00:00Les robots chinois arrivent et c'est vous Stéphane Bobo, le fondateur et président d'Innovate Group
00:04qui allez les faire déferler dans certaines usines.
00:08On vous suit évidemment depuis longtemps, notamment avec Anthony Moëlle.
00:11Et c'est vrai que la révolution robotique, c'est vraiment là ce qui arrive.
00:15Vous allez faire venir notamment des robots Unitri, parce que c'est ça que vous faites au quotidien dans les
00:20usines,
00:20avec des robots qui vont travailler à côté du main. Racontez-nous.
00:24Alors en effet, aujourd'hui, on annonce ce partenariat avec Novares,
00:28un équipementier industriel qui fournit des solutions pour près d'un véhicule sur quatre dans le monde.
00:34Et l'objet de ce partenariat, c'est de travailler sur les premiers déploiements,
00:39les premiers tests de robots humanoïdes dans des usines, dans des environnements industriels en Europe.
00:45Alors nous, on a reçu Vandercraft il n'y a pas très longtemps.
00:47Donc il nous dit que c'est lui le premier à faire des tests et à mettre en place des
00:50robots dans les usines.
00:51C'est quoi ? Vous êtes en compétition ?
00:53Non, pas du tout. Le marché est énorme.
00:55La demande, en fait, de la part des entreprises et des acteurs,
00:59alors principalement dans le secteur automobile,
01:01c'est vrai que ce secteur est très demandeur de travailler sur ces nouveaux équipements.
01:07Et donc là, c'est les premiers tests avec Unitri sur des entreprises en Europe.
01:14Et donc tout l'enjeu, ça va être de travailler à leur apprentissage.
01:18Parce que maintenant, on a vu tous ces robots sur des salons,
01:21sur des plateaux télé, en train de faire des saltos arrière.
01:23Donc on a vu leur capacité de mobilité incroyable.
01:27Il faut qu'ils bossent.
01:28Le vrai enjeu maintenant, et c'est sur ça qu'on travaille actuellement,
01:32c'est comment on va leur apprendre à travailler efficacement dans une usine.
01:36Et alors justement, comment on le fait ?
01:37Moi, j'ai eu l'occasion de faire un match de boxe contre un robot Unitri.
01:39Donc effectivement, j'ai bien connu sur les salons, les plateaux et tout ça.
01:41Vous avez gagné, je crois.
01:42Oui, enfin, il m'a laissé gagner, je crois.
01:44C'était surtout ça.
01:45Pourtant, c'est un robot taille enfant.
01:46C'est pour vous dire.
01:46Mais ils se débrouillent bien, les robots Unitri.
01:48Mais justement, comment on les fait bosser ?
01:50Comment on leur apprend ?
01:51Et qu'est-ce qu'ils sont capables de faire
01:52que ne font pas aujourd'hui des bras robotiques industriels
01:55qui sont déjà très déployés sur les lignes d'assemblage automobile ?
01:58Tout est quasiment déjà automatisé.
01:59Donc qu'est-ce qu'ils font de plus, en réalité, ces robots ?
02:01Alors, il faut savoir que par le passé,
02:03la programmation d'un robot, c'était ligne par ligne.
02:06C'était des milliers de codes.
02:07C'était extrêmement laborieux de programmer un robot à faire un geste.
02:11Aujourd'hui, on va apprendre au robot par l'observation.
02:15Le robot apprend en regardant, en captant l'information.
02:19Et donc, il capte le mouvement d'un opérateur.
02:22Il l'observe et il va être capable de le reproduire.
02:25C'est ce qu'on appelle le Vision Language Action, le VLA,
02:29qui est un nouveau procédé d'apprentissage des robots,
02:34d'apprentissage rapide, pour leur apprendre à réeffectuer.
02:38Le modèle apprend à faire le mouvement et le robot l'applique.
02:42Et en combien de temps il apprend ?
02:43Alors, c'est tout l'enjeu.
02:44Il y a plusieurs stratégies, il y a plusieurs algorithmes
02:47pour faire de l'apprentissage de plus en plus rapide.
02:49Avant, il fallait plusieurs centaines, voire milliers d'heures
02:52pour faire ces mouvements.
02:53Aujourd'hui, on arrive à faire ces apprentissages
02:55en quelques dizaines d'heures.
02:57Et donc, c'est tout l'enjeu de ces POC,
03:01qu'un de ces preuves de concept qu'on va faire avec Novarez dans les usines,
03:04c'est de capter de la donnée.
03:06Donc, d'arriver à apprendre aux robots,
03:09à capter ces données des opérateurs, de leurs mouvements,
03:11et arriver à ce que ces apprentissages soient de plus en plus rapides
03:15pour être capables d'être déployés dans quelques années.
03:18Combien ça coûte, ces robots, aujourd'hui ?
03:19Et combien ça coûte de les déployer ?
03:21Est-ce qu'on les achète en « one shot » et ensuite, on a le robot
03:24et il bosse pour nous ?
03:25Ou est-ce qu'ensuite, c'est un service d'abonnement ?
03:27Comment ça fonctionne, exactement ?
03:28Alors, on est vraiment au tout début.
03:31On considère que là, on est à l'année 1 de la robotique.
03:34Ces robots, aujourd'hui, on a vu, ce sont des plateformes de développement.
03:38Aujourd'hui, on est en train de les utiliser pour faire de l'apprentissage de données.
03:41En fait, c'est toute la bascule qu'on est en train d'opérer.
03:44C'est qu'on a vu que ces robots étaient prêts d'un point de vue du corps,
03:48le hardware, la mécanique, l'équilibre a été réglé ces dernières années.
03:53Maintenant, l'enjeu, c'est l'apprentissage.
03:54Et donc, le modèle de distribution de ces robots, le métier d'innovate,
03:58c'est d'être capable de distribuer, d'importer, de distribuer ces robots.
04:02Mais le vrai enjeu, c'est qui va maîtriser l'apprentissage de ces robots ?
04:06Et ça, c'est un deuxième point extrêmement important de la robotique humanoïde.
04:10C'est tout ce travail d'apprentissage, d'accompagnement, de sécurité de ces robots dans un environnement industriel.
04:19Et donc, certainement que demain, ces robots seront vendus principalement en location sur quelques années.
04:25Tout comme on a aujourd'hui des flottes de véhicules, par exemple, dans les entreprises.
04:28Demain, vous aurez des flottes de robots en location tous les trois ans.
04:33Exactement, avec des nouvelles générations qui arriveront.
04:35Il y a quand même un gros enjeu de souveraineté.
04:37Est-ce qu'on a envie que des robots chinois, américains d'ailleurs,
04:41mais soient comme ça, au plus près de nos secrets industriels ?
04:44Il n'y a pas un enjeu de ce côté-là et un danger ?
04:46Il y a un enjeu extrêmement important pour l'Europe.
04:49Et c'est pour ça qu'il y a des éléments essentiels dans ces robots
04:53qu'il faut qu'on maîtrise en France particulièrement, mais aussi en Europe.
04:57C'est toute cette couche logicielle.
04:59Aujourd'hui, quelle est la valeur pour l'Europe de fabriquer le boulon,
05:03c'est-à-dire le hardware, étant donné qu'on sait que beaucoup d'éléments critiques
05:08comme les moteurs, les actionneurs, les batteries viendront de Chine.
05:11Tout l'enjeu, c'est de travailler sur l'intelligence, le cerveau de ces robots.
05:15Donc c'est la carcasse qui vient de Chine et puis après, il faut mettre son intelligence.
05:19L'ambition, c'est d'avoir un cerveau français dans ces robots demain en Europe.
05:23Et c'est tout l'enjeu sur lequel on travaille avec les corps académiques,
05:26avec des universités, avec des start-up, pour créer ces briques logicielles essentielles.
05:31Est-ce qu'ils travaillent avec des humains à côté ?
05:33On a vu des robots qui pètent les plombs, on a encore vu à Vivatech.
05:35Donc comme quoi, où est-ce qu'ils sont séparés, ils travaillent la nuit ?
05:39Alors souvent, l'image est un peu trompeuse.
05:41Parce qu'il faut savoir que ces robots qu'on a vus renverser des écrans
05:44ou malencontreusement donner un coup, il n'y a rien de volontaire.
05:48Ce sont des marionnettes aujourd'hui.
05:49On leur a appris une séquence de danse.
05:51Donc ils sont mal réglés, quoi.
05:52Non, ils répliquent une séquence de danse, mais sans faire attention à l'environnement.
05:56Donc c'est normal, dans leur séquence, ils vont faire un mouvement.
05:59Même s'il y a une personne, elles ne le voient pas aujourd'hui.
06:02Donc tout l'enjeu, c'est de leur donner un cerveau.
06:05Donc là, on arrive dans cette phase où le robot va commencer à comprendre,
06:10à voir, à comprendre le monde.
06:12Donc il a des capteurs et de voir son environnement.
06:14Et les entraînements, ils se font aussi, vous m'avez raconté ça, c'est passionnant,
06:18la Robo Valley, qui est à cet endroit en Chine,
06:20où il y a des centres d'entraînement pour robots.
06:23Ça, c'est un truc, il n'y a aucun équivalent dans le monde aujourd'hui.
06:26On peut dire que c'est des salles d'entraînement pour les robots, en fait.
06:28En effet, Shenzhen prévoit de faire un espace d'entraînement
06:32pour près de 100 000 robots, en fait,
06:34pour être capable de les entraîner dans plein de contextes différents,
06:38dans une usine, dans un hôpital, dans une école.
06:41Donc en fait, ils créent des centres d'entraînement pour collecter de la data.
06:45Et donc ça, je dirais que cette bataille de la data vient juste de démarrer.
06:50Il faut savoir que la clé de l'intelligence de ces robots,
06:53ça sera la capacité à répliquer, en fait, à apprendre, à avoir de la donnée
06:58pour être capable d'être intelligent et travailler efficacement auprès de collaborateurs.
07:02Mais du coup, vous vous dites, Stéphano,
07:04il nous faut la même chose chez nous, des centres d'entraînement de robots,
07:07pour nous aussi, les entraîner sur nos données,
07:09ou là, pour le coup, on peut récupérer ce que fait l'Escroge Chinois ?
07:11Alors, il y a des enjeux.
07:13Il faut savoir qu'en France, on a des savoir-faire,
07:17des centres de recherche qui travaillent depuis des années
07:20sur ces logiciels de robotique humanoïde.
07:23On a créé des logiciels en France qui sont open source
07:26et il faut savoir qu'ils sont déjà utilisés
07:28dans la quasi-totalité des robots en Chine, aux Etats-Unis,
07:31qui viennent de France.
07:32Des logiciels qui ont été créés, justement, dans nos centres de recherche,
07:35qui sont en open source.
07:36Maintenant, il va falloir aussi qu'on se réarme en Europe
07:39sur ces technologies,
07:41qu'on ne donne pas tout gratuitement au monde entier,
07:43qu'on arrive à créer nos propres logiciels
07:46et que ces logiciels arrivent à être plus efficients,
07:49plus efficaces que ces data factories
07:52qui vont exister en Chine
07:54et qu'on ait des modèles d'entraînement
07:55beaucoup plus efficaces
07:56et on espère que nos ingénieurs français
07:59puissent excéder dans le domaine.
08:01Merci beaucoup Stéphane Bobo d'être venu ce matin
08:03dans la matinale de l'économie.
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