies, va impacter tout ce que vous voulez, que le prix actuel est le bon.
09:54Parce qu'il y a un truc qui s'appelle le temps en bourse.
09:58Et le timing, c'est important.
10:00Et donc il faut qu'aujourd'hui, ces sociétés arrivent à délivrer dans un temps que la bourse accepte.
10:08Et le problème du temps, c'est que c'est relatif.
10:09On s'est fait pas mal d'années.
10:11Et en bourse, c'est encore plus relatif.
10:13Parce qu'on s'en fout jusqu'au jour où on ne s'en fout plus du tout.
10:17Et c'est comme ça que les bulles explosent.
10:21C'est qu'en fait, on a accepté de payer France Télécom, Orange à l'époque, en 2000, je ne
10:26sais pas combien de fois le chiffre d'affaires, parce que c'était la mode.
10:29Et du jour au lendemain, on s'est dit, ben non, en fait, on ne va plus la valoriser comme
10:32ça.
10:32Résultat des courses, c'est monté à 200 en 2000.
10:35Et qu'est-ce qui fait dérailler le narratif, alors ?
10:37Ce qui fait dérailler le narratif, c'est pas les Amazones.
10:44Entre nous, soit dit, Amazon a baissé de 95%.
10:47Dans la bulle, à l'exposant de la bulle Internet.
10:49Non, mais ce que je veux dire par là, c'est que...
10:52Amazon, à l'époque, ce n'était pas le Amazon qu'on connaît aujourd'hui.
10:54Non, ce n'est pas ce que je veux dire.
10:55Ça veut dire que ce n'est pas parce qu'une thématique est extraordinairement puissante et que ça va marcher,
11:00que les cours de bourse ne vont pas se faire massacrer.
11:02Donc, il faut séparer, dans la thématique qu'il y a, la réalité économique de la réalité boursière.
11:08On l'a vu dans la Défense.
11:10Entre 2022 et 2025, c'était le darling de la bourse.
11:14Plus du tout en 2026.
11:16Là, on a fait un peu la période un peu de calme.
11:19Peut-être que c'est là maintenant qu'il faut y retourner.
11:21Et là, sur l'IA, il y a eu cette période.
11:22Après, ce qui s'est passé, c'est que depuis 36 mois,
11:25en fait, depuis fin 2022, depuis début 2023,
11:28ces sociétés n'ont fait, en réalité, qu'alimenter de façon positive,
11:33les sociétés cotées, les grosses,
11:34avec des prévisions de résultats qui étaient constamment meilleures.
11:38Les gens ont passé leur temps à se tromper sur Nvidia au niveau des prévisions.
11:42Idem sur Alphabet, etc.
11:44Donc, en fait, il n'y a pas d'irrationalité sur ces sociétés-là.
11:48Le seul sujet qu'on peut se poser, par exemple, sur Nvidia,
11:50tu te dis que ça faisait 56% de marge brute.
11:53Aujourd'hui, on est à plus de 70.
11:55Ou sur ce moment, on est à 76.
11:57Est-ce que c'est cohérent qu'une boîte de semi-conducteurs, même qui fait des GPU ?
12:02Et une fois encore, rappelez-vous, GPU, il y a 5 ans, tout le monde trouvait que c'était la
12:05loose.
12:06Ah bah bien sûr.
12:07Ils n'avaient pas trouvé de cas d'usage.
12:08Voilà, c'était la loose.
12:10Bon, il y a eu le Bitcoin.
12:12Et sauf que maintenant, on n'a pas la dernière fois, vous avez le TPU, vous avez des architectures qui
12:18sont un peu différentes.
12:19Et moi, je laisse la parole.
12:21Le gros sujet qui m'embête, moi, personnellement, c'est qu'en fait, il n'y a pas de business
12:25model encore.
12:27On en a parlé.
12:27La tokenomics, on ne les maîtrise pas.
12:30Parce que quand Uber dit, moi, ça m'amuse, j'adore l'IA, mais j'ai cramé tout mon budget
12:33de token en 4 mois.
12:35Donc, en tropique, c'est super, mais je vais arrêter parce que ça me coûte trop cher.
12:39Donc, ça veut dire que tout ce modèle économique, en réalité, il n'est absolument pas installé.
12:45Et personne ne le connaît.
12:46Donc, faire un business model pour XAI, pour valoriser la valeur de SpaceX, aujourd'hui, c'est de la flûte.
12:54Dire comment on va rentabiliser Colossus.
12:57En réalité, ici, il n'y a personne qui paye.
12:59On ne sait pas combien les gens vont payer.
13:01Donc, c'est en train de changer l'humanité.
13:04C'est un acte de foi.
13:05C'est en train de changer l'humanité.
13:06Il n'y a aucun doute là-dessus.
13:07Sauf qu'à un moment, il faudra que quelqu'un paye.
13:10Et ça ne sera pas les hyperscalers ad vitam aeternem.
13:13Ce ne sera pas le private equity non plus.
13:15Donc, il faut qu'il y ait un modèle qui se mette en place.
13:16Et en plus, on rentre peut-être dans une première phase de guerre des prix.
13:19Peut-être entre les fournisseurs de modèles.
13:21Qui va encore reporter d'autant plus l'horizon de rentabilisation.
13:25La tech, tout est différent, mais c'est toujours pareil.
13:27Il y a 25 ans, on cherchait un modèle à internet.
13:30On a mis combien de temps à le trouver ?
13:32Un peu de temps.
13:34La guerre des prix, c'est un point intéressant.
13:35Parce que les GAFAM n'ont jamais été en concurrence directe les uns face aux autres.
13:41Chacun avait son précaré.
13:42Voilà.
13:43Ils se respectaient presque.
13:45Mais là, aujourd'hui, ils vont adresser le même marché.
13:48L'entreprise.
13:49Est-ce qu'ils ont pris en compte qu'ils étaient plusieurs acteurs ?
13:52Ou est-ce qu'ils s'attendent, comme avant, comme à Amazon, à couvrir plus de 50% de part
13:57d'un marché ?
13:58Et ça, ça va être un vrai sujet pour eux.
14:01Et la guerre des prix, ça peut faire peur en marché ?
14:02Non seulement toute l'organisation de la monétisation, le business model, je pense, n'est pas fait.
14:10Et entièrement à construire.
14:12Dans les entreprises.
14:13Aujourd'hui, toutes les entreprises utilisent l'IA.
14:16Ça, c'est sûr.
14:16Mais on arrive dans...
14:18Oui.
14:19Individuellement.
14:21Individuellement.
14:21D'accord.
14:22Et maintenant, chaque entreprise va devoir mesurer la génération de valeur de l'IA sur chaque projet,
14:30tout en l'intégrant à une gouvernance globale.
14:33C'est beaucoup de travail.
14:35On ne connaît pas les résultats.
14:36On ne sait pas si, sur tous les sujets, l'IA est capable de générer vraiment de la valeur.
14:42Et à quel prix ?
14:43Les modèles chinois, c'est entre 10 et 40 fois moins cher.
14:47C'est Microsoft Copilot qui est prêt à ouvrir, effectivement, à s'ouvrir à DeepSeek ou à d'autres modèles
14:52chinois.
14:53Open source.
14:54Oui, open source.
14:56Pour ses consommateurs.
14:57C'est quand même un sujet.
14:58Parce que ça veut dire que le modèle de Mistral est potentiellement le bon aussi.
15:03mais ça veut dire que les milliards qui ont été investis, de façon assez consanguine,
15:10quand Microsoft investit dans Open AI, en lui vendant du crédit Azure, en fait,
15:15qui repaie derrière,
15:19pour acheter du Nvidia,
15:21qui lui-même, Nvidia a fait son propre modèle open source.
15:24Donc, tout ça, quand je dis que le financement n'est pas clair et que le business model de tout
15:28cet écosystème n'est pas clair,
15:30il est encore moins, parce que les Chinois étaient nulle part.
15:33On ne parlait que des GAFA.
15:35Là, les Chinois, ils ont une vraie capacité.
15:37Et au plus, ils sont totalement autonomes énergétiquement, les Chinois, contrairement à plein d'acteurs.
15:44Oui.
15:44Et aujourd'hui, si Anthropique,
15:47on peut pressentir Anthropique comme le futur leader,
15:50le numéro 2, le numéro 3 peut très bien dire,
15:52en fait, moi, ça va être trois fois ma chère chez moi.
15:54Alors, vous faites quoi ?
15:55Vous vous souvenez du leader d'Internet tout au début ?
15:59Absolument.
16:00Je ne suis pas certain qu'il y ait énormément d'industries qui soient, à la fin,
16:07entre guillemets, dominées par son leader.
16:11Par le pionnier.
16:11Oui, les pionniers, c'était Alta Vista, c'était Yahoo, c'était Lycos.
16:16Bon, là, ça fait vieux, tout ça.
16:18Mais ce n'est pas eux qui ont gagné.
16:20Et Google n'était nulle part à cette époque-là.
16:23Sur le cycle semi-conducteur, vous dites,
16:25alors, super cycle, mais cycle quand même.
16:28Mais il y a toujours un cycle.
16:28Oui, il y a toujours un cycle.
16:30On nous a fait croire pendant longtemps que le luxe était...
16:32Non, mais le luxe, c'est un moment.
16:32Non, mais justement, on nous a fait croire que le luxe était croissance, acyclic, et paf.
16:39Et LVMH sera un moins 8 de croissance.
16:41Et ce qui est très violent en bourse,
16:42c'est que quand on considère des sociétés comme capables de générer de la croissance tous les ans,
16:49avec une augmentation des marges,
16:51le jour où ça s'arrête, c'est le double effet.
16:54Non seulement les chiffres baies, donc le multiple n'est plus le même,
16:56mais en plus, on n'a plus du tout la volonté de payer le même multiple.
17:00Donc, c'est un dérating qui fait très très mal.
17:02Comment on gère ce risque dans les portefeuilles,
17:04quand on est gérant d'actifs professionnels ?
17:07Diversification, diversification, diversification.
17:09Et Sébastien, vous disiez tout à l'heure que les gérants actifs n'ont pas fait grand-chose hier ou
17:14aujourd'hui.
17:15Mais la réalité, c'est que nous, dans nos portefeuilles, on a un petit peu de semis.
17:20Alors, je pense qu'on a bien quand même désexposé les portefeuilles depuis pas mal de temps.
17:24Mais on a remis des pieds aussi dans le logiciel.
17:27Et donc, on a quelque chose qui est capable d'être un peu...
17:30On adorait avoir quelque chose de très 4x4.
17:32Oui, tout terrain.
17:33Et qui supporte des changements d'environnement.
17:37All weather.
17:38C'est ça.
17:38On essaie.
17:39Non mais, donc l'idée est quand même, c'est déjà ce que vous implémentez dans les portefeuilles,
17:43ce que vous mettez en exécution dans les portefeuilles.
17:46On allège un peu la partie semi-conducteur et les profits qu'on a engrangés sur cette partie-là
17:50pour réallouer quand même sur d'autres parties du marché.
17:52On a toujours un élève sur la valo.
17:53Oui.
17:53Et quand la valo devient tendue ou quand elle intègre des croissants des BPA à long terme
17:59qui, selon nous, ne sont pas tenables, quand c'est survalorisé, on est obligé de prendre des profits.
18:03Oui.
18:03Bon.
18:04Comment on gère ce risque qu'il y a, effectivement, dans les stratégies, dans les portefeuilles,
18:08là, aujourd'hui, en guérant ?
18:09Effectivement, ça a déjà été dit, diversification.
18:11Mais diversification veut aussi dire bien regarder ce sur Conva.
18:16C'est-à-dire qu'aujourd'hui...
18:16L'IA est tellement partout aujourd'hui.
18:18Si on achète des émergents asiatiques, en fait, on achète de la tech.
18:21Si on achète du Japon sans faire trop attention, on achète de la tech.
18:25Donc, en fait, c'est presque au...
18:28Effectivement, il y a soit allé sur les logiciels, encore une fois, je suis assez d'accord avec ça,
18:32je pense que jouer ce qui a été massacré sous le thème de l'IA loser, parfois, ça peut être
18:38intéressant,
18:39parce que c'est pareil, on va se rendre compte que...
18:43Pareil, on va reparler des vieilles choses, mais si on se rappelle de 2000,
18:45on disait que Carrefour s'était mort parce que les gens n'iraient plus dans les magasins faire leurs courses.
18:51Alors, il y a le client qu'elle collecte aujourd'hui, ça a mis du temps,
18:54puis les gens vont quand même encore dans les magasins malgré tout.
18:57Et d'autant plus quand il fait chaud.
18:59Voilà, en plus.
19:00Surtout quand les magasins sont climatisés.
19:03Donc, il y a toujours ceux dont on dit qu'ils vont disparaître dans les deux ans à cause de
19:08la nouvelle technologie.
19:09Bon, souvent, ça prend un peu plus de temps, donc ça, c'est pas intéressant.
19:12Et puis, après, l'autre diversification, c'est d'aller voir ce qui est vraiment complètement en dehors de la
19:19thématique l'IA.
19:20Et en plus, des thèmes complètement décorrélés, alors ?
19:22Il y en a quelques-uns.
19:25Alors, typiquement, on parlait du luxe.
19:27Le luxe peut peut-être en être un.
19:29On part de loin, mais on commence à avoir quelques signaux faibles,
19:32que ce soit en termes de flux, en termes de vente.
19:35Par exemple, aux US, on commence à stabiliser les ventes du luxe aux US.
19:40On aura peut-être un one-off, un peu, avec la consommation asiatique,
19:45avec tous les employés de Samsung et d'Escalini, qui ont pris des primes de 300 millions de dollars.
19:51Et puis, voilà, on voit aussi qu'il y a des flux d'investisseurs,
19:54hedge funds, qui commencent à repartir un peu.
19:56Donc, là, on est clairement sur des secteurs qui sont complètement décorrélés.
19:59Plus personne n'en parle, plus personne n'en veut.
20:02Il y a, je crois que j'avais déjà abordé sur ce plateau-là la dernière fois,
20:06tout ce qui est lié à la consommation un peu low middle income aux US.
20:11On voit que le marché de l'emploi repart un peu.
20:14On a des revenus du travail qui reviennent.
20:17Quand on regarde les titres de conso aux US en 2025, c'était un bain de sang.
20:21Ce sont des choses qui ne sont pas forcément liées.
20:23Alors, même si ça peut être indirectement lié,
20:25puisque l'effet richesse des ménages américains vient de la bourse et ça vient de la tech.
20:29Donc, il y a quand même un lien indirect, mais c'est quand même un lien très indirect.
20:32Donc, là, on a des secteurs, pareil, qui sont un peu décorrélés.
20:36Les banques européennes ou japonaises, d'ailleurs, c'est le cas aussi.
20:40Qui se sont mises à sous-performer un petit peu ces derniers temps.
20:42Enfin, en Europe, en tout cas, les financières, depuis le début de l'année, font...
20:45Oui, alors là, les banques se sont bien reprises récemment, notamment avec les taux.
20:49Mais voilà, là, on a des secteurs qui, évidemment, tout après se recorrèlent à l'économie globale
20:54ou à la tendance des marchés, etc., bien entendu.
20:57Mais il y a très peu de ramifications de ces secteurs-là vers l'aille.
21:01Mais contrairement même à d'autres secteurs, c'est vrai qu'on a tendance à dire
21:04« Ah, peut-être qu'il faut revenir sur les défensives. »
21:06Et puis, j'entends régulièrement, parce que la pharma, ça ne marche plus,
21:10on se dit « On va revenir sur les utilities. »
21:13Mais les utilities sont complètement liés à l'IA aujourd'hui.
21:17C'est un moteur aujourd'hui pour ces secteurs-là.
21:19Donc, il y a beaucoup de secteurs, en réalité, qui sont liés.
21:24Les industriels, évidemment, c'est pareil.
21:25Il y a beaucoup de choses qui sont, même, qu'on n'identifie pas comme il y a,
21:29mais qui, en réalité, sont très corrélées en termes de facteurs de risque.
21:32Donc, c'est pour ça qu'il faut essayer de chercher ce qui est vraiment décorrélé.
21:34Bien sûr, il faut qu'il y ait un cas sous-jacent.
21:37Typiquement, la pharma, là, oui, c'est décorrélé.
21:40Mais par contre, le cas, pour y retourner, il n'est pas évident à définir.
21:43Donc, il ne faut pas non plus faire des choses contrariantes pour être contrariant.
21:46Mais voilà, essayer de chercher, comme le LUS, comme d'autres choses,
21:48c'est des choses qui n'ont pas de lien direct ou alors très, très, très indirect avec toute la
21:55sphère tech.
21:56C'est une manière de le jouer.
21:57Et puis, après, être sur des portefeuilles diversifiés,
21:59d'aller voir aussi du côté de l'obligataire, du côté d'autres actifs,
22:03évidemment, où il y a d'autres choses à faire.
22:06Même si on a aussi de plus en plus d'IA dans des indices crédits, du fait des émissions obligataires.
22:10Il y a aussi une exposition IA sur cette partie crédit.
22:14Sébastien, je repensais à ce que vous disiez, Louis et vous, sur la partie logicielle aussi.
22:18Est-ce qu'on peut imaginer à un moment, je ne sais pas, une NVIDIA, un Anthropik, un OpenAI,
22:23signer un deal majeur, une opération de fusion-acquisition majeure d'un gros éditeur mondial de logiciels ?
22:29Est-ce que ça, ça peut être le sens de l'histoire aussi, qui permettrait de réconcilier,
22:33puisque les patrons de ces boîtes-là, Anthropik, NVIDIA, OpenAI,
22:37ils nous disent, non, mais les logiciels, on n'est pas en opposition avec les logiciels.
22:41On aura besoin des éditeurs de logiciels pour maximiser, optimiser la diffusion de l'IA dans les entreprises.
22:47Je crois que ce qu'ils font, là, déjà, c'est qu'ils deviennent sociétés de service.
22:51Donc, et OpenAI et Anthropik sont en train de devenir sociétés de service
22:55pour vendre les applis autour de leur LLM.
22:59Dans l'idée d'une accélération, de la croissance externe, ça peut être un moment pertinent,
23:03et ça peut être le genre d'opération que le marché attend aussi, peut-être,
23:07pour se repositionner plus franchement sur le secteur logiciel ?
23:11Non, j'y crois pas forcément.
23:13En fait, parce que le problème de la tech, c'est que vous avez ce qu'on appelle le legacy
23:17cost,
23:18c'est-à-dire le coût de l'histoire, en fait.
23:19Et le problème du coût de l'histoire, c'est qu'il est énorme.
23:22Donc, vous êtes Anthropik, vous rachetez SAP.
23:25Vous vous plombez, quoi.
23:27Non, mais en plus, non.
23:28Mais surtout, en fait, par rapport au logiciel, la vision qu'on peut avoir,
23:32c'est qu'en réalité, il y a ce que le marché a dit, c'est des losers de l
23:35'IA,
23:35et ce que les maths vous disent.
23:37On avait fait le calcul, moi j'avais fait le calcul sur Dassault Systèmes,
23:41donc c'était vraiment catalogué par la bourse comme le loser de l'IA total.
23:45Et en fait, pour justifier le cours de bourse récent,
23:50on calculait quel était le taux de croissance à l'infini implicite
23:54que donnait un DCF pour justifier.
23:56On était à 1%.
23:59Et en fait, 1%, c'est pas une grosse croissance à l'infini,
24:02mais c'est pas nul.
24:03Pour une boîte comme Zalando, le retailer allemand,
24:07elle en était à moins 14%.
24:09Donc, le Zalando est catalogué comme un loser de l'IA, vraiment.
24:14Dassault Systèmes a beaucoup baissé,
24:16son multiple est passé de plus de 40 fois l'EBIDDA, au pire,
24:19à je ne sais pas combien aujourd'hui.
24:21Mais le marché ne dit pas qu'il n'y aura plus de croissance chez Dassault ?
24:23Non, et au plus haut, à la sortie du Covid,
24:26le G implicite, le taux de croissance à l'infini implicite,
24:29est un ordre de 5 à 6%.
24:31Donc, en réalité, il a d'irrêté, mais comme il se doit.
24:34Parce qu'il y a des gens qui sont capables de faire,
24:38je ne sais pas exactement la même chose,
24:40mais en tout cas, beaucoup plus vite.
24:41Donc, le problème de ce qui se passe en ce moment,
24:44c'est que vous pouvez faire infiniment plus rapidement,
24:48à partir de zéro, à partir d'une feuille blanche,
24:51ce que des sociétés ont mis des années à construire.
24:54Alors après, dans le cas des SAP, par exemple,
24:56c'est pareil, on était autour de 1% de croissance à l'infini.
24:59Au plus bas, on était négatif à 2 ou 3%.
25:03Mais le vrai sujet, pour eux, ce n'est pas ça.
25:05De toute façon, c'est le backbone de l'entreprise,
25:07donc ça ne va pas être remplacé par de l'IA demain.
25:10Par contre, ce qui est possible,
25:12c'est que les add-ons qui les enrichissaient,
25:16là, ça sera fait en interne avec des agents.
25:18Donc, tu as tout l'agentique qui change tout.
25:20Donc, c'est probablement un peu de croissance qui est rogné.
25:22Et c'est ce qui arrive avec les LLM, en fait.
25:24C'est qu'en fait, ces gens-là,
25:25ils prennent des parts de marché au logiciel,
25:29aux boîtes de services.
25:30Est-ce qu'ils prennent tout ? Certainement pas.
25:32Mais ils en ont pris un peu.
25:33Donc, fondamentalement, ça a quand même été,
25:35pour ces sociétés-là, des mauvaises nouvelles.
25:38Et alors, à eux, de se réinventer.
25:40Je ne sais plus c'est quelle société, là,
25:43de l'IA natif,
25:45qui est en train de se réinviter totalement dans la santé.
25:47Ça me reviendra.
25:48Et en fait, moi, je fais beaucoup de start-up.
25:50Ça envoie beaucoup.
25:51Ça pivote.
25:51Ça pivote.
25:52Tout le temps.
25:52Le vrai talent, Nokia est un multi...
25:55Ah, j'allais parler.
25:55J'allais.
25:56Est un multiple pivot.
25:59Un multi-pivoteur.
26:00Alors, il y a des sociétés multi-pivoteurs.
26:03C'est que c'est aussi potentiellement des bons pipoteurs.
26:05Il y en a plein qu'on a connus vers nulle part.
26:09Mais non, mais c'est ça qu'on a...
26:10En fait, en tant que gérant,
26:11c'est ce qu'on achète aussi avec un management.
26:13C'est-à-dire une capacité à ce qu'ils prennent les bonnes...
26:15Nokia qui fait partie de ces quelques stocks en Europe aujourd'hui
26:18qui tirent la performance des indices quand même.
26:21Grand retour de Nokia.
26:22Mais on peut citer Intel aussi.
26:23Il y a le retour quand même de toute une série d'entreprises
26:26dont on ne savait même plus qu'elles existaient encore.
26:28Ce qu'il y a un bon moyen de gagner de l'argent en bourse aujourd'hui,
26:30c'est de faire comme Trump.
26:32Donc, faites comme Trump.
26:33Faites-vous et dire président de l'État ?
26:34Non, pas du tout.
26:36Faites comme Nancy Pelosi.
26:37Donc, ce que vous faites, c'est que vous regardez leur portefeuille.
26:40Et globalement, ils sont bien informés.
26:42Donc, copier le portefeuille des élits américains.
26:46Oui, ça ne marche pas mal.
26:47Vous savez qu'à l'ICC, ils sont passés au niveau des délits d'initié.
26:52Je crois qu'ils sont passés de 35 à 2.
26:55Donc, c'est plus facile d'en faire.
26:57Il y a des trackers.
26:58Je n'aime pas les trackers.
27:00Mais il y a des trackers qui se sont montés sur les portefeuilles de Nancy.
27:04Bien sûr.
27:05Il y a un panier pour tout.
27:06Comme il y a un groupe de travail pour tout à la Fed,
27:08il y a un panier pour tout sur les marchés.
27:10On va dire un mot de la Fed.
27:11Mais je voulais qu'on dise un mot de l'Europe aussi sur le plan boursier, Louis.
27:16Est-ce que la réouverture d'Hormuz telle que le marché l'anticipe,
27:21avec quand même peut-être un degré de fiabilité un peu plus important aujourd'hui,
27:28est-ce que ça ouvre à nouveau des perspectives pour les marchés européens ?
27:32D'autant que, comme on le disait, si on enlève la partie tech des marchés américains,
27:36l'Europe et les États-Unis se retrouvent à peu près dans les mêmes rythmes de progression boursière.
27:41Oui, tout à fait.
27:43On est au niveau pré-crise, en fait.
27:44Oui.
27:45Je pense qu'on est pile à un point de près.
27:47On est à peu près revenu, stocksissant, c'est ça, sur les niveaux de fin février.
27:51Les chefs d'entreprise avec qui on discute régulièrement nous disent que l'impact crise Moyen-Orient,
27:57finalement, il n'est pas si important que ça.
27:58Ce qui aurait été inquiétant, c'est pour la publication des résultats,
28:02d'avoir des chefs d'entreprise qui vous disent
28:04« on commence à avoir un impact et ça nous gêne un peu de ne pas avoir de visibilité ».
28:09Là, manifestement, on a l'impression que Trump, en tout cas, fait tout pour que le détroit reste ouvert,
28:15même beaucoup de concessions, des concessions même très surprenantes dans leur ampleur.
28:21Donc, il y a du potentiel.
28:23Les croissances des BPA attendues sont plus élevées qu'il y a trois mois, grâce à l'énergie, évidemment.
28:30Mais si on trouvait un peu de potentiel fin février,
28:34on doit pouvoir en trouver un peu aujourd'hui.
28:36Après, il faut faire la sélectivité aussi.
28:38Et c'est quelles idées, quels thèmes qui nous guident quand on investit en Europe, là, aujourd'hui ?
28:42On a parlé du thème tech US.
28:46C'est un méga trend, une digitalisation.
28:47On en a parlé, on en parle, on en reparlera.
28:50En Europe, il y a une prise de conscience sur la souveraineté qui est très importante.
28:54Tout ce qui touche à la souveraineté, et pas que la défense.
28:57Et la défense, vous le disiez, c'est peut-être un bon point d'entrée.
29:00Ça s'est fait massacrer.
29:01D'autant que la défense ne fait plus rien depuis l'été dernier, voire tout performe.
29:05Ça fait zéro.
29:05Donc, j'espère que la souveraineté ne présume pas la défense, parce que sinon, c'est déjà joué.
29:09Oui, mais c'est intéressant aussi, parce que finalement, revenir sur une thématique où on a des croissances de BPA
29:14attendues qui sont extrêmement dynamiques et avec des valorisations qui sont considérablement, pour le coup, détendues.
29:21Honnêtement, aujourd'hui, ça se regarde très sérieusement et à compléter en diversification, action européenne, avec tout ce qui touche
29:29à la souveraineté européenne.
29:30L'infrastructure, l'énergie, l'électrification, le renouvelable.
29:36Il y a beaucoup de choses à faire en Europe, quand même.
29:37Qu'est-ce qui fait que le marché, que les perspectives de marché n'ont pas été autant, aussi abîmées
29:42que ce qu'on aurait pu craindre par la crise d'Hermouz, notamment en Europe ?
29:46C'est toujours cette idée de la résilience, mais elle s'interroge à chaque crise, d'une certaine manière.
29:52Oui, il y a plusieurs sujets.
29:54D'abord, ne serait-ce que sur le pétrole.
29:57On est dans un monde où l'intensité d'utilisation pétrolière est quand même moins forte que ce qu'on
30:02a connu par le passé.
30:04Et puis, on a des prix du pétrole qui, en réalité, compte tenu de la crise qu'on a eue,
30:08n'ont pas énormément monté.
30:10Pourquoi on n'est pas allé à 150 ou à 200 ?
30:12En fait, il y a la conjonction de plusieurs choses.
30:14Il y a d'abord des...
30:15En fait, on a commencé l'année avec des stocks de pétrole très élevés au niveau mondial, notamment en Chine.
30:20Donc la Chine, c'est simple, ils ont tapé un tout petit peu dans les stocks qu'ils avaient, ils
30:25ont arrêté d'importer.
30:26Déjà, toutes les importations chinoises ont chuté, je ne sais plus, de 30 ou de 40 %.
30:29Déjà, ça fait quand même...
30:31La Chine a été sans doute un des plus gros amortisseurs du choc énergétique.
30:35Oui, très clairement, ça et l'utilisation des réserves stratégiques.
30:38Là-dessus, on rajoute un peu de baisse de demande parce que le choc a fait un petit peu peur,
30:44etc.
30:44Puis en plus, on a des zones géographiques, l'Europe, c'est le cas, où la conso n'est pas
30:48non plus en excellente forme.
30:50Donc on rajoute un petit peu de baisse de la demande.
30:52Plus, on a après quelques détails, l'utilisation quand même de tout ce qui était réserve sur l'eau, en
30:56fait.
30:57Oui, oui, oui, c'est le cas de temps.
30:58Le conflit qui a été bien utilisé.
31:01Alors, ceci étant dit, heureusement quand même qu'on a ce deal qui arrive aujourd'hui.
31:05Parce que là, on commençait à arriver à un moment où on était proche d'un point de bascule.
31:09Avec la saisonnalité qui se rajoutait aussi, parce qu'en fait, le conflit est arrivé quelque part à une bonne
31:13période.
31:14Dans ce que les brokers de matières premières appellent la shoulder période,
31:18c'est-à-dire entre le pic de demande hivernale pour le fioul, le chauffage, etc.
31:22et avant le pic de demande estivale pour les transports.
31:25Donc là, on avait quelque part une saisonnalité qui était favorable.
31:29Là, on commence à arriver sur le moment où on a la demande estivale,
31:32plus le début de reconstitution des stocks pour l'hiver.
31:34Un mois de plus de fermeture, peut-être qu'on allait à 150.
31:39C'était peut-être une question de temps.
31:40En tout cas, ça aurait pu être beaucoup plus inquiétant.
31:42Là, finalement, on a des prix du pétrole qui, à part vraiment sur quelques journées,
31:46ne sont pas montés très haut compte tenu de l'ampleur de la disruption en matière d'offres.
31:52Donc ça aussi, je pense qu'il y a eu plus de craintes finalement que d'impact.
31:55Avec un prix du pétrole à, on va dire, 80-90 dollars,
32:00ce n'est pas idéal, c'est moins bien qu'à 50,
32:02mais l'économie mondiale, elle survit totalement avec un pétrole à 80-90 dollars.
32:05Il n'y a pas de sujet.
32:06Donc je pense qu'il y a aussi ça qui a beaucoup joué.
32:09Il y avait des acquis, des embarqués de croissance qui étaient quand même relativement corrects,
32:14même en zone euro.
32:16Le premier trimestre n'était pas folichon,
32:18même quand on enlève la problématique de l'Irlande qui a pesé sur le chiffre global.
32:24Même sans ça, ce n'était pas fou,
32:26mais on avait quand même un acquis de croissance qui était à peu près valable.
32:29Donc finalement, tout ça se tient un peu.
32:32Et puis on a au niveau mondial quand même tout ce cycle, malgré tout,
32:35de Québec s'il y a qui tient la croissance mondiale.
32:38Donc moins de casques que prévus quand même à travers ces...
32:42Moins de casques que prévus, un petit peu plus quand même, je pense,
32:46de changement du leadership, du potentiel économique.
32:53Le thème Europe, renouveau de l'Europe, était très valable en début d'année.
32:57Je pense qu'il l'est un tout petit peu moins.
32:59Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des choses à faire en Europe,
33:01mais je pense que le thème du redémarrage Macron en Europe a pris au minimum un petit peu de retard,
33:07surtout avec l'action de la BCE en face.
33:10Mais bon, à part ça, on n'a pas une économie mondiale qui est sortie des rails.
33:15Et sauf renouveau de la guerre, ce qui pourrait arriver, à mon avis,
33:19pas dans les prochaines semaines, peut-être plutôt après les mi-termes aux États-Unis,
33:22ça serait moins surpris.
33:23Mais pour l'instant, il n'y a pas de raison que ça la fasse des rails.
33:27L'Europe en tant que terrain d'investissement,
33:29qu'est-ce que vous trouvez intéressant en ce moment, à ce stade ?
33:32Est-ce que la réouverture d'Hormuz quand même permet aussi de retrouver un peu de visibilité
33:36sur la croissance des économies, des entreprises,
33:40et donc peut-être se réintéresser à des thèmes un peu plus cycliques,
33:45en dehors de la seule thématique de l'IA, aussi vaste soit-elle ?
33:49Non, on parlait de souveraineté, moi je pense que c'est le thème central, en fait.
33:54C'est une fable, c'est une réalité investissable.
33:56Ah ben non, mais au-delà de la défense, vous avez la souveraineté énergétique, évidemment.
34:01Nous, par exemple, on a un fonds climat, en fait, Climat et New Energy,
34:04en réalité, c'est 50%, c'est lié à le climat, en fait.
34:08Et les data centers, entre guillemets, c'est alimenté par de l'énergie,
34:14et aussi de l'énergie nucléaire, évidemment, de l'énergie propre, et ainsi de suite.
34:18Donc en réalité, la souveraineté énergétique est massive, la défense est massive,
34:23la santé, alors la santé, effectivement, ça ne marche pas, factuellement ça ne marche pas,
34:29donc je répète pour la 55ème fois que le prix Nobel 2024 de chimie, c'est Demi Sassabis,
34:34donc patron de l'IA chez Google, et prix Nobel de chimie, AlphaFold, il a sa nouvelle société,
34:39donc je pense qu'on est à l'aube de découvertes sur la santé.
34:45Là, les premiers produits, full IA, rentrent chez l'homme cette année,
34:49donc normalement ça met 10 ans ou 15 ans avant de rentrer chez l'homme, là on est à 2
34:53ans, 3 ans,
34:54donc c'est une accélération du temps qui est fou, donc je pense que c'est que le début.
35:00Pour moi, vous avez adoré les anti-obésités, vous allez adorer je ne sais pas quoi, mais sur quoi...
35:06Et ça viendra de nouvelles sociétés ? Ça ne viendra pas des big labos existants ?
35:10Ah bah non, ah bah non, mais en réalité les gros labos...
35:14Les hyper scalers arrivent bien à naviguer à chaque nouvelle vague technologique.
35:19Oui, mais la réalité, il y a combien de... Microsoft est la seule boîte du monde de l'histoire qui
35:23a réussi à être leader,
35:24qui a réussi à être leader dans deux cycles de suite, et là ils sont leaders dans le troisième aussi.
35:30C'est jamais arrivé, donc en réalité ce n'est jamais arrivé.
35:34Et puis bon, les labos pharma, on les connaît un peu, Sanofi, citez-moi des produits sortis de Sanofi.
35:39Vous prenez l'exemple de Sanofi, il y en a d'autres, qui sortent des produits et qui ont de
35:42la croissance, etc.
35:43Mais qui souvent les ont achetés, et qui les ont achetés à des biothèques,
35:47parce que le modèle économique de la pharma, c'est d'acheter des biothèques.
35:50Et quand les produits... Donc d'ailleurs, je ne sais plus laquelle avait monté,
35:53parce qu'ils ont fait un partenariat justement avec l'Osté des Missa-Savis.
35:56Donc là, ça va venir un peu de là.
36:00Et puis après, sur les thèmes qui nous sont chers à tous les trois,
36:03au niveau des micro-small-cap, vous avez beaucoup de place,
36:08parce que là vous avez beaucoup de sociétés qui ne sont vraiment pas chères du tout.
36:11Donc vous êtes dans les quatre, cinq fois les bits d'A,
36:16des sociétés qui achètent faux positifs, qui valent rien.
36:21Un marché un peu déserté quand même.
36:24Qui a été clairement déserté.
36:26Moins suivi, moins...
36:28Ouais, il y a des fonds de qualité qui font plus de 30 l'an dernier,
36:31et qui sont à plus de 10 cette année.
36:34Un marché moins suivi, c'est plus d'opportunités aussi.
36:37C'est plus.
36:38Quand on fait bien son boulot.
36:40Et juste pour ceux qui nous écoutent et qui nous regardent,
36:43qui ont envie de...
36:44Parce que c'est facile maintenant d'acheter du private equity facilement
36:47pour son PER et son PERCO et tout ce que vous voulez.
36:49Il y a juste un truc que j'aimerais rappeler,
36:51c'est que nous on gère des fonds de sociétés cotées,
36:54avec des VL quotidiennes liquides.
36:56C'est-à-dire que, je dis n'importe quoi,
36:58notre fonds micro-cap peut-être qu'on avait au small cap,
37:00on avait peut-être 25% de logiciels en août de l'année dernière.
37:05Quand il y a besoin de sortir, c'est plus facile.
37:07Il y en avait peut-être 3 ou 4 en mi-janvier ou mai-février.
37:11Alors, à tort ou à raison, peu importe.
37:13Mais le point, c'est qu'on n'est pas coincé comme ça.
37:16Ça évite de perdre 5 milliards comme Thomas Bravo.
37:19Non, mais on est dans un monde qui change vraiment vite.
37:23Donc, être capable de faire de l'allocation thématique de façon active.
37:29Alors, pas trop active, notre métier, ce n'est pas de changer de...
37:31Non, on est tous très by and old.
37:32Et on est très old.
37:33Mais on sait être agile au moment où il faut qu'on soit agile.
37:35Et c'est ça.
37:36Et ça, c'est ce qu'on peut offrir.
37:40Et ça, c'est un actif qui est quand même important dans un monde un peu incertain.
37:44Merci beaucoup, messieurs.
37:45Merci d'avoir été les invités de Planète Marché ce soir.
37:47Sébastien Lalevé, Montpensier Arbevel, Louis-Albert,
37:49Auris Gestion et Anguéran Arthaz, la financière de l'échiquier.
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