- il y a 10 minutes
Mardi 16 juin, Hedwige Chevrillon a reçu Olivier Roussat, directeur général de Bouygues, Luc Arrondel, chercheur au CNRS, professeur à l'École d'économie de Paris, et Richard Duhautois, économiste, chercheur au CNAM, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:10Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19.
00:13On va parler de foot, évidemment, de foot business et on va parler de SFR, de télécom, de médias et
00:20de conjoncture avec Olivier Roussa,
00:22lui le directeur général de Bouygues, il fait ses 10 ans à la tête de Bouygues et puis surtout il
00:26vient de signer ce gros rachat de SFR avec ses autres concurrents Free et Orange.
00:32Le problème c'est, bon, quel coût ? Qu'est-ce qu'il faudra faire comme concession à l'autorité
00:36de concurrence ? Quel coût social pour le rachat de SFR ?
00:39Et puis on parlera aussi peut-être des ambitions retrouvées de Bouygues dans la télévision.
00:45Et puis donc je vous disais qu'on allait parler de foot, c'est le jour où, puisque la France
00:49entre en lice ce soir.
00:51On en parlera avec deux économistes, Luc Arondel et Richard du Haut-Toi.
00:56Mais pour l'instant, place au journal avec Erwann Morris.
01:03Il est 18h, un petit peu moins 18h, bonsoir Erwann.
01:07Bonsoir Edige.
01:08Et on commence par, évidemment, le G7 à Evian.
01:10Les pays du G7 apportent leur soutien à l'Ukraine en présence de Vladimir Zelensky.
01:15Les grandes puissances sont d'accord pour augmenter la pression sur Moscou via des sanctions sur l'énergie.
01:20C'est ce que dit une source diplomatique ce soir.
01:23Le Royaume-Uni et le Canada ont déjà annoncé de nouvelles sanctions.
01:26Elles ciblent notamment les navires de la flotte fantôme russe.
01:29Les pays du G7 devraient également fournir à l'Ukraine des moyens supplémentaires de défense antiaérienne.
01:34Les pétroliers iraniens recommencent à circuler.
01:36Cela marque la levée du blocus américain qui paralysait les ports iraniens depuis un mois.
01:41Washington l'avait imposé en réponse au verrouillage du détroit d'Hormuz par Téhéran.
01:44Selon Donald Trump, le détroit sera d'ailleurs complètement rouvert ce vendredi.
01:48Jour prévu pour la signature du cadre d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran.
01:53Dans l'actualité des entreprises aux Etats-Unis, d'abord fraîchement introduit au Nasdaq,
01:58SpaceX annonce racheter l'éditeur de code Cursor, valorisé 60 milliards de dollars.
02:03Cette acquisition doit permettre au groupe d'Elon Musk d'accroître sa diversification dans le domaine de l'IA.
02:08Cela fait bondir le titre de 9%.
02:10SpaceX est désormais la cinquième plus grosse capitalisation boursière du monde devant Amazon.
02:15Autre acquisition aux Etats-Unis, toujours Young Brands vend Pizza Hut pour 2,7 milliards de dollars.
02:21En difficulté, le groupe de restauration s'est fait distancer par son concurrent Dominos.
02:26En France, les renseignements rompent avec la société américaine Palantir au profit du français Shaps Vision.
02:32Le Premier ministre dit vouloir bâtir une autonomie pour ne pas dépendre du bon vouloir de certains partenaires
02:39capables de couper le robinet d'accès à l'IA.
02:43Et puis le BHV Marais est finalement cédé à un nouvel exploitant.
02:46Son ex-directeur général Karl Stéphane Cotandin, qui va opérer un grand repositionnement
02:51et mettre fin à la collaboration décritée avec Shein.
02:54Tous les détails sur ce dossier dans le 19h et 18h1.
02:58Bonsoir Antoine Larigauderie.
02:59Bonsoir Erwan, bonsoir Erwan.
03:00Bonsoir Antoine.
03:01Et c'est donc du vert à la Bourse de Paris.
03:03Oui, on a plutôt bien clôturé.
03:05Plus 0,75% à 8447 points pour l'indice phare de la Bourse de Paris,
03:10qui doucement se rapproche de ses niveaux de mars dernier.
03:12On avait signé notre dernier record historique.
03:16On en est à 150-200 points en gros.
03:19A noter quand même une très nette contre-performance de la tech européenne.
03:23L'Euronext Tech Leaders lui a perdu 1,29%.
03:25Mais en attendant, le CAC 40 surperforme le reste de l'Europe boursière.
03:28L'Eurostock 50 ne gagne que 0,45%.
03:32A noter les principaux contributeurs du jour.
03:34Publicis qui a gagné 2,5% à 92,12 euros.
03:37Chine d'air électrique aussi, plus 2,5% à 276,95 euros.
03:41Et puis, c'est le grand réveil du secteur du luxe.
03:43Quand même, Hermès, plus 2,19.
03:451,749,50 euros.
03:46Élevé à Mâche plus 1,50, 520, 30.
03:49A la baisse, on en a parlé.
03:51La tech qui sous-performe, en particulier ST Microelectronics,
03:54avec une émission obligataire qui a pesé sur la valeur de l'action.
03:56Le titre perd 4% à 65,68.
03:59Et puis sinon, à signaler, le secteur auto qui a été plombé.
04:02Moins 3,4% pour Renault à 27,82.
04:05Et ST Nantis, moins 1,94, 5,97 euros.
04:08Les volumes d'échange, 4 milliards d'euros d'actions négociées.
04:10Le CAC, plus 0,75, 8,447.
04:15Merci Antoine.
04:16Merci Erwan.
04:17On vous retrouve 19h, 19h30 pour le Grand Journal de l'Éco.
04:20Tout de suite, c'est le 18-19.
04:22A 18h30, j'en recevrai Olivier Roussa, le patron de Bouygues,
04:25après l'accord sur SFR.
04:27Et puis, dans un instant, on va parler du foot.
04:29Forcément, on va parler du foot business.
04:32BFM Business et la Tribune présentent
04:37Le 18-19 d'Edvie Chevrillon.
04:42Vous êtes bien dans le 18-19.
04:44Évidemment, c'est le jour où on va parler de football,
04:47de foot business, puisque ça y est,
04:49la France rentre en lice ce soir.
04:51Et c'est le sixième jour de compétition pour la Coupe du Monde.
04:54Alors, est-ce que cette Coupe du Monde est symbole du foot business ?
04:56On va en parler avec deux économistes
04:58qui sont spécialisés dans le foot, entre autres.
05:01Et puis, je pense que ce sont des amateurs de foot.
05:03On en parle avec Luc Arondel et Richard Diottois.
05:05Luc Arondel, bonsoir.
05:07Bonsoir.
05:07Vous êtes économiste, directeur de recherche au CNRS.
05:09J'ai envie de dire, quand on parle du foot,
05:10ça fait très très sérieux de dire directeur de recherche sur le foot, c'est ça ?
05:13Oui, tout à fait, oui.
05:14Ça existe ?
05:16Oui, il n'y a que moi, mais ça...
05:18Il n'y a que vous, mais voilà.
05:19Mais c'est l'essentiel.
05:20Et vous êtes aussi chercheur à Paris School of Economics.
05:23Face à vous, avec vous, puisque c'est votre co-auteur,
05:26Richard Diottois, qui est aussi économiste,
05:28qui est chercheur au CNAM, entre autres.
05:30Bonsoir.
05:30Bonsoir.
05:30Et donc au CNAM, aussi, on réfléchit sur les métiers du football ?
05:35Oui, c'est un peu comme Luc, je pense que je suis le seul.
05:37Ah oui, d'accord.
05:38Enfin, en tous les cas, vous avez commis un crime, si j'ose dire,
05:41si vous avez écrit le foot business, les 30 glorieuses,
05:44et c'est publié chez Odile Jacob.
05:45Je disais, là, on est sixième jour de compétition en Amérique du Nord,
05:50la Coupe du Monde bat son plein,
05:52et enfin, ce soir, la France rentre en liste face au Sénégal.
05:59Est-ce que là, on est avec cette Coupe du Monde,
06:01on est un peu dans la quintessence du foot business ?
06:04Je ne sais pas qui répond le premier.
06:05Vas-y, vas-y.
06:06Je vais commencer.
06:07Moi, je ne dirais pas ça.
06:09Je dirais simplement que c'est un petit peu dans la continuité
06:13de la croissance des revenus de la Coupe du Monde.
06:16Au Qatar, on était à un chiffre d'affaires des revenus
06:19de l'ordre de 6 milliards de dollars.
06:21Aujourd'hui, on est à 9 milliards de dollars parce qu'effectivement...
06:24Ah, c'est une petite croissance, 3 milliards en 4 ans quand même.
06:26Oui, c'est une croissance.
06:27Mais il faut aussi relativiser ces chiffres.
06:30C'est comme le sport le plus populaire de la planète.
06:33Il y a quand même des milliards de gens qui le regardent.
06:35Donc, effectivement, c'est extrêmement populaire.
06:36Et donc, c'est vrai qu'au regard de la popularité du foot,
06:39ce n'est pas des chiffres d'affaires astronomiques.
06:44Si on rapporte ça, par exemple, au football américain, la NFL,
06:48c'est 20 milliards de dollars par an.
06:50Là, moi, je regarde, effectivement, si on regarde le chiffre d'affaires
06:53des 10 clubs les plus riches en Europe,
06:56on est à peu près à ce niveau-là.
06:57Donc, il ne faut pas non plus exagérer l'importance de ces sommes.
07:01Oui, en même temps, Richard Duotoy, on voit bien quand même
07:05les prix des places qui sont quand même ahurissants.
07:08Je ne parle même pas de la finale, mais même pour avoir une place,
07:11c'est 400 dollars, 500 dollars.
07:14Alors, ça aussi, il faut un petit peu relativiser,
07:16puisqu'en effet, sur les 9 milliards dont Luc parlait,
07:19c'est vrai qu'il y a 3 milliards qui sont issus de la billetterie.
07:24Et donc, en effet, par rapport, par exemple, à la dernière Coupe du Monde au Qatar,
07:27ça passe de 1 à 3 milliards.
07:28Mais ce qu'il faut voir, c'est que le marché américain,
07:31notamment les consommateurs,
07:32ils sont sans doute prêts à payer beaucoup plus
07:36que ce qui se passait au Qatar ou en Russie,
07:38ou ce qui se passera peut-être en 2030 en Espagne, au Portugal et au Maroc.
07:42Je vous donne simplement un chiffre,
07:44c'est que les 10% les plus riches aux États-Unis,
07:47donc ils sont 3 à 4 fois plus riches que les 10% les plus riches en France,
07:51et ils sont 5 fois plus nombreux.
07:53Donc, en gros, c'est à peu près 34 millions de consommateurs.
07:55Oui, mais alors, excusez-moi, ça veut donc dire que,
07:57enfin, si je vous écoute bien,
07:58ça veut donc dire que le foot, là,
08:01c'est fait vraiment pour les ultra-riches, quoi.
08:02C'est pas fait pour...
08:03Normalement, le football, c'est quand même le sport.
08:05Alors, vous-même, vous l'écrivez, le sport le plus populaire.
08:07Oui, alors, je me permets...
08:09Ah oui, vas-y, oui.
08:09Donc, aux États-Unis, c'est quand même un petit peu différent,
08:11parce que, historiquement, le football aux États-Unis,
08:14donc il existe depuis longtemps,
08:15contrairement à ce qu'on entend tout le temps,
08:16et il est pratiqué par la classe moyenne et par la classe supérieure.
08:20Et ça coûte très, très cher de jouer au foot.
08:22Je vous donne un chiffre que j'ai en tête d'une étude qui est sortie en 2025,
08:25c'est que, pour un jeune, c'est 883 dollars par an pour pouvoir jouer au foot.
08:31Ça s'appelle le pay-to-play.
08:32Et encore, là, c'est en moyenne,
08:34il y a des bourses pour les jeunes issus de classes défavorisées,
08:37mais il y a des ligues d'élite pour les jeunes,
08:41c'est entre 5 et 10 000 dollars pour pouvoir jouer au foot quand on est un enfant.
08:45Donc, vous voyez, en fait, c'est vrai que c'est un sport populaire dans le monde entier,
08:50mais aux États-Unis, il est pratiqué par une classe moyenne ou une classe plutôt supérieure.
08:57Est-ce que vous partagez ce sentiment, Lucas Rondel ?
09:00Parce que quand on voit le président de la Fédération Internationale de Football,
09:06Gianni Infantino, il a, paraît-il, là, ce soir, je regardais avant d'être en plateau,
09:12ça fait un peu le buzz parce qu'il a un jet privé pour aller de Mexico au Canada.
09:17Vous me direz, ça peut s'expliquer, s'il veut assister à tous les matchs,
09:20mais on dit beaucoup qu'il a complètement monétisé cette Coupe du Monde.
09:25Alors, il faut séparer ce qui est de la gouvernance de la FIFA
09:28et ce qu'est la philosophie de la FIFA.
09:30La philosophie originale de la FIFA, c'est qu'on gère et on développe le football dans le monde entier.
09:37Ça, c'est pour les bien-pensants, mais alors pour les autres ?
09:39Non, ce n'est pas du bien-pensant parce que, normalement,
09:41tout l'argent qui est généré par la Coupe du Monde,
09:44normalement, redescend sur le football d'en bas.
09:47C'est pour financer, c'est reversé aux confédérations, aux fédérations,
09:51ça sert à développer le football féminin, développer le football des jeunes.
09:54Donc, théoriquement, ce n'est pas forcément être bien-pensant.
09:57Simplement, effectivement, il peut y avoir des dérives au niveau de la gouvernance.
10:01Si vous demandez à Platini, je ne suis pas sûre qu'ils partagent tout à fait la même,
10:05ce que vous dites sur la philosophie de la FIFA.
10:09C'est une association à but non lucratif qui a été créée en 1908
10:12pour, justement, avec cette finalité de développer le football dans le monde.
10:16Donc, normalement, ce football d'en haut, entre guillemets,
10:18doit descendre, doit risquer sur le football d'en bas.
10:21Est-ce que, alors là, on va quitter un instant.
10:23D'abord, vous avez un pronostic pour ce soir ? Allez-y.
10:26Moi, je suis un peu supporté.
10:28Je dirais la France, on va dire 3 ans.
10:30Moi aussi, je pense que la France va gagner 3 ou 4 ans.
10:33D'accord, ok.
10:34Attention, c'est enregistré.
10:35Oui, mais c'est le sport le plus agréatoire du football.
10:37Ah bon, d'accord, ok.
10:39C'est là les économistes qui ont fait des vrais...
10:41Vous dites dans votre livre, le football est un sport simple
10:44rendu compliqué par les gens qui n'y connaissent rien.
10:48Pourquoi vous dites ça ?
10:49Parce que c'est une phrase d'un entraîneur célèbre de Liverpool
10:51qui s'appelle Bichon Klik a dit ça.
10:53Donc, ce n'est pas nous qui l'avons dit.
10:55Mais effectivement, c'est parce que ce qu'on met en évidence dans le livre,
10:58c'est qu'on a tendance à appliquer des raisonnements économiques au football,
11:01alors que finalement, c'est comme une activité très particulière.
11:05Donc, je donne un exemple.
11:06Par contre, c'est une des rares activités économiques
11:10où, par exemple, l'essentiel des revenus qui est généré par le foot,
11:13c'est récupéré par les footballeurs, par les travailleurs du foot, du football.
11:16Donc, quelque part...
11:18Les travailleurs du foot, c'est les footballeurs ?
11:20Oui, bien sûr.
11:21D'accord, ok.
11:22Et donc, en Europe, par exemple, il y a 70% des revenus
11:25qui sont générés par le football,
11:27qui est gagné par les footballeurs.
11:30Donc, c'est quand même très, très particulier.
11:31C'est aussi une activité, par exemple, où les clubs de foot
11:34ça va peut-être changer.
11:36C'est pour ça, effectivement, qu'on appelle ça les 30 gloses
11:38et qu'on est peut-être en train de changer de période.
11:40Mais jusqu'à présent, on ne peut pas dire que le football
11:42était très lucratif pour les propriétaires.
11:44Les clubs de foot ne font pas de bénéfices.
11:46Non, mais par contre, les footballeurs à fond, non ?
11:50Alors, c'est quelques footballeurs, puisque, en effet, ce que dit Luc,
11:55c'est que la rente, elle est captée par les salariés, donc les footballeurs,
11:59mais c'est par quelques footballeurs, tout simplement.
12:01Parce qu'en effet, c'est un métier très inégalitaire.
12:04Donc, il y a une étude de la FIFPRO, du syndicat international des footballeurs,
12:09en 2017, qui disait que 45% des footballeurs professionnels dans le monde
12:13gagnaient moins de 1 000 dollars. Aujourd'hui, j'ai regardé un petit peu
12:16le salaire médian, c'est-à-dire le salaire qui partage la distribution en deux.
12:22C'est 1 500 dollars par mois.
12:25Sachant que leur carrière est très courte, en fait, finalement,
12:29il y a très peu de footballeurs qui gagnent bien leur vie
12:33et très, très peu qui sont riches, en fait.
12:36Oui, mais en même temps, c'est eux qu'on voit le plus.
12:38Si vous prenez... Parce que vous regardez les joueurs de Ligue 1,
12:42vous regardez tous ceux qui jouent en première division,
12:47ils gagnent quand même beaucoup d'argent.
12:48Je ne vous parle pas des Mbappé, des Messi, des Ronaldo,
12:51parce que là, c'est hors norme.
12:55Non, parce qu'il y a 50% des footballeurs qui ont une carrière inférieure à 3 ans,
12:58dans le monde entier, mais en France, c'est pareil.
13:01Et il y a un tiers des footballeurs qui ont une carrière de 1 an, simplement.
13:04De ?
13:05De 1 an.
13:06Ça veut dire que vous avez des footballeurs qui ont un contrat professionnel
13:08qui ne jouent même pas une seule fois en footballeur professionnel.
13:10C'est-à-dire à cause de la relégation, à cause des blessures,
13:13à cause de la concurrence des joueurs étrangers, etc.
13:16Donc, c'est pas si facile que ça, finalement,
13:19de bien gagner sa vie quand on est footballeur.
13:24Comme vous dites, ça dépend, évidemment, qui.
13:27Ce que vous dites, ce qui m'a étonnée dans votre livre,
13:30c'est justement sur la question des salaires.
13:33Vous dites, mais même ceux qui sont très bien payés,
13:34ça peut être justifié, parce qu'ils jouent, je crois que vous dites,
13:38ils jouent entre 5 et 8 ans.
13:41C'est ça un peu l'intervalle.
13:42Mais j'ai l'impression que, je ne sais pas,
13:43mais si, ça fait plus longtemps qu'ils jouent.
13:45Vous prenez Ronaldo, ça fait plus longtemps aussi.
13:48Vous voyez, c'est non ?
13:49C'est vrai que souvent, les joueurs dont on entend parler le plus,
13:53et puis, à l'émission, les plus talentueux,
13:55c'est effectivement ceux qui ont des carrières relativement longues.
13:58Les plus longues.
13:58Oui, tout à fait.
14:00Donc, c'est sûr.
14:01Et puis, ils sont très médiatisés.
14:04Effectivement, c'est une source de revenus pour les clubs, etc.
14:06Donc, forcément, ils sont vraiment sous les feux de la rampe.
14:09De toute façon, il y a une forte relation
14:11entre la durée de carrière et la rémunération.
14:13Donc, ça veut dire qu'en effet, ceux qui ont des carrières,
14:16on pense à Cristiano Ronaldo, ça fait 20 ans,
14:19maintenant qu'ils jouent.
14:20En effet, lui, il a gagné énormément d'argent.
14:22Mais combien de footballeurs ont joué,
14:24ne serait-ce qu'un an, qui sont inconnus en plus,
14:27et qui ont eu un salaire relativement élevé
14:30pour le salarié moyen,
14:32mais qui dure tellement peu que finalement...
14:35Vous décrivez l'économie du football.
14:37Est-ce qu'il y a d'autres sports qui ressemblent en termes de business,
14:44un peu à l'architecture du foot ?
14:46Je pense que le modèle qu'on a étudié pour le foot,
14:50il s'applique à tous les sports collectifs.
14:52Néanmoins, forcément, il y a moins d'argent dans le handball,
14:56le volleyball ou le basketball en France, effectivement.
15:00Mais d'une certaine manière, on peut appliquer les mêmes raisonnements.
15:03C'est essentiellement des revenus qui sont tirés de la billetterie,
15:08des sponsors et des droits télé.
15:10C'est vrai que pour les autres sports,
15:12les droits télé sont nettement moins élevés que pour le football,
15:15mais ce n'est plus le cas en France,
15:17parce qu'effectivement, les droits télé vont s'écrouler cette année.
15:20Vous dites qu'à un moment, je me suis dit,
15:23je ne comprends pas,
15:26vous dites qu'il faudrait un plafonnement salarial.
15:28Ça ne peut pas exister ?
15:29Alors ça, je vais...
15:33Déjà, il va y avoir un plafonnement salarial
15:35qui va être imposé par la FIFA.
15:36C'est un plafonnement salarial
15:38qui est au pro-rata des revenus que touchent les clubs.
15:40Donc c'est une sorte de plafond...
15:42Moi, je dirais plutôt que c'est une règle de bonne gestion
15:44plutôt qu'un plafond salarial,
15:46parce que souvent, ce que les gens ont en tête
15:48comme plafond salarial,
15:49c'est ce qui se passe aux Etats-Unis.
15:51Et donc, aux Etats-Unis,
15:53c'est vraiment un salarié cap
15:55qui est un montant absolu
15:57et non pas un montant relatif.
15:59Exactement. Dans les ligues fermées,
16:01en fait, comme aux Etats-Unis,
16:02c'est-à-dire quand il n'y a pas de promotion en rélégation,
16:04en fait, le salaire,
16:05il sert un petit peu de régulation pour les propriétaires.
16:08Ça veut dire que, contrairement à ce qu'on disait
16:11par rapport à l'Europe,
16:13où c'est les salariés qui captent la rente,
16:15dans les ligues fermées,
16:16en fait, c'est les propriétaires qui captent.
16:18Par exemple, la part des salaires
16:20dans le revenu aux Etats-Unis,
16:21pour la MLS,
16:22c'est à peu près 25%,
16:23alors qu'on l'a dit tout à l'heure,
16:26en Europe, c'est autour de 60%.
16:28Donc, vous voyez, il y a une différence énorme de philosophie.
16:30Et Luc a raison,
16:32c'est que pour pouvoir faire un vrai plafond salarial,
16:35il faut une ligue fermée.
16:36Parce que là, c'est plutôt une règle de bonne gestion,
16:38parce que, vous voyez,
16:3960% des revenus en Angleterre,
16:41ce n'est pas 60% des revenus en France.
16:44Donc, finalement,
16:46ça n'empêchera pas les clubs anglais
16:48de pouvoir dépenser de l'argent
16:50et d'attirer les meilleurs joueurs.
16:52Justement,
16:53lorsqu'on regarde les plus gros,
16:54le classement des budgets des clubs de Ligue 1,
16:57on voit ça,
16:58c'est en France,
16:58mais c'est vous qui me faites penser,
17:00parce qu'on sait qu'en Grande-Bretagne,
17:02c'est encore plus,
17:02c'est-à-dire que c'est des investisseurs,
17:04des financiers,
17:04qui sont propriétaires de clubs.
17:08Chez nous,
17:09il y a le PSG,
17:09qui a le plus gros budget,
17:10avec 150 millions,
17:11il y a l'OM,
17:12260 millions,
17:13qui appartient à McCourt,
17:14qui est à Monaco,
17:15140 millions.
17:17Le Paris FC,
17:18c'était les Ferracci,
17:20maintenant c'est les Arnaud.
17:22Il y a aussi Lyon,
17:24il y a aussi Lens,
17:25qui appartient à Joseph Augour-Lyon.
17:28Mais là,
17:28on passe de 850 millions
17:30à 60 millions pour Lens,
17:32qui a gagné pourtant la Coupe de France.
17:36Mais on voit qu'il y a des disparités
17:38absolument gigantesques.
17:39En fait,
17:40ils ne jouent pas dans la même ligue.
17:42Quand vous prenez les budgets du PSG
17:44et les budgets de l'OM
17:45et les budgets.
17:46Et le dernier,
17:46c'est le Havre avec 25 millions.
17:50Oui,
17:51pour cette année,
17:52je pense que c'est la première année
17:53où il y a autant de différences,
17:54parce qu'effectivement,
17:55il y a eu aussi
17:56une baisse des droits télé.
17:57Mais il y a vraiment trois groupes.
17:59Il y a le groupe
18:01qui joue la Ligue des Champions.
18:03Donc cette année,
18:03il y avait,
18:04on va dire,
18:04au niveau des budgets,
18:05il y avait PSG et Marseille.
18:07Et puis après,
18:08il y a quelques clubs
18:09qui sont à plus de 100 millions
18:10qui jouent effectivement
18:11les places européennes.
18:13Mais en dessous,
18:13effectivement,
18:14c'est des clubs
18:16qui jouent la même compétition.
18:18Non,
18:19mais d'ailleurs,
18:19c'est un vrai challenge.
18:20Non,
18:20je pense qu'effectivement,
18:21l'avenir,
18:21c'est vraiment,
18:23pour les revenus des clubs,
18:24ça va vraiment être
18:26la survie,
18:26ça va être
18:27la qualification
18:29dans les compétitions européennes.
18:31Non,
18:31et puis,
18:31c'est un vrai challenge
18:32parce qu'en effet,
18:33comme on le dit dans le livre,
18:34il y a une montée
18:35des inégalités
18:36qui est très forte
18:38entre joueurs,
18:38comme on l'a dit,
18:39entre clubs,
18:40entre ligues.
18:40Et donc,
18:42tout l'avenir du foot,
18:43finalement,
18:44va se retrouver
18:45dans la régulation
18:45et dans la redistribution
18:46un petit peu des richesses
18:47des plus riches
18:48vers les plus pauvres,
18:49que ce soit les salariés
18:51ou les entreprises,
18:53du moins les clubs,
18:53en fait,
18:54et les ligues.
18:55Quel avenir vous voyez
18:57pour le football ?
18:58Comment vous le voyez
18:58dans les 30 prochaines années ?
19:00Là,
19:00vous avez parlé
19:01des 30 précédentes glorieuses.
19:02Moi,
19:02j'avais envie de dire
19:03que c'est un peu maintenant
19:04qu'on rentre dans les 30 années glorieuses.
19:05Mais vous,
19:06vous disiez qu'on en sortait.
19:08et comment on peut qualifier
19:09les 30 prochaines années
19:10ou les 10 prochaines années ?
19:12Alors,
19:13moi,
19:13du moins,
19:14c'est mon point de vue.
19:15Je pense qu'il va y avoir peut-être...
19:17Alors,
19:17il y a trois scénarios,
19:18mais qui vont évidemment
19:19être concordes de mi-temps.
19:21Et peut-être qu'il y a
19:21d'autres États
19:23qui vont racheter
19:23des clubs de foot
19:24comme Paris,
19:25Manchester City
19:26et Newcastle.
19:27Il va y avoir
19:27des ligues
19:28qui vont émerger.
19:29Alors,
19:29je pense à la Norvège,
19:31au Maroc,
19:31au Japon,
19:32à la Corée du Sud.
19:33Sans doute que ça va être
19:33des pays émergents
19:36et qui vont un petit peu
19:38revitaliser le foot.
19:39Et puis,
19:39peut-être que,
19:40en fait,
19:40le troisième scénario,
19:41c'est un petit peu
19:43la création de ligues
19:45concurrentes,
19:45un peu privées,
19:46etc.
19:46Moi,
19:46c'est comme ça que je le vois.
19:47Il y a eu des tentations,
19:48déjà.
19:48Il y a eu des tentations.
19:50Et donc,
19:50ça va être sans doute
19:51les trois scénarios
19:51en même temps.
19:53Juste pour conclure,
19:55est-ce que vous avez...
19:56Est-ce que cette Coupe du Monde
19:58va avoir un impact
19:59sur le football américain ?
20:02Enfin,
20:02le football européen,
20:05américain,
20:06vous voyez,
20:06le football tel qu'il est joué
20:08chez nous,
20:09aux Etats-Unis.
20:10Alors,
20:10c'est ce que disait Richard aussi.
20:12Le soccer,
20:12absolument,
20:12oui.
20:13Il ne faut pas négliger
20:14la culture soccer
20:17ou la culture football européen
20:18aux Etats-Unis.
20:19Il y a eu quand même...
20:21Ça n'a rien à voir
20:22avec le football,
20:23le vrai football américain.
20:24Oui,
20:25d'accord,
20:25mais le soccer,
20:26aux Etats-Unis,
20:27il a une histoire.
20:27Il a une histoire,
20:28effectivement.
20:29Il y a eu des championnats
20:30qui ont été créés
20:31dans les années 20.
20:33Le soccer est apparu
20:34au début du siècle
20:35en même temps.
20:36Effectivement,
20:36nous,
20:37c'est ce qu'on a mis en évidence
20:38dans un autre ouvrage,
20:39c'est le fait que finalement,
20:40le défaut du soccer américain,
20:42c'est qu'économiquement,
20:43il n'a pas émergé.
20:45Mais c'est vrai
20:46qu'il y a toujours
20:46une culture foot.
20:47Et effectivement,
20:48aussi,
20:49si vous regardez
20:50le championnat,
20:50la MLS aux Etats-Unis,
20:52depuis 30 ans,
20:53c'est en pleine croissance économique.
20:55Et je pense que
20:56la Coupe du Monde,
20:57ça a forcément
20:58un effet positif
20:59sur les affluences,
21:00sur les investisseurs
21:01qui investissent
21:02dans le foot,
21:02etc.
21:03Et je pense que ça,
21:04ça peut avoir un impact.
21:06J'ai le temps
21:07de rajouter un petit truc ?
21:08Un truc.
21:09Et donc,
21:09ce qu'il faut savoir,
21:10c'est que les championnats
21:11professionnels de soccer
21:12aux Etats-Unis
21:13ont été créés
21:15avant le championnat
21:16professionnel en France.
21:17Oui, c'est ça.
21:19Donc, il y a une grosse histoire
21:20qui a été arrêtée
21:22par la crise économique
21:23de 1929
21:23et puis par les médias
21:24qui n'ont pas relayé
21:26le soccer
21:27à un moment donné.
21:28Et peut-être que ça va changer.
21:30Merci beaucoup
21:31deux économistes du sport.
21:33Voilà.
21:33Foot Business,
21:34les 30 glorieuses
21:35et c'est publié
21:35chez Odile Jacob.
21:36Merci Luc Arondel.
21:38Merci Richard Duotoy.
21:40Voilà, dans un instant,
21:41on va parler peut-être
21:41du foot ou plutôt de télé,
21:43de télé, de télécom.
21:45Je reçois le patron
21:46de Bouygues Olivier Roussin.
21:47C'est la première fois
21:47qu'il va s'exprimer ici
21:48sur le rachat des CFR.
21:50Qu'est-ce que ça peut changer
21:51avec un impact salarial
21:52très très important ?
21:53A tout de suite.
21:55BFM Business et la Tribune
21:56présente
21:59le 18-19
22:01d'Edvie Chevrillon.
22:04Vous êtes bien dans le 18-19.
22:06Il a mis 8 milliards et demi
22:09sur la table
22:10pour participer
22:12au rachat de SFR
22:13aux côtés de Orange et de Free.
22:15Bonsoir Olivier Roussin.
22:18Merci d'être là.
22:19Vous êtes directeur général
22:20de Bouygues.
22:21Bouygues qui donc
22:22en fait empoche
22:24le plus gros morceau
22:25de SFR.
22:26C'est à peu près 40%
22:27que vous avez...
22:2842%.
22:28Oui, je disais
22:29à peu près 42%.
22:31Effectivement, à peu près 40%.
22:32Vous êtes l'homme des chiffres.
22:33Non, non, non, 40%.
22:34Vous avez raison, environ 40%.
22:3642%.
22:37On va rentrer un peu plus
22:38dans le détail
22:39parce que je crois que c'est la première fois
22:40que vous vous exprimez
22:41en tous les cas
22:42dans un média audiovisuel.
22:43Vous avez donné une interview
22:44aux Echos.
22:45Il y a quand même encore
22:46beaucoup de questions.
22:46Il y a la question
22:47de l'autorité de la concurrence
22:48qui va être un peu décisionnaire.
22:51Et puis, il y a à savoir
22:52à qui profite le crime,
22:54si j'ose dire.
22:54C'est-à-dire,
22:55est-ce que ça va profiter
22:55à vos actionnaires ?
22:57Est-ce que ça va profiter
22:58peut-être aux salariés ?
22:59Est-ce que ça va profiter
23:00à nous, consommateurs,
23:02aux entreprises ?
23:03D'abord,
23:04qu'est-ce que vous rachetez exactement ?
23:06Alors, dans le périmètre
23:07que l'on reprend des CFR,
23:08et ça a été des discussions
23:09assez longues
23:10avec les deux autres membres
23:11du Conscientium,
23:12on reprend l'activité entreprise,
23:14ce qu'on appelle le B2B.
23:16On reprend une partie
23:18de l'activité SFR,
23:21de clients SFR,
23:23ceux qui ont le carré rouge,
23:24que ce soit sur la partie fixe
23:26ou sur la partie mobile,
23:28et on reprend l'activité MVNO,
23:30une activité MVNO en particulier
23:31qui s'appelle Prixtel.
23:32D'accord.
23:33Et on reprend surtout,
23:35quand je dis surtout,
23:36c'est quelque chose d'important
23:36pour nous,
23:38c'est nous rachetons
23:40le morceau de réseau
23:41que nous partageons
23:42avec SFR
23:43pour reprendre la main
23:45sur la totalité du réseau
23:46que nous utilisons.
23:47D'accord.
23:47Et c'est là où justement,
23:48il y a peut-être l'autorité
23:49de la concurrence
23:49qui vous demandera
23:50de faire des concessions,
23:52mais on viendra.
23:53Vous reprenez des boutiques aussi,
23:54150 boutiques.
23:55Alors,
23:56il y a le réseau de boutiques
23:57de SFR.
23:58C'est 150 que vous reprenez ?
24:00Au total,
24:01vous avez,
24:02on s'est engagé
24:03à reprendre chacun
24:05un certain nombre
24:06de boutiques
24:07pour pouvoir,
24:09pour pouvoir assurer
24:10la comptabilité de service,
24:11notamment,
24:12et offrir une possibilité
24:14de job
24:14aux collaborateurs
24:15qui s'y trouvent.
24:16Une possibilité de job.
24:17C'est-à-dire,
24:18pouvoir reprendre
24:19les salariés
24:19qui sont à l'intérieur
24:20et puis faire des propositions
24:22pour l'ensemble
24:22des salariés
24:23de SFR Distribution
24:25et on reprend
24:27globalement
24:28les différentes infrastructures
24:30qu'ils ont
24:32actuellement,
24:33toutes leurs infrastructures
24:34techniques
24:35et ça,
24:35c'est majoritairement
24:37Bouygues Télécom
24:38qui est le client.
24:38Oui,
24:39en fait,
24:39quand on disait
24:40que vous repreniez
24:40le plus gros morceau,
24:42c'est effectivement vrai.
24:44Les boutiques,
24:45on va rentrer tout de suite
24:46dans le sujet.
24:47Les boutiques,
24:47vous les gardez toutes
24:48ou pas ?
24:49Non,
24:49les boutiques,
24:50la proposition
24:50que nous avons faite,
24:52vous avez un problème
24:53très bête dans les boutiques.
24:54Vous avez des boutiques
24:55qui sont parfois
24:55les unes à côté des autres
24:56et vous avez,
24:58pour un certain nombre
24:58de contrats de boutique,
24:59la nécessité
25:01de garantir,
25:02quand on a un club associé,
25:04par exemple,
25:04on lui garantit
25:05qu'il n'a pas
25:06une boutique
25:07de la même marque
25:08dans un rayon
25:09de 500 ou 600 mètres.
25:10D'accord.
25:10Donc,
25:10si vous vous trouvez
25:11avec une boutique
25:12juste à côté,
25:12ce n'est pas possible.
25:13Il faut dissocier
25:14la partie physique
25:15des boutiques
25:16de la partie employée
25:18des boutiques.
25:18La partie physique
25:19des boutiques,
25:20c'est de reprendre
25:21chacun 40 boutiques.
25:22Oui.
25:23Chacun 40 boutiques.
25:25Oui.
25:25Ça veut dire que,
25:27tiens,
25:27la marque IlSéfer,
25:29elle va disparaître
25:30pour vous ?
25:31Alors,
25:31la marque IlSéfer,
25:32elle va rester présente
25:32dans les bases.
25:33Elle ne sera pas utilisée
25:34d'un point de vue commercial,
25:35mais le temps de migrer...
25:37Une chose importante
25:38dans ce projet,
25:39c'est que la durée
25:40de migration
25:40que l'on a annoncée,
25:42c'est une durée de migration
25:42qui s'étend sur 30 mois.
25:44Oui.
25:45Il faut bien comprendre.
25:46La première étape,
25:47elle dure 18 mois,
25:48c'est la phase d'antitrust.
25:50Pendant 18 mois,
25:50il ne se passe rien.
25:51Au bout de 18 mois,
25:53si nous avons l'autorisation
25:54de faire le deal,
25:55vous avez une nouvelle période
25:56de 30 mois qui s'ouvre
25:57qui est cette période de migration.
25:58Et donc,
25:59pendant toute cette période,
26:00vous prenez les clients
26:02de la base SFR
26:03pour les loger
26:04soit chez Orange,
26:06soit chez Iliad,
26:07soit chez nous.
26:08Et donc,
26:08dans toute cette période-là,
26:09la marque,
26:09elle continue d'exister
26:10pour les clients.
26:11En revanche,
26:12on ne l'utilise pas
26:13d'un point de vue commercialisation.
26:14D'accord.
26:15OK.
26:15Mais c'est lent.
26:16C'est très, très lent, non ?
26:17C'est très lent parce que c'est gros.
26:18Le nombre de clients à migrer
26:20est important.
26:20Et ce qu'il faut comprendre,
26:22c'est que les opérateurs
26:23cherchent à migrer
26:24en réduisant au maximum
26:26la gêne pour le client.
26:28C'est-à-dire qu'on essaye
26:29de faire un maximum de choses
26:30qui font ce qu'on appelle
26:31« over the air ».
26:31C'est-à-dire qu'on télécharge
26:32directement son mobile,
26:33on vient le changer
26:34de façon très...
26:36sans couture pour lui
26:37pour éviter que le client
26:39soit gêné
26:39par le changement d'opérateur.
26:40Mais par exemple,
26:41SFR Business,
26:42qui est un gros morceau
26:43pour SFR,
26:44devient Bouygues Télécom Business.
26:46La marque SFR Business,
26:48on la reprend
26:49et progressivement,
26:51au gré des renégociations
26:52des contrats,
26:52ça deviendra effectivement
26:53Bouygues Télécom Entreprise.
26:56D'accord.
26:56Bouygues Télécom Entreprise.
26:58Enfin, la partie business,
26:59ça ne sera plus SFR.
27:00Donc il y aura à terme,
27:01donc en 2034,
27:02parce que ça,
27:03le processus est long.
27:04Ce processus est long.
27:06Imaginons que nous ayons...
27:07On fait un cas simple.
27:08Imaginons que l'autorité
27:09de concurrence,
27:10je prends des règles simples.
27:11Nous donne l'autorisation
27:12le 1er janvier 2028.
27:14Nous avons 30 mois de migration.
27:16Ça, ça nous pousse
27:17à mi...
27:19Ça nous pousse à juin 2030.
27:22À ce moment-là,
27:23normalement,
27:24vous avez réussi
27:26à renommer
27:27la totalité de l'opinion.
27:28D'accord.
27:28Donc en 2030,
27:29il n'y aura plus de SFR.
27:30Il n'y aura plus de marque.
27:31Normalement, voilà.
27:32Je ne sais pas.
27:33Quel engagement
27:33vous êtes prêts à prendre
27:34pour l'emploi
27:35pour rassurer les salariés
27:37de SFR, en fait ?
27:38J'ai reçu la déléguée,
27:39justement, CFDT.
27:40Sachant qu'en fait,
27:41le processus social,
27:42ça commence déjà.
27:43Alors, il y a quelque chose...
27:45Il y a vraiment
27:45deux calendriers.
27:46Complètement.
27:46Il y a des choses
27:47qui ne sont pas très connues.
27:49Le premier sujet,
27:50à très court terme,
27:51c'est tous les salariés
27:52qui vont être dans les boutiques.
27:53Parce qu'on peut
27:54raisonnablement comprendre
27:55que si la marque disparaît,
27:57vous avez moins de gens
27:57qui se présentent
27:58dans les boutiques.
27:59Sur le reste,
28:00notre problématique
28:01n'est pas tant...
28:03Enfin, notre problématique,
28:04c'est de garder
28:05les collaborateurs.
28:06Clairement,
28:07pendant les 30 mois
28:08de migration,
28:08il faut faire marcher
28:09l'opérateur
28:10et il faut que les salariés
28:11restent.
28:12C'est-à-dire que,
28:12très concrètement,
28:13notre problématique
28:14est une problématique
28:15d'abord de rétention.
28:17Nous,
28:18tous les salariés
28:19de Bouygues Télécom,
28:20de SFR Business,
28:22bascule automatiquement
28:24chez Bouygues Télécom
28:25dès le premier jour
28:26puisqu'on achète
28:27l'activité
28:28dès lors qu'on a
28:29l'autorisation
28:29par l'antitrust,
28:31encore une fois.
28:32Et puis,
28:32sur le reste,
28:33vous avez une société
28:34qui va être la société
28:35qui va réaliser
28:37la migration des clients
28:39pour aller vers
28:39les opérateurs cibles.
28:41Cette société,
28:41elle dure 30 mois
28:42et nous avons besoin
28:43que les collaborateurs
28:44y restent dans cette société.
28:45Et comment faire
28:45pour qu'ils restent ?
28:46Notre problématique,
28:46ça va être une problématique
28:47de rétention.
28:48Ça ne va pas être
28:48une problématique de départ.
28:49Mais ça,
28:50c'est du côté
28:51de SFR
28:51qui vous leur demandez
28:52de gérer ça ?
28:53Ça veut dire que
28:53nous allons,
28:54dès le moment
28:55où l'antitrust
28:56nous donne l'autorisation
28:57si nous l'avons,
28:59il faut mettre en place
28:59des plans qui vous garantissent
29:00que les gens restent.
29:02Pas que les gens partent,
29:04que les gens restent.
29:05Mais quels sont des plans ?
29:06C'est des plans de rétention
29:07que vous devez mettre en œuvre.
29:08Pour garantir qu'ils restent,
29:09s'ils s'en vont,
29:10vous ne savez pas faire tourner
29:11cette société
29:12dont vous avez besoin
29:13pendant 30 mois.
29:14Et après,
29:14vous les dispatchez progressivement.
29:16On voit que,
29:17pour vous,
29:18c'est vous qui rachetez
29:19le plus gros morceau,
29:20c'est 8 milliards et demi
29:21sur la table.
29:22Est-ce que vous vous positionnez
29:24comme un peu
29:25le concurrent direct
29:27de Orange ?
29:28On s'en souvient,
29:29à l'époque,
29:30Martin Bouygues
29:31avait voulu
29:33racheter
29:33une partie d'Orange,
29:35en fait,
29:35devenir l'actionnaire
29:36de référence d'Orange.
29:38Il avait été bloqué,
29:39notamment par le président,
29:41l'actuel président
29:42de la République,
29:42Emmanuel Macron.
29:43Est-ce que c'est un peu
29:44une revanche ?
29:45La réponse du berger
29:47à la bergère ?
29:47C'est quoi ?
29:48Les télécoms,
29:49c'est une particularité,
29:50c'est une industrie
29:50de coûts fixes.
29:51Plus vous avez de clients
29:53et plus vous avez
29:54la capacité à dégager
29:56des moyens
29:56qui vous permettent
29:57d'investir
29:57et donc de capter
29:58des clients
29:59et de pouvoir
30:00continuer à croître.
30:01Là,
30:02le nombre de clients
30:03que l'on injecte
30:04sur cette industrie
30:05de coûts fixes,
30:05notre réseau,
30:06nous permet effectivement
30:08de devenir
30:08un numéro 2 important
30:11et donc,
30:11dès lors que vous êtes
30:12un numéro 2 important,
30:13ça vous permet
30:14de vous dire
30:14si je suis numéro 2,
30:16je vais chercher
30:17à réduire l'écart
30:17avec le numéro 1,
30:18c'est assez naturel.
30:19Est-ce que c'est
30:21cette consolidation
30:22des télécoms ?
30:22J'ai envie de rappeler
30:24que le top départ,
30:25si j'ose dire,
30:25a été donné ici même
30:26par Benoît Corré,
30:27le président de l'autorité
30:28de la concurrence
30:29qui est sur ce plateau
30:30a dit
30:31s'ils arrivent
30:32avec un projet,
30:33on va regarder
30:34et en tous les cas
30:34on n'est plus fermé.
30:35On voit bien
30:35qu'il y a une évolution
30:36de la concurrence,
30:37de la politique de concurrence
30:38au niveau européen,
30:39au niveau français.
30:41Pour vous,
30:42ça va être au niveau français
30:43l'étude du dossier ?
30:44Alors, en fait,
30:45il faut bien comprendre
30:46que dans cette opération,
30:47nous avons trois notifications
30:49à la concurrence.
30:50La notification d'Iliade
30:52qui se fait à l'Europe,
30:53vous avez la notification
30:54d'Orange qui se fait en France,
30:55la notification de Booktélécom
30:56qui se fait en France.
30:58Vous avez deux dossiers
30:59en France,
30:59un dossier à Bruxelles.
31:01C'est en fonction
31:01du chiffre d'affaires,
31:02du pourcentage
31:03du chiffre d'affaires,
31:0360% du chiffre d'affaires.
31:05Voilà, exactement.
31:06Donc, vous avez soit
31:06la capacité de mettre
31:08toutes les affaires
31:09en France,
31:10soit de mettre
31:10toutes les...
31:12comment dire,
31:13l'instruction de l'entité
31:14de concurrence,
31:15les mettre à Bruxelles.
31:16C'est l'un
31:17ou c'est l'autre.
31:18C'est quelque chose
31:19qui n'est pas décidé,
31:20c'est pas quelque chose
31:21avec un caractère
31:22très automatique.
31:23Il y a un truc
31:23qu'il faut bien avoir
31:24à l'esprit.
31:25La règle de droit
31:26qui s'applique
31:26dans le droit
31:27de la concurrence,
31:28c'est exactement
31:29la même à Bruxelles
31:30et à Paris.
31:30D'accord.
31:31La même.
31:31Donc, vous n'avez pas
31:32un traitement différent
31:33selon que vous soyez
31:34à Bruxelles
31:34ou que vous soyez à Paris.
31:35Donc, c'est assez neutre.
31:36Quelles concessions
31:37vous êtes prêtes à faire
31:38justement pour séduire
31:39la concurrence ?
31:40On sait que,
31:41d'abord,
31:41vous êtes un habitué,
31:42on en dira un mot
31:43tout à l'heure
31:43parce que quand il y a eu
31:44le dossier M6,
31:44TF1,
31:45vous aviez fait des...
31:47Oui, on ne gagne pas toujours.
31:49Vous avez appris
31:50quelque chose depuis.
31:52Mais surtout,
31:52vous avez fait
31:53des grosses concessions
31:54jusqu'à un point
31:55où ils vous ont demandé
31:56quasiment
31:57de ne pas racheter M6.
31:58Là, vous avez dit
31:59basta.
31:59Mais là,
32:00vous êtes prêts
32:00à aller jusqu'où ?
32:01La vente des réseaux
32:02à des investisseurs ?
32:03Des infrastructures où ?
32:05La logique de l'entité
32:06de concurrence,
32:07c'est de s'assurer.
32:09L'entité de concurrence,
32:10ce qu'elle veut,
32:11c'est qu'avec le nombre
32:12d'acteurs qui subsistent,
32:13elle ait la certitude
32:14que la concurrence
32:15est animée.
32:16Et donc,
32:17il faut qu'il y ait
32:18des conditions
32:18pour faire ce qu'elle appelle,
32:20émerger ce qu'on appelle
32:21un maverick,
32:21c'est-à-dire quelqu'un
32:22qui anime le marché.
32:23Et donc,
32:23toute l'entité de concurrence,
32:25son seul objectif
32:25dans son instruction
32:26qui dure quasiment 18 mois,
32:27c'est qu'est-ce que je vous donne
32:29comme contrainte
32:30pour garantir
32:31que le marché reste animé ?
32:32Et donc,
32:34ça, précisément,
32:35il faut le demander
32:37soit Anthony Vellan
32:38pour essayer de voir
32:39qu'est-ce qu'on va nous demander.
32:40C'est ça qui va se passer,
32:41c'est-à-dire que
32:42leur objectif,
32:43c'est vraiment
32:43je dois garantir.
32:43À votre avis,
32:44ça va se positionner où ?
32:45Vous voyez,
32:46c'est sur les infrastructures,
32:48c'est les pylônes,
32:49c'est sur les réseaux ?
32:50Vous avez probablement
32:51des obligations de faire.
32:52La fibre ?
32:52Si vous regardez
32:53ce qui s'est passé en Angleterre,
32:54par exemple,
32:54avec l'OFCOM,
32:55l'OFCOM a demandé
32:55des engagements d'investissement
32:57aux opérateurs
32:58pour couvrir encore plus
33:00le territoire.
33:00On peut vous demander
33:01des investissements
33:02pour avoir plus de résilience.
33:05On peut vous demander...
33:05Enfin bref,
33:06ils ont...
33:07C'est ce qu'on appelle
33:08toute l'efficacité
33:09que l'on peut fournir,
33:10dont typiquement
33:11Benoît Cœuré
33:11parle dans une interview récente.
33:13Très clairement,
33:14c'est l'autorité
33:15qui va créer les conditions
33:17qui garantissent
33:18que les choses
33:19se font au bénéfice
33:19du consommateur
33:20puisque le logiciel
33:21de l'autorité,
33:22c'est celui-ci.
33:23Oui, parce qu'il a dit
33:24dans une interview
33:25à nos confrères du Monde,
33:25il a dit
33:26que ce n'est pas
33:27une opération
33:28qui va de soi.
33:29Ça ne va pas de soi, oui.
33:30Ça ne va pas de soi.
33:31Je vois que vous connaissez
33:32par cœur, vous avez noté...
33:33Chaque mot va de soi.
33:33Est-ce que c'est...
33:34Chaque mot, mais les mots...
33:35On fait l'exégeuse du texte.
33:36Oui, mais les mots
33:36sont assez forts, malgré tout.
33:37Oui, mais ça veut dire que...
33:38Ça ne va pas de soi.
33:39Non.
33:41Bon.
33:41Non, je pense qu'il y a un chemin,
33:42mais il n'est pas garanti.
33:43Donc, maintenant,
33:44on est plus optimiste
33:46que pessimiste.
33:46Je crois qu'on a plus de chances
33:47de réussir que de rater,
33:48mais rien n'est écrit.
33:51Donc, c'est tout le travail
33:51qu'on va faire
33:52pour rassurer l'autorité
33:54et lui garantir
33:54qu'on est bien capable
33:55de maintenir la concurrence
33:57en France.
33:57C'est ça, son objectif.
33:58Alors, maintenir la concurrence
33:59pour une raison simple,
34:00c'est de maintenir les prix
34:01et les investissements.
34:03Parce que vous l'avez dit,
34:04cette consolidation,
34:05votre argument de poids
34:06pour vous, opérateur,
34:07c'est de dire
34:08ça va nous permettre
34:09d'investir,
34:10mais vous pouviez déjà le faire.
34:12Et puis, la question maintenant,
34:14c'est le prix
34:15pour les consommateurs
34:16et pour les entreprises.
34:17Alors, précisément,
34:18dans les engagements,
34:20dans la mécanique
34:21que met en oeuvre
34:22la concurrence,
34:23l'antitrust, pardon,
34:24c'est vraiment de s'assurer
34:25que précisément,
34:27ce qu'elle a imaginé
34:29produit des prix
34:29qui restent dynamiques
34:30pour les clients.
34:31Mais ça peut être quoi ?
34:32Donnez-nous un exemple,
34:33ça peut être quoi ?
34:33Écoutez, là,
34:34on va les laisser
34:35nous faire des propositions
34:37parce que je pense
34:37qu'il y a une proposition.
34:37Vous ne voulez surtout pas
34:38lui donner des idées, quoi.
34:39Non, non, non,
34:40ils n'en ont pas besoin de nous,
34:41ça, je ne suis pas inquiet.
34:42Oui, non,
34:43parce qu'il y aura forcément
34:44une autre.
34:46Le temps...
34:47Il n'y aura pas de hausse
34:49jusqu'en 2024.
34:50Vous savez,
34:51tant que vous courez
34:51pour être capable
34:52de doubler celui qui est dans vous,
34:54ça vous rend dynamique
34:55et ça vous oblige
34:56à être imaginatif
34:58et de jouer vraiment
35:00sur la concurrence.
35:01C'est ce qu'on fait
35:02depuis maintenant
35:03pas mal d'années
35:03et c'est ce qu'on continuera
35:04de faire.
35:05Et je pense qu'Iliad
35:06de son côté
35:07fera au moins l'équivalent.
35:08Je n'ai pas de doute.
35:09Lui, il a une stratégie
35:10qui est plus internationale,
35:11il se développe beaucoup
35:12en Pologne, notamment.
35:13Mais vous disiez
35:15qu'il faut un Maverick.
35:16C'est vous le Maverick,
35:16Olivier Roussaint ?
35:17Le Maverick,
35:18il vous faut un Maverick
35:19dans le mobile,
35:19il vous faut un Maverick
35:20dans le fixe.
35:20Si vous regardez
35:21l'état du marché,
35:21celui qui anime le plus
35:22le marché du fixe,
35:23c'est clairement
35:24Bouygues Télécom
35:25depuis maintenant
35:25de nombreuses années.
35:26On a besoin
35:27de continuer à grossir
35:28et on va continuer
35:28à grossir.
35:29Vous avez jusqu'à maintenant
35:30eu un Maverick
35:31dans le mobile,
35:32c'était plutôt Iliad
35:33et manifestement,
35:34il a plutôt prévu
35:35de continuer à l'être.
35:36Donc il me semble
35:36que des Mavericks,
35:37il y en a.
35:37Donc vous,
35:38vous êtes plutôt
35:38dans le fixe ?
35:40En tout cas,
35:40à date,
35:40c'est nous le Maverick.
35:42Votre large,
35:42vous aimez bien
35:43vous fixer des objectifs,
35:44Olivier Roussaint,
35:45votre objectif,
35:46c'est d'être aussi gros
35:47qu'Orange ?
35:48C'est quoi ?
35:49Notre objectif,
35:50c'est de pouvoir
35:51continuer à grossir
35:52sur le marché français,
35:54c'est de pouvoir
35:55nous développer
35:55sur le marché entreprise,
35:56c'est un marché
35:56qui est assez déséquilibré
35:57dans lequel vous avez
35:58une part très importante
36:00encore détenue
36:00par l'opérateur Orange
36:02et donc là,
36:03on a des vraies marges
36:04de manœuvre
36:05pour aller récupérer,
36:06pour aller grossir
36:07et pouvoir récupérer
36:08un centre de clients.
36:09C'est tirer parti
36:10de ce que nous apporte
36:11SFR par tout ce qu'il fait
36:13dans ce qu'on appelle
36:13l'ICT,
36:14c'est-à-dire toutes ces opérations
36:15de services de réseau
36:16et de connectivité
36:17autres que la connectivité
36:18sur des choses
36:18qui sont intéressantes,
36:20qui sont des choses
36:20que les entreprises
36:22utilisent de plus en plus,
36:23tout ce qui va être
36:23côté cyber,
36:24tous ces sujets
36:25qui sont des sujets
36:26connexes
36:26et sur lesquels
36:27on a une vraie
36:28opportunité
36:28de développer plus
36:29parce que SFR
36:29était bien meilleur
36:30que nous dans ce domaine.
36:32Est-ce que pour vous ?
36:33Et bien meilleur que nous
36:34parce qu'il est toujours là
36:35pendant 18 mois encore.
36:36Oui, mais c'est là
36:37on se demande
36:37qu'est-ce que peut devenir
36:38une entreprise
36:38qui sait qu'elle va être
36:39rayée de la carte
36:40pendant 2-3 ans.
36:42Vous voyez,
36:42jusqu'à l'accord de...
36:43La discussion que nous avions
36:45eue sur TFM6
36:46a duré 15 mois.
36:47Oui.
36:48Elle n'a pas tué M6.
36:49Non, c'est sûr.
36:50Bonne réponse.
36:51OK, autant pour vous.
36:54Combien les synergies,
36:56c'est pour vous ?
36:58C'est où ?
36:59Vous les avez estimées
37:00à combien ?
37:01Ce que l'on a dit,
37:02c'est que la partie,
37:04ce que l'on considérait
37:05comme le niveau de synergie
37:07qu'on était capable
37:07de dérouler à partir de...
37:09De mémoire,
37:09je crois qu'on a dû dire
37:10que c'était à partir de 32.
37:11C'est quelque chose
37:12qui est proche
37:13du milliard d'euros
37:14qui est réalisé.
37:15Donc, c'est quelque chose
37:15de significatif.
37:17D'accord.
37:17Donc, il faut l'attendre
37:182032 pour s'apporter
37:19des synergies.
37:19C'est un projet très très long.
37:20Oui, c'est un projet de long terme.
37:21Il y a des coûts
37:21d'intégration extrêmement élevés.
37:22Je ne sais pas
37:22si vous avez vu
37:23ces déclarations
37:24de Sébastien Soriano
37:25qu'on connaît bien
37:26qui est l'ancien président
37:27de l'ARCEP.
37:29Il a dit en fait
37:29que ceux qui vont gagner
37:30le plus dans l'opération
37:31ce sont les actionnaires.
37:32Je crois que tous les mots
37:33comptent dans ce que vous dites.
37:34Oui.
37:35C'est l'ancien patron de l'ARCEP
37:37dans un monde
37:38qui va très très vite.
37:39C'est la préhistoire en fait.
37:40Dans les chiffres qu'il a donnés,
37:41il m'a semblé
37:42qu'il n'était pas très au courant.
37:43D'accord.
37:43Donc, lui, il dit
37:44en fait que le rachement
37:45va profiter surtout...
37:47Manifestement,
37:48il a besoin de revoir
37:48ses métriques.
37:49D'accord.
37:50Donc, vous niez
37:50que ça va rapporter
37:51des milliards aux actionnaires ?
37:53Vraiment, je pense
37:53que les métriques
37:54ne sont pas les bonnes.
37:54Mais en même temps,
37:55il y a longtemps
37:55qu'il a quitté.
37:56Ça fait déjà 4-5 ans.
37:57D'accord.
37:57C'est la préhistoire
37:58de les télécoms.
38:01Autant pour lui.
38:02Est-ce que pour vous,
38:05sur les engagements tarifaires,
38:06ça peut se transformer ?
38:07Est-ce que ça peut s'écrire ?
38:09Mais l'autorité est capable
38:10de vous formuler
38:11des choses de ce type,
38:11bien sûr.
38:12Oui.
38:13D'accord.
38:14Mais encore une fois,
38:15celui qui est le plus à même
38:16de vous parler de ça,
38:17c'est celui...
38:18Oui, mais enfin,
38:19j'imagine...
38:21Soit Benoît Cœuret
38:22avec l'antitrust française.
38:23Oui, mais j'ai quand même vu
38:24que vous avez certainement
38:27des idées très fortes
38:30sur la question.
38:30On imagine plein de choses
38:30pour vérifier ce qui est possible.
38:32Bien sûr.
38:32Et vous arrivez
38:33avec un centre de propositions,
38:34par exemple.
38:34Vous arrivez avec des propositions.
38:36Mais qu'on aura l'occasion
38:37de débattre avec l'autorité.
38:39Quand ?
38:40Ah ben, quand on va commencer,
38:41il faut déjà déposer
38:42à l'autorité
38:43nos notifications.
38:44C'est pas encore déposé ?
38:45Non, parce que c'est
38:46des choses qui sont...
38:47Oui, langues.
38:48des lourdes à rédiger
38:49qui vont se déposer
38:50dans quelques semaines.
38:51Puis après,
38:52vous avez un process,
38:53ce qu'on appelle
38:53la pré-notification.
38:54Ensuite, vous avez
38:56un test de marché
38:57qui va être réalisé
38:57par l'autorité,
38:58que ce soit l'Europe
38:59ou que ce soit en France,
39:00qui interroge en fait
39:01le marché pour dire
39:01on m'a proposé ça,
39:02vous en pensez quoi,
39:03il faut faire quoi ?
39:05Ensuite, elle donne
39:06un état de ce qu'elle considère
39:07être,
39:07elle donne ce qu'on appelle
39:08le state of play.
39:09Elle considère que
39:09l'opération est faisable
39:10ou pas faisable
39:11selon telle ou telle condition.
39:13C'est vrai que vous êtes
39:13inévités.
39:14Ensuite, on rentre dans le process
39:15précis
39:16qui vous permet
39:17d'avoir les propositions
39:18qui vous sont faites
39:19et les demandes
39:20qui vous sont faites.
39:20Est-ce qu'on peut dire
39:21quand même que c'est la fin
39:22de la guérilla tarifaire
39:23entre vous,
39:24entre...
39:24Je ne crois pas, non.
39:25Le fait qu'il y ait
39:26ce faire en moins,
39:27c'est...
39:27Je pense qu'à 3 ans,
39:28on peut déjà faire
39:28pas mal de choses.
39:29Non, sincèrement,
39:30je crois que le marché
39:31va rester animé.
39:32Va rester animé.
39:34On dit qu'il y a
39:35des réunions secrètes,
39:36vous n'en avez pas caché,
39:38en disant,
39:38vous restez toujours intéressé
39:42par le rachat d'EM6.
39:43On va rappeler
39:44à nos auditeurs
39:44et téléspectateurs
39:45que vous étiez lancé
39:47dans cette opération
39:48et que finalement,
39:49vous avez duré longtemps...
39:51Nous avons échoué.
39:51Vous avez échoué.
39:53Ça fait pile...
39:54Oui, c'était en juillet.
39:56C'était juin 2022
39:58avec une sentence véritable
40:00en septembre.
40:01Voilà, exactement.
40:02Mais c'était quand même
40:02à l'été,
40:03au début de l'été, absolument.
40:04Alors, je précise
40:05que vous n'êtes pas seul
40:07en lice pour le rachat d'EM6.
40:08Il y a notamment
40:09Rodolphe Sadeh
40:10qui est le propriétaire
40:11de BFM
40:12qui est actionnaire.
40:13Lui, il a l'avantage
40:14d'être actionnaire de M6
40:16et puis en plus,
40:18lui, pour le coup,
40:19il n'aurait pas de problème
40:20de concurrence.
40:21Vous, vous risquez
40:22d'avoir de nouveau
40:23un problème de concurrence ?
40:24Je crois qu'on a
40:25un petit sujet
40:26avant de calendrier.
40:28Je vous rappelle
40:28qu'avec le renouvellement
40:29d'EM6
40:30qui a été réalisé
40:31en avril 2023,
40:33il n'est pas possible
40:34de changer
40:35l'actionnariat
40:36de la chaîne M6
40:37avant avril 28.
40:40Nous sommes aujourd'hui
40:41en juin 26.
40:43Ce n'est pas tout à fait
40:44dans deux ans,
40:44mais pas loin.
40:45Si nous avions
40:46une procédure de concurrence,
40:47si typiquement,
40:48le groupe TF1
40:49parvenait à faire
40:50une proposition sur M6,
40:51on aurait une analyse
40:52d'autorité de concurrence
40:53qui très probablement
40:55durerait 15 à 18 mois,
40:56c'est-à-dire à peu près
40:56la même chose
40:57que ce que l'on a
40:57à la partie télécom.
40:59Ça veut dire
40:59qu'en termes de temporalité,
41:01vous êtes un peu en avance
41:03sur le calendrier.
41:04Regardez,
41:04vous me parlez
41:05de 2030-2034
41:06sur l'achat.
41:07Non, non, non,
41:07mais je me parlez
41:07déjà tout simplement
41:08de la nécessité
41:09de trouver des accords,
41:10c'est un peu tôt.
41:11Oui.
41:13On est dans un monde
41:14qui est en train
41:14de bouger très vite.
41:15On a un lignéaire
41:16qui est en train
41:17de basculer extrêmement vite.
41:21Ce qui pourrait vous donner raison
41:22par rapport à l'autorité
41:23de la concurrence.
41:24C'est possible, en effet.
41:25Voilà.
41:26Mais avoir raison trop tôt,
41:27c'est avoir tort.
41:28Oui.
41:29Mais en tous les cas,
41:30visiblement,
41:31vous regardez le dossier
41:32de très très près.
41:33Non, je n'ai pas dit ça.
41:34Je vous ai dit
41:35que ce dossier continuait,
41:37le rationnel
41:37que nous avions en 21,
41:39continue d'exister.
41:40Notre intérêt,
41:41c'est de pouvoir avoir
41:44une fusion des deux
41:45simplement pour une raison
41:46très simple,
41:47c'est que les plateformes
41:48de streaming que l'on crée,
41:49plus elles sont grosses
41:50et plus elles sont capables
41:51d'attirer de la pub digitale
41:53face à YouTube,
41:55face aux différents
41:57players que vous avez.
41:58Mais d'une manière
41:58ou d'une autre,
41:59ça veut dire,
41:59un, les télécoms,
42:01là, vous faites quand même
42:02un très gros rachat.
42:04Deux,
42:04la télévision,
42:06l'audiovisuel
42:07vous intéresse,
42:08continue à vous intéresser.
42:10On est d'accord ?
42:11Oui.
42:12Vous allez voir
42:12pourquoi j'insiste là-dessus.
42:15parce que vous avez déjà
42:18procédé à une autre
42:19diversification
42:20en mettant 7 milliards
42:22sur la table,
42:22ça c'était pour racheter
42:24Équence qui fait
42:25ses 5 ans.
42:26Là, vous avez 8 milliards
42:27et demi sur les télécoms.
42:29J'ai envie de dire,
42:30tiens, ça fait un nouvel ADN
42:32pour le groupe Bouygues,
42:34pour une nouvelle génération.
42:36Ça veut dire que la nouvelle génération
42:38est moins intéressée
42:39par peut-être la construction,
42:41les routes,
42:42par Colas ou autre.
42:42Les raisons pour lesquelles
42:43on a, pour Équence,
42:45c'était une vraie diversification
42:46pour être dans des métiers
42:47dont on pense,
42:48et d'ailleurs ça se vérifie
42:49que l'électrification
42:50est quelque chose
42:51qui est un marché
42:52très durable
42:53qui est dans le monde occidental
42:55dont on est installé
42:56avec Équence
42:56qui a devant lui
42:57quasiment 20 ans.
42:59Donc c'était ça
42:59la raison de cette diversification.
43:01Les télécoms,
43:02c'est une opportunité,
43:02c'est une industrie de cofix.
43:03Si on a l'opportunité
43:04de grossir,
43:05c'est intéressant.
43:06C'est pour ça qu'on le fait.
43:07La partie M6,
43:09s'il est possible
43:10de la considérer
43:11quand on la...
43:12si on peut la considérer
43:14dans des discussions
43:15qui n'ont pas encore lieu
43:16mais qui pourraient avoir lieu
43:17ultérieurement,
43:17c'est quelque chose
43:18qui nous permet
43:19de savoir mieux répondre
43:20à l'évolution du marché.
43:22Oui.
43:22Et donc,
43:23ce sont des opportunités...
43:23M6, c'est quand même
43:24un gros morceau,
43:25c'est un énorme morceau.
43:26Ce sont des opportunités
43:28qui se présentent
43:29qui, par définition,
43:30il faut les étudier
43:31quand elles sont là.
43:32La bonne nouvelle,
43:33c'est qu'M6,
43:33encore une fois,
43:34ne peut pas changer d'actionnaire
43:36avant avril 28.
43:37Oui,
43:38donc ça va être
43:38le temps de gérer et de c'est faire.
43:39Mais vous avez quand même
43:40quelqu'un en face...
43:42Qui ne peut pas changer
43:43l'actionnariat d'M6
43:45avant avril 28.
43:46Oui,
43:46mais qui, lui,
43:47a les poches un peu plus pleines.
43:47Même s'il a qu'une finza
43:48n'a pas une phase 2, pardon ?
43:49Lui, il a les poches
43:50un peu plus pleines.
43:50Ça, je ne sais pas.
43:51Est-ce que ça veut dire
43:52que vous pourriez,
43:53que Martin Bouygues,
43:54la famille Bouygues,
43:55serait prête à remettre au pot ?
43:57Écoutez,
43:58la partie M6,
44:00c'est une chaîne
44:01qui est composée
44:01de son linéaire,
44:02que l'on voit d'ailleurs
44:03avec la Coupe du Monde
44:04à l'heure actuelle,
44:05et de son streaming.
44:06Quand vous regardez
44:07l'évolution du linéaire,
44:08le linéaire,
44:08il est plutôt en baisse
44:09à l'heure actuelle.
44:10Ce qui est important
44:11de considérer,
44:12c'est quelle est la dynamique
44:15du linéaire d'un côté
44:16et du streaming de l'autre
44:17pour avoir une véritable
44:19compréhension
44:19de ce que coûte
44:20l'objet en question.
44:22Et c'est quand vous l'avez
44:23que vous êtes capable
44:24de formuler une offre
44:24qui soit une offre
44:26intéressante pour vos actionnaires.
44:28Comment vous financez tout ça ?
44:30Vous avez financé...
44:32Sur...
44:33On l'a précisé,
44:34il y a une des règles
44:35qui est importante
44:35au sein du groupe,
44:36c'est de faire...
44:37De garder ce qu'on appelle
44:38un statut d'investment grade.
44:39Investment grade,
44:40c'est une notation
44:41qui est donnée
44:42et qui garantit
44:43qu'on accède
44:44à des conditions d'intérêt
44:46qui sont des conditions importantes.
44:47Et la règle qui est derrière,
44:49c'est celle que Martin donne toujours.
44:50Il est important
44:51que l'avenir du groupe
44:52soit décidé par le groupe
44:53et pas par les banques.
44:54Et donc,
44:55nous devons rester toujours
44:56investment grade
44:57et donc ne pas faire des choses
44:59qui nous feraient perdre
45:00ce statut d'investment grade.
45:01D'accord.
45:02Et donc là,
45:02avec 8,5 milliards sur la table...
45:05Vous êtes encore investment grade.
45:05Vous êtes encore investment grade.
45:07Et donc,
45:08ça veut dire que ça vous...
45:09Le groupe dégage du cash
45:11chaque année.
45:12Regardez !
45:12Ça vous ouvre une autre possibilité.
45:15À quelle échéance ?
45:16Ecoins a dégagé
45:173 milliards de cash
45:18depuis que nous l'avons acquise
45:20en octobre 22.
45:21À fin 2025,
45:24Ecoins avait généré 3 milliards.
45:263 milliards,
45:27c'est pas mal.
45:27C'est presque la moitié
45:28de ce qu'on a payé.
45:29D'accord.
45:30C'est une formidable machine à cash.
45:32Donc,
45:33vous avez encore
45:33des marges de manœuvre.
45:35C'est ça ?
45:35C'est le message
45:36que vous êtes en train
45:36de nous faire passer.
45:38On peut continuer
45:38à développer nos métiers.
45:39D'accord.
45:40Il faut être prudent
45:41dans les choix qu'on fait.
45:42On va quand même parler,
45:43même si vous n'avez pas
45:44complètement répondu
45:45à ma question,
45:45sur nouvel ADN
45:47pour Bouygues
45:47plus Telco.
45:51Nouvelle génération
45:51qui commence à prendre
45:52le pouvoir
45:53au sein du groupe Bouygues.
45:54Mais on va quand même
45:55parler de construction,
45:57on va quand même parler
45:57de logement
45:58parce que c'est un point important.
45:59Oui.
46:00Avant, je voulais
46:01qu'on...
46:02Est-ce que vous pouvez
46:03nous confirmer
46:04que vous allez...
46:05Il y a une sorte
46:06d'union sacrée
46:07entre les trois
46:08grands constructeurs,
46:09vous, Vinci et Finge,
46:12pour construire
46:13les futurs EPR2 d'EDF ?
46:16C'est pas exactement
46:17comme ça
46:17que les choses se présentent.
46:18C'est-à-dire qu'il y a
46:18un appel à manifestation
46:19d'intérêt
46:20qui a été fait par EDF.
46:21EDF tient
46:22le raisonnement suivant.
46:23Elle se dit
46:23que s'il allait capable
46:25d'aligner
46:25un même groupon
46:27d'entreprises
46:27pour faire
46:28ses différents
46:29paires d'EPR,
46:30elle pense que
46:31la réplication,
46:32l'industrialisation
46:33de la construction
46:34va en faire baisser le coût.
46:36Et on peut raisonnablement
46:37penser
46:37qu'il y a au moins
46:3920% de gains
46:40à aller chercher
46:41par l'industrialisation.
46:42Et le constat
46:43qui est fait,
46:43c'est de dire
46:44à un instant donné,
46:45un seul
46:46de ces trois majeurs
46:47que vous venez de donner
46:49ne pourrait pas,
46:50pour qu'il ait l'effet
46:50de réplication,
46:51les construisent tous.
46:52Il n'aurait pas
46:53la capacité
46:53à tous les construire.
46:55finalement,
46:55l'approche
46:58que EDF
46:58est en train
46:59de pousser,
46:59c'est de se dire
47:00est-ce qu'il est possible
47:01de constituer
47:01un groupement
47:03avec des acteurs nationaux
47:05qui sont des acteurs
47:05qui ont une vraie expérience
47:07pour réussir
47:08à baisser le coût
47:08humanitaire.
47:10Et donc ?
47:11Et donc,
47:11c'est ce qui est en train
47:13d'étudier EDF
47:14et c'est ce que nous répond
47:15à EDF.
47:16D'accord.
47:16Mais vous,
47:17vous serez favorable à ça ?
47:18C'est ça que je...
47:19Ah mais en l'occurrence...
47:20C'est ça que je mesure pas.
47:21Oui, clairement.
47:22C'est-à-dire,
47:22faire partie d'un groupement,
47:23c'est quelque chose
47:23qui nous convient.
47:24Nous, on a une vraie expérience
47:26dans le monde de nos fiers.
47:26Ça changerait quelque chose
47:27de travailler avec FH et Vinci ?
47:28On travaille déjà
47:29dans des projets
47:30à l'international
47:30avec Vinci relativement souvent.
47:32On a travaillé aussi
47:33avec Eiffage en France
47:34mais à l'international,
47:35sur des grands projets,
47:37on a souvent travaillé avec Vinci.
47:38On travaille naturellement
47:39beaucoup ensemble.
47:41Tchernobyl,
47:41typiquement,
47:41on l'a fait avec Vinci.
47:43Oui, je ne sais pas
47:43si c'est une référence
47:44mais enfin bon.
47:45Ah si.
47:45Mais en tous les cas...
47:46Sarkophage, si c'en est une.
47:47Sarkophage, oui.
47:49Est-ce que...
47:50Tiens, à propos de rachat,
47:52on en avait déjà parlé.
47:54SPI, ça peut intéresser
47:55et quoi ?
47:55Et donc vous,
47:56Lévi Roussard ?
47:57SPI, c'est une société
47:59qui est devenue maintenant
48:00une société très allemande
48:01puisque française.
48:03Gauthier Louet a fait
48:04un travail assez énorme,
48:05enfin assez fantastique.
48:08Si vous prenez...
48:09Si vous réussissez
48:10à faire l'acquisition de SPI,
48:11vous avez automatiquement
48:12une position allemande
48:13extrêmement forte
48:14puisque plus de la moitié
48:15du chiffre d'affaires est fait.
48:16Mais ça me paraît...
48:17Je ne crois pas que SPI
48:18soit à vendre à l'heure actuelle.
48:19D'accord,
48:19mais il y a toujours
48:20des mouvements de capital importants.
48:22Puisqu'on est en Allemagne
48:23du siège de la BCE,
48:24la BCE a donc augmenté
48:26ses taux d'intérêt là.
48:28Certains disent,
48:28attention,
48:29ça peut peut-être
48:30casser la croissance
48:31même s'il y avait
48:32une inflation effectivement
48:34élevée.
48:35Est-ce que pour vous
48:36c'était la bonne décision ?
48:38Surtout qu'au regard d'aujourd'hui,
48:40on se dit qu'il y a peut-être
48:42un accord au moment
48:42où je vous parle.
48:43Je vois la photo
48:44avec tous les grands de ce monde
48:47réunis à Evian
48:48pour le G7.
48:50Est-ce que c'était
48:52une bonne idée ?
48:53Est-ce que notamment
48:53ça peut avoir
48:54un mauvais impact
48:54sur le logement ?
48:56Le logement,
48:56il est en panne.
48:57Il est en panne
48:58depuis maintenant
49:00pratiquement
49:01une année et demie.
49:03Il est en panne
49:04pour des raisons
49:04assez simples.
49:05Le logement en France,
49:06il fonctionne sur trois pattes.
49:08On a coupé une patte,
49:09il marche moins bien.
49:11Malheureusement,
49:12les primo-accidents
49:13continuent d'arriver
49:14et les banques
49:15jouent le rôle
49:16pour aider les investisseurs,
49:17les primo-accidents
49:18à pouvoir accéder
49:19en l'occurrence.
49:20Mais la patte
49:21d'investisseurs
49:21a été coupée
49:22avec la fin
49:23des dispositifs.
49:23C'est une décision
49:24du gouvernement
49:25et donc en clair,
49:26le Jean Brun existe
49:27mais il est petit en volume.
49:28Donc à ce stade,
49:29l'immobilier,
49:30il est à l'arrêt.
49:31Ce n'est pas une situation
49:32qui est tenable.
49:33Et donc la OZETO,
49:34ce n'est pas une bonne nouvelle.
49:35Alors pour l'instant,
49:36néanmoins,
49:37tant que l'on reste,
49:38nous on considère
49:38que dans les taux
49:39dans lesquels on reste
49:40à l'heure actuelle,
49:41on n'est pas encore
49:42sur un frein
49:43à l'acte d'achat
49:44et vous le voyez
49:44d'une façon assez simple,
49:50ce n'est pas possible
49:50d'emprunter,
49:51c'est le taux de désistement
49:52de ceux qui se présentent
49:53pour acheter un appartement.
49:54Le taux de désistement moyen,
49:55il est entre 28 et 30%.
49:57Il était monté en 22
49:58à 50%.
50:00Là, à l'heure actuelle,
50:01on est à 30%.
50:02Donc on a un système
50:03qui continue de fonctionner
50:04sur les accidents.
50:05Le seul problème,
50:05c'est qu'il ne manque une patte,
50:06il ne manque la patte
50:07des investisseurs particuliers.
50:09En conclusion,
50:09Olivier Roussin,
50:10c'est 10 ans,
50:11vous êtes à la tête de Bouygues.
50:13Je suis arrivé en mai 2000...
50:16Oui, c'est ça,
50:17mai 2000...
50:17août 2016, pardon,
50:19pour moi.
50:21Vous qui êtes censé
50:22être le roi des chiffres,
50:23là, je crois qu'on peut
50:24s'inquiéter.
50:25Ça passe vite.
50:25Donc ça passe vite.
50:26C'est quoi votre ambition
50:28pour les 10 prochaines années,
50:30pour vous ?
50:31Enfin, je veux dire
50:31pour le groupe Bouygues ?
50:32Écoutez, le groupe Bouygues,
50:33il est de plus en plus diversifié,
50:36de plus en plus international,
50:38et ça lui permet
50:39d'avoir une très grande résilience
50:41dans ce qui se passe.
50:42On est présent dans 80 pays,
50:44on est très présent quand même
50:46dans le monde
50:46de ce qu'on appelait occidental avant.
50:48On est sur des marchés
50:49qui sont plutôt
50:50soit des besoins primaires,
50:51soit des marchés porteurs,
50:52et donc on a tous les ingrédients
50:53pour continuer à développer le groupe
50:54dans de bonnes conditions.
50:56En ayant les moyens
50:57de résister aux différents soubresauts,
50:58parce que les crises,
50:59on n'a pas manqué depuis 2020.
51:00Les télécoms à l'international ?
51:01Enfin, européennes ?
51:02Non, ça, c'est un truc
51:04qu'on a déjà annoncé
51:05à plusieurs reprises.
51:06On part du principe
51:06qu'il est vraiment possible
51:08en France
51:08de faire des choses
51:09qu'il y a des choses à faire,
51:10à condition d'avoir le feu vert
51:12de l'autorité de la concurrence.
51:13Nous verrons bien ce que dirait l'autorité.
51:14Merci beaucoup, Olivier Roussa,
51:15d'être venu ici,
51:17de chez le patron de BFM Business,
51:18donc le patron du groupe Bouygues.
51:20Merci beaucoup.
51:21Voilà.
51:21C'est la fin du 18-19.
51:23Tout de suite,
51:23vous retrouvez pour le Grand Journal de l'écho,
51:25Erwan Maurice.
51:26Nous, bien sûr,
51:26on se retrouve demain.
51:27Bonne soirée et bon foot.
51:31Le 18-19
51:33d'Edwige Chevrillon
51:34sur BFM Business.
Commentaires