- il y a 21 heures
Tous les jours, les informés débattent de l’actualité autour d'Agathe Lambret et de Renaud Dély.
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00:07Bienvenue dans Les Informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité.
00:11Bonjour Renaud Delis.
00:11Bonjour Agathe.
00:12Deux sujets à la une ce matin.
00:14Après la mort de Quentin Derang, faut-il redouter un cycle de vengeance et de violence ?
00:19Et puis le débat sur l'aide active à mourir de retour à l'Assemblée.
00:24Est-ce bientôt la fin pour la fin de vie ?
00:27Pour nous éclairer ce matin, nos informés,
00:28Louis aux alters, journaliste politique au Figaro, auteur de La foudre et les cendres,
00:33Macron, les secrets d'une succession interdite aux éditions de l'Observatoire.
00:36Bonjour Louis.
00:37Bonjour.
00:38Et Alix Bouillaguay, éditorialiste politique à France Info TV.
00:41L'interview politique à 7h40 du lundi au jeudi.
00:44Bonjour Alix.
00:45Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:46On commence donc Renaud avec notre premier débat.
00:49Après la mort de Quentin, militant identitaire, est-ce qu'il y a un risque d'escalade ?
00:55Ce militant qui a été battu à mort, c'était jeudi dans une rue de Lyon.
00:59L'enquête sur sa mort a été requalifiée en homicide volontaire et violences aggravées.
01:03Pas d'interpellation à ce stade, mais 5 des 6 agresseurs du jeune militant ont été formellement identifiés.
01:11Ils seraient connus des services de police, certains fichiers S,
01:14pour avoir appartenu ou appartenir au groupe de la jeune garde antifasciste,
01:19groupe dont une procédure de dissolution est en cours, mais contestée devant le Conseil d'État.
01:23Le procureur de la République de Lyon a précisé hier le déroulement des faits lors d'une conférence de presse.
01:30Vers 18h, ils étaient pris à partie, violemment, par un groupe d'une vingtaine d'individus masqués, cagoulés.
01:37La plupart parvenaient à s'enfuir, mais trois personnes se retrouvaient isolées
01:40et étaient immédiatement frappées par plusieurs individus.
01:43Ces trois jeunes hommes, dont Quentin de Ranck, étaient alors jetés au sol,
01:47puis frappés à de très nombreuses reprises par plusieurs individus, au moins 6 pour Quentin de Ranck.
01:53Dans ce contexte, un certain nombre de permanences des Insoumis ont été vandalisées,
01:59un certain nombre de menaces de mort aussi ont visé des candidats.
02:04Doit-on redouter un cycle de représailles immédiates, de vengeance,
02:09justement après la mort de Quentin de Ranck, une escalade de la violence ?
02:12Et puis, au-delà, doit-on redouter d'ailleurs que la polarisation et la brutalisation du débat politique
02:18qui verse dans la violence, et y compris dans la tragédie comme on l'a vu à Lyon,
02:23finissent par pourrir en quelque sorte la campagne présidentielle jusqu'en 2027 ?
02:27Alex Bouillaguet, un cycle de violence est possible ?
02:30Oui, c'est possible, en partant du principe que ce qui se passe à Lyon depuis des années et des
02:35années,
02:35c'est comme une forme de laboratoire, c'est-à-dire ces affrontements,
02:38RIC s'échauffourer, on emploie les mots qu'on veut, entre l'ultra-droite et l'ultra-gauche.
02:42Ce qui est intéressant dans cette affaire, c'est comment, pendant longtemps,
02:47la diabolisation a été du côté du Rassemblement National,
02:50et comment, finalement, le Rassemblement National a passé le Missy Gris,
02:52d'une certaine manière, à la France Insoumise.
02:54Il y a un effet balancier, et qui est ressenti d'ailleurs par les Français,
02:57puisqu'aujourd'hui, dans l'enquête fracture française de 2025,
03:01quand on pose la question, qui pour vous, quel parti est un danger pour la démocratie,
03:0764% des Français répondent, la France Insoumise, 49% seulement, si je puis dire,
03:12pour le Rassemblement National.
03:13Donc, aujourd'hui, cet effet de balancier, il est à deux niveaux.
03:18Par exemple, sur l'antisémitisme, là encore, longtemps,
03:21le RN a été le parti pointé du doigt pour son antisémitisme,
03:24avec Jean-Marie Le Pen, avec ses récidives multiples,
03:28et ses multiples aussi condamnations.
03:30Et là, tout d'un coup, le soupçon change de camp.
03:32Il n'y a qu'à écouter Emmanuel Macron,
03:35qui parle d'expression antisémite parmi les Insoumis.
03:38Même chose par rapport à la violence,
03:41ou le rapport à la violence, ou le rapport au groupuscule qui entoure les partis.
03:44Longtemps, Jean-Marie Le Pen a prôné ce qu'on appelle le compromis nationaliste,
03:49c'est-à-dire regrouper tous les groupuscules, tous les petits partis,
03:53toutes les mouvances autour du Front National à l'époque,
03:56pour faire bloc.
03:58Aujourd'hui, c'est la stratégie qui est mise en place par Jean-Luc Mélenchon,
04:02c'est récupérer toutes les chapelles de la gauche radicale,
04:05c'est assumer, c'est dit, le dit d'ailleurs dans les meetings,
04:08et c'est faire de la France insoumise le lieu de rassemblement
04:11de toutes les forces de gauche.
04:12Et c'est peut-être ça qui a amené aussi,
04:16qui amène ce cycle de violence.
04:17On avait Franck Alizio, le candidat RN à Marseille,
04:20tout à l'heure, on l'a interrogé aussi sur les liens
04:22qu'il peut y avoir, notamment via les assistants parlementaires à l'Assemblée,
04:26entre certains groupuscules d'ultra-droite et le Rassemblement National,
04:29oui, mais le fait est que ce n'est pas la même stratégie.
04:33Quand la France insoumise assume ce rapprochement avec la jeune garde,
04:36le RN le fait plutôt en cachette et ne l'assume pas du tout, c'est ça ?
04:39Exactement, ceux qui renvoient les extrêmes dos à dos dans cette affaire,
04:44à mon avis, ratent tout un point très important qu'il faut souligner,
04:47qui est la différence de stratégie, tout simplement, entre ces deux parties,
04:50qui fait qu'en effet, le stigmate de la violence, en tout cas dans le débat public,
04:55et qui peut déborder dans la rue, comme on l'a malheureusement vu,
04:57est désormais porté par la France insoumise.
05:00Marine Le Pen, et c'est la fameuse dédiabolisation,
05:02a toujours systématiquement désormais écarté les candidats,
05:06que ce soit pour des proximités douteuses,
05:08mais aussi pour des propos, et des propos racistes, antisémites, homophobes.
05:11Il y a un ménage qui est fait par le RN,
05:13qui l'est à chaque élection, parce qu'on voit toujours apparaître des brebis galeuses,
05:16mais le RN a, depuis une quinzaine d'années, adopté sa stratégie.
05:20Jean-Luc Mélenchon, vous reprenez ses propos sur la jeune garde,
05:25encore l'année dernière, il les a qualifiés de jeunes camarades,
05:28il a expliqué que ce mouvement était un allié de la France insoumise.
05:32Plus grave, il est allé jusqu'à investir.
05:34Raphaël Arnaud, fondateur de la jeune garde,
05:37mouvement dissous depuis juin dernier, je le rappelle,
05:39Raphaël Arnaud a été investi par la France insoumise
05:41aux élections législatives de 2024,
05:44alors même qu'il avait déjà été condamné,
05:46c'était en 2022, pour des violences en réunion,
05:48et d'ailleurs ça se passait à Lyon, à l'époque,
05:50les faits pour lesquels il a été condamné,
05:52condamnation qui est devenue définitive,
05:54puisqu'il a renoncé récemment à faire appel.
05:57Donc, là où il y a, du côté du RN,
06:00une stratégie qui consistait à couper les liens visibles
06:02entre des groupuscules potentiellement violents
06:05et la structure du parti,
06:07la France insoumise, non seulement n'a pas adopté cette stratégie,
06:09mais fait même l'inverse.
06:10Les déclarations, le soutien de Jean-Luc Mélenchon
06:13apporté à la jeune garde,
06:14précisent exactement l'inverse.
06:16Et j'ajoute une dernière chose,
06:17cette stratégie de conflictualisation,
06:19cette fois dans le débat public,
06:20qui est portée par Jean-Luc Mélenchon,
06:21et qui est même théorisée,
06:23il pense que c'est le conflit verbal,
06:25le conflit politique,
06:26qui feront advenir la fameuse révolution
06:27qu'il appelle de ses voeux.
06:30Elle est portée par Rima Hassan.
06:32Ce n'est quand même pas un hasard
06:33si ce drame, ce meurtre en fait,
06:36puisque maintenant il faut appeler ça un meurtre,
06:37a eu lieu en marge d'une conférence
06:39qui a été tenue par Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
06:42Rima Hassan, vous regardez ses comptes sur les réseaux sociaux,
06:44mais c'est du Jean-Marie Le Pen dopé aux algorithmes.
06:46C'est le ciblage désormais assez systématique
06:48de personnalités de confession juive,
06:51traitées de génocidaire.
06:52C'est ce qui est arrivé récemment à Ariel Veil,
06:54qui est le maire socialiste de Paris-Centre,
06:57et sous couvert de critiques de la politique d'Israël.
06:59Rima Hassan fait du ciblage à raison de la confession.
07:03Et cette dame est invitée par des associations étudiantes
07:06à donner des conférences,
07:07et elle est eurodéputée, là aussi investie
07:09par la France insoumise.
07:10Donc il y a une conjonction de violences verbales,
07:12conflictualisation dans le débat public,
07:14et soutien à des mouvements qui, eux,
07:17dont le fondateur, pour ne citer que Raphaël Arnaud,
07:20a déjà été condamné pour des violences de réunion.
07:21Ça dessine un continuum entre la violence verbale politique
07:24et la violence qui peut avoir lieu dans la rue.
07:26Renan ?
07:26La différence de stratégie entre l'extrême-mante et l'extrême-wash,
07:29elle tient surtout la dynamique politique.
07:31C'est-à-dire que, c'est vrai que Marine Le Pen,
07:34Jordan Bardella,
07:35s'efforcent d'écarter ce qu'ils appellent d'ailleurs
07:37les brebis galeuses eux-mêmes,
07:38à mesure qu'ils se rapprochent du pouvoir.
07:40Pas forcément par des accords idéologiques.
07:42Il y a énormément de cadres,
07:44de militants du RN,
07:45qui sont passés par ces groupus culidentitaires.
07:47Il y en a parmi les assistants parlementaires,
07:49et quand on creuse un petit peu leurs CV respectifs,
07:51on voit d'abord des débordements,
07:53souvent des propos antisémites, racistes ou homophobes,
07:56et parfois, pour certains,
07:57des comportements violents par le passé.
08:00Simplement, comme l'extrême- droite approche du pouvoir,
08:02évidemment, on a déjà vu cette mécanique à l'œuvre,
08:04dans l'histoire, en France ou ailleurs.
08:06Elle tente à écarter ses profils les plus sulfureux,
08:09les moins présentables,
08:11justement pour essayer d'accéder au pouvoir par les urnes.
08:13Et c'est vrai qu'on voit face à cette perspective-là,
08:17qui est considérée par certains,
08:18et en particulier à gauche,
08:19comme une menace,
08:20l'arrivée de l'extrême-droite au pouvoir,
08:22on voit l'extrême-gauche qui, elle, se radicalise,
08:25et qui, à l'inverse,
08:27en reprenant le slogan de résistance au fascisme,
08:31qui est quelque chose qu'on entend,
08:32d'ailleurs ce mot résistance dans les meetings insoumis,
08:35se radicalise et assume,
08:38ou en tout cas fait preuve au moins de complaisance,
08:39voire assume le recours à la violence,
08:42pour s'opposer à l'extrême-droite.
08:43Et ça s'inscrit dans la stratégie
08:45qui est celle de Jean-Luc Mélenchon,
08:46qui effectivement a voulu absorber
08:48un certain nombre de groupes et de groupuscules
08:52à gauche, au sein d'une gauche dite révolutionnaire,
08:55justement, et c'est lui qui va par exemple
08:57au camp d'été de la jeune garde antifasciste
09:00à l'été 2023,
09:01pour nouer ce partenariat,
09:04très clairement,
09:04qui a fini par investir Raphaël Arnaud,
09:07parce qu'on a l'impression
09:08que l'extrême-gauche ou la gauche radicale
09:10est plutôt dans la stratégie inverse,
09:11c'est-à-dire en gros,
09:13l'extrême-droite est là où elle va arriver au pouvoir,
09:15donc il faut déjà préparer la suite,
09:16d'où cette incantation à la révolution citoyenne,
09:18et ce climat de guerre civile
09:20qui peu à peu envahit le débat politique.
09:23Il faut bien comprendre que les deux
09:24ont besoin l'un de l'autre,
09:25c'est un couple,
09:26c'est un couple indissociable.
09:27Juste une dernière preuve,
09:28par exemple,
09:28quant à l'extrême-droite,
09:30toutes des franges,
09:30des tas de franges identitaires extrémitaires
09:31sont rongées par le concept
09:32de grand remplacement,
09:33et affichent ce concept complotiste
09:36de grand remplacement
09:37des peuples occidentaux
09:38par les peuples africains
09:38comme une menace imminente.
09:40Jean-Luc Mélenchon s'empresse
09:41de reprendre l'expression,
09:43évidemment à sa sauce à lui,
09:44en prenant la nouvelle France
09:45du grand remplacement,
09:46celle du remplacement
09:47de générations par d'autres,
09:49ou en prenant la créolisation
09:50de la société.
09:50On voit que les deux
09:51ont besoin absolument
09:53l'un de l'autre,
09:53et on constate aussi
09:55que l'un sert plutôt
09:56de marche-pied vers le pouvoir
09:57à l'autre.
09:58Les deux ont besoin,
09:59mais c'est vrai que la stratégie
10:01elle est effectivement aux antipodes.
10:03Par exemple, dimanche,
10:04il y avait, lors de l'hommage
10:06à Quentin,
10:09il y avait un certain nombre
10:09de responsables politiques,
10:11et c'est vrai qu'on a revu
10:12notamment Philippe Verdon,
10:14qui est un identitaire
10:16qui était aux côtés
10:17de Marion Maréchal,
10:21Axel Lousteau,
10:21qui est aussi un ancien du GUD,
10:23qui faisait partie de cela,
10:26mais Marine Le Pen,
10:26à chaque fois,
10:27explique qu'elle s'est éloignée,
10:28qu'elle ne les fréquente plus.
10:29Mais il y avait des cadres du RN
10:30qui étaient présents, justement.
10:31Il y avait des cadres du RN,
10:32donc ça veut dire
10:33que les groupuscules d'ultra-droite
10:35sont toujours là,
10:36mais en tout cas,
10:37elles les gèrent à la nitroglycérine.
10:39Et deuxième point
10:40sur Jean-Luc Hulanchon,
10:42on parlait tout à l'heure
10:43de sa théorie
10:44sur le fait
10:44de tout conflictualiser.
10:47C'est vrai qu'en fait,
10:48lui, il a une lecture
10:49qui est assez claire,
10:50c'est-à-dire se dire
10:50on conflictualise,
10:52on fait vaciller le système,
10:54donc ça veut dire
10:55qu'on se retrouve
10:56au second tour
10:57face au Rassemblement National,
10:59et parce qu'on est face à eux,
11:01on a une chance
11:02de se faire élire,
11:04parce qu'il va y avoir
11:05un front républicain,
11:06d'où effectivement
11:07ce calcul,
11:08installer ce qu'on voit
11:09des matchs d'extrême
11:11clivés, polarisés,
11:12agités,
11:13pour effacer
11:14les autres parties,
11:15sauf que là,
11:15est-ce que c'est un,
11:16je pose la question ce matin,
11:17est-ce que c'est un point
11:18de non-retour ?
11:19Est-ce que c'est un tournant ?
11:20C'est-à-dire,
11:20est-ce que l'opinion publique
11:21va à un moment se dire
11:22attendez au second tour
11:24LFI,
11:25c'est peur,
11:26et c'est radical.
11:27Oui, mais jusqu'à présent,
11:28jusqu'à présent,
11:29je termine juste la phrase.
11:30Il est laminé,
11:30par Jordan Bordel,
11:31dans les sondages.
11:32Jusqu'à présent,
11:33c'était payant dans les urnes.
11:35Regardez,
11:35500 000 voix d'écart
11:36à la dernière présidentielle,
11:38Jean-Luc Mélenchon,
11:38Marie-Le Pen,
11:39bon,
11:39il n'accède pas au second tour.
11:40À chaque fois qu'on dit
11:41que Jean-Luc Mélenchon,
11:42les insoumis sont laminés,
11:44parfois ils bénéficient
11:45d'un effet de groupe à gauche.
11:4510% en dernières européennes,
11:48près d'une,
11:48enfin,
11:49je ne sais plus qu'il y a des députés.
11:49Alors qu'ils partaient
11:50à 5% dans les sondages,
11:51ils ont terminé quasiment à 10%.
11:52Donc, pour l'instant,
11:53cette radicalisation fonctionne.
11:55C'est la question que j'allais poser
11:56à Louis-Ozalter,
11:57celle du nouveau Front populaire.
12:00Hier, Sandrine Rousseau,
12:01écologiste sur ce plateau,
12:02disait,
12:02on a besoin de ces groupes antifascistes,
12:05on a besoin de ces groupes antifascistes
12:06quelques jours après la mort
12:10étant cause le Rassemblement National
12:12et son député,
12:14notamment Frédéric Bocaletti,
12:15qui avait tenu une librairie négationniste.
12:17Est-ce que c'est suffisant
12:18de la part des alliés
12:19de la France Insoumise
12:20comme explication renvoyée
12:22au Rassemblement National ?
12:23Et est-ce que la question
12:24va se poser aussi pour eux
12:25d'un point de non-retour ?
12:26Oui, bien sûr.
12:27Et probablement que le Parti Socialiste
12:29ne dirait pas la même chose
12:29que Sandrine Rousseau.
12:30Le problème, c'est qu'ils sont
12:31aux abonnés absents.
12:32Nous, hier, on a passé des coups de fil
12:34aux fameux alliés
12:35de la France Insoumise,
12:37dont les socialistes.
12:38Il n'y avait pas beaucoup de gens
12:39qui répondaient à que disent Olivier Faure,
12:41que dit Boris Vallaud,
12:42chef de fil des députés socialistes.
12:43Raphaël Glucksmann a été très clair.
12:44Alors voilà, le seul qui en a parlé
12:45et qui a été très clair,
12:47c'est Raphaël Glucksmann
12:49qui, hier, a expliqué
12:50que c'était un motif supplémentaire,
12:52sinon suffisant,
12:53pour refuser toute alliance
12:54avec la France Insoumise,
12:55ce qui a toujours été la ligne,
12:56elle est cohérente,
12:57de Raphaël Glucksmann.
12:58Mais à quelques jours après
13:00des déclarations d'Olivier Faure
13:01qui a expliqué que peut-être,
13:02finalement, au second tour des municipales,
13:04s'il fallait revenir toper
13:05avec les Insoumis
13:06en cas de risque de victoire RN,
13:09alors même qu'on pensait
13:10que depuis qu'ils avaient fait
13:11un compromis avec le gouvernement
13:12sur le budget,
13:13la rupture était consommée
13:14entre la France Insoumise et l'EPS.
13:16Non, pas du tout.
13:17De toute façon, à gauche,
13:17dès qu'il y a élection,
13:18les chemins mènent à Mélenchon.
13:19C'est comme ça depuis des années.
13:21Et vu la dynamique électorale
13:23que conserve Jean-Luc Mélenchon,
13:24c'est-à-dire ce socle
13:24dans les sondages autour de 10%,
13:26eh bien, il reste pour l'instant
13:28celui qui tente,
13:29par l'intimidation,
13:31d'avoir les faveurs
13:33de ses fameux alliés socialistes.
13:34Sauf que,
13:35de la part de ces alliés-là,
13:37continuer à entretenir des liens
13:38avec la France Insoumise,
13:39c'est un petit peu
13:39courir la marchandise,
13:40c'est-à-dire tout ce qu'on a dit
13:42précédemment
13:42sur les liens entre LFI
13:43et des groupuscules douteux.
13:44C'est courir la défaite.
13:45Et juste un point sur la polarisation,
13:47ça ne marche pas électoralement
13:47pour les Insoumis.
13:49Parce que, alors,
13:50soit la présidentielle,
13:51ils n'atteignent pas le second tour,
13:52donc on ne l'a pas encore mesuré,
13:53mais on le voit dans les sondages.
13:54Jean-Luc Mélenchon est laminé
13:55par Jean-Anne Bardella,
13:56mais là où on l'a mesuré,
13:57c'est aux élections législatives
13:58de l'été 2024,
13:59où on a constaté
14:00qu'au second tour,
14:01lorsque un candidat ARN
14:03était opposé
14:03à un candidat insoumis,
14:05le fameux front d'IH républicain
14:07fonctionnait beaucoup moins bien
14:08que lorsque c'était
14:09un candidat de droite
14:10ou un candidat socialiste
14:11et même un candidat écologiste
14:12qui était opposé
14:13au Rassemblement National.
14:14Les Insoumis,
14:15au second tour
14:16des élections législatives,
14:17ont été très souvent battus
14:19par des candidats...
14:19C'est presque à l'envers.
14:20C'est maintenant
14:20à l'envers qu'ils disent.
14:21Ça ne marche pas du tout,
14:22cette stratégie,
14:23mais je ne suis pas persuadé
14:23que Jean-Luc Mélenchon
14:27mise là-dessus.
14:28C'est plutôt sur
14:29l'après-défaite,
14:30cette configuration
14:31de révolution citoyenne
14:32et donc de sursaut
14:33qui viendrait
14:34non pas dans les urnes
14:35pour lui,
14:36mais plutôt dans la rue.
14:37Dans un instant,
14:38les informés,
14:39on va parler de la fin de vie
14:40de retour à l'Assemblée.
14:41Mais tout de suite,
14:41il est 9h20
14:42et c'est l'Info en une minute
14:43avec Maureen Sunia.
14:45La Russie méprise
14:46les efforts de paix.
14:48Selon la diplomatie ukrainienne,
14:49Kiev dénonce
14:50une vaste attaque russe
14:51pendant la nuit.
14:52Une trentaine de mille cils
14:53lancée.
14:54Près de 400 drones
14:55attaquent alors
14:56que des pourparlers
14:56entre Washington,
14:57Moscou et Kiev
14:58se déroulent aujourd'hui
14:59en Suisse
14:59pour tenter
15:00de mettre fin
15:00à la guerre.
15:01La situation
15:02est exceptionnelle
15:03et va se poursuivre
15:04dans les prochains jours.
15:05Une grande partie
15:06du pays
15:07confrontée au cru.
15:08Trois départements
15:08sont en vigilance rouge.
15:10Le Maine-et-Loire,
15:10la Gironde
15:11et le Lot-et-Garonne.
15:12Onze départements
15:13sont aussi en orange.
15:15Cinq des six suspects
15:16ont été identifiés
15:17après la mort
15:17de Quentin Deranck
15:18à Lyon.
15:19Le militant identitaire
15:20a reçu des coups
15:21en pleine rue.
15:21Ces suspects sont connus
15:22de la police.
15:24Certains fichaient S
15:24pour avoir appartenu
15:25à la jeune garde
15:26d'un collectif antifasciste.
15:28Dissue en juin dernier,
15:29le coordinateur
15:30de la France Insoumise
15:31Manuel Bompard
15:32affirme que le parti
15:33n'est en rien responsable
15:34dans cette affaire
15:35mais assure qu'il continuera
15:37à soutenir des groupes
15:38qui font, dit-il,
15:39un travail d'autodéfense populaire.
15:41Et puis les hockeyeurs français
15:42n'ont pas le droit à l'erreur.
15:44Ce midi,
15:44après trois défaites
15:45en trois matchs,
15:46les Bleus affrontent
15:47l'Allemagne
15:47pour une place
15:48en quarts de finale
15:48des Jeux Olympiques
15:49de Milan Cortina.
15:56Les informés
15:57Renaud Delis
15:58Agathe Lambret
16:02Les informés
16:03avec Alix Bouillaguet
16:04éditorialiste politique
16:05à France Info TV
16:06Louis Ouzalter
16:07journaliste politique
16:08au Figaro.
16:09On passe à notre
16:10deuxième débat,
16:11Renaud,
16:11le débat sur l'aide active
16:13à mourir à l'Assemblée.
16:15Les deux textes
16:15liés à la question
16:16de la fin de vie
16:17sont revenus
16:18en débat
16:18à l'Assemblée nationale
16:19depuis hier.
16:20L'un est très consensuel,
16:21c'est sur le développement
16:22notamment en particulier
16:22des soins palliatifs.
16:23L'autre est plus clivant
16:24sur la création
16:25d'un droit à l'aide
16:26à mourir.
16:27Ce texte a été rejeté
16:28par le Sénat.
16:29Il revient donc
16:31à l'Assemblée
16:31en seconde lecture
16:32avant de retourner
16:33au Sénat
16:34qui très probablement
16:34le rejettera de nouveau
16:35et donc avant
16:36que l'Assemblée
16:37ait le dernier mot.
16:39En tout cas,
16:40c'est un processus
16:40législatif extrêmement long
16:42alors que
16:42ceux qui sont partisans
16:44de ce texte
16:45soulignent
16:46qu'il est attendu
16:47par une large frange
16:48de l'opinion.
16:49Voici ce qu'en disait
16:50sur l'antenne de France Info
16:52il y a quelques jours
16:52le docteur Denis Labelle
16:53qui est porte-parole
16:54de l'association
16:55Le choix citoyen
16:56pour une mort choisie.
16:58On est dans une situation,
16:59une société
17:00qui est assez surprenante.
17:01C'est une attitude
17:02antidémocratique
17:03qui ne tient pas compte
17:03comme vous l'avez dit
17:04de la volonté des Français
17:05de la Convention citoyenne.
17:0775% des personnes
17:09de la Convention citoyenne
17:10avaient décidé
17:10qu'il fallait
17:11une aide active à mourir.
17:13On reproche souvent
17:14au monde politique
17:15d'être décalé
17:16par rapport à la demande
17:17des citoyens.
17:17Donc là, un exemple typique.
17:18Il y a un fossé énorme
17:19entre ce que demandent
17:20les citoyens depuis longtemps
17:21et la volonté politique.
17:23En fait, il y a deux pratiques
17:24démocratiques en quelque sorte.
17:25Il y a la Convention citoyenne,
17:26une forme de démocratie participative
17:28qui a remis son rapport
17:29il y a déjà près de trois ans
17:30et dont effectivement
17:31plus de 80% des membres
17:32s'étaient mis d'accord
17:32sur un dispositif
17:33d'aide active à mourir.
17:34Puis il y a la démocratie parlementaire
17:35bien sûr
17:36qui joue son rôle
17:37et qui peut parfois
17:38s'opposer en tout cas
17:39aux propositions
17:40d'une Convention citoyenne.
17:42mais pourquoi est-ce que
17:43ce processus législatif
17:44est aussi long
17:46et puis est-ce que
17:47le gouvernement
17:48peut espérer
17:49voire aboutir
17:50cette réforme sociétale
17:51qui est mise en avant
17:52en tout cas par Emmanuel Macron
17:54avant l'été
17:55et donc avant la fin
17:56du quinquennat ?
17:56Est-ce qu'on approche
17:57de la fin, Louis Walter ?
17:59De la fin de la fin de vie ?
18:02Le calendrier parlementaire
18:03reste un champ de mine
18:04quelque part.
18:06Il ne faut pas oublier
18:06que nous avons
18:07les élections municipales
18:08qui bloquent le Parlement
18:09pendant un certain nombre
18:10de semaines
18:11et après
18:12quelques semaines
18:13de discussions
18:13par-ci par-là.
18:14C'est ça qui est dommage
18:16d'ailleurs,
18:16c'est qu'il y a peu de place
18:17dans ce contexte politique
18:19en cette fin de quinquennat
18:21dans un contexte en plus
18:22d'assemblée fragmentée
18:23d'absence de majorité.
18:24Il reste peu de place
18:25dans un contexte
18:26ajoute aussi
18:27la campagne présidentielle
18:28qui va commencer
18:28après les municipales
18:29pour examiner vraiment
18:31et sereinement
18:31un texte
18:32d'une importance
18:33aussi capitale.
18:35Et il me semble aussi
18:36qu'en fait
18:37on n'a pas forcément
18:37fait les choses
18:38dans le bon ordre.
18:39Le problème
18:39du processus parlementaire
18:40tel qu'il est là
18:41c'est qu'on a opposé
18:42quelque part
18:42soins palliatifs
18:43et la fameuse aide à mourir
18:45qui en fait s'appelle
18:45l'euthanasie
18:46et suicide assistée
18:47si on met les bons mots
18:49sur les choses
18:49comme le fait
18:50de l'ancien vice-président
18:51du conseil d'État
18:51Jean-Marc Sauvé
18:52ce matin dans le Figaro.
18:54Les soins palliatifs
18:55si on avait voulu mettre
18:56le débat dans le dosage
18:57peut-être aurait-il été
18:58plus judicieux
18:59d'examiner ce texte
19:00et surtout de mettre
19:01les moyens
19:02en face des ambitions
19:03avant d'avoir
19:05un débat serein
19:05apaisé
19:07sur une aide à mourir.
19:08Pourquoi ?
19:09Parce qu'aujourd'hui
19:09une majorité de gens
19:10qui sont en fin de vie
19:11n'ont pas accès
19:11aux soins palliatifs
19:12tout simplement.
19:13Alors que c'est un droit
19:14il n'y a même pas besoin
19:14de faire une nouvelle loi
19:15c'est un droit
19:15qui est inscrit
19:16depuis le début
19:17des années 2000
19:19dans la loi.
19:20Or que constatent
19:20tous les soignants
19:21en soins palliatifs
19:21c'est que ces soins-là
19:22font mécaniquement
19:24diminuer quasiment
19:25toutes les demandes
19:25de mort administrée.
19:27Elles deviennent marginales.
19:29Mais comme la plupart
19:29des gens...
19:30C'est pour ça qu'il y a un texte
19:30qui a deux points...
19:31Oui mais je crois
19:31qu'on a opposé les choses
19:32en disant...
19:34Les partisans de l'euthanasie
19:35ont dit
19:35mais vous avez les soins palliatifs
19:36de quoi vous plaignez-vous ?
19:37Et les partisans
19:38des soins palliatifs
19:39ont dit
19:39mais on a les soins palliatifs
19:40il n'a pas besoin
19:40de parler d'aide à mourir.
19:41Alors bien sûr
19:42qu'il faut en parler
19:42tous les débats sont légitimes
19:43et comme c'est une demande
19:44qui s'exprime en effet
19:45dans les sondages
19:45il est important d'en parler.
19:47Mais il me semble
19:47que ne pas faire une opposition
19:48entre les deux
19:49et examiner les choses
19:50dans l'ordre
19:51aurait permis d'avoir
19:52un débat plus éclairé
19:53sur la demande d'aide à mourir.
19:56Après oui
19:56enfin ce texte
19:58il peut aussi passer
19:59c'est-à-dire qu'effectivement
20:00c'est un champ de mine
20:02si de manière très concrète
20:04ça devrait être adopté
20:06à l'Assemblée nationale
20:07le 24 février
20:08parce que ça avait été le cas
20:09à une large majorité avant
20:11ça va repartir au Sénat
20:13deux options
20:14soit le texte sera rejeté
20:15ce qui s'est passé
20:16en première lecture
20:17soit au contraire
20:18ils vont travailler le texte
20:19ce qui peut être une option
20:21ensuite commission mixte paritaire
20:22cette députée
20:23cette nénateur
20:24pour tomber d'accord
20:25sur un compromis
20:26a priori compromis
20:27il n'y aura pas
20:27et donc dernier mot
20:28à l'Assemblée nationale
20:29ce qui veut dire
20:31que le gouvernement
20:32espère que ce sera voté
20:33avant l'été
20:33on sait aussi
20:34que si ça devait bloquer
20:35sans liser pour extraison
20:37Emmanuel Macron
20:38a laissé planer aussi
20:39l'idée d'un éventuel référendum
20:41donc ça peut aboutir
20:42après le principal enjeu
20:43juste d'un mot
20:44de ce qui va se passer
20:46là à l'Assemblée nationale
20:48c'est le délit d'entrave
20:49c'est parce que
20:50tout le reste
20:50ils sont à peu près
20:51tombés d'accord
20:51il y a le fameux délit d'entrave
20:53qui fait que
20:53ne pas empêcher un malade
20:55soit de s'informer
20:56soit de bénéficier
20:57de cette aide à mourir
20:58et donc les débats
20:59vont principalement
20:59tourner autour de ce sujet là
21:01vous voulez rebondir
21:01Renaud
21:01notamment sur les soins palliatifs
21:02juste un mot
21:03parce que je ne sais pas
21:03que tu es d'accord
21:03avec ce que disait Louis Salter
21:04ce sont justement
21:05les adversaires
21:06du suicide assisté
21:07ou de l'aide active à mourir
21:08qui ont essayé
21:08d'opposer l'aide active à mourir
21:10aux soins palliatifs
21:11c'est précisément pour ça
21:12que finalement le texte
21:13enfin que le texte
21:14qui au départ
21:14il y avait un seul texte
21:15a été scindé en deux
21:16qui est une proposition
21:17de loi extrêmement précise
21:19extrêmement consensuelle
21:20qui est adoptée
21:21pour renforcer les soins palliatifs
21:23quant au fait
21:24qu'on n'ait pas suffisamment
21:25de temps pour débattre
21:25du sujet
21:26ça fait trois ans
21:26quand même globalement
21:27le débat avait commencé
21:28avant la dissolution
21:30donc c'est normal
21:31c'est légitime
21:31c'est un sujet
21:32qui est intime
21:33et qui concerne d'ailleurs
21:34pas au-delà
21:35des clivages partisans
21:36chacun des députés
21:37il y aura toujours
21:37évidemment
21:38et des élus
21:39et dans la société
21:40des gens qui seront hostiles
21:41à ce qu'il y ait
21:43de fait
21:43une nouvelle liberté
21:45qui est proposée
21:46évidemment
21:46mais qui ne menace pas
21:48le développement
21:49des soins palliatifs
21:50qui sont indispensables
21:51et qui peut être entendue
21:51comme une injonction
21:53qui est entendue
21:54comme vous voulez
21:54une injonction silencieuse
21:56à être inutile
21:57lorsqu'on est pensé
21:57on reprendra le débat
21:59on aura l'occasion
22:00d'en reparler
22:00merci beaucoup
22:02merci Louis Ozelter
22:04du Figaro
22:04la une du Figaro
22:06reconstituons
22:07le déchaînement de violence
22:08qui a conduit
22:08à la mort
22:09de Quentin de Rancalion
22:10et je rappelle votre livre
22:11La foudre et les cendres
22:12aux éditions
22:13de l'Observatoire
22:14merci Alex Buillaguet
22:15votre interview
22:16du lundi au jeudi
22:17à 7h40
22:18sur France Info TV
22:19à demain Renaud
22:21les informés
22:22sont de retour
22:22ce soir à 20h
22:23merci à tous
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