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  • il y a 7 minutes
Nicolas Breyton, fondateur et président de Stellaria, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce jeudi 26 février. Il est revenu sur les étapes du développement d'un prototype de mini réacteur nucléaire à cœur liquide, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h20 sur BFM Business et sur AMC Live, on va parler nucléaire et surtout réacteur SMR avec notre invité Nicolas
00:06Breton.
00:06Bonjour, vous êtes le fondateur et président de Steralia.
00:09Vous avez déposé en décembre dernier une demande d'autorisation auprès de l'autorité de sécurité nucléaire pour développer un
00:14prototype de mini-réacteur.
00:16Vous êtes la deuxième à avoir franchi cette étape après Jimmy, donc c'est important.
00:20En quoi ça consiste ? Est-ce que ça veut dire qu'on va bientôt pouvoir avoir de l'énergie
00:24produite par votre SMR ?
00:26Est-ce que ça se rapproche de mois en mois ?
00:28Alors nous sommes prudents, nous travaillons en trois étapes.
00:33Nous allons développer un premier prototype qui est le plus petit prototype que nous pouvons faire pour faire la première
00:41réaction en chaîne dans un cœur liquide à sel fondu et à neutrons rapides.
00:45Ça n'a jamais été fait dans le monde, donc nous allons faire ça à cas d'arrache dans un
00:51premier temps.
00:52Ça s'appelle Alvin, en hommage à Alvin Weinberg qui est le père des réacteurs à sel fondu.
00:57Et puis dans un deuxième temps, nous allons grossir un petit peu la taille de ce prototype pour faire un
01:02démonstrateur qui s'appelle Megalvin, de l'ordre de 10 mégawatts thermiques,
01:05qui permettra de tester la corrosion et puis de tester l'ensemble des composants qui sont nécessaires aux réacteurs commerciaux.
01:12Et en 2035, nous pourrons construire le fourni-réacteur.
01:15Ça n'a jamais été fait. Question de novice totale. Si ça ne marche pas, c'est parce que ça
01:19explose ?
01:20Alors justement, ça n'explose pas. Justement, les réacteurs à cœur liquide sont extrêmement sûrs, puisqu'en fait, on a
01:27une dilatation à la vitesse du son et ça éteint la réaction en chaîne extrêmement rapidement.
01:32Donc la première étape, c'est justement de tester la réaction en chaîne.
01:35Donc ça s'arrête en fait.
01:36Et la sûreté intrinsèque de ce réacteur, ce qui permettra justement aux autorités de sûreté de confirmer l'ensemble des
01:41codes de calcul qui ont été développés.
01:45Alors vous avez utilisé des mots compliqués, sel fondu, liquide et neutron rapide, c'est ça ?
01:51C'est ça.
01:52Alors il faut que je vous expliquiez, c'est quoi la différence par rapport aux centrales nucléaires telles qu'on
01:55les connaît aujourd'hui, fondamentalement ?
01:57Alors depuis 70 ans, nous faisons des réacteurs à cœur solide, donc c'est des barres d'oxyde d'uranium.
02:04Et là, on est sur un réacteur à cœur liquide, dans un sel.
02:08Le sel, au-delà de 450 degrés, il est liquide.
02:10Du sel comme du sel de table ?
02:12Quasiment comme du sel de table, tout à fait.
02:14On va y intégrer de l'uranium et du plutanium et avec ça, on va pouvoir faire une réaction en
02:20chaîne.
02:21L'énorme avantage d'un cœur liquide, c'est qu'il se dilate extrêmement rapidement.
02:25Et donc il peut s'auto-adapter à n'importe quelle puissance.
02:27Donc la sûreté intrinsèque est très forte.
02:30La deuxième chose, c'est que c'est un cœur liquide.
02:31Donc on peut évacuer le sel par gravité très facilement dans des réservoirs sous-critiques.
02:36Et donc ça permet d'avoir des nouveaux niveaux de sûreté qui sont inégalables par rapport à aujourd'hui.
02:40Vous êtes dans la même catégorie de SMR que Narea, qui a eu des grosses difficultés financières.
02:45Il y a même eu un repreneur qui est parti la veille de l'échéance.
02:49C'est quand même très compliqué financièrement.
02:52Est-ce que vous faites la même chose ? Est-ce que c'est quand même différent ?
02:55Alors les réacteurs à cœur liquide, c'est une famille de réacteurs.
02:58C'est aussi différent entre un réacteur à cœur liquide et un autre réacteur à cœur liquide
03:02que les réacteurs type, je ne sais pas, un RBMK de Tchernobyl ou un réacteur oppressurisé en France.
03:11Donc c'est la même famille, mais ça n'a rien à voir.
03:13Voilà, donc c'est très différent.
03:15En effet, nous nous positionnons sur des réacteurs de taille beaucoup plus importante,
03:20de 150 mégawatts électriques.
03:22Donc si vous prenez quatre réacteurs Stellaria, vous allez avoir l'équivalent d'une tranche nucléaire,
03:27ce qui permet d'avoir des coûts fixes amortis beaucoup plus facilement.
03:32Et alors il y a un gros avantage de votre technologie quand même,
03:35parce que l'argument ou l'un des arguments des anti-nucléaires,
03:38ce qu'il en reste encore, c'est de dire, il y a les fameux déchets dont on ne peut
03:42rien faire.
03:43Et en fait, vous, votre technologie, elle permet d'utiliser les déchets nucléaires comme combustibles.
03:49Tout à fait. Alors en fait, on a deux types de combustibles possibles.
03:54Ou alors ce qu'on appelle du HALEU, donc de l'uranium classique.
03:58Ou alors les combustibles usés, des centrales existantes.
04:03On met dans du chlore, dans du NACL, donc du sel de table, qui est purifié.
04:10Et ça, ça permet de réutiliser 99% de l'énergie qui n'est aujourd'hui pas utilisée,
04:18qui est sous forme d'énergie fertile.
04:19Donc on a 5 000 ans d'énergie disponible sur notre sol.
04:22On transforme en déchets finalement en énergie.
04:26Et puis les déchets de haute activité à vie longue, les déchets qui sont compliqués,
04:30on peut aussi les brûler dans notre réacteur.
04:32Mais donc on n'aurait plus besoin à terme de les enfouir ou on les récupérerait ?
04:36Alors il y aura toujours quelques déchets à réduire.
04:41On ne sait pas quoi faire, oui.
04:42Par exemple, que ce soit pour la fission ou la fusion, il y a ce qu'on appelle l'activation
04:46des métaux.
04:47Donc ça fait des métaux qu'il faut stocker.
04:50Là, on ne peut rien en faire.
04:51C'est ce dont...
04:52Voilà. Mais par contre, pour tout ce qui est combustible, on peut en effet régénérer notre combustible.
04:56Comment vous voyez la course sur l'ASMR aujourd'hui ?
04:59Vous dites que c'est celui qui va le plus vite.
05:00Là, vous êtes deux à avoir demandé une autorisation et on se va le plus vite gagner.
05:05C'est celui qui a le plus de subventions.
05:07C'est quoi qui fait la différence ?
05:08C'est la techno ? Fallait miser sur le bon cheval ?
05:11Alors nous, on pense que la technologie, c'est très important.
05:14On pense que pour arriver à faire un réacteur commercial,
05:19il faut qu'on ait quelque chose de rentable, à la fois sur le cycle,
05:22c'est-à-dire le fait qu'on améliore la fermeture du cycle,
05:26et puis sur le réacteur.
05:29Et puis après, dans un deuxième temps, je pense qu'il faut être raisonnable,
05:32il faut passer les étapes une à une, petit à petit,
05:35et donc c'est pour ça qu'on passe par la phase prototype, démonstrateur,
05:37avant le réacteur commercial.
05:39Il y a 127 projets dans le monde, je parle souvent de contrôle, mais de SNR,
05:42donc c'est vrai que c'est une vraie question,
05:43c'est lesquels vont survivre à la fin,
05:44et est-ce qu'il n'y aura pas une concentration ?
05:46J'allais dire une fusion dans le nucléaire, ce serait intéressant.
05:48Mais est-ce qu'il y a aussi une question de débouchés
05:50qui sont probablement de plus en plus importants ?
05:52On parle beaucoup d'intelligence artificielle,
05:54des GAFAM qui investissent aussi dans le nucléaire.
05:56Est-ce que la structure de demain pour l'IA,
05:58ce ne sera pas finalement le data center,
06:00et puis le mini réacteur qui sera derrière le data center
06:03pour l'alimenter, auquel cas vous auriez des débouchés
06:05qui sont absolument massifs, y compris en France d'ailleurs ?
06:07Alors c'est exactement notre cœur de cible,
06:10puisque nous avons signé un contrat commercial avec Equinix,
06:12qui est le leader mondial du data center,
06:14qui a 270 data centers dans le monde,
06:16et qui souhaite réserver les premiers réacteurs Stellaria
06:20pour des data centers de grande taille,
06:23des data centers IA, sur notre sol.
06:26Donc c'est une sorte de précommande ?
06:27Tout à fait.
06:28Et ça, on peut alimenter du coup un data center avec un mini réacteur ?
06:31Alors ce qui est fantastique, c'est qu'on peut en effet avoir un data center
06:33autonome en énergie sur l'ensemble de sa durée de vie
06:35sans avoir à le recharger.
06:37En fait, on régénère 100% notre combustible,
06:39ça signifie qu'une fois que vous avez embarqué le combustible
06:44et que vous avez mis deux réacteurs à côté d'un data center,
06:47vous allez pouvoir être entièrement autonome.
06:48Vous, vous pouvez plugger ça à côté d'un data center
06:54sans règles particulières ?
06:55Parce que là, vous travaillez sur cas d'arrache,
06:57donc c'est déjà les mêmes règles.
06:58Alors on travaille sur cas d'arrache pour le prototype,
06:59puisque c'est une zone de recherche et on va faire un réacteur d'essai.
07:02Maintenant, pour le réacteur commercial,
07:03l'objectif, c'est justement de montrer la sûreté intrinsèque
07:06de telle sorte qu'on puisse déployer plus facilement
07:08ce type de réacteur dans des zones qui sont aujourd'hui non nucléarisées.
07:11Et les autres cas d'usage, du coup,
07:12on parlait de l'IA, mais c'est quoi ?
07:14C'est justement sur des industries électro-intensives
07:17sur lesquelles on pourrait là aussi plugger des réacteurs ?
07:20Tout à fait. Ce réacteur, il a été conçu dans les années 60
07:23par les Américains par la flexibilité qu'il apporte.
07:27C'est-à-dire qu'il va à la hausse et à la baisse extrêmement rapidement.
07:30Donc il peut s'adapter, par exemple, à de la métallurgie.
07:33Donc si vous voulez avoir des pourarques
07:36pour pouvoir décarboner les processus de métallurgie,
07:40c'est très intéressant parce que vous allez pouvoir arrêter
07:42et redémarrer la puissance de ce réacteur très rapidement.
07:47Merci beaucoup Nicolas Breton d'être venu ce matin
07:49dans la matinale de l'économie.
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