Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 34 minutes
Frédéric Desdouits, directeur général d'Orano Med, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce mardi 26 mai. Il est revenu sur son investissement en France et l'implantation de son premier laboratoire de recherche au Paris-Saclay Cancer Cluster, tout en évoquant les révolutions à attendre de la médecine nucléaire dans la lutte contre le cancer, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Notre invité ce matin dans la French Tech, c'est Frédéric Desdouy. Bonjour, vous êtes le directeur général d'Orado
00:04Med.
00:05Tout est un peu dans le nom chez vous, parce qu'Orano évidemment, on connaît bien, énergéticien, spécialiste du nucléaire.
00:10Et puis Med, médical, donc vous êtes la filière de médecine nucléaire de Orano.
00:15Vous êtes là ce matin parce que vous investissez en France, notamment à Paris-Saclay.
00:19Vous allez mettre votre premier laboratoire de recherche et développement, Paris-Saclay Cancer Cluster.
00:24Vous avez travaillé contre le cancer. Qu'est-ce qu'il y a aujourd'hui à attendre dans la médecine
00:29nucléaire ?
00:29Je crois que vous avez trois candidats médicaments qui sont en attente.
00:33Qu'est-ce qu'il faut qu'on attende comme révolution du côté de la médecine nucléaire ?
00:37Bonjour et merci de recevoir de parler d'Orano Med ce matin.
00:41La révolution de la médecine nucléaire, c'est la vectorisation de la radioactivité.
00:46C'est-à-dire qu'on va attacher à un vecteur qui va reconnaître la tumeur,
00:50une particule radioactive qui va aller brûler la tumeur localement.
00:55Donc cette révolution-là, elle est en train de se faire.
00:57Donc c'est la précision en fait ?
00:59C'est la précision de l'utilisation de la radioactivité, vraiment localement.
01:04Nous, nous sommes des experts d'un radioisotope qui s'appelle le Plomb 212,
01:08issu de notre maison mère Orano que vous avez mentionné.
01:11Et le laboratoire qu'on ouvre aujourd'hui à Paris, à Villejuif,
01:16c'est la première fois, la société a 17 ans,
01:18mais c'est la première fois qu'on a un laboratoire de recherche en France,
01:22parce que notre recherche est aux Etats-Unis aujourd'hui,
01:25pour travailler sur ces vecteurs, sur comment atteindre la tumeur avec la radioactivité.
01:30Anthony, ça veut dire qu'en fait vous faites des sortes de mini-missiles nucléaires
01:33qui sont capables de cibler les tumeurs si on simplifie beaucoup, c'est un peu ça l'idée ?
01:36Exactement, Anthony, c'est ça.
01:39Le vecteur, ça peut être un anticorps,
01:42on a un partenariat avec Molecular Partners en Suisse qui fait des darpines,
01:46qui sont des espèces de petits anticorps.
01:48Aussi, on utilisait peptides.
01:50Donc là, le laboratoire qu'on installe à Paris, à Villejuif, pardon,
01:54c'est pour faire des peptides, pour découvrir des nouveaux peptides.
01:57Et avec ce vecteur-là, on va accrocher chimiquement dessus,
02:01donc nous, du plomb 212,
02:03qui va donc venir tout près de la tumeur.
02:06Et la particularité de ce qu'on fait, nous, c'est ce qu'on appelle de l'alpha-thérapie.
02:09C'est-à-dire que le plomb 212, en se désintégrant,
02:12émet des particules alpha de radiothérapie,
02:14qui sont des particules assez lourdes
02:16et qui ont une propriété très intéressante pour faire un médicament.
02:20Elles sont très puissantes,
02:21donc elles font une déflagration qui est importante,
02:24mais très locale, avec un rayon d'action qui est très petit.
02:26Comme c'est des grosses particules,
02:27elles rentrent très peu dans la matière.
02:30Donc c'est vraiment de la chirurgie très précise.
02:32Et du coup, c'est plus efficace que, par exemple,
02:34ce qu'on fait en chimiothérapie aujourd'hui,
02:36ou c'est complètement différent ?
02:37Alors, c'est différent, c'est complémentaire,
02:40comme toujours dans le traitement du cancer.
02:42Et bien sûr, nous, on travaille aujourd'hui
02:44sur des besoins thérapeutiques qui sont non couverts,
02:46donc sur des patients qui, aujourd'hui,
02:48n'ont pas d'autres solutions.
02:50Donc on espère qu'on va apporter quelque chose de supplémentaire.
02:53Et vous mentionniez nos travaux en clinique.
02:56Aujourd'hui, en fait, on a quatre programmes en clinique,
02:58trois en partenariat et un que nous développons nous-mêmes.
03:00Et alors, pourquoi vous étiez parti ?
03:02Enfin, vous avez développé d'abord la recherche aux Etats-Unis,
03:04je crois que vous êtes implanté dans le Texas.
03:06Alors, pourquoi ce choix de départ ?
03:07Et pourquoi aujourd'hui ce laboratoire en France ?
03:09C'est le prix de l'histoire, en fait.
03:11Donc, je vous ai décrit, il faut un vecteur.
03:13Et à ce vecteur, il faut accrocher la radioactivité,
03:16donc le plomb, par exemple.
03:18Pour accrocher le plomb, en fait,
03:19le plomb est dans une cage,
03:20qui est une molécule chimique, qui est une cage,
03:22qu'on appelle un chélateur, voilà, ou un chélaton.
03:25Et en fait, en 2009, la société a été constituée.
03:29Et en 2012, on a acquis aux Etats-Unis
03:32une société qui faisait séquelatant
03:34pour enfermer le plomb.
03:37Et elle était à Panneau, dans le Texas.
03:39Et donc, on a démarré de là.
03:40Et donc, ça a été...
03:41On a grossi à partir de cette entité-là aux Etats-Unis.
03:44Et pourquoi on vient en France ?
03:45Parce qu'on voulait s'intégrer sur cette chaîne de valeur
03:47pour développer vraiment cette recherche
03:49sur les vecteurs et sur les peptides.
03:52Et donc, on s'est posé la question de savoir
03:53où on allait le faire.
03:54Et on s'est dit que c'était l'opportunité.
03:55Donc, c'est ce pôle spécifique sur le cancer
03:57autour de Paris-Saclay qui vous attirait ?
04:00En fait, oui.
04:01C'est un ensemble de choses.
04:02C'est-à-dire qu'on avait cette vision stratégique
04:04de vouloir avoir notre propre recherche sur les peptides.
04:06Ça, c'était important.
04:07Pour intégrer toute la chaîne de valeur
04:09de la partie médicale.
04:11Et puis, il y a cette opportunité du PSCC
04:15qui était là.
04:16Et voilà.
04:16Donc, on est très, très contents d'être là.
04:17C'est le petit nom du pôle, du PSCC.
04:18Oui, parce que vous avez vu, c'est difficile à dire à Paris.
04:20Et ça pourra cibler tous les types de cancers.
04:23Et si on doit donner un calendrier,
04:25parce que c'est toujours pareil,
04:26il ne faut pas donner des faux espoirs aux gens.
04:27Mais c'est quoi ?
04:28C'est 5 ans, 10 ans, 20 ans ?
04:29Comment vous imaginez ?
04:30Non, non, non.
04:30On est en clinique.
04:31Donc, notre programme le plus avancé est en phase 2.
04:34On a signé un accord de licence.
04:35Ah oui, pour l'un des programmes.
04:36Oui, c'est ça.
04:36Voilà.
04:36On a signé un accord de licence avec Sanofi sur le sujet.
04:40Donc, on espère que dans les années qui viennent,
04:41on sera sur le marché, commercialisés.
04:45On a trois programmes en phase 1,
04:46donc pareil, qui vont prendre quelques années à être développés.
04:49Et puis, il y a déjà des thérapies de ce type-là
04:52qui ont été développées.
04:53Alors, pas en alpha.
04:54Nous, on est en alpha-thérapie.
04:55Je vous ai décrit ces grosses particules de désintégration.
04:58Il y a des traitements aujourd'hui en bêta-thérapie
05:00avec des petites particules.
05:02Et on pense qu'elles sont moins efficaces.
05:03C'est pour ça qu'on développe notre technologie.
05:05Merci beaucoup d'être venu ce matin
05:07pour nous parler d'Orano,
05:08mais de Frédéric et d'Ezoui.
05:10Merci beaucoup d'avoir regardé cette vidéo.
Commentaires

Recommandations