00:00Tech & Co-Business, l'invité.
00:04Allez, on démarre avec notre invité, Jamal Atif. Bonjour Jamal.
00:07Bonjour Frédéric.
00:08Merci être avec nous. Vice-président Recherche et Innovation de l'Institut Polytechnique de Paris.
00:12On va revenir dans un instant. C'est plusieurs écoles.
00:14Il y a l'École Polytechnique, l'ENSTA, l'École Nationale Ponset-Chaussée,
00:19l'ENSTA Paris, les Télécom Paris, Télécom Sud Paris.
00:22Ça fait 45 laboratoires de recherche.
00:23On va parler de toute la mission de l'Institut Polytechnique.
00:26Puis vous êtes aussi prof de maths à l'École Polytechnique.
00:30Alors, c'était Vivatec il y a quelques jours.
00:32Il y a eu plein de start-up présentées.
00:34Mais juste, moi, ma première question, c'était
00:36quel est l'objectif comme ça d'un institut polytechnique
00:38qui regroupe l'ensemble de ces écoles prestigieuses ?
00:41On est vraiment dans l'élite scientifique française.
00:47C'est quoi la raison d'être ?
00:48Est-ce que c'est d'être plus visible à l'international ?
00:52Oui, alors, effectivement, il faut être plus visible à l'international.
00:55Je l'avais dit.
00:56Bien que les gens connaissent Polytechnique.
00:58Voilà, exactement.
00:59Mais voilà.
00:59Mais dans la projection d'international, il fallait atteindre une masse critique.
01:03Et c'est un peu l'objectif de l'Institut.
01:05Mais j'ai envie de dire que ça, c'est un objectif qui est un objectif de chemin.
01:08Le but, c'est d'avoir de l'impact.
01:10C'est juste d'avoir de l'impact.
01:11Et quand on va parler de Vivatec, nous, notre ambition, c'est à la fois
01:13de produire de la science du plus haut niveau.
01:15Donc, pour ce faire, il faut quand même s'inscrire, on va dire,
01:19dans l'arène internationale des meilleurs instituts mondiaux.
01:21Et c'est l'objectif de l'Institut Polytechnique de Paris.
01:23Mais on est quand même porteur de cette ambition pour être une sorte d'asset de la nation
01:30pour produire de la connaissance qui se transforme en produits, en objectif, en entreprise, en start-up,
01:38mais aussi avoir de l'impact économique.
01:40C'est dans notre ADN.
01:41Alors, 27 start-up présentes à Vivatec en 2026.
01:44Il y avait 5 incubateurs mobilisés.
01:46Je crois que, globalement, l'Institut Polytechnique, par an, c'est plus de 120 start-up.
01:51Tout à fait.
01:51Et alors, je regardais certaines qui étaient sorties dans le dossier de presse.
01:54T-Lental, qui est une solution d'optimisation énergétique des systèmes industriels fondés sur l'IA et l'IoT.
02:0021x éoliens sur l'offshore aéroporté.
02:03Vert, c'est un dispositif portable de diagnostic respiratoire.
02:07T-Live, diagnostic cellulaire.
02:09On est multi-domaines, là.
02:10Tout à fait.
02:11On est présents sur l'ensemble des domaines, et ce qui a été d'ailleurs mis en lumière au sein
02:16du Tatech.
02:17À la fois, on est présents, évidemment, dans le domaine large des souverainetés.
02:23Donc, la cybersécurité, l'IA, le quantique et autres.
02:25Mais aussi, dans tout ce qui est health tech.
02:28Donc, vous en avez cité quelques-unes.
02:29Mais aussi green tech.
02:30Donc, on a un ensemble de start-up qui ont été exposées à la fois sur des questions, on va
02:35dire,
02:36d'énergie solaire, mais qui a atteint des niveaux au-delà de 200 Celsius jusqu'à 1000 Celsius.
02:41Pour des applications industrielles, on a aussi du diagnostic précoce par des outils d'IA.
02:47Voilà, on est présents sur...
02:49Le but, c'est vraiment, sur l'ensemble de...
02:51Enfin, sur tout le spectre scientifique et industriel,
02:54le but, c'est vraiment avoir ce continuum entre la recherche, l'innovation, l'entrepreneuriat.
03:00Parce que c'est ça qui... Parfois, c'est ce qui nous manque.
03:02On a des chercheurs qui restent chercheurs.
03:05Très bons chercheurs.
03:05On a des entrepreneurs qui, parfois, manquent de la petite étincelle scientifique qui va faire d'eux
03:12que l'entreprise va devenir un mistral et va devenir une super pépite.
03:16Et là, le but de cet institut polytechnique, justement, c'est de dire,
03:19regardez, on a nos 45 laboratoires de recherche.
03:24Je n'ai pas mis les chiffres, mais 10 licornes, un quart d'escalop d'une E40 fondée
03:28ont été dirigées par des gens qui étaient incubés au sein d'IP Paris.
03:31Voilà, le but, c'est de réussir à mieux grouper.
03:35Tout à fait.
03:36Alors, nous, on commence à construire ce motto.
03:38Nous, on forme à la fois un Michel Dévoré, qui est un alumnus de Télécom Paris,
03:42à la fois avoir un prix Nobel, mais aussi avoir Arthur Mench.
03:44C'est tout suspect, ça se résume en cette phrase.
03:46De Michel Dévoré à Arthur Mench.
03:49Et nous, on ne voit pas de tension entre recherche fondamentale,
03:51une recherche qui est guidée par la curiosité, et de la recherche à impact.
03:55De la recherche appliquée, mais de la recherche qui se fait aussi avec le monde de l'entreprise.
03:58Et c'est le propre des instituts, on va dire, qui nous ressemblent à l'échelle mondiale.
04:02C'est à la fois avoir une recherche fondamentale du meilleur niveau,
04:06mais aussi être engagé dans l'innovation, mais aussi dans la création de la valeur.
04:10Et mon poste, quelque part, il résume un petit peu notre ambition.
04:15Moi, je suis vice-président de recherche et innovation.
04:17Donc, on a une mission de connecter la recherche fondamentale à l'innovation de rupture.
04:21Et on travaille sur cette articulation.
04:23On met un ensemble de mécanismes pour transformer la recherche fondamentale.
04:25Peut-être demain, peut-être dans 20 ans, 30 ans.
04:28On a un ensemble d'innovations qui transforme notre quotidien, mais positivement.
04:33Parce que c'est souvent ça.
04:34En France, on voit qu'on a d'excellents chercheurs, mais souvent, on a un peu moins de champions technologiques.
04:38Quand j'entends champions, c'est vraiment ceux qui sont passés.
04:40On a beaucoup de startups, hyper bon, et en cybersécurité, et dans la deep tech, dans plein de domaines.
04:45Mais on a ce souci d'en faire des vrais champions technologiques.
04:49Qu'est-ce qui manque là, selon vous, Jamal ?
04:51Alors, je pense qu'il faut agir sur l'ensemble du spectre.
04:54D'abord, comme je l'ai dit, nous, notre ambition, c'est de ne pas faire de la recherche, enfin,
04:58de l'innovation incrémentale.
04:59Évidemment, il en faut, et il faut répondre à des besoins de marché.
05:02On y contribue.
05:03Mais il nous faut aussi des instituts qui portent l'innovation de rupture comme étant un objet tout aussi intéressant
05:09que la recherche fondamentale.
05:10Nous, notre ambition, c'est de transformer le monde de demain.
05:13Et donc, on travaille sur cette articulation.
05:15Maintenant, qu'est-ce qui manque ?
05:16Il manque un changement de mentalité.
05:17Faire en sorte que nos chercheurs les plus brillants s'intéressent aussi à l'innovation.
05:21Et ce n'est pas une tâche facile.
05:23Après, quand on accompagne tout le mécanisme de la prématuration, la maturation, créer des startups,
05:30il nous faut quand même collectivement, là, c'est en dehors de l'Institut Polytechnique de Paris,
05:34à l'échelle française, à l'échelle européenne, travailler sur le scale-up, travailler sur une profondeur de marché,
05:39travailler sur le risque, sur le fait qu'il y ait des capitaux qui viennent,
05:42sur des idées qui, à prime abord, peuvent paraître pas très, on va dire, immédiates.
05:47Ou un peu éloignées du marché, de notre consommation à nous.
05:50Mais nous, il faut travailler sur le marché, il faut apporter des solutions
05:53qui permettent d'améliorer le quotidien, qui permettent d'avoir davantage de prospérité économique.
05:59C'est fondamental et c'est l'une de nos missions.
06:02Quelque part, on y contribue.
06:03Vous avez rappelé les chiffres.
06:04L'entrepreneur étudiant chez nous, il est à un très haut niveau.
06:09Il faut continuer, évidemment.
06:10Mais ce qui nous manque, en France, c'est rapprocher la recherche fondamentale
06:16avec ce qu'on appelle l'innovation de rupture, la deep tech.
06:19Et il faut des capitaux, il faut de l'accompagnement,
06:22il faut de la consistance dans les politiques publiques françaises et européennes.
06:25Et puis surtout, il faut se liant, parce que souvent,
06:27on a des chercheurs qui ne sont pas dans la même temporalité
06:29ou qui sont dans leur couloir de nage.
06:31Et l'entreprise, elle est dans le couloir de nage d'à côté.
06:34Mais chacun ne voit pas forcément l'autre.
06:37Alors qu'il faut se liant pour les mettre tous les deux.
06:40Une question, justement.
06:41Vivatech, ça joue ce rôle de catalyseur aussi.
06:43Parce que je vois que pendant Vivatech,
06:44vous avez annoncé signature avec le groupe Danone.
06:47Signature, on sort un peu du territoire
06:50avec l'École technologie supérieure du Québec,
06:52avec AmiLabs, la startup de Yann Lequin.
06:55Donc c'est ça le but aussi, c'est d'aller chercher les partenaires,
06:57de dire, tiens, comment on peut accélérer
06:59à travers des capitaux, certes,
07:01mais aussi des partenariats tels que ceux que je viens de dire.
07:03Ces trois exemples illustrent un peu ce que l'on fait.
07:05On monte des partenariats avec des entreprises mondiales assez établies.
07:10Donc là, il y a des formes de partenariats particulières.
07:12Là, on a un programme connexion à IP Paris,
07:15donc le petit nom de l'Institut Polytechnique de Paris,
07:18avec l'ensemble des grands groupes.
07:19Alors ça peut être des relations, on va dire,
07:21de gré à gré, des lacs, des t-siffres.
07:24Voilà, donc le panel de collaboration existe.
07:27L'idée, c'est d'avoir une relation davantage articulée.
07:30Donc l'Institut Polytechnique de Paris,
07:32on est très proche du monde de l'entreprise.
07:33Donc à cet égard, on est un peu particulier en France.
07:36Oui, avec un réseau d'anciens élèves.
07:38Voilà, et c'est un peu dans notre feuille de route,
07:41et au-delà de ça, c'est un peu dans notre ADN.
07:43Maintenant, il faut travailler avec les meilleurs,
07:45et ceux qui feront l'IA de demain,
07:47ceux qui feront les technologies de demain.
07:48Le projet de Yann Lequin, que l'on connaît ici par ailleurs,
07:51il est porteur de cette ambition.
07:52C'est un peu rebattre les cartes, on y a.
07:53Et c'est le propre de la science,
07:55le propre de ce qui se fait dans nos laboratoires,
07:57en quantique, en IA, mais aussi en cybersécurité,
08:00c'est de façonner les objets de demain,
08:02c'est façonner l'IA de demain.
08:03Voilà, et donc le partenariat avec AmiLabs
08:05s'inscrit dans cette dimension.
08:08Montre exactement ça.
08:09On parle aussi, on a beaucoup parlé de souveraineté
08:11pendant Vivatech, souveraineté numérique,
08:13avec tout ce que ça rapporte,
08:14mais il faut avoir cette souveraineté scientifique.
08:17Alors on a de la chance avec l'Institut Polytechnique
08:19et tous les établissements que vous chapeotez,
08:23on a justement cette force,
08:25mais c'est important de la maintenir.
08:27Il faut rappeler une petite chose,
08:28nous sommes un assis sous la tutelle
08:30de deux ministères,
08:31le ministère des Armées
08:32et le ministère des Finances,
08:35de l'Économie,
08:36donc merci pour faire court.
08:37Donc on est au cœur des enjeux
08:38à la fois de souveraineté,
08:40des souverainetés et de défense.
08:42Mais cette tutelle ne nous empêche pas
08:45de dire que la première des souverainetés,
08:47c'est la maîtrise de la connaissance.
08:49On va parler un peu d'IA,
08:51si on ne maîtrise pas la science de l'IA,
08:52on perd en souveraineté,
08:53on le voit avec ce qui s'est passé
08:55il y a moins d'une semaine par exemple.
08:57Donc la première des souverainetés,
08:59c'est de maîtriser la connaissance en amont.
09:01Et évidemment, au-delà de ça,
09:02il va falloir accompagner,
09:03la souveraineté c'est une chaîne de valeurs,
09:05c'est de l'autonomie stratégique,
09:07on peut penser ça
09:09en articulant nos partenariats,
09:11en articulant la chaîne de valeurs,
09:12où est-ce qu'on va sourcer l'idée,
09:14où est-ce qu'on va sourcer le matériau.
09:15Et donc ça, on l'aborde de façon assez générale,
09:20et on a la particularité d'avoir un ensemble de centres
09:22qui traitent ces sujets-là.
09:23On a un centre interdisciplinaire
09:25qui est dédié aux études de défense et de sécurité.
09:27On travaille avec l'AID,
09:29à la fois pour sourcer les idées de recherche fondamentale,
09:32mais aussi des choses qui peuvent être davantage appliquées,
09:35davantage actionnables
09:37quand il s'agit des questions un peu critiques.
09:39Vous savez ce qu'on va faire ?
09:40On va prendre date pour une prochaine visite
09:43avec justement des start-up qui nous montrent concrètement
09:46tout ce qui est fait avec l'Institut Polytechnique.
09:48Merci Jamal Atif,
09:49vice-président de recherche et innovation
09:50de l'Institut Polytechnique de Paris.
09:53Et donc pour faire ce lien entre recherche fondamentale,
09:55recherche à impact,
09:56les entreprises,
09:57et puis bien entendu les capitaux.
09:58Merci infiniment d'être venu nous voir sur ce plateau.
10:01Merci.
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