00:00Tech & Co Business sur BFM Business
00:05Allez, notre premier invité, Eric Marquiole. Bonjour Eric.
00:08Bonjour Frédéric.
00:09Vous êtes vice-président métaverse industrie du groupe Renault.
00:12On va parler avec vous notamment de ce partenariat que vous avez signé avec un autre français,
00:17Wondercraft, avec des robots que vous allez introduire dans les ateliers, les usines Renault, les centres de production.
00:24Nous sommes ici, je le rappelle, on est à Lille, c'est le grand sommet de l'IA.
00:27Et justement, on parle de l'IA, la transformation de l'IA dans notre monde au quotidien,
00:34mais aussi cette transformation de l'IA dans le monde de la révolution.
00:36D'ailleurs Eric, vous participez à une table ronde, l'IA révolution industrielle.
00:41Eric, quelques mots juste pour définir, vice-président métaverse industrie du groupe Renault, ça signifie quoi ?
00:45Vous travaillez sur quel sujet ?
00:47Alors, c'est tout ce qui est sur le périmètre de l'ensemble de nos usines, nos 19 sites sur
00:53toute la planète,
00:54toute la partie supply chain, le process engineering et j'ai aussi les activités qualité,
00:59la transformation digitale dans l'ensemble de ces fonctions.
01:02Donc on va retrouver tout ce qui est utilisation de la donnée dans nos usines,
01:07pour la maintenance prédictive, pour l'optimisation de la qualité, pour les consommations d'énergie
01:11et également tout ce qui est robotique avec depuis deux ans vraiment un changement radical avec l'arrivée de l
01:19'IA physique.
01:19Voilà, c'est vraiment l'effet de cette arrivée d'IA qui a accéléré cette robotique.
01:24Parce que c'est vrai, alors ce qu'on voit souvent évidemment c'est la robotique humanoïde,
01:28c'est celle qui nous impressionne le plus.
01:30Alors voilà, télécommander, il y a pas mal de choses, ces vidéos qui circulent.
01:34Là on est vraiment dans la production pure et dure, on est dans le début de passage à l'échelle
01:38dans des usines.
01:39Et pour vous c'est ce qui change, c'est cette Physically AI, c'est vraiment ça qui a donné
01:43le coup de pouce.
01:45Oui, c'est cette capacité finalement de mettre dans des robots une intelligence
01:49qui va être capable de s'adapter et de réagir et d'accomplir des missions qui ont été attribuées
01:55avec une capacité de programmation, une capacité de réaction complètement différente.
02:00Et se rajoute à ça une capacité aussi d'équilibre, d'où avec des mouvements type deux jambes
02:09qui étaient complètement impossibles par le passé.
02:12Oui, parce que ça c'est des choses que nous on fait tout à fait naturellement,
02:14de se tenir sur nos jambes, mais pour un robot c'est des calculs derrière, même quand il est immobile.
02:18Alors racontez-nous, comment est né ce partenariat avec Wondercraft ?
02:22Et aujourd'hui, comment vous allez peu à peu l'intégrer dans vos chaînes de production chez Renault ?
02:26Alors en fait, on cherchait, parce qu'on a 11 000 robots industriels chez Renault,
02:31des AGV, les Automated Guided Véhicules, sur l'ensemble de nos chaînes, on a quasiment le même nombre.
02:36Donc c'est vraiment un axe très important pour nous de garder cette compétitivité opérationnelle.
02:41Donc on cherchait à trouver un partenaire de bon niveau en Europe.
02:46Et donc il y a eu cette rencontre avec les équipes de Wondercraft
02:50qui étaient dans un domaine apparemment très éloigné de nous.
02:54Juste la santé.
02:55Exactement, la santé.
02:56Oui, parce que l'idée de Jean-Louis Constanza, au début, il avait une aventure personnelle
03:01qui a fait qu'il s'est penché beaucoup plus sur ce sujet-là dès le départ.
03:04C'est ça, et en fait, la technologie, les moteurs, la mécatronique,
03:08les algorithmes utilisés pour faire des exosquelettes, pour faire marcher des personnes paraplégiques,
03:12c'est exactement la même de celles nécessaires pour faire les robots de nouvelle génération.
03:19On préfère des robots de nouvelle génération que le robot humanoïde.
03:22Au début, vous avez imaginé d'abord des exosquelettes ?
03:25Ou vous vous êtes tout de suite dit, il faut qu'on déporte ça vers ces robots ?
03:28Non, on était vraiment directement dans le sujet avec Jean-Louis et ses deux cofondateurs
03:33en disant qu'il faut vraiment qu'on aille dans ce domaine-là.
03:37La rupture, elle est dans ce domaine-là.
03:39On va reparler des technologies dans un instant.
03:42Comment il y a quand même un côté acceptation sociale ?
03:44Parce que là, j'imagine qu'au début, dire voilà, c'est des robots qui vont faire des tâches
03:48que des humains faisaient auparavant.
03:50Il faut le faire accepter, même si c'est des tâches dures, difficiles, rébarbatives.
03:54Enfin voilà, expliquez-nous cette première étape.
03:56La première étape, c'est vraiment la mise en place dans nos usines.
04:00Donc là, depuis le mois de février, on est en test à l'usine de Douai opérationnelle
04:04pour faire la manutention de pneus.
04:08Donc c'est des pièces qui posent de 12 à 15 kilos.
04:10Donc toutes les 60 secondes, toutes les deux minutes en équipe de nuit.
04:15Et vraiment être capable, pour la robotique, de traiter ce problème-là
04:19qu'on n'avait pas réussi à régler en robotique traditionnelle,
04:21c'est un vrai plus aussi parce que c'est un poste très pénible.
04:25Donc l'acceptation sociale sur des postes de ce type-là,
04:29il y a vraiment un très bon accueil à Douai.
04:31Après, on continue à travailler, nous, sur quelle interaction avec les équipes de Wondercraft.
04:36Comment, finalement, grâce à cette programmation facile des robots,
04:41comment les opérateurs autour, les conducteurs d'installation,
04:44vont pouvoir interagir et eux-mêmes reprogrammer
04:47et utiliser ces robots de manière beaucoup plus facile que la robotique.
04:50Oui, parce que c'est vrai que quand on est humain,
04:51on fait attention aux gens qui sont à côté de nous,
04:54on s'interrompt, là il faut que le robot apprenne tout ça.
04:57Comment on l'entraîne ce robot ?
04:58Est-ce qu'il a suivi les gestes d'un humain ?
05:00Est-ce qu'il a été programmé dans des univers virtuels ?
05:03Comment ça s'est passé ?
05:04Alors, il y a deux niveaux de programmation.
05:06Enfin, les équipes de Wondercraft, vous l'expliquerez mieux que moi,
05:08mais il y a deux niveaux de programmation.
05:09Il y a le cervelet, c'est ce qui permet finalement de maintenir
05:13et de gérer comme nous un peu les mouvements de marche,
05:16de prévention de manière naturelle.
05:18Et ensuite, vous avez le cerveau qui va réagir et faire des tâches
05:22et être conscient de son environnement.
05:24C'est vraiment ça qu'on appelle les world models, etc.
05:27Et donc, pour cette dernière partie, on a utilisé des vidéos,
05:30des simulations complètes de l'environnement.
05:33On a des capteurs et des caméras.
05:36Et on a appris au robot à reconnaître un pneu,
05:39à reconnaître un convoyeur, etc.
05:41Et il est capable, avec cet apprentissage-là,
05:44ensuite de réaliser des tâches.
05:46Et alors, expliquez-nous, Eric Merkel, pourquoi ces 350 robots
05:51qui vont être introduits dans une première phase,
05:54j'imagine que ça grossirait encore,
05:56mais de ne pas rester juste à la jolie vidéo sur YouTube
05:59et de vraiment, vous vous êtes dit,
06:01non, là, il y a un vrai enjeu de compétitivité industrielle.
06:04Oui, le gros intérêt pour nous de travailler avec Wondercraft,
06:08c'était leur expérience côté médical.
06:10C'est-à-dire qu'en fait, quand vous êtes capable de porter des patients handicapés,
06:14vous avez une exigence de robustesse et de fiabilité,
06:17vous ne pouvez pas vous permettre de les faire tomber.
06:19Et contrairement à tous les acteurs chinois ou américains, etc.,
06:24qui ont beaucoup d'essais-erreurs,
06:25il y a régulièrement des accidents avec ce type de robots,
06:29ce n'est pas du tout le cas,
06:30et ce n'est pas dans les gènes des équipes de Wondercraft.
06:32Donc, cette notion de résilience, dont on a besoin, nous, dans l'industrie,
06:35on la trouve chez Wondercraft.
06:37Et c'est ce qui nous permet d'envisager un passage à l'échelle
06:41en démarrant par des activités très simples
06:43de manutention, de port de charge, etc.
06:45Et ces 350 robots, on a une dizaine de familles de cas d'usage
06:51pour les déployer dans les ateliers.
06:53Parce que justement, ce qui va faire votre richesse aussi
06:55pour l'intégration de ces robots, c'est les datas.
06:58Parce que vous avez, enfin, on imagine, chez Renault,
06:59le nombre de données industrielles que vous avez,
07:02et ça, c'est crucial pour entraîner ces robots,
07:04puis ensuite, voilà, pour leur faire effectuer ces tâches.
07:07Voilà, c'est clair qu'effectivement, récupérer, faire les vidéos
07:10et scanner, évidemment, les opérations,
07:12c'est un patrimoine qu'une entreprise de tech
07:14a du mal à obtenir naturellement.
07:18Et donc, avoir ce partenariat et cette prise de participation
07:20qu'on a faite dans Wondercraft,
07:22je pense, va nous permettre d'aller très très vite
07:25et on espère de construire un champion européen.
07:28Voilà, et vous réfléchissez déjà à d'autres tâches
07:30avec ce type de robots ?
07:31Exactement, le port de caisse,
07:34des manipulations ou des chargements de postes de tôlerie,
07:39de pièces coupantes et lourdes, etc.
07:42Vous pensez qu'aujourd'hui, il n'y a plus de verrou
07:45pour que ces robots humanoïdes soient présents
07:48dans ces centres de production ?
07:50Alors, sur des tâches relativement simples, non.
07:53Je pense que d'ici un an et en 2027,
07:56d'où notre objectif, un des 350.
07:59Après, il y a tout un tas de tâches
08:00où aujourd'hui, on n'a pas du tout de visibilité
08:03sur la capacité de ces robots à faire ça.
08:05Les manipulations, il y a énormément de dextérité,
08:08les câblages, toutes les pièces molles, etc.
08:12Là, on a quand même vraiment besoin
08:14de nos équipes opérationnelles.
08:16Et toute dernière question, Eric Markle,
08:18un enjeu de souveraineté aussi ?
08:20Oui.
08:20Un constructeur français,
08:22mais qui rayonne au niveau mondial,
08:24mais avec un acteur français ?
08:26Exactement.
08:27Et donc, on veut, finalement,
08:28quelque part, industrialiser l'avenir
08:30et utiliser, que WandaCraft puisse utiliser Renault
08:33pour produire à l'échelle
08:35et pour qu'on puisse faire profiter, finalement,
08:40tout le tissu industriel de cet outil de compétitivité.
08:42Merci.
08:42Merci.
08:42Merci.
Commentaires