00:00Retrait Robo ce matin avec Anthony Morel. On reçoit ce matin Skydome Robotics.
00:04Antoine Vidalin, bonjour, vous êtes le président et fondateur, vous venez de lever 5 millions d'euros.
00:09Vous, vous avez deux marchés sur lesquels vous travaillez et vous utilisez vos drones.
00:13Un marché de l'énergie, vous travaillez notamment sur le fait d'empêcher les oiseaux d'aller sur les lignes
00:18électriques.
00:18Et puis la défense, alors là c'est pas des drones d'attaque, c'est des drones pour la logistique,
00:22vous aider à amener des choses sur les terrains.
00:26Deux marchés complètement différents. Est-ce qu'aujourd'hui on a pour ces deux marchés suffisamment de pilotes de drones
00:31?
00:31Vous-même vous êtes pilote, je crois. Est-ce qu'on est en capacité aujourd'hui de suivre le développement
00:37du marché ?
00:37Oui, complètement. En tout cas dans les armées françaises, il y a beaucoup de personnel qui se forment au pilotage
00:42de drones.
00:43Et puis l'idée c'est quand même d'avoir des drones le plus possible autonomes, avec finalement assez peu
00:48de pilotes qui vont les opérer.
00:50C'est-à-dire qu'on n'a plus celui avec sa petite télécommande derrière, ça se débrouille tout seul
00:54?
00:54On a une télécommande avec la vision, c'est d'avoir un seul bouton, va me déposer ça là-bas.
00:59Ah oui, on ne le suit pas en direct. Anthony ?
01:01Alors Laure le disait d'un mot, mais vous êtes sur deux marchés qui sont complètement différents.
01:04Pourquoi ce choix ? Et alors expliquez-nous ce que vous faites concrètement.
01:07Donc les drones effaroucheurs d'oiseaux d'un côté, et les drones mules de l'autre côté,
01:11qui vont transporter des marchandises et de la logistique pour les militaires.
01:14C'est vrai que si je commence par le milieu de la défense,
01:17aujourd'hui on parle de la logistique, de la guerre des flux,
01:21c'est-à-dire qu'il faut aller ravitailler les troupes sur les lignes de front et ravitailler les unités.
01:25Ça se fait classiquement avec des véhicules pilotés, on va dire, des jeeps, des hélicoptères.
01:32Et à chaque fois qu'on va projeter un homme dans un véhicule, il risque sa vie assez souvent,
01:37notamment parce qu'il y a de plus en plus de drones kamikazes qui sont prêts à détruire.
01:40Notre vision c'est d'aller projeter du matériel, on parle de 100 kg, 150 kg, de manière complètement autonome.
01:45Comme je disais, on appuie sur un bouton et on va délivrer, ça peut être des packs d'eau, de
01:49la nourriture, des munitions, du carburant.
01:52Donc on voit les images, pour ceux qui nous regardent à la télé,
01:53en fait le drone il y a un filin qui descend du drone avec un gros filet finalement avec les
01:59marchandises à l'intérieur.
02:00Mais il peut porter jusqu'à combien de kilos ?
02:01Effectivement, alors le drone aujourd'hui qu'on vend déjà dans l'armée, il porte 30 kg,
02:05et dans le futur il portera beaucoup plus.
02:07Mais il ne peut pas se faire tirer dessus, en zone de guerre c'est dangereux ?
02:10On peut aussi se faire tirer dessus, mais il faut comparer une jeep avec quelqu'un qui est dans la
02:14jeep,
02:14ou un hélicoptère avec du personnel, à un drone autonome où il n'y a personne.
02:17En fait, plus on va mettre de l'action robotique, plus on va protéger les soldats du risque.
02:22Et le drone effaracheur d'oiseaux c'est le même ?
02:25Alors non, ce n'est pas du tout le même, c'est un autre marché.
02:27Ce n'est pas le même drone ?
02:28Non, ce n'est pas le même drone.
02:29Alors il y a quand même des briques techno dans lesquelles on a bien optimisé les choses,
02:33ça c'est plutôt pour optimiser.
02:35Le marché des lignes électriques, on appelle ça du grid ou du power grid.
02:40Il y a un gros problème, c'est que travailler sous tension, c'est extrêmement risqué,
02:45et donc en général on coupe la ligne.
02:46On parle de 10 000 euros de l'heure pour couper le courant, quand même, avant de faire une intervention.
02:50Nous, on a démontré qu'on était capable de fabriquer des drones
02:53qui étaient donc eux-mêmes capables de toucher les lignes électriques au contact,
02:57de se prendre des arcs électriques.
02:58Et donc, pour moi c'est une petite révolution, c'est-à-dire qu'on est capable de faire des
03:02actions robotiques
03:04au contact des lignes électriques et sous tension.
03:06Une ligne haute tension, il peut toucher la ligne haute tension et il ne va pas...
03:08Et il continue, parce qu'on a mis, on a donc pas mal de techno là-dedans,
03:13il est résilient donc au champ électrique et magnétique.
03:16Et comment il fait ça ?
03:17Je ne peux pas dévoiler...
03:19Ah non, c'est le secret du grid, même d'un mot, non ?
03:21C'est vrai que ça paraît fou.
03:22Et alors du coup, par exemple, les effaroucheurs d'oiseaux,
03:25c'est des accessoires qui sont fabriqués par différents industriels dans le monde.
03:32Le marché est assez important, il peut s'en poser près d'un million par an.
03:36La problématique, c'est qu'il y a plein d'oiseaux qui ne voient pas les lignes électriques
03:38et qui du coup percutent, se cassent les ailes et meurent la nuit, dans le brouillard, des choses comme ça.
03:43Et aujourd'hui, les effaroucheurs, il y a quelque chose qui existe,
03:45la problématique, c'est d'aller le poser en fait.
03:47Et donc dans une ligne, par exemple, au milieu des vallées, au-dessus de l'eau, ce n'est pas
03:51possible.
03:51Nous, on a montré qu'avec le drone, on était capable de le poser à des endroits où c'était
03:55inaccessible
03:55et de manière bien moins coûteuse.
03:58Et après, vous pourriez faire des interventions ?
04:00C'est-à-dire que ça ouvre un marché quand même sur l'électrique, si vous pouvez vous prendre des
04:04arcs ?
04:05En fait, on a déposé un projet France 2030 l'année dernière, le drone Voltair,
04:09qui lui est un drone plus gros, on parle de 25 kg, qui est équipé d'un bras robotique.
04:14Et donc notre vision là-dedans, c'est vraiment la robotique aérienne,
04:16c'est faire des actions de maintenance, de pose de capteurs, de réparation de câbles.
04:21Tout ça de manière plutôt télé-IPOT, plus ou moins autonome depuis le sol,
04:26et tout ça sur des lignes qui vont jusqu'à 400 000 volts.
04:30J'aime beaucoup le nom Voltaire, on comprend que c'est des drones français,
04:32et il y a un enjeu de souveraineté aussi dans le monde des drones.
04:35C'est pour ça d'ailleurs que vous construisez une usine en ce moment pour,
04:38enfin vous avez l'enjeu de construire une usine pour fabriquer en France.
04:42C'est quoi l'enjeu de souveraineté autour des drones ?
04:43Est-ce qu'il peut vraiment y avoir des drones 100% français ?
04:46Est-ce que pour, je ne sais pas moi, les moteurs, les cartes de vol,
04:49l'élision radio, on n'est pas encore soumis aux composants chinois aujourd'hui ?
04:53Si, parce que d'ailleurs dans presque toutes les cartes électroniques de tous les produits,
04:57il y a toujours des composants chinois.
04:59En tout cas, il y a quand même peu de pays dans le monde qui produisent des composants.
05:01Après, je pense qu'il faut différencier l'externalisation totale en Asie,
05:07et la sous-traitance de certaines pièces qui peuvent peut-être elles-mêmes
05:11être sous-traitées dans deux endroits différents.
05:14Aujourd'hui, à quel point vous voyez-vous la concurrence asiatique directement sur votre activité ?
05:20Alors, sur le marché de la défense, la concurrence asiatique, elle est clairement là,
05:23mais aujourd'hui, il y a un vrai frein des armées européennes d'acheter asiatique,
05:28et donc il y a une vraie préférence pour des équipements européens.
05:34C'est-à-dire qu'aujourd'hui, par exemple, votre drone...
05:36Oui, c'est ça, sur le civil, ça passe mieux.
05:38Alors, c'est DJI, on n'a pas cité son nom, mais c'est quand même le géant chinois,
05:41je ne sais pas, il doit avoir 70% de parts de marché ou quelque chose comme ça.
05:43C'est absolument énorme.
05:45Mais sur le militaire, là notamment, est-ce que vos drones, ils sont utilisés aujourd'hui,
05:49sur le théâtre d'opération ou encore, c'est encore des phases de test ?
05:52Alors, ils ont été achetés à plusieurs reprises en différentes unités,
05:55mais ils étaient en test hier sur un bateau de guerre, enfin la marine,
05:59et les commandes qui ont été passées il y a quelques mois vont partir en opération en Afrique.
06:05Merci beaucoup Antoine Vidalin d'être venu ce matin sur le plateau de la matinale de l'économie
06:09pour parler Skydrone Robotics.
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