- il y a 9 minutes
Thibault Baldivia, cofondateur et directeur commercial d'Ascendance, Olivier Piepsz, cofondateur et président de Prométhée, ainsi que Maxime Meijers, cofondateur et CEO d'Estuaire, étaient les invités de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce mercredi 22 avril. Ils se sont penchés sur le club StartAir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:00Tech & Co, la quotidienne, les invités.
00:05Et nous allons parler maintenant de Starter, qui est le club des startups de l'aéronautique et du spatial,
00:11qui a été lancé par le Jifas, qui est le groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales en 2022.
00:17Filière costaud, 538 entreprises, 78 milliards d'euros de chiffre d'affaires quand même.
00:23Et l'idée c'est de connecter cette agilité des startups avec cette puissance industrielle,
00:28l'innovation et aussi pourquoi pas intégrer de nouveaux acteurs.
00:32Trois startups, justement, de ce Starter sont avec nous ce soir.
00:37Thibaut Baldivia, bonsoir.
00:38Bonsoir.
00:39Vous êtes le cofondateur et directeur commercial d'Ascendance.
00:42A vos côtés c'est Olivier Pieps, qui est la cofondateur et président de Prométhée.
00:45Bonsoir Olivier.
00:46Bonsoir.
00:47Et Maxime Meyers.
00:49Bonsoir Maxime.
00:50Bonsoir.
00:50Vous êtes le cofondateur et CEO d'Estuaire.
00:55Alors on va parler d'aviation décarbonée avec vous, aussi de spatiale, c'est ça qui est intéressant.
01:01Est-ce que l'un d'entre vous peut nous donner juste un mot sur Starter,
01:05juste pour présenter un petit peu le concept, Maxime peut-être ?
01:09Pardon, ou Thibaut, c'est comme vous voulez.
01:12Thibaut et puis après Maxime.
01:13Je peux me lancer, oui tout à fait, parce qu'en plus on a Jean-Christophe, notre CEO,
01:16qui est le président du Club Starter.
01:17Donc le Club Starter c'est quoi ?
01:19C'est, comme vous le disiez, c'est l'association de l'agilité et de l'innovation des startups
01:24avec la puissance industrielle des grands groupes.
01:26Donc c'est plus de 100 startups aujourd'hui, 700 millions d'euros de levées de fonds
01:32sur les quatre dernières années.
01:33On est en bonne voie pour passer à 800 millions dès cette année.
01:37Et vraiment, c'est le passage à l'échelle, soutenir l'industrialisation des startups.
01:41Et je pense que c'est vraiment là où beaucoup d'entre nous sommes aujourd'hui.
01:44Et Ascendance, c'est vraiment le cœur de notre sujet aujourd'hui.
01:46– Parfait, justement, présentez-nous Ascendance, parce qu'avant de découvrir Estuaire et Prométhée,
01:54j'aimerais bien qu'on fasse un point sur ce que vous êtes en train d'imaginer.
01:58C'est de l'aviation régionale plus propre, je crois.
02:01– C'est ça exactement.
02:02Alors chez Ascendance, on est des pionniers de l'aviation hybride électrique.
02:07Donc hybride électrique, c'est quoi ?
02:09C'est des batteries, du carburant, mix des deux, un peu comme on a aujourd'hui dans les voitures par
02:13exemple.
02:14Et ça, ça sert à quoi ? Ça sert à réduire l'empreinte carbone de l'aviation.
02:18Donc en fait, on vient réduire les émissions de CO2 pour l'aviation.
02:22– C'est le plus gros défi en fait de ce secteur dans les années qui viennent.
02:24– C'est exactement ça.
02:25Et puis au passage, comme on réduit les émissions de carbone,
02:27on réduit aussi un petit peu la consommation de carburant, parce que c'est lié.
02:30Et donc je pense qu'en ce moment, c'est aussi un enjeu qu'on a de réduire cette dépendance
02:34finalement au carburant.
02:36Et chemin faisant, on s'est rendu compte aussi, on a développé tout un pan de nos produits pour la
02:41défense.
02:42Et c'est vraiment quelque chose qu'on pousse aujourd'hui aussi.
02:45L'hybride électrique, c'est améliorer les performances des drones, les performances opérationnelles.
02:51Et ça, c'est quelque chose qui est très important aujourd'hui pour nos forces armées dans le segment de
02:54la défense.
02:55– Alors vous êtes implanté à Toulouse, vous avez été fondé en 2018,
02:59vous avez un soutien financier qui a été annoncé dans le cadre du Plan France 2030, c'est ça ?
03:03– Absolument.
03:04– L'idée c'est quoi ? C'est que demain, pour les vols, on va dire, de les courts
03:09courriers, en quelque sorte,
03:11on puisse avoir des aéronefs qui soient hybrides.
03:16On sait qu'en fait, Airbus travaille là-dessus aussi.
03:20– Absolument.
03:20– Comment vous vous différenciez par rapport à ce géant de l'aéronautique ?
03:25– Eh bien, je ne sais pas si on se différencie, je dirais qu'on travaille avec eux plutôt.
03:28– D'accord.
03:29– L'année dernière, notamment lors du Salon du Bourget,
03:31le grand salon aéronautique qui a lieu tous les deux ans à Paris,
03:34on avait pu annoncer une collaboration, un partenariat stratégique avec Airbus
03:37pour participer à l'exploration de l'hybride électrique pour leurs avions.
03:43Donc c'est vraiment l'utilisation de ces technologies,
03:45ça va être au cœur des enjeux de l'aéronautique dans les années à venir.
03:47Et là, on se place en plein milieu de tout ça.
03:50– Qu'est-ce qui est compliqué dans cette histoire ?
03:54On voit que ça met du temps à arriver.
03:57On parle beaucoup moins d'hydrogène d'ailleurs dans l'aviation depuis un certain temps,
04:01alors que c'était peut-être le Graal il y a encore quelques années.
04:03Qu'est-ce qui est compliqué à mettre en place ?
04:05– Je pense que c'est vraiment…
04:06– C'est le stockage de l'énergie justement qui prend du poids
04:08et on sait que l'ennemi de l'avion c'est le poids.
04:11– Malheureusement oui, c'est vraiment le poids, le grand ennemi.
04:14C'est un peu la raison, on parlait beaucoup d'aviation électrique
04:17il y a quelques années, d'hydrogène.
04:18Mais pour donner un peu un chiffre, par exemple si on voulait faire un A320
04:22qui est un peu le best-seller d'Airbus électrique,
04:25il faut plus de batterie que le poids total de l'avion.
04:28Donc c'est-à-dire qu'une fois qu'on a mis les batteries,
04:30il reste de la place pour ne mettre plus rien d'autre.
04:32Ce qui est un peu embêtant quand même pour un avion comme vous pouvez l'imaginer.
04:34Donc c'est pour ça que l'hybride, ça permet vraiment d'allier le meilleur des deux mondes,
04:38où on vient réduire la consommation de carburant,
04:42notamment dans la phase de croisière,
04:43c'est là où l'avion y vole le plus longtemps.
04:45Et ça, ça permet vraiment d'avoir quelque chose qui est opérationnellement réalisable,
04:49puisqu'on a des systèmes de recharge en vol dans nos avions,
04:52on a les moyens de faire vraiment les missions de l'aviation telles qu'elles sont faites aujourd'hui,
04:58et tout ça de pouvoir le faire dès maintenant.
05:00C'est-à-dire que l'avion décolle avec le thermique,
05:03parce qu'il a besoin de puissance, j'imagine,
05:06et après quand il est en vitesse de croisière,
05:07là c'est l'électrique qui prend le relais,
05:09c'est un mix des deux ?
05:10C'est l'inverse en fait, c'est un peu comme dans les voitures,
05:13quand vous êtes au feu rouge avec votre voiture hybride,
05:15vous mettez le pied sur l'accélérateur,
05:17vous avez l'électrique au départ,
05:18c'est pour que les voitures démarrent très vite,
05:19parce qu'on a de la puissance à ce moment-là,
05:21donc en fait on utilise plutôt un boost électrique au décollage,
05:23et après en croisière on vient optimiser,
05:25pour que le moteur utilise le moins de carburant possible,
05:28donc le moins d'émissions carbone.
05:29Le premier avion ascendant c'est pour quand ?
05:32Le premier avion aujourd'hui il est dans notre hangar,
05:35il est en train d'être assemblé,
05:37on est en train de finaliser tout ça,
05:39donc un premier vol en 2026 dans les mois à venir,
05:42donc ça va être un grand moment,
05:43quelque chose qu'on ne voit pas tous les jours,
05:44mais que j'espère que dans quelques années on verra justement décoller et atterrir tous les jours.
05:47Combien de passagers dans ce premier avion ?
05:50Alors l'avion il est dimensionné pour transporter de 4 à 6 passagers,
05:54et donc c'est vraiment cette mobilité régionale pour décentraliser,
05:58faire des liaisons qui finalement sont peut-être mal desservies aujourd'hui,
06:01et où des plus gros avions n'ont pas forcément de réalité économique,
06:06et puis un jour cette technologie,
06:08on vient la faire grandir, on vient la faire mûrir,
06:10et elle sera un jour présente dans les avions commerciaux.
06:13Et on arrive à économiser combien de carburant avec ce type de technologie ?
06:16Alors sur un avion classique si je puis dire,
06:18ça peut monter jusqu'à moins 50%,
06:20donc c'est-à-dire on réduit de moitié la consommation de carburant,
06:22et donc les émissions carbone,
06:23et voire même sur l'avion dont on parlait qui est en assemblage,
06:26on peut même monter jusqu'à moins 80%,
06:28c'est-à-dire près de 4 fois moins d'émissions carbone.
06:32Merci beaucoup.
06:33On enchaîne avec Olivier Pieps maintenant,
06:35cofondateur et président de Prométhée,
06:37qui utilise des satellites pour surveiller la Terre
06:40et fournir des données utiles sur les risques,
06:43l'environnement et la souveraineté.
06:45Présentez-nous donc Prométhée.
06:48Alors je vais vous parler pour une fois,
06:50pas de satellite, mais de géo-intelligence,
06:53puisque nous dans le système,
06:54c'est vraiment offrir des solutions
06:57au travers de l'observation de la Terre
06:58en essayant de jouer un peu le rôle de méta-opérateur,
07:02d'aller prendre un maximum de données spatiales,
07:05mais également d'y ajouter des bases de données
07:08qui peuvent couvrir des problématiques de port,
07:12des problématiques d'urbanisme, etc.
07:14Et l'idée de la géo-intelligence,
07:16c'est grâce à un moteur d'IA
07:18de pouvoir traiter, donc fusionner,
07:21corréler cette donnée
07:22et créer des graves dynamiques
07:24qui vont permettre,
07:25avec toute cette donnée spatiale
07:26et pas seulement spatiale,
07:28en fait, de pouvoir déterminer,
07:31caractériser des comportements.
07:34Donc d'identifier des anomalies
07:36dans les comportements
07:37et on entre dans un monde très particulier
07:40qui est le monde de l'anticipation.
07:41On est capable, grâce à ça,
07:43de détecter des choses, des crises.
07:47Avant qu'elles n'arrivent.
07:48Avant qu'elles n'arrivent.
07:49Et alors ça, ça rentre dans tout le cycle du spatial
07:52avec des capteurs, avec des satellites.
07:55L'IA, bien évidemment, j'imagine.
07:56On a fait Gaia, qui est un moteur,
07:59on a été aidé par la BPI,
08:01financé par la BPI,
08:02donc un moteur, justement,
08:04IA pour la géo-intelligence,
08:06qui permet de faire ces graves dynamiques.
08:08Et ça, c'est vraiment assez révolutionnaire en Europe
08:11et c'est un pan majeur
08:13dans ces solutions spatiales
08:15avec comme application
08:16des applications totalement duales
08:19pour les gouvernements,
08:20pour les industriels,
08:21dans la défense, dans la sécurité,
08:23pour la protection de l'environnement.
08:25Voilà.
08:26Avec une notion de souveraineté importante.
08:28Avec une notion, évidemment.
08:29Certains pays, aujourd'hui,
08:30n'ont pas le choix d'aller se tourner
08:33vers des solutions américaines.
08:34Donc, vous êtes une alternative.
08:36Voilà.
08:36Donc, déjà, cette capacité-là existe aux États-Unis,
08:40n'existe pas en Europe.
08:41Et puis, on voit, c'est avec des couches différentes.
08:44Après, on peut rajouter à la souveraineté
08:45jusqu'au satellite.
08:47Et je vais peut-être rajouter un petit point
08:49sur Starter.
08:50Oui.
08:51Parce que Starter,
08:52ce qui est assez extraordinaire avec Starter,
08:54c'est qu'en moins de 4 ans,
08:56la grande maison GIFAS
08:58s'est ouverte donc aux start-up.
09:01Et l'idée, pour moi,
09:03et les doubles, la plus importante,
09:05c'est une ouverture de la filière.
09:07C'est-à-dire que les petites sociétés
09:09ont accès aux ETI,
09:11donc aux PME, aux ETI, aux grands groupes.
09:13Et on peut travailler ensemble
09:15pour l'innovation,
09:16pour la production,
09:18pour la supply chain, etc.
09:20Et ça donne vraiment
09:22une dynamique extraordinaire
09:24dans un moment,
09:25et je m'arrêterai là,
09:26où la situation est très complète.
09:28La situation économique française
09:30est compliquée.
09:31Les grandes agences
09:32n'ont pas beaucoup d'argent,
09:33il faut tenir.
09:34Alors, il y a évidemment l'Europe
09:35qui nous ouvre ses portes,
09:37mais la question du financement
09:39est cruciale.
09:41En fait, dans le scale-up,
09:42ce qu'on appelle,
09:42c'est-à-dire,
09:43on sait en France,
09:44on est assez bon
09:44pour lancer des petites sociétés,
09:47mais pour transformer
09:48ces sociétés
09:50en champions,
09:52il faut des financements.
09:53Et Starter,
09:54avec l'aide de nos aînés
09:56et des grandes sociétés,
09:57on réfléchit
09:58comment mettre en place
09:59des financements
09:59pour pérenniser,
10:01transformer ces sociétés
10:02en licornes.
10:03Voilà.
10:04Très bien,
10:05donc c'est très clair,
10:06c'est très clair.
10:06On va donner maintenant
10:08la parole à Maxime Meyers,
10:10cofondateur et CEO d'Estuaire.
10:11Peut-être avant de rentrer
10:12dans Estuaire,
10:13vous pourriez nous dire un mot
10:15justement sur Starter aussi ?
10:16Oui, alors nous, Starter...
10:17Pour compléter ce qu'on dit...
10:19Exactement, nous, Starter,
10:20c'est vraiment le pont
10:21entre les industriels du secteur,
10:23les Abus Safran Thalès
10:24et des jeunes pousses
10:26comme les nôtres.
10:27Nous, on est membre
10:27depuis un an et demi.
10:29On a pu faire un petit peu
10:30des connexions
10:30avec justement ces industriels.
10:33Et il faut rappeler
10:35que l'aviation aujourd'hui,
10:36en termes de balance commerciale
10:37à l'export,
10:39c'est plus de la moitié
10:40de nos exports.
10:42Et donc c'est quelque chose
10:42sur lequel l'innovation
10:44que les startups amènent
10:45peut complémenter
10:46et renforcer
10:47la compétitivité
10:48de la filière au global,
10:50au-delà de ces grands champions.
10:51Et donc,
10:51beaucoup de connexions.
10:52Alors nous,
10:53on travaille sur la partie
10:55données de vol.
10:56Oui, alors vous,
10:57d'après ce que j'ai compris,
10:58vous êtes là pour monitorer
10:59l'impact climatique des vols.
11:01Estuaire,
11:01ça a été fondé
11:02il y a trois ans
11:04par vous-même
11:05et votre frère,
11:07Nicolas.
11:08Et vous êtes tous les deux pilotes,
11:09c'est ça ?
11:09Exactement.
11:10Donc c'est une entreprise familiale,
11:12quelque part.
11:13Et alors,
11:13pilote privé,
11:15mais on apprend beaucoup
11:16en effet de cette éducation.
11:18Et quelque part,
11:19pour faire le lien
11:20avec les précédents interlocuteurs,
11:21on est entre l'intelligence
11:22vraiment
11:23et l'aviation.
11:25C'est-à-dire qu'on cherche
11:26à réduire
11:27l'impact climatique
11:28de l'aviation
11:29et les consommations
11:30avec l'existant.
11:32Donc,
11:33vraiment,
11:33il faut voir le vol
11:34du début à la fin
11:35avec les bonnes pratiques,
11:37diminuer les temps
11:37de roulage au sol,
11:39optimiser les altitudes,
11:41optimiser,
11:41essayer d'avoir
11:42des raccourcis en vol.
11:43et plus récemment,
11:45on travaille sur un sujet
11:46d'impact climatique particulier
11:47qui est celui
11:48des traînées blanches,
11:50les traînées de condensation
11:51derrière les avions.
11:51Elles auraient un impact
11:53aussi fort que le CO2
11:54et rerouter les vols,
11:57c'est-à-dire adapter
11:57les altitudes,
11:58permettrait d'en éviter
11:59une grande partie.
12:00Et donc,
12:01on est très...
12:01C'est-à-dire que ces traînées blanches
12:03seraient polluantes,
12:03entre guillemets,
12:04c'est ça ?
12:04Beaucoup plus polluantes
12:05que ce qu'on pouvait imaginer ?
12:07Alors,
12:07exactement.
12:08C'est-à-dire que c'est
12:08dans des papiers de...
12:09C'est tellement beau dans le ciel.
12:10En effet,
12:11c'est une certaine forme d'affect.
12:13C'est-à-dire que c'est souvent
12:14utilisé dans des images
12:15pour l'aviation,
12:16mais comme tout nuage,
12:18en fait,
12:19ces traînées peuvent bloquer,
12:20en particulier la nuit,
12:22le rayonnement de la Terre
12:23vers l'espace
12:23et bloquer un peu cette chaleur.
12:25Et le passage répété
12:27des avions
12:27dans certaines zones
12:28crée un petit peu
12:29cette opacité
12:30qu'on peut éviter.
12:32Et la beauté du phénomène,
12:34c'est que seulement
12:343% des vols
12:36sont concernés.
12:37Donc,
12:37en adaptant les trajectoires
12:39et les vols
12:39de 3% des vols,
12:41on arrive à gérer
12:42la totalité du problème.
12:43Ce qui est un levier inouï
12:44pour le secteur
12:46et son impact
12:47sur le réchauffement climatique.
12:48Donc,
12:48l'idée,
12:48c'est de limiter
12:50la pollution,
12:52faire gagner de l'argent aussi
12:54aux transporteurs aériens
12:55parce que vous allez optimiser
12:56leur trajet,
12:57c'est ça ?
12:58Mais ils le font déjà,
12:59j'imagine, non ?
13:00Ils n'ont pas ces outils
13:01aujourd'hui ?
13:02Ils le font déjà.
13:03Il y a beaucoup d'outils
13:04qui se sont développés
13:05sur tout ce qui est...
13:06Et j'imagine qu'il y en a
13:06de plus en plus.
13:07Il y en a de plus en plus
13:08sur tout ce qui est
13:09la préparation amont du vol,
13:11également sur le dépouillage
13:13des données post-vol
13:14pour analyser
13:14les bonnes pratiques.
13:15Mais il y a
13:16certaines inefficacités
13:19qui restent en place.
13:20Par exemple,
13:20on voit avec la situation
13:22géopolitique actuelle,
13:23les détours des avions
13:24qui vont vers l'Asie
13:25sont toujours plus longs.
13:26Donc, il y a des éléments
13:28comme ça inhérents...
13:29Ça, c'est un cas de force majeure,
13:31on va dire.
13:31Des cas de force majeure,
13:32mais aussi la congestion,
13:33c'est-à-dire le fait
13:34qu'il y a de plus en plus
13:34d'avions dans le ciel
13:36fait que la sécurité
13:38étant de prime à bord,
13:40on a encore
13:40des optimisations à trouver
13:42et en envoyant
13:43la recommandation
13:44au bon moment
13:44et au bon endroit,
13:46on peut aller chercher
13:47des économies supplémentaires.
13:49Très bien.
13:50Donc, c'est quoi ?
13:51C'est de la data ?
13:51Vous travaillez sur de la data ?
13:54Vous récupérez où
13:55ces données, d'ailleurs ?
13:56Alors, on connaît tous
13:58des applications
13:59comme Flightradar
14:00ou Equivalent.
14:01Donc, la beauté
14:02du secteur
14:03aérospatiale défense,
14:04quelque part,
14:05c'est qu'on a une transparence
14:06de ces données.
14:07C'est-à-dire,
14:07aujourd'hui,
14:08sur une application,
14:09je peux suivre
14:10quasiment n'importe quel
14:11vol en temps réel.
14:12Et donc,
14:12notre première idée
14:13avec Estuaire,
14:14c'était de construire
14:15des services professionnels
14:16sur ces données.
14:17Donc, on analyse,
14:18nous, Estuaire,
14:18d'abord,
14:1840 millions de vols
14:20d'avions commerciaux
14:21par an.
14:21Et sur la base
14:22de ce constat,
14:23de cet impact,
14:24on est à même
14:25de faire des recommandations
14:26et on informe
14:27les compagnies aériennes,
14:28mais aussi tous
14:29les acteurs périphériques,
14:30les aéroports,
14:32les financiers
14:33des compagnies aériennes
14:34qui, finalement,
14:35sont intéressés
14:35par cette activité aéronautique.
14:37On voit que le cours
14:38du fuel explose.
14:40J'imagine que ça a encore plus,
14:42enfin,
14:42vous pouvez avoir
14:43encore plus d'impact
14:44justement sur ce sujet.
14:45Aujourd'hui,
14:47les coûts de fuel
14:48pour une compagnie aérienne,
14:50c'est entre 30 et 40 %
14:51de ses coûts opérationnels
14:52directs.
14:53Là, avec le prix du fuel
14:54qui est augmenté,
14:56proportionnellement,
14:57l'impact est donc
14:58chaque kilo,
14:59chaque dizaine de kilos
15:01à économiser compte.
15:03Et donc,
15:03quand on travaille
15:03sur un autre sujet
15:04comme cette rainée
15:06de condensation,
15:07considérer, finalement,
15:08l'impact aussi fuel
15:09et l'impact monétaire
15:11reste important.
15:12Donc, il s'agit
15:12de faire des compromis,
15:13en fait.
15:13C'est intéressant
15:15peut-être de partager
15:18votre savoir avec,
15:20on le disait tout à l'heure,
15:22Ascendance et Thibault,
15:23non ?
15:24J'imagine.
15:24Vous faites des choses ensemble ?
15:25Oui, exactement.
15:26On travaille justement ensemble.
15:28C'est-à-dire que pour Ascendance,
15:30on a communiqué dessus,
15:31il s'agit en fait
15:31de caractériser,
15:33eux,
15:33développent un système hybride.
15:34Et donc,
15:35il faut comprendre aujourd'hui
15:36comment est-ce que les avions actuels
15:37opèrent,
15:38dans quelles conditions environnementales
15:39pour que le système
15:40dessiné par Ascendance
15:42puisse opérer,
15:43dans la majorité des cas,
15:45au bon point de fonctionnement.
15:47On se base sur l'existant
15:48pour informer
15:49le dessin de l'avion de demain.
15:51Maxime ?
15:52Oui, c'est exactement ça.
15:53En fait,
15:53c'est vraiment pouvoir positionner
15:54le produit au bon endroit.
15:56Donc, nous,
15:56on se sert beaucoup
15:57des données d'estuaire
15:58pour pouvoir être sûr
15:59de voir
16:00ou remplacer
16:01ou en tout cas
16:02complémenter les flottes existantes
16:04pour avoir le plus d'impact
16:04en termes de décarbonation.
16:06Et donc là,
16:06d'avoir cette connaissance,
16:07c'est super important pour nous
16:08pour cette mission
16:10qui est de réduire
16:11l'empreinte carbone
16:12de tout le secteur.
16:13Thibaut,
16:14vous avez des concurrents ou pas ?
16:15Alors,
16:16sur le sujet de la donnée,
16:18oui,
16:18on a des concurrents.
16:19En France,
16:20sur le positionnement
16:21traîné de condensation,
16:22on a une approche
16:23qui est quand même
16:23assez unique
16:24et donc on se veut
16:25un petit peu être ambassadeur
16:26aussi à l'export,
16:27travailler avec,
16:27par exemple,
16:28des compagnies aériennes
16:29aussi étrangères
16:30et des acteurs étrangers.
16:33Mais oui,
16:33c'est un secteur,
16:34le secteur de la data.
16:34Vous collaborez avec Vueling,
16:35je crois, non ?
16:36On collabore,
16:36oui,
16:37entre autres avec Vueling,
16:38la compagnie aérienne.
16:39Qu'est-ce que vous faites avec eux ?
16:40Enfin,
16:40si vous pouvez comme...
16:41On a mené une campagne
16:44d'essai,
16:44d'évitement
16:45de ces traînées blanches
16:46et donc concrètement,
16:48on recevait
16:48ce qui s'appelle
16:49le plan de vol
16:50avant le vol,
16:51donc le passage de l'avion
16:52et avec nos données climatiques
16:54et nos données météo,
16:55on était capables
16:55de proposer des alternatives
16:57qu'on envoyait ensuite
16:58en live
17:00aux équipages
17:01pour ensuite
17:02prise en compte...
17:03C'est pendant le vol
17:03que ça se passe,
17:04c'est ça ?
17:04Il y avait un aspect tactique,
17:06c'est-à-dire le tactique,
17:07c'est-à-dire
17:07c'est ce qui se passe
17:08vraiment pendant le vol
17:09et donc on est capable
17:10d'avoir le message
17:11qui est un petit peu
17:12comme le WhatsApp,
17:13on va dire.
17:14D'accord.
17:14Et alors,
17:15qu'est-ce que vous lui...
17:15parce que c'est le commandant
17:17de bord qui reçoit ça,
17:18qu'est-ce que vous lui dites ?
17:19C'est changer d'altitude,
17:20aller moins vite,
17:20plus vite,
17:21c'est quoi le...
17:21C'est principalement,
17:22dans ce cas-là,
17:23c'était principalement
17:23un changement d'altitude.
17:24D'accord.
17:25Et donc,
17:26en général,
17:26le pilote doit soit
17:27adapter son plan de vol,
17:29soit demander au contrôle aérien
17:30s'il peut adapter son altitude,
17:32ce qui lui est attribué.
17:34Mais il peut modifier
17:35comme ça son plan de vol
17:35en suivant vos conseils,
17:38il a le droit ou pas ?
17:39Alors,
17:40il a le droit
17:40surtout aux périodes
17:43hivernales
17:43où il y a moins d'avions
17:44dans le ciel,
17:44c'est-à-dire qu'en particulier
17:45en été,
17:46le plus gros du trafic
17:47dans le ciel européen,
17:48c'est entre 12,
17:4913,
17:5014 juillet.
17:51Et donc là,
17:51en effet,
17:52il faut suivre la trajectoire
17:54qu'on avait planifiée initialement
17:55parce que ça permet
17:56au contrôle global
17:58de tout harmoniser.
17:59Et si tous les avions
18:00cherchaient à dévier,
18:01ce ne serait pas possible.
18:02La bonne nouvelle,
18:03c'est que ce phénomène
18:04traîné de condensation,
18:05il est particulièrement
18:06prépondérant l'hiver.
18:08Donc,
18:08c'est l'hiver
18:09qu'on peut envoyer
18:09des recommandations
18:11aux périodes pour dévier.
18:12Ça tombe bien.
18:13Parfait.
18:13Voilà,
18:14passionnant.
18:14Merci beaucoup à tous les trois
18:15d'être venus sur le plateau
18:16de Tech & Co
18:16pour nous présenter
18:18Starter,
18:19ce club des start-up françaises
18:20de la filiale aéronautique
18:21et spatiale.
18:23Merci à Thibaut Baldivia,
18:26cofondateur et directeur
18:27commercial d'ascendance.
18:28Merci à Olivier Pieps,
18:30cofondateur et président
18:30de Prométhée.
18:31Et à Maxime Meyers,
18:34cofondateur et CEO
18:35d'Estuaire.
18:36Merci beaucoup.
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