- il y a 2 jours
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.
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00:01Générique
00:07...
00:07Bienvenue, si vous nous rejoignez dans Les Informés.
00:10Nous sommes ensemble jusqu'à 9h30 pour décrypter ce second tour des municipales.
00:15Bonjour Renaud Delis.
00:16Bonjour Agathe.
00:17Quelle leçon tirer de ce scrutin ?
00:19Quel bilan pour les macronistes au pouvoir, pour l'EPS, pour LR ?
00:24Et du côté des extrêmes, l'URN confirme-t-il son assise ?
00:28LFI s'a percée quant à l'union des gauches avec les insoumis.
00:34A-t-elle tourné au succès ou au fiasco ?
00:37Et pourquoi ?
00:37Pour nous éclairer ce matin, nos informés Brice Tinturier, directeur général délégué d'Ipsos France.
00:43Bonjour Brice.
00:43Bonjour.
00:44Aurore Malval, grand reporter à Marianne.
00:46Bonjour Aurore.
00:46Bonjour.
00:47Et Jean-Rémi Baudot, chef du service politique de France Info.
00:49Bonjour Jean-Rémi.
00:50Bonjour Agathe.
00:51Quelle leçon vous tirez de ce scrutin, Renaud ?
00:53Alors commençons par le débat qui s'est déjà engagé d'ailleurs depuis hier soir et ce matin à gauche
00:58entre ces alliances.
01:00On se souvient qu'avant le premier tour des élections municipales, Olivier Faure, nom du Parti Socialiste,
01:05écartait tout accord national avec les insoumis et évoquait d'éventuels accords locaux en cas de danger du Rassemblement National.
01:12Finalement, entre les deux tours, il y a eu de très nombreux accords entre socialistes, insoumis et écologistes d'ailleurs.
01:19Le bilan qui en est tiré du côté du Parti Socialiste, c'est que ces accords, en tout cas, n
01:24'auraient pas fonctionné,
01:25qu'ils ont suscité un grand nombre de défaites, de Brest à Clermont-Ferrand,
01:30en passant aussi d'ailleurs par Toulouse ou Limoges, où là c'était dans ces deux villes les insoumis qui
01:35menaient cette liste d'union.
01:36Résultat, Olivier Faure, le patron du PS, considère aujourd'hui que Jean-Luc Mélenchon est devenu un boulet pour la
01:41gauche.
01:42Une ligne défendue sur France Info ce matin par Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti Socialiste.
01:51LFI ne pouvait pas perdre Limoges et Toulouse.
01:54Ils ont perdu.
01:55Et on voit bien qu'aujourd'hui, par leur position, par les sorties de leur leader Jean-Luc Mélenchon,
01:59ils se condamnent à la défaite.
02:00Qu'aujourd'hui, la stratégie conduite par la France Insoumise met la gauche dans une impasse politique.
02:06Et que la France Insoumise ferait bien aussi d'en tirer les leçons
02:09et sans doute de changer la tête de sa direction et notamment de dire à Jean-Luc Mélenchon d'arrêter
02:14ses outrances,
02:16ses saillies permanentes qui qualifient finalement et qui mettent en difficulté toute la gauche dans son ensemble.
02:21Et on apprend à l'instant que Lionel Jospin est mort, ancien Premier ministre Renaud Delis.
02:27C'est une annonce de la famille.
02:29Donc, en ce lendemain de second tour des municipales, il est mort à 88 ans, annonce sa famille à l
02:36'AFP.
02:36Lionel Jospin, dont on sait qu'il avait été opéré, qu'il avait subi une grave opération il y a
02:42quelques semaines.
02:42En début d'année, il avait traversé de lourdes difficultés de santé.
02:50Il devait se remettre, en tout cas c'était les dernières nouvelles qui avaient été communiquées il y a quelques
02:55semaines,
02:55peu à peu de cette très lourde opération.
02:58Et donc l'ancien Premier ministre est donc décédé ce matin.
03:02Lionel Jospin, vous le disiez, qui venait d'avoir 88 ans,
03:05qui avait été Premier ministre de 1997 à 2002.
03:08A l'époque, c'était le temps de la gauche plurielle, d'ailleurs une gauche au sein de laquelle l
03:13'entente,
03:14avec de multiples parties, évidemment conduites par les socialistes,
03:19mais aussi la présence des communistes, des écologistes, des radicaux de gauche,
03:23de Jean-Pierre Chevènement aussi, il y avait une gauche plurielle qui avait bien fonctionné pendant 5 ans au pouvoir.
03:28Et puis, on se souvient qu'à l'approche de l'élection présidentielle de 2002,
03:31cette gauche s'était peu à peu délitée, qu'un certain nombre de ses responsables avaient quitté le gouvernement,
03:36d'ailleurs, dont Jean-Pierre Chevènement, qui était à l'époque ministre de l'Intérieur,
03:41et qu'ensuite, cette gauche s'était présentée de façon fracturée,
03:44émiettée à l'élection présidentielle de 2002,
03:47et que Lionel Jospin, à la surprise générale, avait été éliminé des premiers tours de cette élection,
03:51devancé de 200 000 voix par Jean-Marie Le Pen.
03:55C'était la première fois que l'extrême droite accédait au second tour de l'élection présidentielle.
03:59Et Lionel Jospin avait d'ailleurs annoncé, à l'issue de cette défaite surprise,
04:04son retrait de la vie politique.
04:07Lionel Jospin, ancien ministre de l'éducation nationale aussi,
04:10ancien premier ministre, ancien député.
04:12Il a été aussi premier secrétaire du Parti Socialiste,
04:16entre 1995 et 1997, Brice Tinturier.
04:20Lionel Jospin, c'était une autre gauche ?
04:22Oui, je crois que c'était une autre gauche, c'était surtout une autre époque,
04:25où il n'y avait pas une fracture aussi importante que celle qu'on voit aujourd'hui
04:29entre la France Insoumise et le Parti Socialiste.
04:31Il avait réussi, Renaud Delis vient de le rappeler, à créer cette gauche plurielle,
04:35qui s'était effectivement délité, mais les conditions étaient radicalement différentes.
04:41On a oublié également qu'en 1995, à la surprise générale, mais c'était passé un peu inaperçu,
04:46il avait fait un bon score au premier tour de l'élection présidentielle.
04:50Donc il y avait quelque chose autour de la figure de Lionel Jospin qui tenait.
04:55Ça a été effacé par l'échec majeur, évidemment, en 2002, et son effacement à 180 000 voix près,
05:02il faut le rappeler, du second tour.
05:04Une blessure terrible pour Lionel Jospin à l'époque ?
05:07Oui, je crois que, une blessure terrible, à l'issue d'une campagne dont il faut bien dire
05:12qu'elle avait été très mauvaise, durant laquelle Lionel Jospin avait,
05:16et la formule c'était « on me dit que les Français éprouvent un sentiment d'insécurité »
05:21sur un enjeu majeur, ce n'était pas un sentiment,
05:24et le « on me dit » montrait à quel point là il était éloigné.
05:27Et puis surtout, il avait fait une campagne où il parlait moins aux Français qu'à Jacques Chirac.
05:32Il y avait un antagonisme là qui était devenu tellement fort
05:34que Lionel Jospin, je crois, avait raté cette campagne aussi.
05:37Jean-Rémi Baudot ?
05:38Lionel Jospin, c'était aussi, on le dit, une autre époque pour la gauche,
05:43vous parliez de cette gauche plurielle de la fin des années 90.
05:47Lionel Jospin qui avait pris des positions récemment, il avait soutenu Emmanuel Grégoire,
05:51et un petit peu plus tôt, il avait appelé les élus socialistes à ne pas voter la censure,
05:56et il avait encore une voix à gauche,
05:59certes, il n'était évidemment moins écouté qu'à une époque,
06:03mais il avait une voix singulière, et sa voix portait encore un petit peu.
06:07À Paris, puisque vous l'évoquiez, il a milité jusqu'au bout,
06:10d'ailleurs dans le 18ème arrondissement, c'était la fameuse bande du 18ème,
06:13dont faisait partie aussi Bertrand Delanoé,
06:14on sait que Bertrand Delanoé était un très proche de Lionel Jospin,
06:18et donc c'est vrai qu'il y avait, jusqu'au bout d'ailleurs,
06:20il a manifesté, comme le disait Jean-Rémi Baudot il y a quelques semaines,
06:22son soutien à Emmanuel Grégoire,
06:25donc c'était un militant socialiste parisien,
06:28et je pense qu'à gauche aussi, il y a une certaine nostalgie de Jospin,
06:32et des années Jospin, et de ce qui l'incarnait Lionel Jospin,
06:34c'est-à-dire qu'il y avait aussi une image d'intégrité, de probité,
06:39et puis une capacité à faire vivre une gauche plurielle,
06:43on le disait de façon collective,
06:45et puis Lionel Jospin, c'était aussi l'héritier au départ de François Mitterrand,
06:48il avait été une première fois, première scatare du Parti Socialiste,
06:51de 1981 à 1988,
06:54où il était le relais au sein du Parti Socialiste,
06:57à la tête du Parti Socialiste des années Mitterrand,
07:00mais c'était aussi, on le disait à l'époque,
07:02un peu l'héritier rebelle au moment de l'affrontement
07:04entre Lionel Jospin et Laurent Fabius,
07:06c'est-à-dire que Laurent Fabius avait été finalement
07:07le fils préféré choisi par François Mitterrand,
07:10parce que Lionel Jospin avait cette capacité
07:12à manifester aussi une forme d'indépendance
07:14par rapport à François Mitterrand,
07:15et à contester certains points du bilan des années Mitterrand,
07:19et notamment à la fin du second mandat,
07:21et lorsqu'il avait été candidat à la présidentielle de 1995,
07:24il avait sorti cette formule,
07:26trouvé cette formule,
07:27que certains lui avaient reproché,
07:28mais qui était le fameux droit d'inventaire.
07:30Il voulait faire le droit d'inventaire des années Mitterrand,
07:32et donc retenir ce qui était à ses yeux positif,
07:36un certain nombre de réformes sociales ou sociétales importantes,
07:40évidemment, depuis la cinquième semaine de congé payé
07:44à l'abolition de la peine de mort et bien d'autres,
07:46et puis en revanche,
07:48prendre ses distances et même critiquer
07:50une forme de défaillance morale,
07:52surtout à la fin du second septennat des années Mitterrand,
07:56et donc cette formule,
07:59le fameux droit d'inventaire,
08:00est depuis entrée largement dans les mœurs politiques,
08:03et tout le monde,
08:03lorsqu'un héritier se présente,
08:06tout en voulant prendre un peu ses distances,
08:07c'est d'ailleurs un peu ce qu'a fait Emmanuel Grégoire
08:09vis-à-vis d'Hidalgo,
08:10voilà, il a un peu fait aussi lui-même
08:11le droit d'inventaire implicitement des années Hidalgo.
08:13Nous sommes en direct avec Olivier Faure,
08:16premier secrétaire du Parti Socialiste.
08:18Bonjour Olivier Faure.
08:19Bonjour Agathe Lambré.
08:20Qu'est-ce que vous retenez de Lionel Jospin,
08:23dont on vient d'apprendre la mort annoncée par sa famille ?
08:27On va d'abord une immense tristesse,
08:29parce que Lionel Jospin,
08:30il est celui qui nous a tous éduqués et élevés,
08:33on est tous de cette génération
08:35qui a fait ses premières armes,
08:37avec Lionel Jospin,
08:39avec la gauche plurielle,
08:40et ça a été celui qui nous a accompagnés,
08:44de sa bienveillance,
08:46de son...
08:48voilà, il était celui qui était de tous les combats,
08:51et qui était une référence,
08:55un modèle pour beaucoup d'entre nous.
08:57C'était une certaine idée de la gauche,
09:00Lionel Jospin.
09:01Pour vous, Olivier Faure,
09:02à l'instant,
09:03Renaud Delis parlait de ses convictions,
09:05du droit d'inventaire,
09:07de sa probité aussi.
09:11qui lui a été parfois reproché,
09:13mais effectivement,
09:14c'était un homme droit,
09:16c'était un homme de conviction,
09:17c'était quelqu'un qui était aussi avec...
09:22qui avait ancré ses combats au sein de la gauche.
09:26Toute sa vie a été celle...
09:28Enfin, c'est confondu avec ce combat pour la gauche,
09:33et il était...
09:33Enfin, je le dis avec beaucoup d'émotion,
09:36parce que...
09:37Enfin, il a été une référence pour nous tous.
09:40Il a été celui...
09:42Moi, j'ai...
09:43Voilà, j'ai été...
09:47avec Martine Aubry,
09:48au cabinet de Martine Aubry,
09:50quand il est devenu Premier ministre,
09:51et cinq années passées avec lui dans ce gouvernement
09:54ont été de malheureuses années.
09:56Certainement, les dernières années,
09:57où la gauche était rassemblée, unie,
10:01et les gens étaient heureux ensemble,
10:03parce qu'il y avait en fait ce capitaine
10:06qui avait permis cette victoire,
10:10même si l'histoire s'est mal finie
10:12avec le 21 avril 2002, chacun s'en fait.
10:15Qui a marqué un tournant.
10:17Vous l'avez bien connu,
10:19vous l'avez fréquenté.
10:20Est-ce qu'il y a des souvenirs qui vous restent
10:22et qui vous touchent encore aujourd'hui ?
10:24Des souvenirs remarquants que vous avez avec lui,
10:26avec Lionel Jospin ?
10:29Beaucoup.
10:31Il y a des souvenirs heureux,
10:33celle de sa victoire,
10:35et le début de cette épopée de la gauche pourrielle,
10:40les 5 heures, les jeunes, la CMU,
10:42et tout le reste.
10:43Et puis, ce 21 avril 2002,
10:46où j'étais dans l'atelier de campagne,
10:49et où, pour la première fois de ma vie,
10:55j'ai vu non plus le héros qu'il était pour moi,
10:59mais un homme qui était un homme
11:04frappé par le destin.
11:06Et ça a été pour moi une image terrible.
11:09Il avait lui-même évoqué un coup de tonnerre.
11:13Le ciel nous est tombé sur la tête ce jour-là.
11:17Et honnêtement, il ne le méritait pas.
11:19Je me souviens qu'il manquait uniquement deux bulletins de vote par bureau
11:24pour que Lionel Jospin soit au second tour.
11:26Et vraisemblablement, s'il avait été au second tour,
11:29l'histoire eût été changée,
11:30puisque chacun imaginait que la victoire était possible face à Jacques Chirac.
11:37Vous n'avez toujours pas compris cette élimination ?
11:39C'est un destin.
11:41Je vais y accéder,
11:43mais elle est d'abord liée à la division de la gauche.
11:45Je me rappelle qu'il y avait Jean-Pierre Chevènement,
11:49Robert Rue, Noël Mamère,
11:51Christiane Taubira,
11:52qui étaient sur la ligne de départ,
11:54plus Olivier Besancenot, plus Arlette Laguillet.
11:57Ça faisait beaucoup de monde à gauche.
11:59Et forcément, ces deux bulletins qui manquaient par bureau,
12:02ils les ont manqués jusqu'au bout.
12:05et ça a été la cause de notre défaite.
12:09Et puis, ça a été aussi le début
12:14d'une malheureusement longue série
12:16où l'extrême droite s'était imposée au second tour
12:19et où la gauche en a été éliminée,
12:20tel premier.
12:21Donc, c'est aussi avec ça qu'il faut se défaire.
12:26Et ce sera tout l'enjeu de 2027.
12:28Une question de Renaud Delis pour vous, Olivier Faure.
12:31Est-ce que vous pensez aussi, Olivier Faure,
12:32que, alors on évoquait toutes les qualités
12:35de Lionel Jospin, sa probité,
12:38tout le souvenir qu'il laisse à gauche,
12:40toutes les grandes réformes du gouvernement
12:42de la gauche plurielle,
12:43et vous en avez cité quelques-unes,
12:44et puis donc l'échec du 21 avril 2002
12:46avec cette gauche émiettée
12:48et ses multiples candidatures,
12:49mais est-ce que ce n'est pas aussi peut-être
12:51le début, la mort, cet échec,
12:53dû bien sûr à la division,
12:55mais pas seulement,
12:56peut-être un décrochage,
12:57un éloignement du Parti Socialiste
13:00de certaines catégories populaires.
13:01On se souvient que pendant la campagne de 2002,
13:03par exemple,
13:04Pierre Moroy,
13:05qui était une cheville ouvrière
13:06de cette campagne,
13:07avait reproché,
13:08gentiment, évidemment,
13:09il le soutenait,
13:10mais à Lionel Jospin,
13:11de ne pas suffisamment utiliser
13:12le mot ouvrier dans sa campagne.
13:13Est-ce que cette gauche plurielle
13:15que vous évoquez à l'instant
13:16et qui reste ancrée
13:17dans le souvenir de Lionel Jospin,
13:19ce n'est pas aussi la mort
13:20d'un décrochage
13:21vis-à-vis de ces catégories populaires
13:22dont certaines, maintenant,
13:24peuvent voter, d'ailleurs,
13:25pour le Rassemblement National
13:26ou pour d'autres formations
13:27plus à gauche
13:28que le Parti Socialiste ?
13:32Alors, je suis obligé
13:33de reconnaître que,
13:34dès cette époque,
13:36il y a eu un décrochage
13:37avec une partie du monde ouvrier,
13:39mais je ne l'imputerai pas
13:41à Lionel Jospin.
13:43C'est-à-dire qu'en fait,
13:44difficile de dire
13:45que celui qui avait permis,
13:48je vais me répéter,
13:49mais de diminuer le temps de travail,
13:52de faire en sorte
13:52que les droits
13:55des plus modestes
13:56soient renforcés
13:57avec la CMU,
13:59que les plus jeunes
14:01puissent accéder à l'emploi
14:02à travers les emplois jeunes,
14:04on ne peut pas dire
14:04que c'était une politique
14:06qui s'affranchissait
14:07de ce lien
14:08que nous avons toujours eu
14:10avec les classes populaires.
14:11Mais c'est vrai,
14:12malgré tout,
14:13ça c'est un nombre de souhaits.
14:15Nous n'avons pas réussi
14:16à convaincre
14:17et qu'il y a eu
14:18un décrochage partiel
14:20qui se traduit encore aujourd'hui
14:21avec une partie
14:22du monde populaire
14:25qui préfère à la gauche
14:26l'extrême droite.
14:27Ce sont des sujets
14:28qui sont ceux
14:29des mouvements migratoires,
14:32de la sécurité
14:33et ça doit nous interroger,
14:35bien sûr.
14:36Une dernière question,
14:37Olivier Faure,
14:37est-ce que Lionel Jospin
14:38a des héritiers à gauche
14:39aujourd'hui ?
14:39Est-ce que vous,
14:40vous considérez en faire partie ?
14:43Je considère que nous sommes
14:44tous des héritiers
14:45du Lionel Jospin.
14:46Je ne sais pas
14:47à moi de distribuer
14:49les parts de cet héritage
14:51qu'il a...
14:52Enfin, encore une fois,
14:53nous sommes...
14:54Enfin,
14:55je vais dire de...
14:56Je vais dire de Jean-Luc Mélenchon
14:58à François Hollande.
15:00Tout le monde
15:02conserve une part
15:03de cet héritage.
15:04Il a été celui
15:04qui a permis
15:05à toute une génération
15:07de gouverner
15:08et à la génération suivante
15:10de se former
15:11et d'apprendre à ses côtés.
15:15Donc,
15:15nous avons tous...
15:18Je ne veux pas donner
15:19le sentiment
15:20de reprendre la chanson
15:20d'Eddie Mitchell,
15:21mais on a tous
15:22une part
15:22de Lionel Jospin
15:23en nous
15:24et il a été
15:25une référence,
15:27un modèle.
15:28Il a été
15:29de ceux qui...
15:30Ces personnalités
15:31inspirantes
15:32qui donnent
15:34l'envie
15:34de s'engager
15:35et voilà.
15:36Moi,
15:37j'ai eu
15:38la chance
15:39de fréquenter
15:40Erocar et Jospin
15:41et ils ont été
15:42ceux qui m'ont
15:44poussé
15:44à m'engager
15:45et à le faire
15:47sur des valeurs
15:51qui sont,
15:52pour moi,
15:53intangibles.
15:55Merci beaucoup
15:55Olivier Faure,
15:56Premier secrétaire
15:57du Parti Socialiste
15:58d'avoir répondu
15:58aux questions
15:59de France Info.
16:00Donc,
16:00pour rendre hommage
16:01à Lionel Jospin
16:02dont on vient d'apprendre
16:03le décès
16:04à 88 ans.
16:05On continue
16:06d'en parler
16:06dans un instant.
16:07On parle de son héritage
16:09notamment,
16:09mais pour l'instant,
16:10il est 9h23
16:10et c'est l'Info
16:11en une minute
16:12avec Maureen Suinard.
16:13Et on apprend donc
16:14il y a quelques minutes
16:15la mort de Lionel Jospin,
16:16l'ancien Premier ministre
16:18socialiste,
16:18avait 88 ans.
16:20En janvier,
16:21Lionel Jospin
16:21avait indiqué
16:22avoir subi
16:23une opération sérieuse
16:24sans divulguer
16:24de détails.
16:25L'ancien responsable
16:26socialiste
16:27s'est présenté
16:28à l'élection présidentielle
16:29en 1995,
16:30avait été battu
16:30par Jacques Chirac.
16:32Il a ensuite été
16:32chef du gouvernement
16:33de 1997 à 2002.
16:35En 2002,
16:36il ne se qualifie pas
16:37au second tour
16:37de la présidentielle.
16:38C'est Jean-Marie Le Pen,
16:39le candidat d'extrême droite
16:40qui se qualifie.
16:41Il a été une référence
16:43pour nous tous,
16:44dit à l'instant
16:44sur France Info,
16:45Olivier Faure.
16:46Le patron du Parti Socialiste
16:48qui s'était exprimé
16:49plutôt ce matin,
16:50il n'y aura pas
16:50de programme commun
16:51pour la présidentielle.
16:52Avec Jean-Luc Mélenchon,
16:53ce n'est pas possible,
16:54affirmer.
16:54Le patron du Parti Socialiste
16:56à un an de la présidentielle,
16:57les alliances à gauche
16:59entre les Insoumis,
17:00les Verts et le PS
17:01n'ont pas permis
17:02à la gauche
17:02de gagner à Poitiers,
17:04Brest, Besançon, Limoges
17:05à Clermont-Ferrand
17:06pour le second tour
17:07des élections municipales.
17:09Cette alliance
17:09a tout de même permis
17:10à Johanna Roland à Nantes
17:11d'être réélu maire.
17:13De son côté,
17:14Jordan Bardella
17:14revendique la plus grande
17:15percée de l'histoire
17:17de son parti.
17:18Victoire du RN
17:18à Carcassonne,
17:19Orange,
17:20Montargis,
17:21Vierzon,
17:21mais pas à Toulon
17:22ou Nîmes.
17:29Les informés
17:30Renaud Deli
17:31Agathe Lambret
17:35Les informés
17:36avec Brice Tinturier,
17:37directeur général
17:37délégué d'Ipsos France,
17:39Aurore Malval,
17:40grand reporter
17:40à Marianne Jean-Rémi Baudot,
17:42chef du service politique
17:43de France Info,
17:44Renaud Deli,
17:45bien sûr.
17:45On a appris
17:46il y a quelques minutes
17:47la mort de Lionel Jospin,
17:49ancien Premier ministre,
17:50ancien Premier secrétaire
17:51du Parti Socialiste.
17:53ancien ministre
17:53à 88 ans,
17:55Jean-Rémi,
17:56Lionel Jospin,
17:57c'est un héritage
17:58politique riche
18:00et des réformes aussi.
18:01Oui,
18:01puisqu'on rappelait
18:02qu'il a été
18:02Premier ministre
18:03de 1997 à 2002
18:05dans une période
18:06de cohabitation
18:06sous Jacques Chirac,
18:07ce qui était
18:09relativement inédit
18:10avec la gauche
18:10au pouvoir
18:11à Matignon
18:13et il a porté
18:13des réformes,
18:15la couverture
18:16médicale universelle,
18:17la question du PACS,
18:18c'était sous
18:20Lionel Jospin.
18:21Les 35 heures
18:22dont on parle encore
18:22beaucoup et qui restent
18:23aujourd'hui un sujet
18:24de débat dans la classe politique,
18:26c'est une époque
18:27où le déficit budgétaire
18:28est en baisse,
18:29c'est une époque
18:30où le chômage
18:31est en baisse
18:31et ça donne néanmoins
18:32des sorties
18:33qui sont restées
18:34assez mythiques
18:35face au risque
18:36de 7500
18:38suppressions d'emplois
18:39dans le groupe Michelin.
18:40Lionel Jospin
18:40qui dit que l'État
18:41ne peut pas tout
18:42qui a fait partie
18:43des petits marqueurs
18:43qui ont aussi fragilisé
18:44un peu son héritage.
18:47Ce qui me semble étonnant,
18:49on est dans une période
18:49où la gauche
18:50est en réflexion
18:52aujourd'hui
18:53où la question
18:54de la radicalité
18:55de l'action politique
18:57est posée.
18:58Rappelons que
18:58Lionel Jospin,
18:59lui,
18:59il a connu
18:59cette radicalité politique,
19:01c'est un ancien
19:01trotskiste
19:03et je trouve intéressant
19:04de voir qu'il a aussi
19:05épousé une forme de...
19:07Peut-être est-ce que
19:09Renaud aura un autre regard
19:10mais je pense qu'il a épousé
19:11aussi une forme
19:11de pacification
19:12de la gauche
19:13avec son arrivée
19:14au pouvoir
19:14dans les années 80.
19:16Souvenir lointain,
19:17cette formation trotskiste
19:17mais il faut rappeler
19:18que c'était la même formation
19:19que ça de Jean-Luc Mélenchon.
19:20Les Lambertistes.
19:21L'OCI, oui,
19:22le courant Lambertistes.
19:22Brice, un tout petit mot
19:23et après Aura ?
19:24Oui, je crois que
19:25véritablement les marqueurs
19:26de Lionel Jospin,
19:27c'est son intégrité.
19:28Il se retire tout de suite
19:29au soir du 21 avril
19:30et il dit que c'est lui
19:31qui en porte la responsabilité.
19:33Ce n'est pas toujours le cas.
19:34Donc c'est une figure respectée,
19:36intègre.
19:37Malgré tout,
19:37je crois qu'il faut aussi rappeler
19:39que depuis cette époque-là,
19:40sur la question du travail
19:41et sur la question de la sécurité,
19:44l'EPS a perdu
19:45les catégories populaires
19:46et 24 ans, 22 ans après,
19:48il ne les a toujours pas reconquises.
19:49Auraure Malval,
19:50Lionel Jospin
19:50qui s'est impliqué aussi
19:51dans cette campagne.
19:52Oui, alors un petit peu
19:53à très bas bruit
19:54mais c'est vrai que
19:55vous l'avez rappelé,
19:56Lionel Jospin
19:56faisait partie de la bande du 18
19:58et lorsqu'il y a eu
19:59justement des négociations,
20:00des tractations
20:01entre les Verts
20:02et le Parti Socialiste
20:03pour faire l'union,
20:04il avait été à un moment
20:05question de donner
20:06cette fameuse 3e mairie au Vert
20:08qui a été finalement
20:08celle du 11e arrondissement
20:10et justement,
20:11il était hors de question
20:12pour Lionel Jospin
20:13comme pour Bertrand Delannoy
20:14d'ailleurs,
20:15que ce soit celle du 18e,
20:16l'arrondissement
20:17qui lui était encore très cher.
20:19C'était la section
20:20de la rue de Tréthain
20:21dans le 18e arrondissement
20:22métro Jules Geoffrin
20:23il y a été fidèle jusqu'au bout
20:24effectivement.
20:25Il était encore encarté
20:26actuellement.
20:26Côté de Bertrand Delannoy
20:28Daniel Vaillant
20:29et de tous ceux
20:30qui composaient
20:30cette fameuse bronte.
20:31Il y avait Claude Estier
20:32aussi dans cette bande.
20:33Mais je ne suis pas sûr
20:34qu'il se reconnaissait
20:35dans le Jean-Luc Mélenchon
20:37d'aujourd'hui
20:37malgré leurs origines communes.
20:39Donc faire de Jean-Luc Mélenchon
20:41un des héritiers
20:42de Lionel Jospin
20:42comme le disait Olivier Faure
20:44à l'instant,
20:44je crois que c'est poussé
20:45un petit peu le bouchon.
20:46Lionel Jospin
20:47a une certaine idée
20:48de la gauche
20:49et mort donc à 88 ans
20:50aujourd'hui.
20:51Merci les informés.
20:52Merci Brice Tinturier,
20:53directeur général délégué
20:56à Marianne, merci Jean-Rémi Baudot,
20:58chef du service Péthique
20:59de France Info.
21:00Merci Renaud.
21:00Merci à vous Agathe.
21:01Les informés reviennent
21:02ce soir à 20h
21:03avec Victor Metté.
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