00:00Notre invité ce matin dans la French Tech, c'est Frédéric Desdouy. Bonjour, vous êtes le directeur général d'Orado
00:04Med.
00:05Tout est un peu dans le nom chez vous, parce qu'Orano évidemment, on connaît bien, énergéticien, spécialiste du nucléaire.
00:10Et puis Med, médical, donc vous êtes la filière de médecine nucléaire de Orano.
00:15Vous êtes là ce matin parce que vous investissez en France, notamment à Paris-Saclay.
00:19Vous allez mettre votre premier laboratoire de recherche et développement, Paris-Saclay Cancer Cluster.
00:24Vous avez travaillé contre le cancer. Qu'est-ce qu'il y a aujourd'hui à attendre dans la médecine
00:29nucléaire ?
00:29Je crois que vous avez trois candidats médicaments qui sont en attente.
00:33Qu'est-ce qu'il faut qu'on attende comme révolution du côté de la médecine nucléaire ?
00:37Bonjour et merci de recevoir de parler d'Orano Med ce matin.
00:41La révolution de la médecine nucléaire, c'est la vectorisation de la radioactivité.
00:46C'est-à-dire qu'on va attacher à un vecteur qui va reconnaître la tumeur,
00:50une particule radioactive qui va aller brûler la tumeur localement.
00:55Donc cette révolution-là, elle est en train de se faire.
00:57Donc c'est la précision en fait ?
00:59C'est la précision de l'utilisation de la radioactivité, vraiment localement.
01:04Nous, nous sommes des experts d'un radioisotope qui s'appelle le Plomb 212,
01:08issu de notre maison mère Orano que vous avez mentionné.
01:11Et le laboratoire qu'on ouvre aujourd'hui à Paris, à Villejuif,
01:16c'est la première fois, la société a 17 ans,
01:18mais c'est la première fois qu'on a un laboratoire de recherche en France,
01:22parce que notre recherche est aux Etats-Unis aujourd'hui,
01:25pour travailler sur ces vecteurs, sur comment atteindre la tumeur avec la radioactivité.
01:30Anthony, ça veut dire qu'en fait vous faites des sortes de mini-missiles nucléaires
01:33qui sont capables de cibler les tumeurs si on simplifie beaucoup, c'est un peu ça l'idée ?
01:36Exactement, Anthony, c'est ça.
01:39Le vecteur, ça peut être un anticorps,
01:42on a un partenariat avec Molecular Partners en Suisse qui fait des darpines,
01:46qui sont des espèces de petits anticorps.
01:48Aussi, on utilisait peptides.
01:50Donc là, le laboratoire qu'on installe à Paris, à Villejuif, pardon,
01:54c'est pour faire des peptides, pour découvrir des nouveaux peptides.
01:57Et avec ce vecteur-là, on va accrocher chimiquement dessus,
02:01donc nous, du plomb 212,
02:03qui va donc venir tout près de la tumeur.
02:06Et la particularité de ce qu'on fait, nous, c'est ce qu'on appelle de l'alpha-thérapie.
02:09C'est-à-dire que le plomb 212, en se désintégrant,
02:12émet des particules alpha de radiothérapie,
02:14qui sont des particules assez lourdes
02:16et qui ont une propriété très intéressante pour faire un médicament.
02:20Elles sont très puissantes,
02:21donc elles font une déflagration qui est importante,
02:24mais très locale, avec un rayon d'action qui est très petit.
02:26Comme c'est des grosses particules,
02:27elles rentrent très peu dans la matière.
02:30Donc c'est vraiment de la chirurgie très précise.
02:32Et du coup, c'est plus efficace que, par exemple,
02:34ce qu'on fait en chimiothérapie aujourd'hui,
02:36ou c'est complètement différent ?
02:37Alors, c'est différent, c'est complémentaire,
02:40comme toujours dans le traitement du cancer.
02:42Et bien sûr, nous, on travaille aujourd'hui
02:44sur des besoins thérapeutiques qui sont non couverts,
02:46donc sur des patients qui, aujourd'hui,
02:48n'ont pas d'autres solutions.
02:50Donc on espère qu'on va apporter quelque chose de supplémentaire.
02:53Et vous mentionniez nos travaux en clinique.
02:56Aujourd'hui, en fait, on a quatre programmes en clinique,
02:58trois en partenariat et un que nous développons nous-mêmes.
03:00Et alors, pourquoi vous étiez parti ?
03:02Enfin, vous avez développé d'abord la recherche aux Etats-Unis,
03:04je crois que vous êtes implanté dans le Texas.
03:06Alors, pourquoi ce choix de départ ?
03:07Et pourquoi aujourd'hui ce laboratoire en France ?
03:09C'est le prix de l'histoire, en fait.
03:11Donc, je vous ai décrit, il faut un vecteur.
03:13Et à ce vecteur, il faut accrocher la radioactivité,
03:16donc le plomb, par exemple.
03:18Pour accrocher le plomb, en fait,
03:19le plomb est dans une cage,
03:20qui est une molécule chimique, qui est une cage,
03:22qu'on appelle un chélateur, voilà, ou un chélaton.
03:25Et en fait, en 2009, la société a été constituée.
03:29Et en 2012, on a acquis aux Etats-Unis
03:32une société qui faisait séquelatant
03:34pour enfermer le plomb.
03:37Et elle était à Panneau, dans le Texas.
03:39Et donc, on a démarré de là.
03:40Et donc, ça a été...
03:41On a grossi à partir de cette entité-là aux Etats-Unis.
03:44Et pourquoi on vient en France ?
03:45Parce qu'on voulait s'intégrer sur cette chaîne de valeur
03:47pour développer vraiment cette recherche
03:49sur les vecteurs et sur les peptides.
03:52Et donc, on s'est posé la question de savoir
03:53où on allait le faire.
03:54Et on s'est dit que c'était l'opportunité.
03:55Donc, c'est ce pôle spécifique sur le cancer
03:57autour de Paris-Saclay qui vous attirait ?
04:00En fait, oui.
04:01C'est un ensemble de choses.
04:02C'est-à-dire qu'on avait cette vision stratégique
04:04de vouloir avoir notre propre recherche sur les peptides.
04:06Ça, c'était important.
04:07Pour intégrer toute la chaîne de valeur
04:09de la partie médicale.
04:11Et puis, il y a cette opportunité du PSCC
04:15qui était là.
04:16Et voilà.
04:16Donc, on est très, très contents d'être là.
04:17C'est le petit nom du pôle, du PSCC.
04:18Oui, parce que vous avez vu, c'est difficile à dire à Paris.
04:20Et ça pourra cibler tous les types de cancers.
04:23Et si on doit donner un calendrier,
04:25parce que c'est toujours pareil,
04:26il ne faut pas donner des faux espoirs aux gens.
04:27Mais c'est quoi ?
04:28C'est 5 ans, 10 ans, 20 ans ?
04:29Comment vous imaginez ?
04:30Non, non, non.
04:30On est en clinique.
04:31Donc, notre programme le plus avancé est en phase 2.
04:34On a signé un accord de licence.
04:35Ah oui, pour l'un des programmes.
04:36Oui, c'est ça.
04:36Voilà.
04:36On a signé un accord de licence avec Sanofi sur le sujet.
04:40Donc, on espère que dans les années qui viennent,
04:41on sera sur le marché, commercialisés.
04:45On a trois programmes en phase 1,
04:46donc pareil, qui vont prendre quelques années à être développés.
04:49Et puis, il y a déjà des thérapies de ce type-là
04:52qui ont été développées.
04:53Alors, pas en alpha.
04:54Nous, on est en alpha-thérapie.
04:55Je vous ai décrit ces grosses particules de désintégration.
04:58Il y a des traitements aujourd'hui en bêta-thérapie
05:00avec des petites particules.
05:02Et on pense qu'elles sont moins efficaces.
05:03C'est pour ça qu'on développe notre technologie.
05:05Merci beaucoup d'être venu ce matin
05:07pour nous parler d'Orano,
05:08mais de Frédéric et d'Ezoui.
05:10Merci beaucoup d'avoir regardé cette vidéo.
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