- il y a 12 heures
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et de Renaud Dély.
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00:01Générique
00:05Bonjour et bienvenue dans Les Informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité jusqu'à 9h30.
00:10Bonjour Renaud Delis.
00:11Bonjour Agathe.
00:12Au sommaire, tous unis derrière l'Ukraine, on fait le bilan du G7.
00:17Emmanuel Macron a-t-il réussi à amadouer Donald Trump ?
00:20On a compris que le président américain aimait Versailles, en tout cas où il doit dîner ce soir.
00:25Et puis, comment étudier et passer des examens en période de canicule ?
00:31Quels aménagements mettre en place ?
00:32Le ministre de l'Éducation a été l'invité du 8h30 France Info ce matin.
00:36Pour nous éclairer, nos informés, Aurore Malval, grand reporter au service politique de Marianne.
00:41Bonjour Aurore.
00:42Bonjour.
00:42Et Adrien Brachet, rédacteur en chef adjoint au service politique du Point.
00:46Bonjour Adrien.
00:46Bonjour Agathe.
00:47On commence donc, Renaud, par le G7 et on fait un premier bilan avec nos informés.
00:53Avec hier, Volodymyr Zelensky, qui était en quelque sorte invité d'honneur de ce G7,
00:59qui a rencontré Donald Trump.
01:01Et lors de ce G7, les dirigeants, tous les dirigeants présents, ont affiché leur volonté,
01:06d'une part, de soutenir davantage l'Ukraine et puis d'intensifier la pression sur la Russie.
01:10Et d'ailleurs, Donald Trump s'est engagé à rétablir un certain nombre de sanctions sur le pétrole et sur
01:16le gaz russe,
01:17des sanctions qu'il avait levées pendant la guerre contre l'Iran.
01:21Est-ce qu'Emmanuel Macron s'est félicité de ce qu'il appelle, je cite,
01:24un moment de réveil stratégique à cause de cet accord des membres du G7 ?
01:29Alors est-ce que ce serait par hasard le résultat peut-être du traitement de faveur
01:33accordé par Emmanuel Macron à Donald Trump,
01:35de cette stratégie de séduction qu'il met en œuvre depuis deux jours
01:40et qui atteindra en quelque sorte son summum ce soir avec ce grand dîner de gala,
01:46à cette réception fastueuse accordée au président américain à Versailles ?
01:50En tout cas, Donald Trump s'en réjouit d'avance.
01:53Versailles, ça brille, ça lui plaît.
01:55Voici ce qu'il en disait justement hier, ravi d'y être reçu ce soir.
02:01J'adore les beaux endroits.
02:05Je devais partir dans l'après-midi et le président français qui se trouve être un homme très gentil
02:09m'a invité à dîner à Versailles.
02:16Et Versailles, c'est pas du plaqué or.
02:18Versailles, c'est du lourd.
02:19Alors j'ai dit, j'aimerais le faire.
02:23C'est pas du plaqué or, Coco.
02:26Il manquait juste, regarde la gourmette.
02:27En tout cas, c'est Versailles l'authentique.
02:29C'est pas une réplique façon Las Vegas.
02:31Et visiblement, ça marche, ça brille.
02:33Ça plaît à Donald Trump.
02:35Et on a vu tout au long de ce sommet, justement, Emmanuel Macron soucieux d'éviter ce qui s'était
02:39produit l'an dernier.
02:40Donald Trump quittant le G7 réuni l'an dernier au Canada avant la fin de ce sommet.
02:46Est-ce que cette stratégie, elle a fonctionné, en tout cas jusqu'ici ?
02:49Est-ce qu'elle explique, d'ailleurs, accessoirement aussi, le fait que Donald Trump se soit rapproché de l'Ukraine
02:54et du président Zelensky à l'occasion de ce sommet ?
02:56On est quand même très loin de l'ambiance du dernier, quand Donald Trump était parti en plein milieu, qu
03:01'ensuite il avait critiqué Emmanuel Macron.
03:03Pour l'instant, on peut dire que le président a réussi un peu à l'amadouer.
03:07Oui, alors c'est le jour et la nuit par rapport au dernier G7 qui s'était tenu au Canada,
03:11en effet, où Donald Trump avait été parti du G7 en plein milieu,
03:15puis avait, comme vous le dites, critiqué Emmanuel Macron.
03:18Là, Emmanuel Macron a réussi une chose, en tout cas déjà, à travers ce dîner, qui est de maintenir Donald
03:26Trump sur place jusqu'au bout.
03:28Rien que ça, c'était déjà une réussite et un objectif de la part du chef de l'État, c
03:33'est dire d'où on part.
03:35Ensuite, le deuxième objectif qu'avait Emmanuel Macron, c'était un objectif de maîtrise de l'agenda,
03:40là, si vous voulez, on dit souvent qu'en politique et en relations internationales, le fait de maîtriser l'agenda
03:44est déjà une réussite.
03:46Et là, en l'occurrence, il s'agissait de remettre sur le devant de la scène la question de l
03:51'Ukraine,
03:51qui était totalement passée hors des écrans radar depuis le conflit en Iran.
03:57Et là-dessus, c'est réussi.
03:59L'Ukraine est au cœur des négociations.
04:01Il s'agissait, si vous voulez aussi, de convertir sur le terrain diplomatique la dynamique militaire de ces derniers temps
04:07de l'Ukraine.
04:07C'est-à-dire que sur le terrain, l'Ukraine, ces derniers temps, résiste bien, reprend même un peu de
04:13terrain, a des drones extrêmement performants.
04:15Et il s'agissait d'acter ça sur le plan diplomatique.
04:18Donc, là-dessus, c'est une réussite.
04:19Après, il ne faut pas s'emballer non plus trop.
04:23Rappelons-le que Donald Trump a fait de l'imprévisibilité, des retournements permanents, presque une doctrine.
04:28Donc, on est encore très loin d'un possible règlement du conflit, avec des questions majeures en suspens, qui sont
04:37celles des garanties de sécurité, des territoires.
04:39Donc, on est encore très loin d'une réussite.
04:40Mais au moins, Emmanuel Macron a réussi à remettre cette question de l'Ukraine, avec les autres pays européens du
04:46G7, cette question de l'Ukraine au centre des discussions.
04:48Est-ce que Volumir Zelensky, le président ukrainien, s'en renforcer de ce sommet or malval ?
04:54En tout cas, comme l'a dit Adrien, il est dans une meilleure posture aujourd'hui qu'il ne l
05:00'était il y a quelques semaines même.
05:04D'ailleurs, pour Donald Trump, c'est extrêmement important.
05:06Vous parliez, Adrien, de la façon dont l'Ukraine, sur le terrain, résiste mieux.
05:10Pour Donald Trump, ne pas être un loser, c'est extrêmement... c'est capital.
05:15Et donc là, c'était aussi une façon de lui dire, regardez, l'Ukraine n'est pas le loser de
05:20cette guerre et vous pouvez justement les soutenir.
05:23Il semblerait en tout cas que ce discours ait trouvé un certain écho chez Donald Trump.
05:28Encore une fois, c'est très difficile de dire comment le président américain va formaliser tout cela.
05:35Mais on voit bien, en tout cas, de la façon dont il est cajolé, que justement tout le monde l
05:40'a félicité pour ce magnifique accord avec l'Iran,
05:43dont personne ne connaît d'ailleurs les contours précis.
05:46Mais on voit bien qu'il y a un désir, en tout cas, de rallier vraiment le président américain,
05:52qui d'ailleurs a dit maintenant l'Iran, c'est dans le rétroviseur, on va pouvoir se concentrer sur l
05:57'Ukraine.
05:57On va voir ce qui se passera justement au château de Versailles.
06:01D'ailleurs, c'est très intéressant aussi la façon dont Emmanuel Macron utilise encore plus que ses prédécesseurs le château
06:06de Versailles
06:07comme instrument de sa diplomatie.
06:10Il l'a vraiment remis au premier plan.
06:13Dès 2018, il avait reçu Vladimir Poutine.
06:15Tout à fait, tout à fait.
06:17Et ça avait été un petit peu délaissé, le château de Versailles.
06:19Je crois que c'était 2017.
06:202017, d'ailleurs, d'un instant, mai 2017, quelques semaines après son élection, après l'élection d'Emmanuel Macron.
06:24Et effectivement, le château de Versailles, où s'était tenu un G7, je crois, à l'époque de François Mitterrand,
06:31et qui avait ensuite, d'ailleurs, organisé un autre sommet, quasiment en miroir, à la défense, justement, sous l'arche
06:37de la défense.
06:38Et ensuite, le château de Versailles avait perdu un petit peu cette importance diplomatique.
06:43Et là, avec Emmanuel Macron, il revient vraiment sur le devant de la scène.
06:46Et ça s'inscrit dans cette stratégie extrêmement habile d'Emmanuel Macron, effectivement, pour essayer de gérer les sautes d
06:51'humeur de Donald Trump.
06:53Alors, il y a une forme de pragmatisme.
06:55Ça en dit long aussi de la difficulté de gérer les États-Unis avec un président aussi imprévisible à la
07:01tête de cette première puissance mondiale.
07:03Mais tout a été fait, et jusqu'à présent, ça fonctionne, pour que ça se passe bien.
07:08C'est-à-dire, comme vous l'avez dit, louer le succès de Donald Trump, en tout cas celui qu
07:13'il revendique,
07:14avec l'accord de paix contre l'Iran, enfin, avec l'Iran, et l'accord qui doit donc être signé
07:20physiquement vendredi à Genève.
07:22Le fait d'ailleurs de lier les deux.
07:23C'est-à-dire que, et Donald Trump lui-même dit, maintenant, je peux rétablir des sanctions sur le pétrole
07:31ou le gaz russe,
07:31parce que, dit-il, ça y est, le pétrole recoule à flot de nouveau.
07:34Bon, il anticipe un petit peu, mais donc c'était une façon, justement, de dire,
07:38et je pense que c'est dans la mise en scène aussi des diplomates français et d'Emmanuel Macron,
07:43de dire, justement, la récompense, en quelque sorte, de votre grand succès face à l'Iran,
07:49prétendu tel, en tout cas, et bien c'est justement de pouvoir vous concentrer à nouveau sur la Russie.
07:54Après, il y a aussi des sujets, il faut le dire, qui ont été mis sous le tapis à l
07:57'occasion de ce G7,
07:58pour ne pas fâcher Donald Trump, à commencer par le réchauffement climatique.
08:00On sait que le président américain a qualifié cet événement, ce défi de plus grande arnaque du siècle.
08:05Là, il s'agissait de surtout pas en parler à l'occasion de ce G7,
08:08parce que si vous avez le réchauffement climatique auprès de Donald Trump, c'est le meilleur moyen de le fâcher.
08:13Mais tout ça a été habilement fait, et ça donne justement ce rapprochement avec Volodymyr Zelensky,
08:20cette rencontre, ces photos, ces engagements de Donald Trump,
08:24même s'il faut être prudent sur la durabilité, justement, de cet engagement.
08:29Et c'est vrai que Versailles, le choix de Versailles, rentre parfaitement dans cette stratégie d'Emmanuel Macron.
08:35Et en tout cas, pour l'instant, ça répond.
08:38C'est vrai qu'Emmanuel Macron, même s'il reprend une très longue tradition,
08:41tous les présidents de la République de la Vème République ont utilisé le château de Versailles.
08:45En son temps, Gérald De Gaulle avait reçu un président américain beaucoup plus populaire que Donald Trump en Europe et
08:48en France,
08:49c'était John Kennedy, avec Jackie.
08:51Tous ses successeurs, ensuite, ont reçu des chefs d'État qui n'étaient pas forcément de grands démocrates,
08:55du Shah d'Iran à Xi Jinping.
08:58Le colonel Kadéfi a eu aussi droit à une visite du château de Versailles.
09:01Alors, il n'y avait pas forcément de dîner, de réception, de gala,
09:04mais Versailles, c'est un écrin qui permet justement de satisfaire les puissants.
09:09Et comme ça brille, ça marche avec Donald Trump.
09:12Adrien Brachet, Emmanuel Macron, lui, il veut capitaliser, non, là-dessus ?
09:16Parce qu'on a appris qu'il parlait demain soir sur France 2.
09:19Tout à fait.
09:20C'est pourquoi ?
09:21Alors, en effet, on ne peut pas exclure qu'il y ait des arrières-pensées politiques de la part d
09:25'Emmanuel Macron,
09:26surtout qu'Emmanuel Macron a imaginé, si vous voulez, un été, une séquence ces prochaines semaines
09:32où il sera omniprésent.
09:34Donc, il y a le G7, il y a en effet ses prises de parole jeudi.
09:39Il va y avoir la panthéonisation de Marc Bloch.
09:42Il va y avoir le sommet de l'OTAN aussi, qui va être un moment, d'ailleurs, sur le plan
09:46stratégique en Turquie,
09:47début juillet, qui sera important.
09:49Il va y avoir le 14 juillet, le dernier 14 juillet de son mandat,
09:53le Tour de France sur lequel il va se rendre.
09:56Il ne le fait pas, oui, c'est ça, le Tour de France.
09:58Il ne lui fait pas ton réponse, pas encore, peut-être que ce sera une idée de reconversion.
10:03Donc, il y a bien évidemment qu'il y a une arrière-pensée politique de la part d'Emmanuel Macron,
10:08pendant que le gouvernement, lui, est empêtré dans une série de difficultés autour de l'affaire Liana.
10:14Alors, il y avait la crise des carburants.
10:16On va voir si, avec l'accord en Iran, les choses s'apaisent.
10:19Mais bien évidemment qu'Emmanuel Macron veut capitaliser sur la situation,
10:23et ses opposants ne vont pas d'ailleurs se priver de dire que c'est une sorte d'exposition à
10:29peu de frais aussi de sa part.
10:31C'est une tournée d'adieu, en fait, pour parler clair.
10:33C'est une tournée d'adieu qui va durer 10 mois.
10:35Dernier décès, dernier 14 juillet.
10:37Voilà, à chaque fois, ça va être la dernière des dernières, si j'ose dire.
10:39En l'occurrence, c'est une tournée d'adieu.
10:41Elton John, elle a duré 5 ans, cette tournée d'adieu.
10:44Emmanuel Macron sait que ça va être 10 mois.
10:45Et de toute façon, il a perdu les manettes sur le plan intérieur depuis la dissolution.
10:48Donc, c'est vrai que la scène internationale est d'autant plus importante pour lui
10:51et qu'il fait preuve, justement, de cet activisme qu'on évoquait à l'instant.
10:55Il va continuer pendant 10 mois parce que c'est une façon aussi de sauver son bilan, son héritage.
11:01Il y a aussi la dimension européenne de son engagement, qui a été un fil rouge continu de ses deux
11:05mandats.
11:06Donc, c'est clair que, si j'ose dire, c'est ce qui lui reste,
11:09mais c'est extrêmement important, a fortiori dans le contexte géopolitique qu'on connaît.
11:14J'ajoute que, d'ailleurs, cette fameuse « legacy », comme on dit en Macronie,
11:18l'héritage que va laisser Emmanuel Macron.
11:20Emmanuel Macron a cherché à s'entourer un petit peu pour cette dernière année,
11:23d'ailleurs, d'écrivains, à inviter des écrivains un petit peu en bête sur certains événements
11:28pour, justement, qu'ils narrent un petit peu la chanson de geste de cette dernière année d'Emmanuel Macron.
11:34Il y a une mise en scène.
11:35Et d'ailleurs, c'est intéressant parce que j'ai lisé chez nos confrères du monde
11:39que, justement, Maria Pourchet, qui était une écrivaine,
11:43qui était prévue au G7, n'était finalement pas venue
11:46parce qu'elle n'aurait pas pu avoir accès, finalement, comme le G7 revêtait un véritable enjeu de négociation,
11:52eh bien, certains accès lui auraient été fermés.
11:54Et donc, finalement, elle a renoncé à accompagner...
11:57Enfin, l'accompagnement d'Emmanuel Macron sur ce sommet ne s'est pas fait.
12:00Mais ça va être un petit peu l'ambiance, effectivement, de cette dernière année.
12:04Et qu'on commentera dans les informés.
12:06Dans un instant, on va parler de la canicule et des élèves
12:10qui doivent travailler dans des classes parfois surchauffées.
12:13Quelle solution !
12:14Mais pour l'instant, il est 9h18 et c'est l'Info en une minute avec Marie-Marty Rosson.
12:19La France se prépare à un nouveau coup de chaud en pleine semaine du baccalauréat.
12:23Les élèves convoqués lundi à des oraux dans des centres d'examens jugés trop chauds
12:27seront prévenus d'un éventuel report demain ou vendredi au plus tard,
12:30selon le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, invité tout à l'heure du 8.30 de France Info.
12:36Au Moyen-Orient, l'accord entre les États-Unis et l'Iran pour faire cesser la guerre doit être signé
12:40dans deux jours.
12:41Il prévoit notamment la réouverture du détroit d'Harmouz.
12:44Mais il faut être patient en raison d'une présence très probable de mines dans la zone,
12:48estime sur France Info le directeur de la sécurité et de l'organisation maritime internationale.
12:53Une frappe de drone russe a fait un mort dans la région de Zaporizhia, dans le sud-est de l
12:57'Ukraine.
12:58Un incendie s'est déclaré dans un immeuble d'habitation, sept personnes ont été blessées.
13:02Et puis le très bon début des Bleus au Mondial de football.
13:05L'équipe de France a battu hier le Sénégal, trois buts à un.
13:09Cette nuit, l'Argentine a terrassé l'Algérie 3 à 0 avec ce triplé de Lionel Messi,
13:13le capitaine argentin qui égale donc le record de Miroslav Klose du plus grand nombre de buts dans l'histoire
13:19du Mondial.
13:22France Info
13:26Les informés, Renaud Dely, Agathe Lambret.
13:32Les informés, Cadrien Brachet, rédacteur en chef adjoint au service politique du Point,
13:37Aurore Malval, grand reporter au service politique de Marianne.
13:41Renaud, notre deuxième débat sur les fortes chaleurs et les pauvres lycéens notamment,
13:46qui doivent travailler, passer des examens.
13:49C'est la période des examens, évidemment, et d'abord du baccalauréat, ça c'est annuel.
13:52Puis c'est aussi la période des canicules, ça devient mensuel maintenant.
13:55Il y en a un premier épisode caniculaire au mois de mai, il y en a un autre qui s
13:58'annonce ces jours-ci.
13:59Avec donc la difficulté pour les élèves de passer ces examens et d'abord le bac dans de telles conditions.
14:05Alors comment faire ? Quels aménagements mettre en place ?
14:07Et puis au-delà d'ailleurs, comment aménager, comment adapter justement le bâti scolaire
14:13à ces épisodes caniculaires liés au réchauffement climatique ?
14:17Voici ce qu'on disait il y a quelques minutes sur ce plateau, celui qui était votre invité,
14:20le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray.
14:23L'idéal serait que nous ayons nos 60 000 écoles, collèges, lycées,
14:30parfaitement isolées, rafraîchies, etc.
14:33D'abord, tous ces bâtiments appartiennent aux collectivités territoriales, pas à l'État.
14:37De même que je ne peux pas rénover, pardonnez-moi, votre appartement,
14:39je ne peux pas rénover un bâtiment qui ne m'appartient pas.
14:41Les épreuves écrites sont terminées, il ne reste plus que les oraux.
14:45Les élèves sont actuellement convoqués pour des oraux et certains le sont lundi.
14:48Pour cela, si dans leur centre d'examen, les conditions ne sont pas remplies,
14:52ils recevront et ils seront contactés une autre convocation jeudi ou plus tard,
14:56vendredi matin, leur indiquant que l'oral est décaillée de quelques jours.
14:59On l'a compris, donc le ministre n'a pas les moyens d'atteindre l'idéal.
15:02Alors ça tombe bien, si je veux dire, ça n'est pas de la compétence de l'État,
15:05comme il le rappelle, en tout cas le bâtiment scolaire.
15:07Sauf que de toute façon, la rénovation énergétique globale de l'ensemble des habitants scolaire
15:12est estimée à à peu près 50 milliards d'euros.
15:14Donc on connaît l'État des finances publiques et aussi celle des collectivités locales d'ailleurs.
15:18Et donc l'idéal étant inaccessible, on s'arrange avec le réel en déplaçant éventuellement
15:24au regard des températures.
15:25Quelle température encore d'ailleurs ?
15:26Quel est le niveau, le seuil jugé acceptable ou pas ?
15:29Mais les examens peuvent être déplacés, ça peut être le cas dans les jours qui viennent.
15:34Donc est-ce que ce n'est pas ces solutions de bon sens,
15:37c'est aussi une façon un peu d'habiller la misère en quelque sorte ?
15:41Pourquoi est-ce que le bâtiment scolaire est aussi décalé par rapport en France,
15:47en France, grande puissance, par rapport à ce défi du réchauffement climatique ?
15:51C'est un pis-aller, Aurore Malval, de s'arranger comme ça,
15:55en décalant au jour le jour un examen, un cours ?
15:58Oui, alors là c'est des mesures un petit peu d'urgence,
16:01parce qu'en fait on voit bien que ces épisodes de chaleur,
16:04ils sont de plus en plus fréquents, ils sont de plus en plus longs aussi dans la durée.
16:10Et ils surviennent de plus en plus tôt ?
16:11Et ils surviennent de plus en plus tôt, tout à fait.
16:13Donc c'est vrai que la solution un petit peu à l'allemande,
16:17par exemple du « heat se fry », vous savez en Allemagne,
16:19quand il fait trop chaud, eh bien il n'y a pas cours,
16:22où les cours se terminent plus tôt.
16:24Mais le problème c'est que si on fonctionne de la même façon,
16:27on risque quand même d'avoir à annuler un certain nombre de cours.
16:30Donc comme mesure d'urgence, pourquoi pas ?
16:32Mais c'est vrai qu'entre la rénovation générale,
16:35qui de toute façon devra intervenir,
16:37et le fait de ne pas faire cours,
16:39il y a des moyens un petit peu intermédiaires.
16:42On voit d'ailleurs que dans certaines écoles,
16:43on adapte un petit peu des solutions dites « low-tech »,
16:47c'est-à-dire qu'on essaie d'aérer un petit peu plus intelligemment,
16:51on essaie aussi de placer des hauts vents,
16:53des choses qui ne faisaient vraisemblablement pas partie du plan de bataille,
16:59quand beaucoup d'écoles ou de bâtiments scolaires ont été construits,
17:02notamment dans les années 80,
17:03qui sont vraiment les pires bâtiments en termes de circulation de l'air et de chaleur,
17:08parce que c'est souvent des bâtiments où il y a des grandes fenêtres,
17:11exposées plein sud, dans des cours totalement minérales.
17:14Donc on voit qu'avec un peu de végétalisation,
17:16en mettant des hauts vents, en faisant circuler l'air le soir,
17:19d'ailleurs j'ai lu des témoignages de parents qui disent qu'ils s'organisent
17:22même pour faire des petites rondes la nuit,
17:24pour surveiller l'école pendant que les fenêtres sont ouvertes
17:27pour une ventilation générale.
17:29On voit que ces petites mesures,
17:30finalement ça peut changer des choses localement,
17:33et de toute façon il va falloir que la France s'adapte à ces épisodes de chaleur,
17:39et sur le long terme, et pas seulement par des mesures d'urgence.
17:42Et c'est de la bricole parce qu'on n'a pas les moyens de rénover toutes les écoles ?
17:45Oui, on le disait tout à l'heure, c'est 60 000 établissements scolaires
17:49à l'échelle de la France, donc c'est absolument titanesque,
17:52avec des collectivités locales qui se sentent parfois démunies.
17:57Il y avait un rapport de l'Assemblée nationale sur cette question-là
17:59de l'adaptation de l'école au changement climatique en 2023,
18:02et qui parlait notamment de la difficulté des petites communes,
18:05qui ont une école, à être accompagnées, à avoir les bons interlocuteurs,
18:10pour rénover les bâtiments, pour même avoir des aides financières.
18:13Donc il y a aussi, c'est ce que disait ce rapport aussi,
18:16tout un problème aussi de millefeuille administratif,
18:18de complexe administratif des collectivités locales
18:20qui ne savent pas forcément vers qui se tourner,
18:22comment récupérer des aides pour rénover les écoles,
18:24et comment faire des rénovations qui soient intelligentes
18:27et fonctionnelles sur le long terme.
18:29Comme le disait Aurore, la grande difficulté qu'on a,
18:31c'est que toute une partie du bâti scolaire a été construit à des époques
18:35où cette question de l'adaptation au réchauffement climatique
18:37et au dérèglement climatique en général,
18:39parce que ce qu'on dit là pour l'été s'applique aussi au froid l'hiver,
18:44où tout cela n'était pas pris en compte.
18:45Et donc en effet, on a fait des bâtiments des années 80
18:47avec des immenses baies vitrées
18:50qui sont, au moment des canicules,
18:53une catastrophe en fait.
18:54Et je me rappelle, il y a quelques années,
18:55avoir interrogé une enseignante
18:58dans une période de canicules similaire
19:01qui m'avait dit, mais en fait, c'est plus de l'école,
19:02c'est juste de la survie,
19:04de devoir tenir pendant ces jours-là.
19:06Et c'est un problème dans le sens où, en plus,
19:08comme le disait Renaud,
19:09maintenant les épisodes caniculaires
19:10commencent parfois dès le mois de mai.
19:13Donc de plus en plus de journées vont être concernées.
19:15Déjà en 2019, des épreuves du brevet avaient été reportées.
19:19Donc on ne peut plus faire comme si c'était un épiphénomène.
19:23Renaud ?
19:23Aujourd'hui, ni l'État ni l'État n'ont les moyens
19:26de débloquer les enveloppes gigantesques
19:28que nécessiterait un plan de rénovation énergétique globale.
19:31Mais en revanche, ce qu'on sait très bien,
19:32c'est qu'il y a les moyens d'indiquer,
19:34en tout cas un cap, c'est-à-dire d'anticiper.
19:35Vous rappeliez 2019, c'est il y a 7 ans,
19:37et on voit bien que ces événements se reproduisent
19:39de façon de plus en plus fréquente.
19:41C'est vrai qu'Emmanuel Macron avait annoncé en 2023
19:44qu'il avait l'objectif de rénover 44 000 bâtiments
19:47à l'horizon de 10 ans,
19:49et que pour cela, il abondait de l'ordre de 500 millions d'euros
19:52le fonds vert à l'époque.
19:53Mais on voit bien que c'est insuffisant.
19:54Mais ce qu'on sait, c'est que le cap est là,
19:56quels que soient les gouvernants en place.
19:57Ce n'est pas toute une question partisane.
19:59C'est évidemment un défi qui s'impose à tous
20:00et qui nécessite de tracer un cap à long terme.
20:04Comme on est en période de bac,
20:06j'avais une petite question pour Renaud Delis.
20:08Petite question de philo.
20:09Vous me faites peur.
20:11Renaud, le ministre de l'Éducation nationale a eu la question aussi.
20:14D'ailleurs, il s'en est plutôt bien sorti,
20:15selon une prof de philo qui m'a envoyé un message.
20:18Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas, Renaud ?
20:21Oui, bien sûr.
20:22C'est même meilleur, Agathe.
20:24Bien sûr.
20:26Plus les autres sont malheureux,
20:27plus on ressent soi-même intensément son propre bonheur.
20:29C'est un peu mesquin ce que je dis.
20:31Je blague.
20:33Si des jeunes nous écoutent, ne faites pas ça au bac.
20:35Je vais prendre un exemple extrêmement prosaïque
20:37lié au contexte, puisqu'on parle beaucoup de football en ce moment
20:39avec la communion de football.
20:40Par exemple, si vous êtes supporter d'un club de football,
20:42vous savez, dans le football, il y a souvent des rivalités dites historiques
20:44entre des clubs différents.
20:46Si vous êtes supporter d'un club,
20:48vous êtes d'autant plus satisfait de la victoire de ce club
20:50si le club qui est le rival historique de votre club préféré perd.
20:54Je ne citerai pas de club pour ne pas fâcher les Marseillais,
20:57mais je plaisante, c'est valable évidemment dans l'autre sens aussi.
21:00Ça, c'est la philosophie de Renaud.
21:02Vous êtes d'accord, Adrien Brachet ?
21:03Je me tournerai dans l'autre sens.
21:06Je dirais qu'être heureux soi-même peut aider les autres à l'être.
21:08Absolument.
21:09C'est beaucoup plus généreux, c'est vous qui avez raison, bien sûr.
21:14Le point versus France Info.
21:16Moi, je partage tout ce qui a été dit.
21:21La 6.
21:22Merci beaucoup les informés.
21:23Aurore, vous avez la une de Marianne.
21:25Tout à fait, la une de Marianne.
21:27Cette semaine, encore une journée dans les kiosques
21:30pour revenir sur l'affaire Liana.
21:33Les coulisses justement de cette semaine très éprouvante pour le gouvernement.
21:37Et la une du point, Adrien Brachet ?
21:39On l'évoquait tout à l'heure, la panthéonisation de Marc Bloch.
21:42C'est le son pour la France d'aujourd'hui.
21:44Merci beaucoup les informés.
21:46Merci Renaud.
21:46Merci à vous, Agathe.
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