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  • il y a 26 minutes
Frédéric Varaine, président et fondateur d'Otrera, était l'invité de Sandra Gandoin dans French Tech, ce jeudi 18 juin. Il est revenu sur la technologie du réacteur nucléaire de quatrième génération, développée par Otrera, pour répondre aux besoins énergétiques des villes et des territoires, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Bonjour, Frédéric Varenne, vous êtes président et fondateur d'Autrera.
00:04Bienvenue dans la French Tech, dans la matinale de l'économie.
00:07Entreprise ex-soise, on parle ici de construction de réacteurs nucléaires.
00:11Rappelez-nous quel type de réacteurs vous faites ?
00:14C'est ce qu'on appelle des SMR en anglais, des Small Modular Réactors.
00:19C'est des réacteurs de plus petite puissance que ce qu'on connaît du parc d'EDF
00:22et des grands réacteurs de puissance tels qu'on les fait aujourd'hui.
00:28Et l'intérêt de ces petits réacteurs, c'est de pouvoir produire de la source d'énergie au plus près
00:33des besoins
00:35et de pouvoir se dispatcher sur des territoires, en Europe en particulier.
00:40Alors, on en reçoit régulièrement des entreprises françaises qui font des SMR, ça nous passionne.
00:44Mais sans trop entrer dans les détails non plus, on a l'impression qu'il y a différents types de
00:48technologies.
00:48Alors, je ne sais pas si elles se font concurrence ou si elles se complètent.
00:51Vous, ce sont des réacteurs à sodium liquide.
00:55Alors, il faut nous expliquer simplement, si c'est possible, ce que c'est
00:58et la différence et la valeur ajoutée par rapport à ce qui existe aujourd'hui sur le marché.
01:02Alors, oui, c'est un sodium liquide et un neutron rapide.
01:04Alors, on rentre un peu dans la technique.
01:06Mais en fait, c'est une technologie qu'on connaît depuis 60 ans, 70 ans.
01:10La France a construit des réacteurs de cette technologie-là, qui s'appelait Superphénix.
01:14Superphénix.
01:14Qui s'appelait Phénix.
01:15Et un grand projet français, dans les années 2010-2020, qui s'appelait Astrid,
01:22qui était un grand projet de réacteur sur cette technologie-là.
01:24Donc, c'est une technologie qui est connue.
01:25L'avantage de cette technologie, c'est que, justement, ces neutrons rapides,
01:29parce que c'est le sodium qui le permet, qui est transparent aux neutrons,
01:32permet d'avoir des capacités de ces réacteurs-là, en particulier de recycler du plutonium usagé,
01:38de pouvoir éventuellement faire de la transmutation de ce qu'on qualifie de déchets nucléaires,
01:44et surtout, de pouvoir réutiliser l'uranium opauvri sur le territoire.
01:47En fait, c'est une source d'indépendance énergétique extrêmement puissante.
01:51En fait, avec ces réacteurs-là, on n'a plus besoin de mines d'uranium.
01:54On a nos mines, ce sont les assemblages jugées du parc d'EDF,
01:58et l'uranium opauvri qu'on a sur le sol.
02:00Et quand on regarde ce qu'on peut projeter avec ça,
02:03c'est de l'ordre d'indépendance énergétique de l'ordre du millénaire.
02:07Ah oui, c'est énorme.
02:07Alors pourquoi on ne le fait pas, ou pourquoi on a abandonné ces projets ?
02:10Parce que le nucléaire a subi certains, je dirais, coups de mou, on va dire,
02:18ou je ne sais pas comment dire.
02:19Mou politique ?
02:20Alors, politique, oui, il y a eu des accidents nucléaires de Fukushima,
02:24qui a même, au sein de l'Europe, posé des questions.
02:28L'Allemagne est sortie, l'Italie aussi, etc.
02:30Oui, un choc psychologique, on va dire.
02:31Oui, mais qui n'a pas été géré au sens d'une vision d'indépendance énergétique.
02:36Et ça, le sujet aujourd'hui est quand même là.
02:40Alors, l'actualité nous a rattrapés avec la guerre en Ukraine.
02:44Là, on apprend sur BFM TV que ça y est, la paix est signée entre les USA et l'Iran.
02:52Mais on voit bien qu'on est très exposés, en fait, à cette question d'énergie,
02:58qui n'était pas une question pour le public.
03:00Et encore 10 ans, l'énergie, c'était normal.
03:03Et aujourd'hui, quand même, on s'aperçoit que c'est un vrai sujet.
03:05Bon, là, on parle des réacteurs de demain.
03:08Vous l'avez dit, c'est des petites tailles.
03:09Ça se plug sur les zones industrielles, sur les agglomérations.
03:12Au niveau industriel, vous en êtes où ?
03:15Vous levez des fonds pour le fabriquer, ce réacteur ?
03:17Alors, on lève des fonds pour ce qu'on appelle monter en maturité technologique.
03:25C'est déjà la première étape.
03:27Donc, aujourd'hui, on a sécurisé 17 millions d'euros sur un total de sécurisation
03:32depuis le début du projet de 21 millions d'euros.
03:35Et ça, c'est important parce que ça nous permet de faire ce qu'on étudie
03:38des avant-projets sommaires.
03:39Et là, on est rentré en avant-projet détaillé.
03:41C'est le déroulé classique d'un projet technique.
03:44L'enjeu, il est devant nous, là, maintenant, d'aller lever de façon supplémentaire.
03:49Donc, on vise une levée importante en fin d'année.
03:52Et on a, dans nos actionnaires, l'entrée au capital d'EDF qui n'est pas anodin.
03:57Mais technologiquement, ça fonctionne, en tout cas.
03:58C'est ce que vous nous dites.
03:59Oui, technologiquement, on connaît cette technologie-là.
04:03Elle est exploitée dans le monde.
04:04Ça paraît fou de se dire qu'on...
04:05Parce que là, vous nous dites, en gros, on fait d'une pierre deux coups
04:07et d'une certaine manière, on répond même aux critiques des antinucléaires
04:10sur le stockage des déchets.
04:11Là, en fait, on réutilise des déchets, on se débarrasse des déchets
04:15et on s'en sert pour notre indépendance énergétique.
04:18Donc là, c'est la recette miracle.
04:20Oui, alors, on crée toujours des déchets ultimes qu'on vitrifiera
04:24et qu'il faudra enfouir.
04:26Mais beaucoup moins.
04:26Mais beaucoup moins, beaucoup moins.
04:27Et donc ça, c'est quand même un enjeu sociétal important.
04:31Alors, pourquoi on ne l'a pas fait ?
04:33Parce que je pense que dans les années 70,
04:36il y avait des plans qui étaient bien lancés suite au nucléaire,
04:40ce qu'on connaît d'aujourd'hui, le nucléaire du futur.
04:43Mais il est resté dans le futur et il s'est prolongé dans le futur.
04:46Voilà.
04:46Aujourd'hui, je crois qu'il y a des prises de conscience.
04:49Il y a eu le discours d'Emmanuel Macron à Belfort en 22.
04:52Et à partir de là, on voit que la puissance publique s'est réalignée.
04:56Il y a un gros sujet en ce moment énergétique.
04:58C'est autour des data centers, avec l'intelligence artificielle notamment.
05:01On en parle beaucoup.
05:02Est-ce que les SMR pourraient être carrément collés à ces gros projets de data centers ?
05:06Ça pourrait être une des applications industrielles ?
05:08Oui, tout à fait.
05:09Alors, nous, on travaille sur ces sujets-là.
05:11On discute avec des opérateurs data centers
05:13qui déjà s'implantent en France de façon importante
05:15parce que justement, la France répond à ces critères-là.
05:18Elle a une électricité bas carbone grâce à EDF,
05:20son parc nucléaire, son électricité, ses ENR.
05:24Et en effet, ils recherchent des sources colocalisées d'énergie.
05:28Et ils ont une autre question sur les data centers, c'est le refroidissement.
05:31Et ils dépassent beaucoup d'énergie à refroidir leurs réacteurs.
05:34Or, ces petits SMR, et je n'en ai pas parlé, mais c'est un point clé,
05:37peuvent fournir aussi de la chaleur.
05:38Et avec de la chaleur, on peut faire du froid.
05:40C'est une pompe à chaleur, ça s'appelle.
05:42Donc, on peut aussi leur fournir de quoi refroidir les data centers.
05:46Il sera après quand ?
05:47On vise le premier en 2032.
05:492032, et après, dans vos plans, vous en construisez combien ?
05:53On en construit une vingtaine entre 2035 et 2050.
05:56Merci beaucoup Frédéric Varenne, président et fondateur d'Autrera,
05:59d'être venu ce matin.
06:00Merci.
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