- il y a 9 heures
Théo Saint-Martin, cofondateur de Veragrow, Inès Taurou, fondatrice et PDG d'Incérès, Stéphane Duquesne, fondateur et président de TOROW, ainsi que Pauline Weinmann, fondatrice et PDG d'Alternative Innovation, étaient les invités de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce jeudi 12 mars. Ces quatre finalistes de la catégorie "Environnement et Énergie" de Tech For Future, le plus grand concours de start-ups de France, se sont penchés sur les activités de leurs entreprises respectives, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:00Tech & Co, la quotidienne, en route vers Tech for Future.
00:05Voilà le plus grand concours de start-up en France, 845 candidatures, 126 pitchs, 30 gagnants dans tous les territoires,
00:11et puis il y aura 6 grands gagnants. Il y a 6 catégories, Data IA, Environnement, Énergie, on va en
00:15parler ce soir,
00:16Impact, Industrie, Santé et Start, ce sont les pépites, les très jeunes start-up en phase d'amorçage dans tous
00:21les domaines,
00:22voilà, en téléchercher partout. Et donc il y aura une grande soirée, ce sera le 13 avril, présenté par François
00:26Sorel,
00:27Tech for Future. Et on va en parler de tous ces sujets avec nos invités, je voulais vous le présenter
00:32dans l'ordre,
00:33voilà, dans lequel ils sont installés sur le plateau. Théo Saint-Martin, bonsoir.
00:37Bonsoir.
00:37Merci d'être avec nous, vous êtes cofondateur de VeraGrow, on est dans, VeraGrow c'est ça, on est dans
00:41la transformation des biodéchets,
00:43c'est ça, et pour organique, en biostimulant agricole, vous allez nous expliquer tout ça dans un instant.
00:49A vos côtés Inès Thoreau, bonsoir.
00:51Bonsoir.
00:51Vous êtes fondatrice et PDG d'Inseres, c'est insecticide à base d'huiles essentielles.
00:56On va comprendre, pour chacun, vos technologies, vous allez nous les expliquer.
01:00Stéphane Duquet, bonsoir.
01:01Bonsoir.
01:01Merci d'être avec nous, vous êtes fondateur et président de Thoreau, alors T-O-R-O-W,
01:06là je le dis pour ceux qui auront envie de chercher, qui nous écoutent en radio.
01:10Et là on est dans la batterie tout solide, on en a parlé au CES d'ailleurs, en disant qu
01:13'il y avait des sacrées évolutions dans ce domaine,
01:16tout solide au sodium, donc sans cobalt, sans nickel, sans tous les métaux critiques classiques.
01:20Et puis Pauline Weinmann, bonsoir.
01:22Pauline.
01:22Bonsoir.
01:22Merci d'être avec nous, vous êtes fondatrice et PDG d'Alternative Innovation.
01:26Là vous développez une bioresine, et on va comprendre qu'elle est utilisée dans beaucoup de domaines.
01:31D'ailleurs je vais commencer par vous.
01:32Alors ce qui est bien, c'est que vous venez de régions différentes.
01:34Je vais commencer avec vous Pauline, donc fondatrice d'Alternative Innovation, vous venez du, c'est de la Marne, c
01:39'est ça ?
01:41Voilà la partie Grand Est.
01:43Alors votre bioresine s'appelle Alterskin, et elle a une propriété de mémoire de forme.
01:48Alors racontez-nous un peu comment tout ça est utilisé, notamment, j'ai vu, vous utilisez dans le luxe l
01:54'automobile,
01:55et alors quel est le bénéfice par rapport à ce qui est plus synthétique ?
02:00Alors en fait, effectivement, nous on a développé une bioresine issue du végétal,
02:04pour remplacer tout ce qui est plastique souple, pétro-sourcé, type polyuréthane et PVC.
02:08Ils connaissent un petit peu les plastiques souples.
02:12Et donc on a développé cette bioresine qui est 100% biosourcée, 100% ressourçable.
02:16C'est-à-dire, je vous interromps, si je parlais du luxe et de l'automobile, on la retrouve où
02:20c'est le plastique des fauteuils de voiture ?
02:23C'est ça, alors j'ai pris un petit exemplaire pour vous montrer.
02:25Voilà, donc vous déroulez quelques tissus.
02:26Voilà, donc en fait on fait de la toile enduite, donc notre bioresine c'est ce qui est sur le
02:30dessus,
02:30c'est coulé sur du textile, et donc comme c'est 100% végétal,
02:34ça vient remplacer les toiles enduites type polyuréthane et PVC,
02:37qu'on peut trouver dans la maroquinerie, dans l'automobile ou dans l'ameublement par exemple.
02:43Alors c'est composé de l'aminon de maïs, de son ou de riz.
02:48Alors vous avez réussi quand même avec cette technologie,
02:51vous êtes, on rappelle, vous êtes fondée en 2021, vous êtes 4 personnes aujourd'hui.
02:55D'ailleurs, issue de quelle filière chimie ?
02:59Alors, on est un petit peu de tous bords.
03:01Moi j'ai plutôt un profil commercial, j'ai ma CTO qui est ingénieur en chimie fine,
03:08et puis après on a d'autres ingénieurs qui travaillent aussi dans les laboratoires,
03:12plus dans la plasturgie, et puis marketing aussi, c'est très important.
03:15Alors vous nous avez monté cette toile, mais justement on se dit quand on est sur quelque chose
03:19qui est 100% biosourcé, on parlera du prix tout à l'heure,
03:22mais déjà en termes de résistance, parce que voilà, on sait que tout ce qui est pétro-sourcé,
03:28toutes ces résines sont assez résistantes, on les utilise au quotidien.
03:32Est-ce que ça, c'est l'un des principaux défis qu'il a fait que vous releviez ?
03:36Tout à fait, alors la technologie qui est brevetée, en fait, elle offre une souplesse,
03:41une mémoire de forme, c'est-à-dire qu'on peut l'étirer, j'ai un exemplaire ici,
03:43on peut l'étirer très très fortement, et ça revient à sa forme.
03:47D'accord, donc là vous avez comme une feuille de plastique, vous la tirez comme une crête ?
03:52On le tire, voilà, c'est ça, et ça revient à sa forme,
03:54et c'est ce qui donne à la fois résistance et souplesse, comme le plastique, mais sans plastique.
03:59D'accord, mais ça va être quoi ? C'est le procédé, c'est cet amalgame d'amidon de maïs,
04:04et qu'est-ce que vous rajoutez en plus pour que justement, on ait cet effet-là avec Alterskin ?
04:10Alors on ajoute à une base polymérique, qui est donc de l'amidon de maïs,
04:16un additif de souplesse qui apporte des propriétés de résistance, de souplesse,
04:21qui est anti-UV, enfin tout ce que demande finalement un plastique souple.
04:26Oui, il faut répondre aux mêmes demandes.
04:27Exactement, donc c'est ça qui est breveté, et c'est ça notre secret de fabrication.
04:31Et alors, est-ce que je me retrouve avec des toiles comme vous venez de nous présenter ?
04:37Je dois en produire beaucoup, on parlera du passage à l'échelle après,
04:40mais en termes de prix, est-ce que c'est beaucoup plus cher ?
04:43Alors évidemment, là vous démarrez, il y aura une phase d'industrialisation qui viendra,
04:46on l'espère pour vous, mais en termes de prix, vous estimez qu'un jour,
04:50vous serez au même prix que ces matières pétro-sourcées ?
04:53Tout à fait, c'est l'idée.
04:54Donc bien sûr, quand on est en montée en échelle,
04:57aujourd'hui on est un peu plus cher que des matières plastiques,
05:00mais par rapport à une toile enduite de forte qualité, on est compétitif.
05:05On arrive à être compétitif dès notre entrée en marché.
05:09Donc c'est plutôt positif, et l'idée c'est encore de réduire les coûts avec les montées en échelle.
05:14On va revenir dans un instant justement sur la partie industrialisation,
05:17la supply chain, comment vous nourrissez tout ça.
05:19Et puis c'est vrai que c'est des matières, parce que j'entendais en ce moment le recyclage,
05:22notamment du plastique, on en parle beaucoup, avec ce qui se passe tragiquement aujourd'hui,
05:27là où tout le monde se pose la question, on se repose la question du pétrole.
05:31Voilà, si un jour on a moins de pétrole, et bien comment vivre ?
05:34Et le recyclage du plastique, ils sont en train de faire un...
05:36J'ai vu que les actions ont monté de certaines entreprises.
05:39Inès Toru, fondatrice et CEO d'Inseres, fondée en 2021,
05:43vous êtes aujourd'hui...
05:45Oui, c'est une vingtaine, c'est ça ?
05:47Oui, c'est ça.
05:47Et donc, insecticides à base de biocontrôle, à base d'huiles essentielles,
05:53alors évidemment plus respectueux de l'environnement,
05:55puisque vous concourez, rappelons-le, pour la catégorie environnement.
05:58Et alors, ce que j'ai lu dans votre technologie,
06:01ça permet de pénétrer la plante pour offrir une protection plus importante,
06:06mais je me dis, les huiles essentielles,
06:09enfin, ce qu'on en connaît pour des béotiens comme moi,
06:13ça s'évapore quand même, comment on arrive à rentrer un peu ?
06:15Oui, alors les huiles essentielles sont considérées comme des composés organiques volatiles.
06:20En fait, en agriculture, c'est très peu développé.
06:24On a une solution qui était développée les dix dernières années,
06:26mais c'était une solution de contact.
06:28Donc en agriculture, ce que ça veut dire contact,
06:30c'est-à-dire qu'on pulvérise un produit,
06:31et puis ça va brûler par contact.
06:34Ce qu'on a réussi à faire avec des huiles,
06:35enfin, en tout cas, un mélange de huiles essentielles,
06:37c'est d'avoir un produit qui ne marche pas du tout par contact,
06:40qui pénètre dans la plante, va circuler dans les vaisseaux de sève,
06:42et va être ingéré directement par l'insecte.
06:45C'est là votre touch ?
06:47En fait, c'est une vraie technologie,
06:49dans le sens où c'est le mode d'action de produits phytosanitaires
06:51qui ont été retirés du marché.
06:53Typiquement, les néonicotinoïdes, dont on a beaucoup parlé dans l'actualité,
06:56c'était un de leurs modes d'action.
06:57C'est aussi un mode d'action du spirothétramate
06:59qui vient d'être retiré aussi du marché l'année dernière.
07:02Donc, c'est pouvoir rentrer et ne pas rester dans le sens.
07:04Exactement.
07:04En fait, le mode d'action systémique, par ingestion,
07:07pour les insectes piqueurs-suceurs,
07:08c'est un mode d'action assez performant,
07:09qui est normalement celui des pesticides de synthèse.
07:12Nous, on a réussi à faire ça avec des molécules 100% naturelles.
07:16Et l'intérêt aussi, c'est qu'avec ce mode d'action-là,
07:19on n'a aucun effet sur les insectes auxiliaires,
07:22typiquement coccinelles, pollinisateurs,
07:24parce qu'on est 100% biodégradables
07:26et qu'on n'a aucun effet de contact sur les autres insectes.
07:31Et puis, on a réussi à avoir un produit qui est déjà opérationnel,
07:34qui est à un coût un peu inférieur des produits phytosanitaires.
07:37Donc, c'est un peu la force, oui, de notre innovation.
07:39Vous regardez, vous affichez en tout cas des résultats d'efficacité
07:43supérieurs aux pesticides chimiques.
07:45Alors, il faut prendre un peu de recul par rapport à ça,
07:48parce qu'aujourd'hui, les pesticides sur lesquels on s'est testés,
07:51on a validé une efficacité meilleure, c'est aussi des pesticides
07:54qui commencent à démontrer de la résistance.
07:55C'est un peu comme en santé avec les antibiotiques.
07:58Quand on utilise toujours les mêmes molécules,
08:00il va y avoir des phénomènes d'accoutumance ou de résistance.
08:02En fait, c'est là-dessus où des pesticides aujourd'hui utilisés,
08:06on arrive à être plus performant qu'eux,
08:08mais parce que sinon, on n'a aucun phénomène de résistance sur nos produits.
08:11Et quelles sont justement les filières où c'est le plus spectaculaire,
08:14pour protéger la plante, on le rappelle ?
08:17Ce n'est pas tant les filières les plus spectaculaires,
08:19c'est les filières qui en ont le plus besoin,
08:20puisqu'il y a des filières qui sont réellement en impasse technique.
08:23C'est le cas de la filière betterave, par exemple.
08:25C'est aussi le cas de la filière pomme.
08:26C'est le cas de la filière aussi fruits rouges, cerises.
08:28En fait, il y a beaucoup de filières aujourd'hui qui ont des vraies problématiques.
08:32On n'a plus de produit efficace.
08:33Et donc, on arrive pour donner une réponse à ces filières
08:36avec un produit 100% naturel.
08:38Et je pose la même question qu'Apolline et je poserai à tout le monde.
08:41Mais en termes de prix, est-ce que du coup,
08:44le bidon d'huiles essentielles revient aussi cher ou plus cher ?
08:49Justement, on arrive à se positionner moins cher.
08:52En tout cas, on est dans une fourchette,
08:53parce qu'il n'y a pas un produit concurrent à nous,
08:55il y en a plusieurs.
08:56Mais on se positionne en dessous des très gros produits
08:59et en tout cas, on est dans les prix du marché.
09:03Ça, c'est plutôt bon.
09:04Très bien.
09:05Alors, on a vraiment des technologies très différentes, Stéphane Duquen.
09:09Alors, j'ai oublié de le dire.
09:10Vous, Inès, vous venez, rappelez-moi.
09:15Voilà, Aix-en-Provence.
09:16Oui, et on a notre labo R&D qui est dans le Gard à Uzès.
09:19Je souligne, il n'y a pas beaucoup de start-up qui sont dans des petites villes.
09:23Voilà, donc plutôt cette région sud.
09:25Et là, on revient sur Paris avec vous, Stéphane Duquen,
09:27donc fondateur, CEO et fondateur de Toro,
09:31Deep Tech parisienne.
09:32Alors, vous, la batterie solide, alors expliquez-nous la batterie solide
09:36parce que c'est vrai qu'on a tous une batterie
09:38qu'on pouvait voir avant selon les téléphones.
09:41On m'a dit qu'elle est solide, ma batterie, c'est du lithium et tout ça.
09:43Quelle est la différence par rapport à ce que vous proposez avec Toro ?
09:48Dans la batterie que vous avez ici,
09:50en fait, vous avez les deux électrodes qui sont séparées par un liquide.
09:52Ce liquide, c'est un acide qui est très toxique
09:55et qui pose beaucoup de problèmes, notamment sur la croissance dendritique.
09:57La croissance dendritique, ça va être possiblement
10:00les courts circuits à l'intérieur de votre batterie,
10:02l'explosion, l'inflammation et tous les problèmes qu'on connaît aujourd'hui.
10:04Dans une batterie tout solide, vous remplacez ce liquide par un solide,
10:07c'est un métal, qui a des caractéristiques très proches du liquide
10:12et qui change tout pour la vie de la batterie.
10:14Et en plus, qui chauffe moins, enfin, il y a moins d'accidents.
10:18Quel est l'avantage ?
10:19Parce que, est-ce que c'est un avantage de fabrication coût moins cher ?
10:23Est-ce que c'est un avantage de sécurité ?
10:24Est-ce que c'est un avantage de, après, dans le recyclage,
10:27ça se recycle moins ?
10:27Enfin voilà, quelles sont les différences ?
10:29Peut-être que c'est tous ces avantages-là en même temps.
10:31Oui, un petit peu.
10:32Ce serait très bon pour vous ?
10:33Un petit peu.
10:33On a des avantages d'un point de vue environnementaux aussi,
10:36puisque ça nous permet de travailler avec des métaux différents.
10:38Donc nous, on travaille avec le sodium métallique,
10:40ce qui nous permet de remplacer le lithium.
10:41Donc pas de lithium dans notre batterie, pas de cobalt, pas de nickel,
10:43vous l'avez dit tout à l'heure.
10:45Ensuite, on a des avantages.
10:46Il n'y a pas d'emballement thermique non plus,
10:47donc pas de risque d'explosion, pas de risque d'inflammation.
10:50On a des durées de vie très longues.
10:52On a des petites charges.
10:52Ah oui, plus que les batteries, les lithium-ion,
10:54enfin voilà, vous dépassez l'argent.
10:56Entre 10 et 100 fois plus, oui.
11:01Parce qu'on le sait tous, alors là, pour ceux qui nous écoutent en radio,
11:04je sors mon smartphone, mais on voit bien qu'on a tous,
11:07au bout d'une journée d'utilisation, on est à 20% le soir.
11:11Est-ce que ça restera pareil, ça ?
11:12Oui.
11:13En fait, ça ne sert à rien que votre téléphone reste chargé pendant une semaine
11:15sans le recharger, ça ne sert strictement à rien.
11:17Tandis qu'on va pouvoir le charger plus rapidement,
11:18vous aurez une batterie plus petite.
11:20Donc vous ferez toujours une journée,
11:21parce que vous aimez bien charger votre téléphone la nuit.
11:23Et vous aurez une batterie qui sera beaucoup plus petite,
11:25beaucoup moins consommatrice de métaux,
11:27qui par ailleurs est totalement recyclable également comme type de batterie.
11:30Et donc on résout également cette problématique.
11:33Alors avec Taureau, je rappelle, installé à Paris, fondé en 2021,
11:36vous êtes 120 aujourd'hui, enfin on vous espère 200 un jour.
11:42Vous êtes aussi un acteur quelque part de la souveraineté industrielle européenne,
11:45parce qu'on sait que, si on parle des batteries plus classiques,
11:49donc avec cet acide, les batteries lithium-ion,
11:51enfin toutes celles que l'on connaît aujourd'hui,
11:53c'est plutôt une domination asiatique.
11:56Là aujourd'hui, vous, on reste dans nos frontières en tout cas.
12:01En tout cas du sodium, il y en a beaucoup dans la mer,
12:03donc la mer, il y en a beaucoup partout.
12:05Et donc techniquement, cette ressource est abondante
12:07et accessible relativement facilement,
12:09donc pas trop de problèmes géopolitiques.
12:11Et donc il est possible effectivement d'installer une usine en France.
12:14Ensuite, il restera quand même des métaux nécessaires,
12:16d'autres qui sont pour l'instant encore souvent raffinés en Chine.
12:20Et donc il faudra que la filière se structure de toute façon.
12:23Aujourd'hui, vous en êtes où justement ?
12:26Vous avez un site de production déjà, vous avez commencé ?
12:28Alors non, pour l'instant on est au laboratoire.
12:30D'accord.
12:30On a d'ailleurs signé un contrat cadre récemment avec le CNRS et Paris-Saclay.
12:34Par contre, bonne nouvelle, puisqu'on a des échantillons qui fonctionnent,
12:37donc on a des prototypes de niveau laboratoire qui fonctionnent.
12:40Et donc l'objectif maintenant, c'est de sortir du laboratoire
12:42et de faire nos lignes pilotes.
12:44Et donc ça, ça va être les enjeux des 3 à 4 prochaines années,
12:46d'avoir une ligne pilote pour fabriquer ces batteries en France.
12:48Eh bien on va revenir justement, parce que je referai un tour
12:51avec l'industrialisation, le développement pour tous.
12:53Et puis avec nous, Théo Saint-Martin, alors là on part en Normandie,
12:56pas loin d'ici, Val-de-Reuil, c'est ça ?
12:59Val-de-Reuil, c'est ça ?
13:00Val-de-Reuil, c'est ça ?
13:01Fondé, alors pareil, je crois que c'est...
13:03Non, vous c'est un peu plus âgé, 2019,
13:06voilà, deux ans de plus que nos autres invités,
13:08vous êtes une vingtaine aujourd'hui.
13:11Alors vous, vous transformez, expliquez-nous,
13:13alors c'est des biodéchets organiques en biostomulants agricoles.
13:16Alors vous combinez le lombricompostage et l'extraction liquide.
13:21Alors racontez-nous vraiment dans les détails comment ça se passe.
13:23Voilà, donc on est aujourd'hui 16 collaborateurs,
13:25mais en réalité un peu plus, on a 25 millions d'employés,
13:2825 millions de vers de terre.
13:30Et donc en effet, ils transforment tous les jours des déchets organiques,
13:32donc des déchets qu'on leur donne comme nourriture,
13:35comme matière première,
13:35et ensuite on vient récolter lors d'éjection le lombricompost.
13:38Donc les déchets organiques, c'est dans un élevage de bovins ?
13:42Exactement, ça peut être du fumier, ça peut être trop chaude,
13:44mais chez nous en Normandie, du fumier équin, du mar de café,
13:47des résidus de brasserie, un mélange bien proportionné.
13:50Je t'ai resté dans le côté agricole, mais ça peut être dans le côté...
13:52Non, non, en fait c'est une vraie industrie.
13:54Et donc voilà, après on récupère leur déjection.
13:56Lombricompost, pourquoi ?
13:57Lombricompost, c'est le plus vieux et fertilisant du monde.
13:59C'est vraiment un super produit pour toutes les cultures.
14:01Et l'innovation majeure de Veragro, c'est vraiment la suite.
14:03Ça réside dans le fait qu'on a développé un process liquide
14:06où on va extraire et concentrer tous les principes actifs,
14:08toutes les molécules d'intérêt, mais surtout toute la vie,
14:10les bactéries, les champignons qui sont propres aux déjections de verre de terre.
14:13Et on concentre ça sur un format liquide pour la grande culture.
14:15Ça c'est votre technologie, parce qu'on va dire le côté lombricompostage,
14:21à la limite n'importe quel jardinier le fait.
14:25Et vous c'est là où vous allez avec l'extraction liquide,
14:28c'est là où votre technologie entre vraiment en marche.
14:32Exactement. Il y a aussi en amont, mine de rien,
14:35on a développé des systèmes, des machines.
14:36En fait, les verres de terre vivent dans des machines hors sol,
14:38sous un bâtiment, où en fait, c'est automatisé la nourriture,
14:41la récupération de leur déjection.
14:42Mais vraiment, comme vous l'avez dit, en effet, la techno,
14:44la vraie techno, c'est le process liquide.
14:46Où là, on vient vraiment concentrer tout ce qu'il y a de chouette
14:48et surtout conserver la vie.
14:49Les bactéries, les champignons, et ça, conserver la vie
14:52pendant deux ans au sein de nos bidons.
14:53Et alors, j'imagine que pour vous, alors bien entendu,
14:56la technologie est importante, elle est au centre de tout ça,
15:00mais il vous faut, on n'arrête pas de parler d'IA aussi,
15:04le carburant, c'est la data.
15:06Vous, le carburant, c'est les déchets.
15:07Donc, il faut monter toute une...
15:09C'est ça le plus compliqué, c'est cette supply chain.
15:11Alors, vous dites 25 millions de...
15:13Non, ça, c'était les verres de terre,
15:14mais voilà, il y a toutes les fermes,
15:17toutes les barbrasseries.
15:18C'est ça le plus compliqué, c'est récupérer ces déchets ?
15:21Non, c'est facile.
15:22Aujourd'hui, la data pour nous, c'est les essais agronomiques.
15:25C'est-à-dire qu'on a plus de 1000 essais agronomiques
15:26sur plus d'une trentaine de cultures,
15:28on est capable de démontrer, en camp moyenne,
15:30on arrive à gagner du rendement,
15:32c'est-à-dire de plus à 5, à 10, à 15, à 20% selon les cultures.
15:36Et ça, c'est montré comme, si vous voulez,
15:38un bouc pour les mannequins.
15:39Regardez, on est capable de, sur votre culture,
15:41d'aller gagner de la productivité,
15:43d'aller gagner du rendement,
15:44et potentiellement aussi de réduire les quantités d'engrais
15:46à apporter à l'hectare.
15:48D'accord, c'est comme ça que vous réussissez à justifier tout ça.
15:51Aujourd'hui, vous travaillez...
15:53C'est des industriels de l'agro avec lesquels vous travaillez ?
15:57Non, ce sont directement les agriculteurs
15:59à travers les distributeurs
16:00que sont les coopératives agricoles
16:02ou les négoces agricoles.
16:03Donc nous, on passe par ces réseaux de distribution,
16:06et donc c'est eux qui vont revendre nos produits
16:08auprès de leurs adhérents, que sont les agriculteurs.
16:10D'accord.
16:10Alors, en refaisant un tour,
16:13en reparlant un peu industrialisation, développement,
16:16je reviens avec vous, Pauline,
16:17donc je rappelle vos tissus dans vos toiles,
16:22faites avec cette biorésine,
16:23je vais chercher le terme.
16:25Comment vous réussissez, justement,
16:27c'est un peu la même question qu'avec Théo,
16:29à sécuriser votre chaîne d'approvisionnement,
16:30parce que pour produire tout ça,
16:33il faut, voilà,
16:34c'est du aminon, du son, du riz,
16:35enfin, selon les produits.
16:38Alors, déjà, pour l'industrialisation,
16:39nous, on a monté en échelle,
16:41et quand j'ai monté la société,
16:43pour moi, c'était très important de sécuriser cette partie-là,
16:45parce qu'on sait que c'est quand même très stratégique pour une start-up.
16:49Donc, je me suis adossée à des industriels,
16:51dont c'est le métier,
16:52et donc on commence la commercialisation avec ces industriels,
16:55qui sont capables de produire jusqu'à la tonne.
16:57Ils nous accompagnent à la fois sur la montée en échelle,
17:00et jusqu'à la tonne,
17:01donc qui nous permet quand même d'arroser les premiers marchés.
17:04Donc ça, c'est vraiment notre volonté.
17:05Pour le sourcing, on s'approvisionne,
17:07on a des acteurs en France, en Europe,
17:10un petit peu dans le monde aussi,
17:11mais on essaye, de toute façon, au fur et à mesure des années,
17:14on essaye au maximum de centraliser ça localement.
17:18Et derrière, justement, en bout de chaîne,
17:19vous parliez des, justement, approvisionnés,
17:21alors je parlais de, c'était le luxe, l'automobile,
17:24aujourd'hui, vous travaillez déjà avec certains de ces industriels ?
17:27Alors, on a des contrats avec le luxe,
17:29on a aussi des industriels qui nous montrent leur intérêt,
17:31et veulent développer leur solution,
17:32enfin, notre solution dans leur catalogue.
17:35Donc, oui, on développe,
17:36on est en business avec eux,
17:40tout ça est en train de se mettre en place.
17:43Inès, je me tourne vers vous,
17:44sur la partie biostomulant,
17:46donc, enfin, insecticide,
17:47donc à base d'huiles essentielles.
17:51Est-ce que c'est un univers,
17:52vous parliez tout à l'heure des néocorticoïdes,
17:54enfin, tout ça,
17:54il y a beaucoup de réglementations,
17:56et vous, dans votre domaine,
17:57justement, est-ce que ça, c'est un...
18:00Ben voilà, comment on...
18:01Pas qu'on contourne, c'est pas le terme,
18:03mais comment on s'adapte, justement,
18:04à cette réglementation,
18:05quand on arrive avec des produits biostimulants,
18:07c'est bien,
18:08mais ça doit quand même répondre
18:08à des critères européens, en plus.
18:11C'est le point dur de notre sujet,
18:14enfin, c'est le point dur de notre métier.
18:16Pour certains, c'est l'industrialisation,
18:18pour nous, c'est vraiment la réglementation.
18:20Alors, nous, on a la chance d'avoir des solutions
18:22qui sont et à la fois biostimulantes et biocontrôles.
18:24Vous avez fait le lapsus,
18:26mais en fait, dans notre cas,
18:29ce côté-là...
18:30C'est quoi la différence biostimulante ?
18:31Alors, pour la partie usage,
18:34c'est le même,
18:35c'est-à-dire qu'un utilisateur agriculteur
18:37va utiliser soit un biostimulant,
18:38soit un biocontrôle dans son pulvérisateur agricole.
18:40Par contre, d'un point de vue réglementation,
18:42ça n'a absolument rien à voir.
18:43Aujourd'hui, quand on est biostimulant,
18:45ça veut dire qu'on stimule des processus abiotiques.
18:49Donc, nous, dans notre cas,
18:50on a validé qu'on stimulait
18:53des processus d'antioxydation.
18:54Donc, on est naturellement des antioxydants.
18:57Et donc, pour ça,
18:57on peut commencer à mettre en marché nos solutions.
18:59Donc, ça fait déjà deux ans
19:00qu'on est sur le marché
19:01en tant que biostimulant.
19:03On a aujourd'hui...
19:04Enfin, là, cette année,
19:05on vise de dépasser le million d'euros de CA.
19:07Donc, on est assez avancé.
19:08On a 45 distributeurs,
19:09aujourd'hui, partenaires en France.
19:11Par contre, pour démontrer...
19:14En tout cas, pour pouvoir vendre nos produits
19:16sous un aspect biocontrôle,
19:17là, c'est une autre histoire.
19:18Il y a un processus européen
19:20très lourd et très long en Europe.
19:21C'est-à-dire que pour la même utilisation,
19:24pour avoir une allégation insecticide,
19:26on va passer 5 à 10 ans
19:27dans des méandres réglementaires
19:28et dépenser 2 millions d'euros.
19:30C'est pour ça qu'on vise d'agents.
19:31D'ailleurs, le Brésil et l'export,
19:33parce qu'au Brésil,
19:33pour le même produit,
19:34c'est 1 an et demi,
19:35je donne la parenthèse,
19:38mais on est déjà une petite société
19:39qui part à l'export pour ces raisons-là.
19:41Par contre, en France,
19:42il y a un principe intéressant
19:44qui s'appelle les AMM d'urgence,
19:45AMM dérogatoire.
19:47Et quand une filière est dans l'urgence...
19:48Dans le médicament.
19:49Exactement.
19:49Donc, la filière betterave
19:50est une filière en urgence
19:52par rapport aux néonicotinoïdes.
19:53Et donc, pour la première fois cette année,
19:55on devrait avoir une AMM insecticide
19:57d'urgence sur la filière betterave.
20:00Voilà, pour vous donner un peu le mic pack.
20:03Alors, on bascule dans le...
20:04On revient sur le stockage
20:06avec Toro, avec vous, Stéphane Duquen,
20:08donc la batterie solide.
20:11Au départ, alors évidemment,
20:12on aimerait avoir tout
20:13sur notre mobile et tout ça,
20:14mais est-ce que vous avez
20:14un marché de prédilection au départ
20:16qui va vous permettre ensuite
20:17d'aller vers la mobilité, on imagine ?
20:20Mais j'imagine les réseaux stationnaires
20:21peut-être au départ ?
20:22Enfin, les stockages stationnaires, pardon, plutôt ?
20:24Oui, on est proche de gros producteurs
20:26ou de gros consommateurs.
20:27Donc, c'est probablement dans cette direction
20:28qu'il faudra aller dans un premier temps.
20:32D'accord.
20:32Ça veut dire, par exemple,
20:33hier, dans cette émission,
20:35on parlait des data centers
20:37qu'on doit déployer, déployer, etc.
20:39Et aujourd'hui, qu'ils ont un souci...
20:40Alors, en France, non,
20:41mais ils vont l'avoir aux États-Unis,
20:43souci d'énergie,
20:45de fourniture d'énergie.
20:46Ça peut être ce type de batterie
20:47qui peut être installée.
20:48Enfin, ça peut être un des débouchés,
20:49par exemple.
20:49Oui. Alors, nous, on travaille sur la cellule
20:51dans un premier temps.
20:52Mais ce qui m'intéresse le plus,
20:53c'est l'intelligence autour de cette cellule
20:55et la manière ensuite de gérer l'énergie.
20:57Évidemment, l'intelligence artificielle
20:58va être très consommatrice
20:59et déjà très consommatrice d'énergie.
21:02Les véhicules électriques,
21:03tout autant de...
21:05qu'il va falloir aller chercher,
21:08piloter à distance
21:09pour rendre le...
21:10En fait, pour faire tendre
21:11le marché de l'énergie
21:12vers un point le plus bas.
21:13En fait, si on a un stock gigantesque,
21:15déséquilibré l'offre et la demande,
21:16on va tendre vers son point le plus bas
21:17en termes de coût
21:18et également en termes d'intensité carbone.
21:20En termes de développement,
21:22là, je me tourne vers vous, Théo Saint-Martin.
21:23Donc, je rappelle, vous êtes vers agro,
21:25donc la transformation
21:26de ces biodéchets organiques
21:29grâce au l'ombrie compostage.
21:32Bon, il y a une crise agricole aujourd'hui.
21:34On l'a vu, il y avait
21:34le salon de l'agriculteur
21:36qui était il y a quelques jours
21:37pas loin de nous.
21:38Qu'est-ce qui va convaincre
21:40un agriculteur
21:40de passer par votre technologie ?
21:43Nous, la première chose
21:43dans laquelle on s'est intéressé,
21:45c'est à son porte-monnaie.
21:46C'est-à-dire, voilà,
21:47vous achetez un peu de verre agro
21:48et vous avez globalement
21:5019 chances sur 20
21:51de faire x2, x3
21:52par rapport à votre investissement.
21:53Ah oui, donc le rendement déjà.
21:54C'est du rendement agricole.
21:55C'est la première chose
21:56dans laquelle on s'est intéressé
21:57pour pouvoir, évidemment, l'intéresser.
21:59Dans un deuxième temps,
22:00ça va être aussi
22:00de pouvoir avoir
22:01un vrai impact environnemental
22:02sur la réduction des quantités
22:04d'engrais de synthèse
22:05à apporter au champ.
22:06Et en plus de ça,
22:07on a démontré aussi
22:08qu'avec nos produits,
22:08on va avoir un vrai côté
22:10régénérateur dans le sol
22:10vu qu'on rapporte
22:11des bons éléments,
22:12des bonnes choses,
22:13des bonnes bactéries,
22:13des bons champignons.
22:14Donc voilà, c'est un ensemble
22:15de choses.
22:16Et au final, le verre agro,
22:17plus on en met au fil des ans,
22:18plus le sol va être
22:19en bonne santé.
22:20Et puis peut-être rappeler
22:20aux consommateurs,
22:21hop, il y aura un petit label,
22:22label verre agro.
22:23Pourquoi pas ?
22:24Eh bien, en tout cas,
22:25merci à tous les quatre,
22:26c'est passé très vite
22:32de ces Tech for Future
22:33qui seront présentés
22:34le 13 avril
22:35par François Sorel.
22:37Théo Saint-Martin,
22:38co-fondateur de verre agro
22:39dans la biodéchets organiques.
22:41Inès Thouroux,
22:42fondatrice et PDG d'Incérès
22:43dans les insecticides
22:44à base d'huiles essentielles.
22:45Stéphane Duquen,
22:46fondateur et président de Thoreau
22:47dans les batteries solides.
22:48Et Pauline Vedman,
22:49fondatrice PDG
22:50d'Alternative Innovation
22:51dans la biorésine.
22:52Voilà ces nouveaux tissus
22:53qu'on espère,
22:54tissus ou toiles,
22:55qu'on espère avoir
22:56dans le luxe,
22:56dans l'automobile.
22:57Merci en tout cas à vous
22:58et puis bonne chance
22:59pour cette finale.
22:59Nous, on se retrouve
23:00lundi soir.
23:01Saint-François Sorel
23:02qui sera là.
23:03On continuera évidemment
23:04à parler de technologie
23:05parce que ça ne va pas arrêter
23:07dans les trois prochains jours.
23:08Excellente soirée
23:09sur BFM Business.
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