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  • il y a 12 heures
Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, Jean-Louis Constanza, cofondateur de Wandercraft, et Antoine Loron, directeur général et cofondateur de Hublo, étaient les invités de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mercredi 17 juin. Ils ont abordé la question de la souveraineté française face aux géants américains et chinois, l'intégration de Wandercraft et Hublo au sein du Next40, le virage marqué de la promotion French Tech 2026 vers la deeptech, et l'avenir de l'IA dans la robotique, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:027h42 sur BFM Business et sur RMC Live, c'est la matinale de l'économie qui continue depuis VivaTech avec
00:08nos invités.
00:08Anthony Morel nous a rejoint. Il n'y a qu'un sujet quand même ici, Anthony, c'est la souveraineté.
00:12Clairement, clairement. Est-ce qu'on peut garder une forme d'indépendance face aux Américains, face aux Chinois,
00:17au moment où ils peuvent couper le robinet à tout moment ? On l'a vu encore avec Anthropique, on
00:20en parlait il y a trois jours.
00:21Donc voilà, c'est un sujet qui est évidemment fondamental ici à VivaTech.
00:24À nos côtés, Antoine Laurent, bonjour. Vous êtes le cofondateur de Hublot, Hublot qui travaille dans la santé,
00:30qui aide notamment les hôpitaux à s'organiser. Vous allez nous expliquer tout ça.
00:33Vous avez un point commun avec Jean-Louis Constanza de Vendercraft.
00:36Vendercraft, les exosquelettes, les robots déployés chez Renault.
00:40Tous les deux, vous rentrez dans le Next 40, cette nouvelle promotion qui a été annoncée lundi, Julie Higué.
00:47Bonjour, vous êtes la directrice de la mission French Tech.
00:49Juste avant, les règles ont changé un peu dans ce Next 40. Qu'est-ce qu'il faut aujourd'hui
00:55pour rentrer dans le classement ?
00:57Bonjour. Alors oui, effectivement, les règles ont changé. Ce Next 40 120, c'est quoi ?
01:01C'est notre équipe de France de la tech. Ce sont des entrepreneurs et des entreprises qui innovent sur tous
01:06les secteurs
01:07qui sont clés pour notre souveraineté, donc la robotique, l'intelligence artificielle, la cybersécurité.
01:12Et ces entreprises, cette année, il y a une petite particularité.
01:16D'abord, elles doivent être des puissances économiques. On ne parle pas de petites entreprises.
01:19Sur l'ensemble de la promotion, c'est 11 milliards d'euros de chiffre d'affaires cumulé.
01:24C'est 46 000 emplois sur l'ensemble du territoire.
01:27Donc ce sont des entreprises qui sont déjà bien installées,
01:30qui se développent et qui ont le potentiel de devenir de véritables champions.
01:34Mais maintenant, cette année, on leur a demandé d'autres choses.
01:37On est allé voir, puisqu'on est quand même l'État en tant que mission French Tech,
01:40on est là pour accompagner des champions qui sont stratégiques.
01:43Donc on s'est assuré que déjà, elles innovaient.
01:45Ce sont des entreprises qui déposent des brevets.
01:47Ce sont des entreprises qui investissent dans l'innovation beaucoup plus qu'une entreprise traditionnelle.
01:53Et le deuxième critère, c'est de s'assurer qu'en fait, elles le font pour le bien commun
01:57ou pour la compétitivité des autres entreprises.
02:00Il faut que ça serve, entre guillemets, à la France.
02:02Côté Cali, il y a une vision politique, de planification, de l'économie, de vision de l'État.
02:09Exactement. On est en train de créer nos futurs champions, ceux qui vont être indispensables pour les Français.
02:14Alors, indispensables pour les Français. J'en ai deux.
02:15Hublot et Vendercraft. On vous suit Jean-Louis Constanza depuis 10 ans.
02:19On vous a vu évoluer. Aujourd'hui, cette entrée dans le Next 40, qu'est-ce que ça change ?
02:24C'est une simple étape ? C'est un tampon ou c'est plus que ça ?
02:27Entrer dans le Next 40, c'est évidemment un tremplin.
02:32Vendercraft, en ce moment, on discute énormément avec des industriels
02:36pour leur proposer des robots pour travailler chez eux.
02:39Être au Next 40, évidemment, ça nous met sur un autre niveau
02:44parce qu'on est reconnu, comme l'a dit Julie, par des critères plutôt durs
02:49qui désignent des industriels qui ont duré et qui seront là encore dans 10 ans.
02:55Donc, quand on propose des robots à Renault ou à La Poste juste derrière,
02:58c'est évident qu'ils cherchent des partenaires de long terme,
03:00qui sont capables d'innover beaucoup, qui sont capables de faire mieux
03:03que les Chinois et les Américains dans les robots.
03:07Et tout ça, c'est déjà beaucoup filtré par le fait d'appartenir au Next 40.
03:11Vous êtes le seul au monde à avoir des robots qui bossent vraiment dans les usines ?
03:16Alors oui, à notre connaissance, il n'y a pas d'autre...
03:19En fait, Renault, qui est aussi notre partenaire de production,
03:22qui va produire nos robots par centaines de milliers le jour venu,
03:26est aussi notre premier client,
03:28vient d'annoncer qu'ils vont commander 350 robots,
03:31ce qui est déjà une jolie première commande,
03:33et a montré des robots qui produisent dans l'usine de Douai
03:38pour des voitures.
03:40Et c'est la première fois qu'on voit...
03:42Alors, peut-être qu'il y en a d'autres, mais je ne le sais pas.
03:44Et on n'a pas vu de vidéo d'une commande de robots dans une usine en chaîne de production.
03:49Ça se passe super bien, votre partenaire ?
03:50Avec Renault, ça se passe très bien.
03:52C'est fantastique.
03:53Ce n'est pas évident de faire un partenariat entre une petite et une grande entreprise.
03:56Ça fait presque deux ans qu'on se connaît.
03:58Et on avance très vite ensemble.
04:01On fait l'ingénierie du robot pour entrer en grande série.
04:04Renault nous aide à rencontrer ou à démontrer à des clients de l'industrie
04:10ou de la logistique ou d'autres secteurs bientôt.
04:13Et puis, on travaille sur tous les cas d'usage de Renault et ça couvre tout.
04:16Donc, on va pouvoir tout couvrir avec eux.
04:18Anthony ?
04:19Donc, ça veut dire qu'on a une vraie carte à jouer dans ce domaine-là ?
04:21On a beaucoup parlé de l'intelligence artificielle.
04:24Jensen Yueng, le patron d'Anneville, a dit que la robotique,
04:26c'est l'étape ultime de l'intelligence artificielle,
04:28son incarnation physique d'une certaine manière.
04:30On avait l'impression que la France était très en retard, finalement, là-dessus,
04:33face à Unitry, à figure des entreprises chinoises américaines.
04:36On a vraiment une carte à jouer dans ce domaine-là aujourd'hui ?
04:38C'est une réalité ?
04:39On est parti chez Wondercraft de robots qui sont des robots humanoïdes
04:43mais qui servent à faire marcher les gens.
04:44Donc, ce sont des exosquelettes.
04:46Du coup, on s'est retrouvés il y a cinq ans avec une plateforme unique
04:49parce qu'elle emmène des gens qui font plus de 100 kilos
04:51et qui font une fiabilité totale parce qu'on n'aime pas du tout l'idée qu'ils puissent tomber.
04:55Et quand on a commencé à faire des robots à partir de cette plateforme,
04:59on était factuellement en avance dans les critères essentiels pour l'industrie
05:04qui sont le taux de succès sur les tâches.
05:06En fait, un robot qui fait des erreurs tout le temps,
05:08même s'il a un ROI, une rentabilité positive, il va la perdre tout de suite.
05:12Donc, les clients cherchent des robots fiables et puissants
05:15parce qu'on cherche à en remplacer des tâches pénibles.
05:18Des tâches pénibles, ça veut dire qu'on porte 20, 25, 30 kilos
05:21et on est à peu près le seul à pouvoir porter des charges de ce type.
05:24Donc, oui, on est arrivé très fort sur le marché et pour l'instant, on gagne nos contrats face aux
05:29Chinois et aux Américains.
05:30Antoine Laurent, vous, chez Hublot, vous vous occupez de l'organisation des ressources humaines dans les établissements de santé.
05:35Ça résonne avec ce que disait Julie, c'est-à-dire qu'il faut des entreprises.
05:39Alors certes, il y a de l'innovation, de la révolution, des changements.
05:41Vous, c'est la révolution de l'organisation.
05:43Votre boulot, c'est peut-être moins spectaculaire que les robots, mais c'est quand même fondamental.
05:48Bien sûr, c'est fondamental et on travaille sur une innovation autour de l'organisation concrète des établissements de santé.
05:54Nous, on s'attèle à essayer de réconcilier les aspirations des soignants avec les contraintes des organisations,
06:00donc les 6000 hôpitaux, cliniques, maisons de retraite avec lesquels on travaille,
06:03pour préserver les vocations des soignants, les maintenir dans le métier.
06:07Et on développe une plateforme RH pour aider les établissements à mieux planifier, recruter, organiser leurs équipes.
06:13Vous nous donnez quelques chiffres d'utilisation du bloc ?
06:17Donc on a 6000 établissements qui utilisent nos solutions au quotidien,
06:211 300 000 professionnels de santé inscrits sur la plateforme.
06:25Ça représente à peu près 500 000 missions et on a une croissance de 35% par an, donc ça
06:31continue.
06:31Anthony ?
06:32Je voulais me tourner vers Julie Huguet pour ce classement du Next 40.
06:36Alors, on avait l'idée de mettre en avant des entreprises industrielles, comme vous le disiez,
06:41mais il y a aussi de la deep tech.
06:42Alors la deep tech, je trouve ça hyper intéressant parce qu'on parlait de souveraineté,
06:45mais c'est aussi l'un des enjeux, c'est de dire que pour être en pointe sur les ruptures
06:50technologiques de demain,
06:51il faut déjà être dans les laboratoires de recherche et mettre en avant les entreprises françaises.
06:55C'est aussi ce que vous essayez de mettre en avant ?
06:58Oui, tout à fait. En fait, c'est une particularité de cette année,
07:00c'est que dans le Next 40, on est passé de 8 à 38% d'entreprises deep tech,
07:04qui sortent vraiment des laboratoires.
07:06On pense qu'en France, on a une véritable carte à jouer.
07:08On a parmi les meilleures écoles, les meilleurs laboratoires de recherche
07:10et on a la capacité d'innover dans les secteurs qu'on a cités précédemment,
07:14donc la robotique, l'intelligence artificielle,
07:16pour ensuite pouvoir les mettre à disposition des secteurs clés,
07:20comme la santé, comme le fait Hublot dans la santé,
07:23comme Akemia le fait également dans la santé,
07:25pour trouver des traitements sur des maladies rares finalement.
07:29Et donc, si on maîtrise cette chaîne de valeur, si on maîtrise ces technologies,
07:32ensuite on va pouvoir innover dans tous les secteurs.
07:34Et c'est pour ça qu'on essaye d'avoir de plus en plus de deep tech
07:37et qu'on a amélioré les critères autour de l'innovation,
07:40les dépôts de brevets, etc., pour en avoir plus finalement.
07:43Sur les questions de commandes publiques, fondamentales pour la question de la souveraineté,
07:47on a vu que Palantir, elle est sortie pour Chaps Vision,
07:49Chaps Vision qui est dans le Next 40,
07:51qu'on espère bien recevoir sur ce plateau d'ici la fin de l'année.
07:55Chez Hublot, est-ce que vous faites face, vous, à des concurrents américains
07:59avec des choix d'acteurs publics qui doivent dire
08:02« Bon, je choisis Hublot, je ne sais pas si c'est mieux,
08:04mais en tout cas, je fais le choix de la souveraineté. »
08:06Nous, on est un acteur français et on fait face à la concurrence
08:09qui est effectivement internationale.
08:11Et donc, on est ravis aussi de représenter ça dans le Next 40.
08:15Et évidemment, il ne faut pas être naïf en termes de souveraineté.
08:19Et on essaye de travailler un maximum aussi, nous, avec des partenaires français
08:24et évidemment des partenaires étrangers quand les technologies sont meilleures.
08:29Mais on ne veut pas se rendre dépendants et être capables de changer
08:32et de ne pas se rendre dépendants d'un seul fournisseur, d'un seul partenaire.
08:38Anthony ?
08:39Jean-Louis, si on se projette un petit peu sur la robotique,
08:42parce que c'est un champ qui est absolument fascinant, évidemment,
08:44est-ce que vous imaginez, vous, comme certains, comme Elon Musk, par exemple,
08:47que demain, on aura tous un robot avec nous ?
08:49C'est-à-dire à la maison, qu'ils seront dans la rue,
08:52qu'ils nous livreront les courses, qu'ils nous serviront dans les restaurants,
08:54en plus du fait d'être dans les usines, comme ils le sont déjà de plus en plus aujourd'hui,
08:58ce qui représenterait un débouché, ce qu'on vous souhaite,
09:00parce que ce serait absolument considérable.
09:01Mais c'est quoi le futur de la robotique ?
09:03Alors, c'est assez probable qu'il y ait effectivement énormément de robots.
09:07C'est un format qui progresse très vite,
09:09avec l'IA et la mécanique, qui est aussi un problème.
09:13Par exemple, nous, nous pensons, chez Wandercraft,
09:16que le segment principal de la robotique à la maison,
09:19ce n'est pas pour les gens qui peuvent eux-mêmes passer l'aspirateur,
09:21c'est pour toutes les personnes qui sont en perte d'autonomie,
09:24et qui sont déjà nos clients d'exosquelettes,
09:27et qui ne peuvent pas mettre une chemise tout seul,
09:30qui doivent se transférer du lit à un fauteuil roulant,
09:33qui doivent recevoir de l'aide dans la salle de bain.
09:34C'est 2 ou 300 millions de personnes dans les pays de l'OCDE,
09:37rien que dans les pays de l'OCDE,
09:39c'est en croissance explosive,
09:40et c'est un robot qui est extrêmement difficile à faire.
09:43Il faut qu'il soit très puissant, très doux, très intelligent.
09:46Donc il y en a encore pour 4 ou 5 ans,
09:47avant de commencer des vrais tests sur ce marché.
09:51On n'a pas tous besoin d'un robot à la maison, en fait.
09:54Il y a ceux qui en ont vraiment besoin.
09:56Je pense qu'après, on en aura tous un,
09:57parce que les prix baissent énormément.
09:59Si on est allié avec Renault,
10:01c'est parce que, un, pour défendre notre souveraineté,
10:04on voulait un allié industriel français,
10:06et 2, l'automobile sait fabriquer des objets complexes,
10:09pour pas cher, dans un grand niveau de qualité.
10:12Donc les prix vont baisser.
10:14Les prix vont baisser énormément.
10:16Et les robots vont être accessibles, probablement, à tout le monde.
10:18Ça coûtera combien, un robot à tout faire ?
10:21Ça pourrait coûter combien ?
10:22Ça pourrait coûter 30 000 euros d'ici une dizaine d'années.
10:26Donc c'est le prix d'une voiture.
10:27Ça peut rendre autant de services,
10:29mais ça rend beaucoup plus de services pour les gens qui en ont vraiment besoin.
10:31Et c'est pour ça que l'aspect souveraineté est colossalement important.
10:34Parce que, dans un premier temps, dans les usines,
10:37si simplement des fabricants non-français ralentissent la livraison des pièces détachées,
10:41vos usines s'arrêtent.
10:43Puis vos EHPAD s'arrêtent.
10:44Vos hôpitaux s'arrêtent.
10:46Le pays s'arrête.
10:47Donc la menace potentielle d'un continent...
10:49On voit bien que le monde est devenu plus dur depuis le début de l'année,
10:52et depuis les quelques années.
10:53C'est pour ça qu'avec Renault ou Endorcraft,
10:55on est en train de réintégrer tous les composants critiques.
10:57On réintègre tous les composants critiques.
10:59Il faut savoir les faire chez nous.
11:00On n'a pas fini de parler de souveraineté ce matin depuis VivaTech.
11:04Un grand merci à tous les trois de nous avoir accompagnés ce matin.
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