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Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.
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00:00...
00:06Bienvenue dans Les Informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité.
00:10Bonjour Renaud Deligne.
00:11Bonjour Aguette.
00:12Deux sujets, un sujet surtout, à la une ce matin après la mort de Quentin,
00:18responsabilité de LFI ou instrumentalisation politique.
00:22C'est la question que l'on se pose avec nos informés.
00:25Valérie Gage, chef du service politique de RFI.
00:28Bonjour Valérie.
00:29Et Henri Vernet, éditorialiste politique.
00:32Bonjour.
00:32Bonjour.
00:33On commence donc Renaud avec ce sujet, la France insoumise,
00:38qui est dans le viseur notamment du gouvernement, mais pas seulement, est-ce justifié ?
00:41Après la mort du jeune militant nationaliste Quentin Derand,
00:44qui a été roué de coups, lynché en marge d'un meeting à Sciences Po Lyon,
00:48un meeting de l'eurodéputé Léphirima Hassan,
00:50la police avérera procédé à neuf interpellations hier,
00:54neuf suspects, dont l'assistant parlementaire d'un député insoumis, Raphaël Arnaud.
01:00Cet assistant parlementaire s'appelle Jacques-Eli Favreau,
01:03et plusieurs membres de la jeune garde, ce mouvement violent antifa,
01:07qui est lié et allié à la France insoumise,
01:09selon l'expression de Jean-Luc Mélenchon lui-même.
01:11Ce qui a valu hier, après un très bref moment de recueillement, d'apaisement,
01:15une minute de silence en hommage à la jeune victime à l'Assemblée nationale,
01:18ce qui a valu donc à Sébastien Lecornu, le Premier ministre,
01:22de s'en prendre à la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, en ces termes.
01:27Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject.
01:31Lorsqu'on est un humaniste, on n'oppose pas un mort à un autre mort.
01:36Et donc le refus de la violence, c'est pour tout le monde.
01:39Pourquoi tout le monde doute de votre sincérité ?
01:41Parce qu'il est temps que vous fassiez le ménage dans vos propos,
01:44et surtout dans vos rangs.
01:47Et Jean-Luc Mélenchon, hier, en meeting, a répondu au Premier ministre.
01:52Nous n'acceptons pas les leçons que nous donne M. le Premier ministre,
01:57qui visiblement a pété un câble cet après-midi aux questions d'actualité.
02:01Il dit à trois reprises, faites le ménage à Mathilde Panot.
02:06Eh bien Mathilde Panot n'est pas la personne qui fait le ménage chez les Insoumis.
02:10Elle est la présidente du groupe parlementaire dont nous sommes fiers.
02:14Alors est-ce à dire que Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis continuent de faire bloc avec la jeune garde,
02:19donc avec les individus qui ont été interpellés, suspectés pour l'instant,
02:23donc dans le cadre d'une enquête pour homicide volontaire,
02:25et puis quel sort sera réservé notamment à Raphaël Arnaud,
02:29lui député Insoumis et fondateur d'ailleurs de ce mouvement de la jeune garde,
02:33alors qu'il est, les Insoumis répètent qu'ils sont victimes d'une instrumentalisation politique
02:38et qu'ils n'ont absolument aucune responsabilité dans le drame qui s'est produit à Lyon.
02:42Est-ce que c'est tenable cette position Valérie Gasse aujourd'hui de la France Insoumise ?
02:47Ça va être compliqué parce que la question de Raphaël Arnaud va se poser de plus en plus dans le
02:52débat
02:52et des liens avec ce cofondateur de la jeune garde qui, maintenant, on le sait,
02:58depuis que les interpellations ont eu lieu, sont impliqués dans le lynchage de Quentin de Hanck.
03:05Donc il va être difficile pour LFI de continuer sur un registre de
03:11« oui, ce sont quand même nos camarades, la jeune garde,
03:14mais on dénonce la violence qui tue et le lynchage ».
03:18Voilà, et en même temps on a un député qui en est issu,
03:21mais ça serait vraiment un bouleversement si LFI lâchait Raphaël Arnaud.
03:29Mais la question va être très très très très compliquée, très très sensible.
03:34Ce qu'on a pu noter quand même, c'est que l'assistant parlementaire
03:37qui a été interpellé et qui était visiblement sur les lieux du lynchage
03:41et qui a participé, dès avant qu'il soit mis en cause par les policiers et par la justice,
03:50il s'est mis en retrait de ses fonctions d'assistant parlementaire
03:53avant même que Yael Brunpivet décide de lui interdire les portes de l'Assemblée.
03:58Donc il y avait déjà une prise de conscience qu'il fallait quand même mettre à distance
04:02l'élément le plus sulfureux de cette jeune garde
04:05qui était l'assistant du député lui-même déjà présenté comme sulfureux, Raphaël Arnaud.
04:12Donc il y a une volonté quand même de condamner la violence
04:17et de dire « ce n'est pas nous les responsables, cette violence on la condamne »
04:20et en même temps on ne peut pas remettre en cause immédiatement pour LFI
04:23toute cette architecture, tout ce discours qu'ils tiennent depuis des années.
04:28Oui, parce que la personne dont vous parlez, Jacques-Élie Fravraud,
04:30c'est un collaborateur parlementaire.
04:32C'est le collaborateur de Raphaël Arnaud.
04:34Raphaël Arnaud qui est cofondateur de la jeune garde, Henri Vernet.
04:38Est-ce que LFI peut continuer à soutenir la jeune garde
04:42et à soutenir le mandat de son député ?
04:44Non, la soutenir et même la glorifier, non.
04:46Il faut au minimum un geste fort, une parole forte
04:50de celui qui incarne LFI malgré tout, qui est Jean-Luc Mélenchon.
04:53Bien sûr, il y a Mathilde Panot, bien sûr, il y a Manuel Bompard.
04:55Mais là, c'est vrai que la parole vient de lui.
04:57C'est lui d'ailleurs qui a défendu, je veux dire, jusqu'au bout, la jeune garde
05:01quand il a demandé à Laurent Nunez de renoncer à sa dissolution il y a quelques mois.
05:05Maintenant, il est en attente de la décision du Conseil d'État en la matière.
05:10C'est lui qui a fait cette apologie, qu'on a entendu, qui repasse en boucle désormais
05:14sur l'hommage à ses camarades qui résistent ainsi aux agressions dont son victime LFI.
05:22Il faut vraiment rompre avec cette attitude-là.
05:25Et clairement, ce n'était pas ce qu'il a dit en meeting hier.
05:27Il était vraiment dans un registre assez propre à Jean-Luc Mélenchon
05:32qui est celui toujours de l'attention.
05:34Il a répondu, c'est vrai, aux propos très forts de Sébastien Lecornu hier.
05:38Quand on revoit ses propos, on se dit que, oui, Lecornu, visiblement,
05:42il était au courant de ce qui allait être annoncé quelques heures plus tard sur les arrestations.
05:47Parce que c'est vrai que la fermeté avec laquelle il renvoie Mathilde Opano dans ses cordes,
05:52c'est vraiment, on sent qu'il y a quelque chose de fort quand il parle de ménage.
05:55Mais non, il faut une parole très forte.
05:56Et quand je dis que ça ne doit pas être celle du meeting, c'est le contraire.
05:59Là, maintenant, ce n'est plus le Mélenchon, la République, c'est moi, l'État, c'est moi, etc.
06:03Non, là, ça doit être, calmons le jeu, revenons aux règles,
06:08enfin à ce qui doit être une démocratie apaisée.
06:11Parce que c'est quand même ça encore pour l'instant, la France.
06:14Mais simplement là, on est vraiment avec l'évolution, la violence qui est patente,
06:18qui est à l'Assemblée, qui est dans l'hémicycle et qui est partout maintenant.
06:20Et c'est vrai qu'il est encouragé par cette manière dont on s'échappe en permanence.
06:24Non, il faut rompre avec ça.
06:25Il faut vraiment revenir à des choses beaucoup plus saines et apaisées.
06:29– Deux choses, Renaud Delis.
06:30Un, ce n'est pas le genre de la France insoumise de faire amende honorable
06:34et de, voilà, ils assument en bloc en général.
06:37Et puis deux, c'est la France insoumise qui a décidé d'investir un député
06:40qui était cofondateur de la Jeune Garde.
06:41– Oui, alors la France insoumise, c'est Jean-Luc Mélenchon.
06:44Il n'y a pas d'organisation, il n'y a pas de structure collective,
06:46il n'y a pas de délibération, ce qui a valu un certain nombre de députés,
06:49d'ailleurs, d'être purgés, comme on dit, la France insoumise.
06:51Et donc, je pense que Jean-Luc Mélenchon, il est passé depuis un certain moment,
06:54d'ailleurs, déjà dans une autre lecture de la Session politique,
06:57ce qui explique qu'il soutient la Jeune Garde, je ne suis pas persuadé,
07:01loin de là, qu'il rompt les liens avec cette organisation.
07:04Il bâtit un récit assez mythique qui est la menace fasciste,
07:11pour utiliser les termes qui sont utilisés du côté des insoumis,
07:15la menace fasciste qui nécessite justement, en gros,
07:17de recourir à tous les moyens, tous les moyens sont bons
07:19pour repousser cette menace fasciste, ce qui explique les liens
07:24qu'il a noués, lui, personnellement, c'est lui qui est allé
07:27à l'université de la Jeune Garde, qui est un mouvement extrêmement violent,
07:32donc Antifa, c'est lui qui a dit et répété encore l'année dernière
07:37en meeting que c'était une organisation liée et alliée à la France insoumise,
07:41qui a même invité les militants insoumis à défiler derrière la banderole
07:44de la Jeune Garde le 1er mai dernier, c'est lui, alors effectivement,
07:49qui s'est insurgé de l'atteinte aux libertés fondamentales
07:51que constitue, selon Jean-Luc Mélenchon, la dissolution au cours
07:55de cette organisation. L'année dernière, vous avez raison,
07:57et pas seulement, puisque la veille de la mort de Quentin,
07:59le groupe insoumis a encore envoyé un communiqué pour s'opposer
08:02à cette dissolution. Pourquoi est-ce qu'il est aussi intrinsèquement
08:05lié à la Jeune Garde et à Raphaël Arnault ? C'est parce que ça s'inscrit
08:08dans ce paysage-là qui est d'une lutte antifasciste,
08:12y compris par la violence. Dès lors, ça aboutit,
08:14il y a deux choses. D'abord, on peut considérer que d'un point
08:16de vue politique, c'est déroulé le tapis rouge
08:18à l'extrême droite et au Rassemblement National, qui ont beau jeu
08:20de dire, regardez, nous, on ne recourt pas à la violence,
08:24on est propre, la fameuse stratégie de la cravate.
08:26Et puis, derrière, au-delà, il y a l'idée d'une révolution,
08:30d'une révolution citoyenne, ce qui explique le changement
08:33de nature de la France insoumise, qui est effectivement
08:34devenu un mouvement d'extrême gauche, qui condamne dans les mots
08:38la violence, mais qui est alliée, très étroitement,
08:41avec un groupe qui la pratique. Donc, j'ai du mal à imaginer
08:45que Jean-Luc Mélenchon change de stratégie dans les heures
08:49et les jours qui viennent, et ce qui explique d'ailleurs
08:52son discours d'hier, où il appelle plutôt ses camarades
08:54à faire bloc, à réfléchir, en prenant parfois des tonalités
08:58de vieux sages, regarder la période qui s'ouvre.
09:00Mais par exemple, il y a un député insoumis qui explique
09:02ce matin que, non, non, c'est le gouvernement qui est en train
09:05de s'aligner sur la position des fascistes, justement,
09:08et qu'on serait dans un moment de bascule historique. Donc, on retrouve
09:11cette fantasmagorie.
09:13Et vous me faites la transition, dans un instant, on va se demander
09:15si c'est justifié quand Mathilde Panot accuse le gouvernement
09:19et ceux qui s'indignent d'un deux poids, deux mesures
09:22entre les violences d'extrême droite et les violences d'extrême gauche.
09:26Mais tout de suite, c'est l'info en 1 minute, 9h15, avec Maureen Sunia.
09:30La pluie continue de tomber, les cruces aggravent encore.
09:33Le Maine-et-Loire, la Charente-Maritime, la Gironde et le Lot-et-Garonne
09:36sont en alerte maximale, en vigilance rouge.
09:39Neuf autres départements sont en vigilance orange.
09:42Elle s'exprimait pour la première fois depuis la publication
09:44de milliers de documents liés au pédocriminel américain Jeffrey Epstein.
09:48Leur BQO, la procureure de Paris, annonce sur France Info
09:51l'ouverture de deux enquêtes dites cadres, une sur les infractions
09:55à connotation sexuelle et une autre sur les aspects économiques et financiers.
09:58Leur BQO appelle aussi les potentielles victimes françaises à se manifester.
10:03La pression politique s'accentue sur la France Insoumise ce matin
10:06car l'assistant parlementaire du député insoumis Raphaël Arnaud
10:09a été interpellé hier, soupçonné d'être impliqué dans l'affaire Quentin de Ranque.
10:13Le militant identitaire est mort à Lyon après avoir été frappé.
10:17Neuf personnes interpellées au total.
10:19La porte-parole du gouvernement demande à la France Insoumise
10:22d'exclure temporairement Raphaël Arnaud du groupe parlementaire de la France Insoumise.
10:27Les Jeux Olympiques d'hiver de Milan-Cortina ne sont pas terminés
10:30mais la France a déjà battu son record de médailles.
10:3316 médailles décrochées et il peut y en avoir d'autres tout à l'heure
10:36notamment en ski de fond, en sprint par équipe chez les hommes.
10:39Début des qualifications dans une heure.
10:44France Info
10:47Les informés, Renaud Deli, Agathe Lambret.
10:53Les informés avec Valérie Gage, chef du service politique de RFI
10:56et Henri Vernet, éditorialiste politique.
10:59On continue notre débat sur le fait qu'LFI est ciblée par le gouvernement,
11:04par la droite pour sa responsabilité dans la mort de Quentin de Ranque.
11:08Henri Vernet, quand Mathilde Panot, la présidente des députés insoumis,
11:12déplore un deux poids deux mesures en disant que quand c'est l'extrême droite qui tue,
11:15il ne se passe rien, personne ne s'indigne,
11:17mais que quand c'est l'extrême gauche, il y a de la récupération,
11:19est-ce que c'est justifié ou pas ?
11:20Non, ce n'est pas justifié dans la mesure où, par exemple,
11:24après la mort de l'antifa Clément Méric, qui avait été tué par des skinheads extrêmes-droites,
11:29il y avait eu une minute de silence à l'Assemblée.
11:31Après, statistiquement, c'est vrai que si on remonte,
11:33enfin de manière assez froide, peut-être un peu cynique,
11:35si on remonte aux dernières peut-être décennies assez récentes,
11:38c'est vrai qu'il y a davantage de victimes qui ont été provoquées par des mouvements,
11:42par des mouvances d'extrême droite,
11:44des groupuscules très violents, ultra, que l'extrême gauche.
11:49Mais simplement, ce qu'on constate, c'est que désormais,
11:51enfin en l'occurrence-là, il s'agit bien d'antifa,
11:53donc d'un groupe lié à l'extrême gauche,
11:57et que c'est plutôt là, aujourd'hui, que se trouve la radicalisation.
12:01On voit bien qu'à la mesure où le RN, finalement, a acquis quand même,
12:05enfin a travaillé à son image de normalisation, banalisation,
12:09et surtout vraiment de jouer le jeu républicain,
12:11et que scrutin après scrutin, on voit bien que la perspective de victoire
12:15ne leur est absolument pas interdite, bien au contraire,
12:17ils sont portés par les sondages,
12:18on voit bien que là, pour le coup, pour reprendre les termes d'un lecornu,
12:22le ménage se fait et s'est fait,
12:24c'est-à-dire qu'ils ont coupé avec ces mouvements-là.
12:26Et ces derniers temps, on ne peut pas dire qu'il y a de faits divers,
12:31tragiques comme ça, enfin de faits de société, plus exactement,
12:33et politiques, tragiques, qui remettent ça en jeu.
12:36Tandis qu'en revanche, il y a, oui, cette radicalisation, c'est vrai,
12:40et ces appels qui sont venus de responsables de LFI
12:42et au premier chef d'Aim Lanchon lui-même,
12:44puisque c'est vraiment lui, comme l'a rappelé Renaud,
12:46qui incarne vraiment le mouvement, justement,
12:48à résister, puisque c'est un mot qui est employé,
12:51qui a été employé également par des partenaires de LFI,
12:53comme Sandrine Rousseau, l'écologiste,
12:54qui elle aussi emploie ce terme de résistance.
12:56Donc il faudrait résister, à entendre cela,
13:00à une espèce d'hydrofachisante, là,
13:02qui s'approche, qui s'approcherait du pouvoir,
13:04et pourrait résister, tous les moyens seraient bons.
13:06Ben non, et donc, en cela, non, Mathilde Panot,
13:10ce n'est pas justifiable, et surtout, c'est vrai que l'argument,
13:13ça donne tout de suite l'image, l'idée qu'on veut relativiser les choses,
13:17qu'il y aurait tant de morts d'un côté, tant de l'autre,
13:19mais non, ce n'est vraiment pas comme ça.
13:20Je suis d'accord avec Renaud, je ne crois pas non plus
13:22que Jean-Luc Mélenchon changera sa stratégie,
13:24il changera son discours.
13:25Quand je dis qu'il faudrait quand même, au contraire,
13:27apaiser les choses, ce serait peut-être dans l'idéal,
13:30mais je sais bien, enfin, j'imagine bien,
13:32qu'il n'y a pas de chance que ce soit la tactique désormais de Mélenchon et des Insoumis.
13:37Il y a une autre question qui se pose, François-Xavier Bellamy,
13:39tout à l'heure, à 8h30 sur France Info,
13:41dénoncer le silence assourdissant de la gauche.
13:44Il a envoyé un message à Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste.
13:48Est-ce que le reste de la gauche se planque aujourd'hui,
13:51Valérie Gasse a par une ou deux voix,
13:53comme Raphaël Bluxman, François Hollande ce matin ?
13:55On voit qui a réagi rapidement.
13:58En effet, à gauche, il n'y a eu que Raphaël Bluxman,
14:00là maintenant, François Hollande.
14:02C'est un embarras pour la gauche,
14:04parce qu'on est à quelques semaines des municipales,
14:08que la question des alliances ou électorales va forcément se reposer,
14:15et qu'il y a toujours, voilà, une crainte certainement
14:20et que les leaders de la gauche préfèrent, pour le moment,
14:25tout en dénonçant, bien sûr, la violence, le décès de ce jeune homme,
14:30ne pas trop mettre en cause LFI.
14:33On ne peut pas dire qu'il y a eu des prises de position de tous les côtés à gauche.
14:37Et ce qui est intéressant, c'est qu'on a vu que qui a réagi en premier,
14:41c'est le gouvernement.
14:41Évidemment, c'est Gérald Darmanin, des dimanches,
14:44qui a eu des mots très forts.
14:45Et là, on voit que ça se joue aussi du côté du centre et de la droite
14:50pour essayer de faire en sorte que cette affaire,
14:53on voit ce qui a eu le sens politique.
14:55Gérald Darmanin, il a tout de suite vu où ça pouvait aller
14:57et de quelle manière ça pouvait servir qui ?
15:00Le Rassemblement National, on en parlait,
15:02qui forcément était souvent accusé de propager la violence,
15:08d'être dans ce genre d'affaires et donc tout de suite mis en accusation
15:12et qui, là, pouvait bien sûr rejeter la faute.
15:15Regardez, les méchants, les dangereux, c'est la France insoumise,
15:18c'est l'extrême gauche.
15:19Gérald Darmanin a tout de suite senti qu'il fallait se positionner
15:23pour reprendre un petit peu le leadership sur cette affaire
15:28et dénoncer, dénoncer justement le danger de l'extrême gauche.
15:34C'est intéressant parce qu'il y a la question de savoir
15:37comment dire aux Français,
15:40c'est nous qui pouvons incarner l'ordre,
15:44la sécurité à partir de ce fait divers dramatique.
15:47Renaud ?
15:48Oui, je pense que si le gouvernement,
15:49je rejoins tout à fait ce que vient de dire Valérie Gasse,
15:51réagit de façon aussi ferme et cible la France insoumise,
15:54c'est surtout pour essayer d'éviter un face-à-face
15:56entre le Rassemblement National et la France insoumise.
15:58C'est ce dont les deux partis rêvent,
16:00les deux pensent qu'ils y ont intérêt.
16:03L'extrême droite voit bien que la brutalisation
16:05de la vie politique revendiquée par Jean-Luc Mélenchon,
16:07qui veut tout conflictualiser,
16:10sert sa stratégie dite de quête de respectabilité,
16:13justement, la fameuse stratégie dite de la cravate.
16:15Et de l'autre côté, on en parlait tout à l'heure,
16:18l'extrême gauche mélenchoniste,
16:19elle vit dans cette fantasmagorie
16:21d'une arrivée au pouvoir du fascisme
16:22qui justifierait tous les moyens,
16:24y compris une ambiguïté pour le moins,
16:27voire une complaisance,
16:28avec des moyens violents pour s'opposer à cet hydre-là.
16:32Et donc, ce face-à-face,
16:33c'est ce dont rêvent le RN et la France insoumise.
16:36Ils ont besoin l'un de l'autre.
16:37Regardez, lorsque toute une frange de l'extrême droite
16:41est rongée par le fantasme complotiste du grand remplacement,
16:44Jean-Luc Mélenchon reprend la formule
16:46et dit, mais oui, le grand remplacement,
16:48c'est nous le grand remplacement
16:49d'une génération par une autre,
16:51la créolisation de la France, etc.
16:54Donc, ils ont besoin l'un de l'autre.
16:56Ils se nourrissent l'un de l'autre.
16:57C'est pour ça que le gouvernement
16:59essaye de desserrer cette tenaille identitaire
17:01et d'essayer d'incarner justement l'ordre,
17:05l'apaisement dans un contexte qui ne l'est pas.
17:07Sur le...
17:08Juste, vous évoquiez le silence de la gauche.
17:11Il y a un silence assourdissant
17:12de toute une partie de la gauche, c'est vrai,
17:13à part Raphaël Glucksmann,
17:14Jérôme Guedj et François Hollande.
17:16On est à deux doigts de lancer
17:17une alerte enlèvement pour Olivier Faure,
17:18le premier secrétaire du Parti Socialiste,
17:19qui a disparu, mais alors vraiment totalement disparu.
17:21Ça arrive assez souvent,
17:22quand il y a un petit problème du côté de la FI,
17:24avant de prendre position.
17:26Bon, c'est d'abord courage, fuyons.
17:27Ce n'est pas le seul.
17:29Les écologistes, Marine Tondelier,
17:30a peu ou prou fait d'ailleurs des écologistes
17:32une succursale insoumise.
17:33Donc, ce n'est pas très étonnant
17:34qu'elle ait du mal pour l'instant
17:35à se faire entendre
17:42et puis je pense qu'il y a une forme
17:43de complaisance quand même collective,
17:44d'ailleurs, d'une large frange du monde politique
17:47et pas seulement vis-à-vis de la jeune garde,
17:49de la présence de Raphaël Arnaud à l'Assemblée
17:51depuis deux ans et au-delà
17:52de cette proximité qu'on évoque.
17:55Mais souvenez-vous,
17:55il y a aussi un député insoumis, par exemple,
17:57qui a été arrêté il y a deux ans
17:59pour avoir acheté de la drogue à un mineur
18:03et ce député a reconnu d'ailleurs
18:05qu'il achetait de la drogue
18:07depuis déjà un certain temps
18:08avec son indemnité parlementaire.
18:10Il est toujours député.
18:11Personne n'a demandé sa démission
18:12et je pense juste que
18:14si on changeait l'étiquette politique
18:15de ces députés-là,
18:17si on remplaçait l'étiquette LFI, par exemple,
18:19par l'étiquette du Rassemblement National,
18:21le tollé aurait peut-être été
18:23un petit peu plus vif,
18:24l'indignation un peu plus forte.
18:26Donc quand Mathilde Panot s'indigne
18:27du fait qu'il y aurait un traitement
18:29justement spécifique
18:30qui viserait les insoumis,
18:31je crois que c'est plutôt l'inverse.
18:32Il y a plutôt un traitement de faveur
18:33depuis un certain nombre d'années
18:34sur des propos ou des comportements
18:37qui passent plutôt sous les radars
18:39parce que, justement,
18:40ils viennent de l'extrême-gauche.
18:42Pourquoi Olivier Faure,
18:43le patron du PS,
18:44ne dit rien, Henri Vernet ?
18:46Il se trouve que,
18:47là aussi,
18:48c'était un peu froid comme analyse,
18:49mais le timing est extrêmement
18:51douloureux pour eux
18:52parce qu'il y a quelques jours,
18:54tout récemment,
18:54Olivier Faure laissait entendre
18:56quand même dans la perspective,
18:57comme l'a rappelé Valérie Gasse,
18:58des élections municipales
18:59qui sont désormais toutes proches,
19:00on ne pouvait pas non plus
19:01exclure dans certains lieux,
19:03alors évidemment pas à Paris,
19:04mais en tout cas dans certaines villes,
19:05dans certains endroits,
19:06qu'il y ait des alliances.
19:07Mais dans ce contexte,
19:08c'est encore possible ?
19:09Non, mais c'est bien pour ça
19:11qu'Olivier Faure aujourd'hui
19:12est aux abonnés absents
19:13comme l'a souligné Renaud.
19:14C'est plus possible.
19:17Comment est-ce que vous voulez
19:18faire alliance avec un parti
19:19sur lequel pèse désormais
19:21un tel soupçon,
19:23une telle responsabilité ?
19:24Alors je crois que le terme
19:25de responsabilité morale
19:26a été employé.
19:27Je ne sais pas sûr
19:29quelle en soit la traduction juridique,
19:30mais bien sûr,
19:31aujourd'hui,
19:32ça paraît impossible
19:33après un tel événement.
19:34Il y a aussi eu,
19:35juste auparavant,
19:36il y a un autre élément
19:37qui a pu jouer,
19:38c'est, vous savez,
19:39la classification
19:40dans la catégorie extrême-gauche
19:42de LFI.
19:43Déjà ça,
19:44et d'ailleurs,
19:45contre laquelle s'insurgent
19:47Mélenchon et ses amis,
19:48là aussi,
19:49c'est vrai qu'ils sont aujourd'hui
19:51renvoyés dans un...
19:52Et eux-mêmes,
19:53jouant ce jeu-là,
19:55ils sont renvoyés
19:55dans un camp
19:56qui fait d'eux
19:56des alliés
19:58très très sulfureux,
19:59sinon impossibles.
20:00Et donc c'est pour ça
20:00qu'Olivier Faure,
20:01qui malgré tout,
20:02se rappelant que,
20:03bah oui,
20:03les élections,
20:03elles sont là,
20:04les approches,
20:04que parfois ça aurait pu
20:05être bien utile
20:06avant les Alliances,
20:07bah aujourd'hui non,
20:08il est dans l'embarras
20:08le plus total
20:09parce que ce drame
20:12hypothèque totalement
20:13cette possibilité,
20:14en tout cas de la part
20:14d'un parti,
20:15j'allais dire,
20:17normalement constitué,
20:18c'est-à-dire qui résonne
20:19au-delà,
20:20enfin qui essaie de résonner
20:21au-delà du court terme
20:22immédiat électoral.
20:24Rapidement,
20:24Valérie Ria.
20:25Oui, moi je dis que
20:25les Alliances,
20:26ça dépasse même
20:26le cadre de la gauche
20:27parce que ce qui est
20:28en train d'émerger aussi
20:29et bien sûr propagé
20:31par l'ERL,
20:31l'UDR,
20:31mais aussi par le bloc central,
20:34c'est le front républicain
20:35inversé,
20:36c'est-à-dire que
20:36le front républicain
20:37des l'errées législatives
20:38qui avait permis
20:40justement de faire
20:41barrage au RN,
20:42là la question va se poser,
20:43on a des échéances électorales
20:44qui arrivent très rapidement
20:45les municipales
20:46et puis après,
20:46le grand chamboulement
20:48de la présidentielle,
20:50la question de ce front républicain
20:51contre qui ?
20:52Et on voit réémerger,
20:54je parlais de Gérald Darmanin,
20:56des petits règlements de compte
20:57aussi à l'occasion
20:58de cette affaire,
20:59Gérald Darmanin
20:59qui critique la stratégie
21:00qui avait été lancée
21:02par Gabriel Attal
21:03de ce front républicain
21:06pour les législatives
21:07qui avait bénéficié
21:08à des accords
21:09ou des désistements
21:10en faveur de candidats LFI.
21:12Donc là,
21:12on voit que ça a plein
21:14de répercussions politiques
21:15en effet de tous les côtés
21:17et que chacun essaye
21:17de tirer avantage
21:19de cette situation.
21:20Renaud,
21:21le mot de la fin ?
21:22Je partage le jugement
21:25de Valérie Gasse.
21:26Ce qu'il faut espérer évidemment,
21:27c'est que des appels
21:30à l'apaisement surviennent
21:32parce que le climat,
21:33je pense quand même,
21:33on est dans une période
21:34où ce sont les fondements
21:35même de la démocratie
21:37qui sont un peu plus fragilisés
21:39dans un contexte
21:39où d'autres fustigent
21:41souvent l'État de droit,
21:42le gouvernement des juges,
21:43etc.
21:44Je pense que la période
21:46nécessiterait de la part
21:47des partis authentiquement républicains
21:49d'essayer de ramener
21:51un peu d'apaisement.
21:52Merci beaucoup les informés.
21:53Merci Valérie Gasse,
21:54chef du service politique de RFI.
21:55Merci Henri Vernais,
21:56éditorialiste politique.
21:58Merci Renaud.
21:59Merci Agathe.
22:00Les informés reviennent ce soir
22:01avec Renaud Blanc.
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