- il y a 4 mois
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.
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00:01Générique
00:05...
00:06Bienvenue dans Les Informés, nous sommes ensemble jusqu'à 9h30 pour décrypter l'actualité.
00:12Et elle est riche. Bonjour Renaud-Hélène.
00:13Bonjour Agathe.
00:14A la une aujourd'hui, la défaite de Viktor Orban en Hongrie est-elle une victoire pour les Européens ?
00:19Quelles conséquences pour la Russie, les Etats-Unis, pour le Rassemblement National aussi ?
00:24Et puis après l'échec des négociations Iran-Etats-Unis,
00:28Donald Trump ordonne le blocus naval du détroit d'Hormuz.
00:31Aujourd'hui, à 16h, va-t-il aller au bout ?
00:35Quel avenir pour le fragile cessez-le-feu ?
00:38Pour nous éclairer ce matin, nos informés,
00:40Aurore Malval, grand reporter à Marianne. Bonjour Aurore.
00:42Bonjour.
00:43Et Frédéric Seix, journaliste à la rédaction internationale de Radio France.
00:46Bonjour Frédéric.
00:47Bonjour.
00:47On commence Renaud avec cette première question, la chute d'Orban et ses conséquences.
00:53Il était au pouvoir depuis 16 ans, Viktor Orban, en Hongrie.
00:55Et une défaite nette, nettement battue hier par le conservateur pro-européen Peter Maguire
01:00lors des élections législatives.
01:02Il était soutenu par Donald Trump, Viktor Orban, par tous les leaders des partis d'extrême droite européens
01:08dont nombre d'entre eux avaient fait en quelque sorte le pèlerinage de Budapest
01:11pour les soutenir en campagne.
01:13Notamment Marine Le Pen qui avait fait un meeting à Budapest il y a à peine trois semaines
01:17pour soutenir son ami, disait-elle, un visionnaire, un dirigeant d'exception.
01:22Alors est-ce que cette défaite est difficile à digérer pour ses soutiens et notamment
01:27pour le Rassemblement National ?
01:28Voici ce qu'on disait ce matin chez nos confrères de France Inter, le député RN de la Somme,
01:33Jean-Philippe Tanguy.
01:34Je crois qu'après 16 ans de pouvoir, ce qui est très long pour un régime démocratique,
01:38M. Orban est victime de l'usure du pouvoir et tout simplement de la volonté d'alternance
01:43d'un peuple qui est souverain.
01:44Nous, en tant que souverainistes et patriotes, on prend toujours acte du vote des électeurs
01:50qu'il aille dans un sens ou dans l'autre.
01:51Et un scrutin qui s'est joué notamment, pas seulement bien sûr, il y avait aussi la
01:56question de la lutte contre la corruption, mais notamment sur la position, l'attitude
02:00vis-à-vis de l'Union Européenne.
02:01On sait que Gutter Orban est très hostile, il bloquait par exemple jusqu'à présent
02:05un plan d'aide de 90 milliards d'euros destinés à financer la résistance ukrainienne.
02:10A l'inverse, donc celui qui l'a emporté, Peter Magar, lui, est beaucoup plus pro-européen
02:15et sans être moteur dans le soutien à l'Ukraine, on peut imaginer qu'il débloquera
02:18la situation.
02:19Donc est-ce que c'est aussi une défaite du camp souverainiste, y compris incarnée
02:23par le RN en France, et une victoire pro-européenne, comme s'en réjouissent de nombreux dirigeants
02:27européens depuis hier soir ?
02:29Ça fait partie des premiers mots de Peter Magar.
02:33Juste après sa victoire, la Hongrie sera de nouveau un allié de l'Union Européenne
02:38et de l'OTAN.
02:38Frédéric Seiz, est-ce qu'on peut dire vraiment que c'est une victoire pour les Européens ?
02:43Alors moi je nuancerais, c'est-à-dire qu'évidemment il y aura moins de postures de confrontation
02:47qu'avec Viktor Orban, il y aura moins de shows, on se souvient de ces conseils européens
02:52où finalement les 26 étaient d'accord, et puis il y avait un vilain petit canard
02:55qui était Viktor Orban, l'Hongrois, qui quittait la pièce pendant que les autres négociaient
02:59sur l'Ukraine, etc.
03:00En revanche, attention à l'effet d'optique vu depuis l'Europe occidentale, on a l'impression
03:05que comme c'est l'anti-Orban, ça va être totalement différent.
03:07Or, quand vous regardez la campagne que vient de faire Peter Maillard, ce n'est pas l'anti-Orban
03:12du tout.
03:13Un, parce qu'il est très conservateur sur des questions comme l'immigration, là pour
03:16le coup il revendique des positions très dures, comme le faisait Viktor Orban.
03:22Sur l'Ukraine, c'est un sujet extrêmement sensible dans l'électorat, y compris dans
03:26le sien, dans celui qui a porté Peter Magyar au pouvoir.
03:29Ils ne veulent pas spécialement que la Hongrie débloque des fonds, d'ailleurs il s'est
03:32bien gardé au cours de sa campagne de dire qu'il était pour l'adhésion de l'Ukraine
03:35à l'Union Européenne, au contraire, il dit je suis contre en tout cas à court terme,
03:38il est contre le déblocage de milliards d'euros pour les armes pour les Ukrainiens.
03:42Ce que je veux dire par là, c'est qu'on ne va pas passer du noir au blanc d
03:46'un coup,
03:46on a fait un peu d'ailleurs la même erreur avec la Pologne, où finalement Donald
03:49tout ce qui était arrivé, tous les pro-européens s'étaient dit ah ça y est, il y aura le
03:52droit
03:52à l'avortement, il y aura des choses... Non, il y a des fondamentaux dans les sociétés
03:55qui sont assez dures, en Hongrie comme en Pologne, et du jour au lendemain tout ne va
03:59pas changer.
04:00Néanmoins, Viktor Orban a perdu Aurore Malval après 16 ans de règne presque sur la Hongrie.
04:07Pourquoi il a perdu ?
04:08Justement, Renaud a évoqué quelques raisons, mais c'est vrai que dans cette campagne
04:14les observateurs ont beaucoup parlé des questions de corruption, c'est-à-dire que vraiment
04:18Viktor Orban a aussi perdu parce que son système était un petit peu nécrosé, parce
04:24qu'il y avait des questions d'enrichissement personnel pour lui et les siens, qu'il avait
04:29placé au pouvoir et d'ailleurs dans un certain nombre d'institutions, où certains d'ailleurs
04:33demeurent encore même après la victoire de Peter Maguire.
04:36On va voir comment l'opposition justement, enfin ce qui était l'opposition jusqu'à présent,
04:42va tenter de reprendre les rênes, reprendre le contrôle véritablement du pouvoir en Hongrie.
04:46Oui, Viktor Orban a perdu pour ça, Viktor Orban a perdu aussi à cause de l'inflation galopante,
04:51les prix, il y a eu un certain nombre de prix qui ont été bloqués pendant des années,
04:55des prix de l'essence notamment et d'un certain nombre d'aliments essentiels, de produits essentiels.
05:00Et bien du coup, le contre-coup a été que le prix d'autres produits a augmenté en flèche
05:05et la croissance hongroise n'a pas suffi ces dernières années justement à rattraper
05:11et c'était une situation un petit peu catastrophique sur le plan économique sur les dernières années
05:16après ce que certains avaient appelé un peu le miracle hongrois de Viktor Orban
05:20qui avait réussi à redresser ce pays.
05:22Ce n'était plus du tout le cas dans ces dernières années.
05:25Et puis aussi, Viktor Orban, il a perdu parce que finalement s'est formé contre lui
05:28une coalition un petit peu attrape tout.
05:30C'est-à-dire Peter Magyar, il est parti, quand on regarde à quoi ressemble la nouvelle assemblée hongroise,
05:36on voit qu'il y a en gros la droite conservatrice, l'extrême droite
05:40et puis l'extrême droite de l'extrême droite à l'autre bout de l'échiquier.
05:43Il n'y a plus aucun parti de gauche.
05:44Pourquoi ? Alors déjà parce que peut-être que le terreau n'y est pas favorable.
05:48Tu parlais tout à l'heure, Frédéric, d'un pays justement qui est très conservateur
05:53sur les questions de mœurs, etc., des questions sociétales.
05:55Mais en fait, les partis de gauche se sont aussi effacés pour pouvoir permettre la victoire de Peter Magyar.
06:00Et l'alternance. Et Marine Le Pen, dans tout ça, perd un allié de poids.
06:04Très clairement. Elle est allée les soutenir il y a trois semaines, on le rappelait.
06:07De toute façon, ils étaient très proches depuis des années.
06:09Il faut se souvenir que par rapport à l'orée de sa troisième campagne présidentielle en 2021,
06:13en septembre 2021, Marine Le Pen, qui était à l'époque en difficulté
06:15par rapport à l'irruption d'Éric Zemmour, avait été reçue en grande pompe à Budapest.
06:19Quasiment une visite d'État accordée par son ami Viktor Orban,
06:22son ami, un pionnier, un dirigeant d'exception.
06:24Il y a une foultitude de déclarations au fil desquelles elle déclarait en quelque sorte sa flamme à ce modèle.
06:31Parce qu'il faut bien comprendre que c'était effectivement le premier pays à basculer à l'extrême droite
06:36dans le nationalisme avec la victoire d'Orban après un premier bref passage au pouvoir entre 1998 et 2002.
06:42Donc il était au pouvoir sans interruption depuis 2010.
06:45C'est-à-dire bien avant, d'ailleurs, en quelque sorte, j'allais dire la mode trumpiste,
06:48c'est en tout cas le grand vent trumpiste venu d'outre-Atlantique qui souffle dans les voiles des populistes
06:53en Europe
06:53depuis, on va dire, une des années, depuis 2016.
06:56Donc c'est en ce sens qui était une vraie référence.
06:58Après, il y avait des liens multiples et variés.
06:59Par exemple, Marine Le Pen avait bénéficié pendant la campagne présidentielle de 2022
07:04d'un prêt d'une banque hongroise d'un peu plus de 10 millions d'euros
07:07pour financer sa campagne présidentielle.
07:10Donc c'était sans doute sans rapport avec son amitié à Victor Orban.
07:15Mais enfin, il n'empêche qu'il y a un certain tropisme hongrois chez Marine Le Pen de longue date
07:19et puis qui repose déjà sur des points communs, sur le programme quand même essentiel,
07:24sur le rejet de l'immigration évidemment, sur les questions identitaires,
07:27sur aussi la remise en cause de ce qu'Orban appelait en gros les dérives de l'État de droit,
07:32ce qui lui a valu d'être accusé de dérive illibérale de multiples reprises par la Hongrie.
07:35Et quand on regarde le projet, pardon, par l'Union européenne,
07:37quand on regarde le projet notamment constitutionnel du Rassemblement national
07:42dans l'optique d'un référendum sur l'immigration,
07:44un projet constitutionnel qui bousculerait totalement,
07:46qui chamboulerait la Ve République en supprimant ou en ajoutant à peu près une vingtaine d'articles,
07:51on voit qu'on est dans la même logique.
07:53Donc il y a vraiment des points communs.
07:54– C'est quand même pas tout à fait la même chose en Hongrie,
07:55les opposants, la presse qui était muselée, c'est pas tout à fait pas.
07:58– La différence c'est que le Rassemblement national n'est pas au pouvoir,
08:00donc je ne sais pas ce qu'il adviendrait le jour où le Rassemblement national arrive au pouvoir,
08:02mais je constate que la réforme constitutionnelle qui est portée par le RN
08:06pour obtenir un référendum sur l'immigration
08:09changerait une vingtaine d'articles déterminants de la Constitution.
08:12On changerait de régime, le fait est que c'est le cas.
08:13– Sur l'immigration.
08:14– Je ne sais pas.
08:15Au-delà, pas uniquement sur l'immigration,
08:17c'est-à-dire y compris sur l'indépendance de la justice,
08:18mais on verra le moment venu si ça se présente.
08:20Mais ce qui est intéressant me semble-t-il,
08:21évidemment que celui qui l'a emporté en Hongrie, vous le disiez,
08:23n'est pas un candidat de gauche, un candidat très conservateur bien sûr.
08:26Je pense que sur l'Europe il y a quand même une vraie différence,
08:28d'ailleurs dans ses premières déclarations sur l'Europe et sur l'état de droit,
08:31Peter Magar dit que là il veut vraiment changer les choses.
08:34Mais ça aussi c'est une leçon me semble-t-il qui est intéressante,
08:38en tout cas en toute proportion gardée,
08:39les situations ne sont pas les mêmes,
08:41sur ce qui pourrait se passer en France ou ailleurs.
08:43C'est-à-dire est-ce qu'un candidat conservateur est mieux placé
08:45pour battre justement un candidat d'extrême droite ?
08:50La Hongrie peut être en tout cas une hypothèse qui valide cette possibilité.
08:56C'est un coup dur pour l'extrême droite européenne, Frédéric Seyze ?
08:59Oui, mais pour l'extrême droite mondiale,
09:01c'est vrai qu'on a entendu Donald Trump et J.D. Vance, son vice-président,
09:04s'investir dans cette élection.
09:05Donald Trump qui a même posté un message pour dire en gros
09:07qu'il allait libérer des capitaux, des subventions,
09:10si jamais les Hongrois faisaient le bon choix,
09:12sous-entendu celui de Orban.
09:14Et il a envoyé son vice-président en meeting à Budapest,
09:17ce qui est complètement dingue,
09:18pour appeler à voter Victor Orban.
09:19Pour appeler à voter Orban.
09:21Et ce qu'on peut voir, c'est une tendance qui commence à se dessiner,
09:23c'est que finalement le soutien Trump est plutôt contre-productif.
09:26On le voit depuis plusieurs élections.
09:28Il y a là Victor Orban qui perd.
09:30Il y a Georgia Meloni, il y a trois semaines,
09:32qui a perdu son référendum en Italie.
09:34C'était un référendum pour accroître ses pouvoirs
09:35au détriment de la justice.
09:37Là aussi, les opposants ont dit, ça rappelle un peu les États-Unis,
09:39dans le côté sape des contre-pouvoirs.
09:42En Slovénie, le candidat, alors c'est plus petit,
09:44mais le candidat trumpiste a perdu tout récemment.
09:47Et puis au Canada, le candidat qui s'appelait Poilièvre,
09:50qui était donné favori des sondages
09:52et qui était un conservateur soutenu par Trump,
09:54a perdu au profit du libéral Mark Carney.
09:56Donc l'étiquette Trump, visiblement, ne sert pas.
09:59Il y a un seul contre-exemple, c'est Ravier Milei en Argentine,
10:01le président argentin ultra-libéral,
10:04qui lui est repassé.
10:06Il peut être qu'il y a des questions géographiques aussi.
10:07Évidemment, l'Argentine, c'est, j'allais dire,
10:08presque le précaré des États-Unis.
10:10Mais voilà, en Europe, après en plus l'épisode du Groenland,
10:12être l'allié de Donald Trump,
10:14c'est peut-être moins vendeur qu'auparavant.
10:16Et puis c'est vrai que vous avez eu toutes les extrêmes droites européennes
10:18qui ont défilé à Budapest, Marine Le Pen évidemment,
10:21mais aussi Matteo Salvini, l'italien,
10:23Red Widders, le néerlandais, qui y sont allés.
10:26Et souvenez-vous, quand Marine Le Pen est allée sur place
10:28en meeting pour soutenir Orban,
10:29elle a dit, j'espère que cette élection hongroise
10:32sera la première pierre d'un vaste mouvement
10:35qui va prendre toute l'Europe en 2027.
10:37En 2027, il y a les élections en France, en Italie, en Espagne, en Pologne.
10:40Bon, et bien là, pour le coup,
10:42la première goutte de cette vague qu'espérait Marine Le Pen,
10:44elle n'a pas eu lieu.
10:45Peut-être qu'il faut revoir la stratégie
10:47pour les partis d'extrême droite au rang en malval.
10:49Oui, et en même temps, je dirais que le Rassemblement National
10:52est quand même un petit peu au milieu du guet.
10:55C'est-à-dire qu'il avait, même s'il a participé,
10:57et même si on l'a rappelé,
10:59les liens entre Marine Le Pen et Victor Orban,
11:01mais au Parlement Européen,
11:03notamment, il avait pris aussi un petit peu ses distances
11:05avec cette internationale d'extrême droite
11:08qui était notamment abreuvée aussi
11:10par justement les moyens
11:12et la propagande de Donald Trump.
11:14Et en fait, on voit bien aujourd'hui en Europe
11:16qu'on a aussi une extrême droite, je dirais, pro-européenne,
11:20comme celle de Georgia Meloni.
11:22Et donc, on sent d'ailleurs, même dans certaines déclarations,
11:26alors pas aujourd'hui,
11:26Jordan Bardella a fait un petit peu aussi un acte d'allégeance
11:29à Marine Le Pen dans le tweet qu'il a posté,
11:31qui est très pro-Orban,
11:33mais en fait, qu'aussi une partie de l'extrême droite française
11:35n'était pas sur cette ligne-là,
11:37je dirais viscéralement anti-européenne,
11:41et était déjà un petit peu au milieu du guet.
11:44– Il faut juste rappeler quand même que les élus du parti Fides,
11:46le parti de Victor Orban,
11:47– Oui, qui siègent dans le même groupe.
11:48– Si siègent dans le groupe,
11:49– Tout à fait.
11:49– Présidé par Jordan Bardella.
11:51Donc, il y a quand même, pour le moins,
11:53une alliance factuelle.
11:54Mais ce qui est intéressant,
11:55c'est aussi ce que disait Frédéric Saïl,
11:56c'est-à-dire, est-ce qu'on a vu des allers-retours,
11:59justement, et parfois une gêne,
12:00c'est clair, du Rassemblement National vis-à-vis du soutien des Trumpistes.
12:04On se souvient que Jordan Bardella était allé lui-même
12:06à un grand Raoult Maga l'année dernière,
12:09avant d'en revenir,
12:10parce qu'il avait été horrifié en particulier par Steve Bannon.
12:12Est-ce que Jay Devons, par exemple,
12:14va venir soutenir le candidat RN
12:16lors de la prochaine présidentielle,
12:17qu'il s'agisse de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella ?
12:19On peut imaginer que ce matin,
12:21le Rassemblement National est moins enthousiaste
12:25si cette perspective se dessinait dans l'avenir.
12:27– La question que je posais,
12:28mais c'est vrai que depuis plusieurs semaines,
12:30le Rassemblement National a pris ses distances avec Donald Trump,
12:33contrairement à certains épisodes que vous rappeliez, Renaud Dely.
12:37Dans un instant, on va parler du cessez-le-feu.
12:40Peut-il tenir jusqu'au bout encore dix jours
12:43après l'échec des négociations entre l'Iran et les États-Unis ?
12:46Mais pour l'instant, il est 9h19
12:47et c'est l'Info en une minute avec Maureen Sunia.
12:49– La CGT demande des actes forts au gouvernement.
12:53Les syndicats sont conviés ce soir à une réunion
12:55avec le ministre du Travail.
12:57Il sera question du possible élargissement du travail.
13:00Le 1er mai, le gouvernement est pour que les salariés,
13:03des fleuristes, des pâtisseries, des primeurs,
13:06des établissements culturels puissent travailler ce jour férié.
13:09Donald Trump s'en prend au pape Léon XIV
13:11qui s'est positionné contre la guerre samedi.
13:14La situation au Moyen-Orient ne s'améliore pas.
13:16Ce matin, le président américain ordonne à l'armée
13:19de mettre en place un blocus des ports iraniens
13:22à partir de cet après-midi 16h, heure française.
13:24A l'instant, l'armée iranienne avertit qu'aucun port du Golfe
13:28ne sera en sécurité si les siens sont menacés.
13:31Les attaques nocturnes ont aussi repris en Russie et en Ukraine.
13:34Une courte trêve avait été décrittée pour la PAC orthodoxe.
13:38La nuit dernière, une centaine de drones ont été envoyés
13:41par les Russes sur l'Ukraine d'après Kiev.
13:44Et puis, c'est une information de la cellule investigation de Radio France.
13:47L'industrie chimique a réussi à économiser des millions d'euros.
13:50Grâce à Matignon, l'exécutif a choisi de repousser la mise en place
13:54d'une redevance sur les PFAS, une taxe des industriels
13:57utilisant des polluants éternelles qui polluent les sols, les eaux et les organismes.
14:08Les informés à Coror Malval, grand reporter à Marianne,
14:17Frédéric Seige, journaliste à la rédaction internationale de Radio France.
14:21Après l'échec des négociations, Donald Trump promet un blocus naval du détroit d'Hormuz
14:26aujourd'hui à 16h.
14:28A l'instant, la Chine appelle à une navigation sans entrave dans ce détroit.
14:34Va-t-on vers la bataille du détroit d'Hormuz ?
14:36Plus que jamais, en tout cas, ce détroit d'Hormuz,
14:38qui est évidemment un passage stratégique pour le commerce international
14:42et en particulier celui du pétrole, est au cœur de ce conflit.
14:45Après l'échec, vous le disiez, des discussions à Islamabad ce week-end,
14:49notamment de la ligation américaine conduite par celui qu'on pourrait appeler peut-être le chat noir,
14:54en tout cas en cette période, Jay Divans, on en a parlé quant à son soutien à Victor Ramban,
14:58On se souvient aussi que ce fut Jay Divans le dernier quasiment à avoir l'ancien pape,
15:02l'an dernier le pape François Envy.
15:04Voilà, juste à la veille de sa mort,
15:07et bien voilà que Jay Divans qui conduisait cette délégation a échoué
15:10et que Donald Trump menace, vous le disiez,
15:13c'est une ovation de bloquer le blocus en quelque sorte,
15:16c'est-à-dire d'empêcher les navires qui accosteraient en Iran
15:21ou au contraire qui repartiraient du rang,
15:23et bien de circuler dans le détroit d'Hormuz à partir de cet après-midi 16h.
15:28Voici l'une des dernières déclarations un petit peu embrouillées,
15:31ça lui arrive, du président américain hier soir.
15:36Oh, je ne sais pas, ça m'est égal que les Iraniens reviennent ou non.
15:39S'ils ne reviennent pas, ça me va.
15:41Leur armée a disparu, leurs missiles sont en grande partie épuisés,
15:45leur capacité de production de missiles et de drones est largement détruite.
15:49Nous avons été très conciliants, nous n'avons pas détruit beaucoup de ponts,
15:53nous ne l'avons fait qu'une seule fois,
15:55uniquement parce qu'ils ne l'ont pas tenu parole.
15:57Ils ont rompu leurs promesses.
15:58Et rappelez-vous, leur promesse était d'ouvrir le détroit d'Hormuz,
16:01ils ne l'ont pas fait, ils ont menti.
16:07Alors au passage de ces déclarations extrêmement confuses,
16:09il s'en est d'ailleurs pris au successeur du pape François que j'évoquais tout à l'heure,
16:12au pape Léon XIV sur d'autres sujets là aussi.
16:15Est-ce que Donald Trump peut passer à l'acte ?
16:17Une question qu'on s'est posée de multiples reprises
16:19à l'occasion d'autres déclarations du président américain.
16:22Est-ce qu'effectivement il peut mettre en œuvre ce blocus sur le blocus
16:26à partir de la fin de cette journée,
16:28quel sens ça aurait ?
16:29Et vous évoquiez déjà les déclarations de la Chine
16:31qui ne veut pas en entendre parler.
16:33Est-ce qu'il peut passer à l'acte vraiment Frédéric XVI ?
16:36Et est-ce que c'est une arme redoutable de nature à faire ces délirants ?
16:41C'est encore assez confus parce qu'effectivement un blocus sur un blocus,
16:45ça fait un blocus au carré,
16:46on ne comprend pas très bien à quel point ça peut être efficace,
16:49surtout avec qui.
16:50Donald Trump mentionne d'autres pays qui devraient se joindre à l'effort d'après lui
16:54sans jamais en citer aucun.
16:56Et on n'a vu aucune des grandes capitales qui depuis hier s'est portée volontaire
17:01pour se joindre à ce blocus, ni le Royaume-Uni ni la France notamment,
17:05dont on sait que par ailleurs elle se consulte pour installer des forces
17:09une fois que la paix sera revenue.
17:10Et ça le président Emmanuel Macron l'a beaucoup dit.
17:13Non, écoutez, ce qui est le plus probable,
17:16c'est que ça ressemble à un nouvel ultimatum de Donald Trump
17:19pour faire bouger les Iraniens,
17:20puisqu'il dit d'ici 16h aujourd'hui, donc heure française,
17:24il y aura ce blocus, ça donne 18h30 heure iranienne,
17:28ça laisse donc la journée entière pour que les autorités iraniennes
17:31fassent un geste qui puisse permettre à Donald Trump de dire
17:34« finalement on ne va pas faire ce blocus parce que c'est trop compliqué,
17:36on a reçu un geste de bonne volonté, même si ça n'est qu'une excuse,
17:39pour repartir peut-être dans des discussions. »
17:41Parce que derrière, il y a effectivement le rôle de la Chine
17:44qui va être...
17:45Qui ne va pas se laisser faire parce qu'elle est très dépendante du pétrole iranien.
17:48Tout à fait, elle est très dépendante du pétrole iranien.
17:51S'il y a un blocus total, évidemment, ce pétrole n'ira plus jusqu'en Chine.
17:54Et vous avez peut-être noté que dans son post, sur son réseau social,
17:57Donald Trump fait allusion à la Chine
17:59et la menace de droits de douane supplémentaires de 50%
18:01si jamais elle aide l'Iran, notamment d'un point de vue militaire.
18:05Derrière, ça veut dire quoi ?
18:06C'est-à-dire qu'il y a la crainte pour Donald Trump
18:08qu'effectivement, l'Iran se fournisse à nouveau
18:12soit en drone, soit en missile, soit en armes de toute nature auprès de la Chine
18:16et que l'Iran se remette à tirer sur les partenaires régionaux.
18:20Ça corrobore ce qu'on vient de dire avec les menaces de Téhéran
18:23qui dit « si nos ports sont bloqués,
18:24alors aucun des ports de la région ne sera en sécurité.
18:27Autrement dit, attention aux ports du Qatar, de Bahreïn, des Émirats
18:31qui subiront nos foudres en représailles. »
18:33Or, en malval, ça ressemble à un coup de pression de Donald Trump ?
18:36Oui, effectivement, on peut penser que Donald Trump a,
18:40avec sa nature un peu fantasque, décidé aussi d'annoncer cela
18:44parce qu'il sentait que l'Iran peut-être pouvait chercher à gagner du temps.
18:49C'est-à-dire que l'Iran pouvait se dire que ses négociations allaient durer, etc.
18:55Lui n'avait pas spécialement non plus,
18:57on n'a pas senti qu'il y avait quand même un immense désir
18:59de la part des États-Unis de les voir aboutir, ces négociations.
19:02Les demandes étaient quand même extrêmement élevées,
19:05étaient même d'ailleurs sur certains points, en tout cas,
19:08sur lesquels l'Iran ne pouvait pas réellement s'engager,
19:11c'est-à-dire donner des garanties, même futures,
19:14sur le fait de ne pas enrichir d'uranium
19:17et de détruire totalement leur programme.
19:19Il y avait quelque chose aussi d'extrêmement important.
19:22Certains parlent aussi que Donald Trump demandait une rédition totale
19:26et complète à l'Iran.
19:28Donc c'est vrai que la nature, en tout cas, des négociations
19:30était aussi un petit peu floue.
19:31Moi, je note aussi l'incohérence, en fait,
19:35de la politique de l'administration américaine.
19:38Le mois dernier, justement, les États-Unis ont levé des sanctions
19:42qui touchaient le pétrole iranien qui était déjà en haute mer,
19:45donc qui était déjà sorti d'Iran,
19:47précisément parce que l'augmentation du prix des carburants
19:50était trop importante aux États-Unis.
19:52Donc ils ont donné, finalement, de l'argent,
19:54ils ont financé l'Iran pour ne pas avoir
19:59une trop forte augmentation du carburant sur leur sol.
20:03Donc c'est vrai que tout cela est assez contradictoire
20:06et on assiste à nouveau un petit peu à la même chose.
20:08Juste un mot, c'est vraiment l'impression,
20:11c'est ce contraste au sortir de ce week-end de discussions
20:15qui ont échoué, qui étaient quasiment vouées à l'échec,
20:17vu justement l'espace entre les deux listes de revendications,
20:21en quelque sorte, et celles que vous voulez imposer aux États-Unis,
20:23c'est qu'on a l'impression d'une grande incohérence du côté américain
20:26en termes de stratégie, d'objectifs de guerre, de stratégie, etc.
20:29Et cette idée de blocus sur le blocus rajoute un peu plus de brouillard.
20:33Tandis que du côté iranien,
20:35le fait que le régime survive,
20:36qu'il n'abandonne pas le programme d'enrichissement d'uranium
20:40pour leur programme nucléaire,
20:42qu'il bloque les deux-trois d'Ormous,
20:43là on voit que la ligne, elle est continue,
20:44et y compris d'ailleurs qu'il frappe au sein du Golfe.
20:47C'est-à-dire qu'on voit qu'il y a une forme de permanence de cette stratégie.
20:51Et donc c'est ce qui peut faire redouter,
20:53c'est ce que disait votre invité il y a quelques minutes,
20:54Bruno Tertrelle, directeur adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique,
20:57que sortent finalement de cette dernière séquence,
21:01que cette séquence finisse par rompre,
21:03ce très fragile de cesser le feu,
21:04et que des bombardements reprennent dans les jours qui viennent.
21:07Merci beaucoup les informés,
21:09merci Aurore Malval, grand reporter à Marianne.
21:11Vous avez la une de Marianne ?
21:12Oui, tout à fait, la une aujourd'hui et jusqu'à mercredi,
21:15toujours en kiosque avec une enquête sur notre patrimoine,
21:18comment justement l'État le laisse crever.
21:21Merci Aurore, merci Frédéric Sey,
21:23journaliste à la rédaction internationale de Radio France,
21:26merci Renaud Dely.
21:27Merci Agathe.
21:28Les informés reviennent ce soir avec Victor Maté,
21:30et nous on se retrouve demain.
21:31Absolument, à demain.
21:32À demain.
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