- il y a 1 semaine
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.
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00:02Générique
00:07Très heureuse de vous retrouver, vous êtes dans Les Informés.
00:09Nous sommes ensemble jusqu'à 9h30 pour décrypter l'actualité.
00:12Bonjour Renaud Delis.
00:13Bonjour Agathe.
00:14Après les municipales et l'échec de la plupart des alliances avec LFI,
00:18le rapport de force a-t-il changé à gauche ?
00:21Le bureau national du Parti Socialiste ce soir va-t-il tourner ?
00:25Règlement de compte contre Olivier Faure.
00:27Et puis quel bilan du côté des macronistes après 9 ans au pouvoir ?
00:31Les victoires de Bordeaux et Annecy sont-elles l'arbre qui cache la forêt d'un piètre bilan ?
00:37Pour nous éclairer ce matin nos informés,
00:39Étienne Gérard, directeur adjoint de la rédaction de L'Express.
00:41Bonjour Étienne.
00:41Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:43Et Alix Bouillaguet, éditeur et éditeur politique à France Info TV.
00:45Votre interview politique du lundi au jeudi à 7h40 aussi.
00:48Bonjour Alix.
00:49Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:50On commence donc Renaud avec la situation à gauche.
00:53Après les municipales, l'heure des règlements de compte a-t-elle sonné ?
00:55Alors le temps des règlements de compte peut-être au Parti Socialiste dès ce soir,
00:58comme vous le disiez à l'instant.
00:59Et puis en tout cas à gauche, entre les partenaires des listes d'union,
01:03ça a commencé dès dimanche soir.
01:05Explication de gravure entre socialistes et insoumis en particulier,
01:09parce que l'alliance des socialistes et des insoumis n'a pas bien fonctionné.
01:14Elle a conduit à de nombreuses défaites.
01:15Parfois de maires sortants socialistes, par exemple à Clermont-Ferrand ou à Brest.
01:19Et puis aussi parfois d'alliances qui étaient conduites par des candidats LFI
01:24qui espéraient l'emporter, par exemple à Toulouse ou à Limoges.
01:29Dans tous ces cas de figure, donc échec, Olivier Faure, le patron du PS,
01:33a pointé hier le responsable de cet échec à ses yeux.
01:38Jean-Luc Mélenchon est devenu aujourd'hui le boulet de la gauche.
01:42Ses propres amis devraient s'en rendre compte.
01:43Si Damien Maudet à Limoges et si François Picmal à Toulouse
01:48n'avaient pas dû supporter le poids de ces outrances,
01:52de ces dérives antisémites, ils auraient gagné à Toulouse et à Limoges.
01:58Mélenchon le boulet, mais non, pas du tout, pas du tout, pas du tout.
02:01Le boulet, ce sont les socialistes, c'est ce qu'a répondu ici même sur ce plateau hier
02:05Manuel Bompard, le coordinateur national des insoumis.
02:09Le boulet dans ces villes, ceux qui ont fait perdre ces villes à la gauche,
02:12pardon, mais c'est les maires sortants du Parti Socialiste.
02:16Qu'est-ce qui s'est passé dans ces villes ?
02:17C'est que les maires sortants ont subi un désaveu populaire d'une telle ampleur
02:21et d'une telle importance que les insoumis au second tour,
02:24malgré leur mobilisation, n'ont pas réussi à compenser.
02:27Ah, les boulets, on connaît l'expression, en l'occurrence,
02:30qui est le boulet de qui ?
02:31Alors, ça va très très vite, il faut souvenir qu'il y a un peu plus de deux semaines,
02:34il n'était pas question d'accord, en tout cas pas d'accord national
02:38pour Olivier Faure avec les insoumis, peut-être quelques exceptions
02:41en cas de danger du rassemblement national.
02:43Finalement, entre les deux tours, il n'y avait pas de problème,
02:46les socialistes étaient prêts à s'associer avec les insoumis
02:49dont ils dénonçaient quelques jours avant les propos,
02:51je cite, antisémites de Jean-Luc Mélenchon.
02:53Et puis donc, depuis dimanche soir, de nouveau le divorce.
02:57Olivier Faure, finalement, considère que Jean-Luc Mélenchon est le boulet.
03:00Mais les insoumis disent l'inverse.
03:02Alors, qui a raison ? Qui a tort ? Qui a fait perdre qui ?
03:05Ce sont deux récits qui s'opposent à Alex Bouliaguet.
03:08Qui a raison ?
03:09Moi, je vais mettre tout le monde d'accord.
03:11Je pense qu'il y a deux boulets, en fait.
03:12Donc, il y a un boulet, effectivement, qui s'appelle Jean-Luc Mélenchon,
03:15qui est devenu quand même, on l'a vu à travers ce second tour des municipales,
03:20totalement radioactif, qui a aussi un effet repoussoir.
03:22Alors, naturellement, il a entraîné le centre et la gauche et la droite à voter.
03:26Mais il y a aussi une déperdition de la part des électeurs de gauche
03:30qui ne sont pas allés voter pour des maires qui avaient fait l'alliance.
03:34Ces outrances à répétition, on ne va pas les renommer.
03:37Et il a fait la démonstration à travers ces municipales
03:41que définitivement, il est un excellent candidat de premier tour,
03:45mais que définitivement, le second tour, il y a encore du blocage et des réticences.
03:49Et puis, la palme du deuxième boulet pour Olivier Faure,
03:54le patron du PS, au nom de son incohérence,
03:57c'est-à-dire comment est-ce qu'on peut faire un communiqué extrêmement ferme en mars
04:01du Parti Socialiste, qui accuse effectivement formellement Jean-Luc Mélenchon
04:06d'avoir proféré des propos antisémites intolérables.
04:10Comment on peut annoncer, sur un ton un peu guerrier et vindicatif,
04:16qu'il n'y aura pas d'accord national entre le PS et la France Insoumise,
04:20et puis effectivement, laisser faire des dizaines d'accords comme ça locaux.
04:29Donc ça veut dire qu'il va se passer, à 18h30, il y a un bureau politique ce soir national
04:35du PS,
04:36et on sent bien qu'il va y avoir aussi des règlements de compte.
04:39Alors pour l'instant, c'est un peu affleur et moucheté,
04:40personne ne parle de demande de démission d'Olivier Faure,
04:43mais il a prouvé à travers ça, parce qu'il ne suffit de faire que des colonnes plus ou moins.
04:48Il y a Jean-Christophe Cambadélis, prédécesseur d'Olivier Faure,
04:51qui pose la question de la démission d'Olivier Faure.
04:53Il y a Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l'Assemblée,
04:56qui est un opposant interne à Olivier Faure, qui commence à prendre ses distances.
04:59Mais il n'y a pas encore formellement quelqu'un qui dit qu'on veut sa tête.
05:03Et à ceux qui disent, mais c'est peut-être pas si mal, finalement, on chipote, il y a les
05:07alliances et tout,
05:07non, il suffit de faire la colonne plus ou moins.
05:10Quelles sont les alliances qui ont gagné avec les Insoumis ?
05:16Et donc, est-ce que la plupart des alliances ont échoué ou pas ?
05:18Oui, dans la colonne plus, Nantes et Lyon.
05:20Dans la colonne moins, Toulouse, Clermont-Ferrand, Avignon, Brest, Tulle, Limoges, en oubliant.
05:24Dans les plus, il y a Tours aussi, je crois, Renaud.
05:26Donc voilà, la preuve par effet.
05:28Etienne Girard, est-ce que l'EPS et l'EFI sortent tous les deux abîmés de cette séquence, finalement ?
05:34De manière différente tous les deux, effectivement, ce qui sort abîmé, c'est l'idée que la gauche puisse gagner
05:41une élection nationale prochainement.
05:43On voit bien qu'y compris l'électorat de gauche, il est divisé entre ces deux parties.
05:49On voit bien qu'il y a une zone de recoupement, c'est le même type d'électorat qui vote
05:53LFI et PS,
05:55mais il y a des réserves de voix qui sont différentes.
05:57Chez LFI, c'est plus les jeunes, des diplômés un peu désargentés, pour le dire trivialement.
06:05Et au Parti Socialiste, on voit bien que dans les villes où ils ont gagné,
06:09entre les deux tours, il y a un afflux d'électeurs centristes,
06:12qui voteraient moins facilement en cas de présence de LFI sur la liste.
06:17Maintenant, l'honnêteté oblige aussi à dire que dans beaucoup de cas où l'EPS a perdu,
06:21ils n'auraient pas gagné s'ils n'avaient pas fusionné avec LFI entre les deux tours.
06:27À Brest, à Clermont-Ferrand, le maire sortant fusionne avec LFI dans un geste désespéré
06:35parce qu'il est distancé par la droite au soir du premier tour.
06:40C'est aussi ça qu'il faut raconter.
06:41Donc il y a aussi un dégagisme dans ces villes où la gauche était en place depuis parfois 80 ans
06:46?
06:47Les deux exemples que vous citez me semblent un petit peu différents.
06:49À Brest, c'est le cas, à Clermont-Ferrand, beaucoup moins.
06:50On regarde d'ailleurs, de toute façon, d'un point de vue arithmétique, c'est assez clair.
06:53Ces alliances n'ont globalement pas fonctionné.
06:55Il y a évidemment des exceptions.
06:57Mais il y a, dans les plus grandes villes, il y a eu 26 fusions à gauche.
07:04PS insoumis, parfois, ou souvent même avec les écologistes,
07:08parfois écologistes insoumis sans le PS.
07:10Sur ces 26, il n'y en a que 6 qui ont gagné et il y en a 20 qui
07:13ont conduit à la défaite.
07:14Et il y a une illusion d'optique.
07:16C'est-à-dire que parfois, quand on additionne le total des voix
07:19qui se sont portées sur plusieurs listes à gauche au premier tour
07:21et qu'on regarde ce que ça a donné sur la liste de fusion au second tour,
07:25on arrive à peu près au même total.
07:28Sauf que dans le même temps, il y a une surmobilisation du centre et de la droite
07:32qui ont volé au secours de l'adversaire du candidat,
07:36donc de la gauche unie avec les insoumis.
07:38Et il y a aussi parfois, en cas de triangulaire, on le voit,
07:41la troisième liste d'hiver droite ou rassemblement national,
07:44qui voit son score fondre de façon spectaculaire,
07:47au bénéfice de cette même liste de droite,
07:51donc capable de battre l'union de la gauche avec les insoumis.
07:54Donc il y a très clairement un front anti-LFI qui s'est mis en place dans ces villes-là.
07:59Alors certains ont réussi à y échapper,
08:01Johanna Roland à Nantes, par exemple, mais de justesse,
08:03avec un score qui n'a rien de glorieux.
08:04En revanche, il y a des échecs spectaculaires,
08:07où on a même parfois des totales gauches qui baissent au second tour
08:10sur la liste d'union par rapport au premier.
08:12C'est le cas à Clermont-Ferrand.
08:13C'est le cas de façon encore plus spectaculaire à Toulouse, évidemment.
08:17Et puis il y a d'autres échecs qui sont du même ordre.
08:22Donc on voit bien que d'un point de vue arithmétique,
08:24le boulet, c'est sans aucun doute Jean-Luc Mélenchon et les insoumis,
08:27même si encore une fois, il y a des exceptions.
08:29L'alliance écologiste insoumise s'en sort, par exemple, à Grenoble.
08:34Et puis, d'un point de vue stratégique, c'est vrai que,
08:36si tant est que ce soit de la stratégie, je ne sais même pas si c'est un boulet,
08:40mais Olivier Faure, qui change radicalement de ligne de stratégie,
08:45de tactique chaque semaine, je pense que c'est en train d'achever
08:49la crédibilité qui reste aux partis socialistes.
08:51Encore une fois, il y a trois semaines, il dénonçait les propos antisémites
08:53de Jean-Luc Mélenchon, il était impossible de s'allier avec lui.
08:57La semaine dernière, il n'y avait pas de problème, tout le monde faisait,
08:59c'était open bar, comme on dit, chacun faisait comme il voulait,
09:01même s'il n'y avait pas du tout de danger du Rassemblement National.
09:03Et depuis dimanche soir, à nouveau, Mélenchon est le boulet.
09:07Donc, on n'y comprend absolument plus rien.
09:09Et le sort d'Olivier Faure, peut-être se jouait d'ailleurs,
09:10vous évoquiez Boris Vallaud, le président du groupe socialiste,
09:13il faut rappeler que c'est son allié à la direction du PS,
09:16il avait présenté sa propre motion lors du dernier congrès,
09:18et que si Boris Vallaud s'affranchit d'Olivier Faure,
09:20a priori, Olivier Faure n'a plus de majorité pour diriger le parti.
09:24– Est-ce qu'Olivier Faure peut tenir Étienne Gérard ?
09:27– Oui, il peut tenir.
09:28Il a déjà démontré sa capacité à résister dans des moments difficiles,
09:32il a gagné les trois derniers congrès, Olivier Faure, quoi qu'on en dise.
09:38En réalité, il va tenir parce que désormais,
09:40les regards vont se diriger vers la présidentielle,
09:43et vers la présidentielle, le discours ne sera pas très difficile à tenir
09:46pour le parti socialiste.
09:47Je crois que là, les choses sont clarifiées.
09:49Vraiment, le résultat du deuxième tour des municipales
09:52plaidera en faveur d'un candidat différencié du parti socialiste
09:57par rapport aux insoumis.
09:58Sur cette ligne-là, tout le monde sera d'accord,
10:00il y aura la question du candidat,
10:02mais qui n'empêchera pas Olivier Faure de rester premier secrétaire du parti socialiste.
10:06– Un petit mot juste à Alex Boulaguet.
10:07– Ce qui est intéressant, c'est de voir comment Olivier Faure,
10:10il essaye de se raccrocher, avec la mort de Lionel Jospin,
10:14sur cette fameuse gauche plurielle,
10:16en disant, voyez, quand la gauche s'unit, elle peut réussir.
10:18Jean-Luc Mélenchon aussi, qui vante cette gauche rose-vert-rouge.
10:23Mais en fait, il faut se dire que ce n'est pas du tout les mêmes interlocuteurs.
10:26C'est-à-dire que Marine Tandelier n'a rien à voir avec Dominique Voinet
10:30ou Noël Mamère de l'époque, en termes d'ouverture et de dialogue.
10:35Même chose du côté des communistes,
10:38qui étaient avec un Robert Rue, qui voulait un peu réformer aussi son parti.
10:43Et donc, il y a une forme d'indécence, tout d'un coup,
10:45à rappeler combien cette alliance était magique du temps de Lionel Jospin
10:50et combien c'est tellement dommage aujourd'hui de ne pas pouvoir la faire.
10:55– Renaud Deli ?
10:55– Non, ça n'a évidemment rien à voir, ni sur le fond, ni sur la forme.
10:58Mais là, a priori, personne n'est dupe.
10:59Tous ceux qui ont un peu de mémoire politique savent ce à quoi correspondait la gauche plurielle
11:02et la façon dont Lionel Jospin l'avait construite et dont il l'a gérée,
11:05dont il l'a gouvernée, en quelque sorte.
11:06Juste un point, quand même, sur les échéances d'Olivier Faure.
11:09La première, ça va quand même être de savoir si les socialistes participent ou non
11:12à la fameuse primaire impulsée avec les écologistes,
11:16François Ruffin, Clémentine Nautin, etc., les écologistes, l'après, etc.
11:20– Et ça, le PS est coupé en deux ?
11:21– Alors, le PS est coupé en deux, mais a priori, ça paraît compliqué.
11:24Si on veut porter une candidature indépendante des insoumis,
11:27comme le disait Étienne Gérard, d'aller participer à cette primaire
11:29où nombre de candidats, eux, veulent continuer d'essayer de jouer le rôle de passerelle
11:34et de s'entendre, le cas échéant, le moment venu avec Jean-Luc Mélenchon.
11:37C'est la ligne de Marine Tondoli en particulier.
11:40Donc, très clairement, a priori, Olivier Faure avait indiqué
11:43qu'il ferait voter les militants socialistes.
11:46Boris Vallaud, encore toujours lui, a pris ses distances
11:49avec cette vraie fausse primaire interne quasiment au groupe écologiste.
11:52On voit mal comment les socialistes pourraient plonger dans ce dispositif-là
11:56s'ils veulent effectivement s'affranchir de la tutelle des insoumis.
11:59On aura peut-être la réponse demain matin dans les infos.
12:01Mais pour l'instant, on va parler du bilan des macronistes.
12:04Mais il est 9h18 et c'est l'Info en une minute avec Maureen Suignard.
12:09Les prix des carburants flambent depuis plusieurs jours.
12:12La faute à la guerre au Moyen-Orient.
12:13Mais le gouvernement écarte toujours une baisse des taxes.
12:17Nous n'avons plus les moyens du quoi qu'il en coûte,
12:19affirme sur France Info la porte-parole du gouvernement.
12:22Référence au plan d'aide aux entreprises déployées pendant la période du Covid.
12:25Dans ce contexte, le président français convoque un nouveau conseil de défense cet après-midi
12:30sur cette situation au Moyen-Orient.
12:33Ce regain de tension à l'international pousse aussi le ministre de l'Intérieur
12:37à demander au préfet de renforcer la sécurité des lieux de culte juif et chrétien pour Pâques.
12:42C'est un nouvel accord qui inquiète les agriculteurs européens.
12:45La présidente de la Commission européenne a signé un accord de libre-échange avec l'Australie cette nuit.
12:51Le quota de bœuf australien autorisé à entrer dans l'UE sera multiplié par plus de 10.
12:56Les Européens souhaitent augmenter de leur côté de 50% les importations dans les secteurs des produits laitiers et de
13:03l'automobile.
13:04Les États doivent encore valider le texte.
13:07Et puis une vague de chaleur record frappe le sud-ouest des États-Unis.
13:11Des températures anormalement élevées pour la saison dans des régions où il gelait encore il y a une semaine.
13:1621 degrés à Salt Lake City, 26 à Phoenix et même 35 degrés à Denver.
13:27Les informés avec Alix Bouillaguet, éditorialiste politique à France Info TV.
13:38Étienne Gérard, directeur adjoint de la rédaction de l'Express.
13:40Renaud, notre deuxième débat maintenant.
13:43Quel bilan pour les macronistes après ces municipales ?
13:46Alors ils se réjouissent de deux victoires dans des villes de plus de 100 000 habitants.
13:49La victoire de Thomas Cazenave à Bordeaux de juste-est et puis celle plus large d'Antoine Armand à Annecy.
13:56Mais au-delà de ces deux exceptions, l'alliance des macronistes avec LR a échoué très nettement dans de nombreuses
14:02grandes villes.
14:03Par exemple à Lyon où ils soutenaient Jean-Michel Aulas.
14:06Mais aussi à Marseille où leur candidate Martine Vassal a fini un peu au-dessus de 5% au second
14:11tour.
14:12Et puis évidemment à Paris avec la défaite spectaculaire de Rachida Dati qui elle avait été soutenue jusqu'au bout
14:20par le chef de l'État, par Emmanuel Macron.
14:23Et qui bénéficiait au second tour d'une configuration parfaite puisqu'il y avait une triangulaire mais avec le maintien
14:29d'une deuxième candidate de gauche.
14:31L'insoumise Sofia Chikour.
14:32Alors s'agit-il d'un échec des macronistes en général et du chef de l'État en particulier ?
14:37Eh bien la réponse de la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjon, qui était votre invitée il y a quelques
14:41minutes.
14:42Lorsque vous arrivez au premier tour devant les électeurs en étalant autant de divisions.
14:49En étalant des divisions sur les bulletins de vote mais en les étalant sur les plateaux télé.
14:54L'unité n'est pas une condition suffisante pour gagner mais c'est une condition nécessaire.
15:01Alors division auquel Maude Bréjon a elle-même largement participé puisqu'elle soutenait donc Rachida Dati contre l'avis du
15:06parti Renaissance qui lui soutenait le candidat Pierre-Yves Bournazel
15:10qui incarnait peut-être un peu plus le dépassement justement de la gauche et de la droite, la promesse originelle
15:16du macronisme.
15:17Et puis celui-ci finalement a dû se ranger derrière Rachida Dati même s'il n'a pas participé à
15:21la liste de fusion.
15:21Donc il y avait au second tour une union qui s'est reconstituée mais qui n'a pas fonctionné.
15:25Bref, pourquoi cet échec à Paris et au-delà, que reste-t-il du macronisme après ces élections municipales ?
15:33S'est-il dissous en quelque sorte dans le retour du clivage gauche-droite ?
15:37Comment expliquer ce qu'on peut appeler un plantage sur Rachida Dati, Étienne Girard ?
15:43Après 25 ans de gauche à Paris, les macronistes avaient un boulevard avec la droite et ça n'a pas
15:48marché.
15:49Alors le paradoxe Rachida Dati, c'est qu'il me semble que l'échec est assez peu imputable au macronisme.
15:55C'est qu'il y a eu un coefficient Rachida Dati qui a plaidé en sa défaveur.
16:00On l'a bien vu, ce chiffre, cette donnée est stupéfiante.
16:04Rachida Dati sur son nom fait un moins bon score et largement que ses candidats dans les arrondissements.
16:10Ça veut dire que les électeurs, face à l'urne, ils se disent
16:14« Si ce n'est pas Rachida Dati, je veux bien voter pour la droite et les macronistes au deuxième
16:19tour,
16:19mais si c'est Rachida Dati, je préfère soit voter blanc, soit voter Emmanuel Grégoire. »
16:24Donc il y a eu un rejet de la personnalité de Rachida Dati ?
16:26Oui, mais qui est personnel, pour le coup.
16:29En revanche, globalement, ce n'est pas un bon cru pour le macronisme.
16:33Les électeurs ont voté comme s'ils avaient déjà tourné la page de cette période électorale.
16:39Et ce qu'on a bien vu, c'est que dans un certain nombre de villes, avoir l'étiquette macroniste
16:45est arrivé comme un malus.
16:46C'est-à-dire que des candidats habitués à faire des scores beaucoup plus importants se sont effondrés.
16:52L'exemple de Martine Vassal est assez important, même s'il y a aussi la campagne spécifique de Martine Vassal
16:58qui a été mauvaise.
17:00Pourquoi Emmanuel Macron s'est-il investi à ce moment pour Rachida Dati et Alex Bouillaguet,
17:04alors que son parti Renaissance soutenait Pierre-Yves Bournazel ?
17:06En plus, il y a un paradoxe avec Emmanuel Macron, c'est qu'en fait, ces élections-là ne l
17:10'intéressent pas du tout.
17:11C'est-à-dire que les élections locales, les municipales, il n'en a jamais fait vraiment quelque chose de
17:18conséquent,
17:19de fort dans lequel on mettait, on s'investissait.
17:21Alors, il y a un avantage à ça, c'est que ça ne crée pas de côté mi-terme,
17:25c'est-à-dire qu'on parle du bloc central, les macronistes,
17:27il n'y a pas eu des gros titres pour dire victoire, défaite, on prend le pouce.
17:31C'est presque un non-événement, et puis, ils l'ont traduit de manière directe,
17:38c'est-à-dire dans ces élections-là, il y a eu très peu de listes en nom propre.
17:43Oui, le macronisme n'était pas vraiment incarné.
17:45Mais alors, pourquoi Emmanuel Macron s'implique alors ?
17:48J'y arrive.
17:49Il n'était pas incarné, sauf que là où il a été incarné,
17:52c'est-à-dire on a cité Bordeaux, Annecy ou Nevers par exemple,
17:55ça a été gagnant.
17:55Donc en fait, les résultats ne sont pas non plus tout à fait infamants.
17:59Pourquoi est-ce qu'il s'est investi à Paris ?
18:01Parce qu'il a juste un lien.
18:03Je pense qu'il aime bien Rachid Haddati, tout simplement.
18:06Donc c'est quelque chose qui va même au-delà de la politique,
18:09qui est que, voilà, il s'est investi.
18:11Et d'ailleurs, il aurait mieux fait de ne pas s'investir trop,
18:16parce qu'à l'évidence, les tractations de l'entre-deux-tours,
18:19les accusations de demandes de Saraknafot de retirer la liste,
18:23tout ça fait qu'au-delà de la campagne de Rachid Haddati,
18:27et je suis d'accord avec Étienne,
18:28qui était une mauvaise campagne parce qu'extrêmement clivante,
18:32extrêmement agressive,
18:34y compris avec les adversaires avec lesquels
18:36elles devaient se rassembler le lendemain,
18:38c'est-à-dire Pierre-Yves Bournazel,
18:40il y a quelque chose qui n'est tout simplement pas passé.
18:42On est très loin du macronisme de 2017, là, Renaud Delis.
18:45Oui, c'est pour ça que le macronisme sort en capilotade de ce nouveau scrutin.
18:49C'est que celui qui a renié le macronisme, c'est Emmanuel Macron.
18:51Et le cas le plus spectaculaire, c'est son soutien à Rachid Haddati,
18:54où il lui a totalement dégagé la piste, en quelque sorte, de longue date,
18:58en la prenant au ministère de la Culture,
19:00qui était supposé être le tremplin pour la mairie de Paris,
19:02en faisant passer la réforme de la loi PLM,
19:04justement le changement de mode de scrutin à Paris-Lyon-Marseille,
19:07qui devait la servir,
19:08en la soutenant donc avec ferveur tout au long de la campagne,
19:13dès le premier tour, contre la vie même du parti Renaissance,
19:16alors qu'il y avait un autre candidat soutenu par Renaissance,
19:19qui semblait peut-être plus incarner quand même la promesse originelle,
19:21justement du dépassement ni droite ni gauche,
19:24en tout cas au-delà de la droite et de la gauche du macronisme,
19:26qui incarnait aussi davantage la promesse d'une république irréprochable,
19:29qui était la promesse initiale d'Emmanuel Macron,
19:33et qui a préféré choisir une candidate qui est renvoyée au tribunal correctionnel
19:37pour corruption au mois de septembre.
19:39Il y a eu donc la façon dont ils ont, y compris l'Élysée,
19:42tordu le bras depuis Arrive-Bournazel,
19:44pour que ça se fusionne avec Rashadati.
19:46Il y a eu des accusations sans preuve de son intervention éventuelle
19:49pour favoriser le retrait de Saraknafo,
19:51et tout ça pour un échec spectaculaire,
19:54lié d'abord à une erreur de casting, très probablement.
19:56Alors si effectivement c'est un lien affectif, personnel, amical,
20:00qui devient beaucoup plus important qu'une cohérence politique,
20:03il ne faut pas s'étonner que le macronisme soit dans cet état-là,
20:06et globalement on a vu qu'effectivement les fusions avec LR,
20:09enfin les alliances avec LR, ne fonctionnaient pas bien,
20:11et le risque aussi c'est que le macronisme,
20:13qui est devenu en fait un parti de droite aux côtés de LR,
20:16que LR soit de plus en plus tenté de regarder de l'autre côté,
20:19c'est-à-dire si ça ne marche pas au centre avec les macronistes,
20:22pendant qu'Éric Ciotti du Russie a se faire élire à Nice,
20:25est-ce qu'il n'y a pas, est-ce que LR ne va pas être plus tenté d'aller
20:28de l'autre côté ?
20:29Et en même temps la conclusion de ces municipales pour les macronistes,
20:31c'est aussi qu'il faut rassembler,
20:33et même regarder du côté de la gauche républicaine,
20:35comme les Gérald Darmanin,
20:37Maud Bréjon a confirmé qu'il pouvait discuter avec Raphaël Glucksmann,
20:41est-ce qu'il y a une nouvelle alliance qui est en train de se dessiner ?
20:43C'est intéressant ce qui s'est passé à Strasbourg,
20:45la candidate du parti socialiste Catherine Trottmann a décidé de s'allier à Horizon,
20:49le centre droit, et les électeurs ont suivi,
20:52ils ont élu Catherine Trottmann, pourquoi pas ?
20:55Mais la vérité c'est que c'est Emmanuel Macron
20:57qui a tourné la page de ce macronisme originel,
21:00ni droite ni gauche, le dépassement,
21:02il s'est rangé dans un côté de l'échiquier, sur la droite,
21:05il est devenu une composante de la droite,
21:07ce que les milieux universitaires appellent la droite orléaniste,
21:10et c'est peut-être en revenant à cet ADN originel
21:15que le macronisme pourra avoir un lendemain,
21:17le risque c'est que les électeurs aient déjà tourné la page,
21:20et que ce soit fini.
21:21C'est quand même très mal parti, quand on voit tout le monde
21:23qui demande la même chose, un candidat unique,
21:25mais qui ne sont ni d'accord sur la dénisation,
21:27si ils procédaient, si...
21:28Ouh là là !
21:29Vivement qu'un candidat émerge dans les sondages et que ça...
21:32Merci les informés, merci Alex Bléguet.
21:34Ça mange tout le monde.
21:35Je rappelle votre interview à Politique du lundi au jeudi à 7h40,
21:38Etienne Gérard, vous avez la une de l'Express ?
21:41Bien sûr, réussir avec l'IA.
21:43Nos conseils et les conseils des experts,
21:46surtout, allez l'acheter dans tous les bons kiosques jusqu'à jeudi.
21:48Les meilleurs kiosques, merci.
21:49C'est une Gérard, directeur adjoint de la rédaction de l'Express.
21:51Merci Renaud.
21:51Merci Aguette.
21:52Les informés reviennent ce soir à 20h avec Victor Metté.
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