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  • il y a 8 heures
Ce mardi 3 mars, Kévin Polizzi, président de The Camp, s'est penché sur la connectivité européenne, dans l'émission Tech&Co Business présentée par Frédéric Simottel. Tech&Co Business est à voir ou écouter le mardi sur BFM Business.

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00:00Tech & Co Business sur BFM Business
00:05Allez on poursuit cette émission Tech & Co Business depuis le Mobile World Congress de Barcelone avec Kevin Polizzi.
00:11Bonjour Kevin. Bonjour Fred. Merci de nous rendre visite. Président de Unitel Group, donc on va en parler, on va
00:15parler télécom.
00:16Et puis il y a une petite partie The Camp, si vous avez l'occasion d'être dans la région
00:21d'Aix-en-Provence, de mener des événements.
00:23Allez voir, c'est un site extraordinaire. Il y a plein de choses belles à faire et donc Kevin a
00:28décidé de reprendre ces 700 événements par an.
00:31700 événements par an et puis un peu plus de 130 000 personnes qui nous visitent maintenant.
00:34Voilà, dans un lieu assez original et assez magnifique.
00:38Kevin, donc pas tout à fait le régional de l'étape, mais le méditerranéen de l'étape puisque tu es
00:44de Marseille, tu suis là-bas les grandes mutations de l'économie mondiale.
00:48Comment tu vois aujourd'hui ce salon ? On parle un peu moins cloud, mais qu'est-ce que tu
00:54ressens quand tu te promènes dans les années de ce Mobile World Congress ?
00:58Sincèrement, on a fait le tour de tous les halls et on trouve que c'est un peu en deçà
01:01des années précédentes avec une logique de monétisation des télécoms.
01:06Tout le monde cherche le relais de croissance, tout le monde cherche comment il va payer ses futurs capex de
01:11l'avenir.
01:11Ça parle un petit peu 6G, ça parle un petit peu de choses qui vont être très coûteuses dans un
01:16moment de crise globale.
01:17Il faut qu'on fournisse des nouveaux services et donc c'est peut-être la convergence de nouvelles alliances qui
01:23sont peut-être en train de naître sous nos yeux.
01:24On parle beaucoup souveraineté, on parle beaucoup IA évidemment, on parle un petit peu 6G en effet, mais on parle
01:30beaucoup souveraineté.
01:30Et justement dans ce domaine-là, avec Unitel, tu t'es toujours démarqué, on rappelle Jaguar Networks à l'époque
01:39repris par Iliad il y a déjà quelques années.
01:43Mais voilà, c'est toujours un domaine qui t'a intéressé.
01:46Donc avec Unitel, tu as pris une partie souveraine, c'est ça ? Explique-nous en quelques mots.
01:51Nous, on a toujours vu cette souveraineté comme un atout de différenciation stratégique, la capacité d'avoir des équipes en
01:59France qui déploient des services en France sous la base d'une réglementation 100% française.
02:05On opère uniquement sur le continent européen.
02:07On va développer des opérations en Polynésie pour assurer le follow the sun dans une zone européenne en termes de
02:14réglementation.
02:15Et puis effectivement, on a annoncé aujourd'hui le gain du référencement à la canute, la centrale d'achat des
02:21télécoms et du numérique pour fournir le cloud souverain.
02:24Donc on est très content d'avoir ce nouveau vecteur contractuel qui va permettre collectivité territoriale aux établissements publics au
02:32niveau national de venir relocaliser leur charge de travail.
02:36La souveraineté, c'est un écosystème qui est en train d'accélérer sous nos yeux sur base d'un contexte
02:41géopolitique qui tous les jours quelque part nous donne raison.
02:45Et depuis 20 ans qu'on prône cette souveraineté, on arrive à faire du business avec ça depuis une petite
02:49année.
02:50Et tu parlais justement des administrations, des collectivités.
02:53C'est une des cibles d'Unitel Group justement pour relocaliser leurs outils de travail, leurs plateformes justement sur le
03:00type de plateforme comme celle d'Unitel.
03:02Historiquement, 95% de notre chiffre d'affaires, c'est les marchés privés, c'est les entreprises, les grandes entreprises
03:07qui veulent des solutions un petit peu sur mesure, un petit peu complexes, qui ont besoin de technicité.
03:13Et puis en jouant sur cet appel d'offres, on a décidé de mettre à disposition finalement toute cette ingénierie,
03:19tout ce savoir-faire, tout ce catalogue produit au niveau des collectivités.
03:23L'État aujourd'hui est dans une situation financière qui pose question.
03:26La transformation des processus de l'État va immanquablement passer par le numérique.
03:31Et donc aujourd'hui, venir relocaliser son cloud, c'est développer des nouveaux services, c'est concentrer sa data et
03:37c'est finalement peut-être créer les conditions du succès pour déployer de l'intelligence artificielle, des nouveaux services aux
03:44citoyens.
03:44Et puis, on peut le dire sans le dire, mais il faut l'assumer, apporter une forme de rationalité qui
03:50parfois nous manque.
03:51Les charges IT ne peuvent plus rester dans les petites mairies exposées aux attaques cyber, exposées à la vétusté technique
04:00dans les hôpitaux où parfois la comptabilité publique les empêche de basculer.
04:05Aujourd'hui, c'est bon, ce vecteur, on en parlait avec la ministre du numérique il y a encore quelques
04:09jours, va permettre aux collectivités de basculer dans les meilleures conditions tarifaires.
04:15On parle beaucoup aussi de l'Edge Cloud, du Cloud Edge justement, qui permet aussi ce rapprochement, qui permet cette
04:22souveraineté.
04:22Quel est ton regard aujourd'hui ? Il y a un vrai marché pour ce cloud ?
04:25Historiquement, le cloud, c'est la flexibilité, l'élasticité, c'est la capacité à avoir un service tout intégré sans
04:31avoir de compétences, infrastructures particulières.
04:34Le Cloud Edge, il vient cocher deux cas supplémentaires. La première, c'est que les données restent à proximité immédiate
04:40et donc cette notion de sécurité,
04:42quelque part, on peut la ressentir en ayant son serveur à proximité. C'est techniquement pas toujours très valable, mais
04:48c'est intellectuellement un pas et un premier pas qui permet de faire des choses.
04:53Et puis deuxièmement, avoir du Cloud Edge, c'est bénéficier de tout un catalogue de technologies pour insérer ça dans
04:59des services.
05:00Dans les entreprises, ce serait dans les directions au métier. Dans les collectivités, ça va être directement auprès des élus,
05:07auprès des directeurs de l'administration.
05:09On a des gains fondamentaux de performances financières à réaliser. Et je pense que le modèle économique de la France
05:18poserait moins de questions.
05:20Si les gouvernants se saisissaient des réalités technologiques et d'un momentum très particulier, on a le vecteur contractuel, on
05:27a les technologies, on a les équipes.
05:29Tout ça basé depuis la France. Il faut qu'on aime nos entreprises.
05:32Et puis parfois, ne pas chercher non plus des grands, grands data centers qui vont demander des années de construction.
05:38Parfois des choses de quelques centaines de mètres carrés avec des autorisations plus faciles à avoir.
05:42J'imagine que toi, tu t'es longtemps battu pour tout ça, pour que ce soit plus simple.
05:46Parce que là, quand on l'entend, j'avais l'autre jour la directrice générale de l'AFNUM, qui représente
05:52tout cet univers, qui me disait
05:53« Mais en France, un data center de taille conséquente, c'est 5 à 7 ans ? »
05:56Un data center, c'est minimum 66 mois de raccordement électrique.
06:01Ce n'est pas possible.
06:01Sans compter les études environnementales qui peuvent prendre jusqu'à 18 mois.
06:05Donc, il faut vraiment projeter ces projets sur une décennie.
06:08Une décennie, Fred, tu le sais, dans la technologie, c'est 4, 5, 6 changements majeurs.
06:13Donc, le plan du data center qu'on construit, il sera totalement désuet le jour où il sera livré.
06:18Donc, effectivement, il faut croire aussi de petite taille.
06:21Nous, on a signé un deal ce matin pour 200 mégawatts de data center qu'on va déployer sur le
06:26territoire français.
06:27Ah oui, super.
06:28Qui va durer probablement quelques années.
06:31Région sud, toujours ?
06:33Plutôt dans le quart sud-est, là où on est à l'aise.
06:36À côté des caps sous-marins parce que c'est essentiel pour nous.
06:39On le rappelle, regardez un jour la carte, regardez la France et l'arrivée des filles.
06:45Vous allez voir pourquoi Marseille est intéressante.
06:47Il y a 5 villes en Europe qui comptent.
06:50Paris, Londres, Francfort, Amsterdam, Marseille.
06:53Et donc, aujourd'hui, ça continue à se déployer.
06:556 nouveaux câbles vont arriver à Marseille d'ici la fin de la décennie.
06:58Et compte tenu des enjeux géopolitiques qu'on est en train de vivre au quotidien, la place de Marseille, son
07:05raccordement vers Lisbonne et l'Amérique du Sud, va être de plus en plus importante avec un marché africain qui,
07:11certes, est loin de la maturité, mais qui se structure régulièrement.
07:14Pour reparler d'Unitel, juste avant toi, on recevait Florence Verzelen qui est DG adjointe sur Dassault Systèmes.
07:23Il y a une coopération justement entre Outscale qui est le cloud souverain de Dassault Systèmes et Unitel.
07:29On a validé un partenariat.
07:31Unitel aujourd'hui dispose de toutes les agrémentations ISO 27001, hébergement de données de santé V2, HDS V2 qui est
07:38applicable au 16 mai 2026.
07:40Donc n'hésitez pas à vous rapprocher des équipes Unitel parce que les établissements publics ont beaucoup à faire pour
07:46être compliantes d'ici le 16 mai 2026.
07:49Et puis sur la partie Secnum Cloud, je dois vous avouer qu'on attend une traduction un petit peu européenne
07:54du sujet.
07:56Oui, parce que pour l'instant, c'est très français.
07:57C'est très français et c'est très français dans un moment où on est un peu trusté par nos
08:02partenaires européens, voire remis en question de manière un peu plus virile.
08:07Je t'interromps un instant. C'est ça qui est compliqué aujourd'hui, c'est qu'on devrait parler d
08:11'une seule voix au moins à 5-6 pays.
08:14Voilà, tous les 27, ce sera compliqué toujours. Mais à 5-6 pays, on devrait parler d'une seule voix
08:18et on n'y arrive pas.
08:20Un Allemand est un concurrent.
08:22On paye très cher notre instabilité politique. Il ne faut pas avoir peur des mots.
08:26Aujourd'hui, la France, elle draine beaucoup d'investissements.
08:30Mais quand on regarde la manière dont ils sont déployés concrètement et quand on regarde l'instabilité réglementaire, c'est
08:36très compliqué de venir s'installer sur du long terme.
08:38Donc nous, c'est notre marché, c'est notre pays. La souveraineté, la République, ça nous parle.
08:44Donc on s'est associé aux équipes de Dassault Systèmes au travers d'Outscale pour leur confier les workloads Secnum
08:50sur tout ce qui est paiement critique et tout ce qui est SI très critique.
08:55Aujourd'hui, quand on regarde un système d'information, il y a entre 5 et 10% des workloads qui
09:01sont Secnum, 90% qui ne le sont pas.
09:04Et donc cette hybridation du cloud, on a décidé de le faire entre deux partenaires français.
09:09On sait pour qui on travaille, on sait pour quoi on travaille.
09:12Et si effectivement aujourd'hui, on veut peser face aux Allemands, face aux autres entreprises, aux autres pays, il faut
09:18qu'on se ligue.
09:19Et je pense que la crise économique dans laquelle on est un petit peu tous empêtrés, elle nous permet de
09:25déployer une nouvelle forme de solidarité entre entreprises qui, par le passé, n'était pas forcément une méthode de travail
09:31très répandue.
09:32Oui, et puis rappeler que cet effet souveraineté, ça nous servira tous un jour.
09:36Enfin voilà, c'est certes.
09:37Si on veut que nos retraites soient payées et si on veut que le système économique de la France poursuive,
09:43on est sur le stand d'Orange avec lequel on travaille au quotidien aussi.
09:46On a besoin de relocaliser nos charges de travail en Europe.
09:50On a besoin de développer des filières d'ingénierie.
09:53On a un projet Théodora à Marseille qui va rentrer en construction en fin d'année.
09:57où on construit 35 000 m² d'un quartier connecté dans lequel on aura 150 chambres d'étudiants, une école
10:04d'ingénieurs maths-physique de très haut niveau et puis une tête d'arrivée de Cap-Sous-Marin puisqu'on
10:09va annoncer dans les prochains jours la construction d'une Open CLS, une Open Cable Landing Station.
10:15Les quelques rendez-vous qu'on a déjà produits au Mobile World Congress.
10:18Ça, ce serait l'inauguration de cette Open CLS, ce serait quand ?
10:23Ce sera 18 mois de construction et elle arrivera au moment où les nouveaux caps sous-marins vont toucher Marseille.
10:28Aujourd'hui, tous les caps sous-marins arrivent dans une emprise américaine.
10:32On a un petit peu de manière candide laissé dérouler le marché.
10:37C'est à nous de proposer une alternative, de construire et puis de sécuriser.
10:42On peut très bien faire les choses à 50% avec nos alliés historiques américains qui restent nos fournisseurs de
10:48technologies et nos clients.
10:49Et qui ont des belles technologies.
10:50Bien sûr, il ne faut pas éluder tout ça et puis sécuriser une partie du trafic dans une emprise beaucoup
10:55plus francophone.
10:56Nous, on est des investisseurs de long terme.
10:58J'ai la chance de posséder 100% du groupe et donc de pouvoir décider rapidement et de dérouler sur
11:04du long terme des décisions qui sont parfois contre-intuitives.
11:08Kevin Polizzi, merci infiniment d'avoir été avec nous, président d'Unitel Group.
11:11Donc, cette souveraineté, enfin, une opportunité pour les acteurs français comme Unitel.
11:17Et on prend rendez-vous déjà à peu près dans les 18-24 mois justement pour ce lancement de câbles.
11:22On ira avec François Sorel découvrir tout ça dans la région sud-est.
11:25Merci d'avoir été avec nous.
11:27Merci.
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