00:00Tech & Co Business, l'invité.
00:05Notre invité, vous le connaissez si vous êtes un habitué de Tech & Co, Thomas Serval, bonjour.
00:10Bonjour.
00:10Merci d'être avec nous, président de Baracoda, spécialiste des technologies de santé.
00:14Alors, plus de 20 ans d'expérience dans les objets connectés, 60 millions de devices déployés dans le monde,
00:19plus de 70 brevets déposés, présents sur plusieurs continents.
00:22Et pourquoi je décris tout ça ? Parce que justement, à force de travailler sur ces objets connectés,
00:27un jour, avec vos collaborateurs, vous avez dit, mais pourquoi tout ce qu'on fait là,
00:31est-ce qu'on ne peut pas le processer et tenter de le vendre ?
00:34Et c'est ça l'idée de B-Connect au départ ?
00:35Absolument. En fait, il y avait deux éléments.
00:37Un, ça fait 20 ans qu'on fait des objets connectés,
00:40et on fait toujours les mêmes erreurs quand on fait des objets connectés.
00:42Et puis, la deuxième chose, c'est que Baracoda opère en marque blanche
00:46tout ce qui est objets connectés d'une grande multinationale américaine.
00:49Donc, on a été confrontés, non seulement à nos problématiques d'innovation,
00:52mais aussi aux problématiques de déploiement et de scale
00:56et des problématiques de gestion du cycle de vie des objets.
00:59Et donc, on a mis, on a transféré tout ce savoir-faire
01:01qui est des dizaines d'années d'expérience,
01:05d'abord dans des systèmes semi-automatiques,
01:07et puis avec l'arrivée de l'IA dans des systèmes multi-agents.
01:10C'est le concept de B-Connect.
01:11Alors justement, on s'était vu au sortir du CES,
01:14ou même pendant le CES 2025.
01:17Alors, on poursuit évidemment, on se côtoie régulièrement,
01:19et notamment sur le CES 2026.
01:20Alors, en gros, ce que je comprends,
01:22c'est que j'ai une idée d'objet connecté.
01:25Eh bien, avec B-Connect, je vais pouvoir avoir le firmware,
01:27l'app mobile, le service back-end, le flux de données,
01:29la gestion des équipements.
01:30Et tout ça, je fais un prompt, et puis c'est fait.
01:32Enfin, si je vulgarise, c'est ça.
01:34C'est absolument ça.
01:35Alors, l'exemple le plus simple,
01:36puisque beaucoup de, maintenant, de téléspectateurs
01:38ont entendu parler de Lovable pour fabriquer des sites web.
01:41Bon, il y avait, nous, on propose de faire le Lovable des objets.
01:45Je veux faire un objet.
01:48On pouvait déjà le faire en 3D, mais on ne pouvait pas,
01:50s'il était intelligent, le connecter, mettre une app qui le pilotait.
01:54Je ne sais pas, moi, une brosse à dents,
01:55qui est un domaine qu'on connaît bien, mais un thermomètre.
01:58Donc, aujourd'hui, grâce à B-Connect,
01:59on peut dire ce qu'on veut en envie de faire.
02:01Et puis, on le fait soit d'une manière très, très structurée,
02:05ce qu'on appelle avec un Product Requirement Document,
02:07PRD, où on met des écrans avec un Figma
02:10pour dire, voilà, je voudrais que l'application ressemble à ça ou ça.
02:12Donc, si on sait ce qu'on veut, eh bien, en fait, on a une première IA.
02:16Donc, ce n'est pas une IA, c'est plein d'agents qui font plein de choses.
02:18On a une première IA qui vous pose des questions pour lever l'ambiguïté,
02:21pour essayer d'être bien clair, d'avoir bien compris,
02:24comme le ferait un ingénieur ou un bureau d'études un petit peu sérieuse.
02:27Et la première innovation, qui est le produit de plusieurs dizaines de millions d'euros d'investissement,
02:33c'est qu'on a un langage de description des objets, qu'on appelle le Blueprint,
02:38qui permet de, c'est un langage qui permet de donner des instructions non ambigües à des agents après.
02:43Donc, c'est là où ça se différencie d'un LLM, parce que parfois, on se dit,
02:47mais finalement, si je fais un bon prompt, mon LLM, il serait capable de me développer le firmware ?
02:52Alors, on a essayé, on a eu des problèmes.
02:55On a essayé, on a eu des problèmes.
02:57Alors, pour rentrer sur pourquoi les LLM ne peuvent pas faire ça,
03:00il y a, dans la fabrication d'un objet connecté, il y a plusieurs éléments.
03:03Le premier élément, c'est ce qu'on appelle le firmware, le logiciel embarqué.
03:05Et celui-là, malheureusement, les IA et les générateurs de code, qui sont bons,
03:10sont moyens, voire mauvais dessus, pour des raisons d'entraînement.
03:14En fait, les codes qui sont dans les puces sont plutôt des codes propriétaires,
03:17donc ce ne sont pas accessibles sur Internet.
03:19Donc, il ne peut pas s'entraîner.
03:21Donc, ça, c'est la première chose.
03:22Nous, ça fait 20 ans qu'on avait du code, plusieurs millions de lignes de code.
03:24Donc, on avait de quoi entraîner ces choses-là.
03:26Donc, c'est la première chose que fait notre IA, c'est qu'elle fait le firmware.
03:32La deuxième chose, c'est que vous avez un système complexe.
03:34Il y a, d'un côté, le firmware, donc le logiciel qui est dans la puce.
03:38Puis après, vous avez un terminal mobile.
03:40Puis après, vous avez un cloud.
03:42Donc, en fait, le LLM, il ne sait pas bien gérer les systèmes complexes
03:46quand il y a des interfaces entre plusieurs objets.
03:48Donc, ça, c'est le deuxième problème.
03:50D'accord.
03:50Imaginons qu'on règle ces deux premiers problèmes.
03:52On apprend à une IA correctement.
03:54Il y a beaucoup de data qui passe.
03:55Il y a beaucoup de data qui passe.
03:56On a un troisième problème qui est la sécurité.
03:59D'accord, c'est ça.
04:00C'est ça, je voulais en dire.
04:01Beaucoup de data qui passe.
04:02Donc, il faut quand même sécuriser tout ça.
04:03Surtout si dans votre domaine baracoda, on est dans le domaine de la santé.
04:07Ou santé, ou sécurité industrielle.
04:09Là, c'est n'importe quel type d'outil.
04:10Alors, absolument.
04:11En fait, on travaille dans trois segments.
04:13Objet industrie 4.0.
04:14Donc, tout ce qui est santé, souveraineté, medical device.
04:18Mais également l'industrie.
04:19J'étais il y a une semaine à Global Industrie.
04:23Ça veut dire, là, on pourrait y aller.
04:26Je ne sais pas, un industriel, une petite ETI qui a une idée d'un objet connecté pour ces idées.
04:32Il peut passer par B-Connect.
04:34J'y étais aussi.
04:35On a plus d'une dizaine d'industriels qui vont retenir la solution B-Connect.
04:39Donc, le troisième problème, c'est la sécurité.
04:42Et il y a un autre problème que les gens ne comprennent pas trop quand ils ont fait de l
04:44'IA la première fois.
04:45C'est qu'il y a un effet « waouh » sur l'LLM.
04:48Très vite, on a quelque chose.
04:49Le problème, c'est quand vous avez un produit industriel, vous avez géré son cycle de vie.
04:52Donc, corriger des erreurs, des bugs, mais également le faire évoluer, rajouter des fonctionnalités.
04:58Et comme le LLM, il est génératif, quand vous lui demandez deux fois de faire la même chose,
05:02vous lui demandez deux fois une image, ce n'est pas la même image.
05:05Donc, imaginez que vous demandez à un LLM de vous refaire le même objet pour rajouter une fonctionnalité.
05:11Ça ne va pas être une augmentation de l'objet précédent.
05:14Et donc, dès qu'on est dans la gestion du cycle de vie, dans la partie d'un système complexe,
05:18où il y a plusieurs systèmes, et qu'en plus, on veut faire évoluer les interfaces,
05:23grosso modo, aujourd'hui, l'LLM vous amène à des catastrophes industrielles.
05:26Une grosse partie de nos clients, c'est des gens qui ont essayé de faire tout ça tout seuls en
05:30mode LLM
05:31et qui se rendent compte qu'en fait, ça ne suffit pas à l'LLM.
05:35Ça veut dire qu'on est dans un niveau de liage antique dont on parle,
05:38mais le niveau réel d'automatisation, quelles compétences restent indispensables, un peu, côté client ?
05:46Alors, c'est très intéressant.
05:47En trois ans, il s'est passé trois choses.
05:49Comme vous le rappelez, on s'est vus pour présenter notre premier objet en 2025.
05:53Et en 2025, au CES, on avait un outil qui allait même, je le rappelle, jusqu'à dire,
05:57voilà, quel type de profil d'ingénieur vous allez avoir besoin de développeurs pour développer.
06:01C'était 2025, en fait, on était capable d'identifier les compétences qui manquaient
06:05et on faisait la job description des gens qui fallait recruter,
06:09donc des développeurs qui fallait recruter.
06:112026, avec les progrès qui ont été faits sur le code,
06:14aujourd'hui, les compétences qui restent critiques,
06:17la première, c'est le PMO, donc de la maîtrise d'ouvrage,
06:20parce qu'il faut quand même un chef d'orchestre.
06:22Oui, oui.
06:23C'est comme si vous construisez une cathédrale, il faut quand même un architecte.
06:27C'est-à-dire que quelque part, vous avez beau avoir des robots qui peuvent faire plein de choses,
06:30il faut un architecte.
06:31Il faut un client, au-delà de l'architecte,
06:33quelqu'un qui sache ce dont il a besoin,
06:36parce qu'il n'y a pas de vent favorable pour le marin qui ne sait pas où il va.
06:39C'est vieux comme Marc Aurel,
06:40mais c'est vrai que les progrès que permettent l'IA créent une sorte d'ivresse,
06:45de dire je peux faire n'importe quoi, et donc je fais n'importe quoi,
06:48alors qu'il faut quand même de la rigueur pour arriver à un objectif.
06:50Donc les deux compétences qui restent, principales, c'est la gestion de projet,
06:55le marketing et puis après l'expertise et la validation technique,
07:01même si on a maintenant capacité, donc là cette date de deux mois,
07:04d'automatiser les tests de validité du produit et de documentation.
07:07Ça pourrait devenir, reprochons-nous pour un passage d'échelle,
07:11un standard au niveau européen pour les objets connectés ?
07:14Enfin, votre démarche un peu, ce serait de « tiens, si on pouvait faire ça ? »
07:17Alors, non seulement cette idée est excellente, mais elle est partagée.
07:22Aujourd'hui, on s'est rendu compte qu'on a quelque chose qu'on peut mettre au niveau européen
07:26et qu'on a découvert comme étant une opportunité importante pour nous.
07:29C'est au-delà de faire un objet, déjà faire des cartes électroniques dans les objets
07:32qui permettent de sécuriser et de s'assurer de la compliance de ces objets
07:37par rapport aux normes européennes.
07:38Je vais prendre deux exemples concrets.
07:40Aujourd'hui, si vous prenez un climatiseur connecté,
07:43les seuls endroits où on les fabrique, c'est la Chine.
07:45Grosso modo, ils sont connectés en Chine avec un serveur chinois,
07:50une application chinoise.
07:52Une souveraineté aujourd'hui ?
07:53Aujourd'hui, nous, avec une puce,
07:55donc on a un concurrent chinois qui s'appelle Thuya,
07:57on remplace cette société Thuya
07:58et on peut générer facilement grâce à BeConnect une puce pour remplacer ça.
08:03Et ça, ça permet d'assurer de la souveraineté de la donnée
08:05et vous êtes probablement familier avec ce qu'on appelle le CRA,
08:09Cyber Resilience Act.
08:10Ça permet surtout d'éviter que des intérêts étrangers
08:13ayant accès au dispositif puissent le mettre à fond les ballons
08:16et faire sauter le grid
08:18parce que quelque part, ça fait partie des cyberattaques crédibles.
08:20Juste une dernière question en termes d'investissement.
08:22On est dans des...
08:24Alors, aujourd'hui, les développements sur BeConnect,
08:28ça a été huit ans de travail.
08:29C'est quelques millions de lignes de code,
08:33plus de 60 millions d'euros d'investissement.
08:34Donc, c'est un produit d'industrie lourd.
08:36C'est déployé sur 60 millions d'avril.
08:37Et moi, si je veux donc développer mon nouveau capteur incroyable
08:40que je vais vendre à un industriel ?
08:41Alors, vous allez sur le site de Baracoda
08:42et on fait des bêtas privées pour les gens qui sont intéressés.
08:45Nos clients principaux sont quand même les industriels
08:47pour lesquels il y a des besoins immédiats
08:49de faire des réseaux de capteurs
08:50ou les distributeurs qui ont besoin de s'assurer
08:52la souveraineté des objets qu'ils sont amenés à distribuer.
08:55Et en plus, un certain nombre d'investisseurs et de startups
08:57qui veulent diviser par 10 leur coût de développement.
09:00qui ont besoin de s'assurer de l'investisseur.
09:00qui ont besoin de s'assurer de l'investisseur.
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