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  • il y a 4 jours
Tous les jours, les Informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et de Renaud Dély.

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00:00...
00:07Bienvenue dans Les Informés, c'est parti pour une demi-heure de décryptage de l'actualité.
00:11Bonjour Renaud Nélie.
00:12Bonjour Agathe.
00:13Au sommaire ce matin, des rebondissements dans l'affaire Patrick Bruel et puis la grande question des retraites
00:18qui commencent déjà à agiter les candidats à la présidentielle sur fond de démographie qui décline.
00:25On va en parler avec vous, nous informer Alexandra Saviana, rédactrice en chef adjointe Société Al'Express.
00:31Bonjour.
00:31Bonjour Agathe.
00:32Jean-Rémi Baudot, chef du service politique de France Info.
00:34Bonjour.
00:35Bonjour Agathe.
00:35Bonjour à tous.
00:36David Di Giacomo, journaliste au service police-justice de France Info.
00:40Bonjour David.
00:41Bonjour Agathe.
00:41Et dans un instant, on rejoindra Michel Daillant, avocate, parce qu'on commence avec l'affaire Patrick Bruel
00:48qui doit être déférée dans la matinée, c'est-à-dire être présentée à un juge.
00:53Et le parquet requiert sa mise en examen et son incarcération immédiate.
01:00Oui.
01:00David Di Giacomo, un premier décryptage de ces derniers rebondissements.
01:04Oui, c'est l'information de la matinée que l'on retient à l'issue de 48 heures de garde
01:08à vue.
01:08En effet, le parquet de Nanterre a décidé, au vu des faits qui lui sont reprochés,
01:13de requérir son placement en détention provisoire.
01:17Alors ce qui va se passer là, c'est que Patrick Bruel, il a fait ses 48 heures de garde
01:20à vue.
01:20Lui, il est arrivé il y a environ une heure au tribunal judiciaire de Nanterre
01:24où il sera présenté dans les prochaines heures à trois juges d'instruction
01:28qui ont été saisis par le parquet pour travailler sur cette affaire.
01:32Une instruction, une information judiciaire va être ouverte pour des faits de viol,
01:37tentatives de viol, agression sexuelle, harcèlement sexuel sur neuf victimes.
01:43des faits commis entre 2010 et 2019.
01:47Voilà ce qui est reproché à Patrick Bruel.
01:48Il sera donc interrogé dans la journée par ces trois juges
01:51et on saura en toute fin de journée si, oui ou non, il est placé en détention provisoire.
01:56Nous sommes en ligne avec l'avocate Michèle Daillant.
01:59Bonjour Maître.
02:01Bonjour.
02:01Vous êtes présidente de l'association Lowers for Women
02:05et vous avez écrit « Nous nous sommes tant aimés » aux éditions de l'Observatoire.
02:09D'abord sur ce qui s'est passé ce matin,
02:12le fait que le parquet repiquait la mise en examen
02:15et l'incarcération de Patrick Bruel.
02:18Est-ce que c'est une procédure normale
02:21ou est-ce que cela vous surprend
02:23et vous vous dites peut-être qu'il y a une volonté de marquer les esprits
02:26ou de donner l'exemple ?
02:28Alors les deux en réalité.
02:29D'abord j'aimerais dire, et c'est mon habitude,
02:31je ne suis pas l'avocate ni de Patrick Bruel ni d'une des plaignantes
02:35donc je ne vais certainement pas parler de l'affaire
02:37que je ne connais pas ou je n'en connais que ce qu'en dit la presse
02:40donc je ne la connais pas.
02:41Mais vous êtes spécialisée dans ce type de dossier.
02:43Exactement.
02:44Mais je suis avocate, je suis également féministe
02:47et j'essaye avec le droit et avec la loi
02:50de lutter contre les violences faites aux femmes.
02:52Donc la demande d'incarcération,
02:55finalement provisoire,
02:56c'est la mise en détention provisoire, on est d'accord,
03:00de M. Bruel, le temps de l'instruction
03:02ou une partie de l'instruction,
03:03ce n'est pas quelque chose d'inhabituel.
03:05C'est-à-dire que quand il y a des faits
03:07qui sont de l'ordre criminel,
03:09on parle de viol, de tentative de viol,
03:10donc c'est criminel,
03:12c'est passible de la cour d'assises,
03:14il y a de façon usuelle, habituelle,
03:19des demandes d'incarcération de la part du parquet.
03:22Et ce n'est pas ensuite le juge d'instruction qui décidera,
03:25mais le juge de la liberté de la détention
03:28qui décidera si oui ou non il y aura une incarcération.
03:32Donc ce n'est pas inhabituel.
03:34En revanche, je suis aussi avocate,
03:38je ne suis pas que féministe,
03:40ce n'est pas incompatible.
03:41En revanche, la présomption d'innocence
03:43doit s'appliquer à tous,
03:45les plus puissants comme les plus faibles.
03:48Et c'est quand même une entorse à la présomption d'innocence.
03:52Maintenant, il y a probablement des éléments...
03:55Qu'est-ce qui est une entorse à la présomption d'innocence
03:56de placer en détention provisoire ?
03:58D'une façon générale, de placer en détention provisoire,
04:00et pas seulement Patrick Bruel,
04:02de placer en général en détention provisoire,
04:04c'est une entorse à la présomption d'innocence.
04:06Et pour faire cette entorse,
04:07si vos auditeurs et vos auditrices le comprennent bien,
04:10c'est qu'il y a des raisons, des conditions,
04:13et notamment le risque de renouvellement de l'infraction,
04:15éventuellement, un risque de fuite,
04:17là le risque de fuite, Patrick Bruel, je ne vois pas bien,
04:19un risque de pression sur les victimes
04:21ou sur des témoins, éventuellement.
04:24Donc, ce sont toutes ces conditions
04:26qui font qu'on décide de placer en détention provisoire.
04:29Alors, je ne connais pas le dossier, encore une fois.
04:32Ces avocats mettront en lumière
04:34le fait que ces conditions ne sont pas réunies.
04:36Le parquet va marteler le fait
04:39que ces conditions sont réunies.
04:41C'est le juge de la liberté.
04:42Voilà, il devra justifier.
04:44Maintenant, ce que je peux dire,
04:45parce que moi, je voudrais élargir la focale.
04:47Je ne suis pas, encore une fois, dans le dossier Bruel,
04:49donc il est hors de question que je débattre d'un dossier
04:51que je ne connais pas.
04:53Pour élargir la focale,
04:54moi, ce que j'aimerais dire,
04:57c'est qu'évidemment, dans un contexte
05:00où il y a des dysfonctionnements de la justice,
05:02du parquet,
05:05de la volonté politique,
05:06des moyens mis à la justice
05:07sur la prévention des violences sexuelles et sexistes,
05:10notamment lorsqu'on a encore,
05:13qui résonne très fort et pour un moment,
05:15l'affaire Liana,
05:17je ne voudrais pas
05:17que des parquets, des procureurs, des juges
05:21se dédouanent facilement de la responsabilité de chacun
05:24en décidant de demander la mise en détention de Patrick Bruel.
05:27Voilà.
05:27Je n'aimerais pas que la justice
05:29prenne ses ordres
05:31auprès de l'opinion publique,
05:33de l'émotion,
05:33ou fasse une espèce d'exemple,
05:35même si cela n'a rien à voir avec ceci,
05:37fasse une espèce d'exemple
05:39pour dire
05:40« Ben voilà, on a entendu la leçon ».
05:42Et ça, ça me pose un problème.
05:44Oui, parce que, en fait,
05:45cette affaire,
05:45tout le monde dit qu'elle a trop traîné,
05:47que les premières plaintes
05:48datent d'il y a des années,
05:50qu'il ne s'était rien passé,
05:51et d'un coup,
05:52il se passe plein de choses,
05:53une garde à vue de 48 heures,
05:54un parquet qui demande
05:56la détention provisoire
05:57de Patrick Bruel.
05:59Peut-être que ça va
06:00trop vite pour vous ?
06:01On est passé d'un extrême à l'autre ?
06:04Non.
06:04Alors non,
06:05le fait qu'on traite rapidement
06:06des plaintes,
06:07et ce n'est pas rapidement
06:08puisqu'elles datent d'il y a des années,
06:09c'est toujours quelque chose
06:10qu'il faut saluer
06:11qui va dans le bon sens.
06:12Surtout, je n'ai certainement pas dit ça,
06:13je ne le dirai pas.
06:14Ça ne va pas trop vite.
06:16Ce n'est pas une question de vitesse,
06:17c'est une question
06:18de ce qu'on demande,
06:21un placement en détention.
06:23Oui, de passer du désintérêt
06:24à une demande aussi forte que celle-là.
06:28dans un contexte émotionnel très fort,
06:31ce n'est pas ça
06:32qui rendra justice à Liana.
06:33Ce qui rendra justice à Liana,
06:35ce qui permettra
06:36qu'il n'y ait pas de renouvellement
06:39de naufrages judiciaires
06:42et policiers comme celui-là,
06:45c'est évidemment,
06:46plus de moyens dans la justice,
06:47une responsabilité plus forte
06:49des parquetiers,
06:50des policiers,
06:51des magistrats.
06:52Et puis,
06:53moi j'aimerais dire quelque chose
06:54pour terminer,
06:55c'est que tous les jours,
06:57nous avons dans nos cabinets
06:59des plaintes,
07:00que ce soit pour violences sexuelles,
07:03pour violences conjugales,
07:04pour violences sur les enfants,
07:06pour incestes,
07:07qui traînent,
07:08ou qui ne sont pas instruites,
07:12ou qui sont mal instruites,
07:14parce que les plaignants
07:16ou les victimes
07:16ne sont pas des gens connus.
07:18Et moi, ce que je remarque,
07:19c'est que quand les plaignants
07:19ou les auteurs
07:22sont des gens
07:23qui ont une notoriété
07:25d'un côté ou de l'autre,
07:26tout d'un coup,
07:27la justice fait son travail.
07:29Et ça, ça me désole
07:30et ça me désespère.
07:31Parce que pour un Patrick Bruel,
07:33pour 13 plaignantes
07:34contre Patrick Bruel,
07:36il y a des milliers d'enfants,
07:38il y a des milliers de femmes,
07:39des milliers de jeunes femmes
07:40qui portent plainte
07:42et il ne se passe rien.
07:43Donc moi, c'est ça
07:44qui m'intéresse.
07:45C'est qu'on demande
07:46une détention provisoire
07:47quand c'est quelqu'un de connu,
07:48mais qu'est-ce qui se passe
07:49quand c'est des plaintes
07:50qui sont instruites
07:51pour tous les autres ?
07:52Merci beaucoup,
07:53Michel Daillon,
07:55avocate,
07:55présidente de l'association
07:56The Words for Women.
07:57Et je rappelle votre livre,
07:58nous nous sommes tant aimés
07:59aux éditions
08:00de l'Observatoire.
08:02Merci Renaud.
08:03On a entendu les propos
08:04de cette avocate
08:05qui sont forts.
08:06C'est extrêmement intéressant
08:07ce que vient de nous dire
08:08donc Maître Michel Daillon.
08:10À plusieurs titres,
08:11d'abord,
08:12et elle l'a expliqué,
08:13effectivement,
08:14la justice tranchera
08:15sur le dossier Bruel
08:17dans lequel elle n'est
08:18absolument pas partie prenante.
08:20Et donc,
08:21on verra ce qui se produira
08:23dans les heures d'abord,
08:24dans les semaines,
08:24dans les mois
08:25ou dans les années qui viennent.
08:26Mais indépendamment
08:27de ce dossier lui-même,
08:28ce qui était extrêmement intéressant,
08:29c'était comment est-ce que,
08:31selon ce que nous disait
08:32cette avocate,
08:32la notoriété d'une affaire
08:35peut influer,
08:37peut-être,
08:37peut-être,
08:38sur le comportement
08:39des magistrats
08:39à tel ou tel stade
08:41de la procédure.
08:43Et en l'occurrence,
08:44soit la notoriété
08:45de plaignante,
08:46soit la notoriété
08:48de l'accusé.
08:48Et on a entendu
08:49ces derniers jours
08:50l'une des plaignantes,
08:51Flavie Flamand,
08:52dire que c'est sa plainte
08:54qui avait justement,
08:56en quelque sorte,
08:57débloqué la situation
08:58alors que de nombreuses femmes
09:00avaient déjà porté plainte
09:01pour différents actes
09:03à l'endroit de Patrick Bruel
09:04depuis des années
09:04et qu'il ne s'était rien produit,
09:07en tout cas,
09:07que le dossier n'avait pas avancé
09:09suffisamment rapidement.
09:10Il y a la notoriété
09:12des plaignantes
09:13qui peuvent faire avancer
09:14une affaire.
09:14Et puis il y a la notoriété
09:16évidemment de l'accusé
09:18qui peut jouer aussi
09:19et de surcroît.
09:20Et c'est ce que disait
09:20Maître Odaillon à l'instant
09:22sur l'antenne
09:23dans un contexte
09:24bien particulier
09:25qui est celui
09:25de l'émotion
09:27et des conséquences politiques
09:28liées à l'affaire Liana
09:30à la mort de cette petite fille.
09:32Donc on voit bien que
09:33indépendamment du dossier lui-même,
09:35encore une fois,
09:36sur lequel il faut attendre
09:37de voir ce qui va se passer
09:38et il faut être prudent,
09:40il y a aussi,
09:41nous expliquait à l'instant
09:42cette avocate,
09:43le contexte global
09:45qui peut jouer
09:46évidemment,
09:46c'est normal d'ailleurs,
09:47les magistrats
09:47quels qu'ils soient
09:48sont des êtres humains
09:49et ils peuvent aussi
09:50tenir compte
09:51d'un stand de décision
09:52de tous ces éléments
09:53qui entrent
09:54en ligne de compte
09:55dans ces dossiers.
09:56Ça c'est frappant
09:57dans cette affaire
09:57David Di Giacomo,
09:58c'est que ce procès
09:59Patrick Bruel
10:00qui n'a pas encore commencé,
10:01en fait il a déjà commencé
10:03dans les médias,
10:04sur les plateaux télé.
10:05Oui, oui,
10:05c'est pour ça que la justice
10:06essaye de se tenir loin
10:08de tout ce qui se passe
10:09dans les médias,
10:10bien sûr,
10:10et de rester sur le dossier,
10:13sur les faits reprochés
10:14qui sont nombreux,
10:16après on verra
10:17ce que cela donne,
10:18mais il y a quand même
10:19une demande
10:20de mise en examen
10:21ce matin
10:22pour neuf faits différents,
10:24à la fois
10:24on part
10:26d'harcèlement sexuel,
10:27mais aussi de viol,
10:28de tentative de viol,
10:29donc comme le disait
10:30l'avocate,
10:31ce sont des faits criminels
10:32passibles
10:33de la cour d'assises.
10:34Voilà pourquoi
10:36cette mise en examen
10:37est assortie
10:38ce placement
10:39en détention provisoire.
10:40Après en effet,
10:41les trois avocats
10:42Patrick Bruel
10:43vont, on l'imagine,
10:44dire qu'ils présentent
10:45toutes les garanties
10:46pour ne pas être placés
10:48en détention,
10:48mais pour, par exemple,
10:51bénéficier d'un contrôle
10:52judiciaire strict.
10:53Ça, ce sera l'objet
10:53de leur discussion
10:54tard dans la soirée,
10:55si en effet,
10:57parce que là aussi,
10:58on ne le sait pas encore,
10:59ils venaient être mis
11:00en examen
11:01dans ces neuf affaires.
11:02Là, ce sont
11:03les trois juges
11:04d'instruction
11:04qui vont le décider
11:06en l'entendant à nouveau.
11:07Il a déjà été entendu
11:09par des policiers
11:10pendant 48 heures
11:10et là, il sera présenté
11:11devant les juges
11:12entouré de ses avocats.
11:14Il pourra choisir
11:14soit de répondre
11:15à nouveau
11:15à toutes leurs questions,
11:17soit de dire
11:17pour l'instant,
11:18je garde le silence,
11:19je répondrai plus tard
11:21dans la procédure.
11:22Et puis donc,
11:22après cette première étape,
11:24ça sera l'étape cruciale
11:25du jour,
11:26le juge des libertés
11:27de la détention
11:28où là, on verra
11:29quel sort lui sera réservé
11:31entre un contrôle judiciaire
11:34ou un placement
11:34en détention provisoire
11:35comme ce qui a été requis.
11:37Merci beaucoup David Di Giacomo,
11:38je vous libère,
11:39vous êtes chef du service
11:40poli-justice de France Info.
11:43Dans un instant,
11:44on change de sujet,
11:45on va parler des Français
11:46qui font de moins en moins
11:47d'enfants.
11:48Quelles conséquences ?
11:49Mais pour l'instant,
11:50il est 9h18 et c'est l'info
11:51en une minute
11:51avec Maureen Suignard.
11:53Journée de grève
11:54à la SNCF
11:55pour une augmentation
11:56des salaires
11:56et contre l'ouverture
11:57à la concurrence.
11:58En conséquence,
11:59de nombreux trains
11:59sont supprimés.
12:00Un intercité sur deux
12:02et un TGV sur trois
12:03annulés.
12:04Le trafic des TER
12:04et des RER est aussi
12:06très perturbé.
12:07Patrick Bruel
12:07va-t-il aller en prison
12:08après 48 heures
12:09de garde à vue ?
12:10Le procureur demande
12:11en tout cas sa mise en examen
12:13et son placement
12:14en détention provisoire.
12:15Le chanteur accusé
12:16de viol et d'agression sexuelle
12:17est présenté à des juges
12:19ce matin
12:19qui vont prendre
12:20ou non cette décision.
12:22Le périscolaire parisien,
12:24dans ce périscolaire,
12:25ce sont 130 animateurs
12:26qui ont été suspendus
12:27depuis le 1er janvier,
12:28dont 52 pour suspicion
12:30de violence sexuelle
12:31ou sexiste,
12:32annonce du maire
12:33de la ville,
12:33Emmanuel Grégoire,
12:34qui dit aussi
12:35qu'il va installer
12:36une commission d'enquête
12:37indépendante
12:37chargée d'examiner
12:39ce qui s'est passé
12:40à la ville
12:40ces dix dernières années.
12:42Et puis Belfast,
12:42secouée par des violentes
12:44manifestations anti-immigrés
12:45hier soir,
12:46elles éclatent après
12:46une attaque au couteau
12:47menée par un réfugié
12:48soudanais,
12:49une agression filmée,
12:51les images ont suscité
12:52l'indignation dans le pays.
12:56France Info
12:59Les informés,
13:00Renaud Delis,
13:02Agathe Lambret.
13:05Les informés avec
13:06Alexandra Serviana,
13:08rédactrice en chef
13:08adjointe Société
13:10à l'Express,
13:10et Jean-Rémi Boudot,
13:11chef du service politique
13:12de France Info.
13:14Renaud,
13:14la France vieillit,
13:15les naissances chutent,
13:17les actifs sont moins nombreux,
13:19travailler plus longtemps
13:19est-il inéluctable ?
13:20Et dans dix ans à peine,
13:22la population française
13:22devrait commencer à baisser,
13:24d'ailleurs,
13:24selon les dernières statistiques
13:26de l'INSEE.
13:27La France va commencer
13:28à perdre des habitants
13:29en 2037,
13:30pour toutes les raisons
13:30que vous venez d'évoquer
13:32à l'instant,
13:32et le solde naturel
13:34désormais négatif
13:35ne sera plus,
13:36compensé par les flux migratoires.
13:39Dans ce contexte,
13:40on se souvient
13:40qu'évidemment,
13:41le gouvernement Lecornu
13:42a gelé la réforme borne
13:44jusqu'au lendemain
13:45de l'élection présidentielle.
13:47Un certain nombre
13:47de candidats continuent
13:48de dire qu'il faudra,
13:50qu'on pourra
13:50travailler moins,
13:52abaisser de nouveau
13:53l'âge de la retraite.
13:53C'était le cas notamment
13:54de votre invitée
13:54il y a quelques minutes,
13:55la secrétaire nationale
13:56des écologistes
13:56Marine Tondelier,
13:57qui l'a répété.
13:58C'était aussi le cas
13:59il y a quelques jours
13:59de Jean-Philippe Tanguy,
14:01député du Rassemblement
14:03National de la Somme,
14:04qui était l'invité
14:05de France Info.
14:06La ligne,
14:06elle est très claire,
14:07c'est 62 ans.
14:08S'engager sur 62 ans,
14:09c'est une promesse forte,
14:10c'est une espérance forte
14:11pour toutes les Françaises
14:12et les Français
14:13qui ont des métiers
14:13et des carrières difficiles.
14:15C'est sûr que si on promet
14:1662 ans
14:16et en arrivant au pouvoir
14:17dire,
14:17ah ben non,
14:18en fait on avait dit ça
14:19mais on va faire 64,
14:20ce serait une catastrophe.
14:21Ça veut dire qu'il faut
14:21beaucoup travailler,
14:23nous,
14:23au Rassemblement National,
14:24pour pouvoir financer
14:25cette réforme.
14:26Alors beaucoup travailler
14:27tellement d'ailleurs
14:27qu'au Rassemblement National,
14:28visiblement,
14:28il n'y a pas de position
14:29unanime.
14:29Jordan Bardella lui envisage
14:31de supprimer
14:31l'âge légal de départ
14:32et d'ajouter davantage
14:34d'une part de capitalisation.
14:35Donc on voit que le débat
14:36existe aussi au sein
14:38du Rassemblement National.
14:39Mais est-ce qu'il est possible
14:40dans le contexte démographique
14:45gauche en particulier
14:45mais aussi au Rassemblement National
14:47de prôner le retour
14:49à la retraite à 62 ans
14:50voire à 60 ans
14:51pour ceux qui ont commencé
14:52à travailler tôt ?
14:53Et puis on notera au passage
14:54que certains candidats
14:55qui étaient jusque-là
14:56plus allants,
14:57si j'ose dire,
14:58c'est-à-dire par exemple
14:58Pédouard Philippe
14:59qui avait évoqué l'idée
15:00de repousser l'âge de retard
15:01jusqu'à 67 ans
15:02sont aujourd'hui assez flous,
15:03en tout cas assez prudents.
15:05On les entend assez peu
15:06reprendre cette promesse.
15:07Pourquoi alors qu'on a
15:08cette réalité démographique là ?
15:11Alexandra Saviana,
15:12en France c'est très difficile
15:14d'entendre
15:14qu'il faudra travailler plus.
15:15Est-ce que c'est
15:16une spécificité française ?
15:18Alors pas forcément.
15:20Il y a un tableau européen
15:22qui est assez contrasté.
15:23Vous parliez de la proposition
15:25de Jordan Bardella
15:26qui réfléchit à un pilier
15:26supplémentaire de capitalisation.
15:28La capitalisation par exemple
15:30c'est un système
15:31qui a beaucoup lieu
15:33dans le nord de l'Europe,
15:35par exemple au Danemark,
15:36en Suède,
15:37où les gens travaillent plus tard
15:38mais ils ont aussi financé
15:40leur retraite
15:41et leur système se porte
15:42relativement assez bien.
15:44par ce pilier de capitalisation.
15:46Ensuite on a des pays
15:47comme par exemple l'Italie
15:48dont le cas ressemble
15:49peut-être davantage à la France
15:50où les gens partent
15:53plus tôt
15:54que dans les autres pays européens
15:55où l'espérance de vie
15:56entre l'âge de départ
15:58à la retraite
15:58et la fin de vie
16:00est plus grande
16:01et où on a des systèmes
16:02qui sont un peu
16:03qui sont malades en fait,
16:05qui sont déficitaires.
16:06Pays italien
16:07qui est très intéressant
16:08par rapport à la France
16:08parce que c'est un pays
16:09où la population a vieilli
16:10et où le taux de naissance
16:12est aussi un chute libre
16:13et où le système des retraites
16:15se porte au plus mal.
16:16En tout cas les candidats
16:17ils en parlent le moins possible
16:19Jean-Rémi Baudin en ce moment
16:20parce que quand ils en parlent
16:21on voit que c'est compliqué.
16:22Oui parce que déjà
16:23c'est un dossier
16:23qui est effectivement compliqué.
16:25On parle d'âge légal,
16:26on parle d'annuité,
16:28on parle de...
16:30Et puis surtout
16:30on parle de sujets
16:31qui sont complexes
16:31et que personne n'a vraiment envie
16:32d'entendre.
16:33C'est ça qui est compliqué.
16:34Mais bien sûr en fait
16:35le dossier des retraites
16:36est le déni absolu
16:37dans la liste
16:38de tous les dénis
16:39dont on parle ces derniers jours
16:41notamment...
16:42En vue de 2027
16:43c'est le tabou.
16:43Tous les dénis
16:44la retraite est dans
16:45probablement le top 3
16:46des dénis
16:47parce que en fait
16:47c'est un sujet
16:48qui est difficile
16:48parce que c'est difficile
16:49effectivement de dire aux gens
16:50qu'il va falloir peut-être
16:51travailler plus longtemps.
16:53La question de la natalité
16:54est très intéressante
16:55parce que évidemment
16:55personne n'est obligé
16:57de faire des enfants
16:57et il y a mille raisons
16:59qui font la chute
17:01de la natalité.
17:02Néanmoins c'est le déni
17:03aussi que la natalité
17:04est un sujet.
17:05Notre système est basé
17:06sur un renouvellement
17:07des générations
17:08et ça implique évidemment
17:10donc des politiques
17:12de protection sociale
17:13et aussi la question
17:14de l'immigration
17:14qui est posée
17:15et il est très intéressant
17:16et peut-être même dramatique
17:18que cette question
17:18ne soit pas posée
17:19réellement par les politiques.
17:21Je pense que le cadrage
17:22qui est fait notamment
17:22sur la question de la natalité
17:23est très intéressant
17:24et très éclairant
17:25sur notre débat public.
17:26Aujourd'hui vous voyez
17:28que le cadrage
17:28sur la natalité
17:29est plutôt porté
17:30par la droite.
17:31En gros
17:33faire des enfants
17:34ce serait presque
17:35un truc de droite.
17:36J'ai eu un débat
17:36avec des étudiants
17:37il n'y a pas très longtemps
17:38là-dessus
17:38sur est-ce que c'est
17:39un truc de droite
17:39ou un truc de gauche
17:40d'avoir des enfants ?
17:41Ils étaient presque tous
17:42à me dire que c'était
17:42un truc de droite.
17:43Il faut se rendre compte
17:44quand même de l'état
17:44du débat
17:45sur cette question
17:46de la natalité
17:47et il est dommage.
17:48La natalité personne
17:48n'en parle.
17:49Oui personne n'en parle
17:50mais vous voyez
17:51qu'une partie de la gauche
17:51notamment
17:52quand elle parle natalité
17:54de manière
17:55en réaction notamment
17:55à des saillis
17:57comme Emmanuel Macron
17:58qui parlait
17:59du réarmement démographique
18:00parlait de la mise
18:01à disposition
18:02du ventre des femmes
18:03des choses comme ça
18:03ce qui en fait
18:05biaise aussi
18:05une partie du débat
18:07faire des enfants
18:07ce n'est pas une question
18:08de droite ou de gauche
18:09et la manière
18:10dont la droite
18:10et l'extrême droite
18:11poussent ce sujet-là
18:12probablement
18:12vient un petit peu
18:14voilà
18:16polariser cette question-là
18:17qui devrait être
18:17un débat sain
18:19posé
18:19et qui est quand même
18:20rappelons-le
18:21le débat fondamental
18:22du renouvellement
18:22de notre population
18:24et de notre protection sociale.
18:26Ce qui est frappant
18:26dans les statistiques
18:27de l'unissé annoncées
18:28dans les prévisions
18:28c'est au-delà
18:29du vieillissement
18:29de la population
18:30de la chute
18:31du taux de natalité
18:32tout ça est spectaculaire
18:33ça va très très vite
18:34beaucoup plus vite
18:35d'ailleurs que certains
18:35l'anticipaient
18:36cet effondrement démographique
18:38en France
18:38et que le désir
18:39de parentalité lui-même
18:40s'effondre
18:40c'est-à-dire que les jeunes
18:41veulent faire
18:42de moins en moins d'enfants
18:45pour des tas de raisons
18:46sur lesquelles
18:46on pourrait revenir
18:47pendant des heures
18:48voilà
18:48mais en tout cas
18:49ce désir-là
18:49il s'effondre
18:50quelles que soient
18:50les orientations politiques
18:51des uns ou des autres
18:52d'ailleurs
18:52non mais juste pour dire
18:54un mot
18:54que cette évolution
18:56démographique du pays
18:57qui en fait
18:58est à l'image
18:59de ce qui se passe
18:59dans la plupart
19:00des démocraties
19:01des vieilles démocraties
19:01occidentales
19:02en tout cas
19:02de l'Europe vieillissante
19:04illustre le fait
19:05qu'il y a deux grandes
19:05hypocrisies
19:06peut-être pas seulement deux
19:07sûrement
19:07mais il y a deux grandes
19:08hypocrisies
19:08aujourd'hui dans le débat
19:09politique
19:09il y a celui sur les retraites
19:10c'est-à-dire qu'on ne peut
19:11pas dire à la fois
19:12on va travailler moins
19:13baisser l'âge des retraites
19:14maintenir le niveau
19:15des pensions
19:16et sauver le système
19:17par répartition
19:18ça c'est pas possible
19:19donc soit on tire un trait
19:20sur le système
19:21par répartition
19:21où on ajoute
19:22une forte partie
19:23une forte part
19:23de capitalisation
19:25soit on dit
19:26on va baisser
19:27le niveau des pensions
19:28et en fait
19:28les prédictions
19:29les prévisions qu'on a
19:30qu'on peut avoir
19:31quand on s'approche
19:32peu à peu d'ailleurs
19:32de l'âge de la retraite
19:33et qu'on tape
19:34qu'on rentre nos annuités
19:35et qu'on regarde
19:35finalement c'est faux
19:36et on ne sait pas
19:37ce qu'on touchera
19:37quand on sera à la retraite
19:38soit il faudra repousser
19:39l'âge légal
19:40ça c'est la grande hypocrisie
19:41sur la retraite
19:41l'autre grande hypocrisie
19:42c'est évidemment sur l'immigration
19:43c'est-à-dire que ceux qui disent
19:44qu'il faut stopper
19:45d'immigration
19:46comme l'immigration nationale
19:47qui envisage
19:48ou Bruno Retailleau d'ailleurs
19:50ou qui envisage
19:51même des moratoires
19:52ça Gérald Darmanin
19:53l'a évoqué
19:55là aussi
19:56trompe les français
19:57il y a forcément
19:57il faut réguler
19:58les flux migratoires
19:59mais même en se basant
20:00sur 150 000 entrées annuelles
20:02ce que fait l'INSEE
20:03de toute façon
20:04ça ne compense pas
20:04le solde naturel
20:05mais on sait bien que
20:06pour des tas d'activités
20:07il faudra continuer
20:08à accueillir des immigrés
20:10en France
20:10ne serait-ce qu'une immigration
20:11de travail
20:11On est dans l'impasse
20:13Alexandra Saviana
20:16Manifestement
20:16il y a un problème
20:17dans le débat
20:18qui tient à un chiffre
20:19parmi d'autres
20:20qui est que
20:20les retraités
20:21c'est 35% de l'électorat
20:23c'est une part de l'électorat
20:24qui vote beaucoup
20:25donc il faut éviter
20:26de les fâcher
20:26si je caricature
20:27mais si
20:29je voudrais quand même
20:30vous donner d'autres chiffres
20:31c'est quelque chose
20:33dont on parle assez peu
20:34et qui est un détail
20:35qui est pourtant important
20:36dans ce débat
20:36c'est le taux de remplacement
20:38c'est-à-dire
20:39le rapport entre
20:40le dernier salaire
20:40et que vous avez
20:41quand vous portez
20:42à la retraite
20:42et le montant
20:43de votre pension
20:44alors aujourd'hui
20:45pour les noms de cadres
20:46il est de 75%
20:47et pour les cadres
20:48il est de 50 à 60%
20:49or selon les projections
20:50qu'on va avoir
20:51à la fin de la semaine
20:52la situation va s'aggraver
20:53c'est-à-dire
20:54on va tomber
20:54pour les personnes nées
20:55après 1985
20:56à 64%
20:58pour les noms de cadres
20:59et à 42%
21:00pour les cadres
21:01cette avalanche de chiffres
21:02ça veut dire que
21:03en fait
21:03les retraités
21:04vont s'appauvrir
21:05et c'est ça aussi
21:06la réalité du débat
21:07aujourd'hui
21:08on va assister
21:09à un appauvrissement
21:10d'une population
21:11qui jusqu'ici
21:12se tient relativement bien
21:14et a relativement
21:15un bon pouvoir d'achat
21:16mais les politiques
21:17ne s'attendent pas
21:18aujourd'hui
21:19à discuter
21:19du fait que
21:20au-là du système global
21:22on va avoir
21:22un appauvrissement
21:23de toute une classe
21:24de la population
21:24si on ne réagit pas
21:25mais très peu
21:26de politiques
21:27osent en parler
21:28merci beaucoup
21:29les informés
21:30merci
21:30Alexandra Saviana
21:32rédactrice en chef
21:33au service Société
21:34à l'Express
21:34vous avez la une
21:35de l'Express
21:36alors
21:36on ciosque jusqu'à aujourd'hui
21:39la nouvelle stratégie
21:40de Mélenchon
21:41et pour demain
21:41c'est la grande peur
21:42de l'IA
21:43merci
21:44merci Jean-Rémi Baudot
21:45chef du service politique
21:46de France Info
21:47Renaud merci
21:48merci Agathe
21:48à demain
21:49et les informés
21:50reviennent ce soir
21:51à 20h
21:51avec Victor Maté
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